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Full text of "Compte-rendu publié par Dr. Legrain, président du congrés et Dr. Boissier, secrétaire général"

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HARVARD 
COLLEGE 
LIBRARY 



VII* CONGRÈS INTERNATIONAL 



CONTRK l/ABUS DKS BOISSONS AMIOOI.IQUKS 









1 r-î^ 












•<5jir CONGRÈS INTERNATIONAL^ 

CONTRE L'ABUS 

DES 

BOISSONS ALCOOLIQUES 

SESSION DE PARIS 1899 

Sous le Haut Patronage de M- LEYGUES, Ministre 
de l'Instruction Publique. 



Compta-randu publié par M. la 0' LEORAIN, PrAtidant du Cangréa, 
at M. la 0' BOISSICR. Sacr*uir« génaral. 



XOSAB ZZ 




PARIS 
Al ma SOCIAL n limon n\H\m A^TI.UCOOLtVLl; 

r>, Hi:t: DE LAlItAN 
ET CHEZ L'IIPRIIEOR, A. COUESLANT. 1. RUE DBS CAP0CIN8 

A rAIIOKS (l.l>T) 






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PREMIERE SECTION 



PROGRAMME GÉNÉRAL 



SCIENCES MÉDICALES tSc HYC.IKNE 



Mercredi matin 5 .4*^1/ i^^yj) 



Ordre du Jour 



PHYSIOLOGIE ; 
CLINIQUE. 



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PREMIÈRE SECTION 

SCIBNCBS MÉOICALBS ET HYGlkNB 



Première Séance * 

PBBtlOBNT : M. LE d' DE VAUCLBBOY (bBLGIQUB) 



PROOÉ8-VERBAL 



M. le D' de Vauderoy élu président par la Section remercie ses 
coIlè|?ue8 de l'honneur qui lui est fait. Il dirigera les débats de façon à 
se monti*er digne de la conflance qu*on lui a accordée. Il recommande 
aux oi*ateui*s de se renfermer exactement dans les limites du temps qui 
leur est assigné, afin de pouvoir épuiser le pi-ogramme très chai^gé. 

La piemièi*e question à examiner est la suivante : De inaction physio- 
logique de ralcooL 

La parole est à M. le D' Oley, Professeur agrégé à la Faculté de méde- 
cine de Paris. 

Discours de M. GLEY 

VUB GBNBRALB sur CkCTIOS PHYftlOI.OGIQt'B DB L* ALCOOL 

Dans la lutte engagée contre Talcoolisme, le devoir spécial du phy- 
siologiste et du médecin est de faire connaître Tinfluence de Talcool 
sur les diverses fonctions organiques et d*expliquer la nature et la 
valeur de cette influence. Il me semble au*à ce point de vue deux 
Questions principales se posent : 1* ralcooi est-il un aliment? 2* est* 
il, comme tant de médecins le soutiennent encore, un stimulant ? 

1* La question de U valeur alimentaire de Talcool constitue, ie 
crois, un assez mauvais terrain de combat ; car il parait dillicile, du 
moins d*après les faits actuellement connus, de contester la valeur de 
cette substance comme aliment. On a montré, en eflet, qu'une faible 
partie de Talcool ingéré passe inaltérée dans les urines et par les 

* Voir è la «uilo du procèt-verbnl, tout forme d'anncirt. Irt iii#inoirot ■fferoaU au 
profcrnmme de relie •eunce. qui s'ont pu ^(re diecutét par «ni le de l'abwenre de Icure 
•oieurt. 



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8 vil' GONGR£8àNTBRNATIONAL 

poumous ; il faut donc que le reste, c'est-k-dire tout ce que Ton ne 
retrouve pas dans les excrétions, soit détruit ; ce reste, soit 90 ®/o environ 
de la quantité introduite dans Téconomie, d'après Strassmann {Arch, 
fur die ges, Physiol., xlix^, et même, d'après Bodlftnder [Arch, fur die 
l'es. PhysioL, xxxii), 95 7o> ^^^ transformé par oxydation en acide car- 
bonique et en eau. L'effet thermique qui en résulte est considérable, 
puisqu'il est de 7 calories par gramme. Un litre de vin k 10 ®/o d'alcool 
donnerait donc 700 calories, soit k peu près le quartde la quantité totale 
d'énergie dépensée dans les 24 heures. Il y a conséquemment dans 
l'alcool une source d'énergie théoriquement comparable k celle que 
l'organisme trouve dans la graisse et dans les hydrates de carbone, 
puisque, comme ces substances, il fournit des calories par sa des- 
truction. 

Plusieurs physiologistes, I. Munk entre autres {Arch. fur P/iysioL, 
1879), ont confirmé cette donnée par des expériences qui établissent 
que de petites doses d'alcool (1 ce. par kil. d'animal) déterminent un 
abaissement modéré de l'élimination azotée, c'est-k-dire de la désassi- 
inilation des matières albuminoïdes, de 6 k 7 ®/o environ *. L'alcool, en 
brûlant, économise donc les autres combustibles, la graisse en premier 
lieu. Strassmann, en 1891 {loc, ciL),sk montré que l'alcool, ajouté k une 
ration alimentaire suffisante, provoque l'engraissement ; fait expéri- 
mental qui concorde avec l'observation connue de l'engraissement de 
beaucoup de buveurs. Miura, il est vrai [Zeils, fur klin, Med., xx, 
1892), prétend que l'équilibre azoté ne se maintient pas si, dans la 
ration, l'alcool est substitué k une quantité exactement isodyname^ 
d'hydrates de carbone ; ainsi cette substance n'aurait pas, pour 
l'épargne des matières albuminoïdes, la même valeur que ces derniers. 
Mais c'est là un cas particulier, d'ailleurs peu important sans doute 
dans la pratique, où les substitutions exactement isodynamiques sont 
rarement réalisées dans la ration alimentaire et où celle-ci est toujours 
assez riche en matières hydrocarbonées ou en matières grasses. 

A ces observations on a objecté que l'alcool, s'il augmente la pro- 
duction de chaleur, en augmente, d'autre part, la déperdition, en 
vertu de son action paralysante sur les centres vaso-constricteurs ; 
par suite, les vaisseaux périphériques sont dilatés ; dilatés, ils con- 
tiennent une plus grande quantité de sang qui se trouve soumis au 
refroidissement extérieur. Sans discuter sur la question de savoir si 
la déperdition de chaleur, résultant de cette cause, compenserait plus 
ou moins exactement les calories produites par la combustion de 
l'alcool, il suffît de remarquer qu'il s'agit ici d une action toxique de 
l'alcool; k dose physiologique, la vaso-dilatation périphérique est nulle 
ou insignifiante. — On a été alors jusqu'k dire que la chaleur tenant 



1 A des doses plut fortes, il y a au contraire une légère augmentation de l'uiote excrété 
(Munk). Les résultots obtenus chei l'homme sont identiques. 
^ C'est-ù-dire fournissant la même quantité de chaleur. 



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CONTRB L ABUS DES BOISSONS ALCOOLIQUES 



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à la destruction de Talcool est inutilisable pour l'organisme. Mais 
peut-on admettre que des combustions se fassent dans le corps sans 
que les calories produites servent à rien ? Toute quantité de chaleur 
clégagée dans l'organisme par la destruction d'une substance quel- 
conque doit donner lieu h une économie des autres combustibles. 

Telles sont les notions que Ton peut tirer des faits connus jusqu'à 
présent. Il ne servirait de rien d en méconnaître et a fortiori d'en 
nier la signification. Il ne faut jamais s'opposer b la vérité. Mieux 
vaut transporter la question sur le terrain économique et remarquer, 
par exemple, que la valeur alimentaire de l'alcool est hors de 
proportion avec le'prix de ce corps. C'est, au point de vue de l'efiet 
thermique, un aliment environ trois fois plus cher que le lait et huit 
fois plus cher que le pain (Jaquet) K D'autre part, personne ne doit 
oublier que les quantités d'alcool nécessaires pour que sa valeur 
nutritive, au sens qui vient d*ètre indiqué, entre en jeu, atteignent 
vite la limite de tolérance de l'organisme humain pour cette substance 
et môme, chez beaucoup d'individus très sensibles à l'alcool, dépassent 
cette limite ^. 

2^ Pour le grand public et même pour nombre de médecins l'al- 
cool est un excellent stimulant, sinon le stimulant type et le meilleur 
de tous. En ce sens, il agirait sur la circulation, sur la respiration, 
sur les systèmes musculaire et nerveux. C'est même là, tout le monde 
le sait, un des argunuents les plus répandus en faveur de l'usage des 
boissons alcooliques. Il n'est pas difTicile de prouver que cet argument 
n'est point fondé. Je voudrais vous montrer que la théorie de 
Schmiedeberg^ sur l'action paralysante de l'alcool doit être absolument 
admise aujourd'hui. L'action primitive de l'alcool consiste, en effet, en 
lu paralysie des grandes fonctions organiques et non dans leur stimu- 
lation. 

On a dit que l'alcool a une action excitante sur le cœur dont il 
accroît l'énergie contractile ; en même temps la pression du sang dans 
les artères s'élève. Mais l'augmentation d'amplitude du pouls que l'on 
observe sous l'influence de l'alcool n'est due qu'à un réflexe ; le 
phénomène tient uniquement (Schmiedebcrg) à l'excitation des mu- 
queuses (buccale, pharyngienne, stomacale, etc."^ par cette substance. 
A forte dose, l'action paralysante se manifeste d'emblée ; les pulsations 
diminuent d*amplitude, la pression sanguine s'abaisse. 

Même remarque pour la fonction respiratoire. Binz a soutenu que 
l'alcool augmente la ventilation pulmonaire. Les expériences de 















N. 






1 Voj. A. Joquet, L'aicooliême, Piiri», Mostor et C'*, 1897. 

• Pendonl quo ccUe étude étuil ii l'improuttion, il ii poru diins le SkandimavUche» Archiv 
fur PityêioL un bon imvnil d'un élève uc Tigertitedi, P. Bjerre, sur la valeur alimentaire 
de l'olconl, dan« lequel les tfaviiux anténeurii tiont bien réeumc» et qui contient des expé- 
rience» dont les résultats ffénéroux concordent nvec ceux obtenus par Strassmann et par 
Mnnk ( Voy. Poul Bjerre, Ueber den Nubrwerth des Alkohols, lue. cit., t. IX, p. 323, 1890). 

» Uhrbueh der ArzntimittgUthre, Leipzi(^, 1883; 3« édit., 1895. 



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10 



Vir CONGRES INTERNATIONAL 



Jaquet (de Bâle] ^ établissent que cette augmentation de la quantité 
d'air qui passe dans les poumons, dépend en réalité d'une excitation 
de la muqueuse stomacale. Le même effet est produit par d'autres 
irritants, tels, par exemple, que la farine de moutarde Et, après cette 
stimulation passagère de la fonction, survient le véritable effet de la 
substance toxique qui consiste en une diminution des échanges respi- 
ratoires. 

Si Ton considère maintenant ce qui se passe du côté des deux 
grands systèmes musculaire et nerveux, on arrive à la même con- 
clusion. L'alcool faciliterait et augmenterait, dit-on trop générale- 
ment, le travail musculaire. C'est la encore une illusion. Au dernier 
Congres antialcoolique, Destrée (de Bruxelles) a démontré, au moyen 
d'expériences ergographiques précises, que l'action favorable de 
l'alcool sur le travail des muscles est très courte ; 20 a 25 minutes déjà 
après rinjection de la dose efficace le travail tombe au-dessous de la' 
normale. Des expériences récentes (1898) de Scheffer (d'Utrecht), 
faites h Taide de la même méthode, ont confirmé ces résultats ; 30 
minutes après l'injection' d'alcool, l'action défavorable sur le travail des 
muscles commence h se manifester. On est donc amené à rapporter l'ac- 
tion favorisante temporaire que l'on observe à l'excitation passagère du 
système nerveux provoquée par l'irritation des muaueuses qui peut 
mettre ou met en jeu la plupart des fonctions. Ainsi l'influence de 
Talcool sur les muscles ne dépend, elle aussi, que d'un phénomène 
réflexe banal, et ne constitue point non plus un effet propre, spécifique, 
de ce corps. 

Reste le système nerveux qui parait être le dernier point de ré- 
sistance pour les défenseurs de l'alcool. Que n'a-t-on pas dit et que ne 
croit-on pas dans le grand public au sujet des merveilleuses propriétés 
de l'alcool considéré comme excitant du système nerveux? Je pense 
qu'il est bon d'insister un peu sur ce point, d'autant plus que des 
expériences récentes, et qui ne me paraissent pas connues autant 
qu'elles devraient l'être, permettent de juger la question. Je si- 
gnalerai d'abord celles de Gioffredi [Riforma medica^ 1897) sur les 
nerfs moteurs ; dans une première phase, sous l'influence de l'alcool, 
la période d'excitation latente est diminuée ; c'est donc que le nerf 
est excité ; mais bientôt, et c'est la phase d'état permanent, cette 
période est considérablement allongée ; l'excitabilité du nerf se trouve 
donc en réalité diminuée. La théorie de Schmiedeberg se vérifie en- 
core ici. — En ce qui concerne la transmission et la réception des 
impressions sensitivo-sensorielles, de nombreuses expériences ont 
montre que l'alcool augmente notablement le temps de réaction des 
sensations. Il y a déjà bien des années que, dans le laboratoire de 
Richet, nous avons constaté avec lui le retard considérable que 
détermine l'alcool dans la perception des impressions tactiles et audi- 

I Arch. de pharmacodynamie, II, p. 187, 1895. 



I.V. 









CONTRB L ABUS DBS BOISSONS ALGOOLIQUBS 



11 



tives. Par une singulière illusion, le sujet sur lequel on expérimente 
s'imagine au contraire que ses sensations sont extrêmement rapides 
Cela tient sans doute a ce que les centres nerveux supérieurs ou cé- 
rébraux^ que Talcool paralyse progressivement, ne peuvent plus 
exactement contrôler le fonctionnement des centres inférieurs, 
bulbo-méduUaires (comme ils le font à Tétat normal [théorie de 
Setschenoff]) ; par suite, s'affaiblit l'appréciation des différentes condi- 
tions de ce fonctionnement, intensité, durée, etc. — Ceci m*amène 
naturellement à vous parler de l'action de l'alcool sur le système 
nerveux central. C'est malheureusement un préîugé encore trop 
répandu que l'alcool favorise les fonctions céréorales. En réalité, il 
les paralyse. Cette action paralysante réalise en quelque sorte la 
section des centres supérieurs, les séparant ainsi du bulbe et de la 
mœllequi, soustraits dès lors à leur contrôle normal, peuvent librement 
manifester leur activité : de là les symptômes connus de l'excitation 
médullaire. On voit combien est trompeuse l'excitation nerveuse due 
à l'alcool. Des expériences fort intéressantes de Baratynski (Arch, des 
se, bioL de Sainl-Pétershours^ t. III, p. 167, 1895), et qui n'ont pas assez 
attiré l'attention, prouvent bien l'exactitude de cette conception. Si Ton 
fait absorber un peu d'alcool à des pigeons, ces animaux présentent 
une période d'excitation. Enlevons-leur d'abord les hémisphères céré- 
braux ; on sait que c'est une opération aisée à pratiquer sur le pigeon 
et à laquelle il survit souvent, restant en ' bonne santé ; dans cette 
condition, la même dose d'alcool ne produit plus d'emblée que des 

Shénomènes paralytiques. La période observée d'excitation tenait 
onc seulement à la suspension de l'action inhibitoire normale des 
centres cérébraux sur les centres bulbo-médullaires, par suite de la 
paralysie de ces- centres cérébraux, atteints les premiers par le poison. 
Sur les animaux h cerveau intact, les phénomènes de dépression 
nerveuse sont d'abord masqués par les effets de cette libération 
des centres médullaires ; sur les animaux privés de leurs hémisphères 
cérébraux, la moelle tombe directement sous l'influence de la substance 
toxique, et cette influence est paralysante, comme sur tout le 
système nerveux. La même chose n'arrive-t-elle pas avec le chloro- 
forme? Il y a, au début de la chloroformisation, une période de forte 
excitation, tous les médecins le savent ; mais cette période est sup- 
primée chez les animaux auxquels on a enlevé préalablement les 
némisphères cérébraux, et le phénomène primitif est alors la paralysie. 
L'explication donnée de ce fait est la même que celle des expériences 
de Baratynski sur l'alcool. 

N'est-il pas permis maintenant de conclure qu'en réalité cette 
substance toxique, bien loin d'exciter, paralyse toutes les fonctions 
organiques et principalement les fonctions cérébrales? Ainsi est 
assuré le triomphe de la conception générale de Schmiedeberg sur 
l'action physiologique de l'alcool. Ainsi sont enlevées les dernières 
positions où pouvaient se réfugier les défenseurs de ce poison. 



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12 vil* CONGRÈS INTERNATIONAL 

Il me semble que par de telles démonstrations les physiologistes, dans' 
la lutte contre TalGoolisme, fournissent des armes qui ne sont point 
inutiles. 

M. Ant. Rochat (Suisse). . — Il semble prouvé que l'alcool inti'oduit 
dans Torganisme est l'objet d*une combustion. Mais quelle est cette quan- 
tité comburée? Est-elle notable ou seulement minime? 

M. Gley. — Lorsque Ton prend de fortes doses d*aIcool, alors apparaît 
Taction pharmacodynamique de ce corns. Alors la vaso-dilatation périphé- 
rique qui survient annihile, et au delà, la quantité de calories produite. 
Bnnge a fait intervenir tout de suite cette action vaso-dilatatrice et a 
affirmé que la chaleur due à Talcool n*a pas d*effet utile. Je crois qu*il a été 
troi> loin et qu'il ne peut se produire immédiatement une compensation 
entre des {ihénomënes d'ordre très différent. 

M. Ossipoff (Saint-Pétersbourg]. —Je ne crois pas que l'alcool ait^ 
une fonction alimentaire, nutritive. Il brûle, c*est vrai, mais les récentes 
expériences du professeur A. Danilewsky, de Saint-Pétersbourg, ont 
montré qu'il brûle très lentement et que c'est avec beaucoup d'effort que 
l'organisme intoxiqué se délivre de l'action de l'alcool. En résumé, 
ralcool détruit l'organisme ; il n'a pas de fonction plastique ,- les cellules 
ne l'assimilent pas. 

M. le D' Forel. — Nous ne nions pas qu'une partie de l'alcool ingéré 
subisse la combustion. Mais la question est de savoir ce qui est la victime 
de la combustion. Si on allume le feu à côté du four, il brûle les meubles 
au lieu de cuire le dîner. 

A forte dose, l'alcool fait dégénérer les tissus ; c'est un fait qui donne 
h présumer que son action est dès le début délétère. 

Les expériences de Miura, très bien conduites aa laboratoire de 
von Noordcn, ont prouvé que l'alcool n'est pas un aliment d'épargne, 
comme on l'avait cru avant lui. 

Le tort des expériences physiologiques est souvent de ne voir qu'un 
côté de la chose, quand les faits sont autrement compliqués. A quoi sert 
un peu d'alcool brûlé, si en brûlant il fait plus de tort qu'il n'appoi-te de 
contingent à la nutrition ? Il faudrait connaître les effets de l'alcool dans 
tous leurs détails pour bien juger s'il est un a aliment », c'est-à-dire 
s'il est utile à l'organisme. Or, à quoi sert un peu de combustion, je veux 
bien mc^me un peu de nutrition, si l'effet destructif est bien supérieur à 
tout cela ! On ne peut pas plus parler ici d'effets nutritifs qu'on ne le 
dii ait de l'arsenic ou d'autres substances toxiques. 

M. le D' Ruysch (Hollande). — Je rends hommage à M. Gley pour 
la façon impartiale et positive avec laquelle il a prépai*é son rapport et 
fornitilé ses conclusions. Ce n'est qu'à cette condition que des expériences 
pliysiologiqnes peut jaillir la vérité. 

En suivant la voie tracée au Congrès de Bâle par Bunge, Krœi»elin et 
Smillï. |»uis poursuivie à Bruxelles par le D*" Destrée et d'autres, et en 
contrôlant les résultats obtenus, on peut arriver à une conviction solide. 
in(1is|)ensable pour papner nos advei^aires et les persuader. C'est dans 
ce but de contrôle que le Volkbond (Ligue du peuple) s'est adressée, en 
Hollande, aux docteurs Saltet, professeur à l'Université d'Amsterdam, 









. ^ :«?1 






CONTRE L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



13 



Zwaardemacker et Scheffer, de TUniversîté d'Utrecht, pour les engager 
à élucider la question à Taide de leurs expériences. 

Quoique celles-ci ne soient pas encore terminées, il en résulte déjà, 
tout au moins en ce qui regarde celles du D' Scliefler, que Tusage modéré 
de Talcool a eu chez lui, pendant la première demi-heure, une influence 
favorable sur le travail des muscles, et, au bout d*une demi-heure, une 
influence défavorable. Il ne pense pas qu'on puisse attribuer à l'alcool 
une influence exclusivement narcotique. 

Il poursuit ses expériences sur diverses personnes et sur la grenouille 
dont il utilise les muscles gastro-cnémiens. Ces expériences ont déjà 
montré, à r<aide de courbes ergographiques, que Ton gagne, après Tin- 
gestion d'une petite quantité d*alcool (1/1000« du poids du corps] intro- 
duite dans 1 estomac avec une petite sonde, ^,9 0/0 au bout d'une heure, 
mais qu'on perd ensuite 480/0 après 4 et 6 heures. 

Les Insultais obtenus par ce physiologiste ont été publiés jusqu'ici 
dans le Ned. Tydschrift ooor Geneeskunde 1898, n? 25, dont je dépose 
quelques exemplaires sur le bureau. 

J*émets le vœu que dans tous les pays la question soit traitée de la 
miMne manière aux points de vue physiologique, clinique et thérapeutique. 

M. le Président. •* Les expériences sont très délicates et difllciles 
h poursuivre. Tous sont d'accoi'd que l'excitation est courte et est suivie 
de paralysie — c'est là le fait essentiel. — Quant à la valeur alimentaire, 
elle existerait, d'après Gley, à cause de la combustion. C'est une proposi- 
tion qu'il faudra peut-Atre vérifier. L'alcool est avide d'oxygène ; il 
pi end au sang son oxygène, si bien qu'au lieu de favoriser l'organisme, 
il lui est nuisible en supprimant la respiration des tissus; il sufllt pour 
s*en convaincre d'observer la figure cyanosée du buveur. 

M. Gley. — Je voudrais simplement rappeler à M. Forel le terrain 
sur lequel je me suis placé; c*est celui sur lequel la lutte contre l'alcoo- 
lisme peut (^tre menée dans les conditions les plus favorables. Je soutiens 
que, à ce point de vue, la question de la valeur alimentaire de Talcool 
reste très délicate. 

Quant aux expériences de Miura, elles portent sur un point particulier, 
«•<»lui de savnir si une quantité d'alcool déterminée jieut être comparée à 
un(* quantité isodyname d'aliments hydrocarbonés. Miura a conclu que, 
lorsque l'alimentation est un peu plus que sufllsante, l'alcool joue le rôle 
d'un aliment; au contraire, lorsque la ration est juste suflisante, l'alcool 
n'agit plus comme aliment. Ma^'s Jaquet a fait une vive critique du travail 
de Miura. 

Il est d'uilleurs utile de rappeler qu'il se produit normalement dans 
l'organisme de l'alcool par le fait des fermentations bactériennes de l'in- 
testin et que cet alcool est brûlé. 

.\ssurêment il vaut mieux prendre du pain que de l'alcool, et du fait 
que, selon moi , ce dernier evst, physiologiquement parlant, un aliment, 
on aurait le plus grand tort de conclure qu'il doit entrer dans l'alimenta- 
tion, de lu-oférence surtout à crautros substances moins coûteuses et 
inolfonsives. 



Gilbault donne h'Clun* i\o la note ex|Ȏrimentale suivanti^ 
comme contribution aux débats sur l'ac^^'o^^ des excitants sur la puis- 
sance musculaire. 






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14 VII* CONGRÈS INTERNATIONAL 



L*ALCOOL ET LES VRAIS PRODUCTEURS DE FORCE ^ 



Je me suis proposé de donner k un individu, épuisé par un long 
travail, différents liquides et de chercher quel est celui de ces liquides 
qui a le plus grand effet réparateur. 

Je me suis servi d'un ergographe avec lequel je travaillais moi»mème. 
Je me plaçais autant que possible dans les mêmes conditions initiales : 
nourriture, température extérieure, fatigues préalables, etc., ne fai- 
sant qu'une expérience par semaine de façon à ne pas m'entratner. 
Dans chaque expérience je travaillais jusqu'à épuisement, je me repo- 
sais 2 minutes, puis je travaillais jusqu'à épuisement et cela 6 fois de 
suite ; ie prenais alors un liquide, je me reposais 10 minutes, puis je 
travaillais à nouveau jusqu'à épuisement, ce qui constitue la 7* épreuve \ 
je reprenais le même liquide, je me reposais 20 minutes et j'entrepre- 
nais la 8* épreuve, travaillant à nouveau jusqu'à épuisement; après 2 
minutes de repos je faisais la 9* épreuve. 

L'eau m'a donné un résultat à peu près nul. 

Le café un résultat négatif, je me »entais beaucoup de volonté, il me 
semblait que j'étais reposé, mais le travail accompli était très faible. 

L'alcool également m'a donné un résultat négatif, après en avoir 
pris, le travail effectué était beaucoup plus faible que quand je n'avais 
rien pris ou que quand j'avais bu de l'eau et, ce qui est beaucoup plus 
curieux, c'est que le lendemain en revenant de l'ergographe, je four- 
nissais beaucoup moins de travail qu'à l'état normal. — Mon état nor- 
mal consiste à ne boire que de l'eau. — Donc l'alcool laisse longtemps 
après lui une lassitude. 

La kola 



la et le bouithn^ au contraire, ont permis d'effectuer un travail 
environ deux fois plus grand qu'à jeun. J ai souligné le mot bouillon 
croyant que mon travail apporte sur ce point un Tait nouveau, utile à 
savoir et dont la connaissance doit être répandue. Pour les travail- 
leurs dont les reins sont en parfait état, ne présentant aucune lésion, 
le bouillon sera le meilleur breuvage : les désaltérant parfaitement, 
leur donnant des forces, sans être aun prix élevé. 

Ces recherches ont été faites au laboratoire de M. Abalous, profes- 
seur de physiologie à la Faculté de médecine de Toulouse, et je suis 
heureux de le remercier publiquement de l'hospitalité qu'il a bien 
voulu m'accorder. 

M. le président. La discussion est close. La deuxième question 
soumise à votre discussion est la suivante : 

Etat actuel de nos connaissances cliniques sur Valcoolisme. 

La parole est à M. le docteur Smith, directeur de l'asile de buveurs de 
Schloss Marbach am Bodensee (Allemagne). 

1 Expériences faites par M. U. Gilbaolt, professeur au lycée de Toulouse, et communi- 
quées au Gongprès antialcoolique. 



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COKTRB L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



15 






RAPPORT 

De M. SMITH, Directeur 



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Ùber den heutigen Stand unserer klinlschen 
Kenntnisse des Alkoholismus. 



VON D' A. SMITH 



Dirig. Arsi dei Temperans-Sanotorium Schlosi llarbach om Bodepsee. 



Wenn wir den Alkoholismus vom medicinischcn Standpunkte 
betrachten, mûssen wIr dies theoretisch nach zwei Richtungen hin 
thun : wir mûssen uns die Frage stellen, wie wirkt der Alkohol phy- 
siologisch, d. h. wie wird er im menschlichen Korper aufgenommen ; 
wie zersetzt er sich; wie und aufwelche Teile des Kôrpers wirkt er 
in den verschiedenen Zersetzungszustânden ; wo und als was wird er 
wieder ausgeschieden ? Die zweite Frage wfire dann die klinische : 
wie treten die Ausserungen der Alkoholwirkung in die Erschcinung ; 
welche gleichbleibenden Beobachtungen geben uns ein Recht zu 
saeen, hier haben wir eine Abweichung von dem Normalbilde des 
LebensvorgangcSy wie wir es nun einmaï gebildct haben, und dièse 
Abweichung ist allcin dem Alcohol Schuia zu geben ; konnen wir 
Zustfinde, aie anderen Ursachen ihre Entstehung verdankcn, zum 
Vergleiche und zum besseren Verstftndnis heranziehen ; sind wir 
endlich im Stande unsere Beobachtungen durch einwandsfreie 
Versuche als richtig zu erweisen ? 

Was nun zunflchst die Frage nach der physiologischen Wirkung 
des Alcohols im menschlichen Kurper angeht, so ist es uns ofTenbar 
i'rilher viel leichter gewesen, dieselbe zu beantworten, als heute. 
Wir haben uns frûher zu viel damit begnûgt, uns dièse Wirkung « vor- 
zustcllen, » und das, was sich der eine Forscher « vorgestellt » bat, 
wurde dann hftufig von dem nâchsten, der ûber Grundlagen weiterer 
Theorieen in Verlegenheit war, unter Berufung aufden vorigen Autor 
als bewiesene Thatsache angefûhrty auf Grund deren er sich dann 
etwas weitercs ce gedacht » hat. Wir kennen, wenn wir ehrlich sein 
wollen, noch ungeheuer wenig von den Mechanismus, den wir als 
Lebcnsvorgang bezeichnen ; wir vcrfolgen wohl staunend mit den 
vorgrussernden Glftsern das Wcrden des Geschopfes aus dem Ei; wir 
scheii die Slofle, die der IJnterhaltung des Lebens dienen ; wir 
bcmerken auch einigc der grobsicn Yerftnderungen, denen sie unter- 
liegen, um dem Korper angepasst zu werden : der ungeheuren Compli- 
ciertheit der Materie, den unziihlbaren Verschiebungen gegenûber, 












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16 vil' CONGRÈS INTERNATIONAL 

welche die tausendfach aneinandergerethten Atome ermqglichen ; den 
kaum'ahnbaren Fragen der Mikro-und Biochemie, deren Lôsungsver- 
such zum gutcn Teil den Inhalt der medicinischen Arbeit des nftchsten 
lahrhunderts ausmachen inuss, — aile diesem gegenûber Ist es natûrlich 
Curchtbar gleichgfiltig, wie der eine oder der andere von uns sich den 
Ablauf ail dieser Vorgftnge « denkt. » Mangeis jeder Grundlage, jeder 
Méthode ist es ja nient ganz ausgeschlossen, dass Jen^and aus den 
Milliardcn Moglichkeiten gerade die eine richtige trifR — wahrschein- 
lich ist dies nicht. 

Es kaiin uns denigemftss nicht wundern, dass jede eingeiiendere 
Untcrsuchung uns die Haltlosigkeit dessen gezeigt hat, was wir 
noch vor einem lahrzehnt als unumstôssliche Thatsache anzusehen 
gcwohnt waren, ohne dass es uns aber auch nur im entferntesten 
gelungen wâre, auf den Ruinen des zusanimengestûrzten Baues nun 
einen allcn Verhâltnissen angepassten Neubau aufzurichten. 

Fehlt uns also die physiologische Begrûndung der Erscheinungen 
des AIkoholgenusses einstweilen noch in weitgehender Weise, so 
dass wir schon ûber die Aufnahme und Verarbeitungdesselben durch 
den Magen nichts sicheres mehr wissen, so sind andererseits doch 
eine Anzahl von einwandsfreien Erscheinungen beobachtet, welche 
erfahrungsgemâss immer nach dem Alcoholgenuss auftreten und 
demnach empirisch als mit ihm zusammenhttngendangenommenwer- 
den mûssen. Und ein rein physikalischer Gedankengang ergiebt dann 
mit zwingender Consequenz Forderungen, welcne die klinische 
Untcrsuchung als thatstlcnlich erfûllt erscheinen Usst. 

Unmittelbar nach der Aufnahme eines Quantums Alcphol zeigt sich 
deutlich eine Erweiterung der kleinsten Gefâsse der Peripherie des 
Kurpers, welche sich durch Rôthungder Hautparthien besonders des 
Gesichtes und erhôhtes Wfirmegefûnl ttussert. Dièses erhôhte Wftr- 
megefûhl zeigt sich zuerst im magen, so dass wir rûckschliessen 
kunnen dass die Magengefftsse sich auf den Reiz zuerst erweitern. 
Dièse Gefâsserweiterung findet schon statt, ehe irgendwie erhe- 
blicherc Mengen der alcoholischen Flûssiffkeit, die neueren Unters- 
ungen nach im Gegensatz zu frfther genegten Ansichten nur sehr 
langsam resorbiert werden, in den Korper, d. h. den Blut- 
kreislauf ûbergegangcn sein konnen. Untersuchungen nach, welche 
Bianchi auf oem Internationalen medicinischen Congress zu Mos- 
kau veroffentlicht hat, bleibt nftmlich der Alcohol nient nur Iftnger 
im Magen, als andere Getrânke sondern es erscheint sogar nach 
einiger Zeit mehr Flûssigkeit in demselben, als vorher, so dass also 
vor der endgaltigen Aufnahme eine wcitere Verdûnnung durch den 
Magensaft stattzufinden schcint : eine Thatsache welche den zuneh* 
mendcn Durst beim Trinker zu erklttren geeignet wUre. 

Wie sich dann aber der Alcohol nach der Résorption verhftlt, ob er 
erst chemische Verwandlungen durchmacht, ob er direct zu Kohlcn- 
silure und Wasser unter Zunûlfenahme des im Korper vorhançlenen 



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CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 17 

Sauerstoffes verbrennt, wisseii wir nicht. Bei acuter, totlicher 
Alcoholvcrgiftung hat man Spuren von Alcohol in Leichentheilen, 
bcsonders aem Gehirn nachweisen konnen. 

Etwa 10 ®/o des aufgenommenen Alcohols oder eine genaii so 
reducierende Substanz erscheincn nach den diesbezûglichen Untcr* 
suchungen von BodlUnder und Strassmann wieder in den Aiisschei- 
diingen des Korpers. 

Knùpfen wir nun an die Bcobachtung, dass die GefUssc der 
Peripherie sich sofort nach der Alcoholaufnahme erweitcrn inid lange 
nachher noch crweitert bleiben, eine rein physicalischc Krwiigung 
an, so wi'irde dièse sich folgenderinassen gcstalten mfissen 

Durch die Erweiterung der zahllosen Kapillaren muss der Gesamint- 
querschnitt des Gefâss Systems naturgemâss ein grosserer werden. Je 
grosser nun der Querschnitt einer Fiûssigkeitssiiule wird, um so 
grossere Kraft gehôrt dazu, um dieselbe eine gleiche Strecke weit 
lortzubewegen — ein physicalisches Gesetz, das jeder durch Aufsetzen 
einer engeren oder weiteren Ausflussrohre auleinen Springbrunnen 
sludieren kann. 

Die Kraft zur Fortbewegung der Blutsilule in unserem Kdrper wird 
zum Qberwiegenden Teil direct vom Ilerzmuskel geliei'erl, der nach 
den Untcrsuchungen von Zuntz (Die ErnUhrung des Herzens und 
ihre Beziehung zur Arbeitsleistung. Leipzig, Thieine 1892). Zu seiner 
Ern&hrung bis zu 10 7o ^^^ d^'" Organismus zugelùhrten Nahrungs- 
mittel beansprucht. Der Herzmuskel ist in der Lage, sich selbst sehr 
bedeutenden Mehrleistungen, die von ihm vorûbergehend verlangt 
werden, anzupassen, undwenn er daraul' einige Zeit zur Erholung 
hat, haben solche Uberanstrengungen weiter keinen ûblen Einfluss. So 
lange eine FortschaiTung der Ermiidungsproducte mit gleichzeitiger 
Assimilierung in geeignete Form iiberiùhrter erhôhter Nahrungs- 
zufuhr statthnden kann, kann die Inanspruchnahmc zu imnier 
grosserer Thâtigkeit dcm Ilerzen und damit der Leistungsl'âhiffkeit 
des Korpers sogar forderlich sein, wie die Erfolge rationeller Trai- 
nicrung beweisen. 

Wenn abcr, wie dies beim chronischen Alcoholgebrauch eintritt, 
an das llcrz forldauernd erhohte Anspruche gestellt werden, uni die 
ûber das gcwohnte Mass erweitcrte BlutsUulc fort/ubewegcn, wfthrend 
gleichzeitig die Magcnschleimhaut durch den ibrtgesetxtcn Rciz nach 
und nach in inimer hohere Grade katarrhalischer Entzundung versetzt 
wird und zur Aufnahme und Verarbeitungder dem Korper notwendigen 
Ersatzstollc sich.immer unfAhi'gcr erweist : so miissen wir mit Not- 
wcndigkcit crwarten, dass die Storung in dcm Ilaushalte des Korpers, 
die vermehrtc Ausgabe des Herzens an Arbeit und die gleichzeitig 
vcrringcrte Einnahme anKraftquellen, nach und nachzu cinem Zustand 
rcihren muss, der den Zusammenbruch des Individuums im Gefolgc 
habcn wird. Wie dicscr allerdings cintretcn wird, und welchc 
vormahnendcn VcWinderungen der Kurperorgane etwa aul' denselbcM 






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18 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

hinweisen mûssten, ergiebt sich aus dIeBer physiologisch-physicalis- 
chen Betrachtung nicht. 

Hier setzt nun die klinische Beobachtung und Erfahrung ein. 

Untersuchen wir einen Kranken, aus dessen Yorgescnichte ein 
gewohnheitsmftssiger Ubergenuss alkoholischer Getrftnke sich fest- 
stellen Iftsst, so finden wir ausnahmslos beidemselbencineausgedehnte 
Verbreiterung der Herzgrenzen nach links und oben, bei weit vorge- 
schrittenen Fallen auch nach rechts. Die Herztône sind meist stark 
abgeschwilcht, die zweiten Tône mehr oder weniger klappend ; ihre 
Zahl ist fast immer bedeutend grôsser als in der Norm , 100 - 120 
statt 80 in der Minute. 

Die Arterien lassen, soweit sie der Untersuchung zugângig sind, 
eine gewisse Starre erkennen, die Schlflfenarterie ist nftung direct 
gesckl&ngelt. Cine blaurôthliche Verfftrbung der Haut des Gesichtes, 
in der man bei genauerem Zusehen oft massenhafte blaue geschlftn- 
gelte Aederchen erkennen kann, zeigt die Erweiterung der Biutadern 
an ; an den Beinen sowie an der Brust triiFt man « Krampradern » 
in allen Formen und Grôssen. 

Der Magen ist stark erweitert, oh bis unter die Nabeliinie ; er jst ' 
gefûllt mit zfthem Schleim und unverdauten Speiseresten, die bei 
stttrkerer Ansammlung in der Nacht durch morgentiiches Erbrechen 
c( Brechhusten » entleert zu werden pflegen. 

Ebenso zeigt sich die Leber oft gewaltig vergrôssert, oft auch stark 
geschrumpft. 

Bei schwereren FftUen zeigt sich abgekapselt oder frei beweglich 
in der Bauchhôhle Ansammlung von Flûssigkeit. 

Der Urin hat nicht selten Ëiweiss oder Zucker ; seltener finden 
wir Cylinder. 

Auf der Lunge und den sichtbaren Schleimhttuten finden wir 
katarrhalische Zustftnde. Bei der Prûfung des Nervensystems (ïllt uns 
eine grosse Empfindlichkeit der dem Fingerdruck zugftngllchen 
Nerven gegen Berûhrung auf. Die Réflexe sind teils erhôht, teils schon 
abgeschwftcht oder ganz erloschen. Die Muskeln zeigen zunttchst an 
der Schulter, dann auch an anderen Gruppen rechts mehr und frûher 
als links bei Beklopien starke Furchen-und spflter auch Wulstbildung : 
ein Symptom, das uns auch sonst bei kachectischen Zustftnden 
(Phthise, Carcinom, Blutvergiftung) stark in die Auffen fttUt. Die aus* 
gespreizten Finger zeigen ein eigentûmliches Zittern, die heraus 
gestreckte Zunge zeigt fibrillAre ^uckungen. Der Gang hat etwas 
seemannsmftssiges. 

Fragen wir den Kranken nach seinen Beschwerden, so klagt er 
ûber ein Gefûhl von Schwere in der Brust, hflufiges Herzklopfen, 
Engigkeit, Angst, Schwindel, Ohnmachtsanfftlle. Er ist u nervôs », 
leicht aufgeregt und gereizt, kann keinen Widerspruch vertragen, 
ist unruhig. Sein Gedflchtnishatabgenommen, Energie und Arbeitslust 
sind fort. Ohne etwas getrunken zu haben ist er missgestimmt und 






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CONTRE L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



19 



schlapp : erst, wenn er etwas Alcohol im Magen hat, kann er wiedçr 
schaffen. Er hat schon lange das Bewusstsem, dass er einen kran- 
khaften Zustand hat, der dem Alcohol zu verdanken ist ; er hat sich 
auch wieder undwieder vorgenommeny nicht mehr so viel zu trinken : 
abcr sobald er nur etwas wieder getrunken hat, kann er nicht wieder 
aufhôren. Betrunken will er meist nie gewesen sein ; nur selten giebt 
Jemand an, er sei schon nach einem Glas Wéin oder Hier ganz 
angegriffen und schwindlig, ohne dass es bei weiterem Trinken 
erheblich schlimmer vQrde. Der Appétit sei sehr schlecht. 

Von der Umgebung des Kranken hôren wir dann, derselbe sei als 
Kind schon nervôs gewesen, habe Nàchtwandeln, Veitstanz Zuckun- 

fen gehabt, hfltte an zeitweiligen Wuthausbrûchen gelitten, sei in 
er Schule immer sehr voran gewesen. Spftter sei er ciann wohl « in 
schlechte Gesellschaft » gerathen und habe das Trinken angefangen. 
Er habe unsinntg verschwendet, sei oft Tage lang nicht nach Ilaus 
ffekommen. Zwischendurch habe er aber immcr wieder die besten 
Yorsâtze gefasst und auch einige Zeit gehalten, aber sobald er dann 
wieder einmal die Gesellschaft wieder aufgesucht hâtte, sei es wieder 
losgegangen. In der letzten Zeit sei es aber so arg gewesen, dass 
man sich nicht anders denken kônnc, als dass der BctrciTende schwer 
krank sei. 

Oder der Kranke ist schon als Kind schwer zu behandeln gewesen, 
in der Schule nicht recht vorwftrts gekommen. Er hat dann nirgcndwo 
aushalten wollen, hat sich jede Stellung durch grosse Ansprûche und 
fferlnge Leistungen verdorben. In Stammtischkreisen wird er sehr 
noch geschfttzt ; er verfûgt ûber eine AnzaKl mehr weniger fragwûr- 
diger >Vitze, die immer wieder aufgetischt werden, und gilt, da er 
wenig spricht, und wQrdevoll aulzutreten weiss, trotz der unglau- 
blichsten Gedankenarmuth fur eine Autoritftt in allen Dingen. Zu 
Haus ist er brutal bis zum âussersten, Frau und Kinder zittern vor 
ihm, wfthrend er vor anderen immer den zftrtlichen Ehemann, den 
aufmerksamen Vater markiert. Sein Gewissen ist sehr elastisch: jeder 
Weg, Geld zu erwerben ist ihm recht so weit er nicht direct mit dem 
GesetzinConflict kommt und nicht mit Arbeit verbunden ist. Nûchtern 
soll er oft sehr gutmûtig und leicht zu lenken sein. 

Aus diesem anscheinend so vielgestaltigen Bilde hebt sich nun den 
wechseinden anderen Symptomen gegenûber die Hcrzerweiterung als 
constanter Befund hervor, und in dieser Ueberdehnung des Herzens 
iinden wir auch deii korperlichen Ausdruck der vorerwfthnten phy- 
sicalischen Folgerung, dass die dauernde Mehrbelastung des Herzens 
bei geringerer Nahrungszufuhr, zu einer eingreifendercn Schftdigung 
fûhren musse. Und die weitere Beobachtung der Kranken zeigt nun 
auch, dass dièse SchUdigung des Herzens den Kern der Erkrankung 
bildet, und dass aile anderen Symptôme mehr zufâlliger Natur und 
zum grossen Feil erst Folge der Herzstorungsind. Dem entsprechcnd 
sehen wir bei einer vollst&ndigen Entziehung des Alcohols die 



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2U vu' CONGRES INTERNATIONAL 

anscheinend viel schwereren Erschelnungen von Seîtcn des Verdau- 
ungstractus fast unvermittelt in wenigen Tagen eineni excessiven 
Wohlbefinden weichen, derart, dass jetzt zu einer Mahlzeit mehr 
aufgenommenundgut verarbeitet wird, alsfrûher vicUeichtin Wochen : 
wiihrcnd die Herzerweiterung mit ihren Gcfolgezustânden, den feinen 
Kcactionen des Nervensystems aiif die Untererniihrung noch Monate 
lang nachzuweisen ist. 

Dcr bekannte Ncurologe Môbius hatcinmal vorgeschlagen, Sympto- 
inencomplexCy die immer zusammenauftretcu unddadurchallein einen 
urslichlichen Znsammenhang bekunden, als « Syndrome » zu besch- 
rcibcn. Ich niochte dcnGedanken anTgreifen und nierbeidas Syndrom 
der Herzerweiterung an sich auTstellen. 

Je nach der Veranlagung des Kranken und der Schwere der 
Erkrankung (inden wir mit der Herzerweiterung vcrgesellschaftet, 
mit ihrer Heilung verschwunden, eine gewisse NervosiUlt die sich 
in Mi'idigkeit, Unruhe, Reizbarkeit, Unlust zur Arbcit, Nachlasscn 
des GediichtnisseSy schwermQtigen und hypochondrischen Verstim- 
mungen, Herzklopi'en, Klopfen in den Halsartericn, Ohrensausen, 
Koptdruck, Schwindel, Erbrcchcn und Uebeikeit, Angstgefiihlen'in 
allen Abstufungen» Dftmerzustftnden, épileptoïdcn AnHlilen, Delirium 
tremens, Nervenentzûndung von der leichtercn Furm der sog. Neu- 
rasthénie bis zur vôlUgen Lfthmung, Schmerz an den Druckpunkten 
und gesteigerter idiomusculftrer Erregbarkeit ftusscrt. 

Sanen wir oben, dass dies ziemlich genau die Bcschwerden waren, 
die uns von den dort erwfthnten Kranken hauptsftchlich geklagt 
wurden, so kommen uns dieselben Klagen vondem Gros der Kranken 
zu Ohren, die wir bis jetzt als « blutarme » « Neurastheniker » 
« Hypochonder » « melancnolisch Verstimmte » anzusehen pflegten. 

Es kann also nicht der AlcohoHsmus als solcher sein, der diesen 
Symptomencomplex als specifisch, nur ihm eigen, bcsitzt. Aber, 
w'oraufich hier schon aufmerksam machen will, es ist cin Krankheits- 
bild, das in seinem verschiedenen Auftreten mehr als irgend ein 
anderes den unkundigen Arzt zu einer Thérapie verleitet» welche 
wohl die subjectiven Beschwerden betclubt, die Grundkrankheit aber, 
wie wir sehen werden, verschlimmert : zu der Verordnung der 
mannigtaltigen Mcdicinal-und anderen Weine, der schwereren Bière 
und nicht selten geradezu der concentriertesten Schnapse. 

So wichtig dieser Zustand nun auch fur die Entstehungsgeschichte 
des AlcohoHsmus ist, so kann ich mich hier doch nicht in die Einzel- 
heiten dcr Ursachen der Herzerweiterung vertiefen : es genûgt zu 
erwâhnen, dass die kiinische Beobachtung ein besonders hâufiges 
Auftreten bei Familiendisposition zeigt, dass einc Reihe fieberhalter 
Infectionskrankheiten wie Scharlach, Diphtérie^ Pneumonie, Typhus, 
Influcnza, das Herz stark erweitern und gerne cine Herzschwiiche 
zuriicklassen, die bei geringer Veranlassung eine langwierige Herz- 
dilatation zur Folgc hat und den Kranken nient wiederzur Gesundung 



CONTHK I. ABL'S IIES MOISSONS ALCOOLIQUUS 



21 






kommen lâsst ; dass iiiir ferncr einv. Hcilie Expérimente, die ich an 
Gosiinden und Kranken zur Kliiruiig dieser trâgc angesteilt habe, 
gezcigt hat, dass durch zu wenig Bcwegung und àndererseits wieder 
durch uQtrainicrte Anstrengung, durch zu wcnig oder ungeuûgende 
Ernfthrung, durch Erweiterung der llautgeiâsse durch Wftrme (warmes 
Bnd) und durch eine Reihe chcinischer Reize vom Magen aus (vieileicht 
auch durch zu schnclle Wârincbildung?) Herzerweiterung leicht und 
sicher erzeugt wcrden kann. Ich fùgc gicich hinzu, um mir nicht dcn 
Vdrwurf machen lassen zu musse n, aus wissenschaftlicher Neugier 
Mcnschen geschftdigt zu haben, dass dieselben Expérimente in 
wcitgehender Weise gezeigt haben, was wir zur Heilung der Zustftnde 
thiin kônnen und mûssen. Fur uns hier ist es nun von Wichtigkeit, 
zu sehen, in wiefern der Alcoholgcnuss — undzwar in den Grenzen, 
die wenigstens bei uns in Deutschland als durchaus erlaubte und 
miissige gelten — geeignet ist, einen Reiz fur die Herzerweiterung 
abzugeben, und wie wir im Verlaufe des Expérimentes verfolgen 
konncn, wie die « Nervositfit» mit der Herzerweiterung anhebt, sich 
stcigert und mit dem Zurûckgehen wieder abnimmt und verschwindet. 
Gleichzeitig werden Sie sehen, dass nicht die vergrosserte Flûssig- 
keitsmenge es ist, welche durch Mehrbelastungdes Herzens allein zu 
dcssen Vergrôsserungbeitrflgt, wiedieshauptsâchlich von bayerischen 
Gelehrten (v-StrQmpell, Bauer u. a.) angenommen wird, sondern dass 
in erster Linie der Alcohol, selbst dafûr verantwortlichzu machen ist. 
Die Tafel welche ich Ihnen hier (Fig. 1) vorzufûhren die Ehre habe, 
zeigt in den neben einanderliegenden Sftulen die grôsste Breite des 
Herzens (von der rechts liegenoen Basis zur links liegenden Spitze), 
wie dieselbe tftglich zur selben Zeit (wo nicht Abweichungen besonders 
angegeben sind) durch die Untersuchung festgestellt wurde. Die 
Versuchsperson war ein krftftigcr Mann, Grenzwàchter, der als 
durchaus solid und absolut zuverUissig mir seit Jahren bekannt war. 
Dorselbe sollte wfthrend der Dauer des Yersuches was das Essen 
anging genau so leben, wie er es bis dahin gewohnt war, betrefis des 
Trinkens iedoch sollte er sich an den dazu bestimmten Tagen der 
aikoholischen Getrftnke vôllig enthalten, immer jedoch die Flûssig- 
kcit, die er zu sich nahm, genau messen und deren Art und Menire 
notieren. Sie sehen unten durch die schwarz gehaltenen Stellen me 
tiiglich aufgenommenen FlAssigkeitsmengen in Litern ausgedrûckt, 
bel denen an den Alkoholtagen die Menffen alkoholhaltiger Getrftnke 
besonders durch leergeblieDene, punktierte Stellen hervorgehoben 
sind. Von alkoholfreien Getrftnken wurden ziemlich gleicnmftssig 
ta^lich genosscn : leichter Kaflee mit Milch, Milch, Kohlensaurcs 
und Brunnonwasser. An alkoholhaltigcn Getrânken wurde aussch- 
li(*sslich das hier ùbliche Bicr getrunken, das ctwa 4 ^L Alcohol 
enthiilt. Von dor Versuchsperson wurde ûber ailes, was ihr auflfiel, 
genau Protocol! gefOhrt. Sehen wir uns nun das Ergebniss der 
L'iilcrsuchungen genaucr an. 

fVoir lu Figure i à la fin du volume)» 






t II 



22 VII* CONGRÈS INTERNATIONAL 

An den ersten sechzehn Tagen finden wir, dass das Herz mit 

Eeringen Schwankungen von 15,/5 cm. auf 11,5 cm. zurûckgeht. Eine 
eberanstrengung am 10^'' Auffust ftussert sich durch eine Zunahme 
der Herzbreite von 1 cm. Vom 16**" Aug. an wird in der Weise, wîc 
Sic dies auf der Zeichnung sehen, die FlQssigkeit allmâiig durch 

Srôssere Quantitâten (bis 7 glas à 0,4 es.) Bicr ersetzt. Sie sehen 
ementsprechend das Herz wieder grôsscr werden, bis 17 cm. am 
26ten Aug., wobei Sie bemerken, dass dieselbe Ueberarbeit, die am 
10**^" eine Verbreiterung von 1 cm. zur Folgc halte, jetzt iast 2 cm. 
ausmacht. Am 27^" wurde wieder zur Abstinenz ûbergegançen, und 
nun schen Sic trotz der an diesem Tnge fâlligcn Ueberarbeit (es nandelte 
sich um das Aushalten eines Patrouillicrdienstes von 16 statt der 
sonst ûblichen 8 Stunden) die Herzbreite um einen vollen cm. zurûck- 
gchen, bis am i^^ Sept, eine Breite von 12 cm. wieder erreicht 
wird. Vom 5*«" bis 9**" Sept, steht die Versuchsperson wieder unter 
Alcoholwirkung. Am 6*«" sehen Sie wieder die gleichzeitige Schfi 
digung durch Ueberarbeit, die unter Alcobohnithulfe ausserordentlich 
sien bemerkbar macht. Die Untersuchung am 8*®" wurde Nachmittags 
4 Uhr vorgcnommen, nachdcm 4 Glas Hier gctrunken waren. Gelegent- 
lich èiner Feier trank dann die Versuchsperson weitere 4 Glas und 
stellt die folgcndc S&ule, kurz nach Mitternacht des 9^° aufgenommen 
die weitere Wirkung dièses Consums dar : das Herz ist auf ûber 
19 cm. Breite auseinandergegangen. Vom 10^" bis 15^" folgen dann 
wieder Abstinenztage, unter denenam bemerkenswerthestcn der 14^° 
ist. An diesem Tage sollte der starke Alcoholtag controlliert werden, 
und wurden dementsprechend annfthernd sechs Liter alkoholfreie 
Flûssigkeit (mit grosser Anstrengung !) getrunken, gegen nur 4,5 am 
gt«n, Trotz dièses starken Mehrconsums an Flûssigkeit ist das Herz 
bci der Untersuchung knapp 1 cm. breiter als am Tage vorher : ein 
Beweis, dass die Bewftltigung der grossen Flûssigkeitsmenge auch 
nicht annâhernd von der oedeutung fur das Phftnomen der Herzer- 
weiterung ist, als der Alcohol. Es rangiert durchaus gleich mit den 
am 10^'' A"g- UQ^ ^^^ Sept, bemerkbaren Erweiterungen nach 
Uberanstrengung. 

Einen fthnlichen Versuch, der sich nur nicht so weit ins Einzelnc 
verfolgen Hess, sehen Sie in Fig. H. Hier ist seit dcm 24*«" bis 31**" 
Aug. das Herz auf 13 cm. zurficKgogangen ; unter dem Einfluss von 
1 ht Wcin tiiglich erwcitert es sien in drei Tagen bis auf 16, 25 ; 
geht bei Abstinenz in 8 Tagen wieder auf 13, 15 cm. zurûck, um sich 
wieder in zwei Tagen auf 15, 25 cm. zu erweitern. 

Die Herzaufnahmen wurden immer so gemacht, dass eine acute 
Wirkung des Alcohols nicht mehr zu bemerken war, mit Ausnahmc 
des 9^" nach Mitternachtversuches etwa 2-3 Stunden nach der letzten 
Aufnahme. 

Zu diesem Syndrom der Herzerweiterung gesellt sich nun die acute 



CONTRE l'aIOJS DES flOISSONS ALCOOLIQVES 23 

Wirkung der Alcoholaufnahme selbst, die, obgleich sie meiner 
Ueberzeugung nach nur eine Art der Aeûsserungplotzlicher Circula- 
tîonsverlinderungen auf das Gehirn darsteilt, in der Raschheit der 
auleinandcrrolgenden Zustlinde doch etwas in sich abgeschlossenes, 
characteristisenes bat. Speciell Kraepelin bat das grosse Verdienst, 
dnrch eingehende psvcho-physîsehe Untersuchungen die Art der 
AlcohuIwirKung auT (las Gehirn Icstgestellt zu haben. An seine 
Arboiten iind auf ihnen fiissend schliesscn sich weitere wichtige 
experimentelle Forschungen von Aschaflenburg, Fûrer und mir an. 
Wir haben es demnach schon nach geringcn Dosen Alcohol mit einer 
Lâhinung auf dem gesammten intellectuellen Gebiet zuthun ; auf dem 
motorischen gcht der Liihinung bci kleineren Dosen zuerst ein 
Aufregungszustand voraus. Zeitsinn, Gedâchtnis, Auffassungsffthigkeit 
werden abgcschwttcht ; die Fiihigkcit, Gcdanken zu verbinden, erlischt 
inchr und mehr. Die motorische Erre^ung giebt Veranlassung zu 
vorschneller Reaction auf die fra^'ûrdigsten Reize, das GefohI fOr 
Altruisinus schwindet, Anstand und Sitte werden nicht mehr begriiTen. 
In cinem weiteren Stadium kommt es dann zu immer weiterem 
Zurncktreten der hôheren Functionen, ein wûster Drang zum Lfirmen 
und Zersturcn geht einem allmilhligen Versagen auch der kôrper- 
lichcn Reactionen voraus, und schliesslich kommt es zu einervôlligen 
Bctiiubung, aus der ein Gefûhl schwersten korperlichen und geistigen 
Darniederliegens resultiert. 

Wir haben bisher den allgemeinen Teil, das, was wir bei unserem 
Krankhcitsbild gemeinsames haben, ins Auge gcfasst * es ist nun 
intéressant zu sehen, wie dersolbe Vorgang, derselbe Syniptomen- 
complex auf verschieden beanlagte Naturen seine gesetzmAssigc 
Wirkungftussert. 

Nohmen wir von dein n unsere Behandiung kommenden n Alcoho- 
likern » von vorncherein aile diejonigen aus, bci dencn der Alcoho- 
lismus resp. die AIkoholintoloranz lodiglich eine Begicitcrscheinung 
oder ein Frùhsymptom einer beginnenden oder augesproohcnen 
Geistesstorung ist, wie dies bei der Paralyse, der circularcn Psychose, 
der Epilepsie u. a. m. nicht so scitcn der Fall ist, so teilen wir den 
verbleibenben Rest bald in zwci Hauptgruppen ein, zwlschen denen 
ein grosses Uebergangsmaterial, bald mehr der einen, bald mehr der 
anderen Gruppe angenorig, schwankt. 

Die erste Gruppe bestiinde aus der grossen Zabi der Degenerierten, 
oder besser gcsagt, der mit einem Gehirn von mangelhalter Entwic- 
klungsfâhigkeit Veranla^ten, die wir als « moralisch Unzurechnungs- 
fAhigr, »> « psychopatisch Minderwcrtigc » « Psychopatcn » zu bczeichncn 
pllcgen. Ks sind diesdurchweg Individuen, welche der fortschreitendcn 
Culturcntwicklung, die den Einzelnen zwingt, dem immer engeren 
Zusammenlobcn der Menschheit sich anzupasscn, ROcksichten zu 
lehmen auf die Empfindungen anderer und dadurch zu einer 
:Vchtungder cigencn Individualitiit und Art des Auslcbens zu gelangcn, 



24 TII* COMCaks HnUBHATIOXAL 

nicht folgen kônnen, und ailes ▼on anderen TerUngen, ohne die 
geringste Gegenleistung darzubieten. Der rûçksichtsiose Egoismus des 
Naturmenschen, der c monden Bestie v Nietzche's^ der in vergangenen 
Zeiten und bel uncivilisierten Vôlkern heute noeh die Yorbedingung 
des Heldentums war, dessen letzter Yertretor in den Zeiten der 
Civilisation sich in Napoléon I ansleben konnte, bat in den engen 
Verhâltnissen dichtbevôlkerter CulturUnder keinen Raum mebr. Die 
durch List oder Gewaltthat, durch Raub und Mord oder auf dem Wege 
schleichender Intrigue ins Werk gesetzte Benachteiligungen anderer 
Menschen, die den Inhalt unserer alten Heldenlieder ausmacben und 
in den Indiancrgeschichten unsere Knaben begeistem — die Ontogenie 
etn Abbild der Phylogenie ! — sind mit Recht als Yerbrechen 
heute einer anderen Auflassung unterworfen. FOr denjenigen nun, 
der mit den alten Raubthierinstincten zur Welt gekommen ist, ist es 
nicht immermôglich,dieselbenunter die vielgestaltigenBestimmungeà 
moderner Lebensgesetze und Rechtsforderungen zu beugen : er 
bleibt trotz aller wic immer gearteten Beeinflussungen zum Guten, 
das ihm, wenn es ihm nicht direct Nutzen zu bringen scheint, wie 
etwa das Heucheln von Frômmigkeit, gleichbedeutend mit Dummheit 
ist, der gebnrcne Verbrecher oder wird, im gOnstigeren Falle als 
Geisteskranker angesehen. Wer sich noch eoen der Macht der 
Paragraphen wenn auch widerwillig zu beugen vcrsteht — nicht, 
weil er deren Notwendigkeit einsieht, sondern weil er sich vor Strafe 
fûrchtet — und nun, mit einem Aermel das Gefftngnis oder Zuchthaus, 
mit dem anderen das Irrenhaus streifend, sich mit einer hftufig fast 
unverstândiichen Sicherheit zwischen beiden durchwindet; dabei baar 
jeder feineren ethischen Regung voU Grôssenwahn seine egoistichen 
Rohheiten und Anmassungen ûberall durchzubrutalisieren versteht : 
der gehort vorzugsweise zu der Gruppe, die, trotzdem sie die bei 
weitem geringere Procentzahl der Alcoholiker steilt, doch wegen 
ihrer Auldringlichkeit und den ins Auge fallenden krassen Symptomen 
lange Zeit — lùr den Laien bis heute noch — dem Alcoholismus 
den hâsslichen Zug von tiefstehendem Lumpentum und verftchtlicher 
Minderwertigkeit aufgedrûckt hat, der es uns heute so schwer macht, 
mit unserer Bcwegung gegen den Alcohol vorwftrtszukommen. Denn 
jcder, dem w'iv mit unserer Frage ntthertreten, versichert uns zunftchst 
seiner pcrsonlichen Sympathie und sciner Ueberzeugung, dass etwas 
gcschchen mOsse — macht dannabersoenergischeAbwehroewegungen, 
wenn wir ihm mit exacten VorschUgen kommen, als ob er Angst 
hiittc, sich mit ctwas so tief unten Stehendem befassen zu mOssen 
und als ob seine thtttigc (nicht bloss theoretische) Mitarbeit etwas fâr 
ihn Compromittiercndes haben wflrde. Aber es hat bei den oben 
l)(*schricbcnen Fâllen der Alcoholismus nur die Rolle einer Begleiter- 
scheinung, die crst durch Hinzulûgung der psychologtschen Folgen 
des Alcoholgenusses : der weiteren Lfthmung des Intellects, dem 
vci'hUngnisvollen Drang nnch vorzcitiger Réaction unûberlegter 



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'4" 



CONTRR L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



25 



Gewaitthaty die rein thierischen Instincte noch tnehr entfesselt — 
uhoe dass desswegen die Entziehung des Alcohols dem Gehirn seine 
Entwicklungsfïhigkeit zurûckzugeben iin Stande wâre. Einen fur 
unsere heutigen socialen VerhâLltnisse brauchbaren Menschen werden 
wir aus solchen Individuen niemals erhalten : aber wir werden 
wenigstens von ihni weniger belâstîgt werden» wenn er nicht trinkt, 
und er wird, wenn auch unter fortwâhrendem Schimpfen auf Vorge- 
setzte und thfttigere Mitarbeiter, sich wenigstens notdûrftig sein Brot 
selbst erarbeiten kônnen — was er allerdings nur thun wird, wenn 
er es nicht von dèr Frau oder sonst wem, mit der oben erwtthnten 
Yorsicht vor dem Gesetz, wird erpressen kônnen. 

Eine absolute Alcoholintoleranz liegt bei dieser Gruppe eigentlich 
nicht vor^ nur eine relative, indem nSlmlich nicht viel dazu gehôrt, 
die an und fur sich eben noch fur die Nothdurft des Lebens ausrei- 
chende Intelligenz nun definitiv unter die Normallinie zu drûcken. 
Es ist nur eine Sucht vorhanden, im Wirthshaus durch Wichtigma- 
cherei und Grôsseilwahnftusserungen zu gUnzen und an der Unter- 
wûrfigkeit des Wirthes und der Kellner sich zu sonnen Dies ist dann 
auch meist die causa moyens fur wirkliche Excesse und die dem chro- 
nischen Alcoholmissbrauch folgenden kôrperlichen Schlldigungen : 
nicht die mit der Alcoholintoleranz verbundene UnmÔglichkeit, nach 
Beginn des Trinkens wieder aufhôren zu kônnen. 

Es geht aus allem hervor, das dièse Gruppe die ungeeignetste fur 
unsere Behandlung des Alcoholismus in onenen Anstaltcn ist. Sie 

fehôrty wenn deren Angehôrige sich im Leben unmôglich geniacht 
aben, der Irrenanstalt oder viel besser dem Arbeitshause an, indem 
die Devise et ohne Arbeit nichts zu essen » lauten mûsste. 

Nahe verwandt in ihren Aeûsserungen der Umgebung gegenûber ist 
dieser Gruppe, die ich frûher als « chronischer Alconolismus ohne 
Alcoholintoleranz » bezeichnet batte, eine rein alcohologene Form, 
der eigentliche « chronische Alcoholismus (mit Alcoholintoleranz) ». 
Wir haben hier dieselbe Grossthuerci im Wirthshaus : nur, wo die 
vorigen auf anderer Leute kosten zu leben wissen, haben dièse Kranken 
die Neigung, andere zu tractieren, uni môglichst angesehen zu sein. 
Wir haben dieselbe Brutalitftt im Hause, der Frau gegenûber, die 
fortwflhrend vernachittssigt, Vorwûrfe macht und fur die Wirthshaus- 
grôsse des Mannes keinen Sinn bat : sobald aber die acute Alcohol- 
wirkung vorbei ist, ist der Kranke der gutmûthigste, lenksamste 
Mensch vonder Welt, der das Blaue vom Himmelherunterverspricht, 
sich wegen der Vorkommnisse des Tages vorher prûgein môchle — bis 
der erste Schluck zur Bekftmpfung der Unlustgefûnle, des Zitterns, 
der Arbeitsunfflhigkeit, — die aile dem Alcohol wieder weichen, — 

Jenommen ist, wonach est kein Aufhôren mehr giebt und am Abend 
asselbe Bild wieder da ist. 
Hier hat der fortgesetzte, durch Sitte, Beruf, Gedankenlosigkeit 
allmAhiig gesteigerte Alcoholconsum zu einer chronitchen Herz- 









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26 vil' coNcnks international 

erweiterung gefûhrt. Das ursprQnglich normal oder wenîgstcns nicht 
zu weit unter der Norin veranlagte Gehirn hat sich in seînen 
Ansprûchen an die Ernâhrung der allmâlhligen Verschiechterung der 
Circulationsverh&ltnisse eben noch anpassen kônnen, wenn aucn auf 
allen Gebieten eine Abnalime des Intellects schon vorhanden ist. Jetzt 

fenûgt aber cin verhâltnissmassig geringes Quantum Alcohol» um 
urch etne, auch obiectiv sofort nachweisbare, weitere Ueberdehnung 
des Herzens nun die Ernfthrungsverhàltnisse des Gehirns soweit 
herabzusetzen, dass nun ein dem vorigen ganz verwandter Zustand 
eintritt. 

Wir haben also bei diesen Fullen, sobaid die Grenze der Intoleranz 
erreicht ist, im Alcohoi ein Mittel, um eine dem degcnerativen 
Irresein durchaus verwandte, wenn auch noch von ihm unterscheidbare, 
Psychose kûnstlich zu erzcugen. 

Dièse Form des Alcoholismus ist durchaus heilbar : nur dûrfen wir 
nicht glauben, den Kranken gcheilt zu haben, wenn wir ihm den 
Alcohoi entzogen haben. Wenn wir weiter nichts thun — und fast aile 
heute bestehenden Anstalten, ârztlich oder nicht ârztlich geleitet, 
glauben damit ihre Schuldigkcit gethan zu haben, — so haben wir, 
wenn der Kranke wirklich auf die Dauer abstinent bleibt, wohl seiner 
Umgebung, nicht aber ihm selbst geholfen. Durch den Fortfall der 
tâglichen alcohologenen Steigerungen seiner Herzerweiterung fallen 
die Scenen allerdings meist fort : dadas gesammteBild der Herzstôrung 
aber bestehcn bleibt^ befindet sich der Kranke fortwfthrend in einem 
labilen Gleichgewicht. Er sagt mit Recht, dass es ihm jetzt mitunter 
schlechtcr gehe, als vorher, als er noch trank : mit Recht insoweit, 
als die Alcoholbetiiubung frâhcr zur Bekâmpfung der Unlustgefûhle 
dientc, die ihm jetzt voll und ganz zum Bewusstsein kommen. Erst 
eine zielbcwusste InangriiTnahme der Herzstôrung wird den Kranken 
wirklich heilen : freilicn gehort dazu eine Fertigkeit in der Herzun- 
tersuchung, die auch ârztlich selten vorhanden ist — und dann den 
Streit, ob Laien = oder Aerzte anstalt zur Behandlung dienensoll, zu 
einem ziemlich mûssigen macht. 

Der Hauptteil unserer Kranken aber — bei uns etwn 80 */© der 
Gesammtnufnahmen wegcn Alcoholismus — besteht ausFâllen, in denen 
eine Schwache der Her/.musculatur nicht erst durch Alcoholmissbrauch 
entstanden ist, sondern wo von Geburt an oder seit dem Ablauf einer 
schwcren infectiosen Erkrankung wie Diphtérie, Scharlach, Pneu- 
monie, in dem letztcn Jahrzchnt ganz besonders Influenza, eine solche 
besteht. 

0. Koscnbach und nach ihm Lehr haben eine Neurasthenia vaso- 
motoria beschricben, die sich mit unsercn Filllen dcckt, nur dass dièse 
.Vutoren die stets mit der Erkrankung zusamcnhângendc, resp.dieselbe 
viM iirsaohcnde Herzerweiterung noch nicht constatiert hattcn. Beide 
.\uloriMi maçhen auch schon auf zwci Formen aufmcrksam, die wir 
auch immer wiedcr finden : auf eine mitsehr erhohtem Puis wfthrend 



V 



CONTRB L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 27 

dcr Hôhe des Krankenbildes» wiihrcnd die andere zu derselben Zeit 
cinen ao Zahl sehr herabgesetztcn Puis zeigt. Ich habe oben schon 
darauf hingewiesen, das es nicht der Alcohol allein ist, der zu einer 
Steigorung der Krankhcîtserscheinungeii beitriigl : Ruhe, Ueberans* 
trengung und aile herzerweiternden Momentc thun dies in derselben 
W'eise. Abcr der Alcohol ist bei der Rolle, die er heute im Leben 
spieit, und, wic schon oben erwâhnt, durchdie uncontroUicrteârztliche 
Auflassung, wonachBetâubung eines psychischen Krankheitssymptoms 
mit einer lleilung der KranKheit seibst identificiert wird, eine der 
ilauptursachen, warum so viele, man môchte iast sagen, aile an 
Insuiricien/. dcr Herzmusculatur Leidcnden zu Alcoholisten werden 
mûssen. Nur die schwersten Fâlle sind in dieser Beziehung besser 
daran, da hier die Wirkung verhâltnissmâssig kleiner Alcoholdosen 
so gross ist, dass ein zur Betiiubung dienendes Quantum gar nicht 
aufgenommen werden kann, da die subjectiven Beschwerden sich 
sofort ins ungemessene steigern. 

Das Characteristische dieser Stôrung ist der periodische Ablauf. 
Nach einiger Zeit relativen Wohlbefindens kommt es zu mehr weniger 
plôiziich uuftretenden Herzerweiterungen excessiven Grades und zu 
dieser Zeit ist auch, wie aus dcn vorigen Auseinandersetzungen 
verstândlich erscheint^die Alcoholintoleranz am grôssten.Man hatdiese 
Zustfinde deshalb frûher als « periodische oder Quartalstrunksucht », 
n Dipsoraanie » bezeichnet, indem man das hervorstechendste Symptom 
der Erkrankung mit dieser seibst verwechselte. Es sind durchweg 
die hoher zu bewerthenden Intelligenzen, welche dieser Erkrankung 
unterliegen. 

Bei der Form mit gesteigertem Puis vflhrend der AnfttUe kônnen 
wir nach und nach aile uns bekannten Aequivalente der Epilepsie bis 
zu den schwersten Krampferschcinungen mit Zungenbiss sich 
entwickeln sehen. Ich habe sie deshalb als « alcohologene cardiale 
Epilepsie » hingestellt. Da aber die epileptischen Zustdnde schlieslich 
auch nur als Syndrom gelten konnen, das den verschiedenartigsten 
anatomischen Krankheiten zukommenkann, wûrde manetwasweitîftufig 
aber zutrcfTcnder von einer « Dilalaiio cordis periodica cum depres" 
sione maniacd n sprechen mfissen. Iinmerhin halte ich den Ausaruck 
« Herzepilepsie » mit eincn JUloIogischen Vorsatz, hier also « alko- 
holischc » fur prartisch ain hesten. Die Trinkanfiille verlaufen hier 
wie bei der vorhin erwahiitcn Form ; nur sind die psychischen 
Erscheinungen schworer, weil sieunvermittclteraultreten. Der Kranke 
kommt wfthrend derselben nicist gar nicht nach Hause, sucht sich die 
tninderwertigste Gesellschaft aus, von der er bis auTs àusscrste 
ausgenutzt zu werden pilegl, wirit mit Geld und Tructircreien umher 
ohne seine Mittel irgcndwic zu bedenkcn iind schcut schliesslich vor 
keineni Verbrechoii ziirùck, uni in «len Bositz liMncMiT MiUoI zu 
j^elangiMi. Nach einigcii 'raj^cn, srhtMi WocIumî, koinl rr mil furchlbarcr 
Dépression, Ekcl vur sich und sriiictn Treiben, so wcit es ihni noch 






28 vil' CONGRÈS INTERNATIONAL 

iii P>innerung ist, zu sich, und ailes geht bis zum nSchsten Anfall 
wieder scheinbar gut. 

Ohne Alcohol verlaufen die Aufïlle unter dem Eindruck eines 
Ibrtwilhrenden Geftrgcrtwerdens. Der Kranke ist reizbar, heftig im 
Verkehr. Die Ursache seiner Unlustgefûhle projiciert er nach aussen : 
er sucht nach allem moglichen, um seinen Aerger zu erklâren. Mit 
allcm ist er unzufriedcn, er schimpft fortwâhrend und sucht andere 
mit unziifrleden zu machen. Br veriangt die unglaubiichste Rûcksicht- 
nahme auf iede kleinste Ëigenart, ohne Fremden auch nur im 
geringsten eine solche wieder zu gewâhren. Es macht ihm Freude 
« es jcmand einmal ordentlich gesagt zu haben. » Er weiss ailes 
besser und ist schwer beieidigt, wenn sein gar nicht erfragter Rath 
nicht befolgt wird. Zu Hause geht es nicht ohne ihn, wenn er nicht da 
ist, geht ailes zurûck. 

Nach Ablaufdes Anfalles ist der Kranke dann wieder umgftnglicher. 
Die rûcksichtsiose Art, sich durchzudrûcken sichert ihm, wenn er sich 
nicht in den Anfâllen durch Alcohol auch materiell schâdifft, bci 
vorhandener erhôhter Intelligenz besonders auf practischem Gebiete 
fast immer Erfolge. 

Auch hier hanaelt es sich bei einigermassen schwereren FftUen nicht 
allein darum, Jemanden abstinent zu machen — damit wird, wie gar 
nicht genug betont werden kann, roeist nur der Umgebung geholfen, 
— sondern die Herzschwftche zu.heben, und den immer wiederkehren- 
den Aufôllen gegenûber den Ilerzmuskcl widerstandsffthiger zu 
machen. Bei ieichten Fâilen genûgt es allerdings, wenn die Hauptur- 
sache des Anfalls, der Alcohol, wegbleibt : es gleicht sich dann aurch 
die Anforderungen des Lebens bei nicht zu unrationeiier Lebens- 
wcise der Zustand von selber aus. 

Ganz und gar nicht der Fail ist dies aber bei der andereii Form 
mit verlangsamtem Puis, der allerdings bei geringer psyohischer 
Erregung zeitweise hinaufschnellt wâhrend des An-ialis. Es handelt 
sich hierbei um Menschcn, die von den leichtesten Vorzeichen bis 
zum schwersten Anfall aile Stadien der Melancholie zeigen kënnen. 
Ich wûrde das Bild als « Dilataiio cordia periodica cum depressione 
hypochondro-nielancholicâ » oder kurzwcg als « Herzmelancholie » 
mit Hinzufûgung der betreiTenden iitiologischen Bezeichnung hinstel- 
len. Dièse Fâile bilden das Gros der heute so genannten «Neuras- 
thénie. » Es handelt sich fast ausnahmsios um Menschen, die durch 
geringe Eindrûcke schon aus dem Gleichgewicht gebracht werdeu. 
Éiner ungemeinen Anregbarkeit folgt eine schnelle individuelle Dur- 
charbeitung, eine Reaction, welche in intuitivster Weise manchmal 
die Losung schwieriger Problème bringl, die jahrelange, systematische 
Forschung nicht finden konnte. Ebenso leicht kommt aber auch der 
Ri'ickschlag, der Wochen und Monate lang in unfruchtbarem Brûten 
sich hinschleppt. Dabei herrscht ein naiver Egoismus, eine Art Gedan- 
kenlosigkcit der Wclt gegenûber, die oft an die Art der Kinder erin- 






3» 



CONTHE l'abus DBS UOISSONS ALCOOLl^lUKS 29 









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nert — - immer aber himtnelwcit voii dem cynischen gewinnsûchtigen 

PIgoismus der Degenerierten verschieden ist» wenn er auch nicht selten 

Grund von Unannehmlichkeiten wird. Subjectiv sind hier besonders 

hâufig Bekieminungcn und AngstanfuUe, Menschenschen und Mangel 

an Seibstvertrauen vorhanden ; a mir ist immer so schwer ums Herz » 

isi eine Klagc, die so regelmâssig auftaucht, dass es nicht gui zu 

verstehen ist, dass das manchmal enorm vergrôsserte Herz ûbersehen 

und dem Kranken immer wleder vorgeredet wird, er sei kôrperlich 

((csund, was ihn geradezu zur Verweiflung und nicht selten zum 

Sclbslmordtreibt. nier setzt nun eine geradezu môrderische ftrztliche 

Thâtigkeit ein, die den Kranken^ trotzdem sich derselbe grossenteils .. v^ 

anfangs mit allen Krâften dagegen wehrt« zum Alcoholisten zu machen [ ,^ 

sucht. «^ 

Wir sehen jetzt ohne weiteres ein, wie verhângnissvoU jedcr noch so 
mftssige Alcohol genuss, dessen erweiternde Wirkung aufdas gesunde _ ^ 

Herz wir oben sahen, hier auf das schwache, an sich schon ausge- : 

dehnte Herz wirken muss. Leider sind aber gerade dièse Menschen :^ 

die geistigen Arbeiter, welche aus dem festgeiahrenen Geleise veral- ' '^ 

toler und versumpfter Vorurteile den Wagen des Fortschritts heraus- , ' 

ziileiten berufen sind ; es sind die gcborencn Kûnstlernaturen mit allen 
VorzOgcn und Nachtheilen derselben, die aber, wo immer sie durch 
Bcruf und Neigung hingestellt sind, Hervorragendes zu leis.ten im >' 

Stande sind. Im Stande wâLren — sollte ich lieber sagen : denn gar zu v" 

viele gehen heute im Sumpfe des Aicoholismus zu Grunde, und nur ^V 

die wenigen, die der Zufall oder eine zu grosse Empfindlichkeit vor ;* 

dem Sinken bewahrt hat, geben die Wege weiterer Kulturentwicklung 
an. 

Es ist also die geistige Blûthe der Nationen, auf die in der 
entwicklungsiïhigsten Zeit der Reif f&Ut und die Fruchtbildung 
hindert. 

Merkwûrdigerweisc horc ich oft von in unserer Frage thâtigcn 
Acrzten die Bemerkung, dass dièse ce Hochgebildeten » einer Behand- 
Uing so unziigàngig seien und so selten geheilt wûrden. Demgegen- 
iiber miichte ich doch mit aller Energie betonen, dass unseren 
Krlahrungen nach gerade dièse Fttllc zu den allergûnstigsten gchuren. 
rnzugcinglich sind sie moralisicrcndcn Phrasen und Vorlesungen im 
TractîUchenstil, welcher Behandliing gegenûber sie sich wie kleine 
Kinder vorknmmen : die bestc Sache wird cben unmoglich, sobald sie 
ins Liicherlichc gczogen werdcii knnn. Je hoher gebildet ein Mcnsch 
ist« um so stiirkcr ist auch das Kigeno dessclben, das was ihn von 
anderen untcrscheidct. Und erst das Studium diescr Eigenart crmu- 
glicht es, bckanntc allgemeinc Krlahruingen dem specicUen Falle 
nnzupasscn. Ich dari' woiil sagen, dass ich das mciste, was ich ârztlich 
•^olcrnt habe, soweil es wcnigslons praclischcr Natur ist, gerade der 
Mitarhoit meincr hochintelligcnten Kranken an ihrcr cigenen 
llerstcllung zu danken habc : uiid der, welcher sich dieser Milarbeit 



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30 VII* CONGRBS INTERNATIONAL 

dadurch beraubt^ dass er zu viel schematisiert, wird naturgeinflas nur 
da grôssere Erfolge haben, wo ein geringerer Intellect einer Itrztltchen 
Dictatur, wenn icn mich so ausdrûcken soll bedarf. •^— 

Sclbstverstftndlich sind nun nicht aile FftUe, die uns in Behandlung 
kommen, ohne weiteres in einer der erw&nten Gruppen unterzu- 
bringen, ebenso wie die Gruppierung an sich nichts anderes aiis- 
drûckt, als was wir zur zeit ûbersehen. Das Auftauchen neuer Fragcii, 
neucr Untersuchungsmethoden muss hier, wie ûberhaupt in der Psy- 
chiatrie noch vielcs klarer stellen. 

Immerhin halte ich es fur ûberaus wertvoll, dass in den Herz- 
zustanden ein ber«chenbarer Factor fur die Art der Erkrankung und 
dercn Heilung gel'unden ist. 

Ganz allgemein gehalten haben wir, um uns den Begriff « Alcoho- 
lismus » zu erklârcn, uns an folgendes zu halten. 

1). Der gewohnheitsmâssigc Genuss von Alcohol erzeugt oder 
sl(?igerl bei einem grosscn Procentsatz der Menscweit cinen dauern- 
den und fortschreitenden Zustand von Erschlaffung iin Gefâss System, 
besonders in der Musculatur des Hcrzens der eine Unterernâhrung 
des gesammten Organismus zur Folge hat. 

2). Dièse Unterernâhrung ist die Veranlassungvon unlocalisierbaren 
Unlustgcfûhlen und Abwehriinpulsen ; spftter von AngstanfâUen, 
Schwindel, Ohnmachten und krampfartigen Zusammenbrûchen. 

3). Aile dièse unbehaglichen Gefûhle werden betâubt (nicht geheilt !) 
durch genOgende Aumahme von narcotischen Mitteln, von denen 
naturgemâss der Alcohol, als in jeder Concentration ohne jede 
Controlle erhftitlich, im Vordergrunde steht. 

4). Dièse Alcoholaufnahmen steigern,wrediesexperimentellbewiesen 
ist, die Gefâss = und Herzstôrungen, damit deren Symptomencomplex 
(das Syndroin der Herzerweiterung) und dadurch wicder das Bcdûrl'niss 
nach grosseren Alcoholdosen. 

Ich liabc diesen circulas s^iliosus seinerzeit als « Alcoholintoleranz » 
zusammengefasst, und ich halte es auch heutc noch fur practisch, an 
dieser Bezeichnung festzuhalten. Die in allen Debatten und VerofTen- 
tlichungen sich vordr&ngende Bezeichnung von dem « Laster der 
Trunksucht » ist in zweifacher Weise verkehrt : einmal, weil der 
Ausdruck einer korperlichen Erkrankung kein Laster ist, dann aber 
auch, weil es in dem gedachten SInne eines chronischen Zusiandes 
gar keine Trunksucht giebt^ Einc Sucht nach Alcohol wird iminer 
erst durch den gerade vorhergegnngenen Alcoholgenuss ausgelosl : 
nicht wie die Sucht nach Morfium, die durch Moriium gestillt, durch 
Fcinhaltung des Giftes gesteigert wird. Lâsst man den Alcohol bei 
Seite, so ist ein Drângen nach demscibcn schon am folgendcn Ta^ 
nicht mehr vorhanden : wiihrcnd sich die Symptôme der Erkrankung 
manclinial noch bis nach zwei JahriMi verfolgen lasscn. 

V\\v die BckHmpfung der Zustuudc gf^ht daraus hcrvor, dass clic 
Intolcranz nur rein individual von Fall zu Fall bekâmpR werden kann, 



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<:ONTllK L*AilUS DES HOISSONS ALCOOLIQUES 31 

inclom man dio daran I^eidendcu gcsuiid zu inachen sucht, damit sie 
itii'ht tnohr iiach oiner Betliiihung verlangen tragcii. Boschli'isse und 
Taguiigon von gesct/geberîschen Korpcrschafteii odcr Coiigrcssen 
hahcii der eiiimal hostchciulen Krkrankung gegeni'iber kciiien andereii 
\Vorth, ais ob Rcsolutloncn gcfasst wiirden, dass von niorgen ab die 
Seine ruckwilrts fliessen sollc, odcr dcr BHtz nicht mchr einschiagcn 
dfirfe Freilîch gîebt es ja auch genug Aerztc, die decretieren, die 
Krankiloit nniss sich so und so vcrbaften, und dns muss dcgcgen 
helt'en : tluit es dies nicht, so taiigt eben dcr Kranke nicht. Lnd 
nirgendwo bat dièse Art des Knrierens mchr Schaden gestiftct und 
thut es leidcr noch, als beim Alcoholisnius, wo zuerst der Arzt den 
Alcohol vorordnctf und wcnn der Kranke, wus der Arzt schon desshalb 
voraussehen mùsste, weil es immer wicder vorkommt, schliessiich dem 
Alcohol nnterliegt, heisst es : ja, das zu viel Trinken habe ich ja auch 
nicht vcrordnct ; der Mensch ist cben cin Lump. 

Der liohe Werth von Versamnihingcn, wie unsere heutige, liegt 
viclmehr darin, dass die positive Arbcit vicier hier zusammengetragen 
und zuglinglich gemacht wird, und damit das leere Phrasentum, das 
die Vcroreitung so vicier philanthropischen Bewogungen flber einen 
niatoriell und gcistig.bcschriinkten Kreis hinaus hindcriv muss, durch 
agitationskraftlgc, unanfcchtbaro Thaisachcn ersctzt wird. 

Und desshalb gcbc ich dcr lloflnung Rauni, dass die Bewegung 
gcgcn don Alcohohnissbrauch, die so lange sich i'ibcr das Kornbleiben 
wissenschartlichcr lloll'e bekiagt bat, jetzt, wo dicsc lliilfe von allen 
Scîten konimt, diescibe auch ctwas mchr, als dies bis jetzt gcschehcn 
ist, benutzen nioge. Ich habe wenigstens personlich das Gcrohl, als 
ob man uns, und die umbec|ucmen Uesultate und Folgcrungcn unscrer 
Arbcitcn, die nur in der volligcn Enthalsamkeit des Volkes vom 
Alcohol die (>ucllc einer kunltigcn Besserung ersehen lassen, da man 
sic nicht widericgcn kann, am liebsten ganz ignorieren mochte : um 
cinmal nicht zugcben zu mussen, dass man sich fruber in wcsentlichcn 
Dingcn gcirrt habe, dann aber, was viel schlimmer >v2ire, um nicht 
aul* cinc Popularitéit verzichten zu miissen, die naturgemiiss nie dcm 
lolgt, der unbekùmmert uni Hass und Liebe die Dinge beim rechten 
Nan)cn ncnnt, und keine Conccssionen macht, die der Natnr der Sache 
gcmiiss nicht zu verantworten sind. 

Wollen wir wirklich dem Alcoholismus den Weg verlegen, so ergiebt 
die klinischmedicinischc Forschung dazu nur ein Mittel. 

Wir habcn, wie bei dcr Tuberkulose, beim Alcoholismus mit zwci 
1*'actoren zu rechnen : mit der angeborencn (oder erworbenen) Dispo- 
sition und mit dcm Einverleiben (les eigentlichcn Krankheitserregers. 
Die Disposition konncn wir einslweilcn mcht findcrn : gûnstigcr aber, 
wic bei dcr Yerhrttungsfragc dcr Tuberculose, stehcn wir der des Al- 
coholismus gcgcnuber. \Vir kt'mnen hier leicht darauf hinarbeiten, die 
(Quelle zu verstoplen, aus der das Unheil immer aui's neue fliesst, indem 
wir den gewohnheitsmiissigen Alcoholgenuss in jeder Mcngc und Art 



32 VII* CONGBBS IirTBBNATIONAL 

aU das hinatellen, waa er wirkiich ist : aïs einen llnfug, der unseren 
heutigen Nationen die unberechenbarate Einbuase an kôrpelicher und 
geifftiger Arbeit, an Menachengesundheit und Menschenleben kostet. 

Wenn jeder Congressbesucher dann zu Hauae in dieser Weise wirkt 
— und nur durch sein eigenes Beispiel kann er das — dann wird die 
individualeFûraorge,diewirjetztsovielenOpfern verrotteterVorurteile 
entgcgenbringen mûssen, immer seltener von Nôthen sein, und wir 
Arzte werden einen grossen Teil unserer jetzigen Thâtigkeit frei 
werden sehen. 

Wir aind aber intereaselos genug, dies aus voUem Herzen zu 
wfinschen. 

M. le Président. — L*ordre du four appelle Texposé de M. Mar- 
tlïaler, de Berne, sur la psychologie du buveur, 

La parole est à M. Marthaler. 

M. Marthaler donne lecture de la note suivante : 

Z\ir Psychologie der Alkoholkranken 

PAn M. MARTHALER y OB BERNE 

QuelquM remarquea concernant la psychologie doa buToura 



Analyie, — L'alcoolinine atteint l'homme tout entier tant au point de vue physique 
qu'au point de vue psychique. Les altérations de la santé physique peuvent être guéries 
par un traitement dont Us principes fondamentaux sont : l'abstinence totale, la bonne 
alimentation, un sage régime de travail et le chois d'un bon milieu. 

On peut distinguer parmi les altérations psychiques, des altérations primaires qui sont 
une cause de l'alcoolisme et des altérations secondaires qui en sont une conséquence. 

Les altérations primaires sont toujours accompagnées d'altérations secondaires. Les 
personnes anormales au point de vue psychique sont plus exposées au danger de 
l'alcoolisme que les personnes normales ; mais les personnes les plus normales sont 
toujours atteintes par l'alcoolisme dans leur santé psychique. 

Tous les côtés de la vie psychique souffrent de l'alcoolisme: rintelligence, les sentiments 
et la volonté ; l'harmonie entre ces différentes facultés est troublée. 

Les altérations psychiques qui ne sont qu'une conséquence de Talcoolisme sont curables 
par un traitement approprié. Leur guérison est contemporaine de la guérison physique, 
mais pour prévenir des récidives, il est indispensable qu'elle soit complète et définitive. 

Le traitement physique des alcooliques est plus facile que le traitement psychique. Ce 
dernier est plus important. C'est lui qui demande le plus de soin soit dans la famille, 
soit dans tes sociétés d'abstinence, soit dans l'asile. U doit être avant tout individuel et 
tout pédantisme, toute importunité et toute discrétion sont nuisibles. 

Der Nfensch ist ein somatisch-psychisches Wesen. In seinem BegrifT 

Sehort die zwar unscheidbare, aber nicht trennbare Einheit beider 
[omente, des somatischen und des psychischen. Die Alkoholkrankheit 
trifTt den ganzen Menschen. Ihre somatischen Stôrungen sind durch 



V-, ■ -^ ... V ',.■■ '7... .... >•- r-vH'^ ^n-^ 






GONTRB L*ABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 33 

absolute Abstinenz, ffute Ernfthrung und richtige Arbeitsdiftt in 
passender Umgebunff neilbar. 

Die psychlschen Stôrungen des Alkoholkranken sind entweder 

CrimSire oder sekundiire. Am einzelnen Individu umkonnen Storungen 
eiderlei Art zur Erscheinung kominen. Als prim^re lassen sich 
diejenigen bezeichnen, aus welchen der Alkoholismus. als secundâre 
diejenigen, wclche aus dem Alkoholismus entstanden sind. Zu den 
primttren werden sich immer auch solche sekundârer Art gesellen. 
PsychiscH anormale Personen verfallen dem Alkoholismus leichter als 
normale ; psychisch normale werden durch Alkoholismus immer auch 
psychisch alteriert. 

Beim Alkoholkranken leidet das psychische Leben nach allen 
seinen Seiten : Denken, Fflhlen, Wollen. Besonders leiden auch die 
Bcziehungen der einzelnen Seelenthiitigkeiten unter cinander. Auf 
diesen Bcziehungen beruht die Harmonie der Scelenthfltigkeit. Die 
psychischen Stôrungen , welche lediglich Folge des Alkoholismus 
sind, sind durch geeignete Behandlung heilbar. Ihre Ileilung geht 
zuerst mit der somatischen Hand in Hand, muss aber voUst&ndig zu 
Stande kommen, wenn der Kranke gegen RûckfiiUe gesichert sein 
will. 

Die somatische Behandlung der Alkoholkranken ist leichter als die 
psychische ; letztere ist zugleich wichtiger. In der Familie, im Verein, 
m der Anstalt, wo immer Alkoholkranke behandelt werden, ist auf sie 
das Hauptgewicht zu legen. Pédanterie, Zudringlichkeit und aufi^Uiges 
Hervoi'treten sind dabei vom Uebel. Dièse behandlung muss eine 
hauptsftchlich individuelle sein. 

M. Marthaler ajoute : 

Les informations des physiologistes et des médecins sont très pré- 
cieuses, mais quand on s'occupe de la guérison des alcooliques, on 
voit qu*il ne s'agit pas là d'une question purement médicale. En tant 
que maladie proprement dite, ce n'est pas grave : le repos, la sup- 
pression de 1 alcool amènent in guérison. Tout autre est la question 
psychologique, et l'on n'a pas assez étudié la psychologie du buveur. 

Je m*oppose au point de vue médical. Ce sont surtout les fonctions 
spirituelles qui sont lésées par l'alcool. C'est la coordination des 
fonctions psychologiques qui est atteinte. Il faut retirer l'alcool, ali- 
menter le malade, mais influencer surtout sa vie psychique en lui 
inculquant de nouveau des idées justes en faisant naître de nouveaux 
sentiments sur la famille, la société, etc. * 

M. le D'' Ruysch (Hollande) — A mon sens, c'est un médecin qui 
doit présider à la cure des alcooliques. Les alcoolisés sont malades ou 
ils ne le sont pas. S'ils le sont, et je crois que nous sommes d'accord sur 
ce point, il convient au médecin de les guérir. Cependant j'avoue volon- 
tiers que le médecin ne suffit pas. A côté de lui, l'influence morale du 



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34 vu" CONGRÈS INTERNATIONAL 

pasteui', du pnHre, l'action bienveillante, pleine de grâce, de bonté et de 
dévouement de la femme, directrice adjointe, comme par exemple à 
Tasile hollandais de Hoo<^holler, peuvent èlre d*une valeur inappréciable. 

L*une complète Tautre. Mais puisqu*en première ligne c'est le médecin 
qui doit examiner son malade, ses centres nerveux, ses organes circu- 
latoires, digestifs, son système uro-génital etc., avec tous les moyens 
scientifiques d'investigation dont il dispose ; comme c'est à lui qu'il ap- 
partient de prescrire la marche à suivre pour guérir, d'observer, de 
surveiller, de régler le travail, etc., c'est lui qui doit être toujours au 
contact de ses malades et les diriger. Il en est responsable à cause de sa 
compétence. Il doit résider dans l'établii^sement. 

Je crois qu'il est utile de se prononcer clairement et nettement sur ce 
point, surtout au moment où dans tous les pays, l'idée d'ériger des 
sauatoria et des asiles gagne du terrain, ces derniers pour les cas chro- 
niques et incurables. Je crois que dans toutes ces installations on doit 
placer des médecins à la tête. 

J'ai connu le temps où dans plusieurs pays, à la tête des asiles d*alié- 
nés étaient des profanes alors que les médecins étaient en sous-ordre. 
Mes souvenirs ne me font pas désirer une semblable combinaison pour 
les asiles d'alcooliques. 

M. le D' Forel. — Le cerveau est l'organe de l'âme. L'alcool affec- 
tant le cerveau effecte l'âme. Ici la psychologie, la morale individuelle et 
sociale et la médecine mentale qui est celle du cerveau ne sont qu'un. 

Il ne faut pas que les théologiens et los jésuites soient jaloux des méde- 
cins dans ces divers domaines. Les médecins ont beaucoup appris des 
empiriques, des bergers, des cordonniers et auti'es. J'ai moi-même appris 
d'un cordonnier le traitement des alc(^olisé$. Mais il est évident que la 
science des faits doit en dernier lieu décider. Il faut que théologiens et 
jésuites se plient devant les faits démontrés parla pathologie du cerveau, 
et, dans ce domaine, les aliénistes et pathologistes du cerveau sont les 
gens compétents. 

La même question se retrouve à propos des criminels et là elle est 
aussi intimement liée à l'alcoolisme. Donc la haute direction des asiles 
pour alcoolisés doit être médicale et spécialement psychiatique. 

Je répondrai ehcore à M. Marthaler qu'à l'asile d'Ellikou le directeur 
n est pas médecin, mais que deux aliénistes sont dans le Comité et sont 
délégués comme inspecteurs de l'asile dont ils ont la haute direction mé- 
dicale et où ils incrivent tous leurs diagnostics. 

M. l'abbé Rousseau cxpo.se qu'à son avis le traitement de 
l'alcoolique n'appartient pas exclusivement au médecin. Le moraliste 
doit intervenir. L'organisation même du Congrès avec son programme 
très large prouve quel cas il est permis de faire de la morale et de la 
religion. 

M. le Président. — Les plus grands égards sont dus dans nos 
Assemblées aux convictions religieuses et philosoplvques de chacun ; et 
ce n'est pas sur le terrain des dogmes d'ailleurs que l'on peut utilement 
discutei* au Congrès. Dans la cure des alcooliques, tous les efforts sin- 
cères sont requis, iiarfaitement respectables et, il est bon même de 
l'ajouter, absolument fructueux. 



» • • 






Der Einlluss der Jahreszeit 

AUF OIB TRUNKSUCHT 

âlcooUim» et influencea aalaonnièrM 

PAR M. LB D' A. BABR, DE BERLIN 



Analyt. — Des observation! statiiUquet, failei à différentes époques et dans différents 
pays ont établi le fait que le nombre de personnes qui sont atteintes de l'alcoolisme est 
plus grand dans la soison cbaude que dons lo saison froide. 

Ce fait offre un grand intérêt au point de vue de l'étiologie comme à celui de la pro- 
phylaxie, surtout quand on le rapproche de certains phénomènes observés dans le do- 
maine du suicide et de quelques formes de la criminalité. 

Les recherches que j'ai faites sur l'alcoolisme et le delirium tremens dans les 8 grands 
hôpitaux publics de Berlin pendant la période de 1879 à 1898 ont eu le même résultat. Le 
plus grand nombre de personnes (4.355 parmi 15.997 soit 27,22 0/0} sont tombés ma- 
lades dans la période de juillet à septembre ; 4.263 soit 26,65 0/0 d'octobre à décembre ; 
3.923 soit 24,53 0/0 d'avril à juin ; 3.456 soit 21.60 0/0 de janvier à mars. Le maximum 
appartient au mois de juillet, le minimum au mois de février ou mars. 

Man hat schon seit lange gewusst, dass die TruDksucht eines 
Volkes zu einem grossten Theile von dem Klima seines Landes 
bedingt wird. a Die Trunksucht herrscht mehr in kalten als in 
warmen Lândern» ineint Trottera Der Bewohner von Lappland oder 
Labrador, sagt er, empfindet beim Genuss starker Getrftnke eine 
ungewohnliche Wârme iind Belebung, die ihm sein winterlichen 
Himmet nicht gewâhren kann. Seine Atmosphdre macht ihn zum 
Trinker und wenn er die Schale kostet, die ihm Wohlbehagen und 
Kraft verleiht, so wird er nicht gcwahr, dass er sich auf dem Wege 
zu einer Leidenschaft befindct, die fur seine Gesùndheit und seinen 
Verstand gleich gefÂhriich ist. » Montesquieu hat, wie schon Faikoner 
und A. vor ihm, die AbhUngigkeit der Trunksucht von dem Klima 

als ein Xaturgesetz anerkannt c< Die Trunksucht, sagt er^, (indet 

sich auf der ganzen Erdc im Verhftltniss zur Kftite und Feuchtigkeit 
des Klimas vcrtheilt. Vom .^quator bis zum Pol findet man die 
Trunksucht mit dem Grade der Feuchtigkeit zunehmen. » Und ganz 



* « Uber die Trunksucht und deren Einfluss auf den menschlichen KOrper. » Von 
D' Thomas Trotter, 1821. S. 116. 

s Œuvres de Montesquieu. « Des lois qui ont rapport 4 la société des peuples. » Paris, 
1836, p. 177. 



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CONTRB L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 35 r.\^ 

- *\ 

:. le Président. — L*ordre du jour appelle la discussion du rapport 
de M. le h"^ Baër, médecin de la prison de Plolzensee, à Berlin, sur 
V Influence des saisons sur Viorognerie. 

La parole est à M. le D' Baër. 



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36 vil' CONGRES INTERNATIONAL 

gleichlautend ist das von Henry J. Bowdllsch nach seinen ausge- 
uchnten statistischen Ermitteiungen sogenannte « Kosmîsche Gesetz 
der Unin&ssigkeit. » Die Unm&ssigkeit, meint dicser Beobachter \ 
ist ùber die ganze Welt verbreitet, jedoch in schr geringem Grad<f 
und Hohe am ^Equator. Die Trunksucht nimmt mit den Breitegraden 
zu ; sic wird constant hâufiger, brutaler und in ihren Wirkungen auf 
den blinzelnen wie auf die Gesellschaft um so verderblicher, je mehr 
wir ups den nordiichen Regionen nâhern. — Die Unmâssigkeit ist 
sehr vorherrschend in den Lttndern mit einer Durchschnittswftrme 
von 5U** F., sie ist seltener und von cinem bedeutend wéniger 
gefiihrlichen Charakter in den Lftndern zwischen 77® F. nôrdlich und 
siidlich vom ^^quator. » 

Durch altère und neue Beobachtungeii ist ferner, wie allgemein 
bckannt, fcstgcstellt, dass die Trunksucht den menschiichen Orga- 
nisnius in den warmen und insbesondere in den tropischen Klimaten 
schneller und intcnsivcr zu zerstoren und zu schftdigen geeignet ist, 
aïs in den mâssigen und kalten Weltgegenden. Weiss man doch, dass 
ganze eingeborene Stftmme und Vôlkerschaften auf den Insein und 
Continenten tropischcr Zonen voilstândig degenerirt und fast gânzlich 
zu Grunde gerichtet werden durch den Contact mit dem Aikoholgift, 
das mit der modernen Cuitur von den superioren Culturvolkcrn zu 
ihrem Verderben ihnen stromweise zugefûhrt wird. Weiss man doch 
nicht minder, dass nicht nur der Missbrauch aikoholischer Getrânke, 
sondern dass selbst der habituelle mftssige Genuss derselben dem 
Eingewanderten weisser Rasse und europilischer Abkunft in 
tropischen und auhc in subtropischen Regionen sehr bald die 
Gesundheit zerstôrt und das Leben geffthrdet. 

Ist die Verbreitung der Trunksucht und die Schfidlichkeit ihrer 
Wirkungsweise nach der Art einer allgemcinen kosmischen Ge- 
setzmâssigkeit in eine gewisse Abhângigkcit von dem Klima zu 
bringen, so dûrfte es nient ohne Interesse sein nachzuweisen^ dass 
die hrscheinungen des Alkoholismus auch in dem gemftssigten Klima 
und in ganz gesunden Erd-Strichen von der Jahrcszeit oder von 
der Tcmperatur derselben beeinflusst werden . Frûhere und 
ncucre Beobachter ans Lftndern mit verschiedenen Klimaten haben 
gczeigt, dass die grôsste Anzahl dpr Erkrankungen infolge des 
Alkohoimissbrauchs in die warme und die Geringste in die kalte 
Jahrcszeit fullt. Huss ^, der eigentlichc Schopfcr der Lchre von dem 
Wcsen und der Pathologie des Alkoholismus, wie schon darauf hin, 
das die Zahl der im Seraphiner-Lazareth in Stockholm von ihm 
bchandelter Fftlle von Alkoholismus in den Monaten von Juni bis 
Oktober also im Sommer und Herbste etwas grossier war aïs in den 
andern Monaten. Waren von den Erkrankungen : 

I « Annuul Report of the Staate Board of Health or Maiiiichuteits. Botton, 1872. • 

^ (t Chronische Alkoholkraukheit oder Alkoholismus Chroniciis. v Stockholm, 1852. S. 506. 



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I0'i8 851 1092 885 5«.m 9.{o S.IOTi 



' • MediciiiÎMlie JtthrbOcbrr fur dut llerfi»Kthiitii Natunu. • I8*il. H. 2«Kf n. f. 

' • S*-Pttcr«bargcr med. Worhentcbriri. •» 1884. 2> 110. Alkoholi»niu» in PvUrtburf. 






COXTIIK |/aII;8 DK8 Hni880.%8 ALCOOLIQUKH iVé 

1848 von 32 Fttllen în dio 5 Sommermonulc gcrnllni l(> 
18VJ » 61 » » 21» 

18:>0 » 46 >» » 22 

Von clen gesammton 139 Filllcn 8ind aiso, wie er benicrkt, 07 nnstatt 57, 
^vclrhe «onnt in l)ut'i*hs€*hnilt «Muf dit* .*> Monate liiittt*n fallcn hollrn, 
((ekommon. 

D*^ %'on Franquc h al nach déni VorkomnuMi des Delir. Tremrn% in 
dcm Herzogthuni Nassau ^ aUo in Mitteldcutsrhland, in den Jaliren ^ 

1818-1858 berechnet, dass von 215 Fililen, 117 -^ 54/« 0/0 auF die }^ 

Monate Milrz-August, und 98=45,58 0/0 auf die kalten Monate 
Scpt.-Frbruar kommen. Auf die 3 Monate Miirz*Mai entfallen 
'♦9 = 22,79 0/0; auf Juni-August 68 = 31,62 0/0; auf Scpt.Xov. 
51 = 23,67 0/0 und auf Dez.-Fcb. 47 = 21,86 O/Ô. In den cin/olnen 
Monaten %'ertheilen sich die Ffllle wic nacbstehend : 

Januar 24 Mai 

Feb. 13 Juni 

' Mttrz 17 JuH 

Aprîl 14 August 

Ks ist ersiclulich, dass auf die hrissesten Monate Juni-Aug. die 
hikhste und auf die kttltesten Dez.-Fcb. die niedrigste Zabi kommt. 
Die Maxîmalzahl der Ffllle kommt auf den Monat Juli mît 28, die 
Minimalzahl auf Dezember mit 10. 

Ein sehr lehrreiches Material liegt una in den Krmittelungen aus 
den Hospitillern in Petersburg vor. Nikolajew^ bat die Zahlen der 
wahrend der 6 Jahre 1877-18o2 in den grossten Civilhospitlllern zur 
Behandiung gelangten Ffllle von AIkoholismus ^insb. Del. Treni.) 
iu8ammengestellt. Die 5396 Ffllle veriheilcn sicb in nacbstehender 
Weise. 

Monat 1877 1878 1879 1880 1881 1882 Su 

jMiiunr 

Frbroar 

Mttrt 

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Mai 

Juni 

Juli 

%ttfUtt 

S«ptenib«r 

Oklob«r 

Novamber 

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38 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

— Die meisten Aufnahmen fanden regelm^îssig im August statt. 
(gegen 12,2 ®/o), dann folgen Mai, Juni und Juli (durchschnittlich 10 **/o], 
die geringsten hingegen in den kaiten Wintermonaten. 

Fiir Petersburg nat auch E. Biiry * eine Beobachtung aus den in 
30 Jahren im Marien-Magdaienenhospital beobachteten F&llen 
zusammengestellt. Von den 1652 Fâllen kommen auf den monat : 



Januar 


145 


Juli 


152 


Feb. 


97 


Aug. 


192 


Marz 


107 


Sept. 


175 


April 


142 


Oct. 


129 


Mai 


132 


Nov. 


138 


Juni 


125 


Dec. 


115 



5 



Aiich hier zeigt sich, dass wfthrend der kaiten Jahreszeit es weni- 
er Alkoholismus giebt, als in der warmen. Das Maximum fftllt aùf 
en Augiist. 

Nikolajeff erwfthnt noch, dass Robertson fur England erwiesen hat 
(1883), dass auch dort das Maximum der ErkranKungsfâlie auf die 
Zeit Juli-Sept. fllllt. Mir ist die Untersuchung nient zug&nglich 
gewesen. 

Eingehend hat D"^ Paul Garnier ' dièses Verhftltniss fur Paris 
ermittelt und zwar nach der H&ufigkeit der alkoholistischen Geistes- 
storungen. Er fand nach der Elnlieferungen dieser Kranken in die 
Infirmerie spéciale du Dépôt der Polizei-prefectur in Paris in den 
Jahren 1886-88 (3 jâhrig), dass die periodische. Recrudescenz nicht 
in die heisseste Jahreszeit, sondern in *s Frûhjahr fftllt. Die Freqiienz 
steigt im April an bis zum Juni ; sie fàngt an im Juli abzusmken 
bis zum Dezember wie aus nachstehender Tabelle zu ersehen. 



Januar 151 


Juli 


232 


Feb. 132 


Aug. 


196 


Marz 148 


Sept. 


179 


April 206 


Oct. 


177 


Mai 200 


Nov. 


166 


Juni 250 


Dec. 


152 


Fur die einzelnen Quartale und auch fQr dief 


rûheren.Jahre berech- 


net ergeben sich. 






1886-1888 




1874-1888 


I. Quàrtal 431 




1234 


II. » 646 




1686 


III. » 607 




1637 


IV. » 495 




1288 



> Ibid. a S* P«t. M«d. Monaifch. » 

» La Folie à Paris a Ann. d'hygr* pu^l. et de méd. lég. » 1890. 



CONTRH L*ABtS ilKS BOISSONS AIXOOI.IQUKS 30 

Weil (las Maximum diescr Fftile in (las zweite Quartal d. h. in das 
Frùhjahr und nicht in die Zoit dcr grossten Ilitzr f'illlt, so glaiibt 
Garnier, dass cin Zusammenhang zwischen der Jahreszeii resp. dcr 
Tempcraturhohe und der Frouucnz des Alkoholismus kein crsicht- 
licher Zusammenhang vorhnnuen sei. Immerhin erbringt aiich obige 
Zusammcnstcllnng (1er xweirrllosen Heweis, dass in der warmcn 
Jahrcszcit der Alkoholismus hiiuiigcr auf'tritt als in der kalten ; in den 
Monatcn April bis cinsehliesslich Soptember belfluft sich die Zahl 
der Krkrankungen auf 12(1.') 57,(>S **/„' und in den Monaten Oet. bis 
inci April au I 920 ( 42, :r2 «/„ resp. auf :n2:i und 2522. Flllle fiir die 
Période von 1874-88. Das Maximum trifTt in den Juni mit 250 und 
das Minimum in den Februar mit 132. 

Kin ganz analoges V'erhalten zeigt auch eine dies bezOgliche Krmit* 
telung iï'ir die Stadt Berlin. Das Material, das zu dieser Ermittelung 
verdient hat, stammt ans den allwocheiitlich verolFentlichten Berichten 
aus K dortigen grossen oflTcntlichen Krankenhâusern ûber die Zahl der 
aulgenommenen Ffllle von chronisehem Alkoholismus und Siiufer- 
wahnsinn, und zwar aus den 20 Jahren 1879-181)8. Die Gesammtzahl 
aller aufgenommenen Fillle betrflgt (Tah. I ^) 15997 oder799 im jiihrli- 
chen Durchschnitt. Dieselben vertheilen sich^ wie aus der Tabelle zu 
erseheu, auf die Vierteijahre : 

April — Juni = 3923 = 24.53 '/o 

Juli — Sept. = 4355 = 27.22 •/. 

Oct. — Dec. = 4263 « 26.65 Vo 

Januar— Mârz = 3456 « 21.60 •/, 

Die grôsste Zahl der Aufnahmcn fftllt demnach in das III Quartal 
in die Monate Juli-Sept. in di<7 Zeit der grossten Hitze und die 
geringste Preciuenz kommt in das I Quartal in die Monate Januar* 
M«1rz . In die warme Jahreszeit von April -Sept, kommen 
8278 ■» 51.75 7« der Aufnahmen und in die kalte Jahreszeit von 
Oct.-Marz 7719 = 48.25 •/« •'<••• Aufnahmen . In den Monat Juli 
f<illt da^ Maximum dcr Aufnahmen 15.55 ^ 9.72*/,, und das Minimum 
mit 11 14 « 6.96 •/• vFcbruar 1 143 - 7.14 •/„ in den Monat Milrz. 

Aus den angefohrten Zahlen darf man wohi oh ne Widersprueh den 
Sehiuss ziehen, dass in den klimatisrh versehiedensten Theilen des 
europiiisehen Festlandes bis auf geringe Schwankungen innerhalb der 
einzeincn Jahresperioden im Allgemeinen die Krkrankungen in Folge 
des Alkoholismus in der warmen Jahreszeit hAuliger sin(1 als in der 
kalten. dass die maxima und mi ni ma je na(*h der regioniiren l«age ilv% 
Orles etwas versehicden, aber doeli metst in den Monat Juli, .\ugu!«t 
rcî»p. Februar, Milrz fallen. 

Die F.rkiftrung fur dièse Tliat sache wird von den einzeincn Beobaeh* 
tern versehieden angegeben. NV;lhrend die Kinen in dieser Kseheinuiig 

* Voir page ka. 



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li^tliglirh <iii' Wirkiiti^ siirisih'ikoiioinisi'hei' ('rsac'licii sf'li<*ii, lisilteii dii* 
Andren dafOr, dass sich hier ein biolocrischer EinHuss gelten macht- 
liuss hebt ausdrûcklich liervor, dnss cr niclit glaube, dass es die 
Jahreszeiteii warcn, wclehe die Schuld daran trageii, sondern es sei 
vicimehr der. IJmstand, dass die Silufci* in den warmen Monaten einen 

Îrossoren iiiid leichtereii Arbeitsverdienst habeii, «incn grosseren 
1ieil dessolbcn auch Icichter iïir Brunntweiu veraiisgabeii kuiuien 
als im Wintcr iind Friïhling. Dsis reichlichere Saiifeii von Branntwein 
im Sommer und llcrbst, meint er, ist lediglich dicf Ursache, dass 
in dieser Jahrcszeit der chronischr Alkoholisnius haufiger ist als im 
\Vinter und Frnhiing. 

Biiry legt auch den Ilauptaocenl daraui\ dass wiihrend dei* wUrmeren 
Jahreszcit die Arbeiterkhissen oincn grosseren Erwerb haben, und 
wilhrend der hellen warmen Abonde niehr zu Kxccssen neigen. 

— D*" Von Franque scheint in dem EinHuss der Temperatur an sich 
einen ursaohiicben Faktor zn sehen. Naeh ihm ist es begrundet, dass 
gewisse Jahre besondcrs iur das Del. tr. disponiren und dièses deshalb 
m jenen hUuiig vorkommen und bosarlig verlaufen. Besonders, meint 
er, xeirhnen sich die warmen trockiien Jahre durch zahlreichc F«Hlle 
ans. In warmen Jahren wird es hiiu(iger beobaclitet, das in kalten, 
nassen. — Den meteorobtgischen EinHuss als soirhen erkennt Garnier 
als dru einzigen wesentlirhen Faktor lùr die uns besehiiftigende That- 
sache an. Das Frùhjahr ist diejenige Jahreszeit, in der Gcistesstiirun- 
gen am meisten entstehen, und exacerbiren. Man konnte glauben, 
meint er, dass untcr dieseni eigenthunilichen EinHuss auf das Narren- 
system sich ein grosses Bedùrniiss, eine grossere Meigung zum Alko- 
holgenusse entwickcle besonders bei Priidisponirten, dass unter dem- 
selben Einfluss sich gleichzeitig viellcicht auch einegeringere Toleranz 
gcgen die AIkoholicaausbildct. Er weist auch mit Rcchtdarauf hin.dass 
aie Elimination des eingefùhrten AIkohols von grosser Bedeutung sei 
Iur die Entstehung der Intoxication. Im SonUner sei die Transpiration 
writ grosser als im Fri'ihjahr und deshalb finit die grossero Frequenz 
an AIkoholismuscrkrankungen aul' das FrCdijahr und nicht auf den 
Sommer. 

Nach unsrer Meinung sind mehrere ursachliche Momentc an dieser 
Erscheinung betheiligt. Nur das '/usammenwirken socialokono* 
mischer iiuci metcoroTogisch-biologi.scher Faktorcn kann das cons- 
lante Aul'trcten dieser Thatsache sowie die Schwankunge.n innerhalb 
der warmen Jahreszcit und das Verschieben der maxima und minima 
je nach der terrllorialen Uichtung erklHren. Es ist sehr wohi denkbar, 
dass in der warmen Jahres/eil bei grosserem Erwerb und bei 
vermehrtem Durstgefuhl wahrend (i,er Arbeit mehr AIkoholica consumirt 
werden als in der kalten Jahres/cit. Dazu kommt, dass in den langen 
Tagen und in milder Witterung die Bevolkerungsklasscn weniger fi'ir 
sien abgeschlosscn, mehr zu-nammen und in geselligem Verkehr leben 
und auch hierdurch der Alcoholkonsum ein grossercr wird. Aber 



42 vil' CONQRKS INTERNATIONAL 

sclbst wonn (1er Alkoholconsum im Sommer nicht grosser ist als im 
AViiiter — iiiui (las was wir aus den Haushaltungs-Budgets der 
arbcitendcn Klasscn dariibcr wissen, scheint in der That mehr fur 
eiiK* gleichmiissige Vertheilung des Consums zu sprcchen — so ist die 
^esniulhoitsnnchlheiligeWirkungim Sommer dennocheinevielgrôsserc 
iiiid zwar aus dcm Grunde weil, wic schon Garnier hcrvorgehobeiiy die 
Kliinination des AIkohols in der Hit/e durch die Herabsetzung der 
Athmuiigsthiitigkeit und der Urinsecretion sehr erschwert wircT und 
weil in der Sommerhîtzc das Gehirn bekanntlich unter dem Einflusse 
einer Erschlafliing und ErmOdung vici weniger widerstandsfflhig ist 
gegen don abuonueu narcotîsircndcn und paralysirendcn Einfluss des 
AIkohols als in der IVischcrcn kUltcrcn Jahreszeit. Das Gehirn und der 
gesaminto Organismus ist im Sommer intoleranter gegen Alkohol als 
im Winter und daher sind seine Wirkungen bei gleiehem Consum in 
ersterer Jahreszeit viel nachtheiliger, schâdlicher als in der letzteren. 
Die Wirkungdes AIkohols ist in der heissen Jahreszeit im gemSssigten 
gosunden Klima iihniich derjcnigen, wie sie sich gcwohniich in den 
tropischen Regionen zu zeigen pHegt. 

Es kaiin hier daran erinnert werden, dass nach den zahlreichen 
Untersiichungon von bewiihrtester Weise aus frûherer und neuester 
Z(Ml (Casper, Wagner, Drobisch, Guerry, Legoyt, Lunicr, Brierre de 
Boismont, V. Octlinger, Morselli, Marsgak, Prinzing, Rehfisch, Geck) 
lestgcstellt ist, dnss der Selbstmord in gleicher Weise nicht, wie man 
nach den social(*n und wirihschaftlichen VcrhJlIlnissen erwartet 
konnte, im Winter, sojidcrn im Gcgentheil im Sommer am hUufigstcn 
vorkommt. Auch der Selbstmord wird zwcifellos von Klima und 
Temperatur miichtig beeinflusst ; sein Frequenz maximum fallt in den 
Juni und das minimum in den December. Stufenformig steigt er von 
Decembcr bis zum Juni hinauf um von hier wieder langsam 
hinabzusteigcn. Unter 18()0() Seibstmorden innerhalb 10 Jahren im 10 
verschiedcnen Stiiaten Europa's kommcn ' nach Rehfisch ^ auf den 
Sommer (Marz-Aug.) 58.7 "/« und auf den Winter (Sept.-Feb.) 41.3 •/o- 
Wenn auch cin Parallelismus zwischen der Zunahme des Alkohol- 
consums mit der des Selbgtmordes nicht nachzuwcisen ist -, so durfte 
doch ein gewisser Zusammenhang zwischen- der Zunahme der Alkohol- 
erkrankungen in der warmen Jahreszeit mit der gleichartigen 
Zunahme (1er Selbstmord frequenz nicht ganz geleugnet werden ^. 

Auch (las Uberwiegen der Verbrechen gegen aie Person in der 
warmen Jahreszeit, auf das schon Quctelet * besonders hingewiesen, 
wird man mit der Abnormenwirkung des AIkohols unter dem Einfluss 
der hohen ïemprraturgrade berechtigt sein in einen gewissen 
Zusammenhang zu bringen. 

1 (< Drr ScUiHlmord ». Voii D' Kugen Rchfiacb. Berlin 1893. 

• Napolconc .Coiiijuniii : « I^'alcoolicmo, sue consequenzc iiiornlie, sue cause o. CaUnin 
1887. 
^ a Trunkituoht und Sclb^lmord und deren pegenseitigc Bexiehung d. Letpiig 1895. 
^ Quétclet : n Sur l'homme, etc. ». Deutsch von D' Rieckc 1834. 






CONTRE L*ABUS DES BOISSONS ALCOOLIQUES 43 ^^ 



Wenn wir zutn Schluss aus dicser Betrachtung einen nûtzlichen 
Hinweis fur die Prophylaxc dcr Trunksucht gewinnen kônnen, so 
geht dîescr dahin, ncbcn alleu andcrn Verhûtungsmassregein fur 
Genuss-und Erfrischungsuuttel xu sorgcn, welche in der heissen 
Jahreszeit die schftdlichen alkoholischen Gctrankc in vortheilhafter 
Weise zu ersetzen geeignct sind. 

D** Smith. — (Schloss Marbach) findet in der Mitteilung des Uerra 
Vortragenden eine Bestiitigung seinor Errahrung, dass die Erweiterung 
der Gefiisse und damit die Altération des Herzens die Ursache der 
Dnlustgefilhle und damit der Trinklust ist, duixh die Statistik. Denn 
gerade im Sommerpflegen die Hautgefasse mehr erweitert zu sein, aïs in 
der kiihleren Zeit. Unter normalen Verhaltnissen ist wenlgstens der 
Durst im Sommer nicht grosser, da Abstinenten stundenlange Fuss-und 
Radtouren auch in der grossten Hitze machen konnen, ohne ofter 
trinken zu miissen. 



'.. le Président. — La parole est à M. le D' Thiron, de Jassy 
(Roumanie). 

M. le D' Thiron développe le mémoire qu'il a présenté déjà au 4« Con- 
grès contre la Tuberculose (Paiis 1898), sur V Alcoolisme comme cause 
prédisposante à la tuberculose. 

Voici deux de ses conclusions qui ont amené une discussion : 

I« Toutes les boissons alcooliques distillées sont nuisibles à l'état de 
santé, et d*autant plus à Tétat de maladie, et spécialement dans les affec- 
tions de la poitrine, la tuberculose du poumon et des autres organes. 

2<» Les boissons alcooliques, même fermentées, ne sont pas proithy- 
lactiquos contre les maladies infectieuses (tuberculose, choléra, fièvrfi,- 
typhoïde, pm^umonie, etc.) et ne sont pas indiquées pour la thérapeute 
que de ces maladies ; mais au contraire, par leur emploi et abus, on pré- 
dispose Topgani.sme à les acquérir et même avec une évolution rapide et 
^rave ; ainsi entre Tintoxication alcoolique et Tinfection tuberculeuse, 
il n'y a pas d*antagonisme, mais association et synergie pathogéniques, 
étant en fonction réciproque; et si Ton voulait faire périr les microbes 
de la tuberculose et du choléra en ingérant beaucoup de cognac, rhum, 
vin ou bière, on arriverait à se tuer avant de les avoir détruits. 

DISCUSSION 

M. V. Olderoggé (Russie) dit qu'il ne faut pas voir systématique- 
ment l'alcoolisme comme facteur étiologique dans toutes les affections 
organiques qu'il est susceptible de provoquer lui-m«^me. La détermina- 
tion des causes d'une maladie est souvent très complexe et très difficile. 

M. Thiron répond <]u'en présence d'un malade manifestement enta- 
ché d'alcoolisme, empoisonnement de tout l'organisme, il faut d'abord 
inscrire l'étiquette alcoolisme, puis, secondairement, en déterminer 
la localisation : hépatique, cardiaque, rénale, etc. 

le D' Good. — Je crois que la première conclusion de M. Thiron 



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\\ vil'* (:i»M:iti;s i.ntkmx. iionthk i/.\itrs iiks immssons Ai.<:oiii.iorKS 

ii«* >;miail. «Mi-iî voI«*c [KXVrv <|iie, |i;ii'roi:<, «lan.s lu |>ueuiiiuiue par «exemple, 
oQ est obligé (le rei.'ourir h Palcool comme agent tliérapeutique très 
etlicacc. 

M. Ruysch lailol)servei' que la question d*un vole ne se pose même 
]»as, altendn que lo Comité permanent, d'accord avec le Congrès, a décidé 
qu'aucun vole ne serait émis. D'ailleurs toutes les j»ersonnes réunies ici 
n'auraient pas la compétence désirable pour donner une appréciation. 
C'est là linconvénient des votes dans les congrès. On a été sage de les 
éviter. Au Con^çrès de la tuberculose où M. Tliiron a déjà présenté ses 
conclusions, il ny a pas eu de >oto. 

Cela dit, M. Ruysch trouve qu'il serait nécessaire de maintenir les con- 
clusions de M. Tliii-on. 

M. le D^ Thiron détend .sa conclusion; On peut remplacer Talcool 
par d autres médicaments aussi efllcaces. En Roumanie, on a injuste- 
ment intenté un procès a un médecin qui n'avait pas donné d'alcool à uu 
imeumonique qui avait succombé à sa maladie. Bans les asiles d'alcooli- 
ques, on supjiriine toute espèce d'alcool d'emblée, sans qu'il en résulte 
aucun inconvénient. Ain.si, de mémo qu'on a proscrit les saignées, etc., il 
faut déli'ôner l'alcool. 

M. le D«* Baratter ;de TAubo; est d'accord avec M. Tliiron. Cette 
croyance en la force tonitiante de l'alcool explicjue l(» développement de 
l'alcoolisme dans le peuple. 

M. le Président rajqielle r»ncore que le règlement interdit de voter 
aucune proposition. 

11 est d'avis que l'usage d(» l'ajcool est non seulement utile, mais en- 
core indispensable en médecine. Certaines substances ne peuvent être 
dissoutes que dans ce produit. Kn ce qui concei'ue son action sur la tu- 
beiculose. il faut diie qu'cm en fait un véritable abus dans les sana- 
toriums. 

On fait en général de la suralimentation chez les malades, mais dans 
beaucoup d'ét^iblissements aussi on donne de l'alcool. 

Il sutllt de se l'appeler l'action physiologique de ce dernier pour recon- 
naître qu'il est alors tout â fait nuisible. I/orateur émet seulement le 
vœu que l'on cesse do vouloir fortifier les tuberculeux parce moyen. 

En pré'<ence des opinions contradictoires qui viennent d'être émises, 
t(mchant l'utilité médicale de l'alcool, le mieux est d'eni evenir k la ques- 
tion de la tuberculose, qui était seule en discussion; la première conchi- 
sion de M. Thiron a une portée générale étrangère au fond même de 
son rapi)ort. {Assentiment). 

La séance est levée a 11 heures. 






PREMIERE SECTION 



SCIENCKS MKUIC\LKS \ IIYGIKNK 



Physiologie & Clinique 



PXiESi/CIÊI^S SÊ.A.XTOS 



ANNEXES 



(Mémoires non discutés par suite de i'absence 

de leurs auteurs) 



Annexe N"" 1 



M. le Dr ThiroDi de Jassy (Houmanie) a déposé au nom de 
M . Friedmann, étudiant en médecine à Jassy , une conférence manuscrite 
sur r hérédité de V alcoolisme, dont nous exti'ayons les passages suivants ; 

Quoique Talcool modifie plus ou moins profondément la constitution 
de tous les éléments de Torganisme, nous observons toutefois que ce 
qui »e transmet, ce sont surtout les altérations du système nerveux. 
La cause consiste en ceci que, pendant le développement ontogéné- 
ti(|uc« cVst justement le système nerveux qui se développe le dernier, 
et celui-ci, ayant subi un exercice et un travail moindres que celui des 
autres organes, présente aussi une moindre résistance. De cette 
manière-ci, on peut expliquer pourquoi les fonctions supérieures du 
système nerveux sont les premières atteintes, d*où il résulte un déve* 
lopperoent en toute force des instincts, qui sont plus anciens que les 
autres. 

Le mécanisme de Thérédité peut être expliqué de la manière sui* 
vante : Talcool produit des troubles de la nutrition dans plusieurs svstè- 
mes anatomiques, et les matières solubles élaborées par cette nutrition 
anormale peuvent pénétrer dans d*autres organes, et spécialement 
dans les cellules sexuelles, et altérer leur constitution physico-chimique; 
et Ton admet qu'ils ont plus d*ailinité pour les parties de la cellule 
sexuelle destinées fi reprouuire les organes qui, par leur trouble nutritif, 
ont justement produit ces substances nuisibles MM. Bouchard, Char- 
rin' dette hypothèse explique pourquoi Taptitude morbide de quelques 
systèmes anatomiques peut avoir comme conséquence des variations 
organi(|ues ou fonctionnelles dans les systèmes similaires de Tétre 
procrée. 



Ce sont les sociétés de tempérance, dont le nombre s'accroît inces- 
samment dans le monde entier, qui sont seules en mesure de lutter con- 
tre ce iléau de Talcool. Ces sonétés, par l'écrit et par la parole, mais 
surtout par les faits et les exemple<i, cherchent à guider le peuple dans 
la voie tle la tempérance ou même de rabstinctice complète qui, »i elle 
ne lui procure pas le bonheur complet, est tout au moins un pas vers 
ce bonheur, vers lequel courent les hommes depuis si longtemps. 



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i«*^ vir (:i»M;itKs intkmxationai. 



Annexe N"" 2 



M. le Dr Thiron, de Jassy (Roumanie) a dépoi^é sur le bui'eau lu 
lliosi'de«locloral de M. Gelehrter (Roumanie), swv t*alcool et t'alcoo-- 
Usfnc. (rest riiistoiro dogmatique de Talroolisine et de sa pathologie 
psyclio-pliysique. Nous en extrayons la dernièi'e conclusion : 

« Les boissons alcooliijues distillées étant condamnées par la science, 
r{ la liniito entre nsnge et alnis — abstraction faite des altérations et 
des falsirtcations — étant diilicile si déterminer, Tabstention est à juste 
raison un idéal vers lequel nous devrions tendre. I/exécution de tout 
travail physique et intellectuel peut être portée à bonne (in sans le 
secours des alcools. » 



Annexe N"" 3 



L'alcoolisme dans ses rapports avec les troubles 

psycho-physiologiques * 

l»AH M. TH. DARRL, DR GRNkVR 

l/alrofdisme ! — E.st-il thème plus actuel, plus fécond en observa- 
tions de tout genre? — On le nierait en vain, Tabsorption de subs- 
tances alcoolicpies est devenue un besoin néfaste pour une bonne 
partit* de nos populations. Ingéré ii son début en doses atténuées et 
sous Tapparence débonnaire de boissons naturelles, le virus, au lieu 
d'immuniser, a déterminé une des pires maladies qui soit au monde. 
A la faveur de son innocuité présumée, se sont succédé des généra- 
tions dinloxiqnés demandant ii un poison de plus en plus violent 
d'alimenter, ainsi qu*une lampe ii la ilamme mourante et blafarde, 
leur penchant tyrannique. 

(Certes, nous ne sommes partisan de l'absolutisme en aucun domaine. 
Le passager réconfort procuré par une boisson exempte de toute 
frelatation ne saurait être incriminé dès cpril ne s*agit ni d'abus, 
ni de propension abusive. On peut fort bien se garcTer de l'excès 
et exciper d'un sage équilil>re pour se conserver indemne. 

I Kxtrail d'unJouvra|fe en prépuration lur lo folie, let causes, sa thérapeutique au 
point fie vue psychique. 



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CONTRE L ABUS DES BOISSONS ALCOOLIQUES 



49 






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Il nVii est pas moins vrai que la proportion des déséquilibrés aug- 
mente plutôt que de diminuer, signe certain d'une déchéance. 
Force est bien de rechercher les causes d*un tel phénomène ; fût-ce 
pour appli<|uer le Ter rouge sur la plaie saignante signalée par 1rs 
philanthropes et les humanistes ! 

Hn soi, le jus de la vigne ne renrcrnio aucun principe nocif. Ce qui 
en fait un produit si dangereux pour la santé publique est évidemment 
attribuable a la fermentation qu'il subit, c*est-ài-dire k Tentrée en ac- 
tivité d*une quantité prodigieuse de micro-organismes. 

Le vin» fùt-il réputé le meilleur, est, d'après sa constitution alcooli- 
que et en raison même de la proportion u*aIcool qu'il manifeste, un 
lerment de discorde pour Téconomie. Son absorption accidentelle n'oc- 
casionne, il est vrai, 4|u*une excitabilité momentanée disparaissant à 
bref délai ; dans ce cas, les éléments combatifs trouvent ii qui s'attaquer 
eif comme leur force s'atténue si elle n'est pas renouvelée, rien ne 
décèle, après une courte lutte, un état de choses passagèrement 
anormal. 

L'ingestion h haute dose ou à doses répétées et suivies d'alcool en- 
traine, en revanche, une rapide désorganisation des principes vitaux. 
Ceux-ci fournissent bientôt des preuves 'd'une sujétion morbide. 
Il ne s*agit plus pour eux de subvenir aux besoins chaque jour ré- 
pétés de l'organisme, mais de faire face ii une perturbation qu'accen- 
tue et renouvelle chaque invasion subséquente. Toute rencontre fébrile 
des éléments antagoniques voit lui succéder une prostration d'autant 
plus intense que la lutte fut plus vive ou plus prolongée. A ce compte- 
là, il est naturel de constater le déclin, puis l'annihilation de iorces 
appelées a un tout autre usage qu'à organiser un système de défense 
aussi absolu qu'il est abusif. 

L'alc'oolique n'est pas seulement celui qui s'enivre grossièrement et 
fait appel, sans frein, aux plus abjectes dégradations. C'est aussi l'in- 
dividu inconscient de la servitude qu'il se crée jour après jour, heure 
après heure, -^ servitude qui le conduira de façon insensible, mais 
sûre, au fatal, à Tinéluclable besoin de subvenir à une déperdition 
croissante de vitalité par une recrudescence d*excitabilité factice. 

Celui-là pourra ne jamais présenter des signes certains d'ivresse ; 
ce sera, en apparence, Thonime pondéré, sans reproche; en réalité, 
il subit dans l'intime tréfonds de son être, un travail de lente désorga- 
nisation ; ses éléments cellulaires, affectés en première ligne, réagis- 
sent sur l'ensemble des éléments fonctionnels et créent de ci, de là, 
des débouchés défectueux ; suivant les prédominantes personnelles, 
tel ou tel organe se trouve plus particulièrement lésé, créant un pré- 
cédent fâcheux pour l'avenir. 

Au point de vue intellectuel, le trouble apporté dans la synthèse 
animale ne peut que rendre le cerveau solidaire d'une situation inadé- 
quate. A mesure que se dépouillent de leur vertu nutritive les cellules 
mères, le cerveau s'adaiblit ; il perd sa faculté créatrice et ne s'assi- 



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V 



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50 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

mile plus comme en temps normal les éléments nécessaires a la for- 
mation (le ridée. 

Si telle est la situation quand il s'agit de la boisson alcoolique la 
moins active, que peut-elle être avec les adjuvants terribles que sont 
devenus les spiritueux de toute espèce? 

On frémit en songeant quels désastres sont apportés dans Técono- 
mie individuelle et, par coopération, dans l'économie sociale avec la 
mise en activité de tant d'éléments subversifs. 

Que ne peut-on, avant d'en arriver à la constatation physiologique, 
se rendre compte des ravages causés par cette intrusion néfaste. De- 
puis la prise iournalière du tonique ou de l'apéritif devenu indispen- 
sable jusqu'à l'abus le plus violent d'excitants neurologiques innom- 
mables se manifeste un état tendentiel voisin de l'anarchie. — Plus de 
cuncciitration normale des éléments vitaux, mais une dispersion con- 
traire h toute loi de réglementation organique. — Plus de mouvement 
initial contraignant les molécules conditionnelles de l'objectivité hu- 
maine il opérer sans cesse du centre à la circonférence et de la circon- 
férence au centre leur travail reconstitutif, mais une prédominance de 
l'une ou de l'autre action, c'est-îi-dire l'irrégularité, le trouble, le 
désordre dans les fonctions simultanées A^aspir et de respir qui carac- 
térisent l'équilibre et l'entretiennent. — Plus, enfin, de pondération 
des facultés d'assimilation mentale régulière, de répartition des diffé- 
rentes formes de vie sur tout le réseau vital, intellectuel et moral, 
mais l'intermittence subjective de la pensée, le désarroi dans le rai- 
sonnement, dans le jugement, dans le sens des choses et l'application 
de ces qualités essentielles. 

Représentons-nous, en pareil cas, le corps humain comme une for- 
teresse dont tous les moyens d'action, toutes les forces offensives et dé- 
fensives se trouveraient condamnées à l'inaction lorsque leur intérêt 
commanderait l'action et vice versa, sans posséder la faculté de réagir 
contre un état de choses aussi préjudiciable h leur intérêt immédiat. 

De la défectuosité de l'innervation — première conséquence de 
l'alcoolisme — dépend l'exagération du mouvement impulsif. Celle-ci 
détermine a son tour, ou a une tendance h déterminer certaines crises 
épileptiformes. 

Un organisme gavé d'alcool ne réagit plus que faiblement contre 
les influences extérieures nocives ; il est exposé a subir, plus que 
tout autre organisme, le contre-coup de variations atmosphériques 
spéciales, — variations qu'on pourrait qualifier de « lunaires » parce 
qu'elles se rattachent plus directement h l'action exercée par la lune 
sur nos conditions ambiantes. 

On peut remarquer, en effet, que les crises les plus aiguGs ayant 
pour cause première l'alcoolisme se produisent en connexion avec cer- 
taines périodes lunaires. Le même phénomène se remarque dans l'épi- 
lepsie, laquelle se manifeste surtout dans la dégénérescence héréai- 
taire, et fait du descendant du malheureux buveur, une victime, — 






CONTRE L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES .51 

nous ne dirons pas innocente, c<ir il est des causes secondes dans 
toute situation anormale — mais une victime partielle de ses aléas 
constitutionnels. 

Dans les crises dont il vient d*ètre question, la nature particulière 
à rindividu ne réagit plus que faiblement, avons-nous dit. Il est bon, 
peut-être, d*appuyer sur ce point, car il est d*intérèt capital pour les 
phénomènes qui font le sujet de notre étude. 

Réagir acquiert ici une importance d'autant plus grande qu'on se 
rend un compte inexact de la manière dont le mécanisme humain con- 
serve un équilibre plus ou moins instable. On se figure généralement 
que le corps s'administre lui seul ; qu'il possède — ou ne possède pas 
— en son for les moyens de subvenir à sa propre existence ; on le 
considère comme quelque chose d'à part, sans relation directe bien 
déterminée avec une ambiance dont il serait dépendant autant qu'elle 
pourrait dépendre de lui. 

S'il est vrai que l'ensemble des fonctions psycho-physiologiques 
chez l'homme soit contingent d'un état particulier à chacun, u n'en 
est pas moins vrai que cet état se modifie, s'accélère ou se ralentit en 
raison des influences qu'il subit. 

L'équilibre constitue pour l'individu la balance exacte des énergies 
succédanées ; c'est le compte ouvert et tenu à jour de tout ce qui pé- 
nètre en lui et ce qui en sort, tant par les portes ouvertes du cerveau, 
du cœur, que des éléments inférieurs de la vie animale. Ainsi l'orga- 
nisme ne se oontente pas d'agir, il réagit dans une mesure qui doit 
être égale tant à son action propre qu'à 1 action subie. 

Lorsque cette balance n'existe pas — combien souvent n'est-ce pas 
le cas — le système tout entier s'en ressent. II Y a pléthore lorsqu on 
extériorise au-dessous de la somme de forces qu il fut donné d'intério- 
riser ; l'insufTisance de Vaspir par rapport au respir entraine l'excès 
contraire. 

En outre de ces grandes lignes, tel ou tel organe se ressent plus 

Particulièrement du manque d'équilibre général et tantôt l'une, tantôt 
autre fonction participe du malaise encouru par le défaut d'unité 
d'action. 

Toute désorganisation, fût-elle partielle, a toujours et en tout état 
de cause pour origine première l'insuflisance ou le trop plein des forces 
intériorisées par rapport aux forces extériorisées, ou le défaut inverse. 
La question se pose ainsi d'une façon fort simple et ramène la ma- 
ladie, les troubles de n'importe quelle nature si un type unique d'étio- 
logie : le manque d'équilibre soit le défaut de synthèse harmonique 
des fonctions qui caractérisent l'appel a la vie, son entretien, ses dé- 
bouchés consécutifs. Le problème si important et si difllcile à résou- 
dre de la santé physique et morale ne renferme, en somme, qu'une 
inconnue : le moyen de se conserver d'égale force en ce qui concerne 
le double et principal phénomène de Vaspir et du respir ; et cela aussi 
bien au point de vue psychique que physique. 



./' 



/> 



52 VII* CONGRES INTBRNATIONAL 

• 

L*uIcooHsme, plus peut-être que toute autre cause de troubles^ rend 
rorganisme incapable d^ réaction. Il paralyse les fonctions pléniëres et 
empêche la consécutivité de relation entre les forces intériorisables et 
et extériorisables. L*atténuation de rélément vital et, par suite, l'iner- 
tie corporelle tout entière en sont les conséquences immédiates. Au 
point de vue cérébral et par conséquent psychique, toute excitation 
momentanée précède Tabolition partielle ou totale de la connaissance. 
La mémoire, le jugement, la volonté s*éteignent peu si peu sous les 
assauts répétés des crises alcooliques : rien ne préserve plus le mal- 
heureux déséquilibré de la folie ou du crime. 

On ne saurait trpiter des fâcheux pronostics constatables chez Tal- 
coolique sans dire un mot de la dégénérescence consécutive à cet 
état. 

Il n'est que trop vrai, le (ils, le petit-fils, et même Tarrière petit- 
fils du buveur se réclament de la pathologie ancestrale. L'enfant porte 
la peine engendrée par Taïeul et ne réagit souvent qu'avec peine con- 
tre des tenaances morbifiques déterminées dès et avant sa gestation. 

La dégénérescence héréditaire procède, avant tout, d'une création 
de milieu, d'une saturation particulière de l'atmosphère personnelle, 
saturation qui entraine une consécutivité d'existence en faveur de for- 
mes de vie futures. 

Ainsi, le nouveau-né attiré dans un milieu saturé de germes alcooli- 
ques se fait l'intermédiaire entre la situation qui le précéda et celle 
h laquelle il donnera naissance. Il se peut que lui-même échappe par- 
tiellement à l'endémie du milieu ancestral immédiat, mais il donnera 
sûrement le jour à une forme de vie contaminée par l'atmosphère dont 
il s'est fait le transmetteur. 

On reconnaît dans d'autres états morbifiques spéciaux: phtisie, 
cancer, etc., l'application de cette loi. 

C'est par l'ambiance particulière à une personne, h un lieu, a une 
contrée que se perpétuent les germes étiologiques. Et aussitôt que 
les conditions requises pour leur reproduction se trouvent réunies, il 
se manifeste une renaissance des maux qu'on avait tout lieu de croire 
disparus. 

En cet état, tout écart de régime, aussi bien sous le rapport physi- 
que que moral, équivaut à une perturbation atmosphérique person- 
nelle ; puis h une contamination si la cause première demeure et, enfin, 
h une transmission héréditaire réalisable par des éléments adaptatifs. 

En résumé et de quelle façon qu'on le considère, l'alcoolisme doit 
être reconnu comme l'un des ennemis les plus directs de notre bien- 
être. Sans parler de toutes les misères sociales qu'il engendre, il est, 
sans contredit, le pourvoyeur le plus assidu de la débaucne, delà folie, 
du crime. Aussi, le devoir de chacun est-il d'apporter — si petite soit- 
elle — sa pierre ii l'édifice* élevé en faveur delà santé physique, intel- 
lectuelle et morale de l'Humanité. 

J'ai dit. 






CONTRE L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 53 



Annexe N"" 4 



Amaijfêe. — A la question ci-detiut, il faat répondre oui, «ani hétiUr. D'ailleurs, la 
simple obtervation démontre que plut l'homme abiorbe d'alcool, plut rapidement il tue- 
combe au froid et à la maladie ; moins de travail pbytique et intellectuel il peut accom- 
plir. L'alcool pottédant une forte affinité pour l'eau et let tubttaocei albumineutei, dété- 
riore le tang, attaque le lyttème nerveux et par contéquent autti let organet de la 
reproduction. Let maux qu'il cause sont donc héréditaires. Voici des faits à l'appui de 
toutes ces vérités, d'abord des expériences faites sur les animaux : 

Des œufs couvés dans une athmospère contenant des vapeurs d'alcool, ont produit dans 
une très grande proportion des poussins imparfaits ou maladifs ; et des chiens auxquels 
on faisait boire chaque jour une certaine quantité d'alcool, ont tous produit des petits 
dont la plupart sont morts quelques jours après leur naissance, d'autres n'ont vécu que 
pour être épileptiques, et très peu sont parvenus à l'dge adulte en bonne santé. 

Passant de l'animal & l'homme, on a observé le cas suivant : Une femme robuste et 
tempérante épousa un homme, buveur invétéré, dont elle eut cinq enfants ; quatre d'entr'eux 
moururent avant d'avoir dix jours, un seul vécut jusqu'à cinq ans. Le mari mourut et la 
femme se remaria, cette fois, avec un homme robuste et tempérant comme elle-même. 
Elle en a eu deux enfants, dont l'un a mainV^nant quatre ans et l'autre quelques semaines, 
et qui se portent tous deux à merveille. 

En résumé, dit un autre docteur, l'alcool tend à créer la pauvreté, la maladie, le crime 
en permanence. Si ceux qui boivent l'alcool A petites ou à fortes doses étaient contraints 
de se marier uniquement entr'eux, leur race entière serait éteinte en moins d'un ou deux 
siècles ; c'est en s'alliant à des créatures sobres, qu'ils ont échappé à l'extinction de leur 
race : mais c'est ainsi qu'ils ont propagé le poison de leurs veines dans tous les rangs de 
Itt société, rempli plus de prisons, d'asiles et d'h6pil4iux qu'il n'existe d'écoles et d'églises, 
et rempli également chaque jour des colonnes de journaux de récits de leurs débauches, 
de leurs vols, de leurs meurtres et de leurs suicides, au sein même de notre civilisation 
dite chrétienne. Il faut vraiment que la conscience publique ait été affaiblie, que le bon 
sens le plus élémentaire lui-même ait été dénaturé par l'influence de l'alcool, pour que la 
fabrication et la vente d'un tel poison soient encore permises, tandis que, d'autre part, 
il faut multiplier les refuges et les prisons pour y placer les victimes de ce poison ! 



' M 



t':k 



l8 there any Causative or Etiological relation betiveen 
the extensive use of alcoholic drinks and the continued 
increase of epilepsy , imbecility and insanity, both mental 
and moral in ail the coutitries of Europe and America 7 

BY DR. N. S. DAVIS (CUICAGO, U. S. A.) 

Président American médical Tempérance Association Dean of Rush médical collège. Prof. 
Theory and practice of medicine. Ex-president of the Six.th International congress at ' ' / 

Washington, etc., etc. 

Y a-t-U UB rapport direct entre U consommation progresalTO de l'alcool et l'augmentation f . 

continue de l'épllepaie, de l'idiotiime et de la folie ? 



I 



T. U 



vil* CONGRES INTERNATIONAL 



While great and continuée! progress of discoverles in the varions 
departments of science, and their rapid application to improvements 
in every branch of huinan industry and art hâve characterized the last 
two or^three centuries, especially in the leading countries of Europe 
and America, there is much évidence that in the same countries mental 
disorders, usually grouped under the heads of Epilepsy, Imbecility, 
Insanity and Moral Perversion or Criminality, hâve been increasing in 
a ratio greater than the increase of population. It is true that the records 
concerning mental defects and disorders and the statistics of crime in 
the varions countries of Christendom, are too imperfect to constitute 
a basis foraccurate comparison through long periods of time. A careful 
cxamination of the decennial census returns of the United States of 
America, the vital statistics and health records of some individual 
statcs and cities, and similar statistical records to be found in Great 
Britain, France, Germany, and other countries of Europe, will show 
conclusively that during the présent ccntury, atleast, the ratio of mental 
disorders, degeneracy and crime, bas increased to such an extent asto 
attract the attention of statesmcn, sociologists and philanthropists in 
many countries. 

Why this should be so, during a century characterized *by greater 
progress in the gênerai diffusion of knowledge, in the greater 
pruductiveness of huinan industry in providing for ail the necessities 
and comforts of life and the facilities for their distribution, and by a 
greater dccrcase in the ratio of mortality wîth the lengthening of the 
avcriige duration of human life than in any preceding century oi human 
history, is a question demanding serious investigation. Indeed, if the 
mental and moral perversions enumerated had maintained only a ratio 
equal to that of the population instead of a marked increase during 
such a century as the présent, it would still constitute a problem of 
great importance. 

The extent to which human knowledge has been increased and 
appUed in advancing ail lines of human industry, including the wider 
dlifusion of the principles of Christianity, ancf the adoption of such 
hygienic and sanitary improvements as greatly lessened the prevalence 
and dcstnictivcness of épidémie diseases, especially in Europe and 
North America, would legitimately lead us to expect, not only the rapid 
increase and concentration of wealth and the moderate prolongation 
of human life which has resulted ; but thèse same influences snould 
bave had the additional efl'ect of banishing poverty, diminishing 
mental anxieties, and, above ail, of promoting the intellectual ana 
moral health of ail classes of the people. 

Instead of thèse results, howcver, we see in every country only 
concentrations of wealth alongside of poverty, dégradation and cliscon- 
tcnt ; and ail varieties of mental disorder and moral perversions 
increasing faster than asylums, reformatories and prisons can be 
constructed for their proper care. To say that thèse evil results are 



CONTRE L*ADUS DES BOISSONS ALCOOLIQUES 55 

ouly the natural outcome of man's selTishness and love of wealth and 
power^ is only a confession olexistin^ mental nnd moral perversion. 
Il leaves the question, why is man*s unbridled ambition and selfishness 
still filling ail Christcndom with poverty, disease and crime after 
nineteen centuries of the proclamation of the Gospel of n Peace on 
earth and good will to man » without answer or explanation. The 
evils in question cannot be attributed to any form of governmcnt or to 
dcfects ot social organization or climatic conditions, ior thev exist and 
increase alike under governinents the inost despotic ana the most 
libéral ; among pcople of diirereiit races and in ail varieties of climate. 
\Ve must, thereforc, look for their rcal ctiology among such articles 
of food or drink as arc in gênerai use by large proportions of the 
people in ail the countries to which allusion has bcen niade. 

Turning our attention in that direction, we are dircctly confronted 
by two articles, namely, alcohol as it exists in ail the various fermented 
and distilled liquors, and tobacco, the uses of which are indulged in 
extensively by the people of every country in Christendom, and more 
or less by ail classes of socicty. Opium, cocaine, chloral and other 
narcotics are allies in the work of ncrvous and mental perversion, but 
are far less in gênerai use. Kthvl-Alcohol, the only active ingrédient 
in the fermented and distilled arinks, and Nicotine, the active agent 
in tobacco, in their pure state are described by allchemists, pharmacists 
and toxicologists as most virulent poisons, speedily destructive to both 
animal and vegetable life even in moderate doses. When, however, 
they are largely diluted and taken in small doses, they produce that 
diminution of nerve sensibility and relief from mental anxiety, that by 
répétition soon establishes a feeling so fascinating, and résistance 
becomes so difFiculty that ail other intcrests of the individual are made 
subordinate to its gratification. 

'Having been introduced into gênerai use long before the modem 
facilities for chcmical, biological and physiological research were 
known, the iniluence of the afcohol as an anacsthctic diminishing the 
sensibility of the nerve cells of the cérébral hémisphères, the 
material seat of maifs consciousness, created the universal belief that 
its internai use was warming, strengthening and nourishing to the 
living hunian body. 

Yet, simple observation alonc had clearly proved that the more 
alcohol the man consumcd, the more quickly he succumbed to cold ; 
the less work, whether mental or physical, could be accqmplished, 
and the more readilv he vieldod to attacks of disease of every kind. 
AU this apparent contradiction was fully explained, when in the 

IH'ogress of chcmical, physiological and therapeutic researches of the 
ast half of the présent ccntury, it was domonstrated that alcohol pos- 
sessed a strong allinity for wator and albuminoid substances, and 
when taken into the living stomach was rapidly transferred, by 
absorption, to the blood with which it was carricd to every organizeci 



56 VII* CONGRÈS INTERNATIONAL 

• 

Structure ofthe body, exerting a deteriorating influence on the orga- 
nized protoplasm or cells of both blood and tissues. By its influence on 
the hemoglobin and protoplasm of the blood it lessened the. capacity 
of that fluid to receive oxygen from the air ccUs of the lungs and 
to distribute it to the various tissues, and thereby it diminished 
the processes of oxidation and metabolism. By hs contact with 
the nerve structures it lessened their functions, both of sensi- 
bility and transmission, and thereby inipaired nerve scnsibility, 
muscular strength and mental activity according to the quantity of 
alcohol taken. It was this impairment of sensibility in the cérébral 
convolutions that rendered the individual less conscious of cold or 
beat, of wearincss or pain, and thereby destroyed bis ability to iudge 
correctiy concerning nis own condition or that of bis surronndings. 
The same dulling, paralyzing influence extends to the moral faculties, 
impairing the sensé of propriety and selfcontrol, and encouraging 
inconsiderate and often reckless or immoral conduct. When but a 
single dpse ofthe alcoholic liquor is taken, it, like other toxic agents, 
is generally eliminated or destroyed by the various oxidizing and 
climinating organs within twenty-four or thirty-six hours, and no 
appréciable permanent changes either mental or physical ensue. If, 
howcver, the dose be repeated from day to day, thereby keeping the 
alcohol constantly in contact with the protoplasmic cells ofthe bïood, 
the brain, and the various secreting structures, slowly but inevitably 
the hemoglobin and corpuscular éléments of the blood diminish, the 
bnicocytes are less active, the products of tissue waste are less 
oxidized and excreted, and the new material for tissue repair elabo- 
rated in the processes of digestion and assimilation is less perfect ; 
and consequcntly a degenerating influence is traccable more or less 
in cvery structure and function ofthe body, and the individuaKs vital 
résistance to ail toxic or morbid influence is diminished. Thus, it is 
shown by the vital statistics of cvery country where such records bave 
l)cen kcpt, that those who habitually use alcoholic drinks are more 
liablc to bc attackod by ail infections diseases, and furnish annually 
a higher ratio of niortality than the total abstainers living otherwise 
in the samc cnvironmcnt. The same statistics also show that a much 
grealer ratio of the childrcn born of drinking parents die under fivc 
ycars ; and of those who pass the period of infancy, a larger ratio 
bccome affected with tuberculosis, epilepsy, feeble-mindedness, and 
ail grades of mental and moral perversion. This is in exact harmony 
with the eficcts of alcohol upon the structures and functions of the 
individual who takes sulfîcient alcohol in either fermented or distilled 
drinks, to keep it in daily contact with bis primary protoplasmic cells 
for any considérable length of time. In such, the microscope reveals 
in the parenchyma o! ail the important organs a deficiency of 
nucleatea cells and relative increase of fibrous and adipose structure, 
that is, a degeneration from the higher and more vitalized to the 



CONTRE l'abus DES BOISSONS ALCOOLIQUES 57 

lower grade oi' organized matter. This is everywhere acknowledged 
as the rcsult of chronic alcohoHsm or the abuse of alcouol. But 
chronic alcohoHsm is oiily the gross development of the long conti- 
nued use of a protoplasmic poison that coinmcnced with the impres- 
sion of the first glass. Consequently the first drink was as truly an 
abuse as the last. That the alcohol in half a pint of béer, or a single 
glass of whiskey lessens the rapidity of nerve transmission, mental 

Eerception, acuteness of the spécial sensés, and muscular strength, 
as been abundantly demonstrated by the application of instruments 
of précision. That the same'amount of alcohol perceptibly diminishes 
man's mental inhibition or sensé of propriety, and deludes him with 
the impression that he is stronger and more active when he is actually 
doing less, is a fact familiar to ail who hâve given attention to the 
subject. 

The only rational conclusion then is, that the degenèranting 
influence of alcohol upon man, physical, and mental, cemmences 
with the begtnning of its use, and increases in proportion to the 
quantity useu and the length of time it is continued. 

As the primary deteriorating effects of alcohol are displayed on the 
cell protoplasm of both blood and tissues, it would necessarily aOect 
the germinal cells of the ovum and ihe spermatozoa of the scmcn, and 
thereby cxlend hercditary imperfections to the ofTspring. Proof of 
this, as shown in the vital and health statistics of différent countries, 
has already been alluded to, and further proof has been furnished by 
expcriments on animais. Thus, eggs incubated in an atmosphère 
containing the vapor of alcohol, hâve oeveloped a vcry large proportion 
of imperfect or unhealthy chickens, and breeding dogs given daily a 
modcrate amount hâve uniformly brought forth pups many of which 
diod during the first few days after hirth, many others became 
atlectetl with epileptic or couvulsive paroxysms, and very few arrived 
at maturity in a healthy condition. Many cases are on record affording 
equally direct évidence of the deteriorating influence of alcohol on 
the health and viability of the chiidrcn begotten by fathers habitually 
using alcoholic drinks, or born oi intemperate mothers. 

Thus, Dr. Antony in Centralblatt ffir Gynakologie Oct. 16 th. 1897, 
says, a healthy woman, and temperatc, married a man of excessive 
drinking habits by whom shc had five chiidren. Four of them died 
within the first ten days after birth, and only onc lived nearly five 
years. The husband died and the woman was married again, this 
time to .a healthy non-drinking man, by whom shc had two chiidren, 
one now four years old and the other fourteen days, both healthy. 

An cminent specialist in diseases of chiidren, has noted the 
progress of twelve familics with parents who wcrc habituai drinkers 
of alcoholic drinks, and of twolvc familics with total abstaining 
parents. During the twelve years thèse families were under bis obser- 
vation, the twelve first named gave birth to fifty-seven chiidren of 



58 vil' CONGRES INTERNATIONAL 

whoin twcnty-fivc died in the first week after bîrlh ; five were idiots, 
five wcre dwnrfs, five later becnme epileptics, and later one had 
chorca ending in idiocy, and five others were more or less deformed 
and unhealthv, leaving only eleven of the fifty-seven children to arrive 
at maturitv in a healthy condition of boay and mind. The twelve 
familics with temperate parents, during the samc period of time were 
blessed with sixty-one children, of whom only six dicd during the 
first week after birth ; later, two only showed inherited defects of the 
nervoiis System, leaving fifty-three of the sixty-one healthy in body 
and mind. My own observations during a côntinned period of sixtv-two 
yoars of médical praclice, fully corroborate the inferences to be drawn 
from the forcgoing statements. 

But the more direct objcct of this paper is to invite attention to the 
effects of alcohol, not only directly on the ncrvc cells of the brain 
connected with the manifestation of the higher and more distinctive 
mental and moral faculties of man, but also to the perpétuation of 
thèse perverting and degeneratiog effects by heredity descent from 
génération to génération. Communities and nations are ail composed 
of individuals. Conseciuently whatever is clearly traceable from parent 
to child in the famity, is equally applicable to the aggregation of 
families composing the nation. 

The history of the notoriously intemperate woman and her 
descendants, given by one of the Professors of the University of 
Bonn is only one of many that might be cited to illustrate this 
suhject. It is stated that the woman was born in 1740 and died in 1800. 
lier descendants during the past century hâve numbered 834, of whom 
709 hâve hecn traced from theîr youth. Of thèse, seven were 
cï»nvictod of murder, seventy-six of other crimes, one hundred and 
forty-two wcre professional beggars, and sixty-four lived on charity, 
and one hundred and eighty of the women led dîsreputable lives. 
In 1894 the Législature of the State of Massachusetts directed 
Horace G. Wudlin, Chief of the Labor Bureau, to ascertain « how 
much crime and pauperism is due to alcoholic drinks ? » Fie con- 
sequently niadc a careiul examination of the inmates of ail the public 
charitable institutions, prisons, and asylums for the insane, in that 
slate in 1895, and made his report in 1896. The number of paupers 
examinod was 3.020, sixty-five per cent of whom had been addicted 
to the use of alcoholic drinks ; forty-eight per cent had one or botb 
parents likewisc addicted to the same drinks. The wh<ile .number 
coiifined under conviction of crime during the same year was 26.672, 
ofwhtmi eighty-lwo per cent were more or less uncfer the influence 
of li([uor at the time ol committing crime ; 4.852 others were under 
the influence of liquor when the intent to commit crime was formed, 
making ninety-f'our per cent of the^whole, users of alcohol ; and of 
thèse, fifty-eight per cent had drinking fathers and twenty-one per 
cent drinking mothers. Of the insane, 1.836 cases were examined, of 



y. .'' 



CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 59 

whom fifty-two per cent had been addîcted to the use of alcohoHc 
drink. Of thèse, sixty-eight per cent had one or both parents addîcted 
to the same drinks, and filty-one per cent had grand-parents with 
like habits. 

Mr. Wadlin*s conclusions were, that the use of « alcohol tends 
directly to create a permanently pauperized population », and « to 
create criminal instincts ». The same direct ana tnorough examination 
would show the same or worse results in every state or country in 
Europe and America. How could this be otherwise ? If, as shown 
bv Dr. Debove from the most authentic sources, the amount oi abso- 
lute alcohol consumed annually in France, is fourteen pints for every 
man, woman and child ; in Belgium and Germany each 10.5 pints; 
in the british Isles 9.25 pints ; Switzerland 8.75 pints ; Italy 6.60 
pints; Holland 6.25 pints; United States of America 6.10 pints; 
Sweden 4.50 pints ; Norway 3 pints and Canada 2 pints. When it is 
reniembered that in ail thèse countries there arc many men and a 
much larger number of women and chiidren who drink no alcohol, 
the total amount drank is such as could not fail to produce the môst 
important degenerating influence on both the mental and physical 
condition of those who do drink it. Indeed, the facts to which we 
hâve already alluded, are sudicient to show that if those who do drink 
any kind of alcoholic liquors were compelled to inter-marry only 
among themselves, their part of the population would become extinct 
in one or two centuries. Their frec intcr-marriage with total abstain- 
ers is ail that bas prevented their extinction long ère this ; and yet 
it is this that bas enabled them to diffuse or propagate their moral 
and physical degenerations through ail ranks of society, and to fiU 
more alms bouses, asylums, rcformatories and prisons than there are 
school bouses and churches ; and to fill important space in almost 
every daily newspaper' with accounts of vicions revelry, burglaries, 
highway robberies, murdcrs and suicides occurring in even the very 
centres of population and weaith, at the end of this Nineteenthcentury 
of our boasted Christian civilisation. The earth brings forth annually 
enough food and clothing to supply the necessities of the whole human 
family, and there arc^ abundant facilities for their distribution if 
properly used. But so long as enough such food material is destroyed 
to make millions of barreis of alcoholic drinks, and billions of dollars 
are paid by those who consume it annually, so long will poverty, 
imbecility, insanity and crime increasc. Nothing but the direct and 
indirect or hereditary deceptive and perverting influence of the alcohol 
contained in béer, w*ine, whiskey, brandy, rum and gin, drank by so 
large a part of the people, could bave so dulled the public conscience 
or pcrverted the sensé of right and justice as to permit, and even to 
license, for a pecuniary lee, the manufacture and sale of such liquors, 
and at the same time multiplying poor-bouses, asylums and prisons to 
occommodate the victims. 



60 vil' CONGRES INTBRNATIONAL 



Annexe F 5 



The Rôle of Alcoholism in Trauxnatic Conditions of the Body 

BY THOMAS H. MONLBY A. M. M. D. 

Visittng Surgpeon to Harlem Hotpiial. Profeisor of Surgerj, New- York School of Clinical 
Medicine. Member of the New-York Acadamj of Medicine. Vice-Président National 
Association of Railway Surgeons, etc.. etc., U. S. A. 

La rôle de ralcooUima dam les états traumatlques 

PAS M. THOMAS MONLBT 



Analyêe. — Ce sujet peut se diviser en trois porties : 

1* L'alcoolisme cause de blessures ou de mort pour autrui ; 

2* L'alcoolisme cause de blessures ou de mort pour soi-même ; 

3* L'alcoolisme cause d'aggravation en cas de blessures ou d'opérations. 

Ces trois vérités s'appuient sur des faits nombreux : 

1* Etant donné le progrès des sciences et 'de l'industrie, un grand nombre d'existences 
sont constamment confiés à un seul : ingénieurs, électriciens, télégraphistes, aiguilleurs, etc. 
Or la statistique prouve que les accidents graves tels que déraillements, perte de navires, 
explosions, etc., sont souvent dus à ce fait que les hommes chargés de veiller 4 la sûreté 
de tous étoient sous l'inQuence de l'alcool ; 

3* Non seulement l'homme qui boit trop d'alcool est fréquemment la cause de la mort 
de son semblable, mais souvent il cause aussi la sienne, — incapable qu'il est, par 
exemple de voir juste et de se garer d'un danger. — Aussi quelques ingénieurs, en face 
de lo loi qui oblige & dédommager l'ouvrier des accidents de travail, commencent-ils à 
recruter leurs hommes parmi ceux qui ont la réputation d'être sobres ; 

3* Tout devient grave chez le blessé alcoolique. Son sang est vicié et la puissance de 
réagir n'existe plus en lui. L'hémorragie est fréquente, les complications sont inévitables 
et la gangrène emporte presque fatalement le malheureux. 

Conclusion : Afin d'éviter autant que possible les graves accidents, une loi nouvelle 
devrait obliger les patrons ù n'odniettre comme chauffeurs, aiguilleurs, pilotes, etc., que 
des hommes absolument tempérants. 

In making a rational survey of the influence of alcohol in the 
production of mechanical lésions of human structure or organs, it 
becomes necessary to consider the subject under various divisions. 

1*^ As an etiological factor in the causation of injury or death to 
others. 

2°^ As a factor in self-injury or death. 

.'M As a factor in opérations, after violence has bccn sustained. 

The last fifty years of the 19^** century will go into history as an 
epoch of unprecedentcd activity and progress in the direction of news 
discoverics in art, and almost endless inventions in industry. Man hat 



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CONTRE L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



61 



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in a large measure conquered the forces ol' nature, and so transformed 
or utilîsed the occult forces through the évolution of machincry that 
occupations entailing severe tnanual labor are becoming, from year 
to y car reduced to narrow limits ; nay, more ; with the widc-spread 
utilisation of electricity, as a motor, the time is not far distant when 
the animal for burden or traction may almost entirely be dispensed 
with. 

The time then has corne, when by the utilisation of human ingenuity 
one man can direct or control a force greater than that of a thousand 
or ten thousand men of the past. This we see daily illustrated in the 
commander of steamships, locomotive and stationary engineers, 
electricians, tclegraph-operators, motor — and swilch — men. 

Realising then the extremely responsible positions navigators, 
engineers etc., occupy, it becomes a matter of surprise that, while 
nearly ail large corporations controUing Unes of travel, insist upon 
thcir employées undergoing a thorough physical cxamination — 
including the teffting of vision and hearing — so very little attention 
is being paid to their habits. For secret drinking of alcoholics is 
vvithout doubt responsible for a great many of our most faightful 
raîlway — and streat — casualties. 

At the présent time a locomotive-cngincer is under my care, in 
S'-Mark's llospital, who narrowly escaped death, in what is known 
as a « head — on collision, n on one of our great Southern-Raîlway- 
Sy stems. Six months ago he had charge oi a heavy freight enginc 
drawing 40 loaded cars. Shortly after midnight he brought his train 
to a stop on a siding, when he was signalled by the local telegraph- 
opcrator, that a train ahead had passed. He turned on steam and moved 
at a rapid rate, and as he cleared a curve he suddenly saw a flashlight 
from an oncoming engine, apparcntlv nbout 100 yards away, moving 
dircctly towards him. Ile saved his lifc by jumping. In an instant botn 
locomotives, came together with a terrifie crash. 

On investigation it was learned that the telegraph-operator, wh(» 
cleared the country, was seen eariy in the evening fully under the 
influence of liquor. 

Anothor case ot a similar category came under my care last summer, 
The patient was a young fire-man. Frcight-cars were being shifted to 
makc up a train. The engineer who was as the patient said some-what, 
(« under the influence » directed him to leave the engine and to g» 
ahcad about f^O vards to throw a swilch. The fireman started at a livelv 
gait for the switch, but before he could rcach it, he was run down by 
the engine, and had a narrow escape from death. 

A few vears ago the horrors of a railroad disaster in Ireland were 
publishc<r. An intoxicated engineer moved out to a picnic with a long 
passanger-train mostly occupiod by women and chiidrcn. Everything 
wont woll until a sharp grade was i^ached. The steam had given out 
before the grade was mounted, and in a quandary as to what to do 



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62 vil' CONGRBS INTERNATIONAL 

after the train had corne to a stand-still, the engineer detached the 
cars froni the engine ; they went rushing down to a sharp curve and 
werc derailed with great loss of life and limb to the passangers. 
Similar instances mignt be multiplied, for it is well known that for 
priulential reasons, but comparitively few are ever exposed. 

In order to protect the Hves of the traveling public ail corporations 
engagod in operating railroads should be coinpelled by law to employ 
none but strictiy temperate men. It would be well too on transatlantic 
and other steamship-lines, to cast the « bar » over board. Excessive 
drinking is something more than a nuisance on many of those great 
Unes. 

It may, therefore be assumed that a counsiderable proportion of the 
accidents incident to travel are preventable and are often attributable 
to immoderate or excessive indulgence in alcoholic bevcrages by those 
in whose custody the Hves of thousands are daily committed. 

Alcoholic Inebriation as a Contributory Agent in Injuries of Ones 
own Person. 

Excluding the suicides and the traumatisms inflicted pn one*s self 
or others under the frenzied mania of acute alcoholism, there yet 
remains a large number of cases, win hich through the inhibitory 
action on the sentient and sensory nerves the partially or completely 
intoxicated are exposed to great danger of injury, owing to their lack 
of judgement, atertness and vigilance now imperative to pedestrious 
traveling over our public thoroughfares. In the winter season the 
inebriate forms the greater portion of the fracture cases met with in 
hospital and elsewhere. Moreover those unfortunates beingunconscious 
of the injuries sustained quite often aggravate the same or contract 
complications by their attempts at walking. 

In opérations for the treatment of powerful machinery accidents, 
which are at bcst attended by considérable danger, the latter is greatly 
augmented when the patients indulge in libations of alcoholics. 

Indeed in conséquence of the serions mishaps which are liable to 
occur, — as we hâve empharised, — under thèse circounstances, 
employers, in order to evaae and obviate the civil actions against them 
as a resuit of accidents, are beginning to exercise close scrutiny on the 
habits of their employées, a fact which no doubt, in a large measure, 
accounts for the grater number of abstainers or temperate drinkers, 
so notable in récent times among the engineering craft. 

The Influence of Hard^Drinking on Recovery, Convalescence or 
Itesioralion of Funvlion after seî^ere Traumatism, 

Kvcry médical pratitioner well appréciâtes the serions task before 
him, when he undcrtakes to carVy a hard-drinking-man through any 
acute illness. Many of the tissue éléments hâve undergone organic chan- 



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doNTnB L*ABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 63 

ges ; the power to rc-act is déficient or absent and complications are 
fréquent. The lowered vitality in înebriates is especially detrimental 
in amputations and severe fractures. For at a time when complète rest 
is inost désirable the patient is seized with traumatic-delirium, leaves 
the bed, tears oflTthe dressings and becomes unmanageable. To control 
him force must be employea, and heavy doses of powerfut narcotics 
administcred. The blood is vitiatcd, its plastic properties diminished 
and its coagulable power reduced, so that not intrequently primary 
union fails and a tendency to primary or secondary hemorrhage 
eusues. 

Heaty drinkers absorb enormous quantities of ether in anaesthesia, 
and hence the great danger of acute pulmonary or reual inflammation 
and other complications after opérations. 

Ostéoplastie surgery, that branch of the healing art — for which \ve 
are chicfly indebted to the celebrated M. OUier of Lyons, — which 
bas practically revolutionnised our methods oftreatment of bone lésions 
has but a limited application in the case of a chronic inebriate. The 
foundation for its successful utilisation dépends mainly upon the 
regenerative power of the human System , a condition markedly 
dencient with the chronic drinker. Hence bis mangled and shattered 
limb oflTers little hope for préservation, and gangrené or the blade are 
the only means at our command. 

It may be appropriate to cmphasise hère that spécial caution must 
be exercised in splinting, as with the impoverished circulation and 
obtundance of the sensory nerves, so markedly manifest in the 
inebriate, strangulation of the blood-vessels with consécutive asphyxia 
and gangrené is very apt to ensue, without our attention being called 
to it on the part of the unconscious intoxicated patient. In some instances 
it is most extraordinary to note how the use of alcohol blunts the 
pain sensé ; indeed at times nothing but occalar démonstration can 
convince us of this fact. As an illustration we may cite the following 
thrce cases. 

The first case was a coal-heaver who in an intoxicated state entered 
llarlcm-IIospital for the treatment of a complète fracture through the 
middle third of the clavicle, with marked over-riding of the fragments. 
Karly the following morning he took a « big-drink, » tore ofT the 
dressings and went to worx shoveling coal. Ile reported again six 
weeks latcr with naralysis of the arm from a vast hyper-ostosis 
pressing downwara and jamming the cords of the brachial plexus 
against tho uppor surhicc of the first rib. 

The second case was a powerfully built man, a hard drinker. 
Me came under my carc in 99*^ M. Ilospital giving a history that 
a fcw days jpreviously he was thrown down while coming oflT from a 
Street car. This happcned late in the night and next morning he 
went to work and continued so for four days, during this time 
indulging greatly in drinking of whiskey. On exainination a subluxa- 









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vil' CONGR£S INTERNATIONAL 



tion at the humero-scapuUr joint was discovered and after some 
difliculty reduced. 

The third patient was a plumber whowhile intoxicated was thrown 
tVoin lus wagon in a runaway accident. Ile was working for (ive days 
when an attack of hacmoptysis set in. On examination fracture of the 
5ih^ (5th^ and 7^^ ribs, along the posterior axillary Une was discovered. 
Ile statcd that whenever a pang of pain overtook hiin, he turned to 
the bottle, emptying nearly a quart of whiskey daily lor several days. 

It niay thus be seen how important it is to institute a mostr igorous 
examination of patients addicted to excessive use of alcohol. 

\Ve cannot omit to refer to a few cases which point towards the 
medico-legal side of the question. 

A young actress sustained a violent kick over the right knee-joint. 
It appeared to give her no trouble until she sobered up the next day. 
A physician was called in and informed by her that she had spraincd' 
hor knee, a getting out of bed. » Judging by her ability to walk about, 
the doctor assumed that her injury was trivial, he therefore, made no 
examination but prescribed a soothing lotion. As the limb did not 
improvCy she called in another physician who insisted upon the 
exposure of her limb and discernée! a w^dely separated fracture of the 
patella. I was invited in to do an arthrotomy but declined to operate 
or share any responsability in the case, though I was a spectator to the 
opening of the joint by the second physician. 

The Grst médical attendant was sued for S 10,000, and the jury found 
against him in a small sum. 

In medico-legal cases involving traumatisms, there is no single 
factor which should be more rigorously investigated than the question 
of the influence of alcohol on the patients gcneral health and morale 
prcrious to injury, his judgement and responsiblity at the time of 
injury, and its enects on the sensorium and on the metabolic and 
regenerative processes after the injury. 



Annexe N"" 6 



Investigations as to the aetiology of Alcoholism in 

biological tissue» 

DY 0*" W. D*BVBLYN, SAN FRANCISCO (STATS-UNIS) 



Man is universally acknowlcdged to be a créature of habit. For "many 
générations this conclusion has not even bcen questioned. We accept 
it as a truism rather than as a paradox. It is only by such acceptance 



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CONTRE L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



65 



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that we can harmonize many of the conditions now surrounding him, 
— conditions which we define as accidentai, altogether failing to link 
them to his economy as^ physical entity. 

No better démonstration of this fact can we find than in the popu- 
lar estimate of man*s relationship to alcohol. It is a habit' — the drink 
habit — a vice, and nothing more. And so concluding, the multitude 
ceases to investigate further. 

Some twenty years ago this décision was indeed formally accepted 
by myself. However much I might be interested in the subiect — and 
I was most intensely interested — I could not get beyond this : and in 
fact it then seemed to me a déduction that it was impossible to gain- 
say. A drunk man, or a drinker, was to me simply a viccipus personi- 
fication of man*s self-abasement. 

On one occasion during my sojourn upon a western ranch I made 
one of the horses drunk. The antics of the quadruped were amusing, 
but suddenly it flashed upon my mind that the horse was not a reaso- 
ning animal and did not get drunk of its own accord, or from any 
perverted or ungcverncd prédisposition, — but it was drunk nevcr- 
theless. I concluded that alcohol must act upon man relatively as it 
did upon that horse — entirely apart from his reason — just upon his 
niake-up. How, and where, wcre the questions imniediately suggested, 
but at that time unanswered. 

I follow'ed up the query and sought to arrive at some resuit by a 
systematic line of expérimentation. I established a stable, subiected 
horses to the action of alcohol ; developing and maintaining in the 
horse those conditions which were parallel to, or at least simulated 
by the human victim. 

Ultimately I convinced myself that alcohol beffets disease, that 
alcoholism is not simply a vicions habit but is a maïady, the résultant 
of the continuons reaction of a powerful therapeutic agent. This being 
so, alcoholism is properly rclcguted to the catalogue of diseases, anct 
in this récognition and acceptance wc make a decided step toward 
eliminating much ofthat mystery wich, alike to the professional and 
to the lay mind, enshadows the relationship of alcohol to the animal man. 

There yet remained the proMcm of how alcohol acted, and where 
it most dcmonstrated its action. 

To solvc this I selected the horse as my subjet because of my 
previous experiments and observations, my long acqu,aintance with 
the nature ol that animal, and the absolute control possible over his 
feeding and hygiène, his greater freedom from disease, and, further, 
that from him large amounts of blood could be obtained for exami- 
nation. 

The animais selected were healthy, having passed a strict veteri- 
nary examinât ion, and they were subjected to the administration of 
alcohol for varying periods and in varying amounts, the blood when 
ripe being examined chemically and biologically. 






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66 vil* CONGRB8 INTERNATIONAL 

Two lines of examination were instituted : — First, by means of 
a spécial syringe constructed for the purpose, by which the cooling 
ofTof the blood was prevented, tests were made i'or ripe blood, and 
spécimens of.u direct » and « fixed » examinations obtained. Second, 
direct bleeding froin any large vein to obtain bulk for testing dot, . 
plasma, sérum, and gênerai reaction. 

Several hundred spécimens were examined and carefuUy noted. 
The spécifie gravity, amount of haemoglobin, isotonic reaction and 
résistance were ail considered. Much care and considérable expérience 
are required to obtain évidences of ripe blood, and it is diificult to 
assign any fixity of time or usage in this matter, as différent animais 
react witn varying intensity. Spécimens of blood taken from the ex- 
tern»l jugular vein, received into sterilized vessels and very soon 
after subjected to distillation, were found ,to contain alcohol fuUy 
demonstrated by the reaction of iodide of potassium and other cha-. 
racterisctic tests. 

The morphological appearances of the red cells were in many cases 
very pronouncea, and of a consistency which leads one to expect 
that further investigation and more complète technique will connrm 
évidences of* thèse changes. Some of the more constant of thèse — 
(without giving a detaued analysis ofthe separate fields) — were a 
fulness 01 the red corpuscle, giving the outline very marked, and an 
increased density distincly granular at times, the whole cell suggestive 
of congestion. ' 

Later on the struma would assume a more localysed, centripetal 
character, with a less 3efinite outline, with a zone of lighter density 
between the central and peripheral areas. The edges often became 
crenated, and very frequently in addition was noticed a peculiar 
beading or granulation, which, I am satisfied, is distinct (rom the 
early points of crenation as it remained immediately inside of the cell 
periphery. 

Blood granules with disintegration of corpuscles were also noted, 
and in some fields additional entities resembiing blood granules could 
be noticed, the exact nature of which 1 hâve not as yet determined. 
In the more anémie alcoholic spécimens the red corpuscles demons- 
trated a nucleated type, often in considérable numbers, as if they had 
been prematurely hurried into the circulation, both large and small 
varieties (megalo-mikroblasts), while an alfnost equal number were 
« shadow » corpi/scles. 

Thèse variations are not of themselves specially important if viewed 
apart from the more vital conditions of which they unmistakably are 
évidences, namely structural altérations which must be due to changes 
biological and chemical resulting from superinduced cause. FoUowing 
so consistently in the séquence of maintained alcoholic influence, the 
conclusion that it was a causative factor does not seem over strained, 
and in view of repeated experiment is one which I accept. The modi- 






CONTRE L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES G7 

fied corpuscle, with its biological and chemtcal significance, I deno- 
minate an alcocytc. 

The lymphocytes^ as far as their type and enumeratîon are concerned, 
did not présent spécial variation. In some ofthe more advanced cases 
much disintegration was evidenced, and a condition bordering upon 
Ëosinophilia initiated. Myelocytes in like cases were noted. In this 
élément ofthe blood the most striking suggestions were noted in the 
peri-nuclear areas, the granulations preseiiting, in the récent pie- 
thoric cases, great density ; in the anémie types, more discrète or 
brdken. 

We hâve already mentioned that the sérum in the alcocytic horse 
lost much of the color seen in that of the control horse, due to the 
action of the alcohol, which acts more or less as a solvent upon the 
pigment ofthe sérum. 

The paraglobulin (precipitated by magnésium sulphate] was propor- 
tionately increased to the sérum albumen, and probably cornes from 
the red cells. The sérum, as already admitted, is oy no means an inert 
liquid ; it bears an intimate relationship to ail tissue metabolism, and 
any variation in its integrity must hâve a corresponding efTect upon 
metabolism. 

The structural changes (that is, the protoplasmic granulations) seen 
in white and red cens as above noted, indicated modifications of 
évident pathological import, to what extent investigation has not yet 
determined, though we can notdeny their importance. 

In « soaked » cases the contraction of the clôt was very distinct ; 
due to the action of the alcohol upon the (ibrin, probably of the nature 
of a de-hydration. The relation of the white cells to the sérum and 
fibrin coagulations is well known. The altération of the sérum and 
its relationship to the biological and chemical integrity of the red 
corpuscle, cannot be overlooked if we place any importance upon their 
osmotic reactions. The white cells will yet be found to be very active 
factors, and while we admit in part that they are not a blood création, 
but corne from germ centers m u blood glands », we find that the 
site of their future development and maturation is in the blood. Now 
it follows that this phase in their life-history, will of necessity be 
dépendent upon the integrity of the pabulum. Further, their activity 
will be modified, — doubly modified, — if the tissue of their origin, 
owing to alcohol, is defective in its metabolism, and their after source 
of maintainance an impure oiie. 

Ilaving noted thèse changes I concluded that the disease was de- 
monstrated ; that the tissue most influenced, — primarily influenced, 
— was the blood. Alcohol créâtes a modified blood, which results in 
abnormal tissue-changes, with many of which we are entirely familiar, 
and which indced we nave even considered as the disease, — secondary 
results confounded with primary causes. A vicions blood supply begets 
perverted function ; persistcntly perverted function initiâtes disease. 



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G8 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

The organic changes found in the victim of chronic alcoholism are 
resiilts, not causes. 

In this summation we do not overlook the unique relationship of 
the blood to the animal economy, its conjoined independenceandinter- 
dependence. In the course of my investigations I hâve experimented 
npon ail forms of animal and vegetable life^ employing varying 
stiHMiL^ths and varicties ol* alcohol, noting wherc and how they aflected 
the hic of the animal or the growth of the plant. A review of the 
détails of thèse cxpcriments would not be in place just now ; — let it 
sulfice to State thcit marked results were obtained in ail cases. 

A distinct similarity ol reaction was noted, of necessity allowing 
for the dissimilarity of function. For example : A drunk animal, that 
is an animal under the influence of alcohol, differed from a drunk 
plant) that is a plant under the influence of alcohol. In the grosser 
l'omis of animal and vegetable life, this multiplicity of expérimentation 
would hâve been confusing, were it not for the fact that the main- 
tainance of a constant reaction unmistakably suggested that some factor 
niust be présent as an universal concomitant, distinct from the mère 
variety oftype, character of tissue, or functional demands, and that to 
the présence of this factor could be ascribed the results so persistently 
obtained. 

The récognition of this factor amidst the protean vagaries associated 
with the highly organised complex forms, was a matter of much 
difliculty, and so remainèd until thèse types were departed from, and a 
descending séries of forms were examined. Thèse forms, where the 
animal or vegetable became unicellular, or at the most slightly multicel- 
lular, resolved the investigation practically into a microscopical 
démonstration of the action of alcohol upon independent cellular Hfe, 
— animal and vegetable type. 

In this phase ot investigation the individuality of the entities was 
brought into uncomplicated évidence, and life was the admittedly 
common factor. By life we mean that peculiar'property of the pro- 
toplasm or cellulose of the cell, an abstract condition by which we 
dinerentiate living from inert matter ; relative terms, we admit, but 
sufliciently understood to interpret the présent stage of investigation. 
The position of the cell in the animal and vegetable economy is fully 
rccognized; it is essentially that of the part to the whole, — an inter- 
dependence which bas elsewhere been fully recognized. It is clearly 
évident that life being a peculiar reaction of the protoplasm of the 
cell, if we interfère with tnis protoplasm we interfère with life. 

Protoplasm is simply an expression (material) oflife; it is not life, 
but admits of that reaction which we accept as life. The vitality of 
the protoplasm dépends upon the water of composition ; modify the 
relationship of that water and there is a corresponding change in 
the functional integrity of the protoplasm. The cell — as tlie accepted 
expression of définition — occupies a direct relationship to the 



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CONTRE l\bUS DES BOISSONS ALCOOLIQUES 69 

tissue of which it is a part, and indirectly ofthe organism, the resuit 
oftissue union. The integrity ofthe cell will influence the entirety oi 
which it is a part. 

The integrity of the cell dépends upon the equilibrium of the water 
of composition, and the elTect upon that cell of an interférence with 
this water, will be proportionate to the extent of the elFect, from a 
mère modification of function up to a complète cessation, that is, 
death ofthe cell. 

The eflect is easily demonstrated on th* microscopic field, as was 
secn in the low forms of animal and vegetable life investigated. The 
blood is sîmply an analogue of the unicellular animal floating in its 
surrounding médium of water ; the corpuscle, a cell, — the sérum, the 
stream. Neither one of thèse latter éléments is blood, but their combi- 
nation ia, The corpuscle contains 68 ®/o of water, the sérum 90 V«* 
The corpuscle while acknowledging its interdependence with the 
sérum, the liquor sanguinis, is manilestly directiy dépendent upon the 
water of composition, that is the médium which permits of its intrinsic 
functional reaction. 

ilere we hâve shown cell-life to be possessed of, and dépendent 
upon, a common factor, namely the water of composition. The 
existence, the life, ofthe cell is inséparable from this factor. Existence 
and life we may accept as co-equivalent, the natural déduction of 
interférence therewith, as above stated, is perverted function, or, if 
in intensity, death. 

My investigations hâve proved to me that alcohol interfères with 
the water of composition, whether found in the vegetable cell or 
animal tissue, in the elemental protozoon, or in the complex 
entity. 

Alcohol has a gi;eat power to seize upon water ; a chemical adinity. 
It dehydrates it, and in the dehydration of cell life wc get the entire 
solution of the action of alcohol upon biological life. Dehydration 
in animal, dehydration in vegetable, is degeneration, physiological 
unrest. 

Man as an animal cannot rise superior to his tissues, and when 
subjecled to a potent agent which, we hâve demonstrated, produces 
markcd cITect upon tissue, the observant clinician is Ibrced to rccognize 
as a rcsultunt, a condition, an alcoholic tempérament, which dominâtes, 
if it does not in rcality constitute, the prognosis of thousands ofthe 
human family whosc tissue integrity bas been deteriorated. Man is 
only an atom in a molecular contmuity. His individuality can never be 
sel! limitcd ; his relatiouship to reproduction is inséparable. A 
pathological cause can never begct a normal resuit. 

The taintcd procréation of the parent transmits to his offspring 
a birthright, which entails upon it a more intense depnrture from the 
accepted standard, — the assumed normal. The hereditation to, or, 
rather of, alcoholism exemplifics itself in several clauses which in 



T. ir 



70 VII* CONGRÈS INTERNATIONAL 

detailed démonstration would demand more space than the scope of 
the présent paper permits, and which vary in intensity from the 
alcoholic progenitor whose inherited taint is aggravated by acquired 
excesses, to tne numerous associâtes whose sub-normal capability and 
chronic instability, unmistakably point out the transmitted degenera- 
tion, a subsoil upon which are nurtured mariy maladiesspecifically named 
but which are really alcoholic born, originating from this common 
cause, but varied or moulded by concomitant environment. The 
acceptance and early récognition oi this intimate relationship is a 
suggestive prophylactic which should be conducive to an amélioration 
of the developmental possibilities. 

The alcoholic tainted child should hâve its condition fully recognized, 
and its surroundings and treatment so harmonized that they would 
tend to abort rathcr than to develop, and to neutralize rather than to 
intcnsify the disease. 

The considération of this phase of the disease, also that of the 
practical déductions and applications, will be treated in a separate 
paper. 



Child Life in its relation to the Drink Trafic * 

BY LADT HENRY SOMERSET (lONDON ENGLAND) 

To my mind this transition âge makes us ail more sad than any 
génération that is to follow. We arc in the pangs of a new birth, we 
are rising from individual to corporate consciousness and conscience. 
Just as the inventions of our times are making it practically impossible 
for civilized nations to go to war, and as a measure of self defence the 
nations are beginning to band togcther to keep the peace, so thrôugh 
the thought that what touches one member of the community touches 
ail, there is coming to pass even now a rich glow of love for everything 
that lives and for God the Life Giversuch as was not conceived in the 
cramped conditions of individualism that madc life so lonely and so 
pathetic. Centuries ago the old philosopher Terence said, n I am 
human, and whatever touches Humanity touches me, » but there is a 
new passion in the appeal when it comes to us from the great Christian 
teachcr who said, « Bear yc one another^s burdens and so fulfil the 
law of Christ, » and if we wcre to be asked to mention perhaps the 
greatest burden that is bound down upon our national life to-day, the 
burdcn that tells the heaviest on the wage earncr, on the wife, on the 
child, on the social life and on the economical life of our country, we 
should probably unhcsitatingly say, « The curse of drink. » There is 

• I Le Comité de publications n'est pas responsable des Tantes qui subsisteraient dans les 
rapports dont les épreuves corrigées» ne sont pas parvenues on temps voulu. 



CONTRE L*ABU8 OBS BÛISâONS ALCOOLIQUES 71 

no phase of our national life in which we do not find il, there is no 
section of our social life into which it has not pénétra ted. 

It Is only by milestones that we measure the road, and the Congress 
which is taking place in Paris to-day measures for us the distance that 
lessens with each succeeding ycnr, toward our aspirations and our 
ultimate succcss. 

It may be that in the Tempérance movement as in every other great 
movrment for the nplift of the human race» there has been some 
amount of misdirected eftort, but the sum total of hope, energy, self 
déniai and patient continuance in well-doing whicli from first to last 
has been devoted to the cause as a whole, hâve been lavishly spent by 
those whosc hearts hâve biirncd for the betterment of their race. We 
hâve however been slow to learn that the work which has been put 
into one or two departments of this great cause would hâve been 
perhaps more effective if thcy had ceased to deal so much with efiect 
aud had gone at once to cause. 

Take for instance the Rescue work. For a long time the drunkard 
in his helpless miscry was the first object that met our eyes, and ail 
eiTort was put forth to savc him. The less sympathetic criticsofour 
movement still linger over the foolish heresy that this is the only 
work to which Tempérance reformers are called. They see it our duty 
to raise the fallen, but they hâve not realised that we hâve yet a 
further duty, and that is to prevent others from the same pitfalls 
that hâve maimed his life. 

I and the sisters of the great Association of which I hâve the honôur 
to be head, hâve given much time to rescue work, and no one is more 
sensible than I of the priceless and heroic labours of the pioneers of 
the reformation, or of the resuit that they hâve achieved in saving 
men and women from intempérance ; but like ail other effort put 
forth to save Humanity, the greatest work was effected perhaps in 
training and teaching the workers ; and the heart-breakin^failure and 
disappoint ment that attended much of their effort caused them to see 
that the un favorable conditions under which they were put forth, must 
be attacked before they could count on any measure of success. Indeed 
so disappointing were those conditions that many of the workers 
grew famt and weary and utterly failed, and many gave up the struffgle 
as altogethcr hopeless. It is marvellous to me that in the face oi tne 
obstacles they encountered, thèse brave pioneers made the way so 

Elain for us to follow ; for every force operatihg in social life was 
ostile to their movement. The scientific basis of the Tempérance 
reform was but imperfectly understood, even by Tempérance 
reformers. The old-time fallacies as to the healthfulness, and indeed, 
the necessity of the regular and moderate use of alcoholic beveragcs 
was held almost univcrsally as a sacred truth. The majority of the 
médical profession were hostile to total abstinence, in fact at one time, 
had thcy been missionaries appointed by the brewers and distillers 



72 TIl* CONGBBS INTBRKATIONAL 

■ 

to maintaîn drinking habits among the masses of the people, they 
could not hâve carried on their work more zealously or successrully. 
Apathy reigned in the churches, and the Clergy and teachers either 
ignored the movement or preached against it. Fashîpn, custom, 
habit, préjudice were antagonistic to the reform, and the man who 
voluntarily abandoned the use of intoxicating drink was deemed either 
to be a hypocrite, a weakling or a fool, ana indeed, to hâve incurred 
by his abstinence personal physical danger. 

It was in the face of such diiBculties as thèse that the broken, 
diseased inebriate with damaged will power and impaired moral 
stamina, inspired by that selt-denial which has been the greatest 
power over Humanity from the days of Christ to our own time» made 
a bold dash for freedom from the drink slavery and fought bis solitary 
way out of the (c land of bondage. » No wonder, theretore, that many 
faîled. The marvel is that some were again sclf-controlled and were 
enabled to live a sober and righteous life. Such were the early days of 
Tempérance reformation. 

It has taken perhaps many years and much hard work for the 
reformers of our time to learn that cure is ^ood, but prévention is 
infinitely bettcr. Hence the présent génération hâve devotcd a far 
larger proportion of thonght and effort to the establishment of the 
reign of sobriety and to the extinction of causes of intempérance, 
than did their predecessors, and are beginning to learn what are the 
conditions essential to the permanent success of the struggle. We 
hâve come to see that the sole object of the Tempérance movement is 
not the rescue of the drunkard ; for if this were so, we should be 
doomed to failure ; but rather it is now certain that what is called 
(( moderate drinking » is responsible for an enormous proportion of 
the social evils which impair virtue, intellect, and happiness 7 and it 
has become an absolutely necessary part of the equipment of every 
Tempérance reformer to learn exactly thc.physiological and scientific 
effect of alcohol, in no mattcr what proportion, and to grasp the fact 
that alcoholic drinks are in the long run as literally poisonous to the 
body social and to the body politic as they are to the human body. The 
scientific basis of the Tempérance movement is now more fully 
understood in Great Britain and in the United States than ever before, 
among the better educated and more intelligent sections of the 
population, and among the more thoughtful of the working classes ; 
but they are still ignored by the wealthy, the cultured, and the 
indolent, as well as by the lowest strata of the people, and the reform 
among médical men is perhaps one of the most hopeful signs of our 
time. It seems therefore now necessary that the truth as revealed by 
science and tested by wide expérience, should be accurately taught 
to the people of Christendom. The uselessness of alcohol as a bevcrage 
should be demonstrated, and an adéquate présentation of the stupendous 
evils — physical, social and political — which the use and abuse of 












V 



»sV 



CONTRE L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



73 



alcohol are inflicting on the nations should be made to the masses of 
the people in such a manner as to supply suflicient motive power to 
compel the best citizens of every civilised nation to put their intellect 
and energy into the Tempérance reformation.- But onc thing more is 
necessary. Open and public temptations to intempérance must be 
suppressed. It is a matter of expérience thnt their existence is 
iucompatible with national sobriety, and it is obvions to us in this 
country thaï while enormous fortunes continue to by made in the 
iiquor trade, and while thèse fortunes cannot be realised but by the 
maintenance ofabounding intempérance, the progress of reform will 
be blocked find hindered, l)v the combination of influential people to 
whom the profits of the trailic are of vital import. 

It is no wonder that in a movement like the Tempérance cause 
organisations of women came into the field of reform. Twenty-five 
years ago the women of America banded themselves in what was then 
known as the « Crusade » against the drink traflic, and from the 
Presbyteriam Church of Hillsboro Ohio, a slow, sad and silent 
procession wended its way from the church to the saloon, and as thôse 
women crossed the threshold of the drink seller's house, they little 
realised that they were at that moment destined to bridge a chasm 
of which they had then no thought, and that the band of seventy 
women was to grow into a society numbering in ail more than half a 
million, and to extend the world around in its efforts against the 
legaiised drink traflic and the greatest danger known to home. It is 
little wonder that women's societies that hâve grown up since then, 
dealing with the causes and eifects of intempérance, hâve foUowed 
what can now be seen to be the Une of least résistance. It is natural 
that woman should hâve invested her labour where on the whole 
she would deem it most profitable, everywhere giving the greater 
share of her care and attention to the instruction of children in the 
principles of Tempérance reformation, to the protection ofchildren from 
misery and détérioration, and in too inany cases from the destruction 
brought upon them by the intempérance of their parents. 

The greatest educational work in the cause of Tempérance has 
been carried on by the Tempérance women of the United States of 
America, and no work has touched deaper springs or is likely to 
hâve wider or more lasting results than that of Mrs Mary H. Hunt, 
who inaugurated the scientific instruction in the national schools 
ol millions of children throughout America in the principles of 
Tempérance reform ; and far into the summers that we shall not see, 
the root of this work will grow deep in the soil oi thought and 
continue to bring forth the fruit oi health, canity, and purity, and to 
maintain social and political well-being. 

Laws enactingthat children shall reçoive scientific instruction on 
the nature and effects of alcohol are in existence in forty one states 
of the American Union, and betwen sixteen and seventeen million 






V^^ 



' v^2 









'i\ 






74 vu' CONGRES INTERNATIONAL 

chîldren are receiving such instruction. The Dominion of Canada has 
not been slow to folTow the features of the work carfied on in the 
United States, and year by year their labour is becoining more 
efiective. 

The life that has inspired women throughout the world to work for 
Tempérance probably more than any other, has just been transplanted 
to the wider work that wnits us in the worlds beyond, and to thousands 
of women the world over the loss of FRANGES WILLARD has been 
a Personal grief although they never met her, never saw her ; but 
her rare giits of organisation and Ker wide-extending sympathy had 
reached them and become the inspiration of their life. To her genius 
is due the fédération of the societies of women the world over, 
which has resulted in the largest organisation of women known to 
our time — the World's Women's Christian Tempérance Union, which 
now exists in almost every country, carrying its tidings of a clear 
brain and a protected home to everv land. 

Such are the foundations of the Tempérance movement which hâve 
been laid deep and broad among the transatlantic people who are 
manifestly destined to take in the near future the foremost place 
among the leaders of the higher Christian civilisation of the world. 

In Great Britain unfortunately the reform has not advanced as far 
as in the States and Canada. Yet even with us important progress 
has been made. The Bands of Hope amongst the rising génération 
hâve donc much good work, although I cannot say that this aspect of 
the reform has been carried on by women as exclusively as it has 
been in America. The British Women*s Tempérance Association 
hâve given much attention to the éducation of young girls and young 
women in the principles of true Tempérance, ana through wnat is 
known as their Young Women*s Branch under the management of the 
Hon. Mrs Russell, they hâve promoted the cause of Tempérance in an 
unobtrusive buta very thorough fashion. The Young Abstainers* Union 
has donc good work among wealthier children, and although we 
deprecate class distinction, we hâve been obliged to adjust our 
methods to existing social conditions, and to reach our object with 
the least possible friction. 

Woman has learned by degrees that Home is not bounded by the 
four walls of her house, but that it extends beyond Into that wider 
family circle that we call a nation, and that if the family is to be 

Erotccted, there must be some enactement by which temptation may 
e removed from her children *s paths when they first leave her side to 
walk out upon the ways of the world. It is not strange therefore that 
women's tempérance societies in every place hâve come face to face 
with practical politics, and hâve been wnole-hearted in their support 
of a demand for the suppression of the common sale of intoxicating 
liquor. In the United States the women's societies are staunch and 
unwavering supporters of Prohibition. In Great Britain the Women*s 



J3 






••. *.» • - r 



■w' 






COKTRB L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 75 

Tempérance socîcties hâve from the first made a clcar record on this 
subject. In Norway in récent years the women hâve taken so clear and 
strong a position in the fight for Prohibition against the Samlags that 
the victories of two or threc ycars ago hâve been attributed by the 
enemies of Prohibition to the work and ballot of women voters, and 
ccrtainly the Norwcgian women wcrc a considérable factor in those 
victories. There bas been a good deal o{ disappoîntment among the 
less observant and rellective Tempérance reformers caused by what is 
called the « failure of Prohibition. » Prohibition has to a very great 
extcnd indccd, succeeded in rediicing the aniount of public drunkenness 
where it had been brought into opération ; yet in spite of this fact, 
so much of it continues to exist under Prohibition, that by means of 
dexterous manipulation of statcment as to the character, and much 
cxaggeration as to the extcnt, of the evil, many well-intentioned 
people bave come to the conclusion that Prohibitory laws are a failure. 
Besides, — and this is very important — thèse laws bave brought 
into vie^i' a s^ast deal of corruption among law administrators, which 
is unjustly paraded as the necessary resuit of the laws themselves. Of 
course it is clearly demonstrable to any candid and capable man or 
woman who will look at the évidence, that the so-called corrupting 
eiTect of Prohibitory laws is, if it exists at ail, very grossly exaggeratecl; 
and that at least as much corruption as shows itself in connection 
with the administration of Prohibitory laws exists in connection, with 
the administration of Licensing laws, and, in America, in municipal 

Sovernment generally. But Prohibitory laws must at ail hazards be 
iscredited, and the disparagement of them is a lucrative trade in 
thèse days. Those who bave a money interest in maintaining the 
liciuor business and discrediting Prohibition, audaciously attribute 
this corruption, which is really but a branch of the Liquor trade, to 
Prohibition ; and many who ought to know botter believe them, and 
many who do know bettcr aiTect to bclicve them. Still the lact remains 
that Prohibition does not prcvent a certain proportion of drunkards 
from getting drunk. Now as has aircady been said, by much the most 
important resuit of Prohibition has hitherto, even by Tempérance 
rciormers, especially in England, been very much overlooked. It is 
this: KoM/i^ drunkards are not reared in Prohibitory areas. Exceedingly 
few, if any, of the « sly grog-shops » in which the abandoned drinker 
is able to procure illicitly the poison to the consumption of which bis 
self-inflicted disease impels him, bave no attractions for young people 
who hâve not acquired the drunkard's appetite. There is nothing in 
thèse places to induce young people to visit them so frequently and 
for so long a time as is necessary for the establishment of the m drink 
crave » wnich is the resuit of habituai drinking as a rule. The resuit 
is that in Maine, Kansas, and other Prohibitory régions a race of 
youog people hâve been brought up without the drink taint being 
acquired by them at ail. And altnough it must be granted that 






76 vu' CONGRES INTERNATIONAL 

Prohibition, as at présent adininistered, does not mean that the worst 
order of inebriates will at ail times be absolutely unable to obtain 
alcohol in one forin or another, it certainly does mean that in places 
under prohibitory law the business of drunkard-making has been 
stoppea. Besides, as is évident enough, secret, disreputabiey squalid, 
ilHcit drinking-places hâve no attractions whatever for young women 
such as an ordinary English public-house has for a sadiy large 
proportion of young Enirhsh girls. There are vast sums of money at 
présent at stake in the liquor trade of Europe and America ; but even 
the subsidised defenders çf this most lucrative trade dare not openly 
allège that, to any considérable extent^ young people brought up in a 
prohibitory district, fréquent illicit drinking-places in that district. 
For as a rule, (to which there are hardly any exceptions,) incomers 
who drink illicitly in thèse places hâve açquired their drinking habits 
elsewhere. 

In view of ail thèse considérations I insist that by steadily supporting 
Prohibition, whether by local option, State or national enactment, 
the women, especially the American and Canadian women, hâve, 
wittingly or unwittinffly,done splendid service to their own génération, 
and probably much higher to the générations that are to Tollow. 

But there is another aspect to the Tempérance reformation which is 
opening up its enormous proportions before the eyes of women, and 
that is the extent to which the children of our nation are robbed of 
their birthright. The essential héritage of a child, the birthright of 
every child, is a healthy body and a healthy soûl. Position and weaith 
can be gained afterwards, but the birthright of every child is health 
of body and of mind. It is only just now that we are beginning to 
realise that hundreds of children are born every year who are deniéd 
their birthright — children who are born criminals, born drunkards 
— whose birthright was stolen from them while they lay asleep and 
helpless when they should hâve been most secure ; and as little by 
little we understand the unmitigated curse that is being handed on to 
the children, we need I think to hâve their sadness and their sorrow 
borne in and branded on our soûls. Little hy little thereiore, let us 
consider what is the effect of the sobriety of parents and children, and 
what is the eflect of drunkenness with its conséquent train of poverty, 
disease, and misery. The facts which show the urgent need for this 
inmiiry are abundant I can adduce hère but a few samples. 

Those that I shall first présent hâve a much more direct and 
important bearing on the question than will appear at first sight. 
They are thèse : The Order of Juvénile Rechabites is a benefit society 
of boys ranging from three to sixteen years of âge. They are ail total 
abstainers ; a lact which, in relation to the matter in hand, I do not 
adduce as of very great importance, as they arc mostly under what 
may be called the drinking âge. Whatever advantage however may 
arise from their regimen of aostinence they enjoy. But tnis is important. 



t • 



* » 



*. .' . V 






CONTRB L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 



77 



Their parents are, in the great majority of cases, teetotallers ; and 
thoso of them who are not are, with very rare exceptions, sober, 
thrîftv, and thoughtful people. The young nechabites therefore hâve 
the great advantages derivable from such parentage and front being 
brought up in the homes and recetving the care and nurture which 
parents ot this class secure for their cnildren. I do not know of any 
other advantage which they possess over the children of the working 
classes in gênerai, and the parents hâve no advantaffe over their neigh* 
bours save such as their sobriety brings them. Most of them live in 
cities or in large towns, and almost ail oïthem belong to the industrial 
classes. Hence, they bave no spécial (c accidentai » advantage as I call 
it, in the heaithfulness of their environnent. # 

The following is the record of the mortality of thèse Juvénile 
Kechabttcs betwen the years 1885 and 1897 : 

« Statemont of the Juvénile membership (between 3 and IG ycars of 
âge; of the Rechabite Order at end of each year given, and the number 
ol Juvéniles who died in each of thèse years, and on whose deaths 
Funeral Claims were paid : » 






Ymf 


M«mberthip 


I>mUi« 


1885 


26.820 


35 


1886 


28.298 


53 


1887 


31.950 


50 


1888 


35.545 


69 


1889 


40.694 


85 


1890 


47.795 


95 


1891 


54,133 


116 


1892 


61 ,667 


141 


1893 


65,804 


173 


1894 


72,292 


179 


1895 


76,492 


184 


1896 


81,676 


199 


1897 


83,366 


201 



Touls 



706,532 



1,580 



Their avcrage rate of mortality was therefore 2.22 por 1000 vearly ; 
while for boys of the community as a whole, between five anJ fifteen 
years of âge, — which is the group in the returns of the Registrar 
(■eneral nearest in âge to the group of the Juvénile R<*chabites, — 
%vas, according to that authority, 3 (>4 par 1000 per anoum. That is, 
1000 Ju%'entle nechabites between three and sixteen years of âge had 
it8 per cent fcwer deaths per thousand than had 1000 boys of the 
gênerai community between five and fifteen years of âge. But that is 
not ail. If thedeatn-rate of the children of teetotallers were eliminated 



78 VII* CONGRB8 INTBRNATIONAL 

from the Registrar GeneraFs computation of the death-rate for the 
nation as a whole, the latter would be ibund to be considerably 
highcr than it ai présent appears. The différence between the two 
groups seems to be attributable to the greater sobriety of the parenU 
of the Juvénile Rechabites. Into this point we propose to inquire very 
carefully. 

And hère are some facts which seem more terrible still. In October 
of last year Dr. Ashby, who is well know in Manchester as an eminent 
specialist in children^s diseases, made the following statement at a 
Conférence on Public Health held in that city. Hc said : 

(( In Norway the infant mortality averaged 100 per 1000 births, and 
the same rate of mortality obtained in rural England and among the 
well-to-dp populations oi our subnrbs, while in Manchester itamounted 
to 203 per 1000 ; and if they took the infant mortality in some of the 
more congested districts where poverty, drunkenness, and vice were 
the commonest, they would fînd dcath-rates amounting to 300 and even 
500 per 1000. Something like one-half of the infants born die before 
they attain the âge of one year. » 

Now it is worth while to notice that the quantity of alcohol corîsumed 
per hèad of the population in Norway, as we learn from the returns 
recently published by our own Government, is just about one-fourth 
of the quantity consumed per head in England and Wales. Then, 
drunkenness is much less prévalent in the English rural districts than 
in the English towns. We (ind in the Registrar Générales returns that 
in rural England the deaths from alcoholism are about one-half the 
number, in proportion to the population, of the deaths from the same 
cause in the town and city populations. There is no doubt, however, 
that the average consumption of alcohol in the English rural districts 
is considerably larger than the consumption in Norway as a whole ; 
and the fact may seem to militate against the theory that alcohol bas 
so great a share, as is suggested, in increasing the death-rate of 
infants. But the comparison, it will be observed, is not between the 
rural districts of England and the rural districts of Norway, but 
between the rural districts of England and the whole of Norway. And 
Norway bas several large tuwns, one — Christiania — containing 
about one-tenth of the total population of the country. Theil the 
rigours of the climatc of Norway would^ one would suppose, be more 
inimical to infant lifc than is the more temperate climate of England. 
The point, however, requires further elucidation. 

There is much reason to believe that what in London is called 
« ilooliganism, » and the similar anarchie brutality among a section 
of the vouths ol other towns also, is born in drunken nomes and 
nurtured and developed in the low public bouses. Thèse cvils are but 
symptoms of a great and, as sometimes appears, a growing danger to 
the communtty. The late Cardinal Manning told a friend of mine, 






CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 79 



1 

1 






* ,« 

.< 



Mr Whyte, the honoured secretary of the United Kingdom Alliance, ^ 

that he regarded the widespread drink-begotten savagery of our large J 

towns with most grave appréhension, and that hc had spoken to 

Home Secretary alter Home Secretary on the subject. He believed .J 

that though in ordinary times and circumstanccs the resources of < 

civilisation at our command were eqtial to the task o( holding in 

chèque thèse products of social disintegration, yet if, through some 

foreign war in which our power as a nation was taxed to the utmost 

extcnt, our manufacturing industry and our home and foreign trade 

should be so disorganizea that masses of the people would be thrown 

out of employment and exposed to want and terrible hardship, the 

dchumanized residuum might burst forth like a devastating flood, and, 

for a time at least, overwhelm our civilisation. The growing savagery 

in our large centres of population bas begun, I am pleased to see, to 

attract notice in other inftuential quarters. On the 27 th. of October, 

1808, there were two trials for murder in London, both cases having 

laken their rise in street broils, which the évidence seemed to show 

were but dcvelopments of « hooliganism. » The Daily Newa of 

next day, referring to thèse cases said : 

ce The circumstanccs bcspeak lawlessness and sympathy with 
lawlcssness ; the crimes bcing if possible more serions in the 

attendant circumstances than thcy arc in themselves .x 

The worst of it is that when we hâve hanged the man there will be 
only one murderous villnin the less. The roots of thèse evils arc quite 
untouched by anything the law may do. Ignorance, squalor, and 
drink, breed monsters of this stamp by the thousand in ail our great 
towns. AH the civilising agencies are on their trial in English society 
to-dav- The contrast o( the thoughtlessness at one end of the scale 
and the brutality and vice at the other is an awfully serious sign of 
the times. » 

We cannot read such words as thèse without feeling touched to 
the heart, for we hnow that the thoughtlessness rcferred to is the 
rcsult of criminal ignorance, and ignorance fostered by many who 
bave the knowledge but who takc no pains that such ignorance should 
be dispellcd ; and whilc wc know that there arc social conditions 
that arc a blot and a stain upon our so-called Christian civilisation, 
we do not probe this social sore without immediately discovering 
that the ignorance and squalor are alike due to the influence of 
drink. 

Wc propose to inquire as to what extent intempérance is responsible 
for that terrible negfect, whether voluntary or involuntary, of cnildren, 
which bas caused philanthropy to put the public institution into the 
place which ought to bave been occupied by living and loving parents 
We shall never ascertain the fui! and exact truth, but évidence like 
the following, if diligently sought for, must greatly increase our 



r 






80 VII* C0NGRB8 INTERNATIONAL 

knowledge. Dr Birnardo of London, in his report of 1888, writes as 
foUows : 

(( In the winter oi 1871 ai the request of the late Earl of Shafts* 
bury, I carefuUy invcstigated my lists of rescued children. I tabulated 
in varions colums the varions traceable canses, near or more remote, 
which led to their becoming candidates for the homes, and the 
astonishing fact emerged ihat no less than 85 per cent of the children 
who were admitted to the homes undcr my care, owed their social 
ruin to the drinking habits of their parents or granilparents, or other 
relatives. I Avould not now hesitate to adirm that of ail my young 
clients the pcrcentage who a:*e strickcn down in life through the 
agency of the drink curse is nearer the very large figures 'given by 
the late Dr Guthrie than the estiinate I formed in 18/1. Dr Guthrie 
stated repeatedly that no fewer than 99 per cent of the children 
admitted to hts ragged schools were the olispring of parents whose 
poverty was duc to their drinking hal>its. » 

It is beyond controversy that drnnkei:ness, an excessive death rate 
and an exceptionally bad sanitary condition can iisually be found 
together ; and ail thèse causes are conséquences of each other, and 
it is thcrefore diflicult to décide which is the predorainant partner in 
this trinity of evil. There is however littie doubt that our people 
would not be contented to live in the dirt, de<;radation and disgraceful 
surroundings were it not that they are kept under the deadening 
iufluenee of the anaesthetic of alcohol. The following évidence is 
published by the corporation of Livcrpool. In 1897 Dr Parkes and 
Dr Burdon Sandcrson were appoinled to conduct 'in inquiry into the 
sanitary condition of Liverpool. Thèse gentlemen iound that there 
was an enormous waste ana destruction of the cbihl-life cf the city. 
For example, in comparing the rate of roortality of children in certain 
healthy streets with that in streets abnormally unheulthy, they say : 

« If we take the mortality among 100 children under five years of 
âge, there die annually (in round numbers) 

In Rodney Street 4 children 

» Egerton Streel 10 1/2 

» Henry Edward Street 111/2 

» Addison Street 12 1/2 

» Adlington Street 13 

» Bispham Street 14 

» Lace Street i . . 16 » 

» Sawney Pope Street 26 » 

« This table brings out clearly the enormous death-rate of children. 
It would hardly be credited that even the advantages of Rodney-street, 
in point of situation and class of people, would make a différence so 
great. 



» 
» 



^-1— .•x%^ 






contai: l*abu8 obs boissons alcooliqcbs 81 



Causes of Excessive Mortality 



* ^ i 

* • 

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(( It secms a rrightful circumstance that in the same town there ';^. 

should be a contrast ^o appalling as that between Rodney-street and \ 

Sawney Pope-street. Iwen Egerton-strcet, though inhabitcd by so 
respectable a class of people, does not ii> this, respect stand so well 
.as it should do. » 



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The following extraits from the report of the two eminent experts 
named leave no rooin for doubt as to what are the main causes, or 
rather, what is tlie main cause, of the infant mortality of Liverpool : 

« With regard to the causes of the condition of the people, ail to h- 

whom we hâve spoknn attribute it to three circumstances : the *.: 

irre^ularity of the lal>6ur market, the improvidence and careless -^ 

habits of the people, and especially of the Irish, and the great /! 

intempérance. '^ 

ce On this last point we are aware that numerous investigations hâve J 

been made in Liverpool, and that no additional évidence is needed ,.i 

from us. But following our course of indépendant inquiry, we "A 

endeavoured to make out what part intempérance played in producing ^ 

this poverty and ail ils attendant evils. We cannot doubt that it plays '/;^ 

a very large part. We hâve, in our note books, the replies given by 
many of the poor people whose rooms we entered. Many of them at 
once attributed their condition to drink ; others owned it on being 
pressed on the matter. Several women gave an exact statement of 
what their husbands earned, and what they brought home. We sclect 
two examples of workmen, in whose cases there was no irregularity 
of cmployment. A tin-platc worker in constant work earns 22s. a 
week, lie has a wife, evidently a careful, respectable woman, and four 
chiidren. In reply to questions shc said ne drank a little, then 
owned ce he drank very heavy. » « Sometimcshe brought home 18s., 
sometimes 16s., sometimes 12s. ; last week hc drauK it ail. If he 
would bring 22s. u week she would be happy as the day is long. » 
This family (six pe**sons) were living in one back room, for.which they 
patd Is. 6d.- a week. It was 10 1/4 fcel long, 9 feet broad, and 8 3/4 
feet high. The furiiiture was a bed, table, and two rikety chairs. Two 
of the tour chiidren were sick. In the front room of the same house, 
the rent of which was 2s. a week, a man and wife, a daughtcr aged 
17, and a sou nged 15, livcd. The man earned 24s. a week, and passed 
his time in drinking hard, repenting and saving, and then drmking 
again. The wife ce drank ail shc could get. » The son and daughter 
earned next to nothing. 

(c Ilcro we hâve two cases, of constant cmployment and good 
wages, associateJ with utter poverty, to end, no doubt, in relief from 
the rates, and dcath in the workhousc. 



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r . . *\ 



•, 



82 VII* C0NGRB8 INTERNATIONAL 

When the occupation is uncertain, like that oi' the dockyard labou- 
rers, the case is nearly the same. The Tempérance, which is enforced 
from time to time by destitution, is compensated for at the first oppor- 
unity on the return of plenty. 

» Instances of this kind seem to occur so frequently in ail the poor 
districts of Liverpool that we question whether 20 per cent, of the la- 
bouring class in thèse streets arc leading lives of ordinary restraint 
and decency. 

» It does not appear that the bad trade of the last few years bas 
lessened the amount of drinking. AU agrée that there is much more 
than formerly. 

» In order to form as correct an estimate as possible of the amount 
of drunkenness in certain parts of Liverpool, we applicd toa source on 
the accuracy of which we place the highest confidence, although we 
are not permitted to name it. 

» Data connected with most of the bouses in one of the apparently 
most destitute streets were submitted to us; the large wages which 
can be earned with comparative regularity, and the amount which is 
spent in drink, are astonishing. One or two instances of the worst 
ktnd (if there is really any distinction) occurring in the same street 
may be cited. 

» A man earns 27 s. regularly, and spends as regularly 21 s. in drink. 
Ilis four children are in rags. 

» In another instance, the wages are 30 s. a week regularly. The 
father and mother are both drunken, and three children are half star- 
ved, and in rags. In another bouse is a copper-ore worker, earning 
27 s. a week, ail of which is spent in drink by himself and bis wife. 
The children are in rags and futh, and look idiotie. In the same street 
there are sober men, earning only 20 s. and 23 s. a week, w*ho are 
living in comfort. 

» Tt is not surprising that our informants, who, as we stated, bave 
the fullest information on the habits of the people, say decidedly that 
drink and immorality are the two great causes of the mortality. » 

Hère is some further évidence on the same subject. It is given by 
the médical gentleman who himself made the investigation on^which 
it is based-William Carter M. D., F. R. C. P., Liverpool. He writes • 

(( In coniunction with Sir Henry Littlejohn, and at the instance of 
the Médical Oflicer of Health, it was my duty some years ago to 
inquire into the sanitary condition of différent parts of the city, 
with a view to the démolition of property, and among many other in- 
stances of a similar kind that occupied our attention was one very 
large street, larger, so far as population was concerned, than many a 
good-sized .English village — which revealed the terrible fact that for 
every one of the five immediately preceding years it bad had a death 
rate of over 70 per thousand. Can you realise what that means ? It 



CONTRE L*ABU8 DES BOISSONS ALCOOLIQUES , 83 

means that one oui of every fourteen of the inhabitants died every 
year. It means adeath rate more than double that which prevailed when 
typhus fever and choiera raged in their greatest intensity, and when 
the authorities put forth ail their énergies — and put them forth 
succcssiully — to rid themselves of those terrible plagues. But there 
was neither plague, pestilence, nor famine in that street during those 
(ivc years. The conditions of life were the ordinary ones in which the 
inhabitants lived, and yet threc of them died for every one that 
died in the city as a whole, and five for every one that died 
in such a street as Rodney-street. Andnotonly were the deaths more 
fréquent, but the lives, so long asthey lingered on, wereless healthy; 
and were degraded almost bcyond conception, and certainly beyond 
my powers of description. I am not exaggerating when Tsay that if 
I were to attempt to describe in détail someof the horribly disgusting 
facts — the indications of brutality, the ferocity, the drunkenness, the 
open disregard of some of the commonest decencies of life which 
again and again were revealed by inspections such as this, you could 
not listen to me. But, though unable to speak of them except in this 
gênerai way, they indelibly burncd themselves into my memory. 

And what do you suppose to be the cause of ail this dégradation and 
miscry ? Professors Parkes and Sanderson (in a similar inveiBtigation 
thcy made some years previously) coupled such sights as they had 
never seeu bcfore with such drunkenness as they had never known 
before, and considered them related as cause and effect. I hâve the 
same conviction. People sometimes say — I hâve heard them say — < 
<c The wretched surroundings of thèse poor créatures drive them to 
drinking, in order that they may blunt the consciousness of their 
misery ». I will ask you, then, to transport yourselves in imagination 
to a spot not very many yards from the one I hâve mentioned, which 
I visited the same day. This was not an open street, like the other, 
but a court, one of those structurally defective courts for which 
Liverpool had acquired an unenviable notoriety, which she is now 
at grcat cost and with great energy ridding herself of — narrow and 
dark at the entrance, and with the cheap numble houses facing each 
other across a common flugged yard, but not one of them possessed 
of the least breathing space in the rear, and with ail the sanitary 
arrangements quite as bad as, they could not be worse than, those of 
the courts around. But therc ail simtlurity ceased. 

To go from the street to this particular court was like going from 
andemonium to parndisc. VYe lingered in it for some time, visiting 
U)usc after house, and talking plousantly with the inmates. Decency, 
order, cleanliness, good teinper, and what appeared to be good health 
prevailed cvorvwhero. The most dclicatcly fastidious lady in this 
assembly might hâve walkcd over the whole court, and into every 
humble lii>me in it — fi>r thèse roally ^^*cre homes — wilhout having 
her sensibilitics shocked or her dress soiled. If I had time and ability 



i 



84 



vil* C0NGRB8 INTERNATIONAL 



to sketch some of the pretty domestîc scènes, the love manifested by 
thèse people, old and young, for their lowly dwelling-places, as indi- 
cated by the anxiety with wnich thcy asked ifthey would hâve to corne 
down, their homely but evidently sincère, if somewhat unpc|lishedy 
concern fcir each other'swelfares, you would perhaps think the pictures 
too highly coloured. 1 said to the gentleman wo accompanied me, and 
who seenied to be well acquainted with the places visited. « What is 
the explanation of this extraordinary différence ? » He replied, « You 
saw that pleasant-Iooking middle-aged woman, with her daughter 
standing; by her side, at the door of her hou se ? » « Yes », I said, 
(( what of her ? » a Well », said he, <c she is a tectotaler, and she holds 
a prayer meeting once a week in her house, and she has gradually 
got her neighbours to be of her way ofthinking. That is the only 
explanation I can give of the différence, for the bouses themselves 
are no better than those we bave just corne from » — a fact of which J 
was, of course, aware. 

The évidence given by Miss Harriet M. Johnson oi Liverpool is 
concliisi«^e as to the curse that the drink traffic is to the child life of 
our country. 

In London on Sunday, September 19 th, 1897, she writes : « During 
the two hours from one to three, two public bouses opposite each 
other and belonging to one firm were watched, and there entered no 
fewe" than 

1511 men 
188 women, carrying 
34 babies 

158 girls under 13 with jugs or bottles 
125 boys » » » 

132 girls » without » 
98 boys » » » 



Total 2246of whom 547 were infants or children under 13. 

One girl-child was seen drinking the liquor and giving it to a baby 
she hid with her. 

In Treston, one of our great manufacturing towns, four public 
bouses were watched, between 12.25 and* 2.40 p. m. (November 1896) 
during which time 507 children came out with intoxicants. Each of 
thèse children was asked its âge on leaving, and the following table 
gives the resuit : 



Three years old 

Four 

Five 

Six 

Seven 

Eight 



» 
» 
» 
» 
» 



» 
» 
» 
» 
» 



30 
51 
65 
84 
79 
63 



Nine years 


old 


46 


Ten » 


» 


36 


Eleven » 


» 


24 


Twelve » 


» 


21 


Thirteen » 


» 


8 



Total 



507 



CONTRB L*ABD8 DB8 BOISSONS AtCOOLiQUBS 85 

In ail thèse cases gifts of sweets to the value of a halfpenny^ or toffee 
whistles — four a penny — were présentée!. 

In the évidence that I gave before the Royal Commission on the 
Liquor Licensing Laws, I produced facts to show that the bribery of 
children to induce them to enter a public house was systematically 
carried on, oranges and sweets being supplied to the children who 
went to fetch béer in order to persuade tnem to return to the same 
public house. 

It is impossible to watch the children that corne from the haunts 
of misery from the back alleys and courts of our great cities at their 
play, without realising what the héritage of their life bas already 
brought them. In the Country Home that we provide for some of the 
poorest children, we bave only to seethem playing games taken from 
real life such as « Father and Mother » to understand what their view 
of existence is. There is the public house where m Father » gocs to 
get drunk ; there is the doorstep where « Mother » sits to curse 
the children — the languagc, the gestures, the thoughts — ail 
betray the pitiful realism of the game, which gives us an insight into 
the minds of those children and makes us almost despair of helping 
them. Thinkof the mind of the slum child, stored with impressions of 
everything that is vile and dirty, — things we dare not speak of are 
matters oT common talk amongst thèse children. From morning till 
night and from night till morning, lying, drunkenness, misery, foui 
language and worse deeds are the sum total of their life. The child is 
growing up in the midst of this rank jungle of iniquity, the child who 
was drunk for the first time when its mother gave it gin as it lay in 
her arms in the public house, — is growing up and taking in every 
impression and storing it till the time comes when it will be able to 
juoge of life by the évidence it bas coUected. 

Three years ago there was a drunken row in one of the courts of 
a London slum. It was a bot August night, and the air was fuU of 
thunder. Men and women crowded each other to get near the centre of 
the ring, where a man and woman were (ighting. i hey were both wild 
with fury, and with the screams of the woman and the brutal cursing 
of the man and the rumble of thunder overhead, it seemed as thougn 
hell were loosed. A few hours later when the crowd had gone, tne 
woman*s child was born. It bas grown up a beautiful child ; its limbs 
are strong and well formed ; it can run and talk ; it is just like other 
children, except that it never plays. It sits on the doorstep and cries 
ail day long — nota tiresome peevish cry; it cries softly to itselfas 
thougn it knew what life had in store for it. 

The child knows nothing but what it bas seen in the slums. To it 
the world is paved with grey, and the sky is shut out by tali, dark 
houses ; and the law of lile is, Nobody cares. It is true that there are 
Sunday schools and missions ; but hâve you ever realised the difliculty 
of teaching such children ? I know that often when I bave tried to 

T II 7 



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86 



VII* CONGRU INTERNATIONAL 



speak to them I hâve not been able to say one word. I hâve looked 
from one to the other of the starved, misérable faces, not one of them 
yoiing and yet ail were called children. There was a smali child in 
the iront row with a white face and a look of hopeless misery in her 
eyes. Her brother — the only thing she cared for in the world had 
been sent to areformatory through no fault of his — his mother was to 
blâme ; and behînd her sat another child nursing a baby almost as big 
as herself, and uneasily watching the movements of two smaller 
children in her care. I knew she nad been up since early morning, 
and had sent the little ones to school and nad planned for their 
dinner, and had brought them with her now because she could not 
leave them alone at home ; and when her one hour of enjoyment was 
over, she wonld go home and wait long after the others were asleep 
till twelve o*clock struck, when she would go to the public house to 
bring her mother home at closing time. And when I looked at them 
each one, with its story of misery, my heart failed me ; I could not tell 
those children that there was a God who loved them and had made a 
beautiful world for them to live in : I had nothing but my word for it 
that what I said was true ; and they had the whole évidence of their 
short lives to prove that it could not be true. Love Beauty and God 
were mcaningless words ; they had no image in their brains to which 
such words would correspond ; I had no language in which I could 
explain ; for the very word we use to picture God for ourselves 
« Our Father », I dare not use ; it would hâve been worse than 
meaningless, bringing to their minds the druuken brute whose naroe 
was a terror. Everytning we know of the better side of life was 
unknown to them ; and norrors we dare not think of were their 
every day life. 

And vet they are brave and patient, for if we want a proof of the 
divine m man we hâve but to go to thèse slums where years of misery 
and sin begun with birth are not strong enough to stamp out the trace 
that God lias set upon the soûl. I know of the children who hâve 
suffered hunger themselves in order to give their pièce of bread to the 
woman who stood blue with cold outside on their misérable doorstep ; 
I know the child who brought the ragged woman home and pretended 
she was too sick to eat her tea in order that that woman might hâve 
her mea! ; for the good in them is still the stronger though the whole 
forces of the world fight for evil, and though we in our sinful careless- 
ness hâve allowed conditions to grow up that rob them of their birth« 
right and happiness, and dcny them the héritage of their childhood. 
It is yet time if we will arisc from our slumbers and crush out with 
unrelenting vigour the pestilence that is eating into our national life, 
and there snall yet arise a people strong, brave and sober, and a day 
shall yet dawn when we shall prove the words of our great Cobden, 
who said, « The Tempérance reform lies at the foundation of ail 
reforms. » Then the great principles of Christian brotherhood shall 



'. 



CONTRB L*ABU8 OBS BOISSONS AtCOOLIQUBS 87 

make ihe extrêmes of luxury and the depths of miserv an impossibi- 
litv; for upon an awakened nation has dawned the real htsiory oftheir 
rîghts. 

Although my strength does not permit me at this time to look into 
the iaces of the women assembled, in this great Congress in Paris» 
I would, as my message to them to-day, bid them gaze out on the 
heights and depths and the shadowy mystcries of the world*s great 
reaiities from the blessed seclusion of home, and if home happiness 
has been granted to us let it not narrow our vision, for none love 
home so well as those who know the dangers that lie out in that great 
beyond, — none love it so well \ks those who seek to make the way casier 
for the weary pilgrim on lire*s diflicult highway; none love their 
chiidren so well as those who are frce to pause, and listen for a mo- 
ment to the pattering ofthe footsteps of the sorrowful child life that 
beat the pavements ofour great cities, and as we bend in the shadow 
over the cradle it is our love for our own chiidren that impels us to 
go out into the night with the beautiful staff of God*s strength in our 
nand and the pity of Christ in our heart to call thèse wanderin^^ little 
one ones home ; for none love home so well as those who make it most 
secure, not with bolts and bars but with that bélier, nobler protec- 
tion that shall resuit in an uplifted ilumanity. 



PREMIÈRE SECTION 



PROGRAMME GÉNÉRAL 



SCIENCES MÉDICALES & HYGIÈNE 



Jeudi malin Avril 1899 



Ordre du Jour i 

ASILES DE BUVEURS: 
THÉRAPEUTIQUE. 



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PREMIÈRE SECTION 

(tCIBNCBS MÉDICALBS BT HTGIBNB) 



Deuxième Séance* 

PRB8I0BNT : M. LB D' OB VAUCLBROY 



PROOÈS-VERBAL 



M. le Président. — La parole est & M. Lombard, secrétaire de la 
Ligue patriotiaue suisse contre Talcoolisine (Genève), pour une com- 
munication afférente au programme général de la section. 

M. Lombard donne lecture de la note ci-Jointe : 



LBS pain B8 AUX APBRITIP8 BT BOISSONS SPIBITUBUSBS A L BXPOSITION 

INTBBNATIONALB DB PARIS BM 1900. 

Les primes accordées à des boissons spiritueuses par le motif que 
faussement elles sont dénommées hygiéniques, ne devraient plus être 
permises dans les Expositions nationales et internationales. 

J*ai rhonneur de présenter à la première section du Congrès in« 
ternational ^VII*) contre Tabus des boissons fortes, la demande de 
proposer à la Direction de TExposition internationale de 1900, de 
n'accorder aucune récompense aux boissons dérivées de Talcool ou 
contenant de Talcool à torte dose qui ne seraient pas expressément 
applicables, par leur composition, ii des cas de maladie formulés par 
une faculté. 

Les gouvernements se préoccupent bien justement de parer aux 
maux de Talcoolisme. Ils ne peuvent permettre que sous une fausse 
appellation les produits alcooliques viennent se recommander au public 
crédule. Ils ne peuvent surtout donner sous leur sceau et arnioirie 



une récompense destinée à favoriser la diffusion de ces produits. 
Ils prennent ainsi sous leur protection précisément ce qu*ils 



prennent 
pour mission de réduire. 



ont 



' Voir à U tutU dtt procèt-verbAl, tout forint d'anntxtt, Itt mémoirat «ffértott «a 
pr«frttaim« dt celU téaocc, qui n'onl pu étr« ditcuUt par tuiU éê r«btMict dt Iturt 
•oteor». 



92 vil* C0NGRB8 INTERNATIONAL 

Nons vouions parler des boissons qui sont couramment désignées 
dans les annonces et prospectus sous les noms de : 

Liqueurs spécifiques^ fortifiantes^ hygiéniques^ réconfortantes, 9ins 
toniquesy régénérateurs ^ liqueurs monacales, apéritifs, absinthes, ifer^ 
mouthSf bitters, etc. « 

Les médecins condamnent l'emploi de ces liqueurs, hors les cas 
spéciaux, fort rares du reste, de faiolesse ou de maladies spéciales, et 
ne s'en servent comme médicaments que d'une manière exceptionnelle. 

Les bien portants et ceux qui cherchent des forces dans ces liqui- 
des trompeurs sont abusés par ces fausses et fallacieuses annonces. 

Je propose au Congrès de faire a la Direction de l'Exposition in- 
ternationale la proposition de ne donner aucune récompense à ces 
produits. 

Ce serait faire une protestation contre le prétendu mérite curatif et 
bienfaisant de ces liquides alcoolisés avec addition d'essences et de 
goûts qui ne font qu'en augmenter le caractère toxique. 

Voici le texte de ma proposition : 

« La Direction de l'Exposition internationale de 1900, a Paris, est 
invitée, au nom du Congrès international contre l'abus des boissons 
spiritueuses, à n'accorder aucune récompense aux boissons alcooli- 
ques ou contenant de l'alcool a forte dose, qui ne seraient pas expres- 
sément désignées par une Faculté de médecine comme applicables à 
la guérison ae cas de maladie spécifiés. » 

Sur Tobscrvation de M. le président de Vaucleroy, que le Congrès 
ne peut pas voter de résolution, l'auteur de la proposition demande 
s*il ne serait pas possible de faire parvenir un vœu à l'Administration, 
tel que celui formulé ci-dessus. 

Il recommande de nouveau a l'attention de ses collègues du Congrès, 
le bien qui résulterait de l'adoption de cette proposition, et ses con- 
séquences pour réduire le vice K 

La section tout entière a partagé l'opinion émise par M. Lombard. 

M. le Président. — L'ordre du Jour appelle la discussion sur les 
Asiles de Buoeurs. 

La parole est à M. le D' Forel, ancien médecin, directeur de l'asile 
de Burghôlzli et professeur honoraire de TUniversité de Zurick. 

m 

LA QUESTION DBS ASILES POUR ALCOOLISES INCURABLES 

Les conditions d'activité et de réussite des asiles pour alcoolisés 
curables tels qu'ils ont été réalisés dans ces dernières années chez 
nous, en Suisse, en particulier celles de l'asile d'Ellikon, fondé tout 

1 Les sociétés Trançaites de tempérance, f 'appuysnt tur cette opinion, reprendront ce 
vœu en tempe opportun et s'efforceront de le faire aboutir. 



■.*' 



CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 93 

récemment, et du château de Hard, pour les buveurs des classes ai* 
sées et cultivées me paraissent assez bien établies pour permettre 
d*aborder maintenant ta question plus complexe du traitement des al- 
coolisés incurables. 

Lorsque les pasteurs et leurs ouailles s'occupaient encore seuls à 
guérir les alcoolisés par cure d'âme, considérant l'alcoolisme comme 
un vice moral et la conversion religieuse jointe a l'abstinence comme 
son seul remède, la médecine odicielle en était encore a dire : « Qui a 
bu boira » et k traiter les ivrognes qu'elle considérait tous comme in- 
curables, en leur donnant du vin. De ce singulier état des choses qui 
a duré longtemps, et dont on se ressent encore fortement, sont résul- 
tés des quiproquos dont il est temps de sortir définitivement. Si la 
médecine a péché par ignorance et incurie en ne comprenant pas 
qu'il fallait supprimer entièrement et définitivement l'usage de toute 
boisson alcoolique pour guérir l'alcoolisme (très souvent curable par 
ce moyen)^ les pasteurs et les sociétés confessionnelles ont péché de 
leur côté par ignorance et parti-pris en prenant une intoxication céré- 
brale pour un vice de morale, et en s'imaginant que la curabilité de 
Talcoolisme tenait à la conversion religieuse, c'est-à-dire au fait que 
le buveur faisait ou ne faisait pas amende de ses péchés. Les sociétés 
d'abstinence laïques ou interjconfessionnelles ont donné par leurs ré- 
sultats, aussi bons que ceux des sociétés confessionnelles, la preuve 
de la confusion et de l'erreur qui existaient. Sans nier que pour 
certaines natures l'influence religieuse ait un bon résultat et réussisse 
a les amener à l'abstinence alors que d'autres moyens auraient échoué, 
il faut reconnaître que cette même influence agit chez d'autres natures 
précisément à Tinverse, ce qui fait compensation. Il faut donc être 
éclectique et agir selon les cas. Par l'abstinence totale seule on guérit 
un incrédule aussi bien qu'un croyant, sans que besoin ne soit de 
changer ses convictions. Les sociétés ou asiles religieux orthodoxes 
reconnaissent de leur côté qu'il y a des buveurs qu elles ne peuvent 
guérir; seulement elles les accusent k tort d'en être eux-mêmes la 
cause par leur mauvaise volonté ou la profondeur de leur vice. Je me 
hâte d ajouter que ce n'est pas partout le cas et que les esprits reli- 
gieux plus éclairés font exception, du plus au moins. 

Le fait est qu'il y a nombre d'alcoolisés incurables. On ne peut pas 
toujours les reconnaître d'avance, mais souvent on peut prévoir leur 
incurabilité avec grande probabilité. 

Les causes de cette incurabilité sont très diverses et il importe de 
les examiner impartialement, en se basant sur l'expérience. 

1^ Une première catégorie d'incurables se compose des alcoolisés 
chroniques dont le cerveau était moins résistant que les autres orga- 
nes du corps (cœur, foie, reins), et chez lesquels l'intoxication alcooli- 
que avait fini par produire un degré d^atrophie cérébrale suffisant pour 
aflaiblir notablement la volonté, la mémoire, les sentiments et même 



^•>^.% ■•. • 



94 VII* G0N6ABS INTERNATIONAL 

rintelligence. Par suite de cela, ils ne sont plus capables de garder 
une résolution quelconque et se remettent à boire dès qu'ils sont libresy 
ne pouvant tenir aucun engagement d'abstinence. 

Une fois atrophiés les éléments nerveux du cerveau ne se régénèrent 
plus. Cela est un fait général et bien démontré dans la pathologie de 
cet organe. Il faut en tenir compte, car il explique beaucoup de choses, 
le fait étant donné que le poids moyen du cerveau de pareils alcooli- 
sés est sensiblement diminué (Brehm, thèse). 

2* Une seconde catégorie, voisine de la précédente, comprend les 
formes incurables d'aliénation mentale alcoolique proprement dite. 
On peut appeler la première catégorie, déjà citée, démence alcoolique 
simple au premier degré qui permet encore une certaine cohérence 
des idées et des actions. Mais ici, il s*agit de psychoses bien accen- 
tuées, de délire chronique avec idées de persécution, hallucinations^ 
etc., qui se fixent et se systématisent définitivement (paranoïa alcooli- 

3ue chronique) ou bien d'une démence profonde ressemblant a la 
émence sénile ou encore à la paralysie générale (démence alcoolique 
complète ou alcoolico-sénile). Ces cas n'ont guère qu'un intérêt scien- 
tifique. Leur place est toute indiquée dans les asiles d'aliénés. 

3* Une autre catégorie très importante, bien étudiée par M'^* Ober- 
dieck, dans sa thèse, est celle des épileptiques qui boivent. Je ne 
parle pas ici de l'épilepsie purement alcoolique qui se guérit par l'abs- 
tinence, car elle rentre dans la catégorie des cas curables, mais je 
parle des épileptiques proprement dits, avec leur caractère violent, 
mensonger, impulsif et leur intelligence affaiblie. 

Très souvent ils se mettent à boire et deviennent par la extrême- 
ment dangereux. Il est assez rare qu'ils soient capables de demeurer 
abstinents. 

4* Puis viennent les pervertis sexuels, intervertis, sadistes, exhi- 
bitionistes et autres qui sont tous plus ou moins déséquilibrés et 
psychopathes, extrêmement souvent enclins a l'alcoolisme, et chez les- 
uels, sans exception, l'alcool favorise énormément la perpétration 
es actes délictueux ou au moins pervers. Ces êtres malheureux et 
manques sont naturellement disposés à noyer leur chagrin dans l'al- 
cool. Or s'il leur est déjà fort dimcile de contenir leurs passions per- 
verses étant sobres, il est clair que cela devient impossible pour eux 
dès qu'ils sont ivres ou seulement « lancés ». L'alcool agit ici double- 
ment, d'abord en excitant directement le sens génésique perverti, puis 
en paralysant la réflexion et le sens moral. — J'ai même connu plu- 
sieurs pervertis sexuels qui ne l'étaient qu'à l'état d'ivresse. 

Parfois les pervertis sexuels peuvent être guéris ou au moins amé- 
liorés par l'abstinence. Mais ce n'est pas la règle, car ce sont en géné- 
ral des êtres à cerveau faible, se rapprochant ae la catégorie suivante, 
et ils constituent un danger perpétuel pour la société. 



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CONTRE L*AB08 0B8 BOISSONS ALCOOLIQUES 95 M 



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5^ Le gros de Tarinée des alcoolisés incurables est constitué par 
les déséquilibrés héréditaires, dits psychopathes constitutionnels et, 
parmi eux, plus spécialement par ceux qui sont atteints de défec- /IJ 

tuosités congénitales du sens mqral (idiotisme moral, ethisçher Defect), --^ 

— Le public est trop enclin à considérer Timbécilité et son aegré 
supérieur ou idiotisme, comme une maladie d'ordre purement intel- 
lectuel. C*est là une profonde erreur. Les insuffisances congénitales 
du cerveau se traduisent au moins aussi souvent, si ce n'est plus sou- 
vent par des défectuosités du sentiment (apathie) de la volonté (aboulie) 
et du sens moral (anethie) que par celles de rintelligence proprement ^ ^. 

dite (démence intellectuelle, anoia). En général, ces défectuosités sont 
associées et combinées chez le malade ou Tanormal, ave^ prépondé- 
rance de Tune ou de l'autre. 

Chez les idiots moraux, c'est la démence du sens moral, Tanethie 
qui prédomine. Or, il est clair qu'en pareil cas, il iaut une compensa- 
tion bien forte du côté de l'intelligence ou de la volonté pour que des 
habitudes de boisson une fois prises, le sujet soit capable de demeu-*. 
rer abstinent, car il n'a ni honte, ni remords de ses actes, n*étant pas 
susceptible de pareils sentiments qu'il n'a jamais eus ni compris, et 
dont il a tout au plus appris à parler comme un aveugle des couleurs. 

Et l'on comprend de plus que l'idiot moral devient facilement ivVo- 
ne et que lorsqu'il l'est, il est fort dangereux et encore moins capa- 
le qu'un autre de se retenir de commettre des actes délictueux. A un 
degré un peu moindre, toutes les formes de psychopathies héréditai- 
res poussent très souvent (pas toujours), à Talcoolisme, tout en rendant 
sa guérison fort difficile. L'une d'elles, la dipsomanie^ consiste dans v«^v 

une passion périodique de boire et conduit fatalement à l'alcoolisme • >jii 

si le sujet ne peut arriver a l'abstinence totale. Or c'est plutôt l'excop- /£ 

tion qu il puisse y arriver. '^i 

Un coup d'œil jeté sur les rapports annuels de l'asile d'Ellikon 
convaincra de la fréquence de la psychopathie, de l'idiotie morale, de 
Tépilepsie, etc., parmi les alcoolisés. «^ 

En 1896, sur 68 alcoolisés admis ii Ellikon, il n'y en avait que 3& "-'^i 

(un peu plus de la moitié) dont le cas ne fut pas compliqué d'anoma- 
lies psychiques; en 1897, 44 sur 73, etc. Parmi les alcoolisés des 
asiles a'aliénés, la proportion des psychopathes et des aliénés consti- 
tutionnels et chroniques, c'est-à-dire par conséquent des incurables, 
est encore bien plus grande (voir la dissertation Oberdieck) et consti- 
tue la majorité des cas. Elle est, au contraire, moindre chez les al- j 
coolisés qui sont directement recrutés et guéris par les sociétés d'abs- ' V' 
tinence libres. Et cependant chacune ae ces sociétés souffre des 
intrigues, des violences et des méchancetés d'un bon nombre de ces 
psychopathes et de ces idiots moraux, de ces <c vipères qu'elle a ré- 
chauffées dans son sein ». : ^^ 

Ce n'est pas à dire que tous les alcoolisés psychopathes soient incu- j^ 

râbles, loin de là, mais le pour cent des cas curables est bien plus . '^^ 

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96 VII* CONGRB8 INTBRNATIONAL 

faible chez eux que chez les hommes normaux devenus ivrognes par 
entraînement et mauvaise habitude. 

Et de plus, comme on vient de le voir par ce que j'ai dit des « vipè-. 
res » des sociétés d'abstinence, la ^uérison par l'abstinence ne porte 
en plein chez ces sujets-là que sur 1 alcoolisme. Les anomalies menta- 
les préexistantes, congénitales, continuent à subsister chez eux, plus 
ou moins atténuées seulement dans leurs effets, selon les indiviaus, 
par la vie abstinente. 

Il est même des cas (ceux peut-être qui ont fait dire que les mé- 
chants étaient buveurs d'eau), où la boisson, en hébétant un idiot 
moral, paralyse aussi son intelligence à faire le mal, de sorte que. Une 
fois devenu abstinent, le renard rentré en possession de toute sa ruse, 
redevient plus malfaisant que lorsqu'il était abruti du matin au soir 
par l'ivresse. Il faut, pour être complet, constater aussi ces cas-là| qui 
sont heureusement l'exception, et qui ne doivent certes pas nous aé-^ 
courager surtout si nous pensons au fait qu'en dernier ressort une 
part énorme des idiots moraux et des psychopathes, criminels d'habi* 
tudes, criminels nés et autres, ne sont que les produits par hérédité 
de l'alcoolisme de leurs ascendants. 

Passons maintenant aux prisons et aux maisons de correction. Sous 
les titres de criminels d'occasion ou d'habitude (attentats aux mœurs, 
diverses voies de faits, etc.], de prostituées, de vagabonds, de men- 
diants d'habitude, de proaigues, etc., nous y trouvons une légion 
d'alcoolisés aigus et chroniques a tous les degrés qu'on y traite trop 
souvent à rebours du bon sens. Au lieu de les habituer à l'abstinence 
et de former pour eux des sociétés d'abstinence, on les récompense 
la plupart du temps avec du vin ou de l'eau-de-vie lorsqu'ils commen- 
cent à se mieux conduire. 

En Autriche, des aliénistes, comme Tilkowski, des médecins légis- 
tes, comme Hinterstoisser, écœurés des méfaits des alcoolisés en ques- 
tion (idiots moraux, épileptiques, etc.) dans les asiles d'aliénés, et 
^'ayant nullement compris la question de la cure de l'alcoolisme, ré* 
clament à grands cris des mesures coêrcitives sévères contre ces êtres 
malfaisants et dangereux, qu'ils considèrent, du moins Hinterstoisser, 
comme « pas du tout aliénés », mais seulement vicieux et veulent ren- 
dre responsables de leurs actes en les condamnant judiciairement. Pas 
n'est besoin de répéter ici à quel point M. Hinterstoisser est à côté 
de la question. Je le lui ai démontré ailleurs (Intern. Monakchrid et 
Wiener medizinische Presse). 

Il faut, par contre, reconnaître pleinement le fait fondamental sur 
lequel se base le faux jugement de l'auteur cité, savoir que les alcooli- 
sés psychopathes, idiots moraux, épileptiques, etc., sont pour la plu- 
part trop peu troublés dans leur intelligence pour ne pas constituer 
dans les asiles d'aliénés les loups du bercail. Nous ne parlons pas des 
cas, exceptionnels du reste, où un accès de délire alcoolique les 






CONTRE l'abus 0B8 BOISSONS ALCOOLIQUES 97 

amène k Tasile; en ce cas, leur rôle de loup ne commence qa*une | 

fois le délire passé. 

Nous devons dire que lorsqu'ils sont soumis au régime de Tabsti- 
nence» comme k l'asile de Burghulzli k Zurich, leur conduite est de 
90 0/0| meilleure que la où on leur permet de boire, en théorie mode* . 

rément, car dans ce dernier cas ils trouvent toujours moyen de com« * ' 

mettre des excès et par suite des actes violents ; — i'ai eu l'occasion 
de comparer les deux systèmes et de constater les immenses avanta* 
ges de l'abstinence pour tout l'asile. Cependant il y a quelques ex* 
ceptions, et même dans les asiles abstinents, comme Burghôlxli, on 
constate que l'alcoolisé souffre de son côté du milieu aliéné, tout en 
abusant des faibles d'esprit et des aliénés qui forment sa société. 

Si nous tenons soigneusement compte de tous ces faits, nous arri« 
verons par éliminations successives à constituer les catégories suivan* 
tes d'alcoolisés au point de vue pratique de leur traitement ou de leur , 

hospitalisation, tout en nous hâtant de déclarer qu'il y a des transi- 
tions entre^chaque catégorie et qu'il faut toujours essayer les formes 
plus douces et plus légères de traitement avant d'en arriver aux plus 
énergiques et aux mesures d'internement plus prolongés ou définitifs : j 

Yi,^) Cas relativement légers d'alcoolisme, chez lesquels l'engagement 
dans une société d'abstinence totale suflSt a la cure. On ne peut jamais 
s'y prendre asses tôt pour éviter les mesures plus graves. Il faut donc 
encourager par tous les moyens l'action des sociétés d'abstinence 
parmi nousi au lieu de les entraver. 

b) Cas plus graves, mais encore curables, avec ou sans délire alcooli* 

Ïne» souvent avec psychopathie de nature pas précisément perverse, 
n général ce sont les cas où la société d abstinence seule ne suffit 
pas pour commencer. Ce sont les cas appropriés aux asiles spéciaux 

tour alcoolisés, comme Ellikon. Pour que ces asiles remplissent leur 
ut, il faut qu'un abstinent dévoué, intelligent et énergique soit k leur ^ 

tète. Rien n est absurde comme d*y placer quelque individu incapable 
ou âgé « auquel on cherche une place ; » — alors on est sur d'avance 
de faire fiasco. — Puis il faudrait qu'outre les alcoolisés signant volon- 
tairement leur engagement d*y rester au moins six mois, on puisse y 
placer d'office et contre leur gré un nombre considérable d'alcoolisés 
en vertu d'une loi comme celle de Saint Gall. 

Cette mesure peut, selon les cas, être accompagnée ou non de la 
tutelle judiciaire. A mon avis, il ne faut pas généraliser. Il y a des 
cas où la tutelle est déplorable et où il faudrait pouvoir interner TaU i 

coolisé sans qu'elle soit ordonnée, d'autres cas au contraire où elle 
est fort utile. J'en ai vu et suivi des deux sortes. Enfin il va sans dire 

3u*k sa sortie de l'asile pour buveurs, l'ancien alcoolisé devra entrer 
ans une socirté d'abstinence et demeurer toute sa vie abstinent, sous 
peine de récidive k peu près certaine s'il veut recommencer k boire 
« modérément, n 






98 vil* GONGRBS INTERNATIONAL 

c) Viennent les cas curables ou Incurables compliqués d'aliénation 
mentale proprement dite et qui doivent être placés dans les asiles 
d'aliénés, soit temporairement (les curables, jusqu'au transfert dans 
un asile spécial pour alcoolisés), soit définitivement (les incurables). 
Certains cas de démence totale et tranquille pourront cependant finfr 
leurs jours a domicile, pourvu qu'on les y maintienne abstinents. 

d) Restent enfin les alcoolisés pervers et incurables, criminels, 
dangereux ou méchants, dont on ne peut plus faire façon, ni en liberté, 
ni dans les asiles pour alcoolisés curables, et qui, dans les asiles 
d'aliénés, font tort à eux-mêmes et aux autres aliénés. C'est d'eux 
que j'ai à m'occuper spécialement ici. 

Je tiens avant tout a constater, non sans une certaine satisfaction 
personnelle, procurée par douze années de luttes et d'efforts intenses 
contrecarrés par des oppositions souvent aussi passionnées et parfois 
perfides, qu'injustes et bornées, qu'après avoir réussi malgré tout à 
établir et h fortifier diverses sociétés d'abstinence, à fonder l'asile 
d'Ëllikon et spécialement à introduire l'abstinence totale dans tout 
l'asile des aliénés de Burghulzli, c'est ce dernier fait qui m'a valu les 
attaques les plus acrimonieuses et les calomnies les plus viles de la 
part de certaines personnes qui eussent dû être les premières à me 
soutenir. L'homme qui ne fait pas son devoir est disposé a se trouver 
blessé dans son amour-propre, quand d'autres le font à sa place. 

Le nombre de ces fameux -alcoolisés pervers et irréductibles, de 
ces pestes d'asiles qui autrefois y apportaient avec leur ivresse la vio- 
lence, les attentats sexuels et des perversités de toute sorte a énor- 
mément diminué a l'asile de Zurich, les uns s'étant amendés et guéris 
à Burghôlzli ou à EUikon, les autres étant devenus infiniment plus 
doux, plus dociles et plus travailleurs, dans un asile abstinent. 

Ce qui a diminué, c'est la perversité de la conduite des alcoolisés a 
l'asile de Burghôlzli et le nombre des alcoolisés pervers qui s'y trou- 
vent il un moment donné, non pas du tout la production (nombre d'ad* 
missions) des alcoolisés venant du dehors. Celle-ci ne fait que croître 
et embellir, malgré le monopole et les prédications de modérations, 
grâce surtout à la condescendance de l'opinion publique et des auto- 
rités envers les cabaretiers et les producteurs de boissons alcooliques. 

Mais il en reste malgré tout, de ces alcoolisés pervers, dans les asi- 
les d'aliénés, dans les prisons, dans les maisons de correction et, 
hélas, en liberté, car nos mœurs continuent a tout faire pour en pro- 
duire. Il ne faut pas non plus oublier ceux qui sortent non guéris des 
asiles actuels et ceux qu'on renvoie pour inconduite des asiles de 
buveurs curables. 

L'idéal serait donc celui des abstinents : Supprimer l'usage de toute 
boisson alcoolique dans la société humaine. Alors on n'aurait plus 
besoin d'asiles pour alcoolisés, ni curables, ni incurables et l'on pour- 
rait en outre supprimer la moitié des prisons. 






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COMTRB L*ABUS DB8 BOISSONS ALOOOLIQUBS 99 

Mais cet idéal est encore trop loin d*ètre atteint pour qu'on puisse 
se baser sur sa réalisation. Il Uiut donc tenir compte des faits actuels 
et, par conséquent, des vœux émis par des personnes comme le direc- 
teur Tilkowski et bien d'autres. Et puis il y a un fait de première 
importance qu'on oublie trop, c'est 1 épouvantable préjugé au public 
et des autorités locales en faveur d'une métaphysique surannée et 
contre les asiles pour alcoolisés. 

Grâce a ce préjugé, des milliers d'alcoolisés sont laissés dans leur 
famille qu'ils maltraitent et ruinent, faisant un mal incalculable autour 
d*eux, sans que personne ose intervenir. C'est au nom du libre arbi- 
tre — triste dérision à la fin du xix" siècle — qu'on agit ainsi. Il 
suffit que l'alcoolisé ne « veuille pas » aller dans un asile p<^ur buveurs, 
et c'est le plus souvent le cas, pour qu'on se croise les bras et le 
laisse faire en disant : « Il n'est pas (ou, on ne peut rien faire. » — 
Mais plus, la contre-partie, la vieille loi du talion ou de lynch, si 
profondément ancrée dans la tète des défenseurs dq la métaphysique 
appliquée, leur fait préférer la condamnation judiciaire d'un malade 
a son traitement. Nous voyons actuellement dans notre c< libre Hel- 
vétie » une triste réaction obscurantiste se produire dans ce sens 
contre l'excellent projet de code pénal du professeur Stooss, projet 
contenant de vraies et belles réformes. Eh bien ! c'est sous le fallacieux 
prétexte et le drapeau trompeur du libre arbitre que combattent ces 
réactionnaires, pour nous ramener dans la vieille ornière dont une 
science éclairée et humanitaire cherche à nous sortir. 

Nous voyons donc des considérations pratiques, des considérations 
d'opportunité s'ajouter k celles de la nature des cas pour exiger que 
quelque chose soit fait contre la misère des alcoolisés réputés incura- 
bles, dangereux et nuisibles qui infestent nos villes et nos campagnes 
comme vagabonds, mendiants et brutes, et qui ne sont à leur place 
n! dans les maisons de correction, ni dans. les pénitenciers, ni dans 
les asiles d'aliénés. Les pires ne peuvent être maintenus dans les asiles y 

pour alcoolisés curables comme EUikon, car ils y déroutent les autres :^ 

et y ruinent le bon esprit et la discipline. ^ 

Or si nous examinons les cas en question sans parti-pris, à la lu« "f 

mière de nos connaissances modernes sur l'aliénation mentale, la cri« ^r 

minalité et le cerveau humain, nous y reconnaissons sans peine le .J* 

type du psychopathe déséquilibré et dénué de sens moral, de l'idiot -[f 

moral, du véritable criminel né à tous ses degrés, qui est un être 
anormal, du « Psychopathisch Minderwerthiger » de Koch, bref de 
cet être k responsabilité limitée qui se trouve aux confins de l'aliéna* 
tion et de la criminalité par ses tares cérébrales, le plus souvent, hé* 
réditaireset congénitales. Nous l'y trouvons en compagnie de l'hysté* 
rique pervers, de l'épileptique, du voleur et menteur de tempérament 
et d*habitude, du charlatan pathologique (pathologtscher Schwindler 
de Delbrûck), de l'impulsif violent, etc. 

11 y a lii toute une catégorie d'individus pervers, de par leur cer* 



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100 VII* CON6RB8 INTERNATIONAL 

veau anormal, qui infestent notre société et qui sont renvoyés comme 
des balles dans la rue, parce qu'aucun des établissements existants ne 
veulent les garder. Ils passent de la prison à la maison de correction, 
de celle-ci à Tasile des aliénés, k celui des buveurs, faisant cbihme la 
chauve-souris de la fable et disant ici : « Je suis oiseau, voyez mes 
ailes 1) et Ik : « Je suis souris, vivent les rats, » mais profitant de cet 
état de choses pour recommencer k chaque instant leurs expériences 
néfastes sur les gens qui ne les connaissent pas, les trompant et abu- 
sant d'eux, semant partout la violence, le vice, l'intrigue et la perver- 
sion. Grâce h l'anarchie et k la faiblesse qui régnent de nos jours vis- 
a-vis de ces êtres k la fois malheureux et mal faits, ils dégénèrent eux- 
mêmes de plus en plus tout en faisant un mal social immense. 

Laissant de côté les théories métaphysiques, voyons ce que nous 
apprend l'expérience des personnes habituées k connaître de près ces 
« balles » en se les renvoyant mutuellement, c'est-k-dire l'expérience 
des directeurs d'asiles d'aliénés, de pénitenciers, de maisons de cor- 
rection et d'asiles pour buveurs. Cette expérience est la même partout 
et peut se résumer comme suit ; 

1® Les anormaux dont nous parlons ne supportent pas la liberté 
complète d'action. Ils le sentent souvent eux-mêmes. Dès qu'ils sont 
au sein de la société, la faiblesse de leur volonté et de leur raison, la 
violence de leurs appétits immédiats, de leurs impulsions, etc., les 
font invariablement retomber dans leur carrière de vice et de crime. 

2® Ils ne supportent pas l'alcool qui est le pire agent excitateur et 
renforçant de leurs mauvaises actions. 

3^ Sous une discipline k la fois sévère et humaine, les astreignant 
k un travail continu, limitant leur liberté d'autant que les facultés 
sociales de leur cerveau sont limitées, et supprimant absolument 
l'usage de toute boisson alcoolique, on arrive petit k petit k une grande 
amélioration dans leur conduite. Il n'est pas impossible d'arriver 
même, au bout d*une ou de plusieurs années, k une guérison relative 
c'est-k-dire k pouvoir rendre k la liberté sociale les moins malades et 
les moins pervers, grâce k des habitudes de travail et d'abstinence 
alcoolique longuement prises et peu k peu fixées. Mais pour réussir, 
il faut arriver k pouvoir les placer dans un milieu où ces habitudes 
puissent être continuées sans trop de tentations et de mauvaises 
influences. 

Quelle est maintenant la conséquence pratique k tirer de tous les 
faits énumérés, conséquences qui auraient dû être tirées déjk depuis 
des siècles, si l'humanité n'avait pas été aveuglée par le préjugé : 

1^ Il faut assimiler l'alcoolisé psychopathe, réputé dangereux, nui- 
sible et incurable aux autres psycnopathes qui sont dans le même cas. 

2^ Tous deux doivent être soumis d'office et contre leur gré k une 



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CONTnB L ABUS DES BOIMONS ALCOOLIQUES 



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limitation de leur liberté d'action, limitation important divers degrés 
et diverses variétés: a) Interoement dans un asile spécial et approprié; 
b) tutelle; c) surveillance par la police ou par une autre autunté. 

3* Tous deux doivent être soumis ii l'abstinence totule des boUsons 
alcooliques, du moins dans les asiles spéciaux qui devront, sous peine 
de faillir complètement à leur but, supprimer d'olTice l'usage de toute 
boisson alcoolique parmi tout leur personnel. 

4" Il faut enlever à la détention, dans les asiles spécinlement desti- 
nés à ce genre de personnes, tout caractère infamant rappelant une 
condamnation Judiciaire. Il faut donc donner a l'interne ment un carac- 
tère purement administratif et de salut public et individuel. , On pourra 
et devra l'entuurer de toutes les précautions nécessaires ii la sauve- 

farde de la justice ainsi que de la liberté ii laquelle a droit tout mem- 
re de la société humaine qui ne lèse pas la société. La plus sûre 
sauvegarde sera le caractère humanitaire que devra revêtir l'organi- 
sation de pareils asiles qui sont d'une nécessité urgente. En outre, la 
science et l'expérience devront veiller et combattre la négligence et 

Voici h mon avis les grandes lignes qui devront présider à l'éta- 
blissement d'un asile ainsi conçu. 

Partant du fait que les individus de la catégorie dont il s'agit sont 

firesque tous assez forts et intelligents pour travailler utilement, que 
e travail est la condition fondamentale de leur propre bien, tandis 
que leurs méfaits et leurs excès dans la société causent à l'Etat, c'est- 
à-dire il l'ensemble des citoyens travailleurs, un préjudice immense, 
nous croyons au'il y a lieu cle fonder pour eux un asile à la fois agri- 
cole et industriel, avec grande exploitation dans ces deux branches, 
asile capable ainsi de se suffire à lui-même par le travail de ses habi- 
tants et ne coûtant donc pas d'entretien à l'Etat. 

En outre, la reproduction de personnes tarées et leurs excès sexuels 
constituant un autre danger social perpétuel, il y a lieu de séparer 
entièrement les sexes dans des asiles difTérenti, mais assez rapprochés 
(4 il 8 kilomètres) pour que le travail agricole et autre des hommes 
profite à l'exploitation de l'asile des femmes, et que le travail des fem- 
mes (lavage, cuisine, racommodnge), profite s 1 asile des hommes. A 
l'aide de rails et de marmites norvégiennes, une cuisine et une buan- 
derie communes peuvent parfaitement servir a l'exploitation commune 
de deux asiles qui ne sont pas distants de plus de 4 ii ft kilomètres. 
Pour le détail, voici les points qui me paraissent fondamentaux : 

A. Chaque asile doit être bâti sous forme de pavillons séparés et 
irréffulièrement disposés, de façon à ce qu'aucune symétrie architec- 
turale ne vienne gêner d'avance les agrandissements ultérieurs. Cha- 
que pavillon ou division aura un surveillant-chef spécial et ne devra 
pas comprendre plus de 50 pensionnaires au maximum. 



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102 vu* CONGRES INTERNATIONAL 

B. L'asile doit être placé en rase campagne, aussi loin que possible 
de tous les centres de population i 

C. Les pavillons devront être appropriés k la conduite des détenus. 
Un pavillon de sûreté sera construit avec cellules de sûreté et toutes 
les précautions contre les violences, démolitions et dangers, comme 
dans un quartier pour aliénés dangereux ou une prison. Ce pavillon 
servira aux individus les plus dangereux. Un autre pavillon protégera 
contre Tcvasion, les individus toujours prêts à s^enfuir, sans être au- 
trement dangereux. Un autre pavillon d'habitation et de travail sera 
disposé pour l'isolement en cas de maladies épidémiques, etc. 

En sens inverse, il y aura un pavillon aussi ouvert et libre que pos- 
sible pour les internés ne présentant pas de danger et dont la conduite 
sera bonne, pour ceux qu'on pourra même laisser sortir entièrement, 
librement, et chez lesquels la surveillance, Tordre, la discipline géné- 
rale et Tabstinence de V asile suffiront. 

D. Les industries seront développées avec tout le soin possible : 
tissage, ateliers de cordonniers, de menuisiers, imprimerie (très utile 
pour certains individus intelligents et dangereux), tressage, copies, 
etc., etc. Un directeur ingénieux pourra faire énormément. Un grand 
soin sera donné à l'exploitation agricole. 

E. La direction de Tasile devra être confiée a un psychologiste en- 
tendu, expérimenté et dévoué, ayant à cœur de tirer le meilleur parti ^ 
possible de la population dégénérée et dangereuse d'une pareille 
maison et sachant en associer et en séparer les membres selon leurs 
aptitudes et leurs dangers. C'est k ce dernier point de vue que les 
pavillons séparés rendront de grands services. Je rappelle par exem- 

le les intervertis et pervertis sexuels, contre lesquels il faut protéger 
es autres pensionnaires, etc. 

F. La haute surveillance de ces asiles devra être confiée k une com- 
mission où devraient siéger en même temps des aliénistes, des juristes 
crîminalistes et des directeurs de pénitenciers, ainsi que des experts 
sur la question de l'abstinence de l'alcool. 

Je m arrête. 

A mon avis, un pareil asile, capable de grande extension, consti- 
tuerait un immense progrès. Et, s'u est bien organisé et bien dirigé, 
sur les bases indiquées, on y verra bien plus qu'on ne le croirait 
d'avance, un nombre sérieux de personnes réputées incurables se 
guérir avec le temps sous l'influence de YabMtinence^ de Vordre et du 
travail Ce sera surtout le cas des alcoolisés réputés incurables. Mais 

f>our cela il faut le temps, c'est-k-dire une ou plusieurs années dans 
es cas les plus propices: Il est d'autant moins nécessaire de m'éten- 
dre sur les détails de la question que M. Hermann Schinz, médecin 
de Neuchâtel publiera prochainement comme thèse doctorale un tra- 
vail sur la responsabilité limitée et le traitement des états qui v con- 
duisent, travail qui se rapporte k notre sujet et auquel je renvoie. 



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CONTRB L*ABU8 DES BOISSONS ALCOOLIQUES 103 

Je termine en- émettant le vœu que les sociétés d'abstinence appuient 

f pareille œuvre de leur aide et de leur expérience et que les autorités 
a prennent sérieusement en main. A quoi servent les déclamations et 
les controverses sur le libre arbitre, tes querelles de confessions et 
de partis^ sinon à paralyser toute action sociale et humanitaire. 
L important est de fonder un asile, comme on Ta fait pour les asiles 
de buveurs curables. Le reste suivra de soi. Mais ici Tappui de TEtat 
est indispensable. 

P. -S. — En écrivant les lignes qui précèdent, je lis dans le journal 
la notice suivante qui se rapporte sans aucun doute par ses antécédents 
cités ailleurs, à Tun des idiots moraux dont nous parlons. Les gens 
qui savent voir et réfléchir en trouveront partout autour d'eux. N'eût-il 

f»as mieux valu mettre a temps la brute Gavin dans notre asile que de 
ui laisser perpétrer son crime, car ce n'est pas d'hier qu'il était une 
brute. 

CaHtom iie Vuud 

LvcEiis. ^ Um €nm€. — Un crime horribU vmiiI d'être commit à Lovattcni, YÎllagt du 
ceiclc de Loceiie. Vm mdîvidu d« nom de Gavin. originaire de Brenlei, et qui traYaîUait 
à 1» ronle de LoTottena à Brenlea, avnit lait la noce anmedi aoir à ranberge de LoTattena. 

Itto, il ae qoerdln nvec l'aobergîate. Celni-cî le mit à la porto. Gavin jum de ae ven» 
ger. II exécuto aon projet dès le lendemain dimancka de la pina épouvantoble fa^n. Il 
aaisit, dana an chemin iaolé, on enfant de neuf ans et l'aaaomma contre un mur. Puis il 
le jeu dana la rigole» pleine d'eau. 

Le misérable assassin s'enfuit, son crime perpétré. Mats on se mit aussitôt à sa pour- 
suite. Gavin fut arrêté à Villara-Lépais. ferme près de Brenlea. Il a éU écroué hier dana 
les prisons de Lucens. 

M. le Président. — La parole est à M. le docteur Colla, médecin 
directeur du Sanatorium Buchheide (Poméranie), co-rapporteur avec 
M. Forel. 

Ueber Trinkerheilanstalten 

Des Bsilea de buTenn 
Par lk d' e. colla de Fimkenwalde (Poméramie) 

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Coneluêiomê : 

1. 11 est indispensable de séparer les buveurs curables des buveurs inourables, fous et 
criminels, et d'étoblir pour eux des maisons de santé. 

î. Le traitement des buveurs curables est bosé sur les principes de l'absUnence toUle, 
du relèvement moral, du travail et de la bonne discipline. La religion peut être considérée 
comme un des remèdes les plus efficaces. 

3. Le travail qui doit être physique (travail agricole et jardinage) sert en même temps 
de remède que de moyen pédagogique. 11 faut tenir compte des facultea des malades et les 
développer. Le travail qu'il» ont fait à l'asile leur devrait être une aoorce de profit 
matériel et moral après la sortie. 



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1()4 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

4. La lépurotion dei lexe* en difTérenU éiubliisementi n'eut pa» obsolument nécessoire. 
La léparulion lelon la condition socîoU se fera ordinoi rement d'elle-même. 

5. L'établit «ornent doit âlre dirigé por un médecin-aliénitfto. Cette règle ne lauraît être 
négligée qu'exceptionnellement. 

G. 11 faut que le directeur loit muni de la plus grande compétence poitible pour éviter 
tout esprit de pcdontisme et tout empiétement par des personnes incompétentes. 

7. L'asile doit être petit, facile à surveiller et situé U la campagne. Le choix d'un site 
charmant n'est pas indifférent. 

8. Lu durée du traitement ne sourait être au-dessous de 9 mois au moins. 

9. Pour assurer aux asiles de buveurs le plus d'efficacité possible, des lois coercittvos 
qui ouloriscnt le placement forcé de buveurs (le traitement forcé) sont indispensables. 

10. En général les étoblissements oyant le caractère de fondation sont préférables ; 
mais des asiles particuliers ou appartenant & l'Etat, inévitables dons beoucoup de pays, 
ont d'aussi excellents résultats. 

Die Frage der Trinkeranstalten ist schon wiederholt auf unseren 
Congresseii verhandelt worden. Wenn trotzdem nbermals an die Refe- 
renten das Ersuchen ergangen ist, darûber zu berichten, so beweist 
schon dièse Thatsache, dass wir es hier mit einer Einrichtung zu thun 
haben, die, noch in der Entwicklung begriiTen, zu keinem auch nur 
vorlUufIgen Abschlusse gekommen ist. 

In eri'rculicher Weise ist, namentlich auch in Deutschland und 
der Schweiz, dièse Frage in den letzten Jahren gefurdert worden, und 
die Thatsachc, dass wir in Dçutschland vom 1 Januar 1900 ab mit 
der Entmûndigung wegen Trunksucht zu rechnen haben, wird 
voraussichtiich bei uns der Bewegung noch weitere Ausbreitung 
geben. 

Es ist von Interesse, dièse Bewegung zur Errichtung von Trin- 
keranstalten in den einzelnen Lftnoern und in ihrer historischen 
Entwicklung zu verfolgen. Ich kann aber davon um so mehr absehen, 
aïs Hcrr D*" Sérieux vor 4 Jahren dem Congresse darûber einen 
Ueberblick gegeben hat. 

Mit Her Vermehrung der Anstalten und der Ausbreitung des Ver- 
stlindnisses fur die Trinkerbehandlung sind die Erfahrungen darûber 
reichcr gcworden ; viciseitige Beobachtungen und eingehende Studien 
liegen vor. Aber immerhin mu^s man sagen, dass wir uns auch heute 
noch in vicier Bczichung in Versuchen oewegen. Sie kônnen daher 
auch nicht von mir erwarten, dass ich allgemein gûltige Sutze fur 
die Anstaltsbehandlung der Trinker aufstelle, die das Ergebnis 
wissenschaftlichcr Forschung und reicher, ûbereinstimmender Er- 
fahrung so zahlreicher Beobachter wAren. Ich kann vielmehr nur auf 
cigcnem und anderer Material fussend die Grundzûge skizzieren, 
die sich im allgemeincn als zweckmttssig er^cbcn haben, und dicje- 
nigen Punkte zur Diskussion stellen, ûber die ein allgemein gûltiges 
Urteil bisher nicht zu gewinnen var. 

Ilerr Profcssor Forel hat Ihnen ûber die verschiedenen Kategoricn 
von Trinkern vorgetragen und sich sodann im besonderen ûber 
Anstalten vcrbreitet, die zur Verwahrung unheilbarer, verbrccherischer 












CONTRB L ABUS OBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 



105 



und ffeisteskranker Trinker diencn soUen. Dadurch ist schon der 
Grundsatz ausgesprochen, dass in Trinkeranstalten nicht gemeinsam 
heilbare und UDheilbare, einfache und komplizicrte Fâlle behandelt 
werdendûrfen. In der That stimmen auch die Erfahrungen fast darûber 
ûberein, dass diejenigen Trunksûchtigen, deren ÂikohoHstnus nur ein 
Symptom einer anderen Krankheit ist und ûberhaupt aile diejenigen, 
deren Trunksucht nicht zu heilen ist, fur die anderen heilbaren 
Alkoholikcr eine grosse Gefahr sind. \Yas die kriminelleu Trinker 
betrifft, so wird inre Zabi voraussichtiich eine ziemlich erbebliche 
sein ; denn ûberall, wo die Trinkerbebandlung erst inebr in ihrer 
Bedeutung gcwûrdigt wird, werden natûrlich zuerst dièse gemein- 

SeHlhrlichen Glieder der Gesellschart versorgt werden. Çie wûrden 
aher unter Umstfinden einer Trinkcranstalt den Character der 
Strafanstalt verleihen und rnûsscn daher besonders verwahrt werden. 
Ich mochte mir vorbehalten ûber die Frage der Trennung der einzel- 
nen Arten von Trinkern spftter noch einiges zu sagen, nachdem ich 
die Grundzûge des Anstaltslebens und die Einrichtung der Anstalten 
besprochen nabe. Hier will ich einstweilen den Grundsatz der 
Trennung nach Heilbarkeit und Unverbesserlichkeit der Pfeglinge 
als massgebend fur die. ganze Behandlung der Frage ansehen, und 
ich beschrftnke mich daher in Ergânzung zu dera von Herrn Professor 
Forel Dargelegten auf die Besprechung der Verh&ltnisse der Trin- 
Vtvheilanslalten, Es bedarf kaum noch der Erwâhnung, dass der 
erste Grundsatz der Trinkerbebandlung die vollige Entnaltung von 
geistigen Getrftnken ist. Wer aber glaubt, dass dies auch in Kreisen 
gewûrdigt wird, die der eigentlichen Alkoholfrage fern stehen, der 
irrt sich doch sehr. 

Ich habe mich oft gefragt, woher dièse Unkenntnis kommt. Denn 
um Unkenntnis kann es sich nur handeln, da eine abweichende 
Ansicht von keinen theoretischen Ausfûhrungen und keiner Erfah- 
rung gestûtzt werden kann. Man stôsst meist auf die alte Résigna- 
tion gegenûber dem Alkoholismus, die die meisten Menschen veran- 
lasst, die Totalabstinenz, eine in den meisten europâischen Lfindern 
so seltsame und von vielen einfach aïs Ilumbug bczeichnete Erschei- 
nung, kurz von der Iland zu weisen. Es ist unglaublich lâcherlich, 
und doch ist es mir schon hitufig passiert, dass mir Aerzte sagten : 
die Totalabstinenz ist Unsinn ; wenn wir den Trinker nient zu 
wirklich mftssigem AIkoholgenuss erziehen konnen, so heilen wir 
ihn nicht. Wenn dièse Ansicht auf Unkenntnis der Verhâltnisse oder 
auf mangelhaftem Nachdenken beruht, so wird es schon meKr sophis- 
tische Spitzfindigkeit, wenn mir jemand zugiebt, dass allerdings die 
Trinker durch (las erste Glas Bier rûckfallig werden, aber eben 
wegen unserer falscheu Behandlung, weil wir sie zur Abstinenz, zu 
einem unnatûrlichen Zwange erziehen wollten, dem sich ein normaler 
Mensch auf die Dauer nicht fûgen kann. Wenn man dem Trinker 
immerfort predige, nur die Entnaltsamkeit kônne ihn retten, dann 



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106 VII* CONÇUES INTERNATIONAL 

wird ihm die IloUe so heiss gemacht, dass cr sîch nach dem erstcn 
SchUick Bier fur verloren hâlt und nun, nur uni sich zu betiluben, 
schnell die grossten Mengen AIkohol hinunter stûrzt. 

Es ist^ wie gesagt, ûberflûssig, an der Stelle, vo ich stehe, solche 
faischen und fi'ir unsere Pfleglinge gefiihrlichen Ansichten zu wider- 
legen.' Was konnte das auch nûtzen ? Schuid an aller Unkenntnis ist 
ja ineist die Interesselosigkeit der grossen Menge der Alkoholfrage 
gegeiii'iber und eine bemerkenswerte Scheu vor Abstinenz undTempe- 
renz, die den alten beauemen Skeptizismus vorzieht. Statistische 
Belege und wissenschaftliche Ausfûhrungen kimnen aiso von dieser 
Stelle nus auf die ferner stehenden keinert Eindruck machen. Ich 
mochtc nber darauf hinweisen, wie richtig es ist, die Tagespresse 
dazu nutzbar zu machen. Es ist ein notwenaiger Zubehôr zur gedeih- 
lichen Entwicklung und zur segensreichen Wirksamkeit der Trinker- 
heilanstalten, dass wir die Abstinenzfrage in ihrer Beziehung zur 
Trinkerbehandlung immer wieder dem Publikum vortragen ; das aber 
geht nur durch die Presse. 

Hier will ich mich begnfigen, die Thatsache einfach festzustellen, 
dass die Totalabstinenz nicht nur fur die Zeit der Anstaltsbehandlung 
sondcrn fur das ganze Leben das einzige Mittel ist, den Trinker zu 
retten. Welche erfreulichen Resultate durch die Totalenthaltsamkeit 
erzielt werden konnen, ergeben die Statistiken der Anstalten. Wenn 
es auch schlicsslich nur der dritte Teil der Trinker wftre, den wir 
hcilen, so ist das schon gegenûber den frtiheren Verhftltnissen ein 
wesentlicher Fortschritt. Aber es ist schon oft von anderen Seiten 
darauf hingewiesen worden, dass dièse Zahlen gar kein richtiges 
Bild von den Erfolgen geben konnen, die zu erzielensind. Wenn wir 
in der Weise, wie es Herr D' Smith in Schloss Marbach gethan hat, 
nur wirklichc Ileilbare in gesondertcn Anstalten behanaeln d. h. 
solche Trinker, deren Aikoholismus nicht das Symptom einer anderen 
schweren Erkrankung ist, oder bei denen durch den Alkoholmiss- 
brauch nicht schon schwere sekundâre Gehirnerkrankungen sich 
eingestellt haben, dann erst werden wir Heilungszahlen augeben 
kimnen, die den ganzcn Segcn der Totalabstinenz zeigen. 

Der Vorwurf, dass dies eine kûnstliche Verbesserung der Statistik 
sei, ist hinfllllig. Denn es wird auch keinem Menschcn einfalien, bei 
der Berechnung der Heilungszahlen von Knochentuberkulose solche 
Falle mit in Kcchnung zu zichen, wo die lokale Erkrankung nur ein 
Symptom eincr allgemeinen Tuberkulose ist, oder solche, aie, ohne 
je behandeit worden zu sein, im letzten Stadium der Krankheit dazu 
gclangen. Ein Alkoholiker aber ist nicht behandeit worden, wenn er 
nicht dem System der Totalabstinenz unterworfen worden war. 

Die vollige Abstinenz der Trinker kann in der Anstalt nur durch- 
gcîiiihrt werden, wenn aile Angestellten vom Leiter bis zum Knecht 
vollig enthaltsam sind. Auch dieser Satz ist L'ingst durch die Erfahrung 
als unumstôsslich erwiesen. Wenn es anders môglich wâre, eine 



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CONTRE L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 107 









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erfolgreichc Behandlung der Trinker zugewfthrleisten, dann wttren die 

bestehenden Trinkerheilanstalten liingst von dieser strengen Regel 

zurûck gekomnien; denn darûber darf man sîch nicht tiluschen, dass 

ihre folgerichtige DurchfOhru'ng in den Lftndern, wo die Enthaltsam- 

keitsbewegung noch nicht populfir ist, oft grosse Schwierigkeiten 

macht. Zunficnst muss man hier zufrieden sein, wenn es gelingt, ein -^ 

Personal zu haben, das wenigstcns in der Anstalt streng enthaltsam , fi 

ist. Es Iftsst sich das ja sehr einfach durch einen Kontrakt erreichen, :jtj 

dem zufolge Verletzung des Enthaltsamkeitsgebotes sofortige Ent- 

lassung nach sich zieht. Man kann auf dièse Wcise wenigstens den 

Angestellten die Wichtigkeit der Forderung klar machen, aie Herr D' ., 

Legrain sehr trcffend in die Worte fasst : « pas une goutte de liqueur ...^ 

spiritueuse ne doit franchir le seuil de rétablissement ». Idéal aber ..^\, 

wftre es, wenn man nur Qberzeugte Abstinenten aïs Angestellte hfltte. '^'i^ 

Es wird sich sicherlich ûberall eine Anzahl finden, bei denen die 

Enthaltsamkeit mit der Zeit Herzenssache wird. Aber um von vornhe- 

rein ûberzengte Abstinenten an die Anstalt zu bekommen, ist es 

wûnschenswerty dass die Enthaltsamkeitsvereine sich in den Dienat 

derAnstalten stellen. Ein Stellenvermittlungsbureau fur Abstinenten 

kônnte durch dièse Vereine organisiert werden. Es wftre ein solche ia 7^ 

auch fbr die genesenen Trinker von allergrôsster Wichtigkeit, da 

Mûssiggang fOr aie die Gefahr des ROckfalles birgt, und ebenso . :^i 

zahireicne Berufsarten aie dieser Gefahr aussetzen. Ueberhaupt ^^ 

môchte ich auf die intime Verbindung von Trinkeranstalt und Absti- 

nenzvereinen das allergrôsste Gewicht legen. In dieser Hinsicht 

erscheint mir namentlich der Verein ehemaliger Pfleglinge von 

ElHkon, Sobrietas genannt, sehr beachtenswert. 

Bekanntlich weraen gencsene Alkoholrker oft die begeistertsten 
Vorkflmpfer der Abstinenz. Im allgemeinen kann man wohl sagen, 
dass erst der Trinker fur dauernd geheilt anzusehen ist, der von der 
hohen sozialen Bedeutung der Enthaltsamkeit durchdrungen. ihr mit 
Begeisterung anhfingt. Solange sie nur als ftrztliches Gebot befolgt -^v^ 

wird, wird siezwar auch vonaiesem und jenem zeitlebens innegehalten 
werden. Im allgemeinen aber ist die Verfûhrung der guten Freunde, -^^ 

der Ehegatten in Verbindung mit dem menschlichen Lcichtsinn viel 
stftrker als der flrztliche Rat. Dazu kommt oft noch der Umstand, 
dass der geheilte Trinker wegen irgend welcher Beschwerden in die 
Behandiung von Aerzten kommt, die ihm sofort mit dem Yorwurf 
einschOchtern : Was, sie trinken nichts ? Machen sie doch nichtsolchen 
Unsinn mit! Der Alkoholiker aber, der sozusagen ein Ritter der Absti- 
nenz geworden ist und in Bezug auf die AIkoholfrage fest im Sattel 
sitzt, der kann gegenûber allen Gefahren als unbedingt sicher 

Îelten. Wenn ichin diesemSinne von geheilten Alkoholikern spreche, 
ann glaube auch ich, dass sie sich ganz besonders zur Anstellung in 
Trinkeranstalten eignen, und dies um so mehr, aïs ihr Beispiel viel 
milchtiger wirken wird als das vicier anderer, die zwar auch aostinent 

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108 vil* coNcniis intbbnational 

nus Ueberzeugung sînd, die aber nie den Fluch des Alkohols am 
eigcnen Leibe kennen gelernt haben. Wenn die Abstinenz nicht nur 
eiiie ilrztliche YerordnuDg sondern vor allem auch ein Erziehungs- 
mittel sein soll, so muss eben besonders das Beispiel wirken. llnd 
diescr erziehcrische Wert der Abstinenz ist ganz besonders zu beach- 
tcn. Sind die Alkoholiker auch Kranke, so ist doch ihr Leiden raeist 
eine Folge von Leichtsinn, thôrichter Grossthuerei und Nach&ffung. 
Unreife Anschauungen, ein mangelhaft gefestigter Character, allzu 
frCihe Gewôhnung an Luxus aller Art sind bei Gebildeten immer 
schuld an der Trunksucht, wfthrend ungenûgende Bildung und Mangel 
an bcsseren Genûssen die misera plebs dem AIkoholismus in die Arme 
trciben. Die Trinkerheilanstalt bat die Pflicht naehzuholeny was 
Eltern, Lehrer, Staat an diesen Unglûcklichen vcrsàuint haben. Sie 
muss sielehren,an Edlercm sich zu erfreuen, sie muss ihre Ansichten 
klâren und bessern und ihren Character festigen. Sie zeigt ihnen 
daher vor allem, dass es ein Leben giebt, das voni Fluche oes Alko- 
hols nicht berûhrt ist, dass der Alkonol nicht nur entbehrt werden 
kann zu jeder Art geistiger und korperlicher Arbeit, sondern dass 
dièse ohne ihn sogar viei besser gerftt. Sie zeigt ihnen, dass der 
Menschen Arbeit und Geniessen gleichmflssiger und befriedigender 
ist in der Abstinenz als unter dem Alkoholgenuss, und dass, wenn 
der Alkohol auch die Sorgen wegscheucht, er die Ursachen der Sorgen 
doch nicht entfernen kann, wie es die Abstinenz thut, deren Folgen 
Ersparnisse und wirtschaftlicher Fortschritt sind. Der Trinker sient, 
dass ein solches Leben wirklichen Sonnenschein spenden kann 

fegenûber dem kurzen Traume von Sorglosigkeit, der Alkoholbetâu- 
ung, die schnell verlliegt, um desto tieferem Kussmute Platz zu machen. 
Dicse Erziehung der Alkoholiker zur Abstinenz und zu besseren 
Rcgungen kann nur erreicht werden, wenn die Kranken sich ver- 
trauensvoll der Fûhrungdes Anstaltsleitera hingeben, wenn ein Gefûhl 
der Zusammengehorigkeit das ganze Anstaltsleben beherrscht, das 
ich nicht besser bezeicnnen kann als mit den Worten Herrn D' Legrains 
a Une vie de famille ». 

Die moralische Genesung der Trinker verlangt, dass in den An- 
stalten stets ein sittlich ernster Ton gewahrt werde ; ohne ihn werden 
aile Bestrebungen erfolglos sein. Man macht leider oft die Erfahrung, 
wie leicht durcn einen seichten Witz oder eine nnanstftndige Bemer- 
kung namcntlich bei neulingen ein Ton einreisst, der den ganzen 
Geist der Anstalt gefâhrdet. Aile Alkoholiker verflachen ja bekanntlich 
und finden an den banalsten Sachen Gefallen ; es entspricht ihrer 
sittlichen Minderwertigkeit, dass Obsconitftten undVerunglimpfungen 
(lUes dessen, was anderen Menschen heilig ist, ihnen YergnOgen 
herciten. Mit Nachdruck mûssen aile solche Tendcnzen niedergehalten 
werden, und gegen Verstôsse dieser Art ist unnachsichllich einzu- 
schreiten, wenn mnn nicht sehr bald die allerûbelsten Folgen davon 
sehen will. 















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CONTRE L*ABUS DES BOISSONS ALCOOLIQUES t09 

Dass dieser ernste und sittliche Ton in keiner Weise einer harmlosen 
lleîtcrkeit und wirklich gedietrenen Ycrgnûgungen abhold ist, braucht 
nicht besonders béton t zuweraen. Die Anstalt soll eine Stâtte heiteren 
Beisainmenseins bilden; gediegcner Ilumor und Belustigungen, die 
ailes niedere meiden, sollen dort willkomraen sein. 

Selbstvcrstttndlich muss auch die Religion in der Trinkerheilanstalt 
ihre Stdtte finden. Viele Trunksûchtige horen vielleicht in der Anstalt 
zum ersten Maie wieder Worte, die in Erinnerung an harmlose Tage 
der Kindheit ihrer Zauber auTsie noch nicht verloren haben. Ds^ss die 
religiôsc Beeinflussung nicht ûbcrall angebracht ist, wird niemand 
bezweifeln.Fûr Bekehrungsversuche an Unglâubigen ist in der Trin- 
kerheilanstalt am allerwcnigsten der Platz. Der Geistlicheywird aber 
schr bald durch den Umgang seine Leutekennen und sichvorZelotismus 
und Proselytismus hûten, um denen die Quelle der Religion um so 
lieber zu erschliessen. deren Ilerzen dafûr empfânglich sind. 

Auch darf die rçligios-sittliche Beeinflussung nicht in engherzig 
moralisierender Aufiassung, dass Trunksucht eine Sûnde sei, beffrûn- 
det sein. Schon der langjânrige Leiter der ftltesten Trinkeranstalt der 
Welt, Pastor Hirsch, wies darauf hin, dass es sich bei Trunksûchtigen 
viel mehr uni Kranke als um lasterhafte Menschen handelt.Wirwissen 

i'a, dass die sittlichen Mângel der Trinker meist Folgen des Alkoho- 
ismus sind. Daher wird die Beeinflussung darin bestehen mûssen, 
zurûck getretene Glaubensregungen neu zu beleben, den Pflegling zu 
festem, religiôsem Vertrauen und Empfinden zu erziehen una damit 
Seibst^rtrauenyCharacterfestigkeitundSiegesfreudigkeitzuerwecken, '\ji 

niemals aber in dem Bestreben, den Pflegling von der Sûnde der 
Trunksucht bekehren zu wollen. 

Noch zwei Punkte sind ferner fur die Behandiung vonTrunksQchtigen 
wichtig und mûssen in den Trinkerheilanstalten durchaus beachtet 
werden, nâmlich Arbeit und Disciplin. Was die Arbeit betriift, so ist 
sie schon deswegen nôtig^ um dîe Anstalt nicht zu einer Brutstfttte 
von Faullenzertum und Bummelleben zu machen. Sie ist aber auch ein 
vorzûgliches Heilmittel, und schliesslich kommt vor allem ihr 
erzieherischer Wert in Betracht. 

Was den rein medizinischen Wert der Arbeit betrifTt, soist jetzt bei 
uns in Deutschland eine lebhaftc Bewegung fur sogenannte Arbeits- 
Kuren cntstanden, und dièse werden besonders fur Alkoholiker und 
Nervenkranke cmpfohlen. Die vielseitige Bedeutung korperlicher 
Arbeit fur Trinker hat Kerr in seinem grossen Werke so ûberzeu- 
gcnd dargelcgt, dass icii mich daraul bcschriinken kann, auf seine 
AusfOhrungen hinzuwcisen. Der erzieherische Wert der Arbeit ist 
daneben von der aller grussten Bedeutung. Es sind ja die Trinker 
zumeist Menschen, die keine oder doch keine konsequente Arbeit 
mehr gewohnt sind, zuinteil solche, die niemals gewusst haben, 
was arbeitcn heisst. Auch hier holt die Anstalt nacn, was an den 
Pfleglingen versâumt worden ist. Sie soll nicht nur die Arbeitskraft ( 









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110 vil* CONGBBS INTERNATIONAL 

der Pfleglinge entwickeln, sondern auch Lust zur Arbeit wecken. 

DΣ Frage der Beschftftigung der Pfleglinge ist eine der aller 
wichtigsten. Wenn wir der Arbeit den dreiTachen Zweck zuerkenoen, 
nUmlich den Kôrper zu stfthlen, den Geist abzulenken und vor allem 
Lust zur Arbeit zu crwecken und zu pflegen, so mûssen wir gestehen, 
dass die Auswahl der Arbeit eine senr schwierige ist. Besonders um 
die belden letzten Ziele zu erreichen, ist es vôllig unmoglich, nach 
bestimmten allgemeinen Vorschriften zu verfahren. Hier muss in 
umsichtiger Weise und mit feinfahligem Eingehen auf Neigungen und 
Abneigungen der Pfleglinge indiviaualisiert werden. Anorerseits ist 
freilich zuzugeben, dass die Kunst zu individualisieren unter Umstân- 
den an den einfachen realen Verhiiltnissen der Anstalt zerschellt. 
Man kann nicht fCir jede Liebhaberei ein Atelier odcr einé Werkstfttte 
errichten; auch werden manche Neigungen der Pfleglinge in diesel* 
Hinsichteinfach ârztlichen oder administrativen Bedenken bcgegnen. 

Vom Standpunkte der Yerwaltung wftre esja gegenûber demBerûck- 
sichtigen so vieler individueller Wûnsche sehr vorteilhaft, wenn die 
Arbeit biszueinem gewissen Grade fOr aile gleich sein kônnte. Eswird 
sich das auch in denjenigen Anstalten durchfûhren lassen, die ihre 
Kranken aus der Klasse der Arbeiter erhalten. Es Hegt nahe, dièse 
Pfleglinge wie in anderen Anstalten landwirtschaltlichzu beschâftigen. 
Die Anstalt ist aus finanziellen Grûnden auf landwirtschaftlicnen 
Betrieb hingewiesen, und die Arbeitskraft der Pfleglinge findet dabei 
nicht nur passende Gelegenheit zur Verwertung, sondern gerade die 
Landarbeit muss auch in erster Reihe als geeignet angesehen i^erden, 
die kôrperliche und geistige Genesung der Trinker zu fordern. Der 
dauernde Aufenthalt m frischer Luft, die energische Muskelthfltigkeit 
bewirken Appétit und Schlaf, und die vielseitige Inanspruchnahme der 
Glieder im Stehen, Bûcken,Knieen ist zugleichdie idealsteGymnastik. 

Wir sehen nun Landarbeit auch in Anstalten durchgefûhrtjdie nicht 
nur von Pfleglingen der sogenannten arbeitenden Klassen sondern 
auch von Gebildeten besucht werden. In Ellikon ist man damit recht 
zufrieden. Ich glaube, es kommt hierbei sehr viel, wenn ich so sagen 
darf, auf den genius loci an. Bei meinen heimatlichen Verhaltnissen 
ist es von vornherein schon schwer, besser situierte und Arbeiter in ein 
und derselben Anstalt zu verpflegen ; beiden dieselbe Arbeit aufzuer- 
legen halte ich fur undurchfûhrbar. Leichter Iftsst sich kôrperliche 
Arbeit bei Gebildeten erreichen, wenn sie unter sich in einer beson- 
deren Anstalt sind. Zu landwirtschaftlichen Arbeiten wird man aber 
hier wieder deswegen nicht greifen konnen, weildas sehr wesentliche 
Moment der Arbeit, die .Ffthigkeit das Interesse der Pfleglinge zu 
fesseln, was bei Gebildeten natûrlich viel mehr notig ist, aieser 
mechanischen Arbeit ermangelt. Gerade den Gesichtspunkt môchte 
ich abcr'vor allem im Auge behalten wissen, dass die Arbeit auch ein 
moralisches Heilmittel sein soU. Den medizinischen Wcrt der kôrper- 
lichen Arbeit konnen wir bis zu einem gewissen Grade auch durch 






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CONTRE L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



111 



Gymnastik, Massage, Elektrîcîtlit, Terrainkuren erreichen. Aber die 
wirkiîchc planmlissiffe, mehr oderwenîger produktive Arbeitwird durch 
kein physikalisches rleilmittel ersetzt. 

Es ist nicht zu leugnen, dass es gerade bei den energielosen, 
schlafleii Trinkern ausserordentlich schwer hâlt, wirkliche Arbeltslust 
7.U erwecken. WenD Herr Collège Smith den Pfleglîngen die Arbeit 
dadurch annehmbar inacheii will^dass er nur solche giebt, von der die 
Kranken spâter einen materiellen oder doch einen acsthetischen 
Gewinn haben, so ist dieser Gedanke im allgemeinen gewiss vôllig 
richtig. Ich stimme auch dariri Smith bei, dass Gartenaroeit in jeder 
Art, Obstbau, Blumenzucht, Landschaftsgftrtnerei und sonstige Spe- 
cialitiiten hier in erster Rcihe in Betracht kommen Ich seibst habe 
schon vor *zwei Jahren versucht, diesen Gedanken zu verwirkiichen, 
indcm ich mit meiner Anstalt einc Gartenbauschule verbindcn wollte, 
ein Plan, der leider aus Musseren Grûnden nicht zu Stande kam. 
Gartenkunst scheint thatsftchlich Ailes zu vereinen, was wir von der 
Arbeit in Trinkerheilanstalten verlangen : sie notigt zum Aufenthalte 
im Freien, ist nach meinen Erfahrungen imstande, bei fast allen 
Pfleglingen das Interesse zu wecken und gewfthrt ausserdem noch 
vielen dieMuglichkeit, dieerworbenenKenntnisse spâterzu verwerten, 
sei es auch nur in dem Sinne, dass sie eine hygieinisch vorteilhafte 
und ablenkende, daher auch vom uden Wirtshausleben abziehende 
Liebhaberei haben. Hat doch die Gartenkunst zu allen Zeiten auch 
unter grossen Mflnnern Freunde gefunden ; denken wir an die berûbmien 
Worte Diokletians, als ihm Maximian aufforderte, wieder das Scepter 
des Reiches zu ergreifen : Ich wollte, ihr sfihet das Gemûse, das ich 
gepflanzt habe, ihr wûrdet mir dann nichts mehr vom Rciche sagen. 
Auch ein Iladrian, ein Karl der Grosse, ein Goethe, der die Pflan- 
zcnkunde die lieblichste der Wissenschaften nannte, waren Freunde 
der Gartenkunst. Das beweist die hohe Fâhigkeit derselben, 
die Menschen zu fesseln und ihre aesthetischen Ansprûche zu 
belViedigen. Ich môchte sie daher in erster Linie zur Anwendung in 
Anstalten empfehlen, die von Gebildeten besucht werden. Aber auch 
in Anstiilten lûr Trinker der arbeitenden Klasse soUte man sie neben 
der landwirtschaftlichen Arbeit nutzbar machen. Hier wird nun freilich 
ihrwesentlicherWert, das xt^i^lx tU âct, fur die grosse Mengeillusorisch, 
weil die meisten Pfleglinge spâter kaumMittel und Zeit haben werden, 
aus der GUrtncrei Nutzen zu ziehen. Immerhin werden sich einige 
Pfleglinge finden, denen sie doch auch sptiter zu gute kommt. Im 
ftbrigen wird man die Handwerker am besten nach ihren Kenntnissen, 
die grosse Mengc aber als Arbeiter in der Landwirtschaft oder im 
llaust; beschitrtigen. 

bas Vcrfahren, diesc Pfleglinge um Lohn arbeiten zu lassen^ ist 
iMnpfehlcnswert. Der Trinker, der nach seiner Entlassung in den 
liarten Kanipf um das lâgliche Urod kommt, wird in der Anstalt 
ireudiger arbeiten, wenn cr sich dabei schon einen kleinen Gewinnst 









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vil* CONGRES INTERNATIONAL 



ersparen kann. Von diesen Lôhnen kunnen unter Umstftiiden die 
daruendcn Angchorigen untçrstQtzt werden ; auch kôniien siezu beson- 
deren Zulagen in der Verpflegung des Pfleglings verwandt werden. 
Eine solchc Lohnzahlung kann natQrlich nnr bci Anstalten in Frage 
kommen, die so gestellt sind, das» durch die gezahlten Lohne das 
Budget nicht fCihlbar belastet wird. Es konnte sonst leicht vorkommen, 
dass die Yerpilegnng der Trinker darunter leidet. Danach kâmen 
dafiir nur ôfTentliche Anstalten und solche Stidungen in Betracht, die 
reiche UcberschOsse erzielen oder an sich reich sind. Fur Privatan- 
stalten dûrfte ubrigens die Frage kaum zu erortern sein, da sie sich 
voraussichtiich aul die Behandlung vermogendcr Trinker beschrân- 
ken werden. 

Auch unter den gebildeten und vermogenden PfFeglingen werden 
manche sein, fiir die andere Beschâftigungen in den Vordergrund 
tretcn mùssen. Yielfach bekommen wir ja vernichtete Existenzen in 
die Anstalt, OflTiziere und Beamte, die ihre Karriere haben aufgeben 
mUssen, Kaufleute^ die in ihren Verhiiltnissen zurûck gekoramen 
sind. Ihncn muss die Anstalt die Neubegrûndung einer Existenz oder 
die Wiederaufrichtung der Verhftltnisse erleichtern. Die Pfleglinge 
haben wdhrend des langen Aufenthaltes in der Anstalt reichlich Zeit, 
sich Kenntnisse zu erwerben, die ihnen bei ihrem neuen Beruf nûtz- 
lich sind. Sie kunnen fremde Sprachen studieren. Sténographie, 
Buchfûhrung erlernen oder sonst theoretisch vorarbeiten. Unter 
besonderen llmstUnden wird es angehen, dass ein. Pflegling in der 
Anstalt seine Berufsthâtigkeit fortsetzt. 

Dass jedoch ein Zimmerstudium und Stubensitzen nicht Idéale fur 
eine AnstaltsbeschUftigung sind, versteht sich von seibst. Hier die 
richtige Abwechsiung mit Bewegung und Arbeit imFreien zu treiTen, 
wird Sache des Leiters sein. 

Bei der Forderung korperlicher Arbeit wird man vielfach und zwar 
besonders bei Gebildeten deswegen auf Widerstand stossen, weil der 
Pflegling einfach dazu nicht im%tande ist. Abgesehen von der Erschlaf- 
i'ung und Entkrâftung durch den Alkohol liegt bei vielcn die einfache 
Ursache vor, dass sie korperliche Arbeit ûberhaupt nicht gewôhnt 
sind. Ungeschicklichkeit, clie bei unzweckmâssiger Kraftverteilung 
zu schneller Erschopfung fohrt, und mangelhafte Muskelkraft vereiteln 
anfangs aile Versuche. Herzklopfen, starke Abgeschiagenheit, Schmer- 
zen in allen Gliedern schrecken den Pflegling von der verlangten 
Arbeit zurûck Hier gilt es, verstftndig zu trainieren und den Trinker 
durch ârztlich zugemessene Beschftftigung allmahlich an anstrengen- 
dere Arbeit zu gewôhnen. Zweckmftssig Kann es sein, hier erst mit 
kûnstlicher Gymnastik vorzuarbeiten. \Vo sich Arbeit in keiner Weise 
erreichen Iftsst, muss man sich auf Gymnastik ûberhaupt beschrflnken. 

Wichtig ist, dass rege Arbeitsfreudiekeit den ganzen Geist des 
Hauses kennzeichne. Exempla trahunt gilt hier ganz besonders. FOr 
FauUenzer ist kein Platz in der Trinkerheilanstalt. Pûnktiiche Pflicht- 



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CONTRB L ABUS 0B8 BOISSONS ALCOOLIQUES 



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erfûllung und emsigcr Fleiss bel allen Angesstellten mûssen dem 
Ptlegiing voran leucnten. 

Dass dieser Geist der Arbcitsamkeit in keincr Wcise damit iin 
Wlderspruche stcht, dass den Insassen eine rciche Auswahl von 

Bedicgenen Unterhaltungeu geboten wird, versteht sich von selbst. 
iefzii sind die Sonntage und Feiertage und die Abende zu benutzen. 
An arbeitsfreien Tagen konnen grossere Ausfliige unternommen 
werden oder sonatige Unterhaltungen geselliger oder belehrender 
Art geboten werden. Einige Abende konnen^ der Bclehrung ûber die 
Alkoliolfrage gewidmet werden dureh Yorlescn einschiâgiger Schrif- 
ten und daran angeschlossene Diskussionen. Die Pflegling^ mussen 
so intensiv wie moglich mit der AlkohoUVage vertraut werden, damit 
sie spflteren Angriuen gegenûber nicht wehrlos sind. Populflrwissens- 
chaftliche Vortrâge, sowie allerhand Spiele mûssen Abwechslung und 
Zerstreuung bieten. Von Spieien mochte ich namèntlich auf die ini 
Freien hinweisen wie Kegelbahn, Laufspicle, Lawn-Tennis u. s. w. 
Jede Gelegenheit, den Pfleglingen gediegene Unterhaltung zu 
bieten, die ihr iisthetisches Empfinden verfeinert und ihre Kenntnisse 
erweitert, soUte wahrgenommen werden. Dazu bietet die Nâhe einer 
grôsseren Stadt oder wo dies nicht der Fall ist, die Schaar wandernder 
Vorleser und Kûnstler Gelegenheit. Auf Zcrstreuungen dieser Art 
sollte gerade auch in den Anstalten fur Trinker der ungebildeten 
Klassen grosser Wert gelegt werden. Es ist gewiss nur von Yorteil 
und erhoht den Segen der Trinkerheilanstalt, wenn sie so zu sageu 
auch in der allgemeinen Bildung zur Lehrerin wird. Denn Unkenntnis 
lastet auf diesen Opfern des Alkohols aïs schwerstes Hemmnis einer 
socialen Besserung. Ja, ich wûrde mich sogar mit dem Gedanken 
befreunden^den Ungebildeten in den Trinkerheilanstalten regelrechten 
Unterricht in denjenigen Fftchern ertcilen zu lassen, die ihnen am 
vorteilhaftesten wiiren. Ich wûrde die Anstalt fur nicht voUkommèn 
halten, in der ein bildungsHihiger Analphabet nicht schreib-lese- 
und rechenkundig wQrde. 

Das Leben in Trinkerheilanstalten muss streng geregelt sein. Es 
muss der Dienst gewissermassen militUrisch geordnet' werden. Die 
Gcwohnung an dièses System kann nur behilflich sein zur Erziehung 
der Alkoholiker, die ja meist ein Leben hinter sich haben, das nicht 
nach Zcit und Ort fragte. Ein nach dem Ermessen des Leiters auszu- 
stellender Plan muss (or jede Stunde die Arbeitvorschreiben und von 
dicsem Plane dûrfcn Abweichungen nur mit besonderer Genehmigung 
in einzelnen F&llen stattfinden. Eine solche Tageseinteilung sichert 
gieichzeitig die Durchfûhrung derjenigen Disciplin, ohne die eine 
erfolgreiche Behandiung der Trinker nicht durchfûhrbar ist. Wenn 
man in Bczug auf die DurchfAhrung der llausordnung ein einziges 
Mal eincm PHc^ling Concessioncn macht, dann hat man sogleich mit 
den grossten Scliwierigkeiten zu kiimpfen. Ich ptlege daher in Erman* 
gclung andercr Mittel zur Errciehung dièses Zwcckcs Verstosse gegen 



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114 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

die Hausordnung im Falie der Wiederholung sofort mit Entlassung 
zu ahnden. Das wird dem Eintretenden von vorn herein angekûndigt ; 
und dies hat allerdings zur Folge, dass ein erheblicher Teil der 
Aurgenommenen sehr bald dièse Hausordnung als lâstigen Zwang 
empfindet und freiwillig die Anstalt verlâsst, ehe ûberhaupt in Bezug 
auf den Alkohol irgend welche wirksame Beeinflussung Platz gegrifien 
hat. Es ist das fur die Trinker selb&t ja sehr zu bedauern ; abcr 
auch die Anstalt leidet daruntcr^ da mitunter der Abgang ein ziemlich 
erheblicher ist, und dann oft die verfûgbaren Plutze unbenutzt 
bleiben, wodurch sogar finanzielle Schwierigkeiten entstehen kûn- 
nen. Aber der Geist des Hauses wird dem gegenûber gewahrt, und 
die zurûck bleibenden Pfleglinge sehen an dieser Unnachgiebigkeit 
des Leiters, wie wichtig die Sache sein muss und fassen um so 
festeres Vertrauen zur Behandlung. Denn welcher Anstaltsbesitzer 
wird so thôricht sein, gegen sein eigenes matérielles Interesse zu 
handeln, wenn ihn nicht die Rûcksicht auf die fundamentalen Bedin- 
gungen fur eine erspriessliche Yerwirkiichungseiner huheren Absich- 
ten dazu bewegte. Das ganze Wesen der Trinkerheilanstalt verlangt, 
dass namentlicn Verstôsse gegen den guten Ton und gegen aas 
Abstinenzgebot unter keinen Umstânden durchgehen. Man nat daher, 
in Bezug auf das letztere, in einigen Lândern, wo Gesetze ûber die 
Trinkerversorgung bestehen, das Einschmuggeln geistiger Getrânke 
in Trinkeranstalten mit Strafen bedroht. Ich mochte dies bei gesetz- 
licher Regelung der Trinkerbehandlung ûberall zur Annahme empfeh- 
len. Ich legc oabei wenig Wert auf die Verhûlung solcher Vorkora- 
mnisse durch die drohende Strafe ; aber Gesetze kônnen ihr Teil 
dazu beitragen, das Yolk zu erziehen, und durch solche Bestim* 
mungen lernt es den Ernst der Sache begreifen. 

Von eigentlichen Disciplinarmitteln verspreche ich mir wenig 
Erfolg. Sie konnen ûbrigens auch nur bei solchen Anstalten in Frage 
kommen, die Zwangsnufnahmen machen, oder die, wie es in England 
der Fall ist^ mit dem freiwilligen Eintritte zwangsinassige Zurûckhal- 
tung verbinden. Im Allgemeinen kann man sagcn, dass Alkoholiker, 
die ûberhaupt besserungsfâhig sind, unter ocm Abstinenzsysteme 
bald fûgsam werden und auch ohne Disciplinarraittcl verhâltnismftssig 
leicht bei der Hausordnung zu halten sind. Fortgesetzte Renitcnz 
macht den Pflegling jedenfalls verdAchtig, als seien bei ihm neben 
dem Alkoholismus noch andere Sachen im Spiele. Bei diesen wird 
man schliesslich auch durch die schârfsten Disciplinarmittel nichts 
crreichen. Zumeist handelt es sich um geistig abnorme Naturen, die 
moglichst bald entfernt werden mûssen. Die Thatsache, dass solche 
Trinker entlassen und womoglich einer Anstalt fur unverbesserliche 
Trunksûchtige zugefûhrt werden, wird fur diejcnigen, die dessen 
bedûrfen, Schreckmittel genug sein, um ihnen die Lust zu Widersetz- 
lichkeiten zu verleiden, bis mit fortschreitender Genesung die allein 
rettende Einsicht und Vernunft kommt. Immerhin mochte ich mich 



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CONTIIB L ABVS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



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fur gewisse FftUe nîcht vôUig ablehnend gegen die Anwendung von 
Disciplinarmitteln verhalten. Fur Anstalten, die Zwangsaurnanmen 
machen, werden sie kaum zu umgehen sein. Eine allgemeine Regelung 
der Frage halte ich jedoch fur unzweckmâssig ; dem Leiter muss die 
Anwendung der Mittel, die strenge Indiviaualisierung verlangen, 
ûberlassen bleiben. Dabei steht ihm ein sehr wirksames und dabei 
doch kaum aïs Strafe empfundenes Mittel in der Entziehung gewisser 
Vertrauensbeweise auf emige Zeit zur Verfûgung. Niemals oarf eine 
Beschneidung der Kost oofer eine Ausschliessung von allgemeinen 
Rechten angewandt werden. Unter Umstfinden konnte freilich eine 
strengere ftrztliche Beobachtung Platz greifen um festzustellen, ob 
beîm Pflegling andere I^ankheiten mit im Spiele sind ; eine solche 
Beobachtung wird aïs Disciplinarmittel eihpfunden werden und 
wirken, soflte aber nicht planmftssig als solches zur Anwendung 
kommen. 

Damit môchte ich die GrundzQge des Lebens in Trinkerheilanstalten 

S^kennzeichnet haben. Wenn ich es kurz zusammenfassen soU, so 
ue ich es mit den vier Worten: Enthaltsamkeit und Fleiss, Sittlicb- 
keit und Ordnung. Der Geist der Nâchstenliebe, der Aufopferung und 
treuen PflichterTQllung und der Geist militârischer Zucht und 
Ordnung mûssen sich hier vcreinen, um aus den egoistischen, 
brutalen, pflichtvergessenen schlaffen und haltlosen Trinkern wieder 
brauchbare Glieder der menschlichen Gesellschaft heran zu bilden. 

Aus dem Gesagten ergiebt sich von selbst, dass unverbesserliche 
Trinker, Geisteskranke, Epileptiker von der Heilanstalt fern gehalten 
werden mûssen. Es wftre nicht notig darauf hinzuweisen, wenn nicht 
bisher die Alkoholiker vielfach in Irrenanstalten untergebracht 
wûrden. Geisteskranke und Epileptiker kônnen nicht derjenigen 
Disciplin unterworfen werden, die fur Trinker unerlSsslich ist und 
mûssen dahcr der Trinkeranstalt fern bleiben. Was die unverbesser- 
lichenTrunksûchtigenanlangt,deren Fernhaltung ich schon wiederholt 
gleichfalls als notig hingestelt habe, so wira sich ihre Aufnahme 
in eine Heilanstalt in keiner Weise immer vermeiden lassen, zumal 
das Urteil, ob ein Trinker heilbar ist oder nicht, oft erst durch 
Beobachtung in einer Trinkerheilanstalt wird gewonnen werden 
konnen. Wie es moglich ist, dièse fatale Thatsache moglichst durch 
die Einrichtung der Anstalt zu umgehen, môchte ich spâter zeigen. 

Was die Geisteskranken betrifl\, so ist natûrlich scharf zu scheiden 
zwischen geisteskranken Trinkern und trunksûchti^en Geisteskranken. 
Dièse, d. h. Geisteskranke, die neben ihrem psychischen Leiden noch 
Alkoholiker sind, gehuren unter allen Umstftnden in die Irrenanstalt. 
Von den Imbecillen und moralisch perversen sehe ich hier ab ; die 
Unterbringung dieser in besonderen Anstalten hat Ihnen Herr Profes- 
sor Forel schon als notwendig dargelegt. Anders liegt die Sache bei 
reinen Alkoholikern, die infolge ihres Trinkens geisteskrank geworden 
sind. Handelt es sich bereits um unheilbarc Intelligenzdefekte, so 



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sind sie nat&rlich ebenfalls ein fQr aile Maie von der Aufnahroe in die 
Trinkerheilanstalt ausgeschlossen. Auch protrahierte Zustânde alkoho- 
listischer Geistessturung, wie z. B. die Wahnsinnszustânde, sind 
tern zu halten. Dagegen ist es sehr wohl ang^ngig, schnell vorûber- 
gehende Storungen wie das Delirium tremens, die trunkùllligen 
Sinnestftuschungen, die pathologischen Rauschzustflnde einfach in die 
Trinkerheilanstalt aufzunehmen. Es muss dann allerdings dafûr 
gesorgt werden, dass sie auf einer ffesonderten Abteilung behandelt 
werden. Solche Fftlle sind eben in der Trinkerheilanstalt am besten 
versorgt, weil unter der Abstinenz die Storungen fast ausnahmslos 
schnell verschwinden. Ëinen Nachteil von der Aufnahme solcher Fâlle 
habe ich nie gesehen. Ich glaube im Gegenteile, dass sie sogar einen 
gewissen guten Einfluss im Sinne der Abschreckungstheorie ausûbt. 
Aber das wftre dabei Nebensache. Die Hauptsache oleibt, dass dièse 
Kranken sogleich unter Verhâltnisse kommen, die jede weitere 
Alkoholzufuhr unmoglich machen. Wir werden ûbrigens auch von 
Geisteskranken nicmals die Trinkerheilanstalten frei nalten konnen. 
Wenn unmittelbar nach der Aufnahme ein Trinker délirant wird 
oder ein wâhrend des Transportes délirant gewordener Trinker 
anlangt, so konnen wir ihn nicht sogleich abschieben, zumal wenn 
keine Irrenanstalt in der Nâhe liegt. Geradc die Erfahrung mit dem 
Abstlnenzsysteme zwingt uns zu warten, ob nicht schon in wenigen 
Tagen die ganze Storung vorbei ist. Jedenfalls aber ist zu bedenken, 
dass der erneute Transport Anforderungen an Gehirn und Herz 
des Kranken stellt, die ihm erspart werden mûssen. 

Das Gleiche gilt fQr epileptiscne Trinker. Ich trage kein Bedenken, 
sie in die Anstalt aufzunehmen, da die' Anfâlle ja meist mit dem 
Alkoholmissbrauche verschwinden'. Thatsftchlich habe ich nur ein 
einziges Mal in der Anstalt An (ïUe gesehen, wfthrend auch beivielen 
andcren die Anamnese welche erwarten liess. 

Weiterhin môchtc ich dié Frage anreihen, ob es zulflssig ist, Mftn- 
ner und Frauen in gemeinsamen Anstalten zu behandeln. Das Verfah- 
ren ist in den einzelnen Anstalten verschieden, und die Ansichtender 
Autoren widersprechen sich darin. Ich halte eine Trennung der 
Geschlechter iûr ebenso wenig notwendig, wie sie in Irrenanstalten 
durchgefûhrt ist. Bei der mehr oder minaer schnellen Besserung der 
Alkoholiker unter der Abstinenz scheinen mir sogar die Bedenken 
fnr Trinkerheilanstalten noch geringer als fQr jene. Im AUgemeinen 
sind Vcrstôssegegen die Sittlicnkeit viel seltener zwischen Pfleglingen 
bcider Geschlechter, wie man in allen Krankcnanstalten beobachtcn 
kann, als zwischen dem Personal. Des wciblichen Personals wird aber 
auch eine Anstalt fQr Mânncr nicht ganz entbehren konnen und des 
miinnlichen nicht eine Frauenanstalt.GuteAuswahl der AnzustcUenden, 
strengc Aufsicht und Ordnung sind hier wirksamer als eine Scheidung 
der Geschlechter in verschiedene Anstalten, die doch auch gewisse 
Nachteile hat. Ich môchte nflmlich gerade dem gcselligen, harmloscn 



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CONTRE L*ABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 117 / j 



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Vcrkehre der verschicdenen Geschlechter bei Festlichkeitcn u. s. w. 

clas Wort reden. Es liegt auch darin eiii crzieherisches Moment. Wie 

so gaiiz aiiders gestaltet sich hier das Bcisammenleben als es die 

Pileglinge von iVûher her kennen. Hier herrscht keine vom AIkohol 

erhilzte Sinnlichkeit, keine LasciviUU, kein rohes poltemdes Reden ; 

harmlos heiter und décent vcrlUuft das Beisammensein. Und auQallend 

ist, wie schnell sich bei allcn Alkoholikern plotziich der Sinn Tur das \ 

Décorum hebt, wenn sie in der Anstalt mit Frauen zusammen kom- 

mcn, Auch nul* die Trinkcrin wirkt der ^esellige Verkehr mit dem v 

auderen Geschlechte nicht ungfinstig, sondern in der Weise gûnstig . - 

cin» dass sie sich mehr zusammenraift und mehr auf sich achtet. In *^ 

den Anstalten fur Unbemittelte ist noch daran zu erinnern,^dass hier 

durch Aufnahme von Frauen fur die Anstalten auch die weiblichen 

Arbeitskrftfte fur Kûche, Waschkiiche, Nilh-und Flickarbeit gewonnen 

werden, die sonst besonders beschall't werden mûssen. 

Ebenso geteilt wie ûber diesc Frage sind die Meinungen darûber, 
ob Besitzende und Besitzlose, Gcbildete und Ungebildete zusammen 
verpHegt werden konnen. Hier durlten die Verbal tnisse ûberall das 
Verl'ahren bestimmen, wenn die Trinkerversorgung erst mehr populSr 
wird. Die ganze Frage erscheint mir daher nicht diskutabel. Die 
Grûndung besonderer Anstalten fur Gebildete und Vermogende wird 
sich in manchen LUndern deshalb als notwendig ergcben, weil viele 
Trinker der besseren Stânde sich daran stossen werden, in Anstalten 
zu gehen, in der die unteren Volksklassen in der Ueberzahl vertreten 
sina. Es wâre das freilich hinfâUig, wenn Zwangsaufnahmen zulftssig 
wâren; denn dann wûrden die Trinker wie die Geisteskrnnken ohne 
Rûcksicht auf ihre Abneigung in die gemischte Anstalt gebracht 
werden, die vielleicht zwei oder drei verscniedene Vcrpflegungskiassen 
hiittc. Abcr ich mochte ger<ide auf das Missiiche einer verscnicdenen 
Verpflegung lur einc Anstalt hinweisen, wo aile Pileglinge derselben 
strcngen Ilausordnung, demsclbcn Arbeitszwange» derselben mora- 
lischen Bceinflussung unterworfen sind. Fin* mich beruht fernep ein ^ 

Hauptwert der gesetzlichen Zwangsvcrsorgung in dem moralischen 
Drucke, der vicie Trinker vcranlassen wird, freiwillig eine Anstalt 
aufzusuchcn, ehe sie wider ihren Willen dorthin gehnacht werden. 
Dièse freiwilligen Aufnahmen mussen sosehr, wie nurimmer moglich 
erloichtert werden, und dazu sind auch exclusive Anstalten notig, die 
sich auf die besser situterten TrinkcM- bcschrânken. Ich gcbe zu, dass 
in einzelnen Llindern dièse Notwendigkeit nicht so hervortritt. 
Gleichwohl ist auch in der Schwciz dicsem Bedûrfnisse neuerdings 
Rechnung getragen worden. \Yo aber die Standesunterschiede noch 
so lebhaft empfunden werden wie in Dcutschland und in England z. B. ^ 

muss man sie auch berûcksichtigen, wenn die Trinkerversorgung 
nicht einseitig und unvoUkommen uleiben soll. 

Schliesslich ist auch darCiber noch dcbattiert worden, ob freiwillige 
Patientenmit zwangsweiso aufgcnommenen zusammen verpflegt werden 



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1 18 vil* CONGRÈS INTERNATIONAL 

konnen. Auch hier wird sich voraussichtlich die Beantwortung der 
Frage durch die Praxis von selbst ergeben, ohne~, dass theoçetische 
Postula te etwas dagegen vermogen. Der l'reiwillig in die Anstalt 
cintretende wird in vielen Fftllen auch ftusserlich den freien Entschluss 
zum Ausdruck bringen woUen, und daher wird ein Bedûrfnis fur 
Anstalten, die nur Freiwillige aufnehmen, vorhanden sein und Rûck- 
sicht erfordern. Im ûbrigen sehe ich aber keine Ursache, weshalb 
nian principiell hier trennen sollte. Es muss nur gefordert werden, 
dass auch Freiwillige sich allen den fQr die zwangsmftssig aufge- 
nommenen geltenden Bestimmungen fûgen mûssen. Dieser Gesichts- 
punkt ist auch ûberall dort festgehalten worden, wo gesetzliche 
Zwangsaufnahmen eingei'ûhrt oder vorgeschlasen worden sind. So 
bestimmt der Oesterreichische Gesetzentwurf, dass Freiwillige allen 
Bedingungen unterworfen sind, und das Gesetz von S^*Gallen nimmt 
dies als selbstverstiLndlich an. Uebrigens glaube ich, dass man 
unbedenklich auch Morfium-Opium-Cocain-Aethersûchtige, die sich 
freiwillig zur Auliiahme melden, unter den gleichen Yoraussetzungen 
mit aufnehmen kann. 

Wenn wir zur Organisation der Trinkerheilanstelten ûbergehen, 
so mûssen wir zunfichst die viel umstrittene Frage berûhren, 
wer an der Spitze einer Trinkerheilanstalt stehen soU. Ich stehe im 
Princip auf dem Standpunkte, dass die Leitung in den Hiinden eines 
Arztes ruhen muss und zwar eines Irrenarztes. In Deutschland haben 
sich in diesem Sinne verschiedene medizinische Kôrperschaften 
ausgesprochen %. B. der Preussische Medizinalbeamten-Verein, der 
Verein deutscher Irrenàrzte und Neurologen. Dass grosse Trinker- 
heilanstalten der Leitung durch einen Psychiater bedûrfen, wird 
eigentlich auch von niemand bestritten. Der Trinker ist nun einmal 
in jcdem Falle psychisch, in vielen Filllen ausserdem noch kurperlich 
krank. Dazu kommt die grosse Neigung der Alkoholiker zu wirkli- 
chen Seelenstôrungcn und allerlei schweren korperlichcn Zufttllen. 
DieeigentlichenTrinkerkrankheiten,Herzdeffeneration,Lebercirrhose, 
Niereaatrophie, die chronischen Magen-und Darmkatarrhe erfordern 
eine aufmcrksamc Arztliche Behandlung. Mit der blossen Abstinenz 
wird ja hier unstrcitig viel gebessert, aber es wârc doch ein unver- 
zcihiiches testimonium paupertatis, wenn wir damit glaubten ailes 

Sethan zu haben, und nicht die ganze Kunst der Medizin aufboten, 
en kranken Korper wieder gesund zu machen. Ferner bedarf die 
Zuweisung der Arbeit namentlich bei Schnapstrinkern, aber wenig- 
slens bei uns in Deutschland, dem Lande des Bières, auch oft bei 
Biertrinkern des allcin competenten Urteils des Arztes. Ihm allein 
steht auch die Entscheidung zu, ob der Pflegling Ciberhaupt fur die 
Trinkerheilanstalt geeignet ist. Da ihm so der massgebendste Einfluss 
zusteht, so muss fughch auch die Leitung der Anstalt in seinen 
Handen ruhen und zwar auch in administrativer Ilinsicht. Nun 
ist frcilich zuzugeben, dass die Leitung einer sehr kleincn Anstalt 



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coNTnB l'abus dus boissons alcooliques 119 

durch einen Arzt, wenn dieser nicht Besitzer ist, den Betrieb 
wesentlich verteiiert und auch schliesslich dem Arzte selbst keine 
bcfriedigendo BeschAftigung bietet. Fur solche An'stalten gebe ich 
zii, dass man die Leitung einer aiideren Persoii ûberUssen kann, 
einem llausyater, oder wie man sie bczeichnen will. Fur genûgende 
Urztliche OberauTsicht und fur leicht crreîchbare ârztliche Hiffe in 
besonderen FâUen muss dabei gesorgt werden. Die Organisation von 
KIlikon erscheint in dieser llinsicht sehr zweckmâssig. Immerhin 
môchte ich auf die Schwierigkeit hinweisen, die darin liegen kann, 
dass der Leiter plotzlich gewissen Vorkommnissen gegenûber steht, 
die eine schnelle ttrztiiche Initiative erfordern. In Anlehnung an einc 
Orlschaft, in der ein Arzt wohnt, warc auch dièse Schwierigkeit 
erleichtert, aber nicht gehoben. 

Der eigentlichen ftrzthchen Behandiung bedûrfen nun fur gewohniich 
nur die neu aurgenommenen Trinker, Délirante und kurperhch Kranke, 
von denen nach meinen Erfahrungen die Anstalten stcts einen zieralich 
erheblichen Procentsatz aufweisen werden. Und zwar wird man es, 
abgesehen von den chronischen Trinkerkatarrhen, die verhâlt- 
nisnittssig leicht !n der Abstinenz schwinden, mit Stôrungen zu thun 
haben, die wie Neuritis, Nephritis, Herzentartung und Stoffwechsel- 
Anomalien viel Zeit des Arztes in Anspruch nehmen, weil sie eine 
genau individualisierende Behandiung, mit hydro-und elektrothera- 
peutischen Massnahmen, Diiltvorschriïten verlangcn. Der Arzt an der 
Trinkerheilanstalt darf daher nicht einseitig psychiatrisch gebildet 
sein, er muss die Anwendung des gesammten physikalisch-difiteti- 
schen Heilapparates beherrschen. 

Aile Pfleglinge, die weder kôrperlich krank noch irrendrztlich zu 
beobachten sind, sollten der ftrztlichen Behandiung um so mehr 
entraten, als sie sich bei fortgesetzten Yisiten und medizinischen 
Massnahmen viel zu sehr als Kranke fûhlen und nicht zum richtigen 
Vcrstandnis der Notwendigkeit des eigenen AufrafTens kommen. Bei 
ihncn findet die flrztliche Behandiung im gewohnlichen Sinne keine 
Stfttte ; hier vercint sich der Arzt mit allen Abrigcn Angestellten zur 
Erziehung und sittlichen Becinflussung der Pfleglinge. Bei der 
grossen SVichtigkeit allgcmcin und iiidividuell hygicinischcr Fragen 
wird auch dabei im Gauzen sein Urteil das massgobende bleiben. Aber 
damit ist nicht gesagt, dass sein personlichcr Kinfluss im einzelnen 
auch ûberall der wichtigstc und wirksamstc ist. Rs spielen dabei 
sehr viel verschiedene Momcnte mit, sodass sich die moralische 
Genesung der Pfleglingc und ihre llnuptiordcrungsmittel in jedem 
einzelnen Fallc andcrs gestaltcn mùsscn. Insbesonderc kommen hier 
der religiose Kinfluss, das Bcispiel cines bosondcrs beliebten Beamten 
xier Anstalt und zuTâlIige UmstMnde in Betracht. Aber doch darf der 
Leiter und der Arzt aucli diesen Pfleglingen nicht forn stehen, er muss 
den inneren Zusammenhang mit ihnen wahren und durch rcgen 
Verkehr vermehren. 



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120 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

Der Arzt an der Trinkcrheilanstalt und nicht er allein, sondern 
jeder Leiter einer solchen, muss daher vor aliem diejenîge Menge 
gesunden Menschenveratandes haben, die ihn fréi macht von Vorur- 
teîlen, Haften am Kleinlichen undHandeln nach flûchtigen Eindrûcken. 
Nicht die hohe racbwissenschaftlicheund theoretisch-psychologische 
Bildung ist ihm notwendig, sondern praktische Menschenkenntnis und 
die Kunst, mit Menschen aller Klassen umzuffehen und ihnen in der 
Seele zu lesen. Daraus erkUren sich die Eriolge, die einzelne Ans- 
taltsleiter haben, obwohl ihnen keinerlei Studium und hôher« Bildung 
dabei geholfen bat. « Tout comprendre, c'est tout ffuérir, » môchte 
ich im Hinblibke auf die Trinkerheilanstalten das bekannte schône 
Wort findern. 

Was die Zabi der Kranken betrifift, die einem Arzte zu Qberweisen 
sind, so môchte ich sie auf hôchstens 50-60 normieren, wenn wir von 
diesen gewisse Bruchteile fur solche rechnen, die der Beobachtung^ 
bedûrfen oder korperlich krank sind. In Anstalten fur Gebildete wird 
sich natûrlich die Zabi sebr verringern, weil hier nicht die Mittelsper- 
sonen, Wârter und Oberwârter, auf die Pfleglinge in der Weise 
miteinwirken, wie in Anstalten fQr Ungebildete. Meiner Erfahrunff 
nach wird hier schon durch 15-20 Pfleglinge die ganze ArbeitskraU 
des Arztes in Anspruch genommen. 

Was die Leitung der Anstalt im allgemeinen betrifTt, so ist zu 
wûnschen, dass der an die Spitze einer Trinkerheilanstalt gestellte 
ûberall mit den weitest gehenden Befugnissen ausgestattet werde. 
Thatsftchlich kommt ja ailes auf seine Person an, er wird ûberall dem 
ganzen Anstaltsleben ein bestimmtes Geprllge gebcn. Kaum ir^endwo 
sonst wird die Brauchbarkeit eines Menschen so sebr die Wirksam- 
keit einer Einrichtung bestimmen wie hier. Daher bedarf es bei der 
Besetzung der leitcnden Stelle an einer Trinkerheilanstalt grosser 
Vorsicht und reiflichster Erwftgungen. Der so ins Amt gerufene sei 
nun aber auch der Vertrauensmann derjenigen, die ihn angestellt 
haben. Bureaukratische Maximen und Dekretc vom grQnen Tische 
sind hier geradezu gefahrlich; ein Schematismus, der sich in anderen 
Anstalten immerhin ertragen liesse, darf unter keinen Umstllnden 
Platz greifen. Gerade die Éfinheitlichkeit der Behandiung, das schein- 
bar starre System des Anstaltslebens verlangt fur den Leiter eine 
vullig freie administrative Befugnis und ein nicht zu enges diskretio- 
nfires Verfûgungsrecht in finanzieller Hinsicht. Nur er ist imstande, 
schnell zu entschciden, was forderlich und was zweckwidrig ist; nur 
er kann die Massregeln ergreifen, die prompt und grûnolich sein 
mûssen, wenn der Geistder Anstalt gewahrt werden soll. 

Es muss daher dem Leiter Qber die Angestellten eine weit gehende 
Disciplinargewalt zustehen; die unteren Angestellten wird er ohne 
weiteres mit Entlassung bestrafen dftrfen, wogegen den Gemassregel- 
ten Beschwerde zustehen kann, ohne dass die Strafe dadurch 
Aufschub erleidet. Auch Qber die ûbrigen Angestellten muss dem 






CONTIIK l'aKVS des UO^SSONS ALCOOLIQUES 121 

Lciter cin gewisses Suspendierungsrecht zagestanden werden bis die 
hohere Instanz definitiv entscheidet. Dem Leiter roiiss ferner die 
Diensteinteiliing vollig unabhttngig ûberlassen werden, ebenso die 
Anwcndung etwaiger Disciplinarmittel. '>\ 

Jede grossere A'nstalt inuss einen Anstaltsgeistlichen haben. FQr 
Befriedigung des religiosen Bedûrfnisses von Anhfingern andcrer 
Confessioneu ist ebeniAlls durch regelm&ssige Besuche von Geistli- 
chen zu sorgen. Auch in kleincn Anstalten muss, weno es die Orga- 
nisation der einzelnen nicht schon von selbst ergiebt, dafûr gesorgt 
werden, dass wenigstens die vorherrschende Confession der Anstait 
dasjenige Geprâge giebt, das gerade fur die Behandiung vieler Trin- 
ker von so grosser Wichtigkeit ist. 

Die Gelegenheit einmùtigen Zusammenwirkens von Acrzten und 
Geistlichen wird sich in Trinkerheilanstalten wie kaum sonst irgend- 
wo bieten. Sic in fruchtbringender Weise durch régelmflssige Confe- 
renzen auszunutzen wird der Leiter sich angelegen sein lassen mûssen. 
I^eicht wird es ihm dadiirch raoglich werden, abgesehen von seinen 
eigenen EindrOcken durch den unmittelbaren Verkehr mit den Pfleglin- 
gen, sich stcts zu belehren und seine allgemeinen und besonderen Direk- 
tiven bestimmt und unter Wûrdigung aller Einzelheiten zu erteilen. 

In administrativer Hinsicht muss dem Leiter in allen grosseren 
Anstalten eine tûchtige Verwaltungskraft zur Seite stehen, die ihm 
natûrlich untergeordnet wird. Die ûbrigen Stellen ergeben sich je 
nach der Grosse der Anstalt von selbst. Eines besonderen Wortes 
bedûrfen nur noch die Wftrter oder Gehilfen und die Oberwftrter 
oder Hausvttter. Auch ihre Auswahl erfordert grosse Vorsicht; sie 
bedûrfen aber auch steter wohlwoUender Beratung durch Leiter, 
Aerzte und Geistliche. Vor allemaber sollte bei ihnen gute Bezahlung 
uicht vergessen werden. Brauchbare, ûberzeugungstreue Abstinenten 
sollten durch verhttltnismilsstg schnell steigenden Gehalt und gûns- 
tige Pensionierungsaussichten als Wârter an die Anstalt gefesselt 
werden. Der Oberwftrter muss unter allen Umstftnden ûberzeugungs- 
treuer Anhftnger der Abstinenz sein; aber sein Amt erfordert auch, 
dass er ein fester Character und ein Mann von Gemût sei. Was die 
Zahl der Wiirter aniangt, so soll man das kleinstc Verhftltnis wfthlen, 
das nur immer zulftssig ist, wcil mit der Zahl der Angestellten die 
Gefahr der Corruption wttchst. Ich raôchte daher 1 Warter auf 15 
Pfleglinge als das grôsste Verhftltnis vorschlagen, unter Umstftnden 
liesse sich vielleicht noch ein kleincres wfthlen. Dabei mag man in 
Betracht ziehen, wie wcit es angftngig ist, Pfleglinge, die lange 
genug in der Anstalt sind und sich beim Leiter Vertrauen erworben 
haben, als Hilfswflrter zu bcschfiftigcn. Jedem Oberwftrter sind hoch- 
stens dreissig Kranke zuzutcilen. Sein Einfluss wird sich vielfach als 
ganz besonders wirksam erweisen, daher sollte die Zahl der ihm 
zugeleilten Pileglingc nicht zu hoch sein, um die Intimitftt des 
Zusammenlebens zu wahren. 






122 vu® CO.XCillks INTERNATIONAL 

Ich habc schon ofters von gnisseren und kleincren Anstaltcn ge- 
sprochen, und die ini Vorhergehenden gegebene Skizze bezieht sich 
auf cine Anstalt von gnisseren Dimensionen. Es crscheint notig, 
iiber dieseu sehr wichtigen Punkt, ûber die Grosse der Anstalt, ins 
Klarc zu kommen. Darin sind, wle ich sehe, aile Autoren einig, dass 
Anstaltcn von den Dimensionen unscrer Irrenanstaltcn absolut zu 
verwcrCen sind. Man findet auch Anstaltcn mit mehr als 100 Plfttzen 
nur in Amerika. Ich branche die «Grande, die gcgen sehr grosse 
Anstaltcn vorgebracht wcrdcn, nicht weiter darzulegen, sondern 
kann mich begnCigen, auf die vortreillichen Auslûhrungen der Herren 
Profcssor Forel, & Lcgrain, D*" Sérieux hinzuweisen und festznstellen, 
dass ihr Standpunkt allgcmein acceptiert wird. Lassen Sie mich nur 
auf die beidcn grossen Gefahren solcner Anstaltsungctûme hinweisen : 
Uni'ibersichtlichkeit mit Verlorengehen der einheitlichen Leitung 
und sodann die Gefahr der Corruption infolge des Zusammenpferchcns' 
so vielcr Menschen mit krankhaft gcschwUchtem sittlichem Empfinden/ 

Die Tendenz, grosse Anstalten zu errichten entspringt finanziellen 
und administrativen Erwâgungen und tritt immcr hervor, wo der 
Staat odcr eine grosse Vcrwaltungseinheit an die Massenversorgung 
von Kranken denken muss. Dass solche Erwflgungen nicht einfach 
beiscitc gcsetzt werden kimnen, leuchtet ein. Auf der anderen Seite 
aber muss verlangt werden, dass das Urteil von SachverstSndigen 
darikber eingcholt werde, wie die projektierte Anlage am zweck- 
miissigsten zu gcstaltcn i&t; und dies Urteil verlangt im volUten 
Masse Bcrûcksichtigung, wenn etwas brauchbares geschafien werden 
soll. 

Man hat nun unwillkCirlich nach einer oberen Grenze fur die Zahl « 
der Plfltze gesucht, um eine Einigung zu erzielen, und sie ist in 
verschiedcner Weise fixicrt worden. Icn môchte davon absehen weil 
aile Festsetzungen dieser Art etwas kûnstliches haben. Es genfigt 
vollkommen, \yenn wir als Grundsatz fest halten : Trinkerheilan- 
stalten sollen klein und moglichst ûbersichtlich sein. Mit diesem 
Grundsatze konnen wir an den Plan einer Anstalt von 500 Kranken 
z. B. gar nicht hcrantretcn. Wohl aber konnen wir erwâgen, ob es 
nicht moglich ist, untcr einer einheitlichen Verwaltung ein System 
kiciner Anstaltcn zu ycreinen. Ich glaube, dass sich aies in einer 
Wcisc durchrrihren liisst, die ilhniich schon von den Herren Professor 
Forci und D"" Sérieux vorgeschlagen worden ist, Nehmen wir an, man 
kaufc zuniichst ein Stiick Land etwa 20-30 Hektar gross zur Errich- 
tung einer Ilcilanstalt fur 50-60 Pfleglinge. Gleichzeitig werden in 
der Niihc zwci gleich grosse Areale erworben. Es ist gar nîcht nôtig, 
dass dièse mit dem ersten zusammenhftngen, im Gegcnteile ist eine 
Trennung ganz zwcckmftssig. Da die Auswahl dadurcn grusser wird, 
wird aucn der Preis niedriger sein. Auf den beidcn oenachbarten 
Arealen werden n Kolonien » errichtet, wie ich mich ausdrOcken 
will. Was zunUchst die Anstalt betriflY, die àuf dem ersten Complex 



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• .* 



CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 123 

crrichtet wird, so muss dort clne getrennte Bcobachtungsabteilung 
vorhanden sein, wo Délirante und trunken aurgenommene unterge- 
bracht werden ; ûberhaupt dient sie zur Beobachtung von Pfleglingen 
hinsichtlich ihres Geisteszustandes. SIe muss zwei besondere Abtei- 
lungen haben, eine mit Ein^zimmern fur Délirante, sohst Geistes- 
kranke, schwer trunkene, eine mit einem Saal fur Neupfleglinge, die 
der Beobachtung bedCirfen und eventuell auch fur solcne, die spSter 
verdâchtig werden. Ferner muss eine Baracke fur korperlich Krànke 
vorhanden sein. Der ârztliche Leiter der ganzen Anlage hat mit seinen 
Assistenten im Hauptgebftude Wohnung, das zuglcich die Verwal- 
tungs-und ftrztlichcn Bureaux enthâlt; auch derAnstaltsgeistliche und 
der Verwalter wohnen hier. Aut diesem Grundstûcke werden nun 
ferner zwei kleine Pavillons fur je 30 Kranke hochstens errichtet ; 
auch eine Kapelle oder Kirche gross genug fur 300 Besucher etwa 
wird gebaut. Dièse Anstalt wira mit dem ganzen Heilapparat der 
Medizin, soweit er fur Alkoholiker in Frage kommt, ausgerûstet, 
eine Apotheke, ein Elektrisirkabinet, Badeeinrichtungen, Apparate 
fur Gymnastik mûssen vorhanden sein. Dazu treten verschiedene 
Arbeitssfile, wo Handwerker beschâftigt werden, ein Zimmer fQr 
feinere Arbeiten, sowie ein Saal zu Festlichkeiten. Eine Bibliothek 
darf nicht fehlen mit gediegenen Unterhaltungsschriften und einer 
Auswahl sorgfftitig ausgesuchter Schriften ûber die Alkoholfrage, 
besonders ûber Rettung von der Trunksucht. Aïs Nebengeb&ude 
entstehen noch Œkonomiegebâude, Treibhftuser u. dgl. Jeaer neu 
aufgenommene Pflegling wird einer grûndlichen Durctisuchung auf 
etwa mitgebrachte Spirituosen hin unterzogen. Yom Urteile des 
aufnehroenden Arztes hflngt es nun ab, bo der Neupflegling auf die 
Beobachtungsabteilung oder in einen der Ptivillons oder in die 
Baracke kommt. Sogleich bei der Aufnahme werden seine besonde- 
ren Handfertigkeiten und Ftthigkeiten festgestell, damit er, sobald 
es zulfissig ist, beschfiftigt werden kann. Je mehr der Pflegling 
moralisch gesundet, desto mehr Vertrauensbeweise wird er erhaite'n. 
Bei Anstalten dieser Art wie hier gezeichnet, die vor allem Pfleglin- 
ge aus den ungebildeten Kreisen erhalten, wird es unumgfinglich 
sein, dass man ihnen zunftchst kein Geld in die Iland gieot; man 
hat dann spâter in der Gewfthrung von Taschengeld ein gutes Mittel, 
den Pfleglingen Yertrauen zu erweisen. Ob, um das hier sogleich zu 
besprechen, in Anstalten fur vermogende Trinker dasselbe Yerfahren 
in Anwendung zu ziehen ist, mochte ich nicht ohne weiteres entschei- 
den. Bei zwangsweise Aufgenommenen wird cssich als notig ergeben. 
Bei Freiwilligcn habe ich recht eigentûmliche Erfahrungen gemacht. 
Ich verfuhr verschieden je nach der Schwere des Falles und der 
Schnelligkeit der Besserung. Im allgemeinen kann ich sagen, dass 
ich bei aenen, die sehr balaGeld in die Hand bekamen oder es von 
vorn herein behielten, keine schlechtcn Erfahrungen gehabt habe. 
Gerade aber die, die kein Geld hatten, haben mich oit enttftuscht. 






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121 vil" CONGRUS INTERNATIONAL 

Es koinmi dns wohl zumtcîl daher, dass eben diesc von vorn hereîn 
als unzuverlassiger zu bezeichnen waren, und es waren denn auch die 
meistcn von ilinen solche Trinker, die ich nach ausreichender Beo- 
bachtung als nicht besserungsfiihiff enllassen musste. Ein Individus- 
lisieren nat hier grosse Schwierigkeiten, weil die ungleiche Behand- 
lung vcrbiltert. DarOber hillt aitcn dcr Modiis nicht hinweg, dass man 
allen Pflcglingen fur die erste Zcit das Geld vorenthfilt. Man 
nuiss auch dabci dem eincn fruher aïs dcm anderen Concessionen 
machcn, und so ergicbt sich doch vvieder eine Unglcichhcit. Ich bin 
daher jctzt ganz davon zurfick gekommen, mir das Gcld abgeben zu 
lassen, wahre mir aber eine gewisse Controlle ftber îhre Ausgaben, 
die mir fast ausnahmslos bereitwillig zugestanden wird. Der Um- 
sland, dass die meîsten Alkoholiker den Werl des Geldes garnicht 
sch.Htzen, liisst eine Erziel ung auch darin vorteilhaft erscheinen. 
Ucbrigens ergiebt sich dièse Controlle durch das stândige Beisam- 
menleben von selbst. 

Kehren >vlr aber zurûck zu unserer Anstalt. Was die Pfleglinge 
auf der Beobachtungsabteilung betrifft, so ergiebt sich fur sie eine 
Internicrung, die nicht umgangen ^verden kann und der ganzen 
Anstalt keineswegs den Character des Open-Door-Systems nimmt. 

ledem der Pavillons steht ein Hausvater oder Oberwlirter vor; 
in jedem sind ein Tagraum und mehrere SchlaFs^le vorzusehen. 
Das Mass der Freiheit, das den Pfleglingen zu gewShren ist, ist Sache 
des Leiters zu bcstimmcn. Ich halte es Tûr unangebracht und auch fur 
undurchfiihrbar hier allgemein gQltige Bestimmungen trefien zn 
woUen. Nur Obcr den VerKchr der Pfleglinge mit ihren Angehorigen 
mochte ich eins bemcrken. Es ist zweckmSssig, die^em keine ailzu 
engen Schrankcn zu ziehen. Das Recht, einen bcabsichtigten Besuch 
zu vcrbiclen, muss freilich dem Leiter in jedem Falle gewahrt werden 
und zwar ohnc die ebcnso ûberflûssige als verdriessliche Umstând- 
lichkeit, wie sie das Englische Gesetz fûr die dortigen Anstalten 
vorschreibt. Im Ganzen ^kann es nur vorteilhaft sein, wenn die 
Angehorigen oft ihre trunksûchtigen Pfleglinge besuchen. Erstens 
schwinden so durch Schen und Horen in der Anstalt am leichtesten 
aile Vorurteile, die sich im Volke naturgemâss nicht weniger als 

fcgcn Irrenanstalten erheben werden. Dann aber unterliegen auch 
ie Verwandlen der Pfleglinge bei hftufigen Besuchen bis zu einem 
gcwissen Grade der Suggestion des Anstaltslebens. ^ Sie erhalten 
iinmer wieder den Eindruck von der Unerliisslichkcit der Abstinenz, 
und wenn wir bei ihnen Vcrstftndnis dafûr wecken konnen, so ist 
lïir die ZukunTt der Trinker viel gewonnen. 

Auch dcm brieflichen Verkehre wird man keine Hindcrnisse bercî- 
ten brauchcn, namentlich aber solltc das Briefgehcimnis unter allen 
IJmstlinden gewahrt bleiben. Bei Packetsendungen wird anfangs eine 
Conlrolle angezcigl soin, bis man fiber die Pcrsonlichkcit der Pfle- 
glinge und die Einsicht sciner Angehorigen genOgend unterrichtet 



CONTRE l'àRUS DES IIOISSONS ALCOOLIQUES 125 

* 

ist. Die Ausstellung einer Post-Vollmaclit ist dazu ausreichend. 

Von Vorteil ist — und in allcn Anstaltcn der Art, wie wir sie 
supponicrcn, îst es notwendig — dass fur die Besuchc ein bcsondcrer 
Uaiini zur Yerfugung stehe, der moglichst einl'ach mobliert und 
(ibersichtlich ist. Die Ilausordnung muss dort wie auch in allen 
fibrigcn Riiumen gut sichtbar angeschlagen sein. Auch muss durch 
ein besondeves Pîakat in grosser Schrilt das strenge Verbot, dem 
Pflegling irgend etwas zuzustccken, den Besuchern eingeschUrft 
werden. Entnaltsamkeitsschriften besonders Belehrungen fur die 
Angehorigen von Trinkern sollen im Besuchszimmer zum Mitnehmen 
ausliegen. 

Die Anstalt soll auch durch ihr AeusseresdenCharacterder oflenen 
tragen. Hochstens ein leichtcr Zaun, oder eine Ilecke darf ihr Gebiet 
abgrenzcn. Fur die Lage der Anstalt mochte ich noch darauf hinwei- 
sen, wie wichtig es ist, doch auch dem Schonheitssinne Rcchnung zu 
tragen. Es ist ein nioht schwcr genug zu tadeinder Fehier, wenn man 
soldée und andere Anslalten fur Kranke in eine baumlose, flache 
Rbene stellt, wUhrend viclleicht cinigc Meiien davon eine bewaldete 
lliigellandschaft der Aniage etwas reizvolles gegeben hâtte. Es 
sprcchen ja bei der Krankenbehandiung wie bei aer Erziehung viele 
Momente mit, die wir schutzcn und benutzen mûssen, ohne dass wir 
ihrc Grosse nfther bestimmen konncn. Dazu gehoren vor allem freund- 
liche Natureiudrucke. Der Wert eincs Kurortes wird nicht zum 
wenigsten mit durch die Liebliclikeit sciner Lage bestimmt. Es iiegt 
auch fur unserc Trinker in der Erweckung und PHege der Freuoe 
Ober Naturschonheiten eine erzieherische Macht von nicht zu unter- 
schâtzender Trag>veite. Undgerade solchen Anstalten, denen in den 
Augen der Menge ein gewisses Odium anhflngt, schafR reizvolle Lage 
ein antleres Anschen. 

Wenn ich nun abch unter allen UmstUnden fur Uindliche Lage der 
Anstalt bin, so kann ich mich doch nicht mit denen einverstanden 
erklflrcn, die Trinkerheilanstalten weitab von den grossen Verkehrs- 
wegen und moglichst entfernt von Ortschaften errichtet wissen wollen. 
Eine Anlehnung an eine Ortschaft wArde ich fur gar keinen Fehier 
halten. Wir dilrfcn und konnen die Pfleglinge nicht von altem 
Verkehre abschliessen . Sie sollen im Gegenteile schon in der 
Anstalt lernen, mit anders denkcnden Menschen umzugehen. Die 
Gefahr des Ruckfalles droht ihncn ja erst dann, wenn sie m die alte 
trinkende Umgebung kommen. HUufige BerCihrung mit der nicht 
abstinenten Nachbarschaft der Anstalt macht sie mit diesen Gefahren 
vertraut. 

Was die hygieinischen Einrichtungen der Trinkerheilanstalt betrifTt, 
so branche icii darOber nichts besonderes zu sagcn. Es versteht sich 
von seibst, tiass aile gesundhcitlichen Hucksichten wie sonst bei der 
Aniage von Krankenanslalten mitsprcchen miUscn. Ganz besonders 
muss auf das Vorhandensein von gutem Trinkwasser geachtet werden, 



126 vil* CONGRÈS INTERNATIONAL 

• 

damit die Pflcglinge dièses reinste und gesûndeste GetrSnk auch 
schiitzen Icrncn. 

In der Niihc dieser Anstalt werden nun aiso, wie ich schon sagte 
oinige « Kolonieii » gegrftndet. Jedc ist etwa so gross im Areal wie 
die Anstalt und îst i'i'ir hochstens so Kraiike berechnet. Hier konnen 
die Baulichkcitcn nun viel einfacher sein ; es genûgt neben den 
Wirtschaftsgebânden ein Haus fur die Pfleglinge und Wohnung fOr 
den liausvatcr. Dieser hat die Leitung der Colonie unter eigener 
Vcrantwortung. Der Pavillon iur die Pfleglinge muss einen Saal fur 
Festlichkeiten und ein Bad enthalten. BezAglich der Lage und der 
hygieinischen Forderungen besteht natûrlich kein Untersenied gegen- 
iiher der Anstalt. 

Das Zusammcnwirken dieser ganzen Anlage denke ich mir nun so, 
(lass die Pflcglinge der Anstalt nach einer gewissen Zeit, wenn sic 
soweit gebessert sind, einer dieser Kolonicn fibergeben wcrdeii. 
Dabci kann der besonderen Handfertigkeit der cinzelnen unter 
UmstHnden in der Weise Rechnung getragen werden, dass jede Kolonie 
neben ihrer Landwirtschaft eine besondere Specialitât betreibt, dièse 
Tischlerei, jene Schlosserei, eine dritte Schuhmacherei, und dass 
dcm entsprechend die Pfleglinge verteilt werden. Die Kolonien 
wi'irden sich dann gegenseitig mit den notigen Arbeiten versorgen 
konnen. In der Kolonie, der er zugewiesen ist, bleibt der Pflegling 
bis zur Entlassung. Hier und da wird ein solchcr auch eine besondere 
Vertrauensstellung in der Anstalt oder in einer der Kolonien als 
llilfswârter, Bote u. s. w. erhalten konnen und damit vor der 
Entlassung eine Probezeit ablegen. Jede Kolonie fQhrtnun unter ihrem 
llausvater eine Art Familienleben ; nur der Kirchgang vereinigt aile 
Pfleglinge in der Anstaltskirche. Etwa rilckflillig werdende raQssen 
natûrlich der Anstalt wieder ûberliefert werden. 

A'ach Ermessen des Leiters, dem aile Kolonien zur Oberaufsicht 
untcrstellt sind, finden durch ihn und seine Assistenten regelmâssige 
Besuche der einzelnen Anlagen statt. Ebenso muss der Anstalts- 
geistliche die Kolonien abwechselnd besuchen, uni mit allen Pfleg- 
lingen im Zusammenhange zu bleiben. 

Auch hinsichtlich der Verwaltung mûssen die cinzelnen Kolonien 
so sclbststiindig wie môglich sein. Sie konnen dem Verwalter, d. h. 
dem administrativen Berater des Leiters, zwar untcrstellt sein aber 
nur in dem Sinne, dass dieser uber die einzelnen Kolonien, die jede 
ihr eigcncs Budget habcn, die oberste Verwaltungsaufsicht fuhrt und 
dem Lcitcr daffir vcrantworllieh ist. 

Ich will nun keineswegs behaupten, dass eine solchc ausgedehnte 
Anlage das Idéal einer Trinkcrheilnnstalt sei ; dicscs ist und bleibt 
eine kleine in sich abgeschlossene Anstalt. Aber wenn, wie vorauszu- 
sehcn ist, in dieser Bcziehung gewisse Concessionen gcmacht werden 
miissen, so glaube ich, dass es aufdicse Weise am beslcn geht. Die 
Anlage ist schcinbar, etwas 'compliciert, aber sie ist es eben nur 



• 



CONTRE L*AUUS DES IIOISSONS ALCOOLIQUES 127 

schcinbar, da jede Kuionic und die Anstalt selbst adniinîstrativ cine 
Einheit biidet und auch in Bexug auf das gesellige Lcben fur sich 
abgeschlossen ist. Nur untcrliegen aile der gemeinsamen Oberleitung. 
in der staatlichen Trinkeranstalt von Massachusetts bat roan die 
Pfleglingc in drei Klassen nach dem Grade ihrer Zuverlflssigkeit 
gcteilt und dem ehtsprcchend die ihnen zu machenden Concessionen 
gcregelt. Dadurch bat man auch an dieser sehr grossen Anstalt fur 
200 Pfleglinfire die Uebersichtlichkeit und die Handhabung der Disciplin 
crleichtcrt. Unser Vorschlag, stellt gewissermassen ebenfalis eine sol- 
che Klasseneinteilungdar, mdem er die ganz unsichcren Pflegllnge der 
Beobachtungsabteilung, die andoren nach dem Grade ihrer morali- 
schen Genesung der Anstalt oder den Kolonien zuweist. Gleichzeitig 
aber hebt er iedc Zusammenpferchung und die Notwendigkeit einer 
grossen compiicierten Verwaltnng auT, indem er jede Kolonie - zu 
einer administrativen Rinheit macnt. 

Der hier skizzierte Plan einer Anstaltsanlage kann nun auch 
im Ganzen massgebcnd sein rciralle, auch kleinere Anstalten ; je nach 
der Zabi der Pfleglinge wOrde er sich vereinfachen. So werden na- 
tfirlich Kolonien nur erforderlich sein, wo die Uebersichtlichkeit in 
einem einzigen Komplexc leidct. Aber jede Anstalt soUte mit dem 
notwendigcn Zubehor ausgenistet sein, wie wir ihn fur die Central- 
anstalt unserer Kolonialanlage gezeichnet haben. Man wird sich, je 
kleiner die Verhâltnisse werden, auch hier mit einfacheren Ein- 
richtungen abfinden, die sich in jedem einzelnen Falle von selbst 
zrgebcn. 

Der Heilapparat sollte aber in allen Anstalten, die darauf einge- 
richtet sein wollen, aile Alkoholiker zu behandeln, die besserungs 
Ifthig sind, und nichtnur leichte Faille ohne kôrperliche Erkrankungen 
und Neigung zu Psychosen aufnehmen, der gleiche vollstfindige sein. 
Sehr wesentlich wird ferner sich die Einrichtung einer Anstalt ffir 
vermogende Trinker von der einer Volksheilanstalt unterscheiden. 
Ich mochte dazu nur das eine erwâhnen : landwirtschaftlicher Betrieb 
wird dort ganz entfallen, soweit nicht Anstaltsinteresscn das Gegen- 
teil crfordern. Dagegen sollte um so mehr aufeinen grossen Garten 
gesehen werden. Terrassen oder hûglige Lage desselben ist ganz 
besonders von Vortcil fur etwaige Steigekuren, dio bci einem grossen 
Teile der Alkoholiker wegen der Herzdegeneration und der Circula- 
tionsstr>rungen von grossem Vorteile sind. In meine Behandlung 
knmmcn fast nie reine Schnapstrinker, das Bier spielt bei fast allen 
eine grosse Rolle meist im Vercine mit schweren Sfid-Weinen (Xé- 
rès, Portwein, Madeira). Bei diesen AIkoholikern, die meist eine 
llerzerweiterung, Kmphyscm, starken Fettansatz haben, habe ich 
oit die brillante Wirkung syslcuiatischer Terrainkuren beobachten 
kîMinen. Baumschulen, Obstphintagen, Gemûsebau, Rosenkultnren, 
Landschaftsgiirtnerei konnen in solchen Anstalten entstehen zur 
Beschftftigung der Pfleglinge. In geeigneten Fftilen muss der Neigung 



128 / vu* CONGRÈS INTBnNATlONAL 

ziim Sport Reehnung getragen werden ; dcr Ruder-iind der 
Radfnhrsport zieht erratirunsgem&ss vom Alkohol ab. 

Was ubrigcns kleine Anstalten betrifTt, so inuchte ich doch auch 
ein Wort gegen allzu kleiiie sagen. ZunUchst \vird sich ihr Betrieb, 
namcntlich, wcnn es sich iim vermôgende Trinker handelt, sehr 
teuer gestaltcn ; dann aber bleibt mitunter die gegcnscitige Annâhc- 
riing lier Pfleglinge aus. Die Auswahl unter dcn einzelncn ist gertng, 
iind so fehlt oft aiesem und jenem der cigcniliche inniee Anschluss, 
iind der grosse Zug des Ganzen, der don einzelnen mit fort reisst, 
komiiit bei eincr so kleinen Zahl nicht zu Stande. Ich habe immer 
gefundcn, dass Beeinflussung der Pfleg'iiige, Discipliii und Arbeitsliisi 
nesscr waren, wenn die Anstalt voll besetzt war, als wenn nur wenige, 
etwa (» Pfleglinge vorhanden waren. 

Ueber die Vernflcgung in Trinkerheilanstaltcn ist wenig zu sagen. 
Abgesehcn von den Kranken inuss die Normaikost eines erwachsenen 
Arbeiters fur den einzelnen Pflegling gefordert werden. Zulagen fur 
besondere Leistungen konnen unter Umstânden durch Darreichung 
alkoholfreier, schmackhafter Getrânke geschafTen werden. Ich kann 
die Bedenken derjenigen nicht teilen, die in ihrem Genuss eine Gefahr 
erblickcn. Nach meinen Erfahrungen kommt der Genuss alkoholfreier 
Weine und Bière fur die Gefahr des Rilckfalles ganz und gar nicht in 
Betracht. Im Gegenteile haben dièse Getrânkc manchem draussen die 
Tcilnahine ain gescUigen Leben erleichtert und ihn vor dem Alkohol 
bcwahrt. Denn es ist eine merkwûrdige Thatsache^ die ich oft 
beobachtet habe : heisst das Getrânk nur oier oder Wein, so verzeîht 
nian dem Abstinenten seine Enthaltsamkeit allcnfalls, Fruchtsfifte, 
kohiensaure Wasser, Thee oder gar reines Wasser finden vor den 
Augen der unverstiindigen Menge Reine Gnade, und die sic geniessen, 
verfallen dem allgemeinen Spotte. Auch habe ich gesehen, dass die 
Verbreitung dieser Getranke, die uns ja sehr am Ilcrzen liegen muss, 
durch genesene Trinker sehr gefordert worden ist. 

Schliesslich noch ein Wort ùber den Tabak, das ich fftr i'iberflCkssig 
halten wûrde, wenn nicht einige Anstalten den Tabaksgenuss grund- 
siitziich verboten. Ich halte die unterschiedslose Verquickung des 
Tabakverbotes mit der Alkoholabstinenz fur verfehlt, wenn ich auch 
zugebe, dass eine allgemeine EinschrUnkung des Tabakgenusses nur 
von Vorteil sein konnte. Aber die Tabaksfrage ist keinc trage wie die 
Alkoholfrage, sie ist eine rein individuelle, hat keine sociale Bedeu- 
tung und verlangt daher eine individualisierende Behandlung. Wo der 
Tabak schadet, wird er verboten. Dass cr aber im allgemeinen dcn 
Alkoholikern schlidlich sei, und namentlich dass er zum Alkoholge- 
nuss reize, habe ich nie beobachtet. Ich gebe zu, dass er unter 
Umstilnden bei einzelnen Menschen den Durst vermehrt, aber wenn 
wir aile Sachcn, die zeitweise den Durst vcrmehren, verbieten woUen, 
wohin kihnen wir dann ? Wir woUen ia auch garnicht den Durst 
bekKmpfcn, sondern ihn vernilnftig lôscnen lehren. 






4 



*1 

CONTRE L'ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 1£H \^ 



, 129 '^ 



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FQr die Verpflegung der besser situierten Alkoholiker sollte man ^ ;^j 

beachten, dass luculiische Mahizeiten, die Oberhaupt dcm Character ..'^ 

einer Heilanstalt weniff entsprechen, gerade bei solchen Pfleglingen . .^ 

nicht am PUtze sind. Dabei ûberwiefft oft die Rûcksicht, aul' Fein- \<^ 

schmeckerei die wichtigere aui Nahrhaitigkeit und Vcrdaulichkeit .' Auch M^ 

kann es nur von allgemeinem Vorteil fur dièse Pfleglinge sein, wenn \ ^} 

sie ihre etwa verwôhnten Gaumen an eine solide Hausmannskost ''<J 






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gewohnen. 

Wenn die Trinkerheilanstalten ihren Zweck in wirklich grossartiger 
Weise erfûUen solien, dann mûssen sie so zu sagen voIkstQmlich 'j 

werden. Dazu muss sich aber die Aufkllirung ûber Trinkerbehandlung , 'J 

und Trinkeranstalten noch in ganz anderer Weise verbrei^en, als es . ■■^] 

bisher in den meisten Lftndern der Fall ist. Vor allem aber halte ich \^] 

in Uebereinstimmung mit den meisten Autoren fur unerlftsslich, dass 
Gesetze ûber die Versorgung von TrunksQchtigen gegeben werden. 
Das Gesetz von St. Gallen ist mir immer noch ais das alierbeste 
erschienen, weil es einiach, klar und âufserst praktisch ist. Wir 
mOssen Qberall die gesetzliche Môglichkeit erlangen, Trinker j 

zwangsmttssig in Anstalten zu bringen, wie es ausser in St. Gallen in 
einigen der \ereinifften Staaten von Amerika in Ontario, Australien 
der Fall ist. Die Freiwilligkeit des Eintretens in die Anstalt wftre zwar 
aus vielen Grûnden das Bessere. Aber wenn im Ganzen bei freiwilli- 
gen Pfleglingen bessere Erfolge crzielt werden, so liegt das doch nur 
an der Tnatsache, dass die Freiwilligkeit immer eine geringere Schfl- 
digung des Gehirnes voraussetzt nls sie bei Zwangsversorgung vorlie- 
gen wird, dass Einsicht, Energie und sittliches Bewusstsein noch 
nicht so schwer beeintrâchtigt sind. Wie oft aber sicht man trotzdem 
bei solchen Alkoholikern aile Ueberredungskunst, jeden ernsten 
Jlrztlichen Rat an allcrlei Bedenken abprallen, wobci namentlich der 
Kostenpunkt immer eine grosse Rollc spielt. Der moralische Druck 
der drohenden Zwangsversorgung wira dem gegenûber erst ein 
freiwîlligeH Aufsuchcn dor Anstniten im ausgedehntesten Masse ^ 

bewirken. Andererseits aber musscn wir uns doch fragen, ob denn 
damit genug gethan ist, wenn wir denen Behandlung gewAhren, die 
freiwillig fur einige Zeit in eine Anstalt gehen wollen. Jene anderen 
sind es ja, die eigentlich erst den Alkoholismus zu einer Volksfrage 
machen, jene, die nichts wisscn wollen von Heilung, und die in ihrer /' 

brutalen Einsichtslosigkeit und moralischen Indifferenz eine Gefahr 
fur ihre Familie, fur den Staat, fflr die Mitmenschcn und fur spfitere 
Generationen sind. Und gerade in der grossen Masse der unvermôgen- 
den Trinker kann von Freiwilligkeit kaum die Rede seiii. Diese 
holfsbedrirftigen Trinker verkommen, wenn sich nicht gesêtzlicher 
Zwang ihrer erbarmt. Es wUre nur unvollkommene Arbeit, kaum die 
Mfthelohnend, wenn wir aufzwangsmSssige Anstaltsbehandlûng ver- 
zichten wûrden. Ebenso wie Geisteskranke mûssen die Trinker 
zwangsweise behandelt werden; denn sie sind nichts anderes als 



l'M) VI 1° CONGRKS INTBIlNATlOKAt 

durch das Gift des AIkohols intellektucU und cthîsch schwachsînnige 
Mcnschcn, die nîcht selbst fur sich sorgen koiincn. 

Merkwùrdig ist es, dass sich in manchen Landcrn die Gesctzgcber 
vor eincr zoitweiligcn Freilieilsboraiibuiig der Trinkcr schcueii, uage- 
gcii die blntmiiiuligung d. h. ihren burgerlichen Tod lïir unbedcnklich 
halten. Ja die Kiitinuudigung ist bei uns in Deutschiand in einem 
lebhaft bekâmpften Geset/entwurfe zur Vorbedingung der zwangs- 
massigen Behandiung gemacht worden. Das einzig richtige ist 
die heilbaren Trinker zu lieilen und nur die unhcilbaren zu entmun- 
digcn. 

Dass mit der Zwaugsversorgung das Rccht vcrbundcn sein niuss, 
die Trinker gegeii ihren Willen eine gewisse Zeil in der Anstalt 
zurfickzuhalten, ist selbstverstUndlich. Dieser Internierung wcrden 
sicli auch diejenigcn Freiwilligen ffigen mnssen, die sich in Zwangs- 
anstalten begcbcn, weil sonst die Disciplin gefahrdet wird. Abcr auch 
sonst wUre es von Vorteil, wenn de m cnglischen Verfahren gemiiss 
mit freiwilliger Anliiahme Détention verbunden wiire. Gerade das 
Gelûhl der Besserung verleitet oit in den beston Fiillen zu ailzu friihem 
Aiislritt trolz aller vorher gegebcnen Versprechungen. Neun Monale 
srheinen im allgcmcinen uncrliisslich zur Behandiung und lleilung 
der Trinker, selten weniger. Dass Ausnahmen vorkommen, ist erfreu- 
lich, kann aber die Regel nicht berijhren. Wcr sich dieser Détention 
nicht liigen will, muss cben eine Anstalt auTsuchcn, die ihm keincn 
Zwang bezùglich der Dauer seines Aufenthaltes auferlcgt. Die Pri- 
vatspekulation wird dalur sorgen, dass es an solchen Anstalten nicht 
iehlt, wenn die Specialbehandlung der Alkoholiker erst noch mehr 
tiufkommt. Dass solche Anstalten Vorziigliches Icisten konnen, be- 
streite ich nicht ; aber es kommen lûr sie doch nur ausgewâhlte FâUe 
in F rage. 

Wichtig ist Terncr, dass das Auluahmevcrrahren nicht zu compli- 
cicrt soi. VAwe Mitwirkung des Gerichtcs solhe unicr allen Umstiinden 
vermieden werden. Mir erscheint das Gesctz von St. Gallen auch 
darin vortreillich. Immerhin konnte man zur Boruhigung des Volks- 
bcwusstseins die Mitwirkung des Gerichtcs ja durch eine nachtrâgliche 
Meldung an den Staatsanwalt sichern. Doch darf der Trinker oder 
dcrjenige, der den Antrag stellt, nicht selbst mit den Gerichtsbchor- 
dm deswegcn zu verhandeln haben; denn vor gerichllichcn Verhand- 
lungon hai das Volk, wie Ilerr Professor Forel schr richtig bemerkt, 
eine instinktive Scheu. Es liegt i'iberhaupt kein Grund vor, bei der 
Vcrsorgung von Trinkern anders zu verfahren als bei Geistcskrankcn, 
liir deren Vcrsorgung doch z. B. in Deutschiand allgcmein cin 
uinlsarztliches Gutachtcn und die Vermittlung ciner nicht gerichtlichen 
Be horde genugt. 

Anstalten, die mit /Avangsbefugnissen ausgestatlet sind, miissen 
staatlicher Aufsicht unlerstehen. Schon zur Beruhigung des Publi- 
kums wird dics notwendig sein. Ich wùrdc os lïir schr wi'inschens- 



: - • W^ 



CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 131 

wert halten, dass fur das gesamte Trinkeranstaltswesen in jedem 
Lande eine Central-Revisions-Behorde errichtet werde, die nach 
Art der englischen Institution des Inspector of Retreats mit weit 
gehenden Competenzen ausgestattet und dem Minister direkt unter- 
stellt wQrde. Dies Amt kônnte nur von einem Psychiater versehen 
werden. Es wûrde durch dièse Institution bureaukratisches Schema- 
tisieren am besten vermieden; der betrefTende Décernent wûrde sich 
ausschliessiich den Trinkeranstalten widmen und sich dadurch vielsei- 
tige und grQndliche Erfahrungen und Kenntnisse verschaflen. Zugleich 
wohnte îhm vermôge seiner Stellung zum zustândigen Minister die 
Initiative zu Verbesserungen und allgemeinen zwecKmflssigen Anre- 
gungen bei. 

Zum Schluss môchte ich noch eine Frage berOhren, dit zur Zeit 
lebhaft diskutiert v^ird, nttmlich die Kostenfrage oder besser gesagt 
die Frage, aut welche Weise Trinkerheilanstalten ins Leben gerufen 
werden soUen. Bemerkenswerter Weise sind darin aile einig, dass 
der Staat in erster Reihe berufen ist, mit seinen Mitteln t'ûr die 
Errichtung und Unterhaltung von Trinkerheilanstalten zu sorgen. 
Die Commission zur Untersuchung der Trunksuchtsfrage in Neu- 
Sûd-Wales hat sich dahin geâussert, dass die Ausgaben des Staates 
fur die Anlage und den Betrieb von Trinkeranstalten zwar gross seien, 



.1 



dass die Errichtung solcher Asyle aber in Wahrheit doch eine 

. Und das kann nicht laut genug 
Zunttchst werden ja in Trinkeranstalten sehr viete untergebracht, 



Ersparnis bedeute. Und das kann nicht laut genug betont werden. 



die sonst in anderer Weise der Fûrsorge des Staates anheimtallen als 
Landarme» Geisteskranke, Verbrecher. Sodann aber vermindert der 
Staat durch Heilung von Trunksûchtigen die Zahl der versorgungs- 
bedârftigen Armen und Kranken Oberhaupt, vermehrt dagegen die 
der steuerkrftftigen Bevôlkerung. Vor allem aber ist es eine hohe 
sittliche Fflicht, dass der Staat mr die Trinker ebenso sorgt wie fâr 
die Geisteskranken, Epileptikcr und Idioten. 

McrkwOrdiger Weise spitzt sich aber die Débatte Qber die Art der 
Grûndung von Anstalten dahin zu, dass man die Zweckmflssigkeitdieser 
oder jener bezweifelt. Unbestritten sind bisher nur solche Anstalten 

tut geheissen worden, die aus der Mildthâtigkeit hervorgegangen sind. 
ie haben ja auch das fur sich, dass sie eincrseits das Dreinreden von 
allerlei nicht competenten.Personen und Behorden und andererseits 
eine allzu grosse Nachsicht gegenûber solventen Pfleglingeh nach 
Moglichkcit ausschliessen. Dass sie sich immer davon vôllig frei halten 
konnen, mochte ich namentlich fur den ersten Punkt nient zugeben. 
Die Moglichkeit bureaukratischen llineinpfuschens in die Verwaltung 
der Trinkerheilanstalt liegt nun bei staatlichen Anstalten nahe ; die 
Erfahrungen in Amcrika scheinen ebcnfalls darauf hinzudcuten. Es 
ist ja aber auch bei nndercn ôflentlichcn Anstalten eine oft gemachte 
Erfahrung, dass plotzlich Dekrete von oben in das Getriebe der 
Anstalt hineinfliegcn, die wie cin Steinchen in einer Maschine den 



132 vii^ coNcnks international 

ganzcii Mcchanismus beeintrilchtigen oder sich von Anfang an 
iiberhaupt als uiuhirchruhrbar erweisen. Dass dagcgcn Trinkerhcîl- 
aiistaltiMi gan/ besoiuiors gcschi'itzt wcrdcti infissen, crw^ihnte îch 
scbon Iriihcr, und ich glaiibe dass die von niir geforderte seibststandigc 
Stellung des Leiters, die ich ebenfalls schon niiher gekennzeichnet 
habe, dein vorbeugen wird. 

Der anderc Yorwurf, allzu grosse Connivenz gcgeni'iber gewissen 
Pileglingen aus Riicksicht auf die Pcnsionsgelder richtet sich gegen 
Privatunlernehmungen, an deren Gedeihen der Leiter finanzicll 
beteiligt ist. Icli habe schon darauf hingcwiesen, wie durch strenge 
Ilandhabung der ilausordnung in solchen Anstaiten leicht schwierige 
iinanzielleVerhiiltnissceintrctenkonnen. Dass die Versuchunghicrgross 
werden kann, die Disciplin fahrcn %ii lassen und die zahlungsfahigen 
Pdeglinge festzuhaltcn, ist nicht zu bestreiten. Was will man aber 
dagegen thun, dass die Trinker dann durch Gewissenlosigkeit der 
Anstaltsbesitzcr ausgebeutet werden ? Durch Gcsetze ist es nicht zu 
hindern. Erleben wir nicht hcute, dass Alkoholiker in Anstaiten sich 
zu ihrer Heilung befinden, wo Wcinzwang bei Tische herrscht, wo 
sie ganze Korbc Bier mit Wisscn der Angcstellten ini Zimmer habcn, 
wo eine tligliche Mengc von 5-6 Flaschen Bier und 1 Flasche 
Moselwein vom Leiter als nicht zu viel fur eincr Trinker bezeichnct 
wird ? Wird sich das durch ein Trinkerversorgungsgcsetz iindern ? 
Ini Gegcnteîlc, es ist zu fùrchten, dass das gei'iihrlichstc Frcibeutcr- 
tum, dasjenige, das auf die Dummheit der \Velt spekulicrt, auch bei 
der Ausbreitung der Trinkerbehandlung versuchen wird, seine Schafe 
zu scheeren. Die Kundigen werden bald den Wevl einer solchen 
Anstalt erkenncn und warnend ihre Stimmc erhcben. Im iibrigen 
stehen wir in Zukunft ebenso wie jetzt solchen Trcibcreicn niachtlos 
gegeniïber. Es wird aber ein Bcdi'uTnis nach Privatanstalten hier und 
da vorhandcn sein, da viele Menschen eine Al)ncigung gegen 
staatliche und solche Anstaiten hal)cn, die der Mildthiitigkeit ihre 
Enlstehung verdanken. Und jcne Anstaiten, die wie viele der heutigcn 
Nerven und Kaltwasserheilanstalten, den Trinker aulnehnicn und 
ihn wciter trinken lassen, werden doch immerhin Ausnahnien bleiben 
gegeniïber denjenigen Privatunternehmungen, die wissenschaftlich 
und gewissenhaft gcleitet werden. 

Ich kann niich nicht gegen irgend eine Art der Anstalt principiel! 
entschciden ; wenn die geeignete Person an der Spitze stcht, konneh 
sie aile gutes leisten. In mancher Hinsicht ist es sogargut, wenn die 
Trinkcwcrsorgung auf recht breiter Basis inauguricrt und moglichst 
vicisoilig in AngriflT genoinmcn wird. lui ùbrigen wertlcii auch hier 
die Vcrhallnisse trotz aller thcoretischen Postulate ui<Mchtigor sein und 
je nach Land und Volk die Praxis bestimmen. So glaube ich z. B. 
dass die inir iiusserst sympathischen Verhultnissc der Schweiz — 
staatlich subvenlionierlc Stiftungen — fur Deutschland im Grosscn 
nicht geeignet sind. Es geht bei uns ein tiefes, wenn auch vollig 



cdnthb labvb des 



*LCO0LllItl£S 



ungerechtrertigtes MîsBtrauen gegen nicht staatlichc oder aoast 
behurdliche Anstalten durchs Volk. Solchen Eigenlftmlichkeiten muse 
aber bei eîner so Bchwîerîgen Sache Reclmung getragen werdcn. 

Ich komme zum Schiusa. Was ich Ihnen darlegen wbllte, «iod, 
wife ich schon im Anfang sagte, keine duichweg uQDestrittenen 
Sfltzc. Bei einer so groasen Frage wic der vorliegenden, bat das Urteil 
eiD«s eînzelnen aber ûberhaupt kcinc weitere Bedelitung ala die, 
eiD«n Baustein 211 dem ganzen Werke zu liefern. Daas mir dies 
gelungen sei, ist mein inniger WunscW. 



Schlus&satze 



1. — Die Trennung der heilbaren Trunksûchtigen von den 
bcftserlichen, von Geisteskranken und kriminellen Trinkern durch 
besondere Heilatistalten ist unerlâsslich. 



2. — Die Grundiagen 
Abstinenz, sittliche Beeinllussui 
D«r Einduss der Religion ist 
gebahrend zu berilcksichtigen. 

3. — Die Arbeit soll korperli 
soll neben ihrein hohen medizini 
mittel gewQrdigt werdea. Die 
■prechend zu berQcksichtigen 
Weiin moglich soll die Anstal 
der EntlassuDg eioe Quelli 



Trinkerbehandiung mQsieji -vôlligé 

ng, Arbeit und gute Dteciplin bilden. 

ins der Haupthiirsmittel und daher 



:h sein (Land und Gartenarbeit) ; Sie 
ischen Werte besonders als Ërziehunga 

Kenntnisse des einzelnen sind ent- 
und seine Ftthigkeilen eu entwickeln. 
Itsarbeit den Pfleglingen auch tiach 

ralischea oder materiellen Gewinnea 



4. — Eine Trennung der Gescblechter in verscbiedene Anstalten 
eracheint nicht unbedingt niitig, die Trennung der Stânde wird sich 
meist von selbst ergeben. 

5. — Die Anstalt soll unter Leitung eines Irrenarztes stehen. Nur 
ausnabmsweise ist ein andere Leitung zulfissig. 

6. — Der Anstaltsleiter muss mit der griissten Competenz ausge- 
Stattet werden, die nur immer muglich ist, um Schematismus und 
■tôrende Beeinllussungen durch NichtsachverstKndige zu verhûten. 

7. — Die Anslalt soll moglichst kicin und t'ibcrsichtlich seîn, 
Iftodlicbe und womugUch ceizvollc Lagc haben. 

8. — Dis Dauer des Anstallsiiurcnthaltcs soll mindestens 9 Monate 
betragen. 

9. — Zur wirklichen segensreichen Wirksamkeit von Trinkerhei! 
feDstalten sind Geaetze unerliisslith, die die Zwangshcilung gestatten 




134 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

10. — Anstalten im Character von Stlftungen sind iiaxweifelhaft 
die besten. Die Errichtung von staatlichen unci privaten Anstalten 
wii'd sich aber in vielen Lândern als notwendig ergcben, und unter 
guter Leitiing konnen dièse auch ebenso vorzCiglichcs leisten. 



DISCUSSION 



M. le D^* Victor Oldéroggué est d'avis que le Congrès devrait 
s'ocr*up3r du côté législatif de la question ; les buveui^ devraient être 
retenus dans les asiles un temps sutllsamment long pour être complète* 
ment guéris. Dans la plupart des pays, un buveur interné a le droit de 
quitter l'asile lorsqu'il est guéri de son délire. Mais c'est souvent pour 
retomber dans son vice le lendemain même. Au contraii*e, si une loi per* 
mettait de retenir l'alcoolique un temps suffisant, les résultats seraient 
modifiés. Une gi'ande commission antialcoolique réunie à St-Pétersbourg 
sous les auspices du D** Nijégorodzeff s*occupe de cette question. 

M. le Président. — Dans cette question, il faut distinguer le point 
de vue médical et le point de vue législatif. Ce dernier a été longuement 
traité par le D»^ Thiry, professeur à la Faculté de droit de Liège, au Con- 
grès de Bruxelles. Quand un buveur menace sa famille et risque dé com- 
mettre un malheur, ce qui se voit chaque jour, l'internement s'impose. 
Mais une fois interné, cet homme devient calme et Ton est obligé de le 
laisser sortir. La i*écidive ne se fait pas attendre. 

Quand, au contraire, l'alcooligue ou le buveur prend un engagement 
de rester bénévolement six mois par exemple, alors il peut guérir com- 
plètement. Lorsque le placement a lieu par voie administrative, c*est- 
à-dire d*office, la tâche du médecin serait facilitée s*il existait une telle 
loi ; il n'y aurait pas lieu alors de réclamer un engagement. 

L'abstinence doit être totale à l'établissement ; eu outre, il faut que le 
personnel, lui aussi, soit abstinent ; les malades peuvent sortir, mais tou- 
jours surveillés, car les fraudes sont très fréquentes. 

M. le Di" Ossipoff (Russie) pense que la durée du traitement ne doit 
pas aller jusqu'à 9 mois ; six mois suffisent le plus souvent. 

M. le D' Ruysch (Hollande) prétend qu'on ne peut flxer la durée 
(lu séjour dos alcoolisés dans les asiles. Cela dépend, d'une part, de l'al- 
coolisé lui-m<^mc, de sa famille, de son entourage, et, d'autre part, delà 
façon dont l'asile est installé et administré. 

Pour un buveur sur lequel ne pèse pas d'hérédité, qui est un homme 
résolu, de caractère et de volonté, qui n'est devenu alcoolisé que par un 
concours malheureux de circonstances, la guérison peut être obtenue en 
3 mois. Pour d'autres, les dégénérés, les ivrognes héi'éditaires, les chro- 
niques, gens de peu de volonté, il se peut qu'une année ne suffise pas. 
Il en est eufin d'incurables. 

M. Ruysch croit donc que c'est le médecin qui doit fixer, dans chaque 
cas particulier, la durée du traitement en se basant sur les anam- 
nestiqucs et sur l'examen du malade. 






CONTRB L*ABUt DB8 B01880N8 ALCOOLIQUB8 t35 

M. le Président fait observer, au point de vue légal, que l'on se 
heurte à une certaine résistance de la part des gouvernements. En Bel- 
gique, il en est ainsi. Mais toujours, ici comme ailleurs, il faut queTini- 
tiative privée ouvre la marche et monlre à TEtat la voie dai^s laquelle il 
doit s*engager. Les résultats obtenus dans les asiles privés eitiportent la 
conviction. 

M. Marthaler donne communication du travail suivant contre les 
aêileê des buoeurs de ta Suisse, leur organisation, les i^sultats 
obtenus. 

t 

\ Die Sohwelserisohen Trinkerhèilanstalte^ 

Las a8U88 dt bafwn sa Bvlass 

rAR M. LB rAtriUR ItABALD MARTaALBB DB BBBNB 



AmmijfM* ^ Il «sitl* «B SaitM 10 «tilet pour buv«art qui oot traiU dtpait Uvr orifin* 
jatqa'à U fin d« tS9S. Î374 m«Ud«t. Tout cet éUblitMia«iU doi¥«Bl raitl«Be« è 1'»!- 
tiativ* prtT4«, toit dm particulier* Mi de sociétét fondées deot ce bttl. Maie totte re- 
çoivent dee eoflimM pins on moins considéreblee dee BouTernemente enntonanz. Ln 
somme totale de ces sobTentione d'Etat s'élève è 18S.19S fr. Il n'7 • qn'an m«1 «elle, 
eeloi dn cbâtenu de Hard, appartenant è ane société par actions et deeUné éom boTeort 
de la dasae aiaée, qnl toit diriBé par un m^eein. Tons les aeilss sont d'aecord à recon* 
naître la valeur d'une bonne discipline pour évitfr dee évasions et assurer le suecée du 
traitement. Le eito des établissemaate n'est pas indifférent tu la nécessité de rendre le 
séjour aux malades nueai UBréable que possible. L'asile de buveurs étant'une maison de 
senlé. toute apparence de prison doit être évitée. Aussi faut-Il que les appartemente aient 
un caractère aBréable. H est indispensable pour les asiles d'avoir dee locaux pour la 
récréation, le jeu, la lecture et le divertissement, et des emplacemente euBsanto pour la 
travail des malades» des usines, ete* 

Le traitement est basé sur quatre principes tous fondamentaux : /aès<ia«ac# UUli de 

toute boisson alcoolique (vin, bière, cidre, eau-de-vie). /'a/im#a<«liea suBsante, le trmvmii 
/Ajfsif ■# (travail aBricole et industriel) qui est en même temps remède et moyen péda* 

fOfique. et le rêUptmêmi mormi «I fUgieum, Il est indispensable que le directeur soit un 

bomme de ccrar et d'iutelliBence. 
Lee résultete obtenue dans les asiles suisses sont des plus eatisfeisante : d'après lee 

stetistiquee éteblies, environ 40 à èO 0/0 des malades sont B^éris, c*eei4*dire sont d^ 

venus nbstlnente Wteux. 
Pour nssurer le euccèe de la B^érison, les directeurs des asUes re«teat an relation avec 

las maladee sortis de la maiaou, soit par la correspondance soit par dee visitée. Une 

franda partie dee pansioanatres B^èris adbèrent, après leur sortie, à une soeiéU d'abeU* 

nence, o4 ils trouvent le soutien nécessaire. 
Bo dehors de leur but spécial lee asiles de buveurs ont une fraade valeur dans la lutte 

contre l'alcoolisme : Us détruisent beaucoup de préjuBés sur les boissons alcooliquee et 

sur l'abstinence totele. 



• * 



^i'i 



136 VII^ CONGRES INTERNATIONAL 

I. — Bestand der schweizerischen Trinkerheilanstalten 

auf 31. Dezember 1898 ' 

Zahl der PHeglInge 



Jahr der 



Nume und Ori der Anttalt 



1' Pilgerhutie aur Chrischona bei Base! 

2. Pension de la Croix Bleue in Trélex. 

3. TrinkerhciUiUite Ellikon a/Tbur, 
Zurich 

k. TrinkcrhciUtaite Ndchtern bei Bern. 

5. TrinkerinnenheiUi&ite Blumenau bei 
Stcg. Kunton ZUricb 

6. Trinkerinnenheilsiiltte Weisshôlsli 
b. Herzo^enbuchsee. Kt. Bern 

7. Pension Yonderfluh in Sarnen, 
Obwalden 

8. Asile de Pontareuse pour la guérison 
des buveurs. Ci. Neuchdtel 

9. Absiinenz Sanatorium Schlots Hard 
in Ermatingen, Kt. Thurgau 

10. Maison de relèvement pour buveurs 
Etagnières, Ct. Waadt 



GrUndung 


am 
31. Des 


Intlaisene 
vorSl. Des. 
"" 1«» 


ToUl der 
RehaDdelten 


18551 


16 


678» 


694 


1883 


14 


542 


556 


1889 


33 


602 


635 


1891 


19 


179 


198 


1895 


20 


67 


87 


1895 

» 


9 


55» 


64 


1896 


21 


63 


84 


1897 


13 


6 


19 


1898 


7 


17 


34 


1898 


18 




13 



Total 165 2209 2374 



II. — Geschichtliches ûber die Entstehung der Anstalten 

Die Ehre, als erste schweizerische Trinkerheilanstalt angesehen 
werden zu konnen, gebûhrt der « Pilgerhûtte. » Auf dem Chrischo- 
nahûgel bei Basel besteht seit 1840 eme Missionsanstalt, welche von 
Anfang an allerlei Verirrten und Verlornen ein Heim bot. Als die Zahl 
der Missionszoglinge anwuchs, Btellte sich die Notwendigkeit ein, die 
zu rettenden Personcn ander>vftrts unterzubringeir. So wurde 1855 
auf dem Maienbtihl bei Rieheii eine freiwillige Zwangsarbeitsanstalt 
begrûndet. Die Leitung dersel^/en wurde 1858 einem Manne anvertraut, 
weicher in Amerika Mitglied eines Temperenzvereines gewesen war. 
1872 siedelte die Anstalt nach dem Chrischonahûgel ûber und fûbrle 
1883 den Grundsatz der Abstinenz ein. 

Jm Jahre 1877 begrûndete in GenI Pfarrer L. L. Rochat den 
schweizerischen Mftssigkeitsverein, weicher nnchmals den Namen 

^ Die Abstinenz iils Prinxip erst seit 1883 durch^erubrt. 

' 50-75 Proxent Trinker ; 50-25 Proxent sonst verkommene Leute. 

3 Die mehr iiis cinmiil vcrpfle^ton Personen je fllr 1 g^crcchnet. 




CONTHB L ABUB ÔBS BOISSONS ALCOOLIQUES 

« BUues KreuE » annahm und seither zu eïnem internationalen Bunde 
ftnwuchs. Dieser Verein, der îm Jahre 1898 in der Schweiz auf 14358 
Mîtsliedfir und Anhfinger, darunter, 5578 gewesene Tribker, ange- 
wacnsen war, 1897 in Frankreich .1417, in Deutschlaod 4553, in 
Belgien 297 und in ândern Landern 789, îm ganzen mit der Schweiz 
zusammen 20,090 Mitglieder, gab einer religios gesinnten Dame, in 
Trélex die Anregung, eine IleilstUtte fur Trinker zu errichten. 
Fraulein Nicol legte f883 in Mollens (Waadt) den Grund zuin Werke 
und liess 1884 die Anslalt in das ihr gehurende Herrschaftsgut in 
Ttélex ûbersiedeln. 

Den fruchtbarsten Anstoss fur die Entstehung von Trinkerheil- 
anstalten în der Schweiz brachte der 2. internationale K^ngress zur 
Bekftmpfung des Missbrauchs geistiger Getrflnke, welcher 1887 in 
Zurich BtaUt'and. Dort wurde die Frage der Trinkerasile ausfûhrlich 
verhandelt. (Siehe gedruckte Verhandlungen S. 132-164). Schbn 1889 
entstand im Kaaton Zurich selbst, auf die Initiative des Ilûlfsvereins 
fOr Geisteskranke, die Trinkerheilstdtte Ellikon an der Thur. Bern 
folgte bald nach. Schon vor dem ZOrïcher Kongress war hiernin 
AusBchuss fiir kirchliche Lîebesthfitigkeit der Gedanke an ein solches 
Werk aufgestiegen ; der Kongress leistete dem geplanten Unternehmen 
Vorschub, so dasa 1890 «in Verein sich konstituieren und 1891 die 
Anstalt NQchtern eriiffnet werden konnte. 

ElIikoD undNachterDnahmenanrangltchauchFrauenzurVerpilegung 
auf, fflussteD aber aus disziplinarischen Grûnden davon abgehen. Und 
doch war das Bedûrfnis einer Anstaltsp^ege Iflr truoksûchtige 
Frauen erwiesen. Mm demselben entgegenznkommen begrùndele 1895 
im zûrcheriachen Thurtale Eterr Di^ner, Mitglied des Blauen Kreuzes, 
aus cigenen Mittein und auf eigene Gefahr eine Frauenanstalt Blumenau. 
Im gleichen Jahr entstand m Herzogenbuchsee, Kanton Bern, auf 
Anregung von Mitgliedern des Blauen Kreuzes eine zweite Frauen- 
aDitalt. Auch dièse ist das Werk einer einzelnen Privatperson, 
welche, Mitglied des Blauen Kreuzes, nach dem Tode îhrer Mutter 
hierin eine befriedigende Lebensaufgabe suchte und fand. 

Den bcsondern Bedùrfnissen der katholischen Schweiz kam das 
Centralkomitee des schweiz. Pinsvereins entgegen, indem es am 26. 
November 1895 beschloss, eine Trinkeranstalt zu errichten und dieselbe 
ira Jahre 1896 in Sarnen aU Pension Vonderflûh erufînete. 

Fur AIkoholiker aus bemitteltcn StSnden war durch aile dièse 
Anstaltea im einfachsten barserlîchen Stile noch nicht genOgend 
gesorgt. Da bildele sich 1897 im Kanton Thurgau eine Aktiengesell- 
schaft, welche daâ Schloss Hârd in Ermatingen am Bodensee anliaufte 
und im Jahre 1898 daseibst eine Anstalt fur Alkoholkranke der bessern 
Stlnde erôffnete. 

Oie Anstalt Elasniéres be) Lausanne ist Privatunternehmung' de> 
Leiters Herrn Bocion. Die Regierung des Kantons Waadt trug sich 
mit dem Gedanken, eïne staatliche Trinkerheilanstalt zu errichten. 



138 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

lîess jcdoch diesen Plan fallen und trafmit Herrn Bocîon eine Verein- 
barung, wonach dcr Staat fur jeden Kantonsbfirger in dcr Anstalt das 
Kostgcld bezahlt, sobald eine aintliche Bescheinigung der Armot 
vorlicgt. Karin ein Kantonsbûrger das Tageskostgeld von 2 Frankca 
niir teilwcisc bezahlen, so legt dcr Staat aen Fèhibetrag darauf. Die 
Anstalt hat zwci Khissen, die eine mit einem Kostgcld von 2-5 
Frankcn, die anderc mit 2 Franken. Die Pflcglinge der crsten 
Kalcgorie haben Einzelzimmer. Die Zabi der verfûgbaren Platze 
behiiift sich anf 25. 

Die neuenbiirgische Trinkerheilanstalt Pontareuse bei Boudry ver- 
dankt ihr Entstehen der Ligne patriotique Suisse contre Valcoolistnc 
und wurde im Mai 1897 erofllnet. Die Leitung des Werkcs.wurde eincr 
Kommission von 15 gcmeinnûtzigen Mlinnern tibertragen. An der 
Spitzc derselben steht Ilerr Dr. Cnatelain^ Arzt. 

In den Jahren 1889 bis 1898 si nd also in dtfr Schweiz acht Trin- 
kcrhcilanstalten errichtet worden. Dieser grosse Forlschritt ist zum 
Teil den Kongressverhandlungcn von Zurich 1887 zu verdanken. 
Durch dièse Verhandlungcn wurde das Land mit dcm Wcsen solcher 
Anstaltcn vertraut und von deren Notwendigkeit und segensreichcr 
Wirksamkeit ftberzeugt. Wesentlich trug aber zur Forderung der 
Sache die AIkoholgesetzgebung des Bundes bei. Durch Volksbeschluss 
vom 25. Oktober 1885 wurde Artikel 32 der Bundesverfassung dahin 
erweitert, dass die Bundesregierung die Befugnis erhielt, das Alkohol- 
munopol einzufûhren Und zwar wurde durch die Verfassung selbst 
den Kantonen die Pflicht Oberbunden, von den ihnen zufailenden 
Anteilen am Ertrag des Monopols wenig.stens 10 **/<, zur BekUmpfung 
des Alkoholismus m seinen Ursachen und Wirkungen zu verwenden. 
Es war von Anfang an als selbstverstândlich angenommen, dass ein 
namhafter Teil dieser Summen fflr Errichtung und Betrieb von Trin- 
kcrheilanstalten Verwendung finden sollte. Dadurch war fur derartige 
Unternehmungen eine wirksamc (inanzieilc Quelle eroflnet, die auch 
benutzt wurde. Nach dem letzten Berichtc des Bundesrates ûber die 
Verwendung des Alkoholzehntels durch die Kantone wurden ^in den 
Jahren 188y-1897 in 19 Kantoneri fur Trinkerheilanstalten in ganzen 
Fr. 188,192 verausgabt ; im Jahre 1897 allein Fr. 32,617. Dank dieser 
IlCiifsquelle darf mit Sicherheit angenommen werden, dass sich die 
Zabi der schweiz. Trinkerheilanstalten noch erhçblich vermehren 
wird. 

III. — Organisation und Einrichtung 

1. — Die Leitung 

Ans dem Vorgesagte^n ist ersichtlich, dass die schweiz. Trinker- 
heilanstalten aul vorschiedenen organisatorischcn Grundiugen ruhen. 
Die Anstaltcn Trélex, Blunienau, Weissholzli und Etagnières sind von 
einzelnen Privatpcrsonen ins Leben gerufen worden und werden auf 






CONTBE l'abus DES BOISSONS ALCOOLIQUES 139 

Rechnung dieser BegrOnder beiriehen. Ueb^rzeugte Abstinenten 
stellen ihren Prîvatbesitz, ihre Kraft iind Zcil in dcn Dienst der 
Anstaltsbehandiung der Trînker. Die Anstalt Trélex wird allerdings 
durch ciii ilausclternpaar gelcitct, welches aber in ta^lichem Kontakt 
mît der Besitzerin steht. Die PilgerhiUtc ist das Werk des Basler 
MissionsvereinSy welchet* der Anstalt cin Gebâudc mit Dependenzen 
zur Verfûgung stellt, die Pfleglii^e auf dem eigenen Landgut und in 
den Werkstfttten des Missionshauses beschfiitigt und als Entschâdigung 
einen Teil des Lebensunterhaltes in Naturalicn bestreitet. Eilikon 
Qud NOchtern werden von gemeinni'itzigen Vereinen, Schloss Ilard von 
einer Aktiengesellschaft getragen. Die Statuten dieser Aktiengesell- 
schai\ sichern den Aktîonfiren einen mJissigen Zinsgenuss und weisen 
aile weitern BetriebsAberschQsse der Verbcsserung und Vergrôsserung 
der Anstalt, sowie derBekSlmpfungder Trunksucht und der Trinksitten, 
zu. Aehnlich ist Puntareuse organisiert, wo ein Konsortium ein 3 **/o. 
Aktienkapital von Fr. 80»OCNO. zur Verfûgung stellte und die 
Kinrichtung der Anstalt einer 15 = gliedrigen Kommission ûbertrug. 
* Die Oberaufsicht wird bei Eilikon, Nuchtern und Vonderflûh von einer 
Direktion ausgeObt. 

Die unmittelbare Leitung wird in Blumenau, Weissholzli und Eta- 

?;nières durch die Besitzer der Anstalt besorgt. Ucberall sonst ist die 
^eitung einem verantwortlichen ilausvater Oberbunden. Schloss Hard 
wird von einem Arzte, Vonderdûh von einem Geistiichen geleitet, 
wUhrend die Obrigen Hausvffter von Beruf urspriinglich Handwerker 
^Ellikon^, Landwirte (Nuchtern), Stundenhalter (Trélex, Pontareusr) 
warén. Der Hausvater der PilgerhOtte ist zugleich Lehrer am Mis- 
sionshaus. Wo die Leitung nient eine flrztliche ist, sitzen Aerzte in 
der Anstaltsbehorde und werden wohl auch eigene Austaltsfirzte 
ernannt, welchen die Behandlung interkurrenter Krankheiten im 
llause und die Begutachtung der flrztlichen Aufnnhmeberichte, sowie 
aller medizinischen Angelegenheiten der Anstalt Qbertragen ist, 
Auch mit den Ortsgeistlichen wird, soviel môglich, Fuhlung gesucht. 
Ein Ilauptpunkt innerhald der Anstaltsleitung ist Obcrall die 
Disziplin. Durch eine Hausordnung werden die Stunden fOr das 
Aufstehen und zu Bette gehen, fflr das Essen und die Arbeit, wird das 
Verhalten der Pfleglinge zu einander und zu dem Anstaltspersonal 
geordnet. AusgSnge dflrfen nur mit Bewilligung der Anstaltsleitung 
stattfînden, in Anstalten ffir Frauen nur in Begleitung. Das Empfangen 
von Besuchen unterliegt vorheriger Anmeldung und Bewilligung. In 
Trélex ist das Tabakrauchen verboten. Um Entweichungen zu erschw- 
eren, werden mancherorts die Kleider der Pfleglinge verschlossen. 
Ankommende Postsachen unterliegcn der Censur der Anstaltsleiter. 
Um Schwierigkeiten îm Verkehr der mfinniichen Pfleglinge mit 
weiblichcn Dienstboten zu verhûlen, hait Trélex grundsfftzlich keine 
solchen ; Eilikon hat durch bauliche Einrichtungen dafûr gesorgt, 
dass dieser Verkehr auf ein Minimum beschriinkt wird. Nuchtern hat 



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140 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

den Plan zii eincin Anstaltsneubau nach dem gleîchen Prinzip 
aufgestellt. Intriguen der Pfleglinge untereinander, Konspiration 
gegen die Leitung, Widerspenstigkeit gegen die Hausordung und 
gegen die Arbeit sind alltâgliche Vorkominnisse. Das Einschmuggein 
alkoholhaltiger Substanzen kommt trotz strcnger Aufsicht doch 
ausnahmsweise vor. Entweichungen aus den Anstalten sind nich ganz 
zu vermctden, besonders weil es keine gesetzlichen Mittel gîbt, die 
PHeglinge gewaltsam festzuhalien. Einzig der Kanton St.Gallen hat 
sich cin Spezialgesetz zur zwangsweisen hinbringung von Trinkern in 
Trinkerheilanstalten und Festhaltung derselben fiir eine bestimmte 
Zeit gegeben ; die Erfahrungen, welche damit bis jetzt gemacht 
wiirden, sollen dem Vernehmen nach hinter den gehegten Erwartungen 
zurùckgeblieben sein. Wo Trinker unter dem Druck von Gemeindes 
und Staatsbehôrden in die Anstalten kommen, ist der Erfolg dièses 
(( iVciwilligeii Muss » oft der Ileilung der Betreffenden und der Disziplin 
der Anstaït nachteilig. Der Apparat der Disziplin sollte nicht zu stark 
hervortreten mûssen. Der natQrliche Argwohn der Alkoholkranken 
wird Icicht aurgestachelt, wenn sie sich senr beobachtet fûhlen. Es ist' 
im Allgemeinen besser, wenn dem Kranken Vertrauen entgegenge-* 
bracht wird. Zudem soU die Anstalt ihm zum freundlichen Heim 
werden. Mit diesen beiden Rûcksiehten ist eine ail zu strafTe Disziplin 
nicht gut vereinbar. Dennoch will vor allen Dingen der Heilzweck im 
Auge behalten sein ; und dieser ist nicht zu erreichen, wenn es nicht 
gelingt, den Kranken an ein durchaus geregeltes Leben, in allem an 
Ordnu.ng und Zucht zu géwohnèn. Ohne einen gewissen Zwang geht es 
deshalb nicht ab. Als einen Zwang empfindet der neu Eingetretene 
schon die volligc Abstinenz. Auch zur Arbeit mâssen manche Pfleglinge 
zeitwcise gezwungen werden; die Einsicht, dass Arbeit fûr'sie em 
llcilmittel ist, geht manchen erst spât, einzelnen wohl auch gar nie auf 

2. — LQg;e, Râume & Geb&ulichkeitcn 



Die ortliche Lage einer Trinkerheilanstalt ist nicht ohne Bedeutung. 

Wir trefTen hierin bei den schweiz. Anstalten eine ziemliche 
Mannigfaltigkeit. Einzelne Anstalten weisen sehr schone Lage auf. 
Pension. Vondertluh liegt am lieblichen Sarnersee und gewtthrt ein 
herrliches Nahgebirgspanorama. Schloss Hard liegt am lieblichen 
Untersee, der Inscl neichenau gegenûber. Pontareuse hat zii Fûssen 
den Ncuenburgcrsee, in der Ferne den weiten Alpenkranz. Nûchtern 
licgt eine Stunde nùrdlich von Bern an einem SCidhang iïber dem 
Dorf Kirchlindach und gcwlihrt einen Ausbiich auf die Berneralpen, 
wic er seines glcichen sucht. Aussichtsreich liegt auch Trélex am 
Fusse des Jura. Blumenau liegt in einem Thaïe zwischen ernst s 
frcundlichen Bergen eingebettet, mit Gelegenheit zu hûbschen Aus* 
tlugcn in nflchster Umgebung. Ellikon und PilgerhiUte sind in dieser 
llinsicht weniger bevorzugt, obwohi auch ihre Lage an landschaftli- 









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CONTIIB LABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



141 



chen Reizen nicht arm ist. Weissholzli steht am Rande eines grossen 
Tannenwaldes, der in der guten Jahreszeit reizende Àrbcits =s und 
Ruheplfttze, auch schone Spaziergange bietet. 

Fast aile Aastalten liegen etwas abseits von der Heer^trasse, von 
Ortschaften und namentlich von Wirtshdusern. Etwas eiUsame Lage 
erleichtert um vicies die Disziplin und ladet zur stillen Einkehr, v^elcne 
Trinkern so not thut, sollen sie anders zu sich selbst kommen, 
Seibsterkenntnis und starke Entschlûsse fur ihr kOnftiges Leben 

fewinnen. Unmittelbare Nflhe von grossen, dichten Waldun^en 
ûrfte, bei Mànneranstalten zurnal, das Entweichen befôrdern. Allzu 
abgeschieden sollten die Anstalten nicht liegen, weil dadurch die 
ZuTuhr der nôtigen Materialien und die Abfunr der zu verwertenden 
Produkte erschwert wQrde. 






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Die Anttaltag^ebttttde und =^ Rftume 

Eine Trinkerheilanstalt ist ein Krankenhaus ; denn ihre Pfleglinge 
sind Alkohol-Kranke. Dies bedingt therapeutische und hygienisene 
Einrichtungen. Da die Patienten aber nicht ans Bett und Zimmer 
refesselt smd, sonder n im Gcgcnteil, v^ie weiter unten ntther auszu- 
ûhren sein wird, so viel moghch in freier Luft arbeiten und sich 
beweffen, daneben in Gesellschaft sich vereinigt halten sollen, liegt 
auch aer Schwerpunkt der Anstaltseinrichtung nicht in den Zimmern 
der Pfleglinge, sondern in Arbeits sa und Geselligkeitsrftumen. 

Eine Trinkerheilanstalt ist keine Strafanstalt. Ihre Gebftude sollen 
v^eder ttusserlich noch innerlich strafanstaltartig aussehen. Vergitterte 
Fenster, zellenartige SchlafrAume, hohe Schutzmauern gehôren nicht 
hin. Und doch muss die Anlage und Einrichtung der Gebfiude dem 
Zwecke scharfer Beaufsichtigung und Disziplin angepasst sein. Unsere 
Pfleglinge sind nicht Strâflinge ; aber sie mûsscn in ziemlich weit- 
gehendem Sinne ihrer personlichen Freiheit fur die Dauer des 
Anstaltsaufenthaltes sich begeben. 

Gerade darum kann eine Trinkerheilsttttte auch nicht wohl eine 
gewohnliche Pension sein, wo ieder thut, was ihm gefâUt und sich 
nôchstens an die Geineinsamkeit der Mahlzeiten httlt. Eine stramme 
Hausordnung muss durchgefûhrt, ein gewisser Arbeitszwang gehand- 
habt werden. Und doch soll die Trinkerheilanstalt vom Charakter der 
Pension, des Erhoiungs ss und Kurortes, etwas an sich tragen. Die 
sarn^sche Anstalt nennt sich geradezu Pension Vonderflûh und 
diejenigc zu Télex Pension de la Croix 'Bleue. Dadurch wird der 
Charakter der Freiwilligkeit bcsonders betont, worauf aile unscrc 
Anstalten grosses Gcwicht legen ; anderseits liegt in der Hervorkehrung 
dieser Seite die Anerkennung, dass Trunksucht in erster Linie eine 
Krankheit ist. Die Anstalt als ganzes wird cher einem Kurorte, einer 
Pension, als einer Arbeitsanstsilt oder einem Spital fthnlich sehen 
wollen . 



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142 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

Das AnstaltstnRssige in der âussern wie in der innern Einrichtung 
moglichst zurQcktreten zu lassen, gibt es aber noch einen Gruna. 
Der Trinker hat meist den Heimsinn, die Lust und Freude am eigenen 
Ileira und das Bcwustsein der Pflickt gegen das Heim eingebûsst. 
Dièse soll er wieder erlangen. Die Anstalt muss diesen Sinn wecken 
und pHegen. Sie wird desnalb selbst c( heimclig » sein miissen. Der 
neuangekommcne Kranke soll sich bald heimisch fQhlen kônnen. 
Schon der iiussere Eindruck des Gebâudes dann aber auch das Innere 
dCirrcn nicht kalt und abstossend wirken, sondern mûssen gewinnen 
durch Behaglichkeit und Anmut. 

Die Entstehung und Entwiklung der einzelnen schweiz. Anstalten 
brachte es mit sich, dass nicht ûDerall diesen Porderungen genflgt 
werden konnte. Ueberall ohne Ausnahine wurden zucrst altère, 
bestclicnde Gebiiude bezogen und dièse so gut es eben in jedein 
einzelnen Falle ging, dem Anstaltszwecke dienstbar gemacht. Mit 
Zunahme der Frequenz wurde zu Dependenzgcbiiuden Zuflucht 
genommen, Pfleglinge wurden in zwei oder clrei - verschiedenen 
Gebâuden untergebracht, die bestehenden GebUude wurden durch 
Anbauten erweitert (EUikon) ; Pontareuse bewohnte zuerst ein altes 
PUchterhaus, in welchein fur den ersten Bedarf die notigen Pfle- 
glingszimmcr hergerichtet wurden. Dann wurde ein Neubau fur circa 
20 Betten erslellt, aber von vorne herein auf Erwciterung im Bedûrf- 
nisslallc angclcgt. Niichtcrn mietetc sich zuerst in einem Ilerre'nstock 
eincs Bauernhofes ein, pachtete spftter das ganzc Gut von circa 
54 Jucharten ; im letzten Jahre wurde das ganze Heimwesen zum 
Preise von Fr. 100,000, — angekauft und gegenwiirtig sind wir daran, 
einen Neubau von circa 40 Betten aurzufùhren. Wir stiessen dabei auf 
ein eigentliches Problem, fur dessen Losung wir keine Vorbilder 
besassen. Die Erfahrung wird zeigen mûssen, ob wir eine richtige 
Losung gefunden haben. Wir hielten uns an ctwa folgende Ilaupt- 
grundslitze : 

1. Die Anstalt soll nicht viel niehr als 40 Pfleglinge bcherbcrgcn. 
Wir sind grundsâtzlich gegen grosse Trinkerhcilanstalten, weil wir 
sie lamiliUr hnlten woUen. 

2. Aile Pfleglinge mflssen im gleichcn Gebihide wohnen, der 
Aufsicht wegen. 

3. Es sind moglicht viel Einzelziminer, auch lur umbemittelte 
Pfleglinge, zu erstcllen. . 

4. Jm ûbrigen sind die Zimmer zu drei, nie zo zwei Betten einge- 
richtet, cher zu vier. 

5. Die Anstalt bekommt ausscr einem Spciscsaal zu 50 Plfltzcn 
zwei grosse Unterhaltungssftle, den einen davon fur Nichtraucher. 

G. Die Arbeitsrttume und Schlafrâume der weiblichen Dienstboten 






CONTRE L*ABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 143 

licgcn so, dass eiiie Berfihrung mit den Pflcgiingen auf ein Minimum 
beschriinkt ist. 

7. Die Korridorc zu dcn Pflcglingszimmern sind verschliessbar. 

8. Die Pilegezimmer liegen meist an der Sonnseite. Nur der Wunsch, 
muglichst viele Einzelzimmer zu gewinncn, konnte uns bestimmen, 
einige Nordzimmer zu erstellen. 

9. Das Bureau des Ilausvaters Hcgt so, dass er den Zugang zum 
llause genau ûbersieht. 

10. Der Nenbau soll von aussen einen frcundlichen Eindruck 
machen, die innere Ausstattung wfthrschart-einfach, aber nicht allzu 
primitiv sein. Unsere Prinzipien bilden eine Synthèse derjenigen 
Erfahrungen, welche man bislang in den schweiz.* Anstalten macnte 
und sind mit die Frucht einer Bcsichtigung aller- dieser Anstalten, 
die zum Teil recht gut cingerichtet sind, wenn sie auch kicinere odcr 
grossere Mangel in der Einrichtung der Gebâude aufweisen. 

Aus dem Vorstehenden ergibt sich, dass neben einem richtig 
grossen Speisesaal auch Unterhaltungsriiume zur Verfûgung stehen 
mûssen. in âlteren GcbUuden muss man oft froh sein, einen Speisesaal 
vorzufinden. Muss dieser zur Benutzung als Unterhaltungsraum, fur 
Spiel, LektOre etc., verwendet werden, so ergeben sich daraus 
Unzukômmiichkeiten, in Miinneranstalten namentlich auch dièse, dass 
der Speisesaal mit Tabakrauch angercillt wird und zum Essen ubel 
riecht. Das Rauchen lassen &ich aber die Pfleglinge ungern nehmen, 
in Winter wie im Sommer. Eigene Unterhaltungsrâume sind aber 
auch deshalb notwendig, weil die Plleglingszimmer im Interesse 
leichterer Beaul'sichtigung tagsi'iber meist verschlosscn zu werden 
pllegen. Irgendwo niusscn nun aber die Leute doch sein, wenn sie 
nicht gcraae draussen arbeiten und wenn das Wetter ungiinstig ist. 

SowohI Speise-als Unterhaltungssâle mùssen hell, freundlich, 
heimelig sein. Der Sinn der Alkoholkranken ist ohnehin dûster, 
missmutig, soll sich aber mit fortschreitender Genesung mehr und 
mehr aumellen. Dazu muss, nebst dem freundlichen llausgeist, auch 
die Beschaflenheit der cinzeinen Rdume im Hause beitragen, wie 
auch die ganze Umgebung, Lage, Aussicht der Anstalt daftir von nicht 
zu untcrschiitzender Bedeutung sind. 

Schr wichtig sind die Arbeitsrilume. Derzweckmitssigstc Arbeitsraum 
ffir eine Trinkerheilanstalt burgcrlichen Charakters ist und bleibt 
nach allgemeiner Erfahrung diè freie Natur, die zutrâglichste Arbcit 
dir Landarbeit. Hier ist mdessen nicht das *ganze Jahr hindurch 
Beschflftigung fur aile Pflegiinge, obwohl aucn zur Winterszeit in 
Scheuncn und Stftilen manches zu thun ist. Auch gibt es Pflegiinge, 
die nicht oder nicht soi'ort auf dem Lande beschâftigt werden konnen. 
Es ist deshalb auf leichtcre hftusliche Beschiiftigung Bedacht zu 
nehmen. Zudem treten Handwerker der verschieoensten Branchen 









144 vil* CONGRÈS INTERNATIONAL ' 

in die Anstalt ein, welche bei gebotener Gelegenheit gerne auf ihrem 
Berufe arbeiten und namentlicn bei Landwirtschaftsbetrieb manchet 
nûtzliche herstellen und dadurch der Anstalt Ausgaben ersparen 
konnen. Fast aile unsere Anstalten haben sich eine Schreiner- 
werkstfltte, eine Schmiede und Schlosserei, eine Drechslerei oder 
etwas dem fthnliches hergerichtet und sind sehr froh darOber. 
Teppichweberei, Finkenfabrikation, Cocosflechterei ergttnzen mehrern- 
orts dièse Einrichtungen. Nicht aile Anstalten sind so glûcklich wie 
die PiigerhQtte, die ihre Pfleglinge in den Werkstâtten des Mis- 
sionshauses neben der Landarbeit vollauf und in vielseitigster Weise 
bethatigen kann. Und da ist es oft recht schwierig, das Richtige zu 
treiTen, eine Beschâftigiing zu finden, welche den rleilzweck fôrdert, 
nicht geisttotender Art ist und doch noch einigen Ertrag abwirft. 
Wir suchen immer noch und wflren fur Winke nach dieser Richtung 
hin ûberaus dankbar. Ellikon und Nûchtern schwebt die Einrichtung 
von Werkstfttten mit Motorbetrieb vor. 

Die Pfleglingszimmer sind teils Einzelzimmer, teils Zimmer fur 
inehrere. Massenschlafsflle suchen wir zu vermeiden. Mehr als 3 bis 
4 Betten soliten die gemeinsamen Zimmer nicht halten. Zimmer von 
2 Betten erleichtern die Anzettelung von Intriguen. Am beliebtesten 
sind die Einzelzimmer, mûssen aber meist hoher bezahlt werden. Im 
Neubau der Nûchtern werden zweierlei Einzelzimmer zu finden sein : 
besser ausgestattete und ganz einfache, letztere fQr unbemittelte 
Pfleglinge. 

Auch die Pfleglingszimmer mûssen freundlich aussehen. Ihre 
Ausstattungdarfsenr einfach, aber nicht armseliff sein. Bettûberwûrfe, 
Bodenteppiche wenigstens vor den Betten, Spiegel, Waschtisch, ein 
freundliches Bild an aer Wand, das allés dient zur Wohnlichkeit. 

3. — Die Heilmittel . 

Leiter von Trinkerheilanstalten werden hfiufig angefragt, womit sie 
denn oigentlitch die Patienten curieren. Weil aie Zeitungen fortw&h- 
rend Anpreisungen von Geheiminitteln gegen die Trinksucht verof- 
fcntlichen, wird vielfach angenommen, dass auch die Anstalten solche 
Mittel anwenden Nichts ist irrtûmlicher als das. Wir anerkennen 
absolut keinc derartigen Heilmittel. Unserer Heilmittel sind vier, 
nicht mehr, aber auch nicht wenijger. 

Das erste derselben besteht im voUstflndigen Entzuff des Genusses 
alkoholischer Getrflnke, in der totalen Abstinenz. und zwar wird 
dieser Entzug von der ersten Stunde an konseauent und unerbittlich 
durchgefûhrt. Die frûher auch unter Aerzten nerrschende Meinung, 
dass Alkoholiker schnell wegsterben, wenn ihnen der Alkohol plôtzlicn 
entzogen wird, erwies sich als falsch. In unseren 10 schweizerisbhen 
Anstalten ist unseres Wissens kein einziger Fall solchen plôtzlichen 
Wegsterbens vorgekommen, wo der Alkoholentzug ursftchlich 



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CONTRB L*ABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



145 



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mltgewirkt hfttte. In dcr Nûchtern, wclche seit 1891 bctricbcn wird, 
kam ûberhaupt no€h kein einziger Sterbefall vor. Mehrere Schwe- 
steranstalten oefioden sich im gleichen Falle Freilich verursacht der 
unvermittelte Uebergang vom Alkoholmissbrauch zur Abstinenz den 
Pfleglingen oft bittere Qualen. AUein dièses Uebergangsstadium 
wira meist nach wenigen Tagen einem Zustand* verh&ltnissmftsslgen 
Wohlbefindens Platz machen, in dem Masse eben, als der ganze 
Organismus desTrinkers unterder Abstinenz in normalere Funktions- 
verhllUtnisse ûbergeht. 

Das zweite unserer Heilmittel ist eine ^ute Ernâhrur^. Der Al- 
koholismus des Individuums bringt es mit sich, dass der Trinker sich 
ungenûgend ernfthrt Der kranfce Verdauungsapparat (ordert die 
Nanrung nicht, und wenn sie ihm dennoch aufgedranfft wird, kommt 
sie nicbt zur richtigen Verwendung. Dies ist ein Hauptgrund des 
allgemeinen KrAftezerfalls bei Alkoholkranken. Hôrt das Trinken 

Slôtzlich auf, so tritt bald Esslust ein und macht sich in ganz be- 
eutendem Masse geltend. 

Die abstinent gewordenen Trinker faneen an tûchtig zu essen. Es 
ist als ob die lange Unterern&hrung geoieterisch einen Ausgleich 
forderte» als ob nun in kurzer Zeit ail das ersetzt werden mûsste, was 
dem Kôrper durch Jahre an Nahrung vorenthalten wurde. Es ist ein 
Fall vorgekommen, wo ein Pflegling eines Abends so viel ass, dass 
er an den Polgen davon starb. Der Yôlksmund gab als Todesursâche 
die Abstinenz an. Dem gesteigerten Nahrungsbedûrfniss muss durch 
reichliche, krftftige Nahrung entgegengekommen werden. In bûrgerlich 
eingerichteten Anstalten wird ja die Nahrung immer einfàcn, den 
lanaesûblichen Verhftltnissenanffepasstsein, aber reichlich, gehaltvoll, 
und gut zubereitet muss sie sein. Es ist wunderbar, in wie kurzer 
Zeit die Kranken dann wieder zu Krftften kommen, wie ihre Mqskeln 
erstarken, das Nervensjstem sich rekonstruiert, das Zittern der 
Extremitftten aufhôrt, der Gang sicher wird. Eine rechte Kost dient 
aber auch wesentlich dazu bei, die Pfleglinge bei guter Laune zu 
erhalten, was in einer Trinkerheilanstalt nicht immer ieicht ist. 

Als drittes unerlftssliches Heilmittel bezeichnen wir die Arbeit. 
Manche Alkoholiker arbeiten nicht mehr, weil sie kranken, andere 
kranken, weil sie zu wenig arbeiten. Beide Kategorien mûssen zur 
Arbeit zurûckgefQhrt werden. Jede Arbeit erforaert Kraftaufwand 
und absorbiert KraftstofT im K<)rper. Dadurch wirkt sie befôrdernd 
auf den StofTwechsel, bei richtigcr Ernfihrung also gcsundheitfôrdernd. 
Erschwerung, Verlangsamung, ErschlafTung vielcr oder der meisten 
Kôrperfunktionen scheint ein Merkmal des AIkoholismus zu sein. 
Korperliche Arbeit bringt dâs Blut in lebhaftere Cirkulation und 
wirkt in Jeder llinsicht belebend auf den Organismus ein. Von beson* 
derem Wertc ist die Arbeit aber aueh nach der psychischen Seite 
hin. Arbeit ist Konzentrierung der Kraft. Dièse Konzentrierung fehlt 
dem Alkoholkranken. Daher seine Uniust zu anhaltender Thfttigkeit, 



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146 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

sein zerfahrenes, unstàtes Wesen, das nur eine Konzentrierung kenni, 
diejenige auf deu Alkohol. Der Trinker geht viellcicht an seine 
Arbeity verlUsst sie jedoch bald um zu trâumen oder zu trinken. 
Der Physiologe wird die . Lfthmungswirkungen des Alkohols zur 
ErkIUrung herbeiziehen. Sicher ist auch, dass die Arbeit unter der 
Wirkung des Alkoholmissbrauchs^ ja vielfaeh schon unter derjenigen 
des Alkoholgebrauchs, weniger leicht von statten geht und zuTolge 
der Unsicherheit in den Bewegungen, der Storung der leitenden 
Organe, weniger gute Resultate erzielt. Der Trinker inag nicht 
arbeiten, weil er nicht kann und nichts rechtes herausbringt. Wird 
er nun in der Anstalt zur geordneten Arbeit angehaltcn, so gewinnt 
cr beides zugleich : einmsu Konzentrierung seines Geistes auf einen 
bestimmten Punkt, wodurch er zugleich zerstreut, von seinen dûstern, 
selbstquUlerischen Gedanken abgelenkt wird : Zerstreuung ist oft das 
beste Mittel zur Konzentrierung. Und sodann erlangt er wieder 
Freude ani eigenen Schaffen, sofern wenigstens die Arbcitsverhâltnisse 
der Anstalt so beschaiTen sind, dass dièse Freude zur Geltung kommen 
kann. Mobius und nach ihm Smith haben vollkommen recht, auf 
diesen Punkt Gewicht zu legen. 

Die Erkenntnis, dass Landarbeit fur Alkoholkranke die beste ist, 
bricht sich immer mehr Bahn. Der Arbeiter komint dabei mit der 
frischen Luft nm meisten in unmittelbare Berûhrung. Das Grûn der 
Landschaft, die Ruhe und Stille derselbén wirken beruhigend auf 
das Nervensystem. Die Kôrperanstrengung befôrdert Blutzirkulation 
und StofFwechsel und verleihtgesunden Schlaf. Das Nahrungsbedûrfnis 
gestaltet sich am normalsten bei Landarbeit. Zudem ist die 
Beschàftigung auf diesem Gebiete sehr abwechslungsreich und 

Îrestattet, dcn Fâhigkeitenund Bedûrfnissen der Einzelnen weitgehend 
iechnung /n tragen. Auch der schwachliche und ungeubte Pflegltng 
kann'sich nûtzlich machen. 

Wic schon oben angefûhrt,mûssen aberauch Werkstlitten vorhanden 
sein und sind meist vorhanden. Etwas liausindustrie wird eintreten 
mi'isscn fur die Zeiten, wo die Landwirtschaft wcnig oder keine 
Beschuftigung bietet. Môge man es nach dem Vorschlage des Herrn 
Dr. Legrain meinctwegen auch mit der eigentlichen Industrieanlage 
fiir Trinkerhcilstiltten versuchen, dabei aber nie vergessen, dass die 
Arbeit in diesen Anstalten in allererster Linic Heiimittel sein und 
darum gerade auch auf das seelische Leben der Kranken einen 
regenerierenden, belebenden Einfluss ausûben soU. Fabrikluft wâre 
z. B. kein gceignetes Milieu fQr Alkoholkranke. 

Der Arbcilsertrag fâUt nach den Statuten der schweiz. Anstalten 
meist der Anstalt zu. Ausnahmen sind zugelassen. Pfleglinffe, die sich 
lângere Zcit gut gehalten haben und dercn Familien in Not ^eraten 
sind^ erhallen zuweilcn etwas Lohn. In Nûchtern hatten wir scnon oft 
Yerlegenheiten durch Unzufriedenheit der Pfleglinge ûbcr die von 
ihnen zu, Gunsten der Anstalt verlangte Arbeit. Manche Pfleglinge 






CONTRE L*ABUS DES BOISSONS ALCOOLIQUES 147 

(indcn es nicht recht, dass sie Kostgeld bezahlen uud obendrein noch 
fur den Niitzen der Anstalt arbeitcii soUen; oft bekla^en sich gerade 
solche Pfleglinge am meisten, deren Kostgeld nicht die Hftlfte, nicht 
ein Drittel dessen deckt, was ihr Unterhalt kostet. Solcheo AuiTassun* 
gcn ffcgenûber muss immer und immmer wieder darauf hingewiesen 
werden, dass die Arbeit in erster Ltnie Ileilmittel ist. 

Das vierte, aber nicht zuletzt in Betracht fallende, Heilmittel ist 
die sittlich-religiose Einwirkung auf die Pfleglinge. Dpr Trinker ist 
in der Regel ein auch sittlich und religiôs verwahrioster Mensch, 
dessen ganzes Geisteslebcn unter den Wirkungen des Alkohols leidet. 
Der Eriolg der Ileilkur hftngt wescntlich mit davon ab, ob es gelingt, 
dièses Geistesleben zu erneuern odcr nicht. Aile vorau^genannten 
Heilmittel helfen dazu mit. Die Abstinenz schaiTt die Hauptursache 
der Verwahrlosung weg und ermoglicht eine normalere Funktion des 
Nervensystems, Damit ist schon vieles gewonnen. Die richtige 
Ernfthrung kommt auch den das Geistesleben vermittelnden Organen 
und damit diesem selbst zu gute. Die Arbeit, die regelmfissige, 
geordnete Besch^rtigung eriordert auch Arbeit des Geistes. Bci der 
Arbeit findet der Patient Gelegcnheit, ûber seine Vergangenheit und 
seine Zukunft nachzudenken. Die gcordnete lliiuslichkeit weckt den 
Sinn fur Behaglichkeit. 

So wertvoll dies ailes sei, es muss doch dariiber hinaus zu einer 
direkten Einwirkung auf die Pfleglinge kommen. In die Hand der 
Pfleglinge gehoren gute Bûcher una Zeitschriften, eine gesunde 
Lektûre. Die Abstinenzlitteratur wird dabei nicht ganz fehlen dûrfen. 
Belehrende und unterhaltende Schriften jeder Art mûssen zu Gebote 
stehen. Dazu kommt der lebendige Einfluss der Persônlichkeit des 
Anstaltsleiters. Wehe der Anstalt, deren Leiter kein gebildeter, kein 
geistig bedeutender Mann ist. Gebildet ist hier durchaus nicht 
eindeutig mit gelehrt ; aui die wahre Bildung des Herzens und 
Geistes kommt ailes an. Die Alkoholfrage muss ein Leiter einer 
Trinkerheilstatte kennen und imstande sein, den ihm Befohlenen 
uberzeugende Belehrungen darin zu erteilen. Er soll aber auch sonst 
unter den Pfleglingen geistiges Leben zu wecken und zu pflegen 
vermogen. 

Mehrere unserer Anstalten stehen zum Blauen Kreuz in engern 
Beziehungen und halten Versammiungen der Ortsvereine im Hause 
selbst ab. An andern Orten werden mehr oder weniger regelmâssig 
vom Ilausvater oder andern Berufenen Vortrflge ûber die Alkoholfrage 
gehalten. 

Sehr hoch wird durchwegs der religiose Einfluss ^auf die Pfleglinge 
gewerlet. Wo immcr moglich, besuchen dièse den Ortsgottesdienst. 
In Vonderflûh kann jeder Pflegling tdglich der Messe in der nahen 
Ortskirchc belwohnen. Ueberall werden Hausandachten abgehalteu, 
meist morgens und abends. In Trélex und in der Pilgerhùtte liest 
dabei jeder Pflegling der Hcihc nach aus der Bibel vor. Besprechung 






148 VII* COKG1IB8 INTERNATIONAL 

des Gelesenen, Gebet und Gesang bilden weitere Bestandteile dieser 
Andachten. Das Tischgebet wird ûberall gepflegt. Das Hers wird so 
zur Einkehr gefûhrt, der Wille gefestigt, indem er unter die ewigen 
Ordnungen Gottes gestellt wird. Der Glaube an Gottes Gnade trôstet 
manches Friedensuchende, aber in sich zerrissene Gemût und richtet 
es zu neuem Streben auf. Wird hierin, wie recht und billig, kein 
Zwang ausgeûbt und Zudringlichkeit grundsfitzlich vermicden, so gibt 
es doch selten Pfleglinge, welche sich den religiôsen Andachten 
entziehen. 

Gerade um der religiôsen Einwirkung wiUen kônnen wir uns in 
der Schweiz eine Anstalt unter ausschliesslich flrztlicher Leitung kaum 
denken. Aerzte fûhlen sich zu seelsorgerischer Thtttigkeit selten 
berufen. Deshalb sind unsere Leiter meist Mllnner, die sich schon 
vorher, d. h. vor Uebernahme der Anstattfûhrung, in der Leitung 
religioser Versammlung bethfitigt hatten und dafûr Verstftndnis und 
Liebe besitzen. Dies schliesst eine ftrztliche Mitarbeit nicht aus, 
obwohl fast aile unsere Anstalten zu klein sind, um einen Arzt vollauf 
zu beschftftigen. 

IV. — Die Heilerfolge 

Welche Heilerfolge haben nun unsere Anstalten aufzuweisen ? 
Zun&chst sei festgestellt, dass die Berechnung dieser Erfolge eine 
sehr verschiedene ist. Auf eine schriftliche Anfrage, welche wir im 
Januar 1899 en aile schweizerischen Anstalten hierQber richteten, 
erhielten wir von einigen nur ganz summarische Angaben. Vonderflûh 
nimmtaUy dass, von den Aufnahmen der ersten Zeit abgesehen, 70-80 */« 
der Ausgetretenen geheilt seien. Trélex meldet nur 15 ^/o Heilungen. 
Pilgerhûtte und Blumenau geben 50 ®/o an. Schloss Hard und Etagnières 
als erst im Jahr 1898 in Betrieb getreten, fallen der kurzen Zeit 
wegen kaum in Betracht. Von EUikon, Weissholzli, Nûchtern und 
Pontareuse besitzen wir genauere Angaben. Danach wâre die Heil- 
zifTer dieser Anstalten folgende : 

Nûchtern Ellikon Weisshôlzli Pontareuse 
Heilungen 37 % 41,5 Vo 54,5 ;/o 33,3 «/o 

Ziehtmanjedoch nur diejenigen Ausgetretenen in Rechnung, welche 
nochleben, nicht geisteskrank wurden und mehrals einen nur unbedeu- 
tend kurzen Kuraufenthalt machten, so dûrfen wir als geheilt betrach- 
ten : Ellikon 54 •/o; Nûchtern 47 «/o; Weisshôlzli 62^0,- Pontareuse 
50 ^/o- Die auf dièse Weise nicht in Berechnung fallenden Pfleglinge 
machen aus : Ellikon 22,5 ^o atll^i* Entlassenen ; Nûchtern 21 % ; 
Weisshôlzli 10,9 Vo ; Pontareuse 33,3 Vo- 

Legen wir die Gesamtzahl aller Entlassenen zu Grunde, so ergibt 
sich nach den vorliegenden Angaben folgende Darstellung : 



.T ' 



CONTRE L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



149 



Zohl der Eniloiftenen 



In Prosonien 



Ansiallen 

G«beiU 

1. Pilfl^erhttUcr. 339 

2. Trélex 81 

3. Ellikon 250 

4 . NQcbtcrn G" 

5. Blumenou 33 

6. WeiMhOlzli 30 

7 . Vonderflah 44 

M . PontarcuM 2 

U. Schlosft llard 

10. BtfignièrGii 

Total 846 



UngebelU, 

vertlorbon, 

geUtetkrnnk, 

vertiiiollan 

33t> 
401 
352 
112 

34 

25 

19 
4 



Oeheilt 



50 

15 

41,5 

37 

50 

54,5 

70 

33,3 



Ungeheill, elc 

' 50 
85 
58,5 
63 
50 
45,5 
30 
66,6 



1346 



39 



61 



Von einer Gesamtzahl der Entlassenen von 2102 waren etwas mehr 
als 800 al s geheilt anzusehen, oder crheblich mehr aU ein Drittel. 
Scheidet man die Verstorbenen, die in Gcisteskrankheit verfallenen 
iind die zu kurz in den Anstalten verharrenden aus, so dûrlte sich die 
IleilziiTcr der HUlfte nâhern. 

Beim Blauen Kreuz verharren circa 1/5 der gewesenen Trinker 
mehr als zehn Jahre und sind aïs dauerna geheilt zu betrachten. 

Von der Ueberzeugung durchdrungen, dass eine Statistik der 
AnstaUsheilerfoIge um so grôssern Wert besitzt, je zuverlâssiger sie 
aufgebaut ist, griffen wir in Nûchtern zum Zâhlkartensystem. Fur 
jeden eintretenden Pflegling wird vom Hausvater eine rote Karte 
ausgefûllt. 



TRINKBRHEILSTiVTTE NUCHTERN 



Forliaufende Konlr,''Nr, 



Eintritt 



Do tu m des Eintritt* : 

1. Same und Vorname : 

2. GtburUdaium : Tag^ Monat Jahr chelich*— unehalich* 

3. CivUêtand : ledîg* — verbeiratet* — verwitwet* — gerichtl. gescbied.* — wiUkarlich 

getrennt lebend*. — Zabi der Kinder : , wovon leband ; , 

erwacbaan : . unerwacbien : , gestorben : , totgeboren: 

4. Htimai : Gemeinde Kanton uder Staat : 

5. Wohnort reip. UnterttQliungflwobn«its : Gemeinde 

Kanton oder Staat : 

6. Konftêêion : Protaitant* — Katbolik* -^ Isrnclit* — ondersgliiubig*. 

7. Mtttierêpraehe : Deutftcb* — FranxOsiscb* — Andere Spracben : 

8. Beruf : 

9. Einiriii : Prciwillig* ~- Erzwungen durcb : 

10. in hûrgerlieken Rechten* — • Bevormundet* — Konkurtit* : wie lange 

TV U 



150 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

11. Dauer deê ÀufenthalUi laui Verpflichtungflich«in : Monate : 

12. Xum enien Mal in der AmÊalt* — Schon frQher da oU Nr. 

13. War Patient êchon in einer andern Anêtalt? Trinkerasyl* — Ersiehunçtantialt* — 

Gerungnift* — Korrcktionihaat* — Zuchthaui* — ArboiUanstnlt* — Irrenanitalt*. 
\k. Sehon einmal abitineni ? Wie lang^ ? In einem Verein und 

welchem ? 

15. Verpflegung : Auf eigene Kotten* •— Mil UnlerttUUung* — Gani aùf dfTentliche 

KOBtCll*. 

16. Hxuiliehe Erziehung : Gut* — Mangelhaft* — Schiacht* — Verwaist* (VaUr* — 

Mutter*) im Altertjahr. 

17. Schulbildung : Primor* — Sekundar* — Gymnatium* — Andere hOhere Schule* — 

Durftig*. 

18. Vermœgen : Im Besitz* — AnwarUchart* — Keinet*. 

19. Getundheit : Kdrperlich normal* — Schwiichlich* — Geitlig^ normal* Geittig annor- 

mal* — Zu GeistcsBlôrung prildisponiert. — Speiielle KrankheiUanlagen : 

Kommt Geislca-*, Gchirn-* oder Nervenkrankheit* — Trunksucht* Selbitmord* 

— AufTnllendcr Charakter* — Yerbrechen* vor bei : 

1. Vater* — MuUcr*? 2. Grosavater* — Grotimutier* — Onkel* Tante* — 
Vaterlicher-*. mntterlicherfteiU* ? 3. Bruder* — Schweater* ? 4. Sohn* — Tochter* ? 
BluUverwandtschaft der Eltern* ? Grad .' 

20. Vorzuglieh genostene aIkohoUêche Getrmnke ? 

21. Vermutliche Urêachen der Trunkiueht : Oekonomiiche* — Hftuftliche MÎMvcrbilltnisBe* 

— Gesellschaft* — AerzUiche VorBchrift* — Erblicbe Belattung* — Abnormer 
Charaktcr'* — Andere Ursacben. 

22. Bemerkungen : 

Der Haut va ter : 
— * Da9 Zutre/fende iêt zu unterstreichen — 

TRINKERHBILSTATTE NÛCHTBRN. 

Fortlaufende Kontr,^Sr, 

(Gleicbe Nr. wie beim Eintritt). 



Abgang, 



Tag^ des Auslritles 

Pflegetage in der Anstalt 

1. y a me und Vorname 

2. Kranhfittform 

3. Entlasten ait : Gcheill* — Gebessert* — Ungebesserl* — Zweifelban*. KOrperlicbei 

Befinden : — Erkrankt*, an wat ? Gestorben*, 

an was ? — Entwicben* — Vor Ablouf der Verpflicblungflxeil 

ausgclrclen* und warom ? 

Ans disciplinarinchen GrUnden aus der Anutalt entfernt worden*. — Wâre liingcrer 

Aufenlhalt wdnschbar gewesen ? 
k. Wurde nach der Entlatsugn der Beruf gemndert ? 
5. Bezahlteê Kostgeld per Tag Fr. , im Ganxen Fr. 

G. Benehmen in der Anêtalt : 
7. Bemerkungen : 

Der ItauÈi^ater : 
— * Dai Zutrefentle itt zu unlentreichen — 



CONTRB l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES l5l 

Dièse zweite weisse Karte eDthttlt auf dcr Rûckseitc ein Schéma zur 
Kintrafirunff von Nachrichten Qber das Verhalten dcr gewesenen Pileg- 
linge. Zu Etide des Kalenderjahres wird auf Grund dieser Kintragungeo 
die Statistik dcr Ërfolgaufgestellt.Um inoglichstzuvcrlâssigeMitteilun- 
geii zu bckommen, versencien wiran Vertraucnspersoncn am Wohnorte 
der gewesenen PHeglingc beigolCigtos Cirkular und Fragenschema : 

•BR.XlHClie TRlKKEKUKILST.fcTT»: « NUCMTEIM » 

Kirchlindach^ den 

Herrn 

in 

S«lir f^cbrier Herr ! 

In dcr Trinkcrbeilsliitlc « Nochtern » wurdc iiii Jiibre verpHegl : 

Herr von , geboren den 

TOD Bcmf. 
Danalf in wobnbafl. itt er nacb i«in6ni Aufttrittie aai dar Aottall 

aacb yexogan. 

Ut et Ibnen vielleîcbt mOglicb, un» Qbcr sein Vcrbaltcn auf Grund suvarlu8»i|fcr 
Beobacbtungen Mittcîlunif tu macben und beilîegonde Fragekarla tu baanlwurlen ? Wir 
war«n Ibnen dafor tebr dankbar. Ct liei^t ont tebr viel dnran, untere einttigen Pfleglinge 
niebt au» den Augen tu verlieren, tondern bcfettigcnd und wcnn nOtig erneuernd auf tic 
einxuwirken. Docb nOtten natQrlicb lolcbe Erkundigungen von bciden Scitcn ditkrcl 
bcbandelt wcrden. 

Achtungtvoll ! 

y* 

1. Abitimêmi — teil Rackkebr aut der Nacb 1er n — tcit Monalcn — > nacb Rock f ail — 
Mitglied einct Tempèrent vcrein» (Blauct Kreut, Gutiempler — andercr Vcrcin und 
welcber } / 

S yirkiubidmtmi — balt ticb muttig ~ homunt ht «ich nie — •rltcn — huufig — iflwietier 

Trunkfnbold. 
3 Familiemt^trkMltniêit b«i»tfr aU frllbrr — liiii«cii lu wiln»rbrn. weil Trunk ini Spicl — 

•1 hlimm. 
\ Berufê' und mkononnêcke Verh^tltmisif. In <lt>r Triiilfu'ricMlc gui — iiii*«liob — «ihlrtbt 

— dcm Ruin nabc ; — teil dcr Bcttcrung unstcii^cnd — gui — nbcrra«cbend gun»lig. 

5 SUtlumff l'a dtr tr/femttivhem Kfirun^. Vur Bintrill in dit* Antlall } 
Seît dem Wicdercintrilt in't Lrben ? 

Q. WeiUrt BtmerAmngtH, 

den 

ùrr BtnihtrritatUr : 



éSB. Dat Gcltendc iti Obérai ta ai«i#rtlroichen. do» NicbltuIrefTcnde WarrAtutIreicbcn. 






152 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

Aul diesem Wege haben wir ûber mehrere Pfleglinge aus den ersten 
Jahren des Bestehens der Anstalt gute Nachrichten erhalten, wfthrend 
wir sie Iftngst abgefallen glaubten oder fur verschollen hielten. Durch 
dièses System sind wir auch in der Lage, uns auf Grund authentischer 
Mitteilungen Unbeteiligter ûber unsere Statistik auszuweisen. Auch 
konnen aus dem vorhandenen Material zu jeder Stunde ûber einzelne 
i^unkte leieht die géwûnschten Angaben zusarammengestellt werden. 

Eine noch der hrledigung harrende Frage ist dièse, ob als geheilt 
ausschlisslich diejenigen Pfleglinge anzusehen seien, welche sich 
vollstândig abstinent halten, oder auch solche, welche, ohne gfinzlich 
abstinent zu blciben, mftssig weiter leben und nicht mehr in Trunk*- 
sucht verfallen sind. Man pflegt iene ersten allgemein als geheilt, 
dièse zweiten als gebessert zu bezeichnen. Unsere vertraulichen 
Mitteilungen melden von verschiedenen Personen, dass sie sich gui 
halten ohne Abstinenz. Die Gefahr des Rûckfalls ist fur dièse Mftssi-* 
gen selbstredend iinmer grôsser als fur Abstinente. So lange sie Jedoch 
nicht eigentlich rûckf^llig sind, wird es doch angehen, sie den 
Geheilten im weitern Sinne beizuzilhlen. Es wftre wûnschenswert, 
dass hierûber ein einheitliches Yerfahren erzielt wûrde. 

Bezûçlich der Heilerfolge ist eine Mitteilung im letzten Jahresbe- 
richte aer Trinkerinnenheilsttttte Blumenau lenrreich. Herr Diener 
schreibt : Die Frage : Ist unsere Arbeit nicht nur ein Flickwerk, oder 
ist es muglich eine Trinkerin voUstflndig zu heilen ? stand vor uns ; 
rasch entschlossen stellten wir bei Behôrden und Angehôrigen einsti- 

frer Pfleglinge Nachforschungen an, ia wir ûberzeugten uns person- 
ich una fanden, dass die als geheilt Entlassenen sich musterhail 
hielten, ihre Pflichten mit der grôssten Freude erfûllten. Wir sahen 
glûckliche Mftnner, Kinder, die durch unsere Thfttigkeit mit Gottes 
Hûlfe wieder ein friedliches Leben haben und kanien wir zur voUsten 
Ucberzeugung, dass unsere Arbeit nicht umsonst sei. 

Befetlig^ung^ dei Kurerfolget 

Fur das Ergebnis der Anstaltsbehandlung ist es von grosster 
Wichtigkeit, dass die Anstalt sich der ausgetretenen Pfleglinge fort- 
gesetzt annehme. Dies kann geschehen und geschieht thatsftchlich in 
reichem Masse durch briefllicnen Verkehr. Vielen ist die Anstalt lieb 
geworden ; zwischen ihnenund den Anstaltleitern bilden sich Verhfllt- 
nisse dauernder Freundschaft. Dièse Anhttnglichkeit will genâhrt und 
gepflegt sein durch Briefwechsel, woraus den leitenden Personen viel 
Arbeit, aber auch Befriedigung erwilchst. Doch sind manche Pfleg- 
linge auf diesem Wege nicht zu erreichen, weil sie die Fortdauer 
geistiger Bezieluingen nicht wûnschen. Da mag denn in manchen 
Fiillcn pcrsonlichcr Besuch cher zum Ziele fûhren. Die Leiter der 
Anstalt soUtcn doch wenigstens aile paar Jahre einmal ihre frûhern 
Pfleglinge besuchen konnen. Ein Wort freundlicher Ermutigung, ein 






->* 



COKTRB L*ABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 153 '"/' 



Rat, ein Trost wirken stttrkend aufclîe Schwachen, befestigend auf die 
Stfirkern. 

Sehr zu empfehlen ist das Vorgehen der Anstalt Ellikon, die Ausge- 
tretenen zu einem Vereine zusammen zu schliessen. Es jinûssen sich 
dalûr allerdings unter den gewesenen Pflegliogen solcne befindeiiy 
die Eifer und Geschick genug besitzen, einen solchen Vereinzu leiten 
uod lebendig zu erhalten. 

V. — Die allgemeine Bedeutung der Trinkerheilanstalten im 

Kampfe gegen den AlkohoUsmus. 

Die Trinkerheilanstalten verfolgen als nâchsten Zweck, den aufge- 
noRimenen Alkoholkraîiken Heilunff zu bringen. Hinter dieserHaupt- 
aufgabe haben aile andern Rûcksichten zurûckzutreten. Allein gerade 
je erfolgreicher die Anstalt an Einzelnen wirkt, um so grôsser ist ihr 
Segen lûr die Antialkoholbewegung im grossen und ganzen. Wir 
weisen auf folgende Punkte hin : 

1. Durch Heilungeiner grossen Zabi Alkoholkranker entreissen die 
Trinkerheilanstalten diesc selbst und ihrei Familieny namentlich 
auch die Kinder, der Flut des AIkoholismus. 

2. Jeder geheilte Trinker, der aus ihnen hervorgeht, wird durch 
sein Beîspiel, vielfach auch durch seine Arbcit an andern Trinkern, 
zu einem Trinkerretter. 

« 

3. Dièse Anstalten leisten den Thatbeweis, dass Trinker in vielen 
FâUen heilbar sind und tragen auf dièse Weise wirksam dazu bei, 
dass dièse noch heute vielfach angefochtene Thatsache iifimer mehr 
Anerkennung findet. 

4. Sie beweisen Tag fur Tag, dass der plôtzliche Entzug des 
AlkohoU nur heilsam, nie dauernd nachteilig wirkt. Dadurch wird 
ein Hauptbedenken gegen die Alkoholabstinenz widerlegt und die 
Temperenz = und Abstinenzbewegungwichtiggefôrdert, was nament- 
lich auch den Temperenz = und Abstinenzvereinen zu gute kommt. 

5. Durch den Verkehr mit den Trinkerheilanstalsten werden Staats 
= und Gemeîndebehôrden mitdem Work der Trtnkerheilung vertraut 
und sc'henken ihm erhôhte Aufmerksamkeit. 

6. Dièse Anstalten sind geradezu Bollwerke im Kampf gegen den 
AIkoholismus. Auf sie ricnten sich nach und nach die Augen des 
Volkes. Von ihnen gehen segensreiche Anregungen aus. Gerade in 
diesem Zusammenhange ist es sehr zu begrûssen, dass die meisten 
Anstalten jâhrlich gedruckte Berichte uber ihre Th&tigkeit und 
Erfolge, Bedûrfnisse und Leistungen verofTentlichen. 



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* 



154 vil* conc:rb8 international 

HtSVHP. PAR l'auteur 

1" La séparation des alcooliques curables d'avec les incurables, les aliénés et les 
alcoolique» criminels au moyen d'asiles spéciaux est indispensable. 

2* Le traitement des alcooliques doit reposer tout entier sur l'abstinence complète, la 
direction morole, le travail et une bonne discipline. 

.3* Le trovail doit être pbysique (travaux des champs et jardinage). A côté de sa haute 
valeur médicale, le travail présente une importance appréciable comme moyen d'éduca- 
tion. Les dispositions individuelles doivent être prises en considération et chacun doit re- 
cevoir une direction en rapport avec ses facultés particulières. Autant que possible le 
travail de l'asile doit être pour les pensionnaires, même après leur mise en liberté, une 
source de bénéfice moral ou matériel. 

'i* La séparation des sexes en des osiles différents ne parait pas absolument nécessaire. 
La séparation des classes sociales se fera le plus souvent d'elle-même. 

5* L'asile doit être placé sous la direction d'un médecin aliéniste. Une autre direction 
ne pourra exister que dans des cas exceptionnels. 

6* Le directeur de l'Asile doit être muni du plus haut degré de compétence possible; 
pour éviter le « schématisme » (schematismus) et l'introduction par des personnes încom- 
pétontes d'influences perturbatrices. 

7* L'asile doit être autant que possible petit, facile à surveiller, placé è la campagne 
et, quand les circonstonces le permettent, dans une situation agréable. 

8* La durée du séjour à l'asile doit être au minimum de 9 mois. 

9* Pour obtenir des résultats vraiment bienfaisants des lois sont indispensables, qui 
permettent d'instituer le traitement d'office. 

10* Les asiles présentant le caractère de fondation privée sont incontestablement les 
meilleures. La création d'asiles publics dépendant de l'Etat et d'asiles privés se présentera 
cependant comme nécessaire dans beaucoup de pays. Ces asiles, sous une bonne di- 
rection peuvent aussi rendre d'excellents services. 

DISCUSSION 

M. le Dr Philbert demande pendant combien de temps on garde 
les buveurs dans les asiles suisses. 

M. Marthaler. — Un minimum de six mois. 

M. le D' Ruysch fait observer que si, à Berne, le Ministre des 
finances se montre l'adversaire des asiles, en Hollande, au contraire, on 
a pu voir le Ministre de Tlntérieur actuel, M. Goeman Borgesius, être 
non seulement, en sa qualité de député, un des fondateurs du sanato- 
rium de HooghoUen, mais aussi, en qualité de Ministre, obtenir des Etats 
<rénéraux de cette année, les subsides nécessaires pour assurer l'exis- 
tence de ce sanatorium. Le ministre Goeman Borgesius figure, en outre, 
dans le comité comme repi^sentant le Volks bond ou Ligue populaire 
contre l'alcoolisme. 

On peut donc dire que les idées font leur chemin. M. Ruysch croit 
qu'il est de notre devoir d'éveiller de plus en plus l'intérêt des magistrats, 
(les législateurs et des médecins en faveur des asiles. Quand nous réus- 
sirons à les engager dans cette voie, nous irons beaucoup plus vite. Il n'y 
a que le premier pas qui coûte. 

M. Baer. — Die Mittheilungen des Herrn Prof. Foiel sind von gros- 
ser Wichtigkeit fur die Geselzgebung wie fur die wissenschaftliche 



» 






CONTRR L*ABUS DES BOISSONS ALCOOLIQUES 155 

Erkenntniss dieser an sich sehr sch wierigen Materie. Meine Erfahrungen 
bei Grefangenen zeigen ebenfalls, dass es unverbesserliche Trinker giâ)t, 
die eigentlich von Hausé aus in eine Irrenanstalt gehôren. Besser ist es 
jedoch, Anstalten zu haben, in welchen Trinker dieser Art wegen ihrer 
Gemeingeiahriichkeit und im ôifentlichen Interesse andauernd zurûck- 
gehalten werden kônnen. 

M. le Président. -* M. le D^ Crothers (Etats-Unis), dépose sur le 
bureau son travail sur les asiles de buveurs en Amérique, qui sera publié 
à cette place dans le procès-verbal. Il regrette que son inexpérience de 
la langue française Tempôche de participer à la discussion. 

Les asiles de buveurs et leur œuvre . 

PAR M. CROTHERS M. D. SUFT. 

Wolnul Lodge Hotpital, Hartford, Conn., U. S. A ; Editor a Journal or Inebriely » ; Sect. or 
American Médical Tempérance Associution ond Asftociation for tbe ttudy ond cure 
of Inebriety, etc., etc. 

Mes connaissances sur ce sujet commencent en 1874, lorsque je 
fus nommé aide-médecin dans le premier asile de buveurs du monde 
entier, a Binghampton (New-York). Quatre ans après, je fus chargé de 
Tasile de Walnut Lodge (Hartford, Connecticut) maison privée pour 
les buveurs, où je reste à présent. 

En 1876 je contribuai h l'organisation d*un journal de Tempérance 
et Ten ai été Téditeur jusqu'à présent. 

Pendant ces vingt-cinq ans j'ai eu toutes facilités pour bien 
m'assimiler l'œuvre de ces asiles en Amérique. Il en a été de même 
pour la littérature qui a ^aru au dehors. Dans ce laps de temps, bien 
des changements sont survenus ; une nouvelle génération est née avec 
des idées plus larges et plus nettes. 

Une histoire sommaire de quelques-uns de ces progrès contribuera 
a fixer les idées sur la question des asiles pour buveurs. 

Le premier asile de buveurs. — La première maison organisée pour 
le traitement médical des buveurs fut ouverte h Binghampton, petit 
village de l'Etat de New- York. Au bout de seize ans elle fit place à 
une maison d'aliénés. 

En 1846, le D' J.-E. Turner, médecin qui pratiquait à Bath Maim, 
fut pris du désir d'ouvrir un asile pour les buveurs en vue de les 
traiter médicalement. Il commença à agiter l'opinion d'une façon 
continuelle et persistante, pendant dix-huit ans, avant de réussir à 
former une association, à réunir de l'argent et à provoquer une loi 
tendant ii la séquestration des buveurs. Ce fut en 1864, que le premier 
asile de buveurs du monde entier fut ouvert. Le principe capital de 
l'œuvre était que les buveurs sont des malades, qu'ils ont besoin de 
soins médicaux, et que leur traitement nécessite la restriction. 

J'ai dit plus haut qu'au bout de seize ans, cet asile fut changé en 



I''. 






t 



156 VII* GONCRKS INTERNATIONAL 

un asile d'aliénés. C*cst qu*en eiîct, pendant tout le temps on n^avait 
point ménagé h Tœuvre les objections et les critiqnes acerbes. Certains 
moralistes prétendaient que cette tentative devait diminuer la respon- 
sabilité des buveurs et encourager rivrogneric. D'autres prétendaient 
que c'était honteux d'assimiler les ivrognes h des aliénés, et de les 
assujettir au même mode de contrainte. Des politiciens, aux visées 
intéressées, animaient l'opinion et dirigeaient le combat contre l'asile. 
Les prédicateurs même faisaient opposition, alléguant qu'on élevait le 
péché à la dignité de maladie. Philanthropes, réformateurs, opposants 
de tout acabit opinaient que c'était la une théorie absurde et irréa- 
lisable. 

Malgré toutes ces oppositions concentrées contre l'idée de traiter 
les buveurs comme des malades, le grand principe fit son che- 
min ; peu a peu, il s'est implanté a une manière durable. Plus 
de douze asiles s'établirent en outre de celui de Binghampton ; dans 
le nombre, plusieurs prospèrent encore. Cette première institution 
rencontra donc les mêmes oppositions que toutes les nouveautés 
scientifiques et toutes les vérités rencontrent, jusqu'au jour où 
l'existence de l'ivrognerie en tant que maladie fut proclamée et que 
sa curabilité fut un fait incontesté. Les faits firent alors partie des 
plus grandes vérités du monde. 

Lc\H antres asiles. — Les autres asiles de buveurs qui furent orgîi- 
nisés bientôt après celui de Binghampton, prirent une position moins 
radicale. Reconnaissant à l'ivrognerie la qualité de maladie, mais 
seulement dans le passé, ils traitaient les buveurs au point de vue de 
l'éducation morale. « 

Ces asiles rencontrèrent les mêmes obstacles et subirent les mêmes 
persécutions, le même abandon ; mais ils finirent par les surmonter 
et par s'établir définitivement. Plusieurs de ces asiles existent encore. 

La prière et les moyens moraux furent les premiers remèdes 
employés pendant l'internement et les mesures médicales furent 
scconaaires. Plus tard, presque tous ces asiles se développèrent dans 
un sens plus scientifique ; ils devinrent plus précis dans leur mode 
d'administration. Comme pour toutes les autres tentatives scientifiques, 
plusieurs de ces asiles ont souQert d'une administration mauvaise. 
Ces entreprises étant privées, organisées par des individus indépen- 
dants ou par des sociétés, on s'est trouvé aux prises avec de multiples 
théories ou vues personnelles. De telles divergences ont été souvent 
fatales h un progrès constant. 

Nombre des asiles. — Il y a cinquante de ces asiles dans les 
Etats-Unis et le Canada. Quelques-uns reçoivent en même temps des 
malades nerveux et d'autres malades ; d'autres prennent seulement 
des buveurs; d'autres ont des aspects et des doctrines particuliers: 
les uns se présentent comme maisons pour le soulagement des 






CONTRE l'abus OBS BOISSONS ALCOOLIQUES 157 



La surveillance légale des buveurs. — Il est triste de constater que 
la législation manque dans les Etats-Unis et le Canada, sauf dans les 
Etats du Connecticut et de Massachusetts où des règlements octroient 



*^0 






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douleurs morales; les autres sont des maisons d'église où l'instruction , V*^^ 

religieuse est très prononcée ; les autres s'appellent des sanatoriums ' *^ 






OÙ Ton traite secrètement les maladies ; dans d'acutres institutions, '■% 



' ;-\t 



on traite spécialement les* victimes de l'opium et des narcotiques. 

Un grand asile d'Etat, dans l'Etat de Massachusetts reçoit des 
chroniques qui sont placés d'ofTice par le tribunal, pour un ou 
deux ans. , 

Plusieurs des maisons d'aliénés de cet Etat ont des salles spéciales 
où les buveurs sont traités comme s'ils étaient aliénés. ^ 3 






I 



Des asiles empiriques. — Pendant cinq ans un vent de traitement :r^ 

empirique des buveurs a soufflé partout aux Etats-Unis. On l'a appelé '^^] 

ce la cure d'or. » Sous ce nom des drogues mystérieuses étaient /vi 

employées et l'on donnait l'espoir d'une guérison parfaite en quatre 
semaines. Des centaines' de. maisons furent organisées pour guérir les 
buveurs par ce moyen, et pendant un peu de temps, ils furent une 
grande attraction ; puis, ils déclinèrent et maintenant ils ont presque 
tous disparu. 

D*autres charlatans du même acabit ont ouvert des maisons 
semblables en affichant toutes sortes de prétentions, mais, comme 
les autres, elles ont disparu, faute de crédit. Des centaines de buveurs 
ont usé de ces moyens empiriques et cachés ; et depuis qu'ils ont été 
dupes, ils recherchent un traitement plus digne de leur confiance. 



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* 1 



Les pensionnaires des asiles de buveurs, — Il y a quatre ou cinq i 

mille I buveurs qui, en Amérique, sont aux mains des médecins, .J 

en dehors des asiles d'indigents de l'Etat. Ils sont en grand nombre ' S 

des incurables et des épuisés. La plupart de ces gens adonnés h la , :^ 

boisson ont, pendant quelques années, usé de tous les moyens pour y 1 

remédier a leur mal, mais leur espérance a été déçue. Ils ont été de 
l'un à l'autre, dans l'attente d'une guérison extraordinaire et toujours 
soutenus par l'espoir du succès. Ayant peu h peu épuisé leur fortune, 
fatigué leur amis, ils deviennent indigents et alors ils disparaissent. 

Les autres sont des névropathes et des épuisés, ayant trouvé du 
soulagement dans l'usage de l'alcool ; tout à coup ils ont reconnu le 
danger et sont venus à l'asile pour demander du secours. Cette 
catégorie va s^augmentant très vite, et les résultats du traitement 
donnent de granoes espérances. 

Dans le nombre, il y a des hommes d'affaires, des hommes de 
profession libérale et des ouvriers actifs ayant été obligés de faire 
usage de liqueurs spiritueuses ; ils viennent ou sont envoyés a l'asile 
et en obtiennent un profit durable. 



II 



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158 vu* GONGRBS INTERNATIONAL 

de pleins pouvoirs de contrôle sur les buveurs. Dans les autres Etats, 
il n*y a pas pour eux de contrôle spécial, excepté s'ils sont con- 
sidérés comme aliénés. La puissance spéciale de contrôle est donnée 
aux grands asiles ; mais, en thèse générale, la législation et Tautorité 
judiciaire ne sont pas en avance surVopinion publique. On ne s*accorde 
pas partout encore à considérer le buveur comme un homme atteint de 
troubles de Tesprit. 

Dans le Connecticut un buveur peut volontairement s'interner pour 

Juatre mois et se confier a la garde de Tasile organisé par des lois 
*Etat. Par voie judiciaire, ses amis peuvent demander à la Cour de 
rinterner pour trois ans : une année dans Tasile et deux ans au dehors, 
sur parole. 

Dans le Massachusetts, le mandat ne peut être décerné que par 
la Cour pour deux ans, quel que soit le temps où le buveur peut 
séjourner sur parole, hors de l'asile. 

Tous les asiles ont le pouvoir de surveillance pour un temps, dé- 
terminé par les malades ou leurs amis, au moment de l'entrée. Ce 
pouvoir est exercé avec beaucoup de discrétion et il est rare qu'on ait 
recours a la justice. 

Des asiles organisés par l'Etat et des asiles privés, — Presque tous 
les asiles d'Amérique sont des organisations privées ou créées par des 
sociétés. Quelques-uns de ces asiles reçoivent des subsides de l'Etat. 
Un seul asile est placé sous la direction de l'Etat à Scarborough, 
Mass. Dans la plupart des grandes villes centrales les asiles sont 
soutenus par des dons secrets et par la pension des malades. » 

Dans quelques villes une partie de l'argent provenant des impôts 
sur le trafic des liqueurs est attribué h l'entretien des asiles. 

Il existe encore des maisons pour les buveurs nécessiteux et, dans 
quelques unes on fait travailler. 

A Boston un asile de femmes est soutenu largement par des dons des 
habitantes. 

Dans les asiles d'aliénés de l'Etat, les amis et les autorités paient 
pour le traitement des buveurs comme pour les aliénés. 

Dans quatre des Etats, des asiles de travail pour les buveurs sont en 
projet ou en voie de construction a présent. 

Il existe encore des maisons d'empiriques, et elles n'attirent pas 
l'attention ; les malades y viennent volontairement et en partent 
comme il leur plaît. 

Uavenir des asiles de buteurs, — L'opinion publique s'acclimate 
de plus en plus h l'idée' d'asiles d'Etat pour les buveurs indigents et 
les criminels, au lieu des prisons a courte peine. Il existe des projets 
pour asiles de cette catégorie. 

On pense que les entreprises privées ont plus de chance de diriger 
mieux les buveurs qui peuvent payer pour leur traitement; on pense 






CONTilB L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 159 

que CCS institutions devraient être autorisées por TEtat, et être placées 
sous Tautorité du Gouvernement, comme c'est fait en Angleterre. 

Dans quelques Etats, Tadministration de l'Assistance exerce une 
surveillance personnelle sur les asiles. 

I/isolement 'des buveurs et l'abstinence obligatoire sont reconnus 
comme nécessaires, au grand avantage de la communauté, du buveur 
lui-même, aussi bien que pour autrui. 

Quelques résultats du traitement dans les asiles, — Les résultats 
ont été vraiment remarquables. Le premier asile à Binghampton a 
traité pendant seize ans près de quatre mille cas. Une statistique 

f sortant sur douze cent cas ayant été soumis au traitement dans 
'espace de dix ans démontre que dans 61 ^/o des cas, la sobriété 
avait persisté au bout de 18 ans. 

A l'asile de Fort Hamilton (New-York) 40 ®/o de tous les cas ont été 
trouvé sobres 8 ans après le traitement. 

Dans un asile à Boston, Mass 46 °/o ont été trouvés sobres dix ans 
après le traitement. Les études poursuivies par plusieurs directeurs 
d asile sur plusieurs milliers de cas soumis au traitement de cinq à 
douze ans avant l'époque de la statistique, ont montré que de 30 à 
40 **l„ de tous les cas sont encore sobres et mènent une vie d'abstinence 
complète. 

Dans plusieurs directions ces faits se sont encore vérifiés et l'im- 
pression est que tout au moins 33 ^/^ de lous les cas obtiennent une 
guérison durable. 

La durée du traitement varie de six à douze mois et même davantage. 
Dans les cas de séjour aussi prolongé, la guérison est certifiée pleine- 
ment par Texpérience. L'expérience des autres corrobore la mienne, à 
savoir que l'ivrognerie est, de toutes les névroses, la plus guérissable 
quand elle est traitée de bonne heure, par des moyens raisonnables 
et scientifiques. 

- Le traitement rationnel. ' — Le traitement de l'ivrognerie découle de 
la conception de la nature et du caractère de la maladie. 

Si l'on pense que c'est un défaut seulement, une simple faiblesse 
morale, les influences religieuses deviennent nécessaires. 

Si l'on pense qu'elle procède d'un motif criminel ou qu'elle est, 
d'autre part, volontaire, le châtiment et les peines infligées par des 
moyens judiciaires ne sont pas des remèdes sufHsants. 

L'application de ces deux théories et de leurs remèdes naturels 
a été jugée une erreur et dans plusieurs cas elle n'a fait qu'accroître 
les conditions défectueuses préexistantes au lieu de soulager. 

Pour bien des gens l'ivrognerie est un appétit ou un désir stoma- 
cal, devenu impulsif par l'entretien et que Ton. peut vaincre par des 
drogues. C'est entre autres le point de vue des empiriques qui ont 



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160 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

employé mille drogues a l'effet de détruire ce besoin impérieux pour 
les liqueurs spiritueuses : mêmes résultats désastreux. 

En étudiant scientifiquement la question on trouve que le désir de 
liqueurs spiritueuses ou l'ivrognerie, c'est-a-dire Tusage continuel 
d'alcool, dans des circonstances et des conditions qui équivalent 
réellement à un suicide, est toujours un symptôme d'inanition et de 
dégénérescence de la cellule cérébrale. ' 

Parfois il est la conséquence d'une lésion, d'autres fois il nait de l'é- 
puisement des nerfs, d'uneperversion dans l'accumulation, et l'émission 
de la force neurique. ParU>is ces défectuosités centrales sont un héri- 
tage familial ou une anomalie de croissance et de développement; 
Parfois elles relèvent des conditions ambiantes, de la nourriture', de la 
profession ou de maladies physiques et morales. 

Dans tous les cas il y a inanition et phénomènes d'empoisonnement. 

Il faut que les malades subissent une séquestration avec l'abstinence, 
et que leur système nerveux soit rétabli, afin qu'ils récupèrent le con- 
trôle d'eux-mêmes. Dans les asiles le résultat est obtenu dans des salles 
fermées, et par les soins personnels des médecins assistants. L'en- 
tourage de l'asile est exempt de tentations, et, par suite de cabarets; il 
n'existe aucun moyen de se procurer des liqueurs spiritueuses, mais en 
même temps le malade est dans un milieu gai ; il se sent comme chez lui. 

On commence le traitement par des médicaments évacuants comme 
le calomel, des salins, bains d'air chaud, massage tous les jours 
pendant les deux premières semaines. Les boissons spiritueuses sont 
supprimées d'un seul coup, et Ton donne chaque heure, des infusions 
de quinquina, le cinchona, et le quassia principalement. On continue 
l'usage Je ces drogues tant que le désir des liqueurs spiritueuses n'est 
pas passé. 

Dans quelques cas on donne en même temps le nitrate de strych- 
nine, en commençant par des petites doses, et, en donnant des 
doses de plus en plus grandes jusqu'aux limites de Tintolér^nce. Les 
paroxysmes anxieux et les symptômes graves s'apaisent vite; le cas 
devient alors celui d'une anémie nerveuse et d'un épuisement céré- 
bral, lesquels demandent à être traités selon les principes ordinaires'. 

Ce traitement comprend une grande variété de mesures médicales 
et hygiéniques que l'on adapte soigneusement a l'amélioration du corps 
et de l'esprit. Le repos, les distractions, la nourriture abondante 
jointe h l'exercice, les bains quotidiens tels sont les principes géné- 
raux du traitement. A chaque aérangement organique particulier s'ap- 
pliquera un traitement spécifique, Ta nourriture diffère grandement 
dans la plupart des cas. 

Le traitement rationnel comporte tous les moyens et mesures propres 
a modifier les états toxiques et à diminuer les états d'anémie et de 
neurasthénie. Il consiste encore a conjurer ces explosions subites de 
force neurique sous forme de désir ardent périodique pour les 
liqueurs spiritueuses. 









CONTRE L*ÀB1I8 DBS BOISSONS ÀLGOOLIQUB8 l6l 

En suivant ces principes la possibilité de guérison dans un grand 
nombre de cas est une réalité. 



CONCLUSIONS 









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IV 






Une expérience de trente ans en Amérique a établi deux faits, sur 
lesquels il n*y a plus de doute. 

1* Le buveur est un malade au physique, et au moral. C*est un '/% 

psychopathe et un névropathe. L*ivrognerie est un syndrome ; ; > 

commun aux névropathies héréditaires et acquises. Clest aussi une ,':^V 

cause active aussi bien qu'un symptôme d'insuffisance de Ja cellule 
nerveuse. • 

2^ L'ivrognerie est curable et peut être empêchée. Elle est guérissa- 
ble dans les asiles bien dirigés ou la condition maladive du ^as est 
tenue pour certaine et où l'on sait employer une grande diversité de 
moyens et de remèdes. 

Voici des points capitaux: la séquestration rigoureuse et la sur- 
veillance, le repos, l'élimination du poison et la bonne nourriture. 

Grâce au traitement dans les asiles bien dirigés, les symptômes de 
l'ivrognerie s'amendent dans bien des cas et laissent après eux une 
immunité complète en ce qui regarde les récidives. Un changement 
physiologique survient dans l'organisme, et le désir des liqueurs spiri- 
tueuses est perdu pour toujours. 

Dans la plupart, la guérison est suivie d'une résistance vigou- 
reuse de l'esprit. Dans les autres cette immunité reste permanente 
aussi, a moins qu'il ne persiste des prédispositions- particulières au 
physique et au moral, lesquelles sont reconnaissables et contre lesquel- 
les on peut se pourvoir. 

Il semble qu on pourrait prévenir l'ivrognerie si l'on avait la con- 
naissance précise des causes premières et du pouvoir de résistance 
de l'enfant et de Tadulte. 

Le traitement a l'asile seul peut enseigner aux malades les Ipis de 
l'accroissement normal, les conditions compliquéesde la vie, lesquelles 
influencent l'esprit et le corps, jusqu'à déterminer le présent et le 
futur des uns et des autres. 

D'autre part la science pratique reconnaît la nécessité impérieuse 
d'isoler le buveur, de l'empêcher de se détruire, de nuire ii sa famille, 
de mettre en péril les intérêts des autres, de troubler la communauté 
où il vit. 

Le buveur est un obstacle et une peste dans son cercle d'existence; 
il n*a pas le droit de s'empoisonner ou de faire du mal à autrui par 
sa faiblesse et par sa folie. C'est un acte de haute sagesse pour la 
société et l'Etat, de priver de la liberté de tels hommes, et de les 
courber sous une discipline militaire pour les rendre sobres et capables 
de se soutenir. 



1 



'• 



162 vu' CONGRÈS INTERNATIONAL 

Les asiles de buveurs sont nécessaires pour surveiller et guérir ceux 
qui sont guérissables encore ; ils ne le sont pas moins pour défendre la 
société contre ceux qui ne sont pas curables. 

Les méthodes en usage a présent, telles que Tamende et Tempri- 
sonnemcnt, laissent la victime et la société sans protection. Bien plus, 
elles augmentent la faiblesse et Tincapacité de la victime, les périls 
pour les lois et Tordre public. 

De Tavis de tous les penseurs, il est temps de reconnaître la 
maladie de Tivrognerie et cela en vue de pourvoir h Tinstallation 
d'asiles et de mettre en quarantaine les buveurs de toute sorte, à 
rinstar des victimes des maladies contagieuses. 

Si le cas est guérissable, ils reviendront rétablis. S*ils ne sont 
pas guérissables, les buveurs seront logés et protégés, utilisés aussi 
pour aider à l'entretien de leur propre vie. 

Tel est renseignement net de la science progressiste d'aujourd'hui. 

M. le Président. — L'ordre du jour appelle l'exposé du rapport de 
U, le D' Drysdale, médecin consultant de l'hôpital métropolitain de 
Londres, sur la thérapeutique sans alcool. 

Madame le D' Alice Vickery Drysdale, en l'absence de M. Drysdale, 
donne lecture du rapport suivant : 

Therapeutiçs i^thout alcohol 

BY G. R. DRYSDALE M. D. 

Consulting Physician ta the Metropolitan Hospital 

Thérapeutique sans alcool 

I 

PAR M. C.-R. DRYSDALE 

Médecin contuliant au « Metropolitan i/otpital » 

Analyte. — On ne pourro guérir le grand public de bo foi dam rutilité de l'uiage dei 
boiiions alcooliquei dam l'état de lanté et de la néceistté dam lei maladiei que loriqu'on 
aura réussi à persuader les médecins eux-mêmes des dangers À la fois et de la très fré* 
quente inefficacité de cet agent thérapeutique. Or, c'est là un résultat qu'on est encore loin 
d'avoir obtenu : en 1896, un procès fut intenté nu D' Hirschfeldt devant la Cour crimi- 
nelle de Magdebourg pour n'avoir pas administré d'alcool à un malade atteint d'une 
fièvre septique : le ministère public, sur l'avis des médecins de l'hôpital, où le malade 
avait été ultérieurement transporté et était mort, requérait contre lui une condamnation 
pour hpmicide par imprudence. Le conseil général de médecine de la Saxe et plusieurs 
praticiens connus consultés par la défense ou le tribunal, oyant émis un avis favorable 
ù l'accusé, il fut acquitté. Ce fait montre & la fois, et la force du préjugé en faveur de 
l'alcool et la force de l'opinion contraire. De l'avis du D' Nansen, l'illustre voyageur, 
l'emploi, même médical, de l'alcool sous les climats polaires n'est jnmuis nécessaire et 
toujours dangereux. Et il n'en est pas autrement sous les climols tempérés. Les travaux 
de Magnus Uuss, de Lancereaux, de B. Ward Richardson et de Norman Kcrr ont montré 
quelle part prépondérante appartenait ù l'alcool dans l'étiologic des diverses maladies, et 
l'on peut se demander, en présence de ces faits, si les médecins n'ont pus montré une 



I 



v.« 



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»• »• 









CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 163 /v' 

réelle imprudence dana l'usage copieux qu'ili en ont fait comme objet thérapeutique. Un 
article de la Saturday Review, paru en 1872, les accusait de créer chei leurs malades de 
réelles habitudes d'intempérance, et dans la poléipique soulevée ù cette occasion, on put 

établir par des statistiques que la mortalité était plus élevée parmi les fébricitants qui ' -^ 

avaient reçu une certaine dose d'alcool que parmi ceux à qui on n'avait donné que du jj 

lait. En 1876 se fonda la Britiêh medictil Tempérance Auoeiation : elle compte aujourd'hui 
plusieurs centaines de membres : c'est un signe certain que l'idée de restreindre l'emploi 
de l'alcool comme agent thérapeutique, ou môme d'y renoncer complètement, a fait de 
notables progrès. Le premier mérite de cette méthode nouvelle, c'est la notable économie 

qui en résulta pour les hôpitaux. Sous l'inQuence de Parker, Gaudner, Norman Kerr, ^^*'(} 

Richardson, on restreignit graduellement dans les hôpitaux de Londres l'emploi de :a Cl 

l'alcool dans le traitement des diverses maladies, ot, dans le seul hôpital resté longtemps . ;i 

fidèle aux anciennes idées, l'hôpital Saint-Georges, la mortalité relative dos typhiques se :-) 

révéla supérieure à ce qu'elle était dans les autres établissements hospitaliers. On est en •.']! 

droit de se demander, si la véritable épidémie d'ivrognerie qui sévit en Angleterre et sur 
le continent n'est pas due en partie aux mauvaises habitudes thérapeutiques qu'avaient, 
il y a encore quelques années, la très grande majorité des praticiens. Dans les asiles 

d'aliénés, où l'on a tenté de supprimer entièrement pour les malades l'usage des boissons • ^^ 

alcooliques et leur emploi comme agent thérapeutique, on a obtenu des améliorations 

plus rapides et plus durables : c'est du reste une pratique qui en Allemagne et en Angle- -'^ 

terre se généralise de plus en plus. L'usage même de la bière est & éviter. L'opinion de *' f "^ 

plusieurs professeurs de physiologie suisses et anglais vient ici confirmer ce que l'expé- 
rience a enseigné aux praticiens. Les statistiques enfin du London Tempérance HoipUa/, '^ 
montrent qu'on peut traiter et guérir dans une notable proportion presque toutes les 
maladies sans avoir ù recourir au traitement alcoolique : en 24 ans les médecins de cet 
hôpital qui ont eu à soigner 13,984 malades n'ont prescrit l'alcool que 24 fois. On renonce 
de plua en plus À l'emploi de l'alcool à doses minimes et on commence à douter de son 
utilité même à faibles doses. Dans les affections chirurgicales, au témoignage de Horsly, 
de H. Thompson* de Pearce Gould, son emploi est la plupart du temps inutile ; il est 
souvent nuisible. 



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Mr. Président and Gentlemen ..^^ 









For many years 1 hâve felt quite certain, that, if we désire to make .\;^ 

any lasting impression, in a civilised country, in combating any 
popular custom, which tends to cause misery and early death, we 
must endeavour to make clear to the minds of the most intelligent 
and cultured ofthc people, that the voice of expérience will be heard 
on our side. For this reason, I desp<iir of persuading the laity to 
become abtainers from alcohol, so long as practitioners of medicine 
are — as many of them still are — sincère believcrs in the value of 
alcohol as a therapeutic agent. That they generally are believcrs in 
alcohol, I will show, by one example of a trial whicK took place in the 
city of Magdeburg. On March 23th, 189G, I receivcd the following 
letter iVom a very learned German physician, Dr. Smith of Schloss 
Marbach, Lakc of Constance : — a Ilonoured Sir, — A short time ago, 
a Magdeburg physician, Dr. Hirschfelt wrote to me about a scarcely 
crédible case. Ile had occasion to treat a case which, apparently^ 
was one of septic fever. He ordercd low diet ; but gave no alcohol. 






164 vil* GONGRBS INTERNATIONAL 

A few days afterwards the patient entered the city hospital, where he 
died on tne tenth day after his first attack. One of the hospîtal house 
physicians complained to the médical jnrist, Dr. Bohm ofMagdeburg, 
saying that Dr. Hirschfelt had allowed this patient to die, since he 
had not ordered him large doses of alcohol, a practice which in 
Germany was looked on as incontestably necessary in the treatment 
of such cases. » 

Nothing, I think, can better exemplify my meaning than this opinion 
of that house physician, when I said that we must influence médical 
opinion, before we can hope to convince the laity. Dr. Smith remarked, 
in the same letter, that alcoholic treatment in that case was supposée! 
to be diuretic in its action ; and that he thought there were far sa fer 
diuretics, and that physicians who withheld alcohol in such cases 
wei'c giving their patients the best chance. He mentioned, however, 
that most of the German physicians who opposed the use of alcohol 
in disease were specialists, practising in lunatic asylums ; and, hence, 
not so experienced in the ordinary treatment of disease as those 
physicians who are attached to gênerai hospitals for the sick. He, 
accordingly, begged me to send him, without delay, my opinion as to 
the views of physicians and surgeons practising in the United Kingdom , 
Dr. Smith added the following pertinent remark : — « In my opinion ^ 
as far as Germany is concerned, it will be only through tne agency 
of médical practitioners that we shall be enabled to carry on a 
successful agitation against alcohol among the people, for the German 
race hâte tempérance societies as they hâte poison. » 

In reply to this letter from Germany, I contended that, in the 
United Kingdom, although the administration of alcohol in disease 
was very common, yet, 1 believed that no one, however mifch he 
himself might believe in the virtues of alcoholic fluids in therapeutics', 
would be rash enough to institute proceedings against a practitioner 
who conscientiously refused to give it, in any form of disease whatever. 
And, as there was said to be a population of more than flve millions 
of total abstainers in the United Kingdom, it was most unlikely that 
any such case would ever corne before our Law Courts. 

The resuit of that important trial was thus recorded in the British 
Médical Journal : — « The highest Criminal Court in Magdeburg, on 
May 28th last, gave judgment on a trial, at the instance of the State 
Attorney, of Dr. Hirschfelt, who wa» accused of having caused, or 
accelerated, the death of a man who had been thirty-six hours under 
his care, whom he had sent to hospital, where he died, after treatment 
for eight days with large doses of alcohol and quinine. The disease 
was stated to hâve been serions inflammation of the cellular tissue of 
the left arm, ushered in by pyrexia (blood poisoning). The district 
médical oflicer and one of the hospital stafT attributed tne death to the 
withholdingof alcohol. In justification, Dr. Hirschfelt pleaded that he 
believed alcohol to be mischievous in ail diseases, taking away the 



n* -"*: ,' 






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CONTRE LAB08 OBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



165 



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Eatient*s strength. Smith of Marbach quoted Harnach of Halle and 
^rysdale of London, and there were two other adjournmefots to 
procure an authoritative opinion from the General Nledîcal Council 
of Saxony, which opinion called attention to the great change of 
médical opinion as to the therapeutic value of alcohol, and upheid the 
principle that it was inadmissible to put any limit to the exercise of 
the inaividual judgment of the physician. c< There was a verdict of 
acquittai and the state made liable for the costs of the prosecution. d 

This, I conclude, is clear proof that médical opinion is yearly 
coming to be more in agreement with the views of those v^ho hold 
that disease is far more successfuUy combated v^ithout alcphol^ than 
with it, whether in large or small doses. I cannot help citing^a passage 
from the writings oi that hardy and daring scientific traveller, 
Dr. Nansen, which also shows what thé younger men of the profession 
are thinking about alcohol. In his book, a The First Crossing of 
Greenland » p. 40, he thus speaks : — <c My expérience leads me to 
take a decided stand against the use of stimulants and nàrcotics of 
ail kinds, from' tea and coflee on the one hand, to tobaccô and 
alcoholic drinks on the other. It must be a sound principle, at ail 
times, that one should live in as natural and simple a way as possible, 
and especially must this be the case when the life is a life of severe 

exertion in an extremely cold climate It is often supposed that, 

even although spirits are not intended for daily use, they ought to be 
taken on an expédition for médicinal purposes. I woula readily 
acknowledge this, if anyone would show me a single case in which 
such a remedy is necessary ; but, till this is donc, I shall majntain 
that this pretext is not suHicient, and that the beat course is to banish 
alcoholic drinks from the list of necessaries for tin Arctic expédition. » 

Thê learned scientific physician seems to^ me to be absôlutely 
ci>rrect in his présentation of the question of alcohol as a therapeutic 
agent. From having been looked on as an universal panacea, and as 
a food for the sick, alcohol,, I feel convinccd is beuig found to b^ . 
almost never indicated in the treatment of any form ol disease ; but, 
on the contrary it is often most hurtful. Historically, I read, that it 
was not until the 16th century that alcohol seems to hâve enjoyed any 
great réputation as a remedy ; it bccame then much praised and 
obtained the name of Aqua Vilœ. In 1678 for the first time, alcohol 
yvas to be procured in other shops besidcs apothecaries shops. In 
1744, it was openly sold in London in shops. In this century, the 
cvil effects of alcohol hâve been best recognised. In 1852, Dr. Magnus 
Ifuss, a Swedish physician, gave a most detailed account oi the 
diseases produced by chronic alcoholic poisoning. That physician 
rightly compared alkohol as a poison with lead and ergot of rye, both 
of which, gradually, producc paralysis, as it is now known that 
alcohol does. Ile first gave an accuratc summary of the disepses of the 
lîver, lungs, heart, stomach, and kidney found in drinkcrs ; and 



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166 VII* CONGRisS INTERNATIONAL 

described the skin affections, disturbance of vision, and prématuré 
senility caused by chronic alcoholic indulgence. Dr. Lancereaux of 
Paris^ in 1875, alleged that, in the hospital practice of that city, no 
single cause ofdeath, except pulmonary consunvption, was so prévalent. 
In the United Kingdom, the late Sir Benjamin Ward Kichardson and 
Dr. Norman Kerr nave computed that alcohol is far more fatal than 
even pulmonary consumption, which is far less prévalent in London 
than iormerly : and half as fréquent in London than it isin Paris. 

In 1872, there appeared in the Saturday Review an article in which 
the médical practitioners of the United Kingdom were accused of 
inciting their patients to free drinking ; and, m the discussion which 
this article called forth, Dr. Gairdner of Glasgow, said that fever 
patients in that city, when treated with milk, and without alcohol, 
did much better than those reported as having been treated by 
Dr. Todd with large doses of alcohol, which were said to hâve ^a 
mortality of about z5 per cent., whilst those treated by Dr. Gairdner 
with milk had only had a death-rate of 12 per cent. About this time, 
the British Médical Tempérance Association was founded, owing to 
the exertions of Dr. Ridge of Enfield, and others ; and in 1876, it 
was enroUed under the presidency of Dr. Benjamin Ward Richardson. 
This association nowcontains several hundredsof médical practitioners 
of both sexes, and ail âges, in England, Ireland, and Scotland. This, 
I think, ail will amit is only one sign of the striking change of opinion 
on the use of alcoholic fluids in médical practice ; for ail of us, who 
remember what practice was in London thirty years ago, know that 
the use of wine and brandy was so common, that it was quite a rarity 
in some hospitals to find a patient who had not been ordered by some 
of the staff, irom three to four ounces of brandy, or six to eight 
ounces of wine. The expense caused to the hospitals by such practice 
was naturally great ; and increased notably betwen 1852 and 1872, 
owing to the prevalence of the views of Liebig and his follower, 
Dr. Todd. 

The writings of Parkes, Gairdner, Dr. Norman Kerr, and of Sir B. 
Ward Richardson, and others, gradually lessened the prédilection for 
treating diseases by alcohol, and accordingly, between 1872 and 
1882, a grcat change came over the practice of London Hospitals. 
Thus, the sum paid for milk in 1852, in Saint Bartholomew's Hospital 
was L 684 ; and in 1882, it was L 2012 ; whilst alcohol in that 
hospital, cosl in 1852. L 406; in 1862, L 1446 ; in 1872, L 1446'; 
and in 1882 only L 953. Westminster Hospital, in 1882, spent L 137 
on alcohol, and L 500 on milk. One hospital. St. George*s, long 
.continued to use large quantities of alcohol. That hospital, in 1872, 
had a high mortality among its typhold fever patients of 24 per cent. ; 
which was twice as high as that noted by Dr. Gairdner as occurring in 
Glasgow, when alconol was abandoned and milk uscd instead. 
Dr. Meyer, who reported thèse cases of typhoid treated in St. 



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CONTRE LABUS 0B8 B01880N8 ALCOOLIQUES 



167 



George*8 Ho8pital at that time, mentîoned that alcohol in large do8e8 
was given to 87 pér cent, of the patients. Threefifths of the patients 
took daily eight ounces of brandy, when there was danger ofsinkinff 
from failure of the heart*8 action. Onc-fourth of the number took 
sixteen Auid ounces of brandy in the 24 hours. 

I feel persuaded that the routine use of alcohol in diseases by so 
many practitioners in past years bas been doubtless one of the chief 
causes of the great amount of drunkenness seen in Britain and other 
European countries. I see by the statistlcs coUected by Dr. D. Burns, 
that no less a sum than 140 millions sterling was in 1896 expended 
on béer, wine, and spirits in the United Kingdom by aboul 
39,000,000 inhabitants. Of thèse about five millions were reputed to 
be abstainers, so that 34 millions of people consumed ail thèse 
strong drinks ; and, as chiidren drink only non-alcoholic fluic^s, and 
women vcry little, the great stress of ail this drunkenness falls upon 
some ten million adult maies. This accounts partly for the excessive 
mortality of adults in some districts in the United Kingdom, as 
compared with others ; since the workman who spend niost of bis 
wages on alcohol, is manifestly liable to suffer in company with bis 
family, from chronic starvation, poor clothing and shelter, and insuf- 
ficient nutrition. 

Lunatic asylums in this country and on the Continent are beginning 
to learn that the treatment of insanity entirely without alcohol is 
much more satislaotory .than the former plan of treatment when 
alcohol wass given to so many of the patients. Thus, Dr. A. Smith, 
director of the Schloss Marbach Asylum, on the Lake of Constance, 
recently .it a meetiog in Karlsruhe, is reported to bave said, that the 

Shrases, that alcohol is useful in giving strength or beat, etc., are but 
reams, forstered by those intcrested m the sale of liquors ; and that 
alcohol is a poison of the brain and nerves. Dr. Smith reported that 
it is still the custom in German Lunatic Asylums to give rations of 
béer and wine, as used to be the custom in London. Since he, Dr. 
Smith had abandoned the use of alcohol as a therapeutic agent, he 
no longer saw cases of delirium in bis asylum. He attributed the 
increase of insanity in Germany greatly to the increase of the béer 
palaces in the empire, and mamtained that no physician who used 
alcohol could hope to bave much success in treating cases of insanity. 
Dr. A. Smith then spoke in great praise of the London practice in 
this matter ; and according to a Report of Mr. John Lobb, in 1895, 
of 100 county and borough asylums in Great Britain and Ircland, the 
médical attendants stateo, that alcohol was not given to patients in 
any form and for any purpose, except for medicine. Alcoholic drinks 
bave been removed from the dietary at ail our London County asylums, 
and the rcsult shows more rccoverics, and casier management, and 
bctter discipline, and no inconveniencc. At Hanwel Asylum, since 
alcoholic drinks bave been abandoned, the patients bave benefited. 



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168 vu* CONGRES INTERNATIONAL 

and there hâve been fewer irreguiarities among the ofBciaU. Mr. 
Shaw, Superintendent of Banstead Asylum, reported : — « U is worth 
noticing that the high rate of recovery in this asylum, has been 
coïncident with the aoolition of béer as an article ol' ordinary diet. 
It is very certain that patients hâve taken their food better since the 
béer was stopped ; but the great lesson taught by the withdrawal of 
this very mild intoxicant has been, that the people who hâve gone 
away are able to do without it. » Wheu it is considered, as Dr. 
Strûmpel of Erlàngen says, that it is only tuberculosis and syphilis 
that can be compared in frequency with alcoholic diseases, this 
remavk of Mr. Shav^ must be considered as most valuable. Il is 
pleasing to find that, in company with some English professors of 
physiology e. g. Dr. Mac Kendrick there are, in Switzerland, four 
similar professors of physiology, who are pronounced total abstainers 
from alcohol in ail its forms, vis., Drs. Gaule of Zurich, Hertzen of 
Lausanne, Bunge of Basle, and Schiff of Geneva. Dr. A. Smith of 
Schloss Marbach Asylum justly observes that ail médical oflicers of 
lunatic asylums should be total abstainers, whether from wine, béer 
or spirits ; since, in that case, they will be far more able to cure the 
insane patients entrusted to their care, of their drinking habits. 

The évidence of the London Tempérance Hospital now extends to 
more than fifteen years; and it goes far to prove that nearly ail 
diseases may be quite successfully treated and often cured without 
the use of any alcoholic fluid, which idea was,'at the time when the 
Hospital was founded, considered as most revolutionary. According to 
the Annual Report for the year 1894, there were in that year, 
1,044 patients in the wards, 5,055 out^patients, and 5,963 casualties. 
And it seems that, in no single case, among the patients in thé wards 
was it deemed advisable to order alcohol, although each Médical 
Officer had a free hand to prescribe it, if he thought it likely to be 
useful. In the remarks made by Sir Benjamin Ward Richardson,. that 

fentlemen said that a few years ago, those persons who treated 
isease without alcohol were looked upon with disrespect and dislke. 
tt It was said that they were leaving people to die. Now that they had 
proved that the contrary was the truth, everyone exclaimed that there 
was nothing in ail this, and that any child might hâve known it. He 
maintained that spirituous liquors were as little necessary in disease 
as in health. » 

In the 25 th Annual Report of the London Tempérance Hospital for 
the year 1897 (April 1898). It is mentioned that although the Médical 
and surgical staitare at liberty to prescribe alcohol if they think it is 
needful, yet during the 24 years of the Hospital's existence their hâve 
been only 25 cases whcre alcohol has been ordered among 13,984 out 
patients or about one in 550 cases. 

In England, at présent the use of large doses of alcohol seems to 
hâve greatly gone out of hospital practice, and opinion is certainly 



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CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 169 

growing, that not even small doses are required. The treatment of 
disease in so-called hydropathic establishments, which, personally, I 
hâve had occasion to study with much interest at Sudbrook Park, 
which was long under the care of Dr. Edward Lane, my brother-in« 
law, did much to* loosen any little faith that I hâve ever possessed 
in the utility of alcohol in the treatment ofany disease, whether acute 
or chronic. Disease of the stomach, liver and heart and kidnevs h'ave 
appeared to me, in my own practice, to be much more satisiactorily 
treated without either béer, winé, or spirits Delirium tremens is 
now more successfully treated without the poison, which has caused 
the disease. Perhaps the only ailments in which hot drinks containing 
alcohol, are usefuf, are colic and some forms of sickuess;vbut there 
are other drugs quite as useful, and not amenable to the same 
reproach as alcohol, which had better not be preitcribed in theni. My 
conclusion, then, is, that, personally, I would not consent, in my own 
case, to take any form of alcohol, when suffering from disease. I 
always advise friends and patients to do without it (if they hâve 
sudicient strength of miod) altogether; and, when this is not pos8ib^e 
to take as little of that absurdly praised « food for the sick, » as I 
hâve heard it called, as they will consent to. Finally, I do not contend 
that alcohol may not be useful in some form of sickness. Ail I say is, 
that I hâve experienced the ill efTects of alcoholic treatment in countless 
cases; and I ao not remember ever to hâve seen a case where it has 
done any good. Sir Henry Thompson, Mr. Victor Horsley, and Mr. 
Pearce Gould find it. useless in most surgical cases; and I hâve 
certainly seen much damage to surgical cases by its exhibition in its 
palmy days. 

H. le Président. — La parole est à M. Vlavianos (Grèce), pour 
l'exposé de son travail sur le traitement de Calcoolisme par la mé- 
thode hypnotique. 

Le traitement de l'alcoolisme par l'hypnotisme 

PAR M. LE D' vlavianos, d'aTHBNBS 



C*est une riotion banale aujourd'hui que Thypnot^sme a conquis une 




publiés sur cette ques- 
tion par MM. Kraflfl-Ebing, Forci, Bérillon, Voisin, Wetterstrand,* 
Knory, Ribokoff, Lloyd, Tuckey et beaucoup d*autres, sont d'ailleurs 
très encourageants. Quant ii moi, je désire apporter aussi ii cette 
question ce que ma courte expérience m'a enseigné. 

Depuis que j'ai l'honneur d être chef de clinique de M. le D' Béril- 



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Ion, j*ai eu très souvent Toccasion d'apprécier les résultats qu'un 
usage logique et méthodique de l'hypnotisme pouvait donner dans le 
traitement de l'alcoolisme. Parmi les malades qui se présentent à la 
clinique, beaucoup sont atteints d'hystérie, de neurasthénie, d'ago- 
raphobie, d'obsessions^ mais par surcroit alcooliques. Ils ne viennent 
jamais pour se faire guérir de leur dipsomanie ou de leur disposition 
à l'alcoolisme. Aussi longtemps que l'opinion publique ne sera pas 
convaincue que le buveur est non pas toujours un vicieux, mais sur- 
tout un malade dont l'état s'aggrave de jour en jour, beaucoup d'al- 
cooliques échapperont a notre traitement ; très souvent ils ne se dé* 
cidenthse faire traiter que lorsque leur état est déjà très grave. En 
tout cas, une fois que le malade est soumis à l'hypnotisme, son état 
moral se transforme, sa volonté s'accroît et les bons résultats qu'on 
obtient d'une séance a l'autre tendent à créer en lui la conviction que 
l'alcool est la cause de toutes ses misères ; avec le temps on parvient à 
une guérison complète. 

Si l'on se contente de suggérer au malade pendant le sommeil hyp- 
notique de ne plus boire, on obtient des résultats très satisfaisants, 
mais il est bon de se servir aussi de quelques artifices qui activent et 
facilitent la guérison. Parmi ces artifices, il faut pincer au premier 
rang la création d'un centre d'arrêt. Cette méthode a été exposée par 
M. le D"^ Bérillon au Congrès pour V avancement des sciences qui fut 
tenu à Nancy en 1896... 

« Chez les buveurs qui se déclarent, dit M. Bérillon, impuissants à 
renoncer à leurs^ habitudes et a se soustraire à l'intluence du milieu, 
il y a un grand intérêt a recourir à l'intervention de la suggestion 
hypnotique. En créant un centre d'arrêt,^ on arrive assez facilement 
h réagir contre l'impulsion du buveur. Il reconnaît qu'au moment où il 
va céder à son habitude, il éprouve une sensation de résistance intime 
h l'impulsion. Cette résistance lui permet de se ressaisir et il arrive il 
supprimer tous les excès alcooliques auxquels il se livrait d'une façon 
presque inconsciente. » 

Un autre moyen est V action psycho-mécanique. Par exemple, après 
avoir endormi le malade, je lui donne l'attitude d'un homme qui est 
en train de boire, mais en lui tenant le bras fortement, ie lui fais la 
suggestion ' suivante : « Chaque fois que vous voudrez boire, votre 
main s'arrêtera; votre bras sera lourd et vous déposerez le verre sur 
la table. Vous ne pourrez plus boire ni vin, ni liqueurs. Vous perdez 
le goiH des boissons. » Réveillé, il ne se rappelle Souvent rien. Par- 
fois il se plaint de fourmillements dans le bras, là où l'action sugges- 
tive s'est exercée. A la première tentative le bras s'arrête brusque- 
*nient, quelquefois il se contracte et devient douloureux. Le résultat 
est immédiat. Une habitude physiologique crée un soutien à la vo- 
lonté, de même que des agoraphobiques peuvent traverser impuné- 
ment de vastes espaces à la condition de s'appuyer sur une petite 
canne ou sur un léger parapluie. 



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CONTRB L*ÀBDS DBS BOISSONS ÀLCOOLIQUBS 171 

Mais ce n*est pas seulement sur la maladie chronique qu'agit le 
sommeil hypnotique. Il est bien rare que les alcooliques n'aient pas 
d'autres vices de caractère causés par Talcôolisme et qu'il faut com- 
battre aussi. Souvent ces vices ne nous sont dévoilés que par l'entou- 
rage du malade Le psychothérapeute digne de ce nom devra acquérir 
toute la confiance du patient et lui assurer que le secret le plus aosolu 
sera observé. Alors tes complications les plus graves disparaissent 
l'une après l'autre. 

Je vous demande la permission de confirmer ce que je viens de 
dire en rapportant trois cas de guérison dus ii la suggestion hypno- 
tique. Tous trois sont récents et non encore publiés. Les voici: 






La première observation que je vous communique, au nom de M. le 
D*" Bérillon et au mien, a trait h une femme, Marie M..., âgée de 
38 ans, alcoolique. Son père était buveur. C'est tout ce que nous trou- 
vons a signaler dans son hérédité. A la suite de chagrins, elle s'est 
adonnée au vin, puis aux liqueurs; quand elle est venue nous consulter 
h la clinique, elle uvait manifestement la physionomie d'une ivrogne. 
Elle raconte qu'en dépit de sa volonté clic ne fait que boire. En outre, 
une impulsion irrésistible l'entraîne vers les hommes qu'elle rencontre 
et qui lui plaisent: elle va jusqu'à leur faire des propositions non 
équivoques. Mariée depuis quelques années, elle a mené d'abord la 
vie régulière d'une honnête ouvrière, elle n'a pas tardé à changer au 
fur et a mesure que se développait son penchant à la boisson. Ac- 
tuellement, elle se rend très bien compte de sa situation malheureuse. 
On eut beaucoup de peine à la plonger dans le sommeil, lorsqu'un 
beau jour elle s endormit spontanément en entendant jouer au piano 
un air funèbre. La suggestion put alors intervenir ainsi que l'action 
psycho-mécanique. Au bout de 5 ou 6 séances elle avait tout à fait 
changé : son extérieur plus doux, plus calme ^ plus féminin, attestait 
l'amélioration obtenue. Elle revint très volontiers plusieurs fois encore 
pour consolider la guérison. Aujourd'hui, elle travaille comme aupa- 
ravant, contente d'elle-même et de son existence. 






Voici maintenant une deuxième observation. Je la dois à l'obligeance 
de mon cher confrère, M. le D^ Paul Farez; elle a été communiquée 
il la Société d'IIypnologie et de Psychologie. Son intérêt réside sur- 
tout dans ce fait que le traitement hypnotique a pu préserver un 
alcoolique d'un internement d'oifice. En voici le résumé, d'après le 
compte-rendu de la séance du 20 février 1899. 

« Il s'agit d'un cas de délire alcoolique polymorphe avec hallucina- 
tions de 1 ouïe et de la vue, état de rêve diurne, hyperesthésie psychi- 






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172 vu' CONGRES INTERNATIONAL 

que etsensorl^le, agitation extrême^ insomnie, etc., etc. On va impo- 
ser l'internement immédiat. Toutefois, avant d'y consentir, M.. Farez 
veut recourir à la suggestion hypnotique. Il endort le malade, le 
calme et le fait dormir pendant trois jours consécutifs, n'autorisant . 

le réveil que pour la satisfaction des besoins physiologiques et pour I 

les repas. Au bout de ce temps )a sédation est complète, la lucidité de 
l'intelligence est revenue et le malade peut reprendre ses occupations. 
Celui-ci, en outre, grâce h la suggestion, est prémuni contre le retour 
offensif de l'alcoolisme chronique. Depuis plus de trois mois, cet 
homme n'a pas bu un seul verre d'alcooi: une surveillance incessant^ * 

Îuoique très discrète n'a pas pu le prendre en défaut une seule fois, 
ertes, on ne peut pas dire encore que la guérison soit définitive, 
mais tels qu'ils sont les résultats obtenus méritent d'être rapportés. Ce 
fait confirme l'efficacité .de la suggestion dans les cas d'alcoolisme 
aigu ou chronique; il met en outre en lumière l'utilité du sommeil 
prolongé comme agent de sédation. 



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Ma troisième observation a rapport a un homme de 24 ans, Eugène 
L..., dont l'hérédité est très chargée. Son père est un alcoolique invé- 
téré. Sa grand'mère avait un tic nerveux, souffrait de maux de tète 
très fréquents et de migraines et se mettait très facilement en colère. 
Son grand-père était nerveux et emporté, et sur huit enfants six sont 
morts de convulsions. La sœur de notre malade est morte aussi de con- 
vulsions Lui, à l'âge de 5 ans, a commencé à être très peureux: il 
avait des hallucinations terrifiantes de la vue; c'était par exemple un 
chemin de fer qui allait l'écraser et il se mettait à crier « au secours »: 
il eut aussi pendant longtemps la monoséophobie à un degré très dé- 
veloppé. Depuis Tâge de dix-huit ans jusqu'aujourd'hui, il a eu' des 
pollutions nocturnes très fréquentes. Il présente certains stigmates 
physiques de dégénérescence, déformation crânienne, asymétrie cra- 
nio-faciale, blésité, anomalie dentaire, dentition très mauvaise. Il a 
aussi des stigmates psychiques : il est émotif, rêveur ; onaniste et 
menteur: par une sorte de perversion morale, il éprouve un véritable ' 

f)laisir a faire des mensonges. Au dire de sa mère, il ne fut pas un en- - 
ant intelligent, il manquait de mémoire et se montrait colère. A tout 
cela vient s'ajouter une dipsomànie précoce. Dès l'âge de 17 ans, il 
prend de l'absinthe, puis un peu de toiU. En outre, il en arrive a, présen- 
ter des impulsions et, pour comble de malheur, il devient kleptomane. 
Quand j entrepris de le guérir, je me rendis bien compte que ma 
tâche n'était pasJacile. Néanmoins, après l'avoir endormi assez facile- 
ment, je lui appliquai la méÛioAe p9ycho-mécaniquei\ puis je lui fis les 
suggestions que j'ai indiquées tout à J'beure. 

En même temps que le fils, nous traitions le père âgé de 52 ans, 
alcoolique invétéré et atteint d'une agoraphobie que nous avons pu 



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CONTIB L ABUS DES BOISSONS ALCOOLIQUES 



173 



guérir par l*hypnotisine. Quant k la pauvre femme qui vit entre son 
mari alcoolique, jaloux et agoraphobique et son fils vicieux, dipsomane 
et kleptomane, elle est devenue hystérique. Notre tâche a. été d'amé- 
liorer l'état mental et moral de cette famille qui se suggestionnait 
réciproquement. A ce point de vue, je suis arrivé a des résultats très 
satisfaisants. Par la suggestion hypnotique je suis arrivé à supprimer 
complètement l'usage oes apéritifs et de tout.alcool chez le père et le 
fils. Les séances suivantes, j'attaquai les divers symptômes exposés 
plus haut. Et avec une véritable joie je reçus de l'un et de l'autre des 
confidences comme celle-ci : « Papa a été à l'égard de maman gentil 
comme il ne l'a jamais été. » « Eugène a été sobre et raisonnable com- 
me je ne l'ai jamais vu. » Leur physionomie a changé totalement. Les 
promenades en famille, autrefois exceptionnelles, sont maintenant de- 
venues habituelles Je vous fais passer une photographie instantanée 
prise par le fils un jour od ses parents étaient assis sur un banc au 
cours de leur promenade : on peut juger par leur mine souriante des 
beaux résultats obtenus par la suggestion du bonheur chez un 
alcoolique. 

Il n'y a que deux mois que je soumets mes malades a ce traitement, 
et ^'ai pu faire disparaître tous les symptômes les uns après les autres, 
J'ai ainsi pu réveiller la personnalité morale de toute une famille et 
transformer des alcooliques et des malheureux en personnes calmes, 
sobres et contentes de leur sort. 



X-- 






DISCUSSION 



H. le Président. — Cette communication est fort intéressante. 
Quant à moi, je suis tout à fait de l'avis du D' Vlavianos et j*estlme que 
Ton doit recourir à l'hypnotisme plus souvent qu'on ne le fait. Il promet 
de donner d'excellents résultats. 

H. le D' Ruysch. — La suggestion peut être un adjuvant appré- 
ciable dans la guérison de l'alcoolisme, mais non dans tous les cas et pas 
du tout dans la dip^omanie. Peut-être peut-il donner un succès passager, 
. mais jamais décisif. La véritable dipsomanie, c'est-à-dire la maladie cou- 
nue sous ce nom pour nous autres médecins aliénistes est incurable, si 
ce n'est seulement par Vabstinence totale, après que le malade a été for- 
tifié et surveillé pendant un très long temps dans un asile de buveurs 
bien installé et bien administré. Quelle est sur ce point l'opinion du 
D' Baer ? 

H. Baer [de Berlin). — Je ne puis pas donner beaucoup de rensei- 
gnements sur une méthode de traitement qu!il ne m'a pas été donné d'ap- 
pliquer. Toutefois je suis en principe partisan de l'intervention hypnoti- 
que. Je sais qu'à Munich on l'emploie beaucoup et avec succès. 

M. le D' Victor Oldéroggué (de St-Pétersbourg). — L'hypnotisme 
est parfois un remède efficace dans les^cas d'alcoolisme. J'ai moi-même 
obtenu plusieurs guérisons grâce à ce moyen. D'ordinaire Je prends 



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174 VII* GONGRBS INTERNATIONAL 

soin de suggérer à mes malades de vomir toutes les fois qu*il3 boiront 
de Talcbol. 

M. Baer. — Les alcooliques simulent parfois la guérison. 

M. le Président. — Je voudrais bien savoir qu'elle est Topinion du 
D' Forel, qui, lui aussi, a obtenu des résultats remarquables grâce à 
rbypnolisme et qui possède sur ce point une compétence spéciale. 

M. le D^ Forel. — La question de Tbypnotisme est au fond très sim- 
ple. Son action dans Talcoolisme est adjuvante. Le seul remède définitif 
de Talcoolisme est Tabstinence totale des boissons alcooliques, mais il 
est souvent «lifflcile d'y arriver. CHez les gens suggestîbles, l'hypnotisme 
est un moyen 1res important, parfois le seul d'arriver à l'abstinence 
totale et durable. Mais si l'on s'imagine guérir un alcoolique parla sug-^ 
gestion seule en lui suggérant de devenir modéré, on commet une grave 
erreur. Le malade, une fois sorti du traitement médical sera vaincu de 
nouveau par la suggestion du milieu alcoolique et récidivera, comme du 
reste les faits l'ont prouvé. Si, par contre, on lui suggère l'abstinence 
totale pour toute sa vie et l'entrée dans une société d'abstinence, on arri- 
vera à une guérison durable. Or c'est une guérison durable que nous 
voulons, c'est là le devoir des médecins. La grande eireur où est tombée 
autrefois la médecine, suggérée par l'habitude généralisée des boissons 
alcooliques à titre modéré, a été de considéi'er comme guéri, les déli- 
rants alcooliques sortis des asiles à peine remis de leur délire. Ils recom- 
mençaient à boire le jour de leur sortie et retombaient aussitôt» Ce sont 
les simples laïques des sociétés d'abstinence qui ont enseigné à nos mé- 
decins du continent le traitement des alcoolises. 

Un bel exemple de suggestion est la cure d'or du D' Keely pour l'al- 
coolisme, cure qui a suggéré longtemps les Américains. Le D' Keely a 
admirablement utilisé la suggestion. D'abord par le nom de l'or et par le 
prix de sa cure [25 dollars par semaine). Puis il disait à ses malades. — 
Buvez tant que vous voudrez, mais je vous déclare que vous ne le pour- 
rez plus. Par ma cure, vous devenez forcément abstinents totaux. Il n'y a 
que 5 0/0 de misérables dégénérés incurables, faibles et bons pour les 
asiles d'aliénés qui ne seront pas guéris. Qui donc voudra faire partie de 
ces 5 0/0 1 — M. Keely a fort bien suggéré 1 Du reste nous pouvons ren- 
dre abstinents pai* suggestion hypnotique même des gens qui ne le vou- 
laient pas d'abord. On peut même dégoûter quelqu'iln au point (je l'ai 
fait dernièrement) qu'il aura des nausées en voulant boire le vin de la 
communion. 

Mais pour la guérison durable, il faut suggérer l'abstinence totale en- 
tretenue par la suggestion durable des sociétés d'abstinence. 

M. le D' Vlavianos. — J'estime au contraire de l'opinion émise par 
M. le D^ Ruysch, que la dipsomanie elle aussi est justiciable de l'hypno- 
tisme, c'est d'ailleurs l'opinion d'un aliéniste de grande valeur, du 
D' Régis de B(»r(leaux. Les médecins qui refusent à l'hypnotisme toute 
action bienfaisante et qui proclament son inutilité sont précisément ceux 
qui n'en ont aucune expérience personnelle. Ne vaudrait-il pas mieux 
comme l'a fait M. Baer réserver son opinion et ne point le condamner 
systématiquement et sans appel ? 

On nous arrête quand nous disons que nous avons guéri un alcooli- 



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CONTRB l'aDUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 175 

que ; on objecte qu*une rechute est toujours possible. Mais M. Joffroy 
lui-même a présenté, il y a quelque temps, un malade dipsomane auquel 
il avait imposé Tabstinence totale pendant 15 jours et il Ta présenté 
comme guéri. Pourquoi nous empêcher d'employer la môme expression ? 

En ce qui concerne la simulation des alcooliques, je pense que cela 
peut arriver aux malades enfermés dans un asile de buveurs ou dans un 
asile d'aliénés, mais jamais quand il s'agit de buveurs qui viennent trou- 
ver le médecin pour se faire guérir. Quel intérêt auraient-ils à simuler ? 

D'ailleurs, si le D' Keely a obtenu de si beaux l'ésultats par la sugges- 
tion à l'état de veille pourquoi refuser d'employer la suggestion hypno- 
tique qui est bien autrement puissante? Sans doute on ne peut guérir à 
jamais les malades dans la proportion de 100 pour 100, il y aura certai- 
nement des échecs, mais les succès ne sont pas moins manifestes dans 
une grande proportion. La statistique, à ce sujet, n*est pas encore faite 
Mais ce que nous voulons répéter, c'est qu'il faut appliquer toujours 
l'hypnotisme avec persévérance après avoir acquis préalablement l'ex- 
périence nécessaire et c'est bien entendu l'abstinence totaîe que la sug- 
gestion devra recommander toujours, pour obtenir des résultats très 
satisfaisants, comme dans les cas que nous venons de vous donner tout 
à l'heure. 

M. le Président. — M. Shepard, de New- York, dépose sur le bureau 
son mémoire sur le trailement et la prophylaxie de Valcoolisme par 
les bains turcs. 

•» 
Inebriety, its prévention and Treatxnent by the Turkish Bath 

BY CHAS. U. SHEPARD, M.D. 

8i, Columhia HeighiSy Brooklyn, N. Y. 
Le traitement de l'alcoolisme au moyen du bain turc 

Analyte. — Il «si prouvé que l'olcoul cnipoisunne le lang. Un de» moyens de déburrnsser 
le ming de ce poi«on, c'est de l'aUirer vivement ù la peau et de le lui faire éliminer por 
les pores en développant, grâce au bain turc, une chaleur intense et en produisant une 
cbnUur abondontc. 

Une expérience de 30 années a fortifié le D' Shepard dans l'approbation de ce système. 
Aussi préconise-t-il rétablissement de nombreux boins turcs qu'il appelle « un luxe 
nécessaire u et m le bain du peuple. » 

It needs no words to enforce the i'act that Inebriety is one of the 
great ctirses ofthe world. The results of alcoholîsm are so deadly and 
so universal as to naake this truth patent to every one. A fruitful source 
of the trouble is excessive alimentation , and stimulants are sought to 
qtiiet the irritation that follows as a natural conséquence , but the 
great mass of intempérance ariscs from the unfortunates who are 
ttirown nut of employnient, thosc who are going down hill financiallyy 
and hâve no secure future in the mad rush of compétition. When 
loss of business and financial wreck corne to men, what is more 
natural for the short sighted and improvident, than to seek to drown 









176 VII* C0NGRB8 INTERNATIONAL 

their misery in the cup that intoxicates, otherwise poisons. Il seems 

as though mankind were bound to bave some nepenthe for their 

sufTerings, and in narcotics they find an expensiveurcease for the 

lime being. An eminent English authority, after'over thirty years of ^ 

investigation of individual cases, found that eighty-six per cent, of 

drunkenness was directly traceable to financial dépression caused by 

the présent methods of compétition. 

It bas been conclusively demonstrated tbat there are no food 
properties in alcohol or any of its préparations. In so far as alcohol is 
combined with any food substance, just so far is that substance 
deprived of its nutritive value, for alcohol is produced only through the 
destruction of the éléments of nutrition. Even when diluted, as in^ V 

wine, béer, and cider, it is a poison wrhicb changes pathologically 
the tissues of the body and leads to fa tty.dege ne ration. It paralyzes 
the perception of cold, as wrell as that of warmth, therefore it seems^ 
to raise the température in cold weather and reduce it in warm 
weather. It withdraws from the body beat. and force, and bênumbs its 
activities. It also interfères with the consciousness, and the^ use of 
alcohol in shock or other emergenciès is .found to be more injurious 
than bénéficiai by many practitioners. The phenomena of drunkenness 
as well as paralysis, seemc to be due more to the paralysis of certain 
centres of the brain than to virhat is called the stimulatmg effect. Its 
seeminff stimulating pov^er, as well as its seeming nutrient power, 
bas no oasis in fact. 

The effect of alcohol is deceptive. It appears to invigorate when 
really it is sapping the foundations of life. This is seen and acknow- 
ledged when reasoning from the examination of other poisonous drugs. 
Many who are but moderate users of alcohol are obliged to ffive 
up the struggle of life at an early âge, and those who are caïled 
away suddeniy are not those who hâve been careful, temperate, 
or abstemious. 

Is is a wrong idea to speak of the vital « action of alcohol » for 
there is no vital action in any inert drug or substance. Corféctly 
speaking it is the action of the organism brought about by the 
présence of alcohol, for, as with ail other drugs or foreign substances 
in the body, this action is simply an effort of the living cells to 
dislodge and discharge the offensive intruder, and ail the symptoms 
thus produced arc satisfactorily explained by this hypothesis. 

Nothing will so speedily subdue nervous excitpment as the ever 
convenient and alluring alcohol. It is sought to give insensibility to 
nerve agony, and secures for a tline rest and repose, but the wear 
and tear of this oft ropeated norve strain is frecrucntly shown in 
paralysis and insanity. rerhaps the most serious eiTect of alcohol is 
Its direct tendency to intor/aro with nutrition, and by promoting 
growth of cellular tissuo to compromise the integrity of the brain 
tissue where the poison is not raadily thrown off, and where it soon 









CONTRB L*ABU8 OBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 177 

destroys not only ils co-ordinating power, but dégénérâtes the brain 
substance. If there is a process whereby the blood itself can be 
purifiedy we may, with every reason, expect the brain tissue to 
participate in the advantages derived therefrom, and consequently 
we wili hâve greater clearness of perception foUowed by a quickened 
moral aense. The irresistable impulse of our modem civijization, from 
infancy to old âge, is push, and the mental and physical powers alike 
suffer in thè long run. The free use of alcohol is accountable for a 
large measure of this condition. A great source of weakness is the idea 
that whenever anything happens to the body, something must be 
taken to counteract the efiect thereof. So universal is this, that 
drug^aking is an every day affair^ and consequently ypeople are 
debilitated and more easily tempted. Nothing tends more to lower the 
tone of the vitality and producc ft susceptibility to every pa^sing 
disease or épidémie, than the free use of alcohol and other drùgs. Can 
not the péople be taught to give more time to rest and récupération, 
and less to istimulation ? 

It is coming to be recoffnized by the médical professign, that 
Inebriety is a disease, and tnis gives assurance that in a short time 
this whole subject will be placed in its true Hght, and the best 
roethod devised for its treatment. 

Happily there is a médium at hand, capable of giving untold relief 
to the diseased Inebriate, and that is hot-air, ordinarily , called the 
Turkish Bath. This Bath is capable of meeting the many and varied 
conditions of health or disease. 

The moment the bather enters the haated chamber of this Bath he 
is called upon in the gentlest manner to discharge through the skin 
the refuse of his System. The process of unloading goes on constantly, 
and the longer he remains in the beat, the more foui material is 
thrown out. The skin is made active, the blood is perfected in its 
circulation, at the same time the éléments of disease are discarded. 
Thus when there is alcohol in the system, it can be distinctly noticed 
in the perspiration. It is apparent to the sensé of smell when alcohol 
is used in even a limited degree, and much more so when it is freely 
used. As the blood is brought to the surface and purified, it goes bacL 
to every organ to do better work and perfect every function, by 
carrying new éléments of repair and nutrition, by which ail the 
activities of life are renewed, so that, unless the work of destruction 
bas been carried on too long, repair is set up and a better condition 
of things organized. 

The Turkish Bath is simply a convenient manner of applying 
hoad to the body, and is readily adapted to any diseased condition. It 
is not cxhausting as many suppose, nor is its salutary influence 
measured by its power to produce abundant sweating. One of the most 
remarkable properties of the Bath is its ability to allay the sensé of 
fatigue. There is an invigoration arising from the contact of the 



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178 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

vitalized skin with the dry beat of the Bath, which gives an increased 
power of drinking in oxygen, throuffh channels previously closed, 
and withal there is Utile sensible loss of matter, wbat is parted 
witb being only that for which the System bas no further need. 

One of the uses of ordinary perspiration, is to maintain the equilî- 
brium ôf température, on which the safety of the individual dépends. 
There is no foundation for the popular préjudice about the hot air 
increasing the température to a dangerous degree. Such a préjudice is 
not only condemned by physiology and expérience, but it is m direct 
antagonism to the very laws of our being. Now how cornes it that, by 
a slight increase of beat, there should be a sudden power given to 
the skin to throw out moisture ? and whence comes this moistiire ? It 
cornes from the blood. And to be able to furnish moisture, the blood 
inust be brought to the skin; and this is the grand secret of the modus 
operandi of the Turkish Bath. It is by equalizing the circulation^ 
and thus removinp; congestion, whether of the lungs, the' liver, the 
brain, or any internai organ, or tissue near the surface, or the skin 
itself. When beat is applied to the surface of the body, the blood that 
is feebly circulating within the trunk is brought to the surface and the 
extremities, and its water, loaded with waste and effete material from 
the System, is given up to protect the skin. If the beat is continued, 
ail the énergies of the system are aroused to bring into circulation 
the blood that bas been stagnant and congesting the lungs or liveri 
or some other organ. Then ail the absorbents are set to work, to take 
up any dropsical effusion, whether in the cellular tissue, or in the 
closed cavities, as the abdomen or chest, that it may be restored to 
the circulation and evaporated from the surface Then 9gain by 
drinking pure water, the blood is replenished with wholesome 
material, while perspiration éliminâtes the water and poisonous 
matter from the system. 

Hot air promotes the chemical changes that are constantly goihg on 
in the lungs, and stimulâtes the skin to its respiratory functions. The 
more perfectly this work is performed the greater the success in the 
treatment. 

The Turkish Bath bas the effect of différent medicines, in that it 
removes the symptoms for which they are administered. Thus, it is a 
cathartic, a diuretic, a tonic, a detersive, a narcotic, but the effect is 
produced only when there is cause. It will bring sleep to the patient 
suffering from insomnia, but will not, like opium, make the healthy 
man drowsy : and relieve constipation without bringing on diarrhoea 
to the healthy, as aloes would. It is thus a drug that administers itself 
according to the needs, and brings no evil conséquences, working 
only to place the system in a natural and healthy condition. 

The action of beat upon the blood internally, while passing through 
the capillaries of the lungs, and also upon the capillaries of the out- 
side skin is most salutary in destroying the virus of whatever disease 



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CONTRE L*ABU8 DES BOISSONS ALCOOLIQUES 179 

inay be présent. There is no more powerfiil disinfectantthan hot air. 

Float is ai once the simplest and inost powerful of ail the agcncies > 

of nature. It is the heat from which is aerived the inost important * • ' 

part of the benefTcial efiects of warm bathing, and the superiority of ! 

air, in comparison with water, as the médium of a bath, is ev^ident, 
for the reason that water cannot be used for communicating heat to 
the body at a température much beyond 100 degs, whereas air can be 
utilized for ordinary bathing at from 140 to 175 degs, and for remé- 
diai purposes much higher.lt is this pcrfect command of température 
which the hot air bath places at the disposai of the scieiitific and 
skilled physician that constitutes its superlative nierit. 

The mucous surfaces of the inebriate, and in a minor degree, those 
of the moderate drinker, are often in a chronic degree of inflammation. 
The eficct of the hot-air treatment is to reduce that inflammation by 
cleansing the blood, thereby relieving that morbrd craving for 8ti« * 
mulants, tliat only perpétuâtes and increases the disease instead ol 
giving relief. During over thirty ycars of the writer's expérience in 
the aaministration of the Turkish Bath in disease, many persons who 
had been more or less under the influence of alcohor, particularly 
those who came after a debauch, hâve expressed in most unqualified 
terms the benefits that they had derived from its use. One thoroughly 
purified by a Turkish Bath realises that he is cleaner and on a higher 
physical plane. His sensés are more acute, he is in his best condition, 
ne respects himself so much the more, and is less liable to return to 
his base practises. It is stated as a fact that in no country has ine- 
briety been found co-existent with the Bath. 

The Turkish Bath is the People's Bath, because it renders those 
who make a freauent use of its luxiiry imniune to disease, and free 
from the necessity of drug taking. It iherefore makes health-catching 
a pastime and contributes to the joy and length of life. In thousands 
of instances it has proved itscif one of the most powerful aids to ail 
natural processes. By its use the treatment of ail kinds of disease is 
simplified as well as more easily cured, and some disappear, thus 
prcventing a large amount of suflering. 

AU of thèse advantages and many more would be fully secured by 
the gênerai adoption of Public Turkish Baths. Thcir good influence 
would pervade every stratum of society, and become a powerful aid 
in the élévation of the community to a higher plane of heaith as 
well as a clearer moral sensé. They would be comparatively inex* 
pcnsive, and would Icssen the c(ïst of médication. They would prevent 
the spread of épidémies, and reiider extinct many classes of disease. 
They would lessen the demand for stimulants of every kind, and 
renaer the police force less necessary. They would be more powerful 
than any law of prohibition, because they would be more attractive 
then the saloom. They would reducc the expenses of hospitals and 






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180 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

asylums, and shorten the time necessary for' patients to remain in 
such institutions. They would reduce the demand for hospitals, so 
that what are already built would be sufficient for a génération to 
corne. They would help toward the reBnement of the coinmuntty, and | 

vastly prolong the average of the life of the people. 

However much may be donc for the Inebriate through institutions 
or asylums, or even by separate effort; much more can be accoraplished 
for the community by begînninff at the fountain head of ail reforms, 
that is by giving our chiidren tnc benefits of a Scientific Tempérance 
Education y so that they will of their own accord refuse to waste their 
lives or strength on alcohol, or any narcotic. With us in America this- V 

grand work has been most ably commenced by the labors of Mrs. Mary 
. Hunt, of Boston, who succeeded in securing the passage of'Iaws 
in nearly every State of our. Union, making it mandatory that alP 
chiidren of the Public Schools shall be taugh the baneful effccts of 
alcohol as well as of narcotics. This instruction will eventually produce ^ 
a new génération of total abstainers. 

One of the world's great benefactors was Dr. J. Edward Turner,' 
who taught us hpw to deal with Inebriety by building at Binghamton, 
New York, the first Inebriate Asylum. Therein the hot oath was 
recognized as an essential feature. It was Dr. Turner who first 
promulgated the idea that Inebriety is a disease, needing treatment 
the same as any other disease. It is now well settled that the most 
complète treatment for the Inebriate can be secured only through the 
asylum, where he can be placed under control and permitted to 
remain, not only until he has recovered from the effect of his debau- 
chéries, but until nature has regained fuU control and established new 
conditions that would prevent any relapse tô former temptations. 

The model institution is to be biiilt by and under the control of 
the State, wherein the hot-air bath shall hold a prééminent position, 
wherein narcotics shall be entirely disallowed, for «it is not much 
improvement on Inebriism to hâve one's system saturated and sensés 
blinded by narcotism, 

Herein would wealth hâve a royal opportunity to consecrate itself * * 
ta the service of mankind, as well as to the Inebriate. The endowment 
of Public Baths was among the most noble actions of the Roman 
Emperors. Eight hundred of thèse institutions ' adorned the capital 
of the Empire, and they supplied during hiany eventful years almost 
the only medicinc to a people distinguished for their corporeal and 
mental vigor. 

The trend of events. shows most conclusively, that man is more 
and more considering and realizing the force of his rights and duties 
toward his fellow man. Socialism is advancing along many Unes. 
Compétition is pavîng the way for Co-ojperation . AU oT which is to 
come through Evolution rather than Révolution. When the State 



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CONTRB l\bU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 181 

shall hâve become equal to the care of ils poor, there wiil be fewer 
Incbriates to care for, and when the Turkish Bath is rccognized as 
ihe best treatment for Inebriety and placed within the reach of every 
citizen^ the brotherhood of man wilI bc more than empty words, and 
Liberty, Equality, and Fraternity, will havc achieved a glorlous 
reality. 

M. le Président. — La parole est à M. Henrot, Directeur de Técole 
de médecine de Reims, pour son i*apport sur la surveillance hygiéni- 
que des boissons alcooliques. 

De la nécessité de la surveillance hygiénique des 'boissons 

alcooliques. 

Dans Tétat social actuel, Talcoolisme joue un rôle prépondérant ; 
il est sans conteste le plus grand dissolvant de la famille, il appauvrit 
le pays et compromet sérieusement la défense nationale ; il constitue 
donc un danger dont il est impossible de mesurer Timportance. 

En présence de cette menace, il semble que l'Etat devrait prendre 
les mesures énergiques qui, dans d'autres pays, ont donné d'excel- 
lents résultats et que le Parlement, laissant de côté toutes les mesqui- 
nes questions politiques, aurait dû aborder depuis longtemps la solu- 
tion de ce redoutable problème ; nous sommes persuadé qu'il se serait 
mis résolument a l'œuvre si cette étude ne soulevait de grosses ques* 
lions électorales. 

MM. les Sénateurs et MM. les Députés seront responsables devant 
leur conscience et devant le pays, au mal que par faiblesse ou par 
intérêt personnel ils auront laissé se développer ; souhaitons qu ils 
sortent de cette coupable apathie, avant que l'alcoolisme ne soit com- 
plètement devenu une véritable calamité publique. 

Puisque le Parlement ne fait rien et n'ose pas voter la limitation et 
la surveillance des débits de boissons, il appartient aux hygiénistes 
d'intervenir et de proposer des solutions qui^ sans être aussi radicales 
que celles que donnerait une bonne loi contre l'alcoolisme, peuvent 
cependant exercer une réelle action sur le développement des formes 
les plus dangereuses de cette terrible maladie. 

On devient alcoolique parce que l'on consomme trop d'alcool nor- 
mal ou parce que l'on consomme des produits de mauvaise qualité 
renfermant des substances plus toxiques que l'alcool lui-même; c'est 
cette dernière question que nous étuaions aujourd'hui. 

Dans notre législation actuelle, toutes les denrées alimentaires sont 
soumises ii des inspections hygiéniques ; les viandes, les conserves, 
les poissons, le lait, le vin, etc.; seuls les alcools, c'est-h-dire les 
produits résultant de la distillation ne sont soumis a aucune surveil- 

T R ' Il 






182 VII* CONGRÈS INTERNATIONAL 

lance. Les produits pharmaceutiques sont aussi Tobjet d*tnspections 
régulières. 

L*examen du lait est certainement très utile, mais le plus souvent ce 
produit n*est falsifié que par Taddition d'une certaine quantité d'eau, 
il est ainsi moins nourrissant, mais il ne constitue pas par le fait de 
cette falsification, un poison. 

Certains vins, pour être conservés ou pour supporter un transport 
un peu long, peuvent recevoir de petites quantités de tannin, d'acide 
salicyliquc ou de plâtre, mais ces opérations, comme le plâtrage des 
vins, par exemple, sont réglementées. Pour les boissons alcooliques, 
il n'existe rien de semblable : les alcools de vin, de betterave, de 

Srain, de bois, additionnés des matières colorantes les plus variées, 
es essences les plus dangereuses, sont livrés si la consommation, 
sans que personne, ni le rréfet, ni le Procureur, ni le Maire, ait 
qualité pour faire exercer une surveillance quelconque ; il y a là une 
très regrettable lacune dans notre réglementation sanitaire. 

Le pharmacien ne peut pas donner cinq centigrammes de morphine 
sans une ordonnance médicale; la pureté de ce produit est vérifiée 
par des commissions spéciales, alors qu'en France 400,000 débitants 
peuvent vendre librement de véritables poisons du système nerveux, 
de l'estomac, du foie, des reins et des artères, sans la moindre en- 
trave ; ils ne deviennent passibles d'une amende que lorsqu'un client 
sort ivre-mort de leur établissement, et qu'il est reconnu devant té- 
moin que c'est bien la qu'il a consommé des boissons enivrantes. 

Pourquoi cette sélection entre les poisons ? on ne permet pas ii un 
individu de se morphiniser; les pharmaciens qui délivrent de la mor- 
phine sans ordonnance de médecin sont impitoyablement poursuivis, 
et cependant le morphinomane a presque toujours pour excuse une 
douleur qu'il a cherché a calmer. En est-il de même pour l'alcoolisme 
et pour 1 absinthisine ? pas du tout. Les commerçants peuvent vendre 
de mauvais produits ; ils peuvent spéculer sur la faiblesse humaine, 
détruire leurs clients et leur descendance sans enj'reindre aucun rè- 

frlement ; ils peuvent librement agir par une sorte de suggestion sur 
es faibles sinon d'esprit au moins de caractère, qui devraient être 
protégés comme des mineurs; l'étalage somptueux de tous ces poi- 
sons, les étiquettes les plus variées et les plus menteuses exercent sur 
toute cette catégorie de citoyens une véritable provocation. 

La classification des substances toxiques appartient aux chimistes, 
aux physiologistes, aux hygiénistes. Si l'absinthe par exemple est un 
poison, pouquoi le comité d'hygiène publique de France qui compte 
dans son sein toutes les compétences, ne ferait-il pas cette classifica- 
tion ? Que ces substances qui donnent une ivresse trop souvent san- 
fruinaire (nous pourrions en citer des exemples) soient classées parmi 
es poisons dont la vente devra être surveillée. 

Le comité d'hygiène publique est absolument libre, il peut édictcr 
les mesures les plus propres a protéger la santé publique, c'est un 



CONTKB l\bUS DES BOISSONS ALCOOLIQUES 183 

droit ciu*aucun législateur ne saurait lui contester; il peut ordonner la 
surveillance de tous les endroits somptueux ou populaires où se con- 
somment des substances classées par lui comme poisons ; il peut or- 
donner des analyses citimiques et surtout des analyses biologiques 
plus simples et plus rapides ; par exemple tel produit saisi tue un 
animal ; ii telle dose (à déterminer proportionnellement au poids de 
ranimai) il est dangereux pour Thomme, la vente doit en être défen- 
due. Cette saisie ne se ferait pas discrètement; au contraire; on jette- 
rait h Tégout publiquement, par les soins de la police, toutes ces subs- 
tances dangereuses, cela exercerait sur la population un eflet moral des 
plus salutaires. 

Notre proposition, que nous pourrions développer beaucoup plus 
longuement, est donc très simple : demander au Conseil dMiygièiie 
publique de France de faire le classement des boissons alcooliques 
dangereuses, et de soumettre à une surveillance rigoureuse celles 
dont il croirait ne pas devoir interdire la vente. 

La séance est levée à midi et demi. 



.-1 



-1 ._ -.r' • -•* 












PREMIÈRE SECTION 



SCIENCES MÉDICALES & HYGIÈNE 



Asiles de buveurs & Thérapeutique 



ANNEXES 



(Mémolrtt non discutés par suifs ds l'abssncs 

ds Isurs sutsurs) 



1 



Annexe n"" 1 



Ueber die Trinkerheilanstalt « Turva » in Finnland 

VON D' MBD. ANT. V. IIBNBICI 

Im Jahre 1886 wurde wflhrend des NOchternheitscongresse» in 
Kuopîo eine Gesellschaft zum Zwecke der Errichtung einer Trinker- 
heilanstalt in Finnland gebildet ; allein, da die aazu geopferten 
Mittel zu gering waren, konnte damaU noeh keine derartige Anstall 
erolTnet >verden. Rrst am 29 December 1888 gelanff et eine Trinker- 
heilanstalt in Finnland zù erôffhen, der die Bezeicnnung « Turva * » 
beigelegi wurde. Die Mittel dazu wurden von den Staatverordneten 
in IleUingrors iind Wiborg, towie von der Getellschaft des Brannt 
weinverkaufes^ in Helsingrors gegeben. 

Die Anstalt befand sien wflhrend der ersten Zeit ihres Bestehens 
in SommernftSy im Kirchspiele Orimattila, im Nylftnd*ischen Gouver- 
nement, 2 Meilen von den Eisenbahnstationen Herrala und Lahtis 
entfernt (Die Station Lahtis liegt ungefflhr 4 Stunden Fahrt von 
llelsingrors). 

Schon im ersten Jiihre ihres Bestehens war die Anstalt mit Patienten 
Oberfollt ; es wurden sogar viele Kranke wegen Mangel an Platz von 
der Direction zurûckgewiesen. Im ersten Jahre wurden 21 Mann 
aufgenommen, und damais schon entstand bei der Diretion der 
Wunsch. fOr die Anstalt ein eigenes llaus in isolirter Lage, womo- 
glich mit einem StQck I^nd und am Ufer zu kaurcn, damit die 
Krnnken Gelegenheit hfltten, sich mit Feldarbeiten u. drgl. drausscn 
zu beschurtigcn, so wic auch im Sommer zu baden. 



Dicser Wunsch ist in ErfoUung gegangen, indem fnr die Anstalt 
am 24 November 1890 unter sehr gOnstigcn Bedingungcn das Landgut 
lluvitus im Kirchspiele YIflne in Abo-Bj6rneborg*schen Gouvernement 

Içf knuft wurdc, welchcs ungelllhr 40-50 kilometer von den Eiscu» 
>ahnstat!onen Kyrô und Lojmijoki entfernt ist (Die Station Kojmijuki 
liegt ungeftlhr 2 Stunden Fahrt von Abo). Das Gut liegt in einer nrhr 
malerischen Gegend, am Ufer eines grossen Sees (Pyhfljirvi) und ist 



* ■ Tunra • lMd«ifl«l aaf flanitek Sckatt. 

* in 4«n SudUa Finalaa^t «litUrta basoadwa Arii«af«««ll»rkafl*a, welrbca •atM'b- 
l(e»»licb dat Rcrhl des BranatwaiavarkattfM am Orta lakoaiait. wob«i di« Aclion«r« 
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188 vil* COXCnÊS IXTEnNATIONAL 

ungefâhr 5 kilometer vom nftchstliegenden Dorfe entrernt. Zum Gute 
Iluvitus gchort ein hinreichendes StOck Wald und Peld, ein grosser 
Apfelgarten, sowie auch einige Wirtschaftsgebflude^ Pferde und 
Ilausvieh. Das holzerne Wohnhaus steht hart am Ufer des Sees. 

Ursprunglich wurde fur die in Rede stehende Anstalt von den 
Stadtverordneten in HeUingfors 5000 finnische Mark, und in Wiborg 
1500 fin. Mark, sowie von der Gesellschaft des Branntweinverkaufes 
in Ilelsingfors 6000 Mark geopfert. lin Jahre 1890 wurde gegeben : 
von (Icn Stadtverordneten : in Helsingfors 5000 Mark, in Wiborff 
2000, in Nicolaistadt, Tavastehus, Lovisa und Bjôrneborg zu 1000 
Mark; von den Gesellschaften des Branntweinverkaufes: in Helsingfors 
6000 Mark, in Uleaborg 800, in Kuopio 500, in Raumo 400 und in 
Kajana 200 Mark. Im Janre 1891 erhielt die Anstalt von den Stadt- 
verordneten : in Helsingfors 5000 Mark, in Abo 3000, in Wiborg 
2000, in Bjôrneborg 1000, in Joensun 400, in Nykarleby 200, in 
Kajana 170 und in Torneo 100 Mark. Im Laufe der Zcit wurden aber 
die Einkûnfte der Anstalt sowohl von den Stadtverordneten, wie auch 
von den Gesellschaften des Branntweinverkaufes immer kleiner. 
Jnfolgc dessen wurden in die Anstalt weniger Patienten aufgenommen, 
namentlich weniger nichtzahlende Patienten, von deneu frOher einige 
sogar auf kosten der Anstalt gekleidet wurden. leUrt erhfllt « Turva », 
abgesehen von einigen kleineren Gaben, 5000 Mark jftkrlich vont 
finnlflndischen Tiscus. 

In die Anstalt werden ausschliesslich Mftnner im Alter von 21 bis 
50 Jahren aufgenommen, welche ein flrztliches Zeuffniss darflber 
vorstellen, dass sie weder an einer ansteckenden, nocn psychischen 
Kranklieit, oder fallender Sucht leiden, sowie eiA Zeugniss darOber, 
dass sie kein Vcrbrechen begangen haben. Ausserdem muss der zum 
Eintritt in die Anstalt sich Meldende eine schriftliche Verpflichtung 
darûber einliefern, dass er sich wfthrend eines ganzen Jahres in der 
Anstalt aufhalten und allen in derselben festgesetzten Regeln folgen 
wird. 

Der Eintritt in die Anstalt ist aiso ein freiwilli^er. Es existirt 
nilmlich in Finnland kein Gesetz, nach welchem ein Gewohnheits- 
trinker, bei dem sich keine anderen Symptôme einer psychischen 
Entartung, als eine Willcnsssund Selbstbeherrschungslosiffkeit, cons- 
tat! ren lassen, gegcn seinen Willen in eine Heilanstait internirt 
werden konnte. 

Was die obengcnannte Verpflichtung anbetrifR, welche die Patienten 
bei ihrem Eintritte in die Kuranstalt « Turva » einzuliefern haben, 
so hat dieselbe keine juridische Bedeutung, da es in Finnland kein 
dem englischen. a The habituai Drnnkarda Acl » von Jahre 1879 
gleiches Gesetz gîebt, nach welchem ein Trinker, der sich verpflichtet 
hat, eine gewissc Zeit in einer Heilanstait zu verbringen und dièse 
Verpflichtung nicht erfûUen will, mit Gewalt internirt werden kann. 
— Die Verpflichtung, welche die in die Heilanstait ic Turva » eintre- 






4 



COKTRB L*ABUt OBft BOISSONS ALCOOLIQUES 189 

tenden Patienien einliefern, soU eine ihoralische Bedeutung haben, 
indem sie dièse Kranken gewissermassen davon abhftlt, bei der ersten 
Unannehmlichkeit, oder infolge des bei den Trinkern characteris- 
tischen Mangels an Energie, die Anslalt zu verlassen. 

Bis zum Frûhjahre 1892 stand der Anslalt Herr Pastor Olander vor 
welcher im Herbst 1890 am Congress Qber Alkoholismus in Christiania 
theilgenommen und darauf die Trinkerhéilanstalten « Heimdahl » 
in rSorwegen und « Salem » in Holstein besucht bat. Sein Nach- 
folger wurde Herr Apotheker Wichmann, und seit dem Herbst 
1893 bekleidet das Amt des Vorstehers der Anstalt « Turva » Herr 
Hakkarainen. 

Einen bestftndigen Arzt giebt es in dieser Anstalt nicht> und darin 
besteht ein grosser Uebelstand derselben. Auf meine Anfrage, weshalb 
die Leitung der Anstalt keinem Arzte anvertraut worden, erkUrte 
ein Mitglied der Direction, dass es sich kaum ein Arzt finden liesse, 
wecher dièses Amt fur eine so geringe Besoldung ûbernehmen wOrde, 
und dass es der Direction unroôglich sei, dieselbe zu vergrôssern ; 
frOher bezahlte sie dem Vorsteher von « Turva » 3000 Mark jflhrlich ; 
spftter aber, als die EinkQnfte der Anstalt sich vermindert hattcn, 
wurde seine Gaffe auf die Hftlfte herabgesetzt. Ausser der Gage 
bekommt er von der Anstalt Wohnung und Bekôstigung. 

In den letzten Jahren wird « Turva » 1 mal monatlich vom Bezirkf- 
arzte besucht. Der nflchstwohnende Kirchspielsarzt, an welchen man 
sich im Falle einer plôtzlichen Erkrankung, oder eines unglOcklichen 
Zufalles in der Anstalt vrenden kônnte, oefindet sich ungefllhr 40 
kilometer weit von derselben ! 

Die Principien der Behandlung der Trinker, sind, wie in anderen 
dcrartigen Anstalten, auch in dieser : vôllige Enthaltsamkeit von alien 
alcoholischen Getrftnken und Hebunsr der Kôrperkrftfte durch kôrper- 
liche Arbeit, vorzugsweise in Ireier Luft, wflhrend man moralisch auf 
die Kranken einzuwirken sucht, indem in der Anstalt christlicher 
Geist und atrenge Diaciplin herrschen. 

Die wichtigsten Vorschriften fur die Patienten der Trinkerheilan- 
stalt « Turva » sind folgende. 

Die Patienten sind verpflichtet, den Yorschriften des Vorstehers 
der Anstalt umbedingt Polge zu leisten und dieselben zu unterstOtzen. 

Die Leitung der Anstalt geschieht in christlichem Geiste. Jeden 
Moreen und Abend, sowie ausserdem an Feiertagen am Vormittage 
weroen Andachtsstunden gehalten, wobei aile Patienten anwesend 
sein mOssen ; nur Krankheit entschuldigt die Abwesenheit. 

Die Kranken sind verpflichtet, sich sowohl wfthrend der Arbeit, 
wie in den Ruhestunden anstflndig zu betragen : Schimpfen, leichtsin* 
niges Gesprflch und drgl. sind verboten. 

Die Beschftfltigung der Kranken besteht in kôrperlicher Arbeit, 
vorzugsweise draussen. Die Art der Arbeit wird nach Môgiichkeit 
den Krftften und dem Kônnen der Kranken angepasst. 



190 vu' coxcnks international 

An Werktagen giebt es je nach der Jahreszeit und der Art der 
Arbeit 6-8 Arbeitsstunden. 

Wahretid der Arbeitszeit dOrfen sich die Kranken nur mit Erlaubniss 
des Vorstehers in ihren Zimniern, oder in den Gesellschaftsrfiumen 
aufhalten. 

Ist der Kranke nicht im Stande die ihm aufgegebene Arbeit 
auszufûhren, so muss er das dem Vorsteher melden. 

Die Kranken sind fur die ihnen anvertrauten Môbel und dergleichen 
Sachen verantwortlich. 

Die Zimmern werden von dem Kranken selbst aufgerfiumt und 
Çeheizt. FalU mehrere Patienten in einem Zimmer wohnen, wird 
das der Reihe nach gethan. 

Aile Patienten, sowohl die zahlenden, als die nichtzahlenden sind 
der Reihe nach verpflichtet, fur Ordnung und Reinlichkeit in der 
Anstalt zusorgen. 

Jeder Kranke soll zweckmfissige Bfider gebrauchen, falls er nicht 
durch Krankheit und drgl. daran verhindert wird. An Sonnabenden 
dient die Badstube dazu, wfihrend im Sommer tfiglich im See gebadet 
wird. 

An Sonnabenden Nachmittags mOssen die Patienten ausser dem 
Hause ihre Bctten ausklopfen und lûften. 

Die Zcit zwischen dem Abendcssen und dem Abendgebet wird 
von den Kranken mit Gesprttch, Gesang, Klavicrspiel und drgl. 
beisammen /ugebracht, wobei der Vorsteher das Recht bat den 
Kranken in gewissen Fflllen die Abwesenheit zu gestatten. 

Un 10 Uhr Abends mflssen aile Patienten zu Bette gehen, und die 
Lampen werden geloscht. 

Ohne Bewilligung des Vorstehers dOrfen sich die Kranken aus 
dem Bercich der Anstalt nicht entfernen, ebenso dOrfen ohne seine 
Erlaubniss Keine Fremden in die Anstalt zugelassen werden. Besuche 
von Verwandten der Patienten dOrfcn nicht Iftnger als 24 Stunden 
dauern. 

Um Versuchungen zu vermeiden, dOrfen die Kranken kein Geld bei 
sich fûhren. Bei dem Eintritt der Kranken in die Anstalt, Qbergeben 
dieselben ihr Geld dem Vorsteher, aufdessen Namen auch die Geldsen- 
dungen fOr die Kranken adressirt werden. Er bestreitet aus diesem 
Gelac die Ausgaben der Patienten. Kredit \iârd den Kranken nicht 
bewilligt. 

An Patienten adressirte Briefe und Pakete worden in Gogenwart 
des Vorstehers geofTnet. 

Die Kranken thcilen ihre Wûnsche und Bemerkungen dem Vorsteher 
mit. Klagen werden der Direction eingereicht. 

Dem Vorsteher kommt das Recht zu, Patienten aus der Anstalt 
auszuwcisen, welchc, Ermahnungen ungeachtet, den Vorschriften 
nicht Folge leisten. 



CONTHB L*AOUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 191 

Es giebt in der Anstalt eine Bîbliothek, welche meist aus ges* 
chenkten BOchern besteht. Der frOhere Besitzer des Gutes Huvitus 
ûberliess der Anstalt die in Huvitus gewcsene aus ungeffthr 1500, 
Bftnden bestehende Bibliothek. Ausserdem bekommt die Anstalt 
finnlAndische Zeitungen fin Gnnischer und schwedischer Sprache), 
welche von ihren Redactionen grôsstentheils unentgeltlich geschickt 
werden. 

Die Patienten bezahlen Sùr ihren Unterhalt in der Anstalt, indem 
sie sich verpflichten, ein Jahr dort zuzubringen, 600 Mark in der 
ersten und 300 Mark in der II Classe. Unbemittelte konnen in die 
Anstalt unentgeltlich aurgenommen werden. Eingezahltes Geld wird 
nicht zuzOckgegeben. 

Von den Kranken I*' Classe bekommt ein jeder ein Zimmer fOr sich, 
wlihrend die Kranken zweiter Classe zu 2,3 und 4 Mann zusammen 
wohnen. Der Vorsteher hat das Recht, die Kranken erster Classe von 
allzu schwercr Arbeit zu befreien. Im 'Uebrigen giebt es keinen 
Unterschied zwischen I und II Classe. 

Die EinkAnfte von den Arbeiten, welche die Kranken in a Turva » 
ansfilbrcn, kommen der Anstalt zu Gute. 

Wenn nôthigenfalls ein Arzt zu einem der Patienten gerufen wird, 
so wird das Honorar dem Arzte von der Anstalt gezahlt, wfihrend fur 
die Arzneien der Kranke selbst die Kosten tragen muss, falls er nicht 
unbemittelt ist. 

Die Kranken mûssen eigene Fest-und Arbeitskleider, so wie auch 
eigene Wilsche haben ; letzere wird von der Anstalt 2 mal monatlich 
gewaschen. 

Die Direction ist darum bemQht, dass « Turva » weder an ein 
Spital, noch an ein Corrections haus erinnere — es soUen sich aile 
Patienten dieser Anstalt hfiuslich, so zusagen als . Mitglieder einer 
Familie fûhlen, welche eine gesunde und regelmiissige Lebensweise 
fûhrt. An Werktagen wird um 6 Uhr Morgens, an r eiertagen eine 
Stunde spfiter aufgestanden ; X Stunde darauf wird Kafle getrunken ; 
um X 9 uhr wira das Frûhstûck servirt, um 1 Uhr Mittagessen, 
um 4 Uhr Kafie und um 7 Uhr Abends Abendbrod. 

Was die Arbeiten der Kranken anbetrifft, so werden dicselben, 
wie bereits erwiihnt, vorzugsweise in frischer Luft ausgefûhrt, Viele 
landwirtschaftlichen Arbeiten des Gutes Huvitus werden von den 
Kranken unter entsprechender Beaufsichtigung selbst ausgefûhrt : 
Fiillen und Zufohren des Holzes, Sfigen und Spalten desselben, 
lleucn, Erntearbcit, Gartenarbeit, Fischfang und drgl. Reicht dièse 
Arbeit nicht zu, odcr ist das Wettcr schlecht, so bescnfiftigen sich die 
Kranken mit TIschler-Drechslerarbeit unddrgl. Dabei muss die Anstalt 
aber auch wirkliche Arbeiter halten, denn auf die Arbeit der Kranken 
kann sich dieselbe aus leieht begreiflichen GrQndcn nicht besonders 
verlassen. 

Zur Bekostigung der Kranken werden vorzugsweise die Producte 



9 •'/;•.■.;, "o .'.. ■ 



192 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

der eigenen Landwirtschaft der Anstalti sowie auch Fisch aus dem 
See Pyhâjftrvi gebraucht. 

Im Jahre 1893 kam die Bekôstiffung eines jeden Kranken (Thee 
und Kafle inbegriffen) der Anatalt 97 renni pro Tag zu atehen. Im 
Laufe der Zeit aber, dank der Entwickelung der eiffenen Wirtschaft 
der Anstalt wurde die Bekôstigung der Kranken buliger. Wie aus 
den Jahresberichten ersichtlich, kostete die ErnAhrung eines jeden 
Kranken der Anstalt pro Tag : im Jahre 1894 — 87 X Penni, im Jahre 
1895 — 81 Penni ; im Jahre 1896 — 72 und im Jahre 1897 — 69 Penni. 

In c< Turva » werden keinerlei toniairende, sohlafmachende, od. 
drgl. Arzneimittel gebraucht, wasja auch ohne bestftndige ftrstliche 
Aufsicht gar nicht môglich ist. Die Erfahrung hat aber auch in dieser 
Anstalt gelehrt, dass die Trinker die plôtzliche und voUstftndige 
Entzichung aller alcoholhaltiger Getrftnke sehr gut vertragen. Wfthrend 
der 9 Jahre des Bestehens der Anstalt a Turva » ist in derselben keià 
Fall von CoUaps, oder Delirium tremens vorgekommen. Dennooh ist 
es môglich, dass bei der plôtzlichen Entzichunff des Alcohols beim 
Trinker geiïhrliche Abstinenzerscheinungeny Psvchosen und drgl. 
auftreten-in solchen FfiUen ist diè Lage einer Anstalt ohne ftrzUi- 
ches Personal und ohne Vorrichtungen, um den UnglOcksftllen, die 
dabei vorkommen konnen, vorzubengen, eine sehr sehwierige. 

Wie aus den Jahresberichten ersichtlichy befanden sich in « Turva » 
am 1 Januar 1890 — 18 Patienten ; im Laufe des genannten Jahres 
wurden 27 Mann aufgenommen und 24 Mann entlassen, so dass sich am 
1 Januar 1891 — 21 ratienten in der Anstalt befanden. Im Jahre 1891 
traten in die Anstalt 27 Kranke ein, wfihrend 25 dieselbe verliessen— - 
am 1 Januar 1892 befanden sich auf dièse Weise in a Turva » 
23 Patienten. In den darauf folgenden Jahren wurde der Besuch der 
Anstalt geringer, so dass sich in derselben am 1 Januar 1893 — 13, am 
1 Januar 1894 — 9 und am 1 Januar 1895 blos 4 Kranke befanden. Am 
1 Januar 1896 befanden sich in der Anstalt, 12, am 1 Jan. 1897 — 9 
und am 31 December desselben Jahres wieder.blos 4 Patienten. 

Die Ursache weshalb die Zabi der Kranken in « Turva »' im Laufe 
der Zeit geringer wurde, liegt theilweise darin, dass wegen der ' 
schon erwfihnten Verminderung der EinkOnfte der Anstalt in den 
letztten Jahren im Vergleich mit der ersten Zeit ihres Bestehens, in 
der letztten Zeit weniger Patienten aufgenommen wurden und 
namentlich solche Patienten, welche nicht im Stande waren, der 
Anstalt fur ihre VerpQegung zu zahlen. 

Nach dem Berufe und dem Bildungsgrade war der Bestand der 
Kranken in « Turva » wfihrend der ganzen Zeit des Bestehens dieser 
Anstalt ein sehr mannigfaltiger : es befanden sich dort Beamte, 
Studenten, Commis, Handwerker, Bauern u. s. w. 

Das Durchschnittsalter der Kranken war : in den Jahren 1889 und 
1890 zusammengenommen — 33 Jahre; im Jahre 1891 — 32 Jahre; 
in den Jahren 1892 und 1893 ebenfalls 32 Jahre; im Jahre 1£34 — 31, 



r. '*'•'.■. K ^'^^y<'\r-''^,y:-i;i-t-'!' 






CONTRB L*ÀBU8 DBS B018801I8 ÀLCOOLIQUB8 193 

im Jahre 1895 — 33,3, im Jahre 1896 — 36 und im Jahre 1897 — 
37,5 Jahre. 

Obgleich es in den Regeln der Anstalt heîsst, dass nur Mfinner im 
Alter von 21 bis 50 Jahren aurgenommen werden, so wurden doch 
Ausnahnuen zugelassen, indem einige Patienten jûnger als 21 Jahre 
und einige ftlter als 50 Jahre aufgenommen wurden. Von den ersteren 
war der jQngste Patient 19 und von den letzteren der filteste — 57 
Jahre ait. 

Sehen wir uns jetzt die von der in Rede stehenden Anstalt wfihrend 
der ganzen Zeit ihres Bestehens erzielten Resultate an. 

Um darûber nrtheilen zu kônnen, wie viele von den aus der Anstalt 
entlassenen Kranken wirklich zu einem dauernden Resultate gelangt 
sind, muss man die Kranken nach ihrem Austritt aus der Anstalt eine 
Iftngere Zeit, nicht weniger als ein Jahr, im Auge behalten; die 
Eriahrung hat gelehrt, dass Récidive gerade im ersten Jahre nach der 
Entlassung der Patienten aus der Anstalt am hfiuGgsten sind. Da aber 
die Beobachtung der Patienten ausserhalb der Anstalt aus begreiflichen 
Grûnden mit ffrossen Schwierîgkeiten verbunden ist, so ist ajuch eine 
voUkommen richtige Statistik unmoglich. FOr die Erlangung eines 
dauernden Résultâtes ist, abgesehen von den individuellen Eigen- 
thflmlichkeiten eines jeden Falles, die Dauer des Aufenthaltes des 
Kranken in der Anstalt von grôsster Bedeutung. Obgleich die Direc- 
tion von « Turva » von den in dièse Anstalt eintretenden Kranken 
eine Verpflichtung darQber verlangt, dass dieselben sich in der 
Anstalt ein ganzes Jahr aufhalten werden, so hat dennoch dièse 
Verpflichtung, wie .wir gesehen haben, keine juridische Bedeutung, 
und viele Patienten verlassen die Anstalt vor Ablauf der bestimmten 
Frist. Einige thaten solches wohl mit Genohmigung der Direction, 
faits wichtige Grûnde dazu vorlagen. So, z. B. gestattete die Direc- 
tion, wie aus dem Jahresberichte fur das Jahr lo91 ersichtlich, den- 
jenigen Patienten die Anstalt zu verlassen, welche sich bereits Qber 
10 Monate dort aufgehalten hatten, falls solches von wichtigen 
Umstftnden verlangt wurde. Bei der Ûebersiedelung der Anstalt aus 
Sommernâs nach Huvitus wurde es denjenigen Kranken gestattet, die 
Anstalt zu verlassen, welche in derselben langer als 6 Monate gewesen 
waren. Andere Kranke verliessen aber auch ohne Genehmigung der 
Direction die Anstalt und einige wurden aus derselben ausgeschlos- 
sen. Andererscits gab es aber auch Patienten, die sich in « Turva « 
Iftnger als 1 Jahr auf hielten. 

Jm Jahresberichte fur das Jahr 1890 wird eine Statistik Qber die in 
den Jahren 1889 und 1890 aus der Anstalt entlassenen Kranken 
angefûhrt, aus der man sieht, dass von denjenigen Patienten, welche 
die Anstalt nach Ablauf eines Jahres verlassen hatten, 9 Mann, oder 
50 */« absolut nOchtern geblieben waren; aus dem Berichte fur das 
Jahr 1891 sieht man, dai^s von den im genannten Jahre nach Ablauf der 



V 

\ 






194 



Vir CONGRES INTERNATIONAL 



bestimmten Frist aus dér Anstalt entlaasenen Kranken 14 Mann, oder 
70 ^/o absolut nûchtern gcblieben waren. — AUein dièse Statistik hat 
kelne Bedeutung, da cin viel su geringer Zeitràum zwîschen dem 
Austritte der betreffenden Kranken aus aer Anstalt und der Heraus- 
gabe der genannten Jahresberichte gelegen ist. 

Viel interessanter sind die in demselben Berichte fllr das Jahr 1891 
angefûhrten Daten flber die aus der Anstalt vor Beginn des Jahres 
1891 entlassenen Patienten, welche sich aui dièse Weise bereits Ober 
eii\ Jahr ausserhalb der Anstalt befunden hatten. Es erwies sich, dass 
von d.en 7 Kranken, welche sich in der Anstalt weniger als 1 Jahr 
aurgehaltpn hatten, blos 1 (14,26 Vo) absolut nûchtern geblieben war, 
wilhrend 4 Mann (57,14 */o) sich wieder dem Trunke ergeben hatlen, 
und ûbcr 2 M^nn keine Nachrichten vorhanden waren; von denen 
dagegen welche ej*st nach abgelaufener Jahresfrist die Anstalt verlas- 
sen hatten, waren 7 Mann (41 **/o) absolut nûchtern geblieben, 8 Mann 
(47 ^lo) waren wieder in ihr frûheres Uebel verfallen und ûber 2 Mann 
Tehlten die Nachrichten. 

Von noch grusserer Bedeutung ist aber die in dem am 1 Januar 1897 
herausgegebenen Jahresbericht angefûhrte Statistik, betreffend aile 
Patienten welche wâhrend der gansen vorhergegangenen Zeit des 
Bestehens der Anstalt, dieselbe verlassen hatten. oehen wir uns dièse 
Resultate on. 



Jiilire 



Getamml- 
lalil dvr au« 
dsr Anttall 
Kollasieaeii 



Absolut 

nuehtero 

geblicbon 



Tranken mAttig 



Wl«dtr !■ 
dl« Traokioebt 



Gfltlorbett 

tt. NMbriehUa 



1889 
1890 
1891 
1892 
1893 
1894 
1895 



3 
34 
27 
29 
15 
12 
11 



1 
3 
9 
4 
6 
7 
6 



[33.3 •/.) 
12.5 •/.) 
33.3 •/.) 
^13.7 •/. 
[40 V. 
58,5 •/. 
54.5 






8 (33.3 •/•) 
11 40.7 V.) 

9 (31.0 •/.) 
4 (26.6 •/.} 

1 ( 9.1 •/•) 



S (38.3 •/.) 

» (18.» V.l 

15 (51.7 •/.) 

i (13.8 •/.) 



8 

5 
S 
1 
8 
S 
1 



Die Angaben ûber die im Jahre 1896 aus der Anstalt entlassenen 
Kranken hlhre ich hier nicht an, weil sie ohne Bedeutung sind, da die 
Zeit von der Entlassung dieser Kfanken aus der Anstalt bis zur 
Herausgabe des Jahresberichtes viel zu kurz ist. Dagegen haben die 
Angaben ûber die in den Jahren 1889 — 1895 entlassenen Kranken 
einen grossen Werth — . keinen absoluten, natûrlich, da RûckfftUe 
auch nach mehrjâhriger Enthaltsamkeit vorgekommen sind. 

Indeni wir nun in Betracht ziehen, dass die Trunksucht eine der 
Behandlung im AUgemeinen schwer weichende Krankheit darstellt, 
mûssen wir zugebcn, dass die in der Trinkerheilanstalt « Turva » 
erzielten Resultate sehr zufriedenstellend sind und die Existenz 
derartigcr Anstalten voUkommen rëchtrertigen. 



COKTRB L*ÀBUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 195 

Dabei muss aber hcrvorgehoben werden, dass die Resultate noch 
besser und die Zahl der der schrecklichen Krankheit entrissenen Opfer 
noch grôsscr wUren, wenn die Lcitung der Anstalt in den HUnden 
cines erfahrenen Arztes ruhte. 

Das Vertheilen von verschiedenen Arbeiten unter den Alcoholikern 
in einer speciell fur dieselben eingerichteten Anstalt ist keine Icichte 
Sache : die Kranken mûssen streng individualisirt werdcn, und die 
einem iedem Patienten aufgegebene Arbeit muss seinem Gesundheits- 
zustande genan angepaast sein. Aus diesem Grunde wâre es gewiss 
besser, wenn die Bestimmung der Art der Beschftftigung eines jeden 
Kranken von einem Arzt abhinge. 

Ebenso ist einc ftrztliche AuTsicht Obcr die Bckostigung in cincr 
Trinkerheilanstalt von grôsster Wichtigkeit, da die Diftt in der 
Bchandiung der Trunksucht durchaus keine gcringc Rulle spielt. 

Ausserdem konnte es der eine Trinkerheilanstalt leitendc Arzt 
vielleicht mit der Anwendung der Strychnininjectionen versuchen, 
denen einige Autoren eine geradezu specifische Wirkung gegen den 
Alcoholismus zuschreiben, wflhrend andere dieselbe ganz m Abrede 
stellen. In den Trinkerheilanstalten zugleich mit der jetztin denselben 
ûblichen hygienisch-diaethetischen Méthode angcwandt, dûrfte sich 
die Strychninbehandlung vielleicht doch nûtzlicn erweiscn. Vielleicht 
wâren die durch solch eine combinirte Behandlung in den Trinker- 
heilanstalten erzielten Reaultat-e besser, als die bisherigen. Selbst- 
verstllndlich dOrfen aber die Strychnininjectionen nur von einem 
Arzte ausgefûhrt werden; aus diesem Grunde kann eben die 
Behandlung mit Strychnin in a Turva », wokein bestfindiger Arzt sich 
befindet, nicht zugelassen werden. 

Wie eine vieljfihrige Erfahrung lehrt, ffenesen von den Patienten 
der auslfindischen Trinkerheilanstalten im Durchschnitt 30-40 */o. 

Die ungleichen Verhftltnisse der Zahl der Genesenen zur Zahl der 
Bchandelten in verschiedenen Trinkerheilanstalten, so wie auch in 
cin und derselben Anstalt zu verschiedenen Zeiten hfingen unter 
Anderem auch von den verschiedenen individuellen Eigenthûmlich- 
keiten der betrefienden Kranken ab. So giebt es FftUe, wo Kranke, 
welche allem Anscheine nach die besten Hoffnungen auf Genesung 
machen, sich bald, ja zuweilen schon in den ersten Tagen nach ihrer 
Entlassung aus der Anstalt, wieder dem Trunke ergeben. Anderer-- 
seits soll man aber auch in anscheinend ganz verzweifelten Fftllen 

{'edc lloflfnung auf Genesung nicht aufgeben. So berichtet z. B. der 
lekannte englische Arzt, D' Norman Kerr ^, er habe selbst Fillle von 
Genesung solcher Individuen beobachtet, welche fOr absolut hoflfnungs- 
los und verloren galten, seine eigenen BemQhungen in dieser Ricii- 
tiing hflttcn ihn zur Ueberzeugung gebracht, dass kein einziger Fall 

t D' Norman Kerr. Di« Trunksttchi, ihre Urtachen, B«h«ndlung und juridischa Bedeu- 
luag. Rutsische U«b«rieUung, von K. N. Kowalewtky und M. E. Lion. 1S89, p. 261. 



■1 






196 VII* CONGRBB INTBRNÀTIOIIAL 

aU absolut hoflfnunffslos und der Behandlung nicht mehr xugftnglich 
angesehen Werden aûrfe — er verliere desweffen nie die Hoffoungauf 
die Herstellung eines Kranken, môgen dessen Nerven noch so xerrQttet 
und dessen Entschluss noch so schwach sein. 



Annexe S"* 2 



L'hOpital pour les alcooliques 

DU DOCTEUR ALEXANDRE KOROWIN, A MOSCOU 

L*h&pital pour les alcooliques, construit et entretenu par le docteur 
Alexandre Korowin, a été inauguré le 30 avril 1898. L'hôpital 
se trouve à six lieues de Moscou, de la barrière Iwerskoî à la 
chaussée de St-Pétersbourg et à une lieue et demie du village de tous 
les Saints, dans une admirable contrée campagnarde des environs de 
Moscou. L'emplacement est élevé, aéré et sec et autour se trouvent des 
forêts de sapins. Le milieu de la propriété est occupé par une forêt 
de sapins ; au premier plan, se trouve un jardin anj^lais embrassant 
trois dessiatines (dessiat» 2,400 sagènes carrés). Derrière la forêt, un 
pré, un étang et une autre forêt de sapins, • 

L*h&pital a deux étages et un étage au-deaaous du sol, il est cons- 
truit en pierres. Le rez-de-chaussée est occupé par le logement du 
directeur, pour mieux contrôler les malades et pour que la vie dans 
Thôpital ait un caractère de famille. Au rez-de-chauttée se trouve aussi 
une salle à manger générale et les repas sont partagés par le direc- 
teur et sa famille. 

Le salon et la chambre de compagnie sont ouverts a tour de rôle 
aux malades ; il existe également pour l'été une grande terrasse a demi 
vitrée en cas de pluie ou de vent. Au rez-de*chaus8ée se trouve la 
salle d'hydrothérapie dont les murs sont en marbre italien et le plancher 
en mosaïque ; sous le plancher se trouvent des tubes pour l'air chaud, 
afin de tenir le plancher toujours tiède. 

Les fenêtres sont eu verre « gelé » laissant passer parfaitement la 
lumière mais ne permettant pas de distinguer 1 intérieur. 

Le chauffage de cette salle est double (à l'eau et à la vapeur) pour 
élever la température a un degré voulu, selon que l'exige la sensibilité 
des alcooliques au froid. On y trouve un « appareil pour mélanger 
l'eau » dont la pression est obtenue « par un puits américain double » 
mis en mouvement par une machine a vapeur. De cette manière on 
atteint une pression de 5-6 atmosphères. Douche circulaire, appareil 
pour les douches a en étant assis » de Piété, appareil pour les pieds ; 









CONTRE L*ÀBU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 197 

deux douches « pluies » et deux bainv, appareils anglais en fer émaillé. 
Les machines électriques médicales se trouvent dans le cabinet 
du docteur. 

Le premier étage est occupé par dix appartements, partagés par un 
corridor large ; deux grands appartements, cinq moins grands et trois 
petits. Chaque appartement est destiné k un seul malade. Les meubles 
de chaque appartement consistent en : un lit, façon anglaise, garde- 
robe, bureau avec tout le nécessaire pour écrire, canapé, fauteuils 
mous, tshaises de Vienne, miroir, tapis, etc., etc. Au-dessus de chaque 
lit il y a une sonnette électrique. A un bout du corridor se trouve une 
salle de gymnastique avec des. appareils pour la gymnastique médi- 
cale. Ensuite la bibliothèque, contenant une armoire avec tles livres, 
une armoire avec des appareils photographiques, au milieu de la 
chambre, une grande table ronde, au-dessus de laquelle est suspendu 
un lustre électrique. L*hApital reçoit dix-huit journaux et trois gazettes. 

A côté de la bibliothèque se trouve le laboratoire et enfin une 
chambre d*isolement, avec des murs mous et une fenêtre a vitres de 
navire. 

A l'étage au-dessous du sol se trouve une blanchisserie si vapeur 
pour sécher les draps d*après les procédés hydropatiques ; un chau- 
dron de chauffage h Teau ; et un chaudron à part pour la ventilation et 
afin d*humecter Tair. Le chauffage à l'eau est a pression basse. La 
ventilation est séparée du chauffage, ce oui permet de changer la tem- 

fiérature et Thumidité de Tair ii volonté dans tous les appartements de 
'hôpital. Gruce a la ventilation on peut changer doublement Tair 
dans toutes les chambres, de sorte qu'un petit appartement donne 
12 sagènes cubes par heure ; un plus grand appartement 16 sagènes 
cubes; un grand appartement 24 sagènes cuoes d'air à l'heure. 
L'humidité est comptée jusqu'à 60*/o en rapport avec la température de 
15*, 16* K'*. — L'éclairage de la maison principale et de tous les services 
est électrique. L'énerffie est donnée par une station électrique action- 
née par une machine a vapeur de 14 chevaux. 

En cas d'incendie, on dispose de trois robinets qui jettent 250 seaux 
(vedro) d'eau par minute. Ces robinets sont alimentés par deux réser- 
voirs placés au grenier. La cheminée de ventilation est couronnée par 
un paratonnerre. Les rapports avec Moscou sont faciles parce qu'il y 
a un téléphone. 

A la distance de sept sagènes de l'hôpital, se trouve (dans l'aligne- 
ment de la façade) une maison en bois de sapin à deux étages. Au rez- 
de-chaussée, servicesi hôpital pour les maladies contagieuses, si quel- 
qu'un tombe malade. Au premier étage, logement pour l'aide-médecin 
assistant, une chambre vide pour tous cas, garde-manger et un atelier 
contenant des instruments de menuiserie, religre, etc., etc. 

Dans un but sanitaire, les retiras, les cloaques et les égouts sont 
cimentés. L'eau est pompée dans deux puits. L'eau est d'un goût 
excellenti claire et limpide- sans arrière goût, grâce au sol sablonneux. 

T. n U 









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198 vil» 



VI r CONGRES INTBRNATIOlfÀL 



La vie intérieure de Vhémtal a été réglée par T-Etat» le 27 mars 1896. 
Voici les paragraphes relatifs a l'activité spéciale de rétablissement. 

S 10. — L*hôpîtal reçoit les malades souffrant de Talcoolisme, de 
toutes les classes — hommes seulement — et ii condition* qu*on puisse 
espérer une cure Favorable ou une amélioration. 

Excep, — L*hôpltal ne reçoit ni aliénés, ni idiots, ni malades souf- 
frant du délire alcoolique. 

S 12. — Pour entrer à Thôpital, chaque malade doit présenter une 
demande formelle indiquant sa volonté a'entrer il Thôpital. 

\ 16, — Les objets que le malade prend avec lui en entrant à 
rhôpital sont contrôlés; les effets précieux et Targent doivent être 
remis au directeur qui les garde et les inscrit sur un livre spécial et 
en remet un reçu au propriétaire. 

Excep, — Le directeur a le droit de donner aux malades de l'argent 
de poche pour les dépenses personnelles et chaque fois le malade 
signe sur un livre spécial, 

% 18» — Les mesures de traitement et d'entretien ainsi que la ma- 
nière de soigner les malades dépendent du directeur d'accord avec 
les règles de la science. 

S 19, — En cas de départ de l'hApitai avant le terme de la cure, 
l'argent payé deux mois d'avance, n'est pas rendu au malade. 

S 20, — Deux semaines avant la fin du terme de la cure, le malade 
doit annoncer au directeur s'il veut ou non restep-à l'hôpital après la 
fin du terme. 

S 22, — Les parents et les amis du malade peuvent le visiter, cha- 
que fois avec la permission du directeur, a des. heures et des jours 
fixés. Ces visites sont permises au maximum une fois en quatre se» 
maines ; le premier mois de la cure, les visites ne sont point admises. 
Les visites des malades, dont le cas est grave (alcoolisme chronique, 
delirium tremens) sont admises une fois en sept jours, chaque fois avec 
la permission du directeur et à des jours fixes. 

Excep. -^ Le directeur a le droit d'admettre les visites plus souvent 
dans des cas exceptionnels. 

S 26, — Les malades n'ont pas le droit de s'absenter de Thôpital 
sans permission écrite du directeur ou de son remplaçant, ni de fré- 
quenter les endroits où l'on vend des liqueurs spiritueuses. En 
rentrant à l'hôpital^ le malade rend au directeur la permission écrite. 

Excep. — Le directeur seul peut permettre au malade de s'absenter 
de l'hôpital en compagnie de quelque surveillant ou sans surveillant. 

§ 27. — Les lettres reçues par le malade sont ouvertes en présence 
du directeur, afin d'éviter les envois d'argent d'une manière quel- 
conque. 



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Annexe P 3 



Remarques sur le traitement de Talcoolisme 

PAR DÀNIBL R. BROWBRy A. M., M. D., LL. D. 



Profestaur d« Maladies menlalat, da Malaria Madica al da Tkérapanliana au Collèga da 
Médacina da Roth, affilié à rUnivarailé da Cbicaga ; Profaiiaur de Maladtet nerTeuses 
à l'Ecole de Médecine des Fammei à la Norlliwestern Uaiversily, Chicago ; Diplômé da 
la Société da Névrolgie el des Sciences mentales, Moscou, etc. 

Les recherches pharmacologiques les plus parfaites qui ont été faites 
sur Talcool ethyhque dans les dernières années, Tout placé a côté 









COXTRB l'abus DBt BOISSONS ALCOOLIQUBS 199 

$ 38 — Il est défendu aux visiteurs de remettre aux malades de Tar- ^^§ 

gent ou autres objets; tout doit être remis au directeur ou à son . V 

remplaçant. ^ • . ^ 

S 29. — Le directeur a le droit i^ chaque heure du joèr ou de la 
nuit de visiter les meubles placés, dans les appartements des malades, 
afin d'en éloigner les objets qui empêchent la cure régulière. 

i 33. — L*hApital est soumis ii la surveillance du Chef de la Police 
de Moscou, si InApital se trouve en ville et du Gouverneur de Moscou, 
s*il se trouve dans les environs de la ville ; en même temps Thôpital 
est soumis à l'administration médicale. 

Prix dé Tentretien complet : 125 — 275 roubles par mois\ Le temps 
a ThApital se passe en traitement, en travail physique selon les aptitu- 
des il l'atelier, au jardin, au potager, dans les champs et dans la i'orét. 
Les malades s'occupent de lecture, de photographie; jouent du piano, 
chantent. Ils ont des distractions telles que exercices de vélocipèdes, 
patins, croquet, lawn-tenis, pas de géants, jeu à la balle, etc., occu- 
pations intellectuelles ; on organise aussi des promenades aux environs. 

Le directeur-médecin et sa famille sont des abstinents convaincus et 
sont constamment avec les malades ; ils partagent avec les malades le 
travail et les distractions. La vie il l'hôpital est soumise à une disci- 
line rigoureuse parce que les alcooliques souffrent surtout d'une fai- 
lesse des centres volontaires. Le traitement consiste: en médications 
diverses, hydrothérapie, électricité, travail physique, gymnastique, 
traitement physique, diète, régime etc. La base de la cure consiste 
dans son individualisation rigoureuse. La cure dure de 6 à 12 mois pour 
les alcooliques chroniques et de 12 à 18 mois pour les ivrognes 
périodiques. 

Le problème que l'hôpital tAche de résoudre est de faire naître ' 
l'alcoolique k une vie tout k fait abstinente et de lui donner les forces 
de résister aux séductions de l'alcool quand il reprendra sa vie habi- 
tuelle. 



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200 VII* CONGRES INTBIillÀTIOlfÀL 

du chloroforme et 'de l'éther, et Tont déplacé de son voisinage 
comme un stimulant avec la strychnine et la digitale* De ce fait 
capital il faut se souvenir lorsqu'on traite ses effets toxiques. Au 
point de vue thérapeutique on peut distinguer trois formes d*alcoolisme. 

1® I/intoxication alcoolique aigué ;'2* le délire alcoolique aigu ou la 
manie alcoolique et, 3* l'alcoolisme chronique. Tous ces types d'em- 
poisonnement exigent également, pour leur traitement heureux» la 
soustraction imméaiate de l'alcool. 

Dans mes premières expériences sur l'alcoolisme, il y a trente ans, 
je soustrayais l'alcool, peu ii peu, sous l'impression qu'il était un stimu* 
lant, et que par suite la suppression brusque était un danger; mais 
plus tard, une plus vaste expérience clinique m'a convaincu de re- 
noncer il ce procédé. Etant a la fois un anesthésique et un poison, il 
est au contraire dangereux de l'imposer à un organisme déjà saturé. 

Intoxication alcoolii/ue aiguë. Ches les sujets robustes, les résul- 
tats les plus rapides soqt obtenus en les mettant au lit et en leur admi- 
nistrant une injection de chlorhydrate d'apomorphine, grains 1/10 k 
1/5 (0,006 — 0.012); après le vomitif le malade dort, ordinairement, 
sans plus de médication, et se réveille sobre mais faible. Alors je 
donne : 



. ■ 



tinctura capsici 0.33 

tinctura nucjs vomicse 0.33 

tinctura cinchonte composita. 4.00 

toutes les trois ou quatre heures, avec du koumiss, du lait, du Jus de 
viande ou des œufs crus ad libitum. L'intestin doit être évacué le plus 

I»romptement possible, et à cet effet, je donne ordinairement du ca- 
omel suivi d un laxatif salin. Si le malade est trop faible pour 
prendre le vomitif, je donne de l'acétate d'ammoniaque toutes les deux 
neures ; grâce à ce traitement, les effets aigus de l'alcool dispa- 
raissent promptement. 

Pour 1 insomnie qui accompagne l'alcoolisme aigu, je prescris : 

Bromure de sodium 1 .00 

Hydrate de chloral 1 . 00 

Teinture de jusquiame i .00 

Délire alcooliaue aigu ou manie alcoolique aiguë. Quoiqu'ils 
diffèrent l'un de l'autre quant au diagnostic, ils se ressemblent concer- 
nant la thérapeutique. Il faut mettre le malade au lit, dans une 
chambre tranquille et obscure et soigneusement surveillée par des gens 
sérieux. Si Ton n'a pas à sa disposition des gens compétents, le 
malade doit être attaché sur le lit avec une courroie. Les indications 
pour le traitement sont d'amener le sommeil aussitôt que possible, 






CONTRE l'abus 0B$ BOISSONS ALCOOLIQUES 201 

et de soutenir la vigueur du corps. On peut amener le sommeil par la 
formule citée plus haut, ou par une combinaison de chloralamide 
avec de Thyoscine. Chez les gens âgés et les infirmes, le bromure 
d*ammonium et Tacétate d'ammoniaque produiront souvent le sommeil. 
Ces hypnotiques doivent être accompagnés de compresses mouillées ; 
les forces doivent être soutenues par une alimentation forcée : 
peptones, lait malté, du lait peptique, somatose, koumiss, etc., 
ajoutez du sulfate de strychnine. Je ne vois aucun avantage à 
faire usage de Tinjection hypodermique de strychnine, excepté en 
cas d'urgence car tous ces efiets constitutionnels peuvent être obtenus 
par l'administration per os. 

Après que l'excitatiop a disparu il faut que le traitement ait 
le même caractère tonique que celui employé après l'intoxication 
aiguë. 

ValcooUême chronique. Le traitement de l'empoisonnement alcooli- 
que chronique ne peut pas réussir sans isoler le malade. Si 
ce n'est de bon gré, il faut user de la force. Et pour le moins 
une année de traitement dans ces conditions est le minimum auquel 
on puisse songer. Si ce Congrès international peut amener des mesu- 
res législatives qui rendront possible l'emprisonnement forcé des 
ivrognes dans les divers pays, comme c'est maintenant le cas dans le 
canton de Saint-Gall, en Suisse, et en Amérique, dans l'Etat de New- 
Yovk, limitant le terme d'emprisonnement ii un an avec le pouvoir de 
l'étendre selon les conditions physiques et mentales du malade, le 
traitement de l'alcoolisme chroniqne sera bientôt efficace. Il doit 
consister en altérants doux ainsi qu'en toniques. Les change- 
ments histologiques qui ont affecté le neurone, les cellules, les den- 
drites et le nevraxe ont besoin de l'action prolongée de ces deux 
agents thérapeutiques. Comme altérant^ je prélïre spécialement le 
cnlorure d'or et de sodiuih. Une étude plus minutieuse de cette drogue 
négligée me pousse à conclure comme Neimeyer quant a sa valeur 
altérante dans les cas où le système nerveux est lésé. On doit le 
donner avant les repas, et veiller aux incompatibilités médicamenteuses. 
Comme toniques, la noix vomique, le quinquina et le fer sont les plus 
précieux. Le massage, l'électricité et le bain turc sont tous des agents 
importants, combinant, comme ils le font, des propriétés h la fois 
altérantes et toniques. Pour l'insomnie je prescris : hyoscine, trional 
et chloralamide, seuls ou combinés, ce sont les meilleures drogues. 
Les organes digestifs, ordinairement fort affaiblis, demandent beaucoup 
de soin. Le lavage» de Testomac est généralement nécessaire, on 
donne des aliments faciles à différer ou même des aliments prédigérés 
aussi abondamment que possible. 

L'élimination par l'intestin, la peau et les reins demanderont 
ordinairement votre attention. L'auto-intoxication est un facteur 
actif dans bien des cas et des lavements, des laxatifs doux, des 






.V'. 



Te/H-^ 






202 



VII* GONCnàs INTBnKATIONÀL 



iurétiques et des dîaphorétîques sont généralement indiqués. Pen- 
dant cette retraite prolongée une occupation continuelle e$t utile, 



di 

dant cette retraite prolongée une occupât! 

et des amusements raisonnables doivent être fournis aux malades. 



Annexe n"" 4 



Die VTerthschaBtzung des Alkohols als Heilxnittel 

In Deutschland 

« 
DR. KANTOROWlCZy UANNOVBR 

Die Brown*sche Lehre von den sthenischen und asthenischen 
Krankheiten batte ebenso wie in anderen Lfindern auch in Deutschland 
Ende des vorigen und Anfanff dièses Jahrhunderts viele Anhânger 
gefunden, da sie einerseits dem Gebrauch geiatiffer Getrftnke ein 
allerdings etwas fadenscheiniges wissenscnaftlicnea Mfintelchen 
umhing, andererseits einem angenehmen Yorur,theil sowohi der 
Aerzte, wie ganz besonders des Publikums (br « atftrkende » Getrftnke 
rreundlich entgegenkam. Aber erst in der zweiten Hftlfte unserea 
Jahrhunderts ging die physiologische Forschung daran, die Wirkun- 
gcn des A. auf den gesunden und kranken Menschen nfther zu 
untersuchen, und zwar war es Binz, Prof, der Pharmakologie in 
Bonn, dem dns Verdienst gebQhrt, im Jahre 1869 zuerst experimen* 
telle Studien flber diesen Gegenstand anzùstellen. Nachdem hiermit 
der erste Anfang gemacht war, wurde in den folgenden Jahren 
sowohi von seinen Scholern, wie auch in anderen lilinischen und 
physiologischcn Labortitorien eifrig gearbeitet. Besonders bemQhte 
man sich, durch sehr schwierige Untersuchungen den Einflusa des A. 
auT den StolTweehsel festzustellen. So konnte nun Binz ira Jahre 
1888 auf dem 7. Congress fOr innere Medicin in Wiesbaden als 
Réfèrent ûber den « A. ala Heilmittel » folgendes Résultat angeben : 

Der A. ist ein Exciiaru, (dr/ferz und Aihmung in kleinen Gaben, 
die auch anregend auf die Verdauung wirken. Er wird vdllig im 
Organismiîs zu Kohlensfiure und Wasser verbrannt, ist also ein respi- 
ratorisches NahrnngêmiUel und leistet im Allgemeinem dasselbe wie 
Oel oder Zucker. Er schQtzt vor allem Eiweiss vor deîn Zerfall, denn 
die Endprodukte des Eiweissstoflwechsets (HarnatoflTy Phosphorsfture) 
sinken, wenn mflssige Mengen A. aufgenommen werden ; dadurch 
wird das Eiweiss des Kôrpers gespart. A. ist alto ein SparmiUeL 
Schliessiich erhoht er nicht, wie frûber .angenommen wurde» die 
Kôrpertemperatur, sondern erniedrigt sie in krftftigen GabeUt ' ist 
also ein Anlipyreticnm, Der A. ist eine Wohlthat lOr den kranken 
Menschen, erkiftrt Binz zum Schluss. Ihm secundirte als Correferent 















CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 203 

• 

Prof, von Jaksch (Graz), ind«in er die Frage mehr vom klinischen 
Standpunkte aus beleuchtete. Auch er hat durch Versuche an Kindern 
in seiner Klinik eineii excitirenden Einfluss des A. auf Herz und Puis 
feststellen kônnen. Aber dièse Excitation ist nur erwflnscht bei 
bestimmten Krankheitsfilllen, die mit den schweren Symptomen des 
HerzcoUapses auftreteny ebenso bei schweren Blulungen. Auch erkUrt 
den A. fOr ein Nahrungtmittel, weil er im Orgahismus verbrannt 
wird und so lebendige Kraft liefert. Ausserdem berichtet er Qber eine 
Reihe eigner Untersuchungen an akut und chronischkranken Kindern, 
bei denen sich wflhrend des Alkoholgenusses immer eine Abnahme 
des Harnstoffs und anderer Harnbestandtheile ergab, wodurch sich 
der AIkohol als Sparmittel qualiScirte. Deshalb empfiehlt ,sich seine 
Darreichung bei Krankheiten, die mit Consumption der Krftfte 
verbunden sind, z. B. der Diphtherie^ dem Typhus, bei septischen 
Processen, bei der Lungenschwindsucht. Als Antipyreticum verdient 
der AIkohol am Krankénbette keine Verwendunff. In kleinen Dosen 
regt der A. die Magensaftsecretion an und ist deshalb bei febrilen 
Dyspepsien, bei Beconvalescenz nach acuten Krankheiten und bei 
anflmischen Zustftnden zu verwenden. Unter Umstfinden ruft der A., 
besonders das Bier, Beruhiffung und Schlaf hervor, ist alao bei 
Neurasthénie und nervôser Schiaflosigkeit angezeigt. Contraindica- 
tionen sind : Aile acuten und chronischen Erkrankunffen des Gehirns, 
des ROokenmarks und seinen Htate, atheromatôse Processe an den 
Arterien, Nierenaffectionen und ausgébreitete ulcerôse Processe im 
Darm. Jaksch schliesst mit den Worten: « Der Weingeist zur richtigen 
Zeit, am richtigen Ort, in richtiffer Form verabreicht, ist ein Heilmittel 
von hohem, ia unersetzlichem Werthe. » 

Diesem Loolied auf den A. widersprachen schon damais bedeutende 
Kliniker (Erb, Nothoagel, Lôwenthal u. a.)» indem sie auf die von 
den Referenten eanz vernachUssigten secundftren Wirkungen des A. 
aufmerksam machten und besonders vor den unausbleiblichen Fol^en 
des Unger fortgesetzten A.*Gebrauchs warnten. Als aber im Janre 
1896, auf dem 14. Congress iflr innere Medicin zu Wiesbaden, Binz 
als Réfèrent Ober den « Werth der Arzneilichen Antipyretica » auch 
den AIkohol in grossen Dosen als bedeutendes fieberwidriges Mittél 
hervorhob und besonders auf die « Krflftigung » des Herzens und die 
antiseptische Kraft des A. aufmerksan machte, widersprach ihm 
Jaksch selbst auf das Entschiedenste und erk Iflrte, nur als Herzstflr- 
kemittel batte der A. eine Berechtigung, und wenn er antipyretisch 
wirke, so sei er doch kein Antipyreticum wie Chinin oder Antipyrin ; 
jedes heftige Gift setze die Temperatur herunter und A. sei ein sehr 
gefflhriiches Mittel. Dennoch erklftrt er ihn fOr eines der besten 
Mittel, nur sei Yorsicht geboten und mit den Dosen nicht allzusehr 
zu steigen. 

Es ist selbsversUndlich nicht môglich, an diesem Ort nflher auf die 
einzelnen « segensreichen » Eigenschaf^en, welche die Freunde der 



1 









'( 



204 vil* CONGnB$ IKTBBMÀTIOIIAI. * 

A. -Thérapie fur ihren Schûtzlin^ in Anspruch nebmeo» einxugehen, 
doch sei es gestattet, darauf auimerksain zu machen, dass von den 
Anhangcrn des A/s die secundfiren Wirkungen, die ffewôhnlich dau- 
ernder sind, als die schnell vorûbergehenden, aber mehr in die Aueen 
l'allenden priinaren Erscheinungen, und die fur den kranken Menachen 
nichts weniger ais gleichgûltig sind, volUtftndig ûbersehen werden. 
So muss 7.. B. zugegeben werden, das» der A. antipyretisch wirken 
kann, aber erst in Dosen, die fQr den Organiamua vonliôchster Gefahr 
sind. Auch dass der A. auf das Herz und die Athmung einen exciti- 
rendcn Einfluss bat, kann zugegeben werden» doch ist dièse Wirkung 
nur kurz dauernd und gewôhnlich durch dié darauf folgende Dépres- 
sion wieder vullig aut'gchoben. Auaserdem itt eine « Erregiing n 
kefneswegs eine « Stilrkunff » oder « Krâftigung », aondern nur eme 
vorflbergehend crhohte Arbeitsleistung des Herzens, die» wenn aie 
langere Zeit fortgesetzt wird, durch Erschôprung des Kôrpermateriala 
direkt Icbensgciâhrlich wird. Wenn aber auch zugegeben werden 
rouss, dass der A. bei vorQbergehenden Anlïllen von Herzschwftche 
in acuten Krankheiten nûtzlich wirken kann, so iat er auch hierbei 
nicht uncntbehrlich oder gar unersetzlich, sondern kann recht gui 
durch andere, unsch&dliche Mittel (Kafe, Thee, Aéiher u. a. w.) in 
vielen Fftilen ersetzt werden. Wenn auch der A., in kleinen Dosen 
ausnahmsweise genommen, die Magensaftsecretion anregen kann, 
so lolgt daraus noch nicht, dass er, regelmftssiff und dann auch in 
immcr gru&seren Mengen genommen, die verdauungsthStigkeii 
hebt. Auch als Schlafmittel birgt er mehr Gefahren als Nutzen in 
sich, da er gerude die Neurastheniker, denen er mit Vorliebe 
emprohien wird, zu rcgelmfissigen Genusa und damit zum Alkoholis- 
mus vcrleitet. 

Eine der sonderbarsten Blûthen theorctisirender Laboratoriums- 
versuche ist die Ansicht, dass A., seinem Calorienwerth entsprechend, 
ein Spar-und Niihrmittel (oder vielmehr ein Nfthrstoff) ist. In dieser 
Frage bat nicht nur der Chemiker seine Définition dessen, was ein 
Nahrungsmittcl ist, abzugeben, sondern auch der Phyaiologe bat zu 
erklUren, dass es zu den wesentlichsten Kriterien einet Nabrungsmit- 
tels gehurt, dass es lange Zeit ohne, Schadengenoasen werden kann 
und zum Lcben nothwendig ist Beides wird auch der begeistertste 
Alkoholfreund vom A. nicht behaupten k6nnen. Ferner stehen die 
Resultate der Versuche, welche beweisen sollen, dass der A. die 
HarnstoRausscheidung herabsetzt, durchaua nicht ao feit, wie die 
Freunde der A. -Thérapie behaupten, So theilte z. B. Jaksch auf 
dem Congress 1888 12 Tabellen mit Harnstoffbestimmungenv mit, von 
denen nur 3 ein zweifelloses Sinken des Harnstoffs unter A.*Wirkung 
zcigen, wUhrend die Qbrigen ganz bedeutende Schwankungen, einige 
sogar als sccundâre Wirkung sehr starke Steigerung der Harnstou* 
ausscheidung cinen bis zwei Tage nach der A.-Darreichung aufweisen. 
Ausscrdein hat der Japaner Miura in sehr sorgfllltig angestellten 



« • • . • « ■ 

•• • 



CONTRI L*ABOt OU MIMOIIt ALCOOLIQUBt 205 

Unieriuchuugeo keinerlei wirkliche EiweUtertparnitt fetUtellen 
kunnen. 

Einen betonders unheilvollen EinOutt auf die Antchauungen der 
Acrzte ûbor den Werth des A. aU Heilmittel batte Runge, Prof, der 
Gynifkologie in Gôuingen, darcb tetne Schrift Qber die Behandlung 
der puerperalen Sept», die im Jahre 1886 erachien, und in der er, 
ebenao wie in einiffen anderen Publicationen, beweiaen woUte, data 
die tchwertten FllTe von Puerperalfieber durch A. und Bider geheilt 
werden kônnen. Er empfiehlt ganx coUoaaale Doten, s. B. gab er in 
12 Tacren 12 Flaachen tchweren Wein und 2 Liter Cognac. Sobald 
man aoer teine autfûbrlich ge^childerten Fille niher prûft, findet 
man, datt nicbt der A.» tondern die nebenher angewendeten Bider 
das von ihm gerûhmte glûckliche Retultat veranlattt haben. 

In den letzten Jahren baben nun endlich bedeutende Autorititen 
begonnen» ihre Stimme gegen 4^n ûbermittigeir A.*Gebrauch bei 
acuten und chronitchen iCrankheiten, wie er allmihlig Sitte oder 
vielmehr Untitte geworden itt, lu erheben. Se bat der bedeutendtte 
deuttche Kliniker« L#eydeny auf dem iniernationalen Congrett in 
Moskau im Jahre 1897 ver dem A. in der Behandlung der Phthite 
gewarnt. Er erkennt ihn weder ait - inneret Antitepticum noch 
ait Nahrmittel an, nur ait Excitaut (Ùr die muth-und hoflnungtloten 
Kranken oder ait Anregungtmittel tùr den Appétit will er ihn 
angewendet witten, winrend er ihn bei Ditpotition su Hlmoptoe 
ttrenff verwirfi. Andene Kliniker warnen vor dem Gebrauch det 
A. beiDiphlherie, Typhut und anderen Krankheiten, beidenen er noch 
vor wenigen Jahren, wie gexeigl, dringend empfohlen wurde. Alt ein 
wichtiget Glied in der Phalanx der Klmpfer gegen den A. erweitt tich 
der im J. 1896 nach dem Vorbild der Englitchen Britith Médical 
Tempérance Attociation gegrQndete Verein abttinenter Aerxte det 
deuttchen Sprachgebiett, der xwar noch klein itt, aber jede Gelé* 
genheit benutst, um su einer Ditcuttion Qber die Wirkung und den 
Werth det A. ait Heilmittel anxuregenund dadurch die Aufmerktamkeit 
der Aerzte, welche im Allgemeinen den A. noch in viel su hohem 
Matte anwenden, aufdieten hochwichtigen Gegenttand lu lenken. 

Annexe N"" 5 



Do raloooliamo thteapeutiquo 

rAa LE o' couaciY, o*ivaY (timB) 

Le tempt nVtt plut où Ton entendait dire: « c*ett un excellent 
médecin, mait appelex«le le matin, car le toir il a let deux piedt dant 
les vigne» du Seigneur ! » -^ Le médecin qui tacrifiait à Bacchut était 




. •,/,"!• 



206 vil* COKGIIBt IITTBBlf ATIONAL . 

f)rivilégié. C*était peut-être une agréable façon de ne pas être dérangé 
e soir, mais aujourd'hui tout est changé : le médecin ne boit plus... 
que de l'eau ! . 

Entraîné, engagé dans la lutte contre ralcooKameL, sentant peser 
sur lui le poids aune responsabilité morale considérable, le mé- 
decin prêche d'exemple ; il est d'une sobriété remarquable à la maison, 
chez ses amis et dans les banquets. 

Les restaurateurs avouent que les banquets de médecins leur sont 
plus avantageux que d'autres, car on y boit peu. 

II y 4 vingt ans, le médecin rougissait en refusant le verre de vin 
que le client — marchand de vin ou bourgeois ^ lui offrait ; il crai- 
gnait le quen dira»i'On ; son amour-propre se révoltait à la pensée 
qu'il pouvait passer pour un petit tempérament ou pour un poseur. 

Aujourd'hui, il rougit en acceptaot, et s'il n'accepte pas, il faut po|ir 
s'excuser, qu'il y aille de sa petite conférence antialcooliqiie. Que ces' 
conférences isolées, répétées, ressassées, sont plus profitables que les 
conférences publiques ! Rien de tel, d'ailleurs, que Texemple donné 
par des hommes aussi haut placés, aussi autorisés et aussi compé- 
tents que les médecins. 

Comme on Ta déjà dit, c*est par la femme, par la mère de famille, 
que l'alcoolisme sera combattu avec le plus de succès, mais qui fera 
1 éducation de la femme, sinon, le médecin ? 

Le médecin est naturellement désigné pour occuper le premier rang 
dans cette lutte incessante et sans merci. 

Et combien d'occasions lui sont offertes — dont il ne laissera échap- 
per aucune — pour exercer son action si bienfaisante ! 

C'est auprès de son malade, auprès de la mère de famille, en tra- 
versant l'assommoir, la taverne ou le café, dans Técole, auprès des 
membres des sociétés de secours mutuels, dans les consultations du 
bureau de bienfaisance, etc., qu'il trouvera l'emploi de ses moyens 
de lutte et de propagande. Il signalera le danger a Tindividu engagé 
dans une voie funeste — b la femme dont le ménage souffre, sans 
qu'elle s'en doute souvent, du vice alcoolique, — '- aux pouvoirs publics 
qui restent inertes devant les ravages causés par ce néan, et laissent 
la presse et la réclame * aggraver le mal et rendre stériles les efforts 
des hygiénistes. 

Et tout d'abord il proscrira l'alcool de la thérapeutique où vérita- 
blement il mérite si peu de place après en avoir occupé longtemps 
une si grande. — La potion de Tbod, les formules alcoolisées, la 
limonade vineuse, les grogs, ne seront administrés qu*avec une extrême 
réserve et dans les seuls cas où l'action excitante de cet agent doit 
être utilisée. 

Il veillera surtout a ce que les enfants n'y goûtent jamais. 

1 Voir Concoure Médicml, da SO jailUt ISM, notM ariicU : « Contribution à Tétudo 
do la réproiiion do roleooUtào. » 






CONTBB l'abus OBt^ BOMBONS ALCOOLIQUBt 207 

Il déclarera la guerre aux inoonibrablet vins et élixirs médicamen- 
teux quels qu'ils soient, s'évertuant à convaincre le malade que le mé- 
dicament actif perd une partie de ses propriétés lorsqu'il est contenu 
dans le vin qui est nuisible par lui-même, tandis qu il les conserve 
mieux et agit beaucoup plus sûrement lorsqu'il est administré sous 
une autre forme . 

Il mettra en garde contre les liqueurs dont on abuse tant. Il expli* 
quera les nuisances de l'eau de mélisse des Carmes et autres Bénédic- 
tines ou Trappistines, de l'alcool de menthe, de l'alcool de vulnéraire, 
de l'eau d'arquebusade, de toutes ces préparations alcooliques ti 
aeréables au goût, que l'on se trouve mal ou que l'on tombe en fai- 
blesse exprès pour avoir l'occasion d'en prendre. v 

Des blessés, des femmes nerveuses, aes enfants, ont de véritables 
crises d'alcoolisme aigu, a la suite de l'ingestion de doses massives de 
vulnéraire qu'on leur a données pour les soutenir !- 

Une question difficile à résoudre, celle où le médecin rencontre le 
plus de résistance; est la question du çin de quinquina Awas les sociétés 
et les bureaux de bienfaisance. 

Nous pensons qu'il y a lieu de le proscrire d'autant plus que les vins 
tournis sont la plupart du temps de qualité inférieure, et qu'au bout 
de quelques jours, les bouteilles en vidange ne contiennent plus qu'un 
liquide noirâtre, trouble, imbuvable, et recouvert de mycodermea. 

Mais, dira-t-on, ce sont des pauvres a qui vous le donnes et chez 
lesquels ce ne peut devenir un abus puisoii'ils le prennent à petites 
doses. — Erreur! ils prennent souvent dunei traite leur chopine de 
vin de quinquina, et puis cela leur donne le goût du vin, c'est-à*dire 
d'un produit nuisible. 

Ne vaut-il pas mieux remplacer le vin de quinquina par une autre 
préparation tonique, et profiter de la circonstance pour démontrer ii 
l'intéressé les avantages de l'un et les inconvénients de l'autre ? 

La solution est difficile, je l'avoue, car les sociétaires et indigents 
considèrent toute maladie comme un droit à perpétuité au vin de quin- 
quina. Ils arguent de leur faiblesse, de leur âge, de leur convalescence. 
Mais s'il est dur de résister à leurs supplications, le médecin n'aura 
que plus de mérite a les convaincre tout en refusant de satisfaire 
leurs caprices. 

Certaines sociétés dans un but d'économie, plutôt que dans un but 
d'hygiène, n'accordent a leurs membres que l'extrait de quinquina. 
Le sociétaire, dans ce cas, achètera toujours le vin ou trouvera un voi- 
sin ou une Ame compatissante, qui lui apportera le litre de vin que la 
société refuse. Ces mêmes âmes cnaritables offrent le fameux Bordeaux 
ou le savoureux Malaga aux convalescents pour les fortifier ou les 
faire digérer (sans règle ni mesure), « n'est«ce pat, docteur, que ce 
vieux Bordeaux ne peut que lui faire du bien ?» — Au médecin d'in- 
tervenir et d'en régler sagement l'usage. 

D'autres sociétés, dans un but d'économie et en même temps d'hy- 



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208 vil* CONGRBft INTIRHATIOIIAI, 

giène, et sous Tinstigation de leurs médecins fdepuis de nombreuses 
années nous procédons ainsi) ont donné de ralcoolé de quinquina a 
prendre dans de Teau au lieu de vin de quinquina. 

Nous avons agi de même au bureau de bienfaisance et obtenu cette 
heureuse modification. 

De sorte que chaque )*éclamation de sociétaire ou d'indigent, et Dieu 
sait si elles sont nombreuses/ est Tobjet d'une démonstration anti- 
alcoolique. 

Mais il faut une armée de combat bien organisée pour arriver 
h renverser le préjugé que le vin donne des forces, pour arriver à 
réduire ou à supprimer les débits de boissons, à décourager les fa- 
bricants de vins soi-disant pharmaceutiques ; car hélas ! nos efforts 
sont contrebalancés par des commerçants intéressés à tromper les 
classes aisées qui sont, avec les femmef , les plus difficiles à convaincre 
et a convertir. 

Il importe que les pifarmaciens s'enrôlent avec nous. Quelques-uns 
soit par complaisance, soit pour maintenir leur clientèle et faire 
comme leur confrère (il ne s*agit point ici pour eux de question d'in- 
térêt puisque les denrées ont une valeur équivalente) n'hésitent pas à 
vanter les toniques et à donner du vin de quinquina au lieu et place 
d*alcoolé quinquina au sociétaire ou à rindigent qui le leur demanaent, 
et tous Icvdemandent. De sorte que lés clients déjà portés il croire k 
Texcellence de tous les produits pharmaceutiques, s'en rapportent 

Elus volontiers au pharmacien qu'au médecin dans l'appréciation 
ygiénique du vin de quinquina et autres vins médicinaux, 
il faudra donc faire comprendre au pharmacien qui s'oublie, le but 
poursuivi, et il faut bien espérer que notre collaborateur en thérapeu- 
tique deviendra aussi notre collaborateur ^n hygiène. Nous croyons 
que c'est par tous ces menus moyens*, par une propagande sans 
relâche, par des répétitions continues, que l'on finira par faire pé- 
nétrer les bonnes idées dans les masses. Si l'on y tient la main, d ici 
peu l'adage idiot : Les méchants sont buveurs d'eau, sera retourné et 
aura changé de sens. 

Quoi qu il en soit, il importe au médecin d'avoir toujours présente 
à l'esprit la grandeur du but à poursuivre et à atteindre, afin de 
frapper sans lassitude sur l'usage et surtout les abus des boissons 
alcooliques. 









CONTRS l'abus DBS BOIBBONB ALCOOL1QUB8 209 



Annexe N"" 6 



L'Œuvre de l'Hôpital de Tempérance de Londres 
(The London Tempérance Hospital) 

PAB M. J. J. BlDGBy 
Docteur «o iiiéd«cia«, médecio «n chef do dit Hôpital . 

L'Hôpital « Néphalien * » de Londres...! — C'est là un adjectif qui, a 
priori^ semble avoir été mis là, en dépit de la Thérapeutique adoptée 
généralement. — Qu'on se rassure; ce mot n'est point ici mal appliqué. 
A posteriori^ on reconnaît que ce mot veut bien dire ce qu'il dit ; à 
savoir que médecins et chirurgiens de cet hôpital y font exclusivement 
usage de médicaments ne contenant pas d'alcool, sauf en de fort rares 
exceptions. 

Malgré cette singularité remarquable, cet Hôpital Néphalien a su 
faire son œuvre pendant déjà 26 ans, son inauguration datant du mois 
d'octobre 1873. Et pourtant, il est en Angleterre encore beaucoup de 
gens qui, même à Londres, et parmi les Néphalistes eux-mêmes, ne 
se doutent nullement de l'existence de cet établissement. Il en est 
beaucoup oui ne comprennent ni les principes, ni la raison d'être de 
cet Hôpital, pas plus qu'ils ne connaissent le nombre et les résultats 
de ses opérations. 

Il y a trente ans, la pratique entière de Ja médecine se résumait en 
ces deux mots: « SUmulationê alcooUqueê ». La doctrine de feu le 
Docteur Todd préoccupa beaucoup le monde médical. Les liqueurs 
alcooliques étaient regardées comme étant les stimulatrices de la force 
vitale et comme fournissant aux tissus une alimentation très nutritive 
et facilement assimilable. C'est à peine si une seule maladie se traitait 
sans une administration de liqueurs alcoolioues préparées suivant 
une formule quelconque et le plus souvent ordonnées en quantités 
considérables. Non seulement on prescrivait Talcool durant le progrès 
de la maladie ; mais encore, ses divers mélanges (bière, vins, etc.) 
étaient regardés comme conduisant promptement à la convalescence ; 
en négliger Temploi semblait un acte mettant en danger la vie 
elle-même. 

Un grand nombre de médecins étaient à la fois si persistants, si 
insistants sur ce point-là, qu'une foule de néphalistes fervents se 
voyaient contraints d'abandonner leurs habitudes de sobriété parfaite 
dès qu'une maladie se déclarait en eux. Pendant leur convalescence, 

( C« terme, dans U TocabaUir* da irsdactettr de M. Ridge. est ■ynoDyined'«6<<ierJi<. 






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210 



vil* CONGRBft IKTailirATimfAL 



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iU contractaient un tel besoin de Hqueurt alcooliques qu*îls se trou- 
vaient incapables de s'en débarrasser, i— L'idée beaucoup trop exa- 
gérée de ta valeur thérapeutique de l'alcool et dé ses qualités 
préservatrices de la santé et de la force que cette pratique engendrait 
d'abord, puis entretenait chez une multitude de personnes, produisit 
des effets désastreux. Le nombre des buveurs en excès, — les dipêû^^ 
mânes, comme on les nomme en .langue médicale — augmenta 
rapidement. Ce fut alors que les amis du Néphalisme comprirent qu'il 
fallait que Ton fit quelque chose pour enrayer le mal, et cela, en 
démontrant irréfutablement pai^ l'expérimentation que les liqueurs 
alcooliques étaient loin de valoir ce qu'on supposait, et qu'il était 
possible de s'en passer entièrement en temps ' de maladie grave, ' 
comme en temps de santé parfaite. 

C'est pourquoi l'Hôpital Néphalien de Londres fut fondé en 1873, 
au mois d'octobre dans une maison particulière d'une rue de là 
Métropole Britannique, Gower Street, avec 17 lits pour commencer. 

Le préjugé en faveur de l'alcool était si profondément enraciné que, 
dans les statuts de ce nouvel Hôpital, il fiit expressément déclaré que 
tout médecin ou chirurgien, appartenant au personnel visitant l'éta*- 
blissement, aurait le droit d'ordonner l'alcool, sous sa forme la plus 
pure, dans tous les cas oix il serait jugé nécessaire, et que, de cha* 
cune de ces ordonnances, il serait tenu une niote spéciale en un 
registre a cet effet, ainsi que des cas pour lesquels on les aurait 
rédigées, en tenant compte des résultats obtenus. 

Jusqu'à ce jour, il n'v a eu que 31 de ces cas, desquels 21 ont été 
chirurgicaux et 10 médicaux. 

Le tableau synoptique ci-après donne l'ensemble des statistiques 
)résentées a chacune aes assemblées annuelles tenues depuis l'origine 
usqu'a celle de mars 1899 ; tableau par' lequel on voit comment 
'œuvre de cet Hôpital a toujours été en grandissant, autant en ce 
qui regarde ses malades internes, qu*eil ce qui concerne ses malades- 
externes, (c'cst-a-dire ceux qui ne sont pas soignés dans les bâtiments 
de l'Hôpital). En 1881, un nouvel édifice fut ouvert dans le Hampêtead 
Road, ce qui permit d'élever le nombre des lits à 50. En 1885, une 
seconde aile ayant été bâtie, on put augmenter les lits jusqu'au 
chiffre de 86. — En 1898, un 87"*Mit fut installé dans un quartier de 
l'établissement construit spécialement pour l'application du traitement 
aseptique. Une somme de 500 livrçs sterling- (« 12,500 francs) fut 
allouée h l'Hôpital sur le « Fond dit du Prince de GaUsê^ » à condition 
que 12 lits de plus seraient installés. Cette condition sine qud non est 
maintenant réalisée. Un ami généreux du Néphalisme a bien voulu 
faire don de 1050 livres sterling (s 26,250 francs) pour l'entretien de , 
ces douze lits pendant une année. 

Les cas de toute nature sont admis, c'esl-a«dire des cas exactement 
semblables pour leurs caractères à ceux reçus dans les autres hôpitaux 
généraux. Néanmoins la mortalité des 15,274 patients s'est trouvée 




CONTU L*ABQI DU BOIMONt ALCOOUQUBt 211 

au-desftout de 7*/«. Les maUdes ioternes ont donc ainsi rendu un excel* 
lent témoignage en faveur du traitement non alcoolique. 

On peut ajouter à ce témoignage qu'en raison du tuccèa de cet 
lIApital londonien, des HApitaux Néphalien* ont été institués en 
d*autres parties du monde» et que» d'autre part, il s'est concurremment 

[produit une diminution importante de la quantité des liqueurs alcoo- 
iques qui se consomme annuellement dans les autres hôpitaux 
généraux. 

Les neuf mille patients guéris (a quelques malades près) dans 
l'intérieur de cet llApital Néphalien ont évidemment reçu, chacun, 
une dém«>nstration inaubitable de la possibilité de recouvrer la santé 
sans recourir a l'alcool. Beaucoup de ces malades ont été> guéris des 
maladies les plus graves, ou bien ils ont subi les opérations les plus 
dangereuses ; et dans aucun de tous ces cas, nul patient n'a contracté 
d'haoitude d'intempérance pour le conduire à sa ruine complète et 
définitive, ainsi qu'il arrive (réquemment quand, dans la thérapeutique, 
on fait usage de liquides alcooliques. 

Dans le vaste service des malades externes, c'est«a*dire des personnes 
non soignées dans l'intérieur de* THApital, beaucoup de ces externes 
ont été empêchés par la persuasion et l'exemple de boire les breuvages 
alco<%liaues a eux recommandés par leurs docteurs ou par leurs amis. 
^ Cet Hôpital Néphalien prouve donc par démonstration palpable, 
visible et permanente, que les grandes quantités de liqueurs alcooliques 
encore prescrites aujourd'hui dans les maladies les plus diverses, sont 
tout au moins des quantités superflues, et, de plus, que, selon toutes 
les probabilités, elles sont fort souvent très gravement nuisibles. 



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PREMIERE SECTION 



PROGRAMME GÉNÉRAL 



SCIENCES MÉDICALES & HYGIÈNE 



Vendredi maU'n 7 i4m7 i899 



Ordre du Jour i 



HYGIÈNE: 
VARIÉTÉS. 



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PREMIÈRE SECTION 

•CIBNCB8 MÉDICALEt ET HYCIÊNE 



Troisième séance* 

FEÉtlOBXT : M. LE d' DE VAUCLBROY 



PROOÈS-VERBAL 



La séance est ouverte à 9 h. 1/2. 

M. le Président. — La parole eH à M. le I> Jordy (de Berne), pour 
traiter la question suivante : Boisions hygiéniques non alcooliques. 

Boissons hygiéniques non alcooliques 
Des vins sans alcool (Jus de raisins stérilisés) 

Le but essentiel de nos Conffrès et de tout débat sur lalcoolisme 
est de démont/er les suites fâcheuses de Tusage des boissons alcoo- 
liques sur le corps» Tesprit, Tâme de Thomme, et le mal physique, 
moral et social qu*il entraîne. 

Rigoureusement prouvés, ces faits doivent être mis au grand jour 
et portés ii la connaissance de chacun. L*alcool une fuis reconnu 
comme poison et le mal dénoncé, le bon sens nous dira d'éviter cette 
matière nuisible, et de nous en abstenir, même si nous ne pouvions 
pas le remplacer par un produit agréable à déguster. A plus forte 
raison Téliminerons nous de notre alimentation si nous pouvons avec 
un peu de bonne volonté le remplacer par d*autres boissons. Nous 
ferons du reste ainsi une œuvre plus méritoire que si nous nous bornons 
à le critiquer : « La critique est aisée, mais Tart est difficile » et on ne 
détruit en somme que ce que l'on remplace. 

Nous voulons donc substituer aux boissons alcooliques quelles 
qu'elles soient : liq|ueurs, vin, bière, etc., des boissons ne contenant 
réellement pas d*alcool, substance dont les propriétés enivrantes, 
narcotiques, paralysantes et toxiques, produisent les maux connus de 

I Voir à la ■«iU du proc4t-v«rb«t, Mvt foroM d'anneiei. Set némolMt «fflrtftU •« pro* 
fr«BiHi« d« c«IU léaBc* q«i n'ont pa ètro ditc«l4o par tvilo 4« l'abaonco do leort ««lovro. 



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216 



vil* CONGRÈS INTERTfATIONAL 



ralcoolisme. Cependant, comme nous ne sonimes ni des ascètes, ni 
des misanthropes, nous voulons avoir, surtout pour les heures de loisir 
et de détente mentale dont nous a parlé M. Buisson, des boissons 
agréables au goût, rafraîchissantes, désaltérantes, et qui nous fassent 
plaisir sans nous faire de mal. L*eau est sans contredit la plus impor- 
tante et la plus naturelle de ces boissons, puis nous avons le thé, le 
café, les sirops, limonades, etc. Vous avez sans doute été charmés, 
Messieurs, du choix et de la qualité des rafraîchissements non alcoo* 
liques qui nous ont été gracieusement offerts ii rHôtel-de-Ville par le 
Conseil municipal de Paris, et les Congressistes de Bruxelles se 
rappelleront aussi avec plaisir que la Municipalité de Bruxelles a agi 
de même en 1897. Ils se souviendront du banquet auquel ou ne servit 
pour boissons que des vins sans alcool. Au raout offert aux congres- 
sistes par M. le ministre Le Jeune, Talcool était rigoureusement 
exclu et remplacé avantageusement par un choix étonnant de rafrat^ 
chisscmcnts non alcooliques. Le rapport du Congrès de Bruxelles dit 
il ce sujet : « I/alcool n*eut fait qu*amoindrir la ^anche cordialité de 
la réunion. » J^ai vu il Londres le duc d*York, héritier présomptif de 
la couronne d*Angleterre, boire simplement du thé à Vinauguration 
d*une exposition de fleuri et la duchesse d'York baptiser un vaisseau 
de guerre avec une bouteille de vin sans alcool. Ces exemples font 
voir que Ton peut dans toutes les situations se passer de Talcool, si 
Ton en a la ferme volonté, et il est il désirer que fa liste des boissons 
non alcooliques s*enrichisse de boissons vraiment hygiéniques et 
excellentes. 

L^idéal, ii mon avis, est d^employer comme boisson le jus des raisins 
et autres fruits qui sert habituellement a la fabrication des vins et 
cidres alcooliques, mais en Tempèchant de fermenter et en lui conser- 
vant le goût cies fruits frais ainsi que la valeur nutritive, détruite en 
grande partie par la fermentation, qui transforme leur sucre en alcool 
et en acide carbonique. Des essais ont été faits pour empêcher cette 
fermentation en ajoutant au jus de raisin et autres fruits des substances 
antiseptiques, telles que Tacide salycilique, Tacide sulfureux, Tacide 
benzoïque, le borax, 1 acide cinnamique. Les ^ Unfermented Wines » 
en Angleterre sont des jus de raisin conservés au moyen d*un de ces 
agents. Ils ont rendu de grands services h un bon nombre d*églises et 
de congrégations anglaises désirant éliminer Talcool de la sainte Cène. 
Mais une consommation régulière de ces boissons serait' nuisible à 
Torganisme humain. Pour détruire toute levure, il faut employer au 
moins 120 milligrammes d*acide sulfureux par litre, ce qui n*est pas 
une quantité indifférente, sans compter qu'elle donne un goût de 
pharmacie au vin. La plupart des substances mentionnées ci-dessus 
ont d*ailleurs été interdites par les lois sur les' denrées alimentaires 
dans divers pays. 

Le professeur Mûllcr-Thurgau, directeur de TEcole de viticulture et 
d*arboriculture do Wcidenswcil, canton de Zurich, Suisse, s'occupe 



«^ >"*^» V V 



f> >*;•;• :;• w-:v:/r/f.^ri?^s^iEswp^j^^^^^^^ y^^^^:;. , ■j^--^^;^. .v; '-.v,- • . ,- . ■ 



COMmB l'abus OBS BOIISONt ALCOOLIQUES 217 

depuis 20 ans, de la conservation des jus de fruits et a appliqué avec 
succès pour empêcher la fermentation, la miUiode de la slériUaalion 
par la chaleur. Même une fois la bouteille ouverte, j*ai remarqué que 
ces vins, ayant été parfaitement stérilisés, ne fermentent pas facilement, 
même jusqu'au septième jour. Le professeur MûUer a pu les conserver 
même quinze jours. Je n*en|rage pas les consommateurs à laisser les 
bouteilles ouvertes, mais ils seront contents de savoir que le vin sans 
alcool bien stérilisé ne fermente pas d*un jouriiTautre, même débouché. 
Dans des bouteilles bouchées, on le conserve pendant des années 
sans qu'il subisse la moindre altération. 

Le procédé de stérilisation découvert par le Prof. Mûller-Thurgau 
garantit donc, s'il est soigneusement appliqué, la destruction des mi- 
crobes de la levure et prévient ainsi toute fermentation. Les inspec-' 
teurs des denrées alimentaires des cantons de Berne, Baie, Lucerne, 
Tessin, etc., ont examiné ces vins a diverses reprises et les ont tou- 
jours trouvés sans trace d'alcool. 

M. le Professeur Rossel, président de la Société Suisse d'ŒnoIogie 
et directeur du Laboratoire chimique de l'Université de Berne écrivait 
le 4 avril 1898: « Ces vins stérilisés peuvent donc être garantis purs 
sucs de raisins non fermentes et sans alcool. Ils ne contiennent aucune 
substance étrangère et ceux qui sont au courant des difficultés que 

f présente la solution du problème de la conservation des sucs doux de 
ruits, sans fermentation et absolument purs, admirent le talent des 
producteurs d'un produit aussi bien réussi . » 

La Société Suisse pour la production des vins sans alcool, à Berne, 
s'est mise sous le patronage des trois grandes sociétés d'abstinence 
suisse; lea Bons Templiers, la Société contre l'usage des boissons 
alcooliques et la Société d^ abstinents catholiques. Ces sociétés ont 
élu un Conseil de patronage dont j'ai l'honneur d'être membre. Vous 
comprendrez donc facilement pourquoi j'insiste sur le fait que les vins 
stérilisés d'après le procédé du Prof. MQller*Thurgau sont absolument 
sans alcool. En France, où le raisin est si bon marché et de si bonne 
qualité, on devrait produire sur place des vins sans alcool par ce pro- 
cédé, car les frais de transport et de douane empêchent une exporta- 
tion de Suisse sur une grande échelle. 

Permettez-moi maintenant quelques remarques personnelles sur les 
vins sans alcool: 

Comme abstinent, j'aime b les avoir h ma disposition, et. j'aime à nie 
désaltérer, je dirai même à me régaler, avec ce jus de fruits naturel, 
don de la nature, de nos vergers et de nos vignes. 

Comme père de famille, c'est un plaisir pour moi de pouvoir en 
toute sécurité mettre ces vins sur la table de famille, surtout en vue 
des enfants, qui sont toujours mieux élevés par l'exemple que par lu 
prédication. 

Aucun de meshAtes n'a encore refusé ce vin, et plusieurs m'ont en 
revanche assuré qu'ils s'étaient bien mieux trouvés après une soirée 






218 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

passée chez moi qu'après avoir consommé leur ration habituelle de 
vin, bière ou liqueurs. 

Comme médecin, je suis heureux et reconnaissant d'avoir ces vins 
sans alcool pour mes malades. Vous serez d'accord avec moi si j*émets 
Topinion qu*un médecin ne doit pas se borner à restreindre le régime 
du malade, en lui défendant tel ou tel aliment ou telle ou telle bois- 
son, mais qu*il a aussi le devoir de lui dire positivement ce qu'il doit 
manger et ce qu*il doit boire. Et le mieux sera qu'il fasse une liste 
aussi longue et aussi variée que possible de ces choses permises. 

Les malades auxquels je recommande surtout l'usage des vins sans 
alcool a la place des vins alcooliques, sont ceux qui souffrent de dé- 
rangements nerveux, des suites de l'alcoolisme, d'aliénation mentale, 
de neurasthénie, de névralgies, névroses, etc. Ces maladies, qui sont 
devenues si fréquentes à la fin de ce siècle, le seront encore plus au 
siècle prochain. A cette catégorie de malades, je déconseille avec 
toute l'énergie dont je dispose, l'usage de boissons alcooliques quel- 
conques. 

En revanche, c'est avec plaisir que je puis ajouter a la liste des 
boissons permises et recommandées ces vins sans alcool, dont l'action 
est salutaire, rafraîchissante, désaltérante, qui sont agréables au goût 
et possèdent une certaine valeur nutritive. En outre de l'albuminci ils 
ont conservé tout leur sucre de fruit, soit a raison de 125 grammes 
sur 750 de liquide. C'est ce sucre de fruit, qui sert a nourrir les mi* 
crobes de la levure lorsqu'on laisse fermenter le moût, qui est un des 
aliments le plus facilement assimilé par notre organisme et le plus 
propre a restaurer la force musculaire. C'est pour cette raison que je 
recommande les vins sans alcool à la grande famille des anémiques et 
des chlorotiques. J'ai déjà constaté que ^ien des jeunes filles étaient 
heureuses d*ètre dispensées de boire de forts vins rouges de Bor- 
deaux ou des vins amers de Valteline et qu'elles se trouvaient mieux 
de l'emploi du vin sans alcool et doux. 

Une troisième catégoiie de malades auxquels ces boissons convien- 
nent est celle des maladies fiévreuses. Le London Tempérance Honpital 
n'administre plus d'alcool du tout depuis 25 ans, et montre le taux de 
mortalité le moins élevé de tous les hôpitaux de Londres. Ces derniers 
se sont mis h suivre insensiblement l'exemple de l'HApital de Tempé- 
rance et remplacent de plus en plus l'alcool par de l'eau et surtout du 
lait dans le traitement des maladies fiévreuses. Outre l'eau et le lait, 
nous avons maintenant les vins sans alcool, qui sont appréciés par les 
malades b cause de leurs qualités désaltérantes et rafraîchissantes, et 
par les médecins ii cause de l'absence complète des qualités paraly- 
santes de l'alcool et en raison de leur valeur nutritive, qui est d'au- 
tant plus importante que ces malades manquent généralement d'appé- 
tit ou sont réduits îi un régime limité. 

En terminant, j'exprime le vœu que les vins de raisins et de fruits 
sans alcool se répandent de plus en plus dans les familles, les hôpitaux. 



'^* ■ iri^ 









CONTRE L*ABVft DBS BOI8BONB ALC00LIQUB8 » 219 

asiles, etc., et qu*on puisse les obtenir partout sans peine. Cela désar- 
merait certains économistes nationaux qui craignent que les progrès 
de l'abstinence ne causent une perte sérieuse a la fortune publique, 
car les produits des vignes et des vergers seraient utilisés et cela pour 
la préparation de boissons plus utiles et plus saines que les autres. 



DISCUSSION 

M. le Président. — A4-on constaté une augmentation dans la con- 
sommation de ces vins sans alcool ? 

M. Jordy. — H n*y a^ que trois ans qu*on a commencé à fabriquer 
ces vins et aujourd'hui ils sont assez répandus ; il existe des succursales 
de l'usine en Russie et à Worms. A mesure que les abstinents deviennent 
plus nombreux, la consommation augmente. 

M. le Président. — n existe à Marseille une fabrique de Champagne 
sans alcool. Elle est en voie de- devenir très pi*ospère. On m*a de- 
mandé si Ton pourrait créer une succursale à Bruxelles. L'industriel, 
M. Wright, m*a assuré qu*il n'ajoute rien d'antiseptique à ses vins ; l'addi- 
tion d'acide salicylique est défendue en Belgique, parce qu'elle est 
nuisible à la digesUon et l'Académie de Médecine a décidé *de proscrire 
toute boisson alimentaire dans la composition de laquelle entreraient des 
substances antiseptiques. 

M. Jordy. ~ C'est l'acide cinnamique que M. Wright (London) met 
dans ses vins et non l'acide salicylique. En Suisse il existe une com- 
mission des sociétés de Tempérance qui surveillent la fabrication de 
ces vins et empêchent qu'on y intix>duise de l'alcool ou des antiseptiques. 

M. l'abbé Rousseau. — Les vins, cidres et bières non fermentes 
coûtent Jusqu'ici fort cher, en raison surtout, si je ne me trompe, de ce 
qu'ils ne sont livrés qu'en bouteilles. On obtiendrait certainement une 
grande économie si le contenant était plus grand. 

Il s'agirait de savoir si les boissons non fermentées, livrées dans des 
bonbonnes, pourraient dans des conditions à déterminer, ëti'e mises en 
bouteilles à domicile au (tar et à mesure des besoins et demeurer, au 
moins quelques jours, sans perdi'e de leurs qualités. 

M. Jordy. — Jusqu'à présent la stérilisation a été considérée comme 
trop fragile pour qu'on tente d'expédier les vins stérilisés en fûts. Mais 
le chimiste de la société de Berne étudie la question. 

L'essentiel en France pour le moment serait d'étudier toute la question 
de la stérilisation de moûts de fruits et raisins selon le procédé du prof. 
Mùller-Thui^u, directeur de l'école de viticulture à Wâdensweil, Suisse. 

M. le Président. — La parole est à M. Kellog, pour son travail 
sur les Rapporta entre l'usage du tabac et autres drogues aoec 
^alcoolisme. 






220 VII* CONGBÈ8 INTERNATIONAL 

Rapports entre l'ui^age du tabac et autres habitudes 
du même genre et l'intempérance sdcoolique 

PAn LE D** J. II. KELLOGG, BATTLB CREEK, CHICAGO, U. 8. A. 

Dans Télude de Tabus de l*alcool et les recherches des remèdes 
possibles contre ce fléau universellement répandu, la considération 
des causes est une matière de première importance. Cette étude ne fut 
pas négligée, mais il semble a Técrivain qu'on n'a pas abcordé une 
attention suflisante ii Tassociation intime entre l'abus de l'alcool et 
les autres habitudes du même genre, et spécialement ii ses rapports 
avec Tusage du tabac. Cette partie de la question fut tellement 
négligée qu*il n*est pas rare de constater dans les établissements pou^ 
soigner Tivrognerie, l'absence de toute restriction en ce qui concerne 
Tusage du tabac. Et, en effet, l'écrivain connaît à peine 2 ou 3 éta- 
blissements de cet ordre dans lesquels l'abstinence du tabac est 
déclarée comme une des conditions de la guérison de l'alcoolisme. 

La thèse principale de mon écrit est celle-ci : le danger physiolo- 

frique de l'abus de l'alcool ne consiste pas dans l'usag') de l'alcool 
ui-mème, mais dans la soumission du corps a l'influence d'une drogue 
par laquelle on se procure un plaisir illusoire, fictif et transitoire. Ce 
plaisir non naturel, parce que artificiel et illusoire, est nécessairement 
suivi d'une réaction dont le trait caractéristique est la dépression des 
sensations correspondant ii la surexcitation précédente, car un plaisir 
artificiel n'est obtenu qu'au prix de la dépense d'une partie de la vie et 
de l'énergie qui appartient a l'avenir le plus prochain. 

Toute drogue capable de produire une excitation de l'esprit, un 
plaisir qui n est pas le résultat du jeu naturel des fonctions vitales, 
est nécessairement malfaisant dans ses manifestations et son usage 
n'est qu*un abus, quel que soit le nom qu'elle porte : alcool, tabac, 
opium, cocaïne, coca, kola, hachich, champignon de Sibérie, caféine. 




isage 

l'une de ces drogues, la seconde administration de ces mêmes drogues 
trouve le sujet sur un niveau beaucoup moins élevé que la première, 
de sorte aucune dose plus grande est nécessaire pour la production 
d\in plaisir de la même intensité et du bonheur artificiel du même 
degré qui est produit par la première absorption de la drogue. La 
dose plus considérable est suivie d'une dépression encore plus grande 
qui exige encore une plus grande dose comme antidote ; ainsi on 
atteint une série de doses toujours croissantes, et des eflTets 
loxiqucs consécutifs aussi croissants, ce qui amène la ruine 
extrême de la victime des drogues. Toutes les drogues hypnagogues 
sont pareilles sous ce rapport, quelque différents que soient leurs 



*. 









CONTBB L*ABU8 OBS BOISSONS ALCOOLIQUES 221 

efljsls physiologiques. L*alcool est reconnu pour être seulement un 
membre de la grande famille des drogues intoxicantes, dont chaque 
membre est capable de produire des méfaits spécifiques, fonctionnels 
et organiques, a part la détérioration vitale commune a Tusage des 
drogues apportant un soi-disant bonheur. 

mors n est-il pas évident qu*en combattant Tusage de Talcool, nous 
ne nous attaquons qu'à un membre de la nombreuse famille des 
ennemis de la vie et du bonheur humain, dont chacun devrait être 
exterminé, avant de déraciner les méfaits de Tintempérance. Le fait 
que ces drogues sont souvent employées alternativement est bien 
connu. L'écrivain a constaté nombre de cas dans lesquels l'alcool et la 
morphine ont été ainsi employés. Dans un cas d'alcoolisme chronique 
chez une femme sigée de soixante^dix ans, une grande quantité de café 
de Moca est devenue une substitution commode à l'alcool, chaque fois 
où celui-ci venait h manquer. L'écrivain a constaté le même fait en ce 
qui concerne l'alcool et le tabac. Dans nombre de circonstances, des 
personnes adonnées ii ces deux drogues étaient capables de se passer 
de l'alcool sans aucun inconvénient, pourvu que le tabac leur fût 
fourni en quantité suffisamment grande. Ces faits indiquent des 
rapports très intimes entre ces nombreuses drogues toxiques. 

Notre but, en écrivant ces liff nés, est cependant d'appeler l 'attention sur 
les rapports constants entre rusage du tabac et l'abus de l'alcool. C'est 
un fait très remarquable que cette association excessivement commune 
dans l'usago de ces drogues. Un nombre très considérable de personnes 
font usage du tabac en consommant habituellement des liqueurs 
alcooliques, mais, par contre, le nombre de personnes consommant 
l'alcool en quantité considérable et ne faisant pas usage de tabac sous 
une forme quelconque, est vraiment minime. Ce fait peut être attribué 
il deux causes : 1® rasage du tabac commence ordinairement à un uge 
plus précoce que l'usage de l'alcool (ceci est vrai, au moins pour les 
Etats-Unis,) l'usage de l'alcool venant s'y greOer plus tard, et ceci est 
le résultat des associations auxquelles 1 usage du tabac conduit tout 
naturellement. 2' L'usage du tabac crée la nécessité de la consomma- 
tion de l'alcool : a) par la formation d'une habitude à une drogue, 
habitude qui conduit naturellement au développement d'une autre 
habitude du même genre; b) par la production des conditions morbides 
et d'une gêne, auxquelles l'alcool apporte un soulagement temporaire. 

Si, comme on l'a prétendu, l'habitude du tabac était une rivale de 
celle de l'alcool et sa substitution, de sorte que fumer et se servir 
du tabac de toute autre manière devrait être encouragé comme 
moyen antagoniste de l'usage de l'alcool, nous pourrions nous attendre 
il voir, comme résultat de I acquisition précoce de l'habitude du tabac, 
deux classes générales en rapport avec l'usage du tabac et de l'alcool : 
une classe, la plus grande, de ceux qui font usage du tabac seulemeut 
et une autre, plus petite, de ceux qui ne font usage que de l'alcool. 
Mais au lieu de cela, nous trouvons en réalité ces deux classes-ci : 



, .X . . • '". • Sî}'. ^ .^^t^ir^V f^'Ç^/^VV- '.< V r 



222 VII* C0NGBB8 INTBBNATIONAL 

Tune, de ceux aui n'emploient que le tabac et TautrCi de ceux qui 
font usage de ralcool et du tabac. 11 est donc évident que Tusage du 
tabac n*est pas une garantie contre Tusage de I*alcool» mais plutàt une 
introduction h celui-ci. 

Ce que je voudrais souligner spécialementi c'est le fait que les 
effets physiologiques du tabac sont tels qu'ils donnent naissance ii 
une insatiabilitc spéciale pour les boissons alcooliques et qu'ils créent 
une demande pour les effets antidotiques procurés temporairement 
par Talcool. Peut-être Tun des effets les plus caractéristiques du tabac 
est Texcitation des vaso-constricteurs produit par cette drogue» 
comme ceci appert de la pâleur extrême de la peau. L'alcool, au 
contraire, produit, pris en doses modérées, un effet tout à fait opposé. 
Le fumeur se sent pris d!une sécheresse ii la gorge, d'une soif, d'une 
dépression générale de Tesprit, peut-être de quelques vertiges et d'un 
peu d'anémie cérébrale. Il lui suffit d'une seule expérience pour se 
convaincre que la bière,* ou le vin, ou le whisky, ou l'alcool sous 
quelque autre forme procurent un très rapide soulagement contre ces 
symptômes alarmants, d'où une très naturelle association des cigares 
avec du vin ou de la bière. Le consommateur de ces deux drogues, en 
les prenant alternativement, s'assure la répétition de sensations 
agréables pendant longtemps après que le seul tabac a cessé de 
procurer sa volupté propre. 

Ces faits, je les ai vérifiés dans le traitement de plusieurs cen- 
taines de cas d'alcoolisme et de tabagisme. Pendant les dernières 
vingt-cinq années j'ai, aussi bien que mes collègues du sana- 
torium de Battle Creek (Mich. Etats-Unis), traité plus de deux 
mille cas de tabagisme, dont plusieurs centaines étaient associés 
h l'habitude de l'alcool. En traitant ces cas, j'ai été constamment 
impressionné par deux facteurs importants : premièrement, il est rare- 
ment, presque jamais, possible de procurer une cure radicale de 
l'habitude de l'alcool dans les cas où le patient n'a pas pu être amené 
a renoncer aussi h l'habitude du tabac, dans les cas où les deux 
drogues étaient employées. Deuxièmement, dans la grande majorité 
de cas où, les deux drogues étant employées, l'habitude du tabac 
constituait le vice fondamental, plusieurs patients me disaient: « je 
peux renoncer ii l'alcool sans aifliculté, mais je ne peux pas m'en 
aller sans mon tabac. » 

L'habitude de l'alcool n'était évidemment qu'un supplément qui 
n'avait d'autre but que d'accentuer le plaisir procuré par l'habitude 
du tabac ou d'apporter un antidote temporaire à ses effets toxiques. 

J'ai été si longtemps convaincu de 1 importance de ces idées que, 
il y a vingt ans, j'ai refusé d'entreprendre le traitement d'un cas 
d'alcoolisme, sans recommander préalablement la renonciation au 
tabac et de toute autre drogue hypnagogue ; et je suis de plus en 
plus convaincu que ce principe ctoit être reconnu, non seulement 
pour le traitement heureux de cas individuels d'alcoolisme, mais aussi 






CONTRE l'abus DES BOISSONS ALCOOLIQUES 223 

dans l*étu(le des méthodes à employer pour combattre l'habitude de 
Talcooly comme menaçant la société au plus haut degré. 

Je pense qu'il doit être reconnu que la tendance croissante à 
l'alcoolisme est ce qu'on pourrait appeler une maladie de la civilisation. 
Un grand nombre de causes, dans les pays civilisés, développent les 
perversions mentales et des états névropathiques qui conduisent 
directement ou indirectement aux diverses habitudes de drogues, 
alcool, et tabac entre autres. Que le tabac contribue pour une large 
part à créer des névropathes, cela est hors de doute ; et on 
peut ajouter que le thé et le café fiont la même chose. Quelques 
troubles constatés chez les a buveurs de thé » ont été reconnus 
comme une maladie avec une pathologie et une nosologie particulières. 

Est-ce que le temps n'est pas encore bien arrivé, où ceux qui 
reconnaissent dans l'alcool un ennemi de race et une des causes les 

r»lus puissantes de la dégénérescence des races, — ^ ce qui est actuel- 
ement si tristement évident — reconnaîtront dans le tabac aussi Pallié 
le plus puissant et le plus actif de l'alcool? Est-ce que ceux dont les 
eflbrts sont dirigés directement vers la suppression de l'abus de 
l'alcool, pourraii^nt lui opposer d'une manière légitime son désastreux 
frère, l'abus du tabac, non seulement en considérant ses rapports 
intimes avec l'habitude de l'alcool, mais aussi en considération des maux 
qui sont les résultats directs de l'intoxication tabagique elle-même ? 

M. le Président. — M. Shepard, quoique présent, ne fait que dépo- 
ser sur le bureau sa communication. Il n'en peut faire l'exposé par suite 
de son ignorance de la langue française. 

Le mémoii*e est renvoyé, pour la publication, aux procès-verbaux de 
la ^ séance (voir ces procès-verbaux) en raison du sujet traité qui est 
d*ordi'e thérapeutique. 

M. le Président. — La parole est à M. Vlavianos (Grèce), pour sa 
communication sur le traitement de Talcoolisme par Thypnotisme. 

(Voir au procès-verbal de la 2* séance, le mémoire de M. Vlavianos, 
avec la discussion qui en a suivi la lecture. Ce mémoire a été inclus dans 
le procès-verbal de la ^ séance pour n*èti*e pas séparé des autres ma- 
tièi*es relatives & la « Thérapeutique ». 

M. le Président. — La parole est à M. le D' Jules Grand, pour son 
travail sur le oégétarisme comme moyen, préoentif et curatif de 
l'atcoolisme. 

Du régime végétarien comme moyen préventif et curatif 

de radcoolisme 

PAR LE d' JULBS GRAND 
Président de la Société Végétoricnne do Fronce 

Parmi les moyens que Ton préconise contre ralcoolisme, les uns, 
les moyens coercitifs, c'est-à-dire les impôts, les lois et les règlements 
spéciaux qui auraient pour effet de diminuer le nombre des aébits de 






224 VII* CONGRBB INTBIlNATlOlfAL 

boissons, ne peuvent malheureusement pas entrer en ligne de compte 
dans notre pays, du moins^ aussi longtemps que les Pouvoirs publiée 
seront ii la merci du suffrage universel tel qu*il est organisé 
actuellement. 

Restent les moyens de persuasion ; certes, ils seront loin d*ètre 
négligeables si chacun, du haut en bas de réchelle» veut mettre un 
peu de bonne volonté au service de cette tâche qui devient désormais 
une Question vitale pour notre race. Que chacun s*y emploie donc, 
dans la sphère de ses moyens d'action, instituteurs» prêtres, magis- 
trats, médecins, par des conférences, par des publications, par Texem- 
ple surtout. Mais il est il craindre, toutefois, que la persuasion ne 
donne pas tous les résultats que l'on espère obtenir et que, de ce côté 
encore, des déceptions nous soient réservées. 

Comment opèrent, en effet, les ligues de tempérance et toutes les 
bonnes volontés collectives ou individuelles? Elles s'adressent ii l'al- 
coolique par le côté moral, par le raisonnement ; mais il ne faut pas 
perdre de vue aue l'alcoolique invétéré est un être déchu moralement; 
qu'il a perdu plus ou moins complètement son énergie, et que la per- 
suasion, le raisonnement, les tableaux les plus saisissants qu'on puisse 
lui faire sur les conséquences de son vice, ont, dès lors, peu de prise 
sur son esprit. Cet esprit a abdiqué et se complaît dans sa nouvelle 
condition d'esclave. 

On obtiendra des résultats plus pratiques et plus complets^si l'on 
veut s'attaquer aussi a l'alcoolique par un autre c6té que son côté 
moral, et si on se persuade bien que le buveur n'est pas seulement un 
être diminué mentalement', mais qu'il est aussi malade physiquement; 
que, chez lui, il est vrai, la volonté et les plus nobles (acuités de l'es- 
prit sont amoindries, mais que cette déchéance morale est entretenue 
et agffravée par ce fait que les centres cérébraux sont, en même temps, 
affaiblis, engourdis et comme paralysés, étant nourris par un sang 
vicié. 

Certes, le concours des médecins peut être des plus efficaces car ils 
sont les mieux placés pour observer les désastres causés par l'alcool 
et il est il souhaiter que les initiatives éclairées qui ont déjà résolu- 
ment abordé le problème, trouvent des imitateurs, afin que cette cam- 
[»agne arrive rapidement à se généraliser parmi eux. Ce n'est pas «eu- 
ement en renonçant à prescrire l'alcool, sous forme de vins médici- 
naux ou d'autres préparations alcooliques, comme on a coutume de le 
faire, sous prétexte de tonifier les. malades, ce qui est une erreur 
néfaste, malheureusement encore trop répandue parmi un certain nom- 
bre de praticiens ; il leur faut encore recommander à leurs clients et 
à leurs amis, l'adoption d'un régime naturel duquel doit être exclu 
tout aliment excitant 'et la viande en première ligne. 

Sans vouloir faire du régime végétarien une panacée, il est cepen- 
dant un fait bien établi : c'est qu il est impossible de guérir un seul 
cas d'alcoolisme invétéré sans éliminer de son régime alimentaire, la 












CONTRE L*ABIIt DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 225 

viande et tous les autres aliments ou condiments qui, par leur action 
excitante,' entretiennent le désir de boire. Bien aue ce fait soit par- 
faitement connu de ceux qui ont acquis de Texpénence dans le traite- 
ment des alcooliques, il est nécessaire de ne laisser perdre aucune 
occasion de le remettre en lumière. Les vérités les mieux démontrées 
ont souvent besoin d*étre dites et redites avant d*étre adoptées et mises 
en pratique par la généralité. 

Il existe donc chez le buveur d'alcool une condition physiauc dont 
dépend, en partie, son énergie morale et, dès lors, le problème est 
double. La cure morale et la cure physique d*un alcoolique doivent 
être menées de front et le succès que Ton peut espérer dans la pre- 
mière de ces deux voies, dépend, dans une certaine mesure, de celui 
que Ton pourra obtenir dans la seconde. 

« Je ne fais qu'énoncer une vérité philosophique, écrit le D' James 
C. Jackson, de Dansville, en disant que l'ivrognerie est une maladie 
qui a sa source dans de mauvaises conditions physiques et que, pour 
la guérir, il faut d'abord guérir ou améliorer ces conditions. Il servira 
de peu de faire appel aux facultés intellectuelles, 'au sens moral, aux 
instincts spirituels de celui qui est devenu ivrogne. Il faut qu'il sente 
que sa déchéance repose sur un désordre, sur une maladie de son 
corps physique et que s'il veut redevenir sobre, la condition physique 
grâce a laquelle il est devenu ivrogne et dont la persistance le main- 
tient tel, doit d'abord être modifiée. » 

Remarquez le cercle fatal dans lequel se trouve emprisonné le 
buveur d alcool ; il n'y a pas pour lui de chance de guérison, tant 
qu'il n'aura pas récupéré cette énergie morale, que tend a lui faire 

Ferdre, chaque jour davantage, ce poison paralysant qui s'appelle 
alcool ; tant qu'il n'aura pas réussi a se placer résolument en face de 
son vice, pour en considérer toutes les désastreuses conséquences et 
s'aflTermir dans le désir de le dominer. Or, comment espérer cet effort 
libérateur de la part d'un alcoolique dont l'énergie est affaiblie par le 

E oison lui-même, chez qui toute volonté a abdiqué, sauf la volonté de 
oire ? Comment espérer restituer k son cerveau engourdi un sang 
oxygéné et vivifiant au lieu du sang surchargé d'acide carbonique et 
d'essences stupéfiantes qui l'imprègne journellement, et rendre a ses 
organes physiques leur fonctionnement normal ? 

il faut, tout d'abord, supprimer le poison et ne plus laisser intro- 
duire dans son organisme que des éléments normaux ; puis supprimer 
de son régime alimentaire toute substance capable de réveiller ou 
d'entretenir le désir de boire. On arrive, par ce moyen, ii restreindre, 
d'une part, les incitations aux défaillances possibles, et k augmenter, 
d'autre part, l'énergie nécessaire pour résister victorieusement au vice 
tentateur. 

Si l'oji veut se donner la peine d'examiner les causes qui prédispo- 
sent l'individu k l'usage, puis k l'abus des boissons alcooliques, on 
trouve que, si variées soient-elleS| elles aboutissent toutes k un effet 



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226 vu* CONGRES IKTEIINÀTIONAL 

qui leur est commun, l'excitation ; c*est*à?-direy une modification im- 
primée aux centres nerveux dont la résultante aboutit invariablement 
a une suractivité de la circulation sanguine et des autres fonctions 
organiques. Or, en vertu d*une loi^ universelle dans la nature, qui 
veut que toute action appelle ii sa suite une réaction, ii cette suracti- 
vité succède une période de dépression, laquelle sera d'autant plus 
marquée que la première aura été elle-même plus forte ; d*oii la sen- 
sation du besoin de réparation, le désir de prendre quelque stimulant, 
afin de sortir, au plus tôt, de cet état de dépression et a impuissance 
dans lequel les conditions d'activité fébrile de la vie moderne ne per- 
mettent pas à rindividu de s'attarder longtemps. 

Toute cau^e susceptible d'exciter les centres nerveux et d'activer 
les mouvements du cœur et la circulation, est donc, par cela même, 
une cause prédisposante de l'abus des boissons alcooliques. L'une des 
plus importantes parmi ces causes est l'usage de la viande, aliment 
excitant entre tous. Je laisserai de côté, en ce moment, le préjugé 
encore trop p^énéralisé, qui en a fait longtemps le type de l'aliment 
réparateur, alors que la chimie nous démontre, au contraire, que, si 
la viande est un aliment assez secondaire au point de vue de la ri- 
chesse nutritive, elle est, en revanche, fort riche en éléments toxiques 
et dangereux. Mais, je ne veux envisager ici que ses propriétés exci- 
tantes et son action incontestable comme cause prédisposante à 
l'alcoolisme. 

c( Il n*v a pas, ii ma connaissance, d'aliment qui engendre au même 
degré que la chair du bœuf, une excitation anormale du système ner- 
veux, chez l'homme qui s'en nourrit. Lorsque la viande introduite dans 
l'estomac pénètre dans le sang et subit les diverses phases du proces- 
sus de la digestion et de l'assimilation, outre la nourriture qu'elle 
fournit aux tissus, pour leur réparation, elle produit sur le cerveau et 
le système ganglionnaire du cœur une excitation qui donne naissance ii 
de grands courants vitaux. » (Docteur James C. Jackson, loc. cit.). 

Ce désordre produit dans les fonctions vitales de notre organisme 
par cet aliment constitue une véritable intoxication ; la chimie et la 
physiologie nous éclairent aujourd'hui complètement et sur sa nature 
et sur son mécanisme. C*est en introduisant dans le sang des poisons 
appelés des ptomaïncs ainsi que des matériaux de dénutrition, que la 
viande et les autres aliments qui en dérivent apportent le trouble 
dans les fonctions. L'excitation qui prend ainsi naissance n'est, en 
réalité, que l'eflort de réaction de l'organisme qui, surpris par cette 
invasion de matériaux impurs, s'insurge» se défend et se met en me- 
sure de les rejeter au dehors. Rien a étonnant qu'une fois cet effort 
accompli, lui succède une période de lassitude et de dépression. 

Donc si, d*uii côté, la viande enrichit l'organisme en lui apportant 
certains éléments utilisables et réparateurs, d'un autre côté elle lui 
nuit en l'obligeant h un travail d'élimination qui se traduit, en défini- 
tive, par une diminution de forces. 



. ' ' V ' . • « . •*'V-^'.. ■;•..' - V '•' 



CONTm L*ABUS 0B8 BOISSONS ALCOOLIQUES 227 

Donc la viande est un aliment mauvais et qu'il faut prohiber résolu- 
ment, non seulement parce qu'elle occupe un rang inférieur dans 
Téchelle des aliments réparateurs, question que je ne veux pas traiter 
aujourd'hui, mais parce que l'excitation trompeuse qu'elle détermine 
est bientôt suivie d'un état de faiblesse et de prostration qui éveille 
le besoin de réparation et la soif des stimulants, c'cst-a-dire de l'al- 
cool sous les formes variées et multiples dans lesquelles il s'offre a la 
consommation. Car, par suite d'un autre préjugé, non moins néfaste, 
c'est l'alcool qu'on appelle à son secours, dans ce moment de détresse 
physique amené par une alimentation vicieuse, l'alcool que l'on croit 
généralement être un tonique, un fortifiant et qui est, en réalité, « un 
anesUiésique et un paralysant » (Debove), l'alcool qui n'a jamais donné 
de force a personne et dont la réputation usurpée, ne repose précisé- 
ment que sur la vive excitation qu'il produit, des le début de son 
introduction dans l'estomac, excitation très courte^ et bientôt suivie 
d'un affaissement général qui réveille, plus que jamais chez le buveur, 
la sensation de la soif. 

Et c'est ainsi que se trouve soudée la première maille de cette chaîne, 
au bout de laquelle l'alcoolique, un jour, se réveille ivrogne, l'engre- 
nage fatal au terme duquel se trouve la déchéance de l'individu et de 
sa race. 

Ce qui vient d'être dit pour la viande s'applique avec non moins 
de raison à la chair de tous les autres animaux, qu'elle soit mangée 
à l'état froid, c'est-à-dire peu de temps après leur mort ou, au con- 
traire, après avoir subi un degré plus ou moins avancé de décompo- 
sition ou bien encore, certaines préparations qui ont pour but de 
donner à ces mets une saveur plus relevée, mais aussi pour résultat, 
d'augmenter encore leur propriété stimulante et toxique. 

En conséquence, la première chose à faire si l'on veut, pratique- 
ment, obtenir la guérison d'un alcoolique, sera de modifier radica- 
lement son alimentation et d*en éliminer la viande, ainsi que toute 
autre substance excitante, capable de réveiller son désir de l'alcool. 

Le régime végétarien est la base indispensable du traitement curatif 
de l'ivrognerie, comme il en est un des plus sûrs préventifs. 

Je n'entreprendrai pas ici de démontrer, une fois de plus, les avan- 
tages du régime alimentaire végétarien sur le régime carné, tant au 
point de vue de la réparation de nos tissus qu'au point de vue écono- 
mique. Je jpourrais rappeler, par exemple, qu'en admettant que 25 
Srararoes d azote assimilable soient nécessaires pour sustenter quoti* 
iennement un adulte, 546 grammes de haricots suffisent, ou bien 
62.5 grammes de lentilles, alors qu'il faut, pour assimiler la même 

3uantité d'azote, absorber un poids bien plus considérable de viande 
e bœuf désossée, exactement: 1 kilogr. oO grammes. Quant h la dé- 
pense, elle se chiffre, d'un côté, pour la viande, par 2 francs 70 cen- 
times, de l'autre, pour les légumes, par 20 ou 22 centimes. 

Mais aussi intéressante que puisse être cette étude comparative, 






r 



228 vil* CONCnis INTBRNATIOKAt 

elle n*entre pas dans le programme que je me suis tracé ; elle a d'ail- 
leurs été faite, maintes Ibis, d'une manière aussi eomplète que possi- 
ble. Je voudrais seulement, avant de terminer ce travail, ajouter quel* 
ques brèves considérations sur Tutilité du régime végétarien comme 
moyen de prévenir l'extension de l'alcoolisme et sur l'importance qu'il 
y aurait, pour obtenir ce résultat, ii généraliser son adoption pour la 
nourriture de l'enfance. 

Il est une proposition en médecine qui est passée à l'état d'axiome; 
c'est qu'il est plus aisé de prévenir que de ffuérir. Cette proposition 
est surtout vraie au point de vue de l'alcoolisme. Un homme fait, à 
moins que sa volonté ne soit déjà irrémédiablement perdue, possède 
toujours un certain contrôle sur les suggestions qui s adressent à son 
esprit; un enfant, au contraire, est sans défense contre les incitations 
malsaines. 

Il ne serait pas strictement exact de dire que celui-lb ne deviendra 
jamais un alcoolique, qui n'aura jamais été exposé à l'action excitante 
de l'alcool. Il faudrait, pour cela, compter sans l'atavisme et je connais 
personnellement des cas où l'efTet de l'atavisme s'est manifesté d'une 
façon aussi puissante qu'inattendue. 

Je n'en citerai qu'un, celui d'un jeune homme appartenant ii une 
très honorable famille américaine, où il n'avait puisé que des notions 
d'une moralité parfaite et dont l'éducation autant intellectuelle que 
physique «ivait été aussi soignée qu'il est possible de le désirer ; ce 
qui était relativement facile puisque cette iamille jouit d'une fortune 
opulente. Circonstance vraiment rare, et qui peut, ii juste titre, parai» 
tre surprenante, ce jeune homme était arrivé ii l'âge de dix-huit ans, 
sans avoir goiUé une seule fois il l'alcool ni ii aucune boisson contenant 
une parcelle de cette substance, pour laquelle il n'avait, d'ailleurs, 
jamais éprouvé le moindre désir, fût-ce même par simple curiosité. 

Un jour, pour son malheur, il y goûta par désœuvrement, étant avec 
quelques amis de son iige et pour faire comme eux. Ce premier con- 
tact fut comme une révélation ; ainsi qu'il le disait lui-même, il avait 
enfin trouvé ce qui lui manquait. Point de résistance, nul effort, dès 
le premier instant, il était conquis, possédé irrémédiablement. Il pro- 
mène, depuis lors, son extase ininterrompue sous toutes les latitudes, 
d'où sa famille avait espéré longtemps que quelque miracle le lui ren- 
verrait guéri. Elle ne 1 espère plus désormais. Elle n'ignore pas, d'ail- 
leurs, qu'il* y avait une tacne alcoolique au blason familial. 

Donc, le vieux proverbe : « qui a bu boira » est toujours cruelle* 
ment vrai. Mais l'hérédité n'a pas toujours à être mise en cause et les 

Îremiers germes du mal sont trop souvent introduits ches l'enfant, 
es sa première étape dans le inonde, c'est-a-dire avec le lait de sa 
nourrice. Il ne faut pas le perdre de vue, et c'est 4k une notion que 
l'on ne saurait trop activement propager dans le public, les qualités 
du lait sont profondément influencées par les aliments et les boissons 
de la femme qui allaite. Tout le monde sait qu'il suffit d'une impres- 






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CONTRE l'abus OBS BOISSONS ALCOOLIQUES 229 

sion un peu vive de colère ou de chagrin, pour compromettre Téqui- 
libre de la santé du nourrisson ; mais bien des indispositions et des 
dérangements chez les enfants, n*ont également d*autres causes que 
ralimentation mal ordonnée de leur mère ou de leur nourrice. Dans 
le lait de vaches en expérience, auxquelles on avait fait consommer 
des fourrages imprégnés d*une certaine quantité d*alcool, il a été 

Eossible de retrouver cet alcool dans l|i proportion de 96 pour cent, 
^onc, si la mère introduit dans son sang, au moyen de son alimen- 
tation, des substances qui sont excitantes, le système nerveux de son 
enfant en subit nécessairement le contre-coup ; et qui pourrait dire le 
nombre des malheureuses petites victimes qui ont puisé le germe de 
leur alcoolisme futur dans ce lait dont ^ la blancheur immaculée ne 
servait qu'à masquer l'impureté meurtrière, dans ce lait qui, au lieu, 
de véhiculer, dans les veines de l'enfant, la santé et la vigueur, y dis-, 
tillait le vice, la misère et la honte future. Cela démontre avec quelle 
inquiète sollicitude il est nécessaire de veiller à ce que l'alimentation 
d'une femme qui allaite, ne renferme que des substances saines, for-, 
tifiantes et entièrement dépourvues de propriétés excitantes. Un ré- 
gime exclusivement végétal offre seul de pareils avantages. Le lait 
qu'elle offrira ainsi a son enfant ne contiendra que des éléments ap- 
propriés a sa constitution et aptes a le développer normalement. 

Au contraire, si la mère absorbe avec sa nourriture des matériaux^ 
qui, une fois assimilés, excitent son système nerveux, activent les 
mouvements de son cœur, et rendent son pouls plus fréquent, cette 
activité exagérée de toutes les opérations fonctionnelles aura un re- 
tentissement forcé dans ses propres sécrétions, et le lait qu'elle don- 
nera à son enfant reproduira en lui cette excitation anormale du sys- 
tème nerveux, de la circulation et de toutes les fonctions organiques. 
C'est ainsi qu'elle lui communiquera, dès le berceau, des impressions 
et des germes qui se développeront peut-être lentement, mais, 
sûrement. 

Mais si la nourriture de l'enfant au berceau est souvent mauvaise, 
par le fait que celle dcL sa nourrice n'est pas réglementée, est-elle au 
moins meilleure pendant la seconde enfance et l'adolescence, c'est-ti- 
dire pendant cette période de croissance rapide, où une alimentation 
rationnelle lui est le plus indispensable ? Il n'en est malheureusement 
pas ainsi, en général. « 

L'enfant et Te jeune homme ont besoin, pour se développer norma- 
lement, d*une nourriture normale, réparatrice mais sans être stimu- 
lante, c'est-k-dire exclusivement végétale. Les végétaux, et les fruits 
leur fournissent tous les éléments dont ils ont besoin pour se coïis- 
truire des os solides, des muscles souples et puissants et un sang 
généreux. . • i 

Ils y puisent, ainsi que dans les céréales, et cela en plus grande 
abondance que dans la chair des poissons, ou, de. tout autre animal, le 
phosphore utile au développement de leur jeune cerveau ; avec un 

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230 



vu* CONCMÈS INTIIMATIONAI. 



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areil régime, ils n*oiit paà a redouter le surmenage dont les menacent 
es exigences de l'instruction scolairei et qui trop souvent brise les 
ressorts de ces frêles organismes et les épuise pour toujours avant 
leur entier épanouissement. 

La preuve de ce que j^avance ici est fournie par les trop rares 
spécimens déjeunes geWqui, pendant l'âge de leur croissance, n*ont 
été alimentés que de végétaux et de fruits et n*ont bu que du lait ou 
de Teau pure. Tous offrent l'image de la santé et de la force et leur 
supériorité sur leurs camarades qui n'ont pas été favorisés du même 
régime, se montre aussi bien dans les travaux intellectuels que dans 
les sports physiques. Incalculables sont les résultats que l'on pourrait 
obtenir si ce régime rationnel, et qui n'est» en aéfinitive, qu'un, 
simple retour vers la naturCi était universellement adopté dans les 
familles aussi bien que dans les établissements d'éducation. Ce serait 
le point de départ d'unie' rénovation de la race ot, après une ou deux 
générations, l'alcoolisme, notre ennemi le plus redoutable a l'époque 
actuelle, réduit dès lors aux cas de plus en plus rares d'atavisme» 
l'alcoolisme aurait vécu. 

« Ce ne sont pas les végétariens, dit le docteur H. Boéns, qui 
fournissent un contingent appréciable à l'alcoolisme et à la criminalité. 
J'en sais quelque chose depuis que je suis chargé du service sanitaire 
de notre prison cellulaire. » 

Il est naturel d'espérer, et Texpérience le prouve, que l'homme fait 
continuera a suivre ta direction qu'on lui aura imprimée pendant son 
enfance, et qu'il restera sobre toute sa vie, si on a pris soin de ne pas 
dénaturer ses goûts et ses besoins naturels au moyen d'une alimen- 
tation excitante, composée de viandes assaisonnées, comme elles le sont 
toujours, de poivre, de sel, d'épices et au moyen de boissons stimu- 
lantes comme le thé, le café, ia bière, ;le vin, dont l'usage quotidien 
arrive promptement a créer le besoin d'entretenir cette ^excitation du 
système nerveux et du cœur, première étape vers l'alcoolisme. 

L'entraînement est fatal ; si l'on a eu l'imprévoyance de faire naître 
chez l'enfant le goût de cette stimulation, il est non moins naturel de 
craindre qu'il n ait une tendance à continuer plus-tard à la rechercher 
et à l'intensifier encore ; dès lors, la descente sera peut-être facile, 
et de l'usage a l'abuay la limite pourra être vite franchie. 

C'est donc une méthode irrationnelle et dangereuse celle qui consiste 
a nourrir les enfants de viande, d'aliments épicéa et de boissons 
stimulantes. Mais que dire alors de ceux qui, soit inconscience, soit 
dépravation, ou par je ne sais quelle odieuse satisfaction de leurs propres 
instincts vicieux, t>ffrent des liqueurs iortes à des enfants ^i sont 
encore dans l'â^e le plus tendre et -se réjouissent de les voir boire 
comme de «c petits hommes ? » Qu'elle est terrible la responsabilité de 
ces parents qu'une inepte et criminelle imprévoyance incite k éveiller 
ainsi chez un enfant, le goût des boissons fortes ! Le résultat est que 
4ans notre malheureux pays, la natalité est sérieusement compromise| 






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CONTEI l'abus PS8 BOISSONS ALCOOLIQUES 231 

Sue la France se dépeuple, que certaines localités, parmi les plus 
coolisées ont été incapables de fournir un conscrit ayant la taille 
réglementaire. 11 n*est que temps d'y songer. 

oi nous voulons que la France reste la nation forte e^ respectée, 
généreuse et vaillante qu'elle a toujours été, imitons Téxemple des 
peuples qui, d'après l'histoire, ont le mieux cultivé l'éducation physique 
et morale du citoyen. Les Spartiates oit été puissants et redoutables 
tant qu'ils sont restés végétariens. Les premiers Romains défendaient 
l'usage du vin h leurs enfants et n'ont commencé à dégénérer que le 
jour où ils ont abandonné ce principe que nous devons nous efforcer 
de répandre dans notre pays. Son avenir est a ce prix. 

DISCUSSION 

M. le Di' Ruysch. — La viande pourvu qu'elle soit saine et bien 
contrôlée fortifie le travail du cœur. Les armées en prennent et four- 
nissent une dépense d'énergie considérable. Tant i^ue la chimie et la 
physiologie ne nous auront pas démontré que la viande est nuisible, 
nous ne pourrons pa^ on condamner l'usage. La viande est un aliment 
nécessaire. 

M. le Président. — La question du végétarisme n'a que peu de 
rapports avec celle de l'alcoolisme. Nous voulons bien admetti'e que 
l'homme puisse trouver dans les végétaux les quantités de matières 
hydro-carbonées et même d'éléments azotés nécessaires à la nutrition 
de son organisme. Mais comme la plupart des produits végétaux sont 
surtout riches en hydrocarbures et pauvres en azote, il en résulte que 
pour se nourrir exclusivement de vé^taux, la vie au ffrand air est in- 
dispensable pour permettre la digestion des masses volumineuses d'ali- • 
ments ingérés. Le régime végétarien peut donc convenir aux ouvriers 
travaillant à la campagne, mais il est incompatible avec l'existence des 
travailleurs des vilfes ou de ceux s'occupant de travaux intellectuels, à 
moins d'associer à la nourriture des substances empruntées au règne 
animal telles que les œufs et le lait. M. le D' Grand admet-il l'association 
de ces produits au régime végétarien ? 

M. le Dr Grand. — Les végétariens purs n'admettent ni le lait ni 
les œufs dans leur alimentation. 

M. le Président. — Dans ces conditions Je suis forcé de déclarer 
que ce système constitue une véritable hérésie hygiénii^ue, aue le végéta- 
risme a le tort de généraliser et qu'il n'est pas possible a un Congrès 
contre l'alcoolisme de s'occuper de fa question du végétarisme. 

M. le D^* Forel. — > Je suis du même avis. Dans son excursion, seul 
avec Johannsen, Nansen a fait des merveilles en restant abstinent et 
ne se nourrissant . que de viande. Il est faux de dire que la viande 
rend Thomme méchant ou qu'elle est un poison. Sans doute la 
viande est nuisible dans quelques cas; mais fe végétarisme aussi est 
contre-indioué dans certaines lésions ou certaines maladies (pellagre, etc.). 
En Suisse il existe 25,000 abstinents qui ne sont nullement végétariça9 



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232 VII* CONGRES INTERIf . CONTRE L*ABU8 DBff BOIttONt ALCOOLipUBS 

et qui cependant se portent très bien. II faut donc se garder de Cèdre des 

exagérations. 

M. le Dr Grand. — Je a*ai pas voulu commettre une hérésie. Mon 
but a été de rattacher le végétarisme à Talcoolisme et de combiner Tabs- 
tinence totale de l'alcool avec celle de la viande. 

M. le D^" Kazimierz Rzetkowski. — L'organisme d'un alcoolique 
a besoin de plus de substances albuminoTdes que tout autre, parce que : 
1"^ d*après les expériences, publiées par Miuza, expériences foites sur lui«^ 
môme, Talcopl augmente la décomposition des albumines; 2^ la clinique 
et Tanatomie pathologique ont démontré que Talcool produit la dégéné* 
rescence graisseuse, des tissus, à cause du dédoublement des matièi^es 
albuminoïdes. ^^. Stanislas Mutermilch et moi nous avons expérimenté à 
Varsovie sur l'aclion anatomo-pathologique de Talcool, injecté aux lapins 
sous la peau pendant plusieurs semaines. Après la mort des lapins expé- 
rimentés nous avons trouvé, parmi d'autres lésions : des hypérémies et 
hémorragies capillaii^es et (c'est sur quoi Je voudrais insister particuliè* 
rement) de la dégénérescence parenchymateuse et gmUseuse dans 
presque tous les organes. Ces expériences ne sont pas encore terminées; 
elles seront publiées prochainement; 3® les substances albuminoïdes des 
aliments végétaux sont très mal absorbées par Tintestin même sain 
[12 ^L à 20 "/• des matières azotées sont éliminées avec les fécès), pendant 
que l*albumme des aliments animaux est absorbée beaucoup mieux : on 
n'en trouve dans les Técès une 4 V«)- Le tube digestif d'un alcoolique est 
presque toujours dans un état d'inflammation chronique, ce qui diminue 
sa capacité d'absorption alimentaire. Evidemment la nourriture exclu- 
sivement végétarienne, qui est en outre très volumineuse, ne convient 
»as du tout à un alcoolique. Quant à l'action excitante de la viande, 

mon sens, elle n'existe pas du tout. Cette opinion a été exprimée 
par le prof. Bunge et autres savants. Les expériences, faites sur 
moi-même dans le laboratoire de M. le prof, von Noorden à Francfort 
— il y a deux mois — sur Tinfluence de l'extrait de viande (Fleischex^ 
track'Liebig) sur Télimination de l'acide urique et de bases xanthiques 
ont en outre montré qu'il Vl existe aucune excitation api'ès la consom- 
mation môme de doses très élevées d'extrait de viande (50 à 60 gr. par 
jour) ; le nombi*e des pulsations n'est pas augmenté. 

D'après tout ce que je viens de dire Je conclus que le régime ali* 
mentaire végétarien ne convient pas du tout aux alcooliques et^ 
niâme^ qu'il est nuisible, 

M. le Président. — Je regrette que tous les orateurs inscrits à 
nos ordres du jour ne soient pas venus. J'espère néanmoins que nos tra- 
vaux auront d'heureux résultats et que nous tous sortirons d*ici plus 
ardents que jamais à la lutte pour la guérison de ceux qui s'alcoolisent 
et pour le bien de l'humanité. 

Je déclare terminés les ti*avaux de la 1*^ Section. 

La séance est levée à midi 1/2. 



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1 •• ' 



PREMIÈRE SECTION 



SCIENCES MÉDICALES & HYGIÈNE 



7XtOZSZ:Ë:2£S S:Ë!^XTOS 



Hygiène & Variétés 



ANNEXES 



(Mémoires non discutés par suite do Tabsonco 

do tours auteurs) 






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Annexe F 1 



Les vins non enivrants 

PAR M. LIONEL MVNDY 

Ceux qui n'ont pas étudié ce sujet sont ordinairement d'avis aue 
les Tins non fermentes sont une nouveauté, et qu'ils ne sont in- 
ventés que récemment, ou au moins, depuis le eommencement de 
l'agitation contre l'usage des boissons alcooliques. Cette opinion est 
cependant erronée; car les vins non enivrants ont été connus pendant 
toutes les périodes de l'histoire. Ils sont mentionnés par beaucoup 
d'auteurs tels que Platon (A.-C. 429 a, 347) et Plutarque (environ A. D. 
96] parmi les Grecs ; Plante (mort A. C. i84), Caton (mort A. C. i49), 
Pline, Columelle (premier siècle A. D.), et Tertullien (environ 200 A. 
D.) parmi les Romains ; «et par plusieurs auteurs des temps plus mo- 
dernes. Toutes les méthodes qui sont utilisées à présent ne sont que 
modifications des formules anciennes. 

En outre des préparations diverses du jus de raisins, le jus du dat- 
tier était utilisé autrefois pour faire du vin, — fermenté et non fer- 
menté, — de palmier; mais, dans ce travail, je ne parlerai que 
des préparations du raisin. 

Lorsque le jus des raisins mûrs est exprimé et exposé aux condi- 
tions favorables de teiopérature et d'atmosphère, au bout de peu 
de temps la fermentation commence, et pendant la fermentation, 
l'alcool se forme. Il y a, cependant, un intervalle, variable suivant les 
conditions, entre le temps où les raisins sont écrasés et celui où com* 
mence la fermentation, et, pendant cet intervalle, il est possible de 
traiter le jus de telle manière que» la fermentation sera entièrement 
empéphée. C'est donc sur certains des procédés adoptés dans ce 
but, que je désire maintenant diriger votre attention. 

Les méthodes principales pour empêcher la fermentation sont les 
suivantes : 

i* L'application de la chaleur — (le jus de raisins ne fermentera 
pas à une température au-dessus de 60^ c). 

2* L'application du froid — (le jus de raisins ne fermentera pas 
à une température au-dessous de 5* c). 

3* L'évaporation du moût jusqu'à ce qu'il arrive à la consistance 
d'un sirop, ou même jusqu'à sécheresse. 



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236 



vil* COKGRBa INTBRMATIOMAL 



4*^ L*addition de beaucoup de sucre. 

5** L*addition de certains antiseptiques, tels que les acides sali- 
cylique, borique, benzoïque, cinnamique, sulfureux, etc. 

Les anciens avaient recours à toutes oy presque • toutes ces mé- 
thodes, pour empêcher la fermentation^ et quoiqu il me soit impossi- 
ble d*entrer dans le détail, a cause du peu d*espace dont je dispose, 
je pense que les exemples suivants seront suffisants : 

Autrofois, on avait Thabitude de conserver le vin par épaississement, 
ou évaporation au demi ou au tiers ou même au quart dé son volume 
original. Parmi les vins des Romains ainsi faits, il y avait Carinum^ 
évaporé au tiers ; Defrutum^ évaporé à moitié ; et oapa évaporé aux 
deux tiers. Parmi les vins grecs, il y avait Hepêema (l^'viH^) et 
Siraion (vtpatov). Tous, sans- exception, étaient le lus de raisins bouilli 
jusqu*ù la consistance qui suffit pour empêcher la fermentation. A cette 
époque on avait aussi 1 habitude d'ajouter au moût de la poix, de l'eau 
de mer, delà térébenthine, de la vapeur de résine/ etc., ceux-ci étant, 
tous des antiseptiques puissants, qui, par conséquent, empêchaient la 
fermentation. 

Je pense avoir assez démontré que le vin non enivrant n'est pas une 
nouveauté. Maintenant il sera peut-être intéressant de dire ce qu'on a 
fait en Angleterre dans les dernières années ii ce sujet. Il y a plus de 

Îuarante ans que, suivant la suggestion de feu Docteur Frédéric- 
jchard Lees, feu M. Frank Wrignt fit certaines expériences tou- 
chant la conservation du jus de raisins, dont les résultats l'amenèrent 
h commencer la fabrication de vin non fermenté et non enivrant dans 
notre pays. D*abord il ne fit de ce vin que pour un ou deux de ses 
amis qui voulaient remployer dans le sacrement, mais la demande 

[>our une provision de ce vin venant aussi de quelques autres amis, 
a fabrication devint rapidement une entreprise commerciale. Je dois 
tieut-être dire, pour le compte de ceux qui voient dans cette industrie 
a base d*une fortune, qu il s'écoula beaucoup d'années avant que 
celle de M. Wright devint une affaire lucrative, et dans l'intervaue, 
notre ami était soutenu seulement par son amour ardent pour la cause 
de la tempérance. La méthode qu'u employait était l'application de la 
chaleur, connue ii présent sous le nom de pasteurisation ou stérilisa- 
tion. Dans ce procédé, le jus aussitôt après avoir été exprimé, était 
échauffé en bouteilles jusqu'à la température de 62* c. une chaleur 
qu'on reconnaissait ne pas donner au vin un goût cuit. Alors la bou- 
teille était bouchée hermétiquement pendant que le jus était chaud. 
Enfin on Ty laissait jusqu'à ce qu'il se clarifiât, après quoi il était 
mêlé, coloré et filtré dans des sacs de flanelle, et encore une fois 
échauffé dans les bouteilles qui devaient le contenir pour le com- 
merce. La couleur de ce vin était obtenue d'un raisin français célèbre 
par le rouge foncé de son jus, et en échauffant des écorces de rai- 
sins noirs. La demande qu'on faisait de ce vin pour l'usa^fo sacremen- 



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COMTm l'aIVS DBS lOIStONS ALCOOLIQUES 237 

ul, et autrement» continua rapidement ii croître, et il n*y a point de 
doute qu*un service immensdut ainsi rendu par M. Wright a l'œuvre 
de la tempérance. 

Pendant 25 ans» il en vendit seulement de cette espèce» mais 
alors on reconnut que le vin préparé de cette manière, ne se con- 
servait pas après que la bouteille était débouchée. Pour satisfaire 
les demandes nouvelles» M. Wright décida alors d'ajouter au vin 
une proportion minime d'un préservatif innocent, qui» quoique ne 
changeant pas le caractère du vin, le rendait capable d*ètre 8^^^ 
pour une période raisonnable après avoir été débouché. L*adaition 
de ce préservatif avait d'ailleurs ce.t avantage : il rendait le vin capable 
d'être fabriqué aux vigpobles même où les raisins étaient cultivés, 
tandis que, par la vieille méthode do l'importation des raisins en An- 
gleterre en les écrasant à leur arrivée, on ne pouvait utiliser que les 
raisins assez résistants pour être portés à Londres sans dommage. Ces 
deux avantages — la faculté de conserver le moAt et l'amélioration de 
la Qualité — permirent à ce vin*ci de remplacer entièrement la 
vieille espèce, et il est produit à présent pour le commerce par la 
maison Je M. Wright — Messieurs Frank Wright, Mundv et C^*, à 
Kensington» Londres, — et usité pour les sacrements par plus de cinq 
mille églises des lies Britannioues, dans les colonies» et dans quelques 
pays étrangers. La maison. Wright et Mundy a aussi soigné les variétés 
de goût» et offre, ii présent, plusieurs genres de vin importés de France, 
d'Espagne, du Portugal, de Madère, d'Italie, du Cap de Bonne* 
Espérance et des Etats-Unis. Il n'y a point de doute que ce vin non 
toxique a pourvu à ce qui manque, et spécialement comme un vin 
sacremental pour l'usage de ceux qui pensent que les v\ps enivrants 
sont peu appropriés a cet usage sacré. Je puis ajouter que sa conve- 
nance a été abondamment établie par l'augmentation continuelle de 
la demande* 

Le peu d'espace a ma disposition ne me permet pas d'étudier la 
question des vins dans l'Ecriture Sainte. Beaucoup de ces vins étaient, 
sans doute, non fermentes et non enivrants. Nos amis qui désirent 
étudier cette partie du suiet» pourront se procurer l'excellent livre 
du Docteur Norman Kerr» intitulé « Les Vins Scripturaux et Ecclésias- 
tiques », oti les faits et les arguments sont xlassés et traités admi- 
rablement. 






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238 



VII* COMOmU INTIKIIATIOIIAL 



* 

Annexe N"" 2 



De l'emploi de Talcool dans réduoatlon phyai^iue, 
dans les sports et dans la tourisme 

PAR LB O' TI881B, DB BOBDBAVX BT LBOSTACB, iTHDIAXT BN MBDBCUfB 

I ■ 

Conclasions^ : 

1* L*alcooI est k rejeter daii« l*éducatioD phyaiijuei dans les sports 
et dans le tourisme. 

Che2 Venfant I*alcooI modifie révolution en fixant prématurément 
les éléments cellulaires. Il arrête le dévelèppement régulier de For- 
ganisme. Il nrédispose à la tuberculose, aux affections mentales, à 
toutes les maladies de la nutrition. 

Chez V adulte il doit être é|^alement proscrit. Pris accidentellement 
à petite dose, il ne produit aucun effet apprécisîble. Pris à petites 
doses répétées, il conduit à Taccoutumance, c est-a-dire à Talcoolisme, 
suivant ainsi la loi de tous les excito-moteurs dont les effets s'atté- 
nuent par la répétition ; il faut augmenter toujours les doses pour 
obtenir une excitation d'autant plus passagère et rapide que l'intoxi- 
cation, est plus prononcée. Pris à dose plus forte l'alcool agit par à 
coups, il masque la fatigue qu'il provooue et qu'il augmente en raison 
de la quantité de sa pénétration dans 1 organisme qu il épuise« 

Dan» les sports l'alcool doit être proscrit comme un poitoui à 
moins d'avoir ii faire produira une effort maximum mammlani. BiaU 
si cet effort doit être soutenu, l'alcool ingéré ne permet plus de te 
poursuivre, car la réaction de fatigue survient très raj^idement, lea 
réparations de l'économie sont plus longues et pins pénibles. 

L'alcool doit être interdit dans tout entraînement phvsique et dans 
le tourisme, il doit êti^e remplacé paf le sucre ou par les albuminof- 
des tels que les blancs d'osuf, (les œufs frais ou durcis, les fruits 
sucrés, tels que les raisins frais ou secs, les figues, les cerises etc.. 
remplacent l'alcool K\té grand avantage). 

En résumé l'alcool doit être intercnt dans tout exercice musculaire 

Srolongé ; il ne devra"" être permis que pour aider l'organisme à pro-' 
uire un effort supplémentaire et momentané, dans ce cas l'alcool agit 
a titre d'agent provocateur à la dépense nerveuse centrale. La réaction 
de fatigue survient très rapidement. L'économie perd en durée la 
force qu'elle peut gagner en vitesse. 

Les meilleurs aliments dans l'éduiiiation physique, les sports et le 
tourisme, qui puissent remplacer l'alcool, sont le sucre et l'albumine. 

> L« ànémoire précédanl Mf coaeliifloaf a's psf élé rédigé. 






C0NTRB,L*A1US DBS BOISSONS ALCOOLIQVBS ^ 239 

Annexe F 3 



Le rôle du médecin dans la lutte contre l'alcool 

PAR LB D** A. BIBNFAIT, OB LIBGB 

Depuis quelques années le nombre des Congrès antialcooliques se 
multiplie, tous les pays ploient sous le poids du fléau, aussi ont-ils 
tous à cœur d'organiser la lutte d*une façon sérieuse, et duiable. 

Tous les deux ans, les antialcooliques se réunissent, tantôt dans 
une contrée, tantôt dans une autre, et viennent se plaindre du mal 
qui étreint leurs concitoyens, se dire comment leur xœur saigne d'as* 
sister à un pareil spectacle, et surtout se concerter longuement sur 
les moyens d'endiguer le flot envahissant qui menace de tout immer- 
ger, enfin ils se (ont part les uns aux autres des essais tentés chez 
eux et des progrès réalisés. 

Tout homme, animé de quelques idées philanthropiques, a le devoir 
de s'intéresser à c^tte grave question et de joindre son modeste ap- 
port aux travaux déjà si considérables et si fructueux qui ont trait a 
cette matière. C'est pourquoi, je suis heureux de pouvoir vous entre- 
tenir quelques instants d un lacteur de tout premier ordre dans le 
bon combat. 

Qu'il soit humble praticien campagnard ou prince de la science, le 
médecin remplîjt toujours un rôle primordial dans la société, il s'est 
en quelque sorte constitué le tuteur de l'humanité, en ce sens qu'il a 
pris à charge par sa profession même, le soin de la santé de ses 
semblables. 

Ayant étudié d'une façon approfondie les lois de la vie, il connaît 
les écueils à éviter et crie constamment au peuple : Cessez une telle 
pratique, elle est dangereuse. Prémunissez-vous contre telle maladie, 
elle est aisément évitaole. Gardez-vous de telle imprudence, car elle 
aurait des suites funestes. 

Aujourd'hui, les médecins voient l'alcoolisme se répandre sans 
cesse, ils eh voient les effets désastreux devenir de plus en plus évi- 
dents et ils s'écrient à bon droit : gardez-vous de boire de l'alcool ou 
vous vous perdrez totalement au physique, et au moral, en même temps 
que vous abâtardirez la race ! 

C'est là un rôle magnifique entre tous, il l'est d'autant plus qu'il 
s'accompagne d'un désintéressement n'existant dans aucune autre pro- 
fession. Le médecii)vit de lamaladie et cependant travaille avecaroeur 
à diminuer le nombre des mala4es, l'hygiène n'a pas .d'apôtre plus zélé 
que lui, aussi a-t-il droit à toute la considération et à toute la recon- 
naissance de ses concitoyens. 



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240 vil* CONGRBS IMTBIlMATlOMAIf 

Mais comment le médecin peut-il combattre efficacement Talcoolisme? 

Tout d*abord chacun d'entre eux doit se mettre au courant de la 
question. 

Ne vous étonnez pas de cette aflSrmation, l*alcoolisme est une chose 
complexe et diflicile» présentant plusieurs faces, il faut Tétudier pour 
la connaître, et ne croyez pas que renseignement universitaire suffise 
le moins du monde, il est extraordinairement incomplet sur ce point 
si importante C'est la une lacune que nous lignalons. 

Aussi combien ne considèrent-ils pas l'alcool comme un aliment, un 
aliment d'épargne, par exemple, et d autre part, combien n'abusent*ils 
pas d'une manière eiTrayante de ce médicament auquel on attribue des 
propriétés bienfaisantes autant que contestables, mais à coup sûr si 
nombreuses qu'elles peuvent être utilisées chez presque tous les 
malades. 

Cette étude personnelle de l'action de l'alcool et' du danger de l'al- 
coolisme terminée, le médecin sera forcément devenu un adversaire 
acharné de Temploi de ce produit. Je ne connais pas une seule personne 
qui n'ait été convaincue de son influence néfaste après s'être mis sim- 
plement au courant de la littérature spéciale à cette question. 
' Le praticien perdra alors cette habitude invétérée et condamnable 
de prescrire constamment de l'alcool et trop souvent sous la forme 
d'un produit commercial tel que l'eau-de-vie, le rhum, le cognac, etc. 
Ordonné en potion selon les formules de Todd ou de Jaccoud, l'alcool 
produit l'efTet désiré* mais incognito sans que le malade ait la moindre 
tendance à lui attribuer sa guérison. 

Prescrit au contraire sous la forme d'un vin fort ou de boissons 
spiritueuses, il a l'inconvénient d'enraciner davantage la coutume 
d en faire usage en tous temps. Il arrive même que, lorsque l'heure du 
médicament arrive, ce n'est pas seulement le malade qui y a recours, 
mais fréquemment la famille ou les amis en visite a ce moment. 

Les préjugés relatifs aux vertus considérables de l'alcool sont très 
nombreux et très répandus, le médecin au courant les connaît et 
les combat b tous instants par une argumentation serrée et péremp- 
toire. Qu'il soigne le pauvre dans sa'cnaumière ou le riche dans son 
palais, il redresse les mêmes erreurs et condamne le même ennemi 
caché soiis des aspects difTérents. 

Nous devons donc rendre tous les médecins sympathiques à la grande 
cause que nous défendons, nous devons arriver aussi à leur faire con- 
naître les idées toutes récentes et les faits scientifiques bien acquis. 



I Nous nous ploitont à rendr* ici honimag* à M. 1« profefMur D«boT« qui a eoniacré 
•• UçoB d'oaveriurc de ceiU annét, à l'expotlUoD ae U qmiUoB de l'elcoolieme. Le 
plupert des journaux médicaux ont reproduit eoa béen diecoure en première pege. 

s 11 y aurait beaucoup à dire à propos de TecUon de Telcool en thérapeoUque, ce qui 
est certain, c'est qu'on pourrait le sapprimer totalement sans noeun préiadice puisque 
les Tempérance liotpitaU anglais et américains l'ont absolument banni de leurs pnarma- 
cies et s'en trouvent fort bien. 






CONTRB L*A1IJ8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES , 241 

Ceux-ct sont presqu*inconnus parce qu'ils sont éparpillés dans des 
revues de laboratoires dont se soucie fort peu le médecin praticien. 

Nous ne concevons qu'un moyen de remplir tous ces desiderata, 
mais il est bon. Il consiste à organiser une Société Médicale de Tem- 
pérance dans laquelle entreront d'abord une poignée de médecins de 
bonne volonté. 

Cette association s'attachera a répandre les idées antialcooliques 
dans le corps médical par divers moyens, discours,' conférences, etc. 
Mais surtout par la rédaction d'un journal périodique, trimestriel par 
exemple, qui sera envoyé régulièrement au plus grand nombre possi- 
ble de médecins. Cette société manque en Frantse, on peut l'établir 
facilement, et il est urgent de le faire. Cette idée arrive à «on heure, 
ce qui le prouve, c'est qu'elle a pleinement réussi en Belgique. 

Au dernier Congrès antialcoolique nous avons eu l'honneur de pro- 
poser aux médecins Belges de suivre l'exemple des confrères étran- 
gers, Anglais, Allemands et Suisses et de fonder une Société Médicale 
de tempérance. Cette proposition ayant été accueillie avec la plus vive 
sympathie par les confrères présents, nous avons provoqué une réu- 
nion des autorités médicales antialcooliques afin de jeter éventuelle- 
ment les bases de cette association. 

Notre appel a été entendu et cette société a vu le jour sous les 
meilleurs auspices. Actuellement elle compte 135 membres. 

Voici le règlement : 

Articlb I. — Il «tt créé une AiiocUtion prenant U nom de Société médicale belge de 
Tempérance, Cette Société, ouverte à toute personne exercent l'ert de guérir* se propose 
d'étudier à fond et tous toutes ses fèces U grève question de Tnlcoolisme, de répendre 
per le plume et In perole le fruit de ses études, et enfin de mettre en pratique les idées 
qu'elle défend. 

Art. II. ^ Les membres ne prescriront l'elcool que d'une façon passagère et seule- 
ment dans les cas où ils le jugeront indiqué d'une façoç formelle. 

Art. III. ^ La Société se réserve le droit de combattre Tabus de toute substance 
médicementeuse pouvant nuire 4 la santé pbysique, morale ou intellectuelle de Tbomme. 
telles que la morpbine, la cocaïne, l'étber, etc. 

Art. IV. — Les membres de la Société se répartissent en : 

a) Membres ErrECTiFS déclarant s'abstenir complètement de toutes boissons distillées 
(rbum, cognac, eau-de-vie, etc.) mais faiêant an œage très modéré de boiêêonê fermeatéeê 
(vin et bière). 

h) MEMBREt ASSOCIÉS ss déclerBut non seulement sympathiques h la cause de Tantial- 
coelisme, mais s'cngagcaUt à ne faire qu'un oêage très modéré de boissons alcooliques 
quelconques. 

Les membres peuvent passer d'une catégorie dans l'autre sur leur demande et pour un 
délai qu'ils indiquent. 

Les étudiants peuvent être admis comme membres de la Société. 

Le titre de membre correspondant est réservé aux médecins étrangers. 

Le titre de membre d'honneur pourra être décerné aux personnes syani bien mérité de 
la Société. 

Art. V. — La bureau, recruté parmi les membres effectifs permanents, est élu pour 
deux ans à la simple majorité des voix. U est rééligible. 

Art. VI. — La Société tiendra un nombre da séances aussi considérable que de besoia 



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VII* CONGIIBa llTTBBlfATlOVAL* 



La dernière séance de l'année est ipécialemeat coaMcrée à U fizalioa de Tnanate ^ el aux 
élections : ù ce litre, elle est obligatoire. 

Art. VII. — Les séances auront ordinairement lien à Braxallae, mais poorraieni, à 
l'occasion, se tenir dans une autre localité. 

Ait. Vni. — Les membres de la Société reoaTront nn/oairiMl êpéeUl publié tona la 
direction du bureau. Tous les membres de la Société eontinTitéaà çollaborar à ce jonroal. 

Art. IX. — Il sera institué une hil^Uûtkèquê «ircuUniê an mojan d'achate, da doua oo 
d'emprunts. 

Les membres sont supposés avoir reçu les livres anyo/éa par la poetOr t'ila wê réala- 
meat pas en temps utile. ^ 

A moins de circonstances spéciales, Il ne sera pas prêté plus da S livrae ou brochures à 
la fois. 

Les prêts se font pour aik mois. Après trois rappels distaala de qnlnaa jours et restée 
sans réponse, le lecteur sera considéré oomma acqiiérattr pour atttaQl que las livras se 
trouvent encore en librairie. 

Pourquoi le règlement demande-t-il aux membres effectifs un léger 
sacrifice : la privation, si c*en est une, des liqueurs fortes et concen- 
trées ? Ne suffirait-il pas de réunir tous les hommes de bonne volonté 
dans une action commune, sans leur demander d'autre tâche que celle 
de répandre simplement les données scientifiques actuelles? Non» 
évidemment, cela ne suffit pas : les médecins n*ont-ils pas 4cpuis 
toujours élevé la voix contre les abus de l'alcool ? Et cependant le flot 
envahissant de Talcoolisme monte, monte toujours ! 

C'est qu'il ne suffit pas de combattre les préjugés par la parole, 
quelque vibrante ou persuasive qu'elle soit, il faut plus encore : la 
conduite même du praticien doit témoigner de ses opinions. Il ne faut 
pas que, le verre ii la main, il soit réduit k s'écrier: « Faites ce que 
je dis, mais n*imitez pas ce que je fais. » La logique déclare que de 
tels procédés entravent tout succès, çt l'expérience ne démontre qae 
trop le bien fondé de cette assertion. 

Ily a un an, bien des esprits sceptiques ont souri à l'annonce de la fon- 
dation de la Société Médicale Belge de Tempérance et.se sont attendu^ k 
voir nos efforts couronnés d'un insuccès complet. Cette appréciation - 
n'était pas faite pour nous décourager nous l'avions prévue, nous savions 
en effet que si les médecins se déclarant absolument ennemis de tout 
abus d'alcool sont très nombreux, leur effort pour répandre leur façon 
de voir est parfaitement négatif. Voyant )a population entière du pays 
payer un tribut énorme k l'alcoolisme, ils jugent sans doute le mal si 

Srand qu'ils désespèrent de ne jamais rien obtenir et, découragés avant 
'avoir rien entrepris; manquant eux-mêmes d'initiative, ils n'attachent 
aucune importance aux essais des autres. Cependant, il faut bien 
que quelques-uns commencent ! C'est ce que les fondateurs de notre 
société ont pensé et ils ont écrit carrément en tète de leur programme: 
La Tempérance, parce qu'ils ont jugé que c'était la le grand levier 
dans la lutte antialcoolique, sans son aide efficace, on ne peut arriver 
k rien de duVable. 

1 L'annate actuelle est fixée à S francs. 



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coirraB l'abqs dbs boissons , alcooliques 243 

Qtt*il nous soit permis d'appuyer un instant sur ce point, car il est 
fondamental. Si bien des gens manquent de courage dans la lutte 
antialcoolique, c*est pour un qiptif ordinairem^fnt inavoué, mais -ce- 
pendant bien réel, c*est uniquement parce qu*ifs font eux-mêmes usage J 
d*alcooI. . i • : 3 

Sans cesse sous Teffet des illusions des sens, ils paient un lourd 'f 

tribut il la série des erreurs courantes qui veulent que l'alcool soit • ^ -^ 

utile et bon quand même. Les boissons fortes en effet n*ont-eIles pas ''.^ 

la réputation usurpée de réchauffer quand on a froid, de^ranimer quand 
on est fatigué, et Uieu sait combien ces cas sont fréquents ! 

Ces hommes parfaitement conséquents avec eux-mêmes, ne peu- 
vent raisonnablement combattre l'usage de rklo'ooi chez ^^es autres 
alors qu'ils Tadmettent pour eux, il doit même )eur paraître cruel de 
le défendre aux travailleurs, auxquels il devrait semble-t-il rendre 

Îuotidiennement de véritables services. Aussi préconisent-ils des 
emi-mesures : ils croient loyalement que Ton peut éviter Talcoolisme 
en combattant le mal par la plume et par la parole. 

Nous voila arrivés au cœur iAème de la question, et nous compre* 
nous maintenant pourquoi dans"* tous les pays où on a obtenu quelque 
résultat, ce sont les sociétés de tempérance (ou plut6t d*abstinencej qui 
ont donné le ffrand coup. C'est qn en effet, leurs membres ne faisant 
pas usage d'aîcool distillé ou même d'alcooF sous aucune forme spnt 
au-dessus des préiuffés vulgaires, ils savent eux, et ceU psr expérience 
personnelle, que l'aTcool ne donne pas de force, que la stimulation 
qu'il provoque moinentanément est sans efficacité réelle, et en résumé, 
que 1 usage dès boissons alcooliques est non seulement périlleux mais . 
pariaitement inutile. Ils savent bien aussi que l'usage modéré est un 
mythe impossible a réaliser eiï pratique. 

Qui oserait en donner une. définition .exacte pouvant s'appliquer a 
tous? 

Qui d'autre part aura la hardiesse d'exposer la question de l'al- 
coolisme et de conclure : moi je puis boire parce que je suis résistant (?) 
Mon système nerveux est solide et mon hérédité sans tache, mais vous, 
vous ne le pouvez pas, parce que vous ne vous trouvez pas dans les 
mêmes conaitions, vous êtes affaiblis, mal nourris, mal constitués, 
trop sensibles au poison. 

Messieurs, je me résume : le rôle du médecin dans la luUe antialcooli- 
que est de toute première importance. Afin qu'elle dorme tous lee fruité 
qu'on est en droit d'en attendre, il faut qu^une jÊOciéti de médecine pra^ 
tiquant la tempérance ee crée^ afin d'organiser le mou^ment et notam^ 
ment dans le but de faire une propagande active et bien conçue parmi 
tous les membres du corps médical. 



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244 



VII* CONGHU INTBMIATIOIIAL 



Annexe N"" 4 



Les préjugés en faveur de la consommation de l'alcool 

et leur réfutation scientifique 

PAR LE D** A. BlBNFAlTy DB LfBGB 



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Au Congrès de Bruxelles, nous avons entendu M. Roohat nous ex* 

S oser d*une façon frappante la définition, Thistoire et Timportanctf 
es préjugés. Il nous a montré l'influence considérable et pernicieuse 
de ces sortes d'axiomes admettant comme vraies les erreurs les plus 
flagrantes. ^ 

Semblables h l'ivraie qui infeste les champs, renaissant et se répan- 
dant continuellement, les préjugés sont d'autant plus difficiles a at- 
teindre qu'ils sont universellement répandus et sont considérés, a 
Téfi^al des proverbes, comme l'expression de la sagesse des nations. 

Notre but sera d'entreprendre un à un les quelques préjugés le 
plus en honneur, nous rechercherons en quoi ils sont erronés et nous 
mettrons en lumière, autant que nous le pourrons, l'illusion qui ha- 
bituellement voile la vérité. 

Nous ne nous dissimulons aucunement la diflliculté de notre tâche, 
mais nous l'abordons cependant avec courage, car en attaquant les 
préjugés, nous combattons une des causes qui font la lorce de l'al- 
coolisme et nous enlevons la meilleure arme à nos contradicteurs. 

V alcool esl'il un digestif? — Cette affirmation s'appuie sur une 
simple illusion de nos sens. Il arrive, en effet, qo'après' un repas 
copieux, la digestion soit pénible, l'estomac se distend et donneune 
sensation désagréable ; si, à ce moment, vous prenez un verre de 
liqueur, disent les défenseurs des eaux-de-vie, élixirs' et autres pro- 
duits industriels, vous sentez une détente se produire; l'alcool vous a 
rendu service, il vous a fait digérer ! 

Que faut-il retenir de cette allégation ? Fort peu de chose. 

En réalité, la bonne foi a été surprise. La tunique miisculaire de 
l'estomac a pour fonctions de se contracter et de brasser la masse 
alimentaire avec le suc gastrique qui doit la dissoudre et la digérer. 
S'il lui arrive de faiblir, nous éprouvons une sensation de gonflement 
produite par la distension de 1 estomac, a ce moment, l'alcool, pris, 
sous une iorme concentrée, vient surexciter cette tunique musculaire ; 
elle se contracte momentanément et fait passer dans l'intestin une 
partie du contenu stomacal. Mais est-ce la une chose désirable, cet 
eff*et est-il utile ? Voilà la question. Quant à nous, nous sommes d'avis 
que cet eff*et, agréable peut-être, est cependant pernicieux, car les 
matières non digérées arrivent au contact de la muqueuse intestinale 






COKTHB l'aIUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 245 

si délicate et Timpresslonnent défavorablement. ' SI cette action se 
répète fréquemment, elle amène une dyspepsie intestinale chronique. 

D'ailleurs, Talcool agit de multiples façons sur Tacte de la diges- 
tion et toujours dans un sens. défavorable. 

Comme nous Tavons déjii dit antérieurement S il y a surtout trois 
contre-indications qui devraient en faire proscrire Temploi. Ce sont 
les suivantes : 

1* L*alcool irrite d*abord la paroi de Testomac, puis il Tanesthésic, 
c'est-a-dire rinsensibilise,etlamet par conséquent dans des conditions 
anormales ; cet organe doit sécréter le suc gastrique qui dissout les 
aliments ; il doit de plus se contracter et se relâcher continuellement 
pour pétrir la masse alimentaire. et la mélanger intimement a ce suc 
gastrique ; sous Tinfluence de Talcool ces oeux fonctions tout ii fait 
primordiales sont surexcitées puis diminuées et parfois même enrayées. 

2* Les spiritueux amènent la dilatation des petits vaisseaux qui se 
gorgent de sang. Or, pour que la digestion se fasse dans de bonnes 
conditions, le sang doit affluer a Testomac, mais comme il ne peut 
s'accumuler partout a la fois, s*il se porte en masse vers la peau, il 
doit abandonner Testomac. Chacun sait d'ailleurs combien il est dan- 
gereux de prendre un bain, fût-ce un simple bain de pieds, après les 
repas ; le danger provient de ce qu*un bain de pieds attire le sang 
dans les jambes ; un bain général Tattire a la peau lors de la réaction. 
L'alcool produit un résultat analogue. 

Cela suffirait déjà à nous expliquer la lenteur des digestions et la 

E rédisposition aux malaises et aux indigestions si fréquentes chez les 
uveurs. 

3*^ Enfin l'alcool pris au moment des repas imprègne les aliments et 
empêche l'action dissolvante du suc gastrique. 

Il suffit de faire une digestion artificielle in vitro pour s'en assurer. 

Enfin rappelons que les buveurs sont tout spécialement prédispo- 
sés aux affections des organes digeëtifk c'est-à-dire de l'estomac, des 
intestins et du foie. Ils souffrent du catarrhe pituiteux, de l'ulcère 
rond, ils sont prédisposés aux cancers du pvlore et du cardia, ils 
finissent souvent leur triste existence par la cirrhose hypertrophique 
ou atrophique du foie. 

Il est donc impossible que l'usage de l'alcool ait la moindre utilité 
au point de vue de la digestion. 

L'alcool eêt4l un apéritif. — Puisque l'alcool est contraire à la di- 
gestion, comment pourrait-il être un apéritif? C'est-à-dire une subs- 
tance bienfaisante agissant favorablement sur l'estomac et préparant 

1 Uê préjugée pQpuUireê en fût*êur de Vûtcoof, ^ Société Belg« d« tempérance, 
BroMllet, rtt« Dupont, 43, ISM, 

T. n 17 



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246 vu* CONGRES INTBIINATIOMAL 

cet acte important ? Néanmoins nous avons consulté beaucoup de per- 
sonnes sur le point de savoir si vraiment Talcool, c*esi*à-dire Teau-de* 
vie, les amers, et spécialement Tabsinthe, leur ouvrait véritablement 
Tappétit, beaucoup nous ont répondu non, les autres nous ont assuré 
que oui. 

Une seule chose nous étonne dans ce peu d*unanimité. nous croyions 

3ue tous diraient oui, car nous nous expliquons parfaitement qu'une 
ose d'alcool prise ii jeun donne la sensation de faim. Voici comment: 
lorsqu'on excite Testomac il répond à cette excitation par la sensa- 
tion qu'il est accoutumé ii donner, que Ton ait employé la moutarde, 
le vinaigre, Talcool ou tout autre excitant. 

Nous pouvons comparer, jusqu'à un certain point, ce phénomène à 
celui qui se passe pour le nerf optique. Ce nerf est habitué h donner 
des sensations lumineuses, de sorte que si l'œil reçoit un coup, il 
donne une sensation de lumière, même dans l'obscurité la plus 
complète. 

Le sentiment de faim qui accompagne les libations est donc factice, 
il n'est pas comparable ii celui qu occasionne le bouillon concentré 
ou les entremets. En d'autres termes, la digestion qui suivra ne sera 
ni plus rapide ni plus complète qu'en temps ordinaire, loin de la. 
Trousseau a dépeint cette situation par une expression bien juste, 
(( Faire usage d'apéritifs a base d'alcool, c'est s'ouvrir Testomac avec 
une fausse clef. » 

D'ailleurs, toutes les personnes de bonne foi le reconnaissent, on 
prend l'apéritif, non pas pour augmenter Tappétit, mais simplement 
pour obéir h un usage irrationnel. On ne se contente pas de prendre 
un verre, on en absorbe plusieurs et lorsqu'une demi-heure ou une 
heure plus tard on rentre chez soi pour prendre son repas, il y a 
longtemps que la sensation de faim a fait place à de l'inappétence. 

U alcool esi-il un aUinenl? — Nous abordons ici une question délicate 
sur laquelle a régné pendant longtemps la plus granoe obscurité. Au- 
jourd'hui encore les avis sont partagés, les uns admettent que l'alcool 
s'oxyde et donne lieu a de l'acide carbonique et de l'eau, les autres 
veulent que cette substance traverse l'organisme plus ou moins lente- 
ment mais sans se modifier. Nous avons démontré autre part ^ que 
l'alcool se détruit dans l'organisme mais que malgré cette circonstance 
il ne peut pas être considéré comme aliment. 

Afin d'éviter tout malentendu, il importe d'abord que nous définis- 
sions exactement ce que nous appelons un aliment. D'après nous, on 
doit donner ce nom aux substances qui, introduites dans notre orga- 
nisme sous une forme quelconque, sont d'abord assimilées, puis, enfin 
de compte, s'oxydent de façon h produire un effet calorifique, dynami- 

1 D' Dienruit. « L'ulcool s'osyde-t-il dans l'organisme. » BuUetiii de U Société Médicale 
Uclge de Tempcruncc. 1899, n* 9. 



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CONTRB L*A1U8 DBS BOISSONS ALCOOLtQUBS 247 



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que, etc., indispensable au maintien de la vie. Mais il faut de plus ^ 

que rexcédentde ces matières puisse se déposer dans' notre corps de . \ 

flacon a constituer une provision utilisable au moment du besoin, enfin, ' - 

il iaut aussi que l'usage de ces substances ne soit jamais nuisible. 

La viande, le pain, les œufs, le lait et d'autres substances encore 
répondent en tous points a cette définition, mais ce n'est pas le cas 
pour d'autres substances telles que l'alcool, la créatinine, les acéta- 
tes, etc., etc. 

L'alcool produit, il est vrai, un certain nombre de calories, mais il 
est démontré qu'elles ne sont pas même utilisées a augmenter la cha- 
leur du corps ou la force musculaire {Branthwaite, Désirée, etc., etc.). 
Jamais on n'a prouvé l'emmagasinement de l'alcool en une 'substance 
insoluble telle que la graisse ou le glycogène. Enfin il conduit à la 
dégénérescence * de tous nos organes et agit même indirectement sur 
la constitution de nos descendants ! 

Dire que l'alcool constitue un aliment, constitue donc un non sens. 

Quant au vin et a la bière, il serait insensé de les considérer comme 
du pain liquide, ils contiennent absolument trop peu de substances 
nutritives pour cette soutenir comparaison. 

L'alcool réchauffe'i'il? — Le préjugé oui veut faire de l'alcool une * 

substance utile b ce point de vue^ s*appuie sur une erreur d'observa- 
tion très intéressante. 

En effet, quand nous avons froid, en hiver par exemple, la tempé- 
rature de la peau descend entre 25* et 30*, tandis que le sang accu- 
mulé a l'intérieur du corps conserve sa température normale de 37% 
Si dans ces circonstances nous prenons de l'alcool, le sang aillue à la 
peau par suite de la vasodilatation des petits vaisseaux (paralysie des 
nerfs vaso moteurs). 11 s'en suit que les nerfs sensibles de la peau 
passant rapidement de 25* à une température supérieure accusent cette 
sensation de chaleur qui a été constatée par tant de personnes. Mais 
en réalité le sang s'est refroidi à la peau et tout le corps s'est par Ik 
même refroidi en même temps ainsi qu'en témoigne le thermomètre. 
(Sée, Richardson, Binz, Branthwaite, etc.). 

Cette explication dopnée par la science est confirmée par la prati- 
que. (Expéditions polaires, rapports des généraux, etc., etc.). 

L'alcool esl'il un ttimiilant? — Autrement dit, l'alcool augmente-t-il 
la capacité de travail musculaire ou intellectuel ? 

Nous pourrions répondre d'emblée non, il n'y a h proprement parler 
que les aliments qui puissent donner des forces, or l'alcool n'est pas 
un aliment. Mais nous avons toute une série d'arguments qui démon- 
trent que cette proposition est erronée. 

* D' Bienfait. « GeaèM d«f tétions matérioUes, d*oriBin« nlcooUqu«. » A»nûle$ d« U Soc. 
Méd. Chirurgicale do Liège, 169S. 






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248 vil* CONGRES INTBlIlirATIOMAL 

Il y a d^abord les faits observés couramment» l'opinion des sport- 
men, cyclistes, coureurs, rameurs, etc., qui pour rien au monde ne 
prendraient de Tnlcool avant une course; il y a aussi les résultats 
d*expériences spéciales avec contre épreuves, réalisées par les méde* 
cins faisant travailler sous leurs veux les équipes de soldats ou d'ou- 
vriers, buvant ou ne buvant pas de l'alcool. 

Il y a aussi les expériences de laboratoire fixités par le. professeur 
Destrée et prouvant mathématiquement et avec chinres à l'appui, la 
diminution de travail que produit l'usage de l'alcool. 

Rappelons- enfin la théorie de Smieoeberg, qui loin de considérer 
Talcool comme un excitant, l'appelle un paralysant. La première 

fériodc de Tivresse et l'excitation qui la caractérise, proviendrait de 
efiet paralysant de l'alcool sur les centres supérieurs. L'action inhi* 
bitrice de ceux-ci cesse de se faire sentir et les centre^ inférieurs livrés 
il eux-mêmes jjaraissenl surexcités jusqu'au moment où ils subissent à 
leur tour l'edet narcotique. 

L'cfl*et de Talcool sur le travail intellectuel est absolument défavo- 
rable ainsi que Tout démontré Rigde, Smith et d'autres encore. 

V alcool préscrve^t'il des maladies contagieuses? ^- On conçoit que 
le peuple attribue h Talcool un rôle protecteur de premier ordre, une 
substance qui réchauffe, qui nourrit, qui fait digérer, qui fortifie, doit 
véritablement avoir les plus grands rapports avec une panacée uni- 
verselle. Nous venons de montrer que l'alcool a une réputation usurpée 
à tous points de vue, il s'en suit qu'il a bien peu de chance à ce 
qu'il soit un préservatif pour les maladies contagieuses. Mais « l'alcool 
tue les microbes » dit-on, dès lors, et à ce seul titre son emploi 
doit être précieux. 

Voila encore une grosse erreur. En bouteille, « in vitro » l'alcool 
est antiseptique parce qu'il est très concentré. Mais il nous est 
impossible de le boire sous cette forme, y arriverions-nous même, 
il se diluerait dans notre corps. Le sang d'un buveur ne contient vrai- 
semblablement pas une concentration supérieure à un pour mille 
d'alcool. 

D*autre part notre organisme lutte par lui-même contre la conta- 
gion et cela par des procédés multiples. 

Les microbes inhalés par la respiration, s'engluent dans* le mucus 
des bronches et sont reconduits au dehors par les cils vibratifs. 

Ceux que nous avalons sont détruits, digérés par le suc gastrique. 

Et enfin, ceux qui par impossible, arrivent dans le sang ou dans les 
organes sont combattus par les globules blancs du sang et de la 
lymphe. 

Pour évitc> une maladie contagieuse, il faut donc que notre orga- 
nisme soit bien intact, très bien portant. 

Or Talcool dérange les fonctions de l'estomac (dyspepsie), irrite les 
bronches (bronchites) et insensibilise les globules blancs. Donc, boire 






CONTAI l'aIUS DBS lOISSOUrS ALCOOLIQUB8 249 

en temps d'épidémie, o*est faciliter Taccès des microbes, c'est courir 
au devant de la maladie. 

Les faits sont d'accord avec ces explications, c'est toujours le len* 
demairt des fêtes que les morts sont les plus fréquentes ep temps de 
choléra. Ce sont les buveurs qui sont le plus souvent malades (Sociétés 
de Secours Mutuels anglaises) et enfin rappelons que l'Institut Pasteur 
a observé l'action néfaste de l'alcool sui^Pimmunité ^ 

On ne pourrait pat çiçre tant alcool. — L'habitude de boire de l'al- 
cool à tout propos s'est tellement enracinée dans nos régions, que 
bien des gens, de bonne foi, se figurent que l'alcool est nécessaire à 
la vie ! - . \ 

Il n'est pas besoin de longs discours pour réfuter une erreur aussi 
phénoménale. Contentons-nous de répéter que l'alcool provoc[ue des 
maladies par son seul usage fAthéromasie, dégénérescence graisseuse, 
cirrhoses, etc., etc.,) et qu'il prédispose à beaucoup d'autres. (Ano- 
malies de la nutrition — Malaaies infectieuses.) 

Ajoutons d*autre part que des peuples entiers (les Musulmans) s'abs- 
tiennent d'alcool depuis des siècles. 

Disons enfin qu'il y a chez les Américains, les Anglais, les Scandi- 
naves, eic, eXCf des millions d'abstinents totaux qui se portent telle- 
ment bien que les Sociétés d'assurances sur la vie leur font des réduc- 
tions considérables. 

L'alcool fait du bien aux enfants. *- Chacun sait combien les 
enfants sont délicats. Le moindre écart de régime leur occasionne des 
entérites très souvent mortelles. Quand la mère ne peut nourrir son 
enfant il arrive que ni le lait de vache, ni les farines, ni aucune pré- 
paration ne peut être utilisée, bien mieux, certains enfants dépérissent 
dans les bras de leur nourrice, il faut changer jusqu'au moment où le 
lait leur convient. 

Cependant nous trouvons des personnes qui donnent du cidre, de 
la bière, du vin, des spiritueux même, aux enfantai A-t-on idée d'une 
aberration pareille ? 

Ce qui ruine la santé de l'homme adulte est un poison dangereux 
pour 1 enfant. Ce qui le prouve dans ce cas c'est 1 énorme mortalité 
infantile dans les milieux ouvriers, par entérite, par bronchites et 
pneumonies *' et par convulsions. 

Donc Jamais d alcool aux enfants ! ^ 

> Annales de l'Institat PatUar. Décembre S7. 

* L'alcool congetUonne les ponmoni et affaiblit le ceenr. 

' Vîmfiuênet de Valcooi «nr VimMUgtncê, — Lee antoritée de la ville de Bonn ont fait 
procéder récemment à ane enquête inr l'alcooliime parmi lei élèves des écoles primaires. 
Les constatations auzqnelles cette opération a -donné lieu sont loin d'être rassurantes. 
Setse enfants sur cent ne buTaient pas de lait et refusèrent absolument d'en boire, sous 
prétexte que ce breuvage manquait de saveur. Sur 247 élèves, Agés de sept A buit ans, 
que comptent les écoles primairee de Bonn, il ne s'en trouva aucun qui n*eùt déjà bu du 



250 VII* CONGRBS INTERNATIONAL 

L'alcool n'empêche pas la longévité. — Cette affirmation est naïve 
en face du faisceau compact des faits démontrant la nocivité de 1 alcool 
et notamment en face des statistiques anglaises comparant la morbi- 
dité et la mortalité des buveurs ordinaire» a celle des abstinents totaux. 

Survie de 23 *.'« en faveur de« abiUnenU. 

Morbidité 33 */• en moini id. id. 

Mortalité beaucoup plut forta dans toutes les professiont où Tutaga de Talcool 
est habituel (cuieticrs, brasseurs, maçons, etc.). 

Mais on aime h citer des buveurs invétérés portant allègrement un 
âge avance et frisant les 90 ans ! 

Nous pouvons reprendre le vieil argument et dire ce sont la des cas 
exceptionnels, il y a des syphilitiques qui vivent très vieux, des tuber- 
culeux de même. Mais nous préférons appeler Tattention sur ces faits : 
c*est que l'alcoolisme est récent, c*est qu'il augmente constamment, 
c'est qu'il agit snr l'hérédité. 

Les pères de ces vieillards buvaient peu. 

Ils paraissaient boire beaucoup dans leur temps mais ils buvaient 
en réalité beaucoup moins que leurs petits-enfants actuellement jeunes 
hommes. 

Voilii pourquoi ils sont encore si résistants. Mais en sera-t-il de 
même de leurs fils et petits-fils ? 

On cite parfois aussi les résultats d'une enquête faite par les mé- 
decins anmais et donnant comme résultat que ce sont les buveurs 
modérés d'alcool qui vivent le plus longtemps. Outre que nous 
n'avons jamais pu nous procurer ce document afin de nous rendre 
compte des conditions de cette enquête, nous déclarons attacher 
beaucoup plus d'importance aux conclusions diamétralement opposées 
auxquelles arrivent les sociétés d'assurances sur la vie en Angleterre, 
elles sont en effet basés sur l'intérêt, puisqu'elles font des diminu- 
tions de tarif aux abstinents c'est qu'elles savent qu'elles ne perdront 
pas d'argent. 






Comme conclusion !i cette étude, que le manque de place nous a 
forcé k condenser, nous dirons que : ralcool, très nuisible d'ailleurs 
par lui-même, na aucune utilité réelle dan» la i^ie courante^ et par 
conséquent on doit le bannir de la consommation et le considérer 
simplement comme un médicament. Il ne doit donc être débité que par 
les pharmaciens, et seulement sur Vas^is du médecin, 

vin. de la hi6re ou de l'enu-de-vie. 25 p. c. n'araient jamais goûté d'eau-da-vie, mais 
buvaient babituellenient de la bière ou du vin. 8 p. c. àt ces enfants recevaient quoti- 
diennement de lu main de leurs parents un verre (Taaa-de-via, « afin de devenir forts ». 

Certains ctnicnt habitues ou cognac. Il ressort d'une façon absolument certaine de l'en- 
quête faite à Bonn que, plug Ui enfants $oml accoutumée à l'aleool, piui leur imteUigence e$i 
pareêêeuêe. Ceux qui déjeunaient le matin avec un verre d*eau-de-vie ou de cognac et <|ui 
ne trouvaient nu lait « aucune saveur » se trabissaient par leur inattention compléta 

gendant la première heure de la matinée. Un fait singulier révélé par le rapport da 
onn, c'est que les jeunes filles qui déjeunent avec du cognac ou de 1 eau-de*vie sont en 
beaucoup plus grand nombre que las jeunes garçons. 



CONTM L*ABU8 DBI •OI880N8 ALCOOLIQt)B8 25 1 

Annexe B'' 5 



Alcoholism in Amerlc^i 

•Y CLARK BILL, B8Q. L. L. D. 

Prciîdeat Amaricaa loternatioBAl ll«dico*L«f«l CoafMtt : Honora ry Membor Medico- 
Lcfol Sociely of Frooce, Hoaororj Moinbor Society bf MeaUl Medicino of Belftnin. 
Ei-Pre»ident Modico- Légal Sociely of New- York. Editor Medico-Lefol Jouraol. 

Tnifau d* ta Boddld aiédloo-MgBto d* Ntw-Tork coacaraaBt ftloooltamt 

rAK M. CLAKK KKLL 

Doct««r en droit, Préiideat du Goagrèt AméricaiB latematioBol nédico-léfal, etc.» etc. 



Àmaijfêt, — L'alcoolique devaat la loi ; quels toat ees rapporte avec elle ? ta reepoaea- 
bilité deae lee affairée. C'est ce que nons appread nae liste trèe loafue d'oarrayes on 
d'articles publiés snr le sujet et portant des titres tels que ceux-ci : 

• La Jurisprudence médicale de l'ivraese s, par le D' J. Parish. 

« Les Juifs n'ont pas Tbabitude de l'alcool s, par le savant Morita BlUnger. 

• L'Evolution judiciaire quant à la reeponsabilité des alcooliquee s, par le D* Clark 

Bell Itti-ménie. 

Etc., etc., etc., ele. 

(Mtmoirt de kikiiogrmpkiê pmrel, 

The a88einbHng of an international Congre88 in Paris, France, for 
the di8CU88ion orstibjects relating to the abu8e8 ofalcoholic beverages; 
is an important event; not onl^ to the Studenta on Sociology, but to 
ail thoae interested in the relation ofthe Inebriate to the law, and the 
administration of Justice in the Courts. 

It has seemed to me that the work accomplished in the Western 
Hémisphère in this direction, could not fail to hâve a certain interest 
to our confrères in European Countries ; and that a mère summary of 
thèse labors, would be aeemed valuable to the men of science throu- 
ghout the world. 

I propose therefore as mv contribution, to the labors ol the 7th 
International Congress of 1899 in Paris ; to briefly review slightly 
notice, and recapttulate, the work of the Medico«Legal Society oY 
New* York, with which I hâve been prominently identificd for more 
than a ciuarter of a century : 

The medico-Legal relations ofthe inebriate, in business, in social 
aflairs, and his responsibility before the law ; hâve for many years 
cngaged the attention of the m edico-Legal Society. 

As early as December, 1868, Dr. Stephen Angers, opencd the 



>^ y.i't^ ■r>..^v} ' • ' " - .* 



252 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

discussion by a paper, upon the influence of Methomania upon Business 
and Criminal responsibillty. This was foUowed in the same year by a 
paper entitled « Methomania », by Dr. James J. 0*Dea. 

In the fall of 1869, « The Law in Référence to Suicide and Intem* 
perance in Life Insurance » was, made the subject of a paper by Wm. 
Shrady, Esq., of the New-York Bar. 

In the paper upon Heredltary Diseases of the Nervous System read 
by Stephen Rogers in 1869 befoVe the Society, considérable space 
waa given, and stress lajd, a upon » the Degeneracy of Alcoholic 
Inheritance », and the proposition was made in view of the unusually 
lage number of persons, who had during 1866 and 1867 been 
adjudged diposmaniacs, that « the Medico-Legal Society would be 
ready to décide by a very large vote, that there was such a disease as 
Alconolism, that one of its forms was Methomania : and that it was 
an heredltary and, of course, a transmissible disease. » (Medico-Legal 
Papers Séries I, pp. 87-88). 

In March, 1869, Wm. Shardy, Esq. read before the Medico*LegaI 
Society a paper containing the Act passed April» 8, 1864, in Tne 
State of New- York, to establish an Asylum for Inebriates in the city 
of New- York with the amendments of 1867. — (Medico-Legal Papers, 
Séries I, pp. 92-96). Also, the Acts of May 9, 1867 (Chap. 843, Laws 
of 1867), to incorporate the Inebriate Home of Kings County and the 
Amendments thereto in 1868. (Medieo-Legal Papers, Séries I, 
pp. 97-99). As well as the several Acts for the relief of The New- York 
State Inebriate Asylum, passed April 15, 1859; March 21, 1861; 
April 15, 1864, and March 31, 1865, with a résume of the law, 
regarding the case of habituai drunkards. — (Ibid., pp. 102, et. Seq). 
— In the same year December 9, 1869, Dr. S. TeUer, read a paper 
before the Society, entitled « Médical points in regard to the Suicide 
and Intempérance proviso, in Life Insurance policies ». 

In 1871, Dr. Paluel De Marmion read a paper entitled ic Medico- 
Legal Considérations upon Alcoholism, and the Moral and Criminal 
Responsibility of Inebriates. » 

In Novcmber, 1871, Dr. Stephen Rogers, in his inaugural address 
as Président of the Society, gave considérable space, and laid great 
stress upon the Methomaniac, and the duty of the State to him ». He 
then claimed » That the morbid, and really uncontrollable impulse to 
drink and to be drunk ; was an impulse which we ail know results in 
more evil to socicty, and, finally, in more destruction of life, a hundred 
fold ; than ail the higher grades of crime, » and this subject and its 
evils he callcd so the attention of that body as being of the very highest 
intercst and importance in its proposed labors. 

On Apprit 11, 1872, Stephen Rogers contributed a paper to the 
Medico-Legal SocieU* entitled c< The Influence oi Uraemic. and Alco- 
holic Poisoning on Testamentary Capacity. » 

In Fcbruary, 1866, Dr. Enrique A. Fremont, oi Osuluama, Mexico, 



, I 



• • • . . . 



CONTAS L*ABUt DBt BOISSONS ALCOOLIQUES 253 

contributed a paper entitled a Inebriety and Criminal Responsibility 
in Mexico, » which appeared m .the Medico-Leffal Journal, and the 
same number containea a paper ad by Dr. Geo. H. Savage, of London, 
on « Drunkeness and Criminal Responsibility, » pp. 84 et. seq. Vol. 
No 1). 

In July, in 1887, Clark Bell, Esq., contributed a paper to the 
International and Colonial Congress of Inebriety at London entitled 
a The Relation of Intempérance tb Insanity, » whicb was read later 
before the Medico-Legal Society, in September, .1887, and the 
November and December meetings of the Society in 1887 were devoted 
to original papers on this subject by distinguished membcrs). 

On November 9, 1887 I had the Honor to introduce a 'discussion 
and to Gontribute a paper to the Medico-Legal Society of which I 
wasthen Président entitled « The Médical Jurisprudence of Inebriety. » 
To the discussion of which many prominent membèrs of that Society 
contributed among whom where : 

Anthony R. Dyett, Esq. of New- York Bar whose address was on the 
same subject. 

Prof. Chas. H. Hughes contribution was « The Status Ebrietatis 
in our Courts. » . . 

The paper of Dr. Edward C. Mann was « Medicine vs. The disease 
of Alconolic Inebriety. » 

The contribution of Moritz EUinger, the léarned .Corresponding 
Secretary of that Society was « Jews not abdicted to the use of 
Alcohol. » 

Dr. L. W. Bakers paper was entitled a The Medico-Legal Treatment 
ol Common Inebriety. » 

M. Louise Thomas contribution was entitled « The Médical Juris* 
prudence of Inebriety. » 

Dr. Lucy M. Halls paper in that discussion was named « Prison 
Expériences. » 

Dr. T. D. Crothers on December 14, 1887 read a paper before that 
Society entitled « The Scientific Study of Inebriate Criminals. » 

Dr. Joseph Parish at same Session read a paper entitled « The 
Médical Jurisprudence of Inebriety. » 

Dr. T. L. Wright read a paper entitled a Personal Responsibility 
as afTected by Alcoholis influence. » « The Hereditary effect of Intem- 
pérance, as it aSects Responsibility Légal and Moral. » 

Dr. Mary Weeks Burnett of Chicago then Président National Tem* 
pcrance Hospital's paper was « Prohibition and Inebriety. » 

That of Rev. and Prof. Edward P. Thwing was entitled « American 
Life as related to Inebriety. » 

In introduciog in November 1889 this discussion before that body, 
I stated before the bodv, mv reasons as follows : — « In introducing 
this topic for considération and discussipn in the Medico«Legd 



' .. 



254 vu* CONGRES INTERNATIONAL 

Society ai this lime, I hâve desired to arrett the attention of two 
classes of thînkers, to what must be cdnceded by ail, to be one of 
the most important social problems of the time. 

1. The médical men, to establlsh alcoholism as a true disease, 
within nell defined limitations, that could be easily recognizable by 
the lay or légal mind ; and. 

2. To statemen Icgislatorsand jurists, to inquire whether législation 
was necessary, or able to remedy existing evils, in the social condition 
of the inebriate, or his relation to the state, or society. » 

Thèse papers so read before the Society in November and December 
1887 were discusscd by the following members : 

Aiistin Abbott, Esq., H. S. Drayton, M. D. 

Isaac L. Peet, L. L. D. Emmett Dent, M. D. 

A. Jacobi, M. D. Wm. F. Holcombe, M. D. 

Lucy M. Hall, M. D. F. K. Paddock, M. D. 

S. Waterman, M. D. Fank H. Igram, M. D. 

lion. Noah Davis, Esq. Clark Bell, L. L. D. 

At the international Medico-Legal Congress held in January 1889 in 
the City of New York over which I had the honor to préside the 
following papers iipon the Subjects conuected with alcoholism were 
read. 

By Dr. Norman Kerr of England « Criminal responsibility in 
Narcomania. » 

By Dr. Tq D. Crothers of Hartford, Conn. ic Al coholic Tance, u 

By Dr. Cari Ilorsch of N. H. « License Laws. » 

By Dr. T. L. Wrigt of Ohio ce Drunkenness and Morals. » 

Thèse papers were discussed by : 

Dr. I. N. Quimby of N. J. ; Dr. W. L. Tule, of New York; Father 
Thos. J. Ducey ofNew York; Julia Thomas pf New York ; WîlHs A. 
Barnes of New York ; M. Louise Thomas of New York ;Dr. W. Godding 
of Washington, D. C. ; and Dr. Cari Horsch of N. H. 

I présent herewith to the Library of the Congress a copy of the 
Bulletin of the Congress which contains the paper referred to. Thèse 
papers were with some of the earlier papers published by a Com- 
mittec of the Society in a Bound volume in the lall of 1888 by myself 
entitlcd n The Médical Jurisprudence of Inebriety », a copv of which 
I contribute to the présent Congress as a Supplément to the présent 
paper. 

At the Fcbruary meeting of the Medico-Legal Society 1878, a com- 
mittee of which D. S. Riddle, Esq. then a prominent member of the 
Society was Chairman and Hon. Jocob F. Miller and Wm. C. Davies 
Esq. were members, made an extend Report upon the abuses of In* 
toxicating beverages, with a Reccommendation to the Législature to 









CONTRE LABUt DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



255 



adppt a Standard of purity for ail Liquors. To punish adultération 
and to provide fora public analyst im each ofthe Judicial Districts 
of the State, with a complète System for enforcement of the law and 
punishment ior affenders. 

In December, 1877, Hon. Cephas Brainard of the New York Bar 
read an able paper before the oociety on « The relation of Law and 
Medicine to one another and to the Public », in which he treated in a 
masterly way the evils of Alcoholisin » whicw is published in Vol. 
3 Medico-Legal Papers pp. 526 et. seq. 

In Vol. 111 Beils Medico-Legal Studies at page 202 appears an 
article by muself entiled « Drunkness as a Defence » which contains 
a Référence to the Law in America and England, as settled by the 
décision of the Law Courts in both the countries, and in the same 
volume a short statement of the settled law in the same countries as 
to ce Delirium Tremens », when pleaded as a defence in criminal trials. 

The Medico-Legal Conffress of 1895 held under the auspices of 
the Medico-Legal Society m the Fédéral Court-House, Septembe 4th, 
5th, 6th, 1895 in the City of New York, devoted the second Depart- 
ment of its labor to the Study of Inebriety under the Presidency 
of Clark Bell, L. L. D., Esq. T. D. Crothers, M. D. was made 
Chairman of this Department with the following Vice-Chairman D. L. 
Brower, M. D. Chicago, 111. E. T. Burk, M. D. Brooklyn, N. Y. 
Prof. W. J. Ilerdman, M. D. of Ann Harbor, Mich. E. C. Mann, 
M. D. of N. Y. ; L. D. Mason, M. D. of Brooklyn, N. Y. ; R. Osgood 
Mason, M. D., of N. Y. ; Isaac N. Quimby, M. D. of N. J. 

The foUowing papers were read before that body, and are published 
in the Bulletin of tnat Congress of which a copy is presented by the 
author of this paper to the Paris Congress as a part of the work of 
the Medico-Legal Society, to the Study of the subject you meet to 
consider : Address by T. D. Crothers, M. D. as Chairman of the 
Department of Inebriety on « The Médical Jurisprudence of Inebriety. » 

rapers by Isaac N. Quimbv, M. D. of New Jersey on « Alcohol 
'and Tobacco » also on « Alcoholic Anaisthesia. » 

By. L. D. Mason, M. D. of Brooklyn, N. Y. « Légal Responsibility 
of Municipal Governments. i» 

By T. D. Crothers, M. D. of Hartford, Conn. « Légal Responsibility 
in Inebriety. » 

By Austin Abbott, Esq. L«L. D. « Necessity of Médical Supervision 
in CIriminal Arrests. » 

By Prof. R. Brower, A. M., M. D. of Chicago, 111 a The Etiology 
and Treatment of Criminality. » 

At the International Medico-Legal Congress held at Chicago 111. 
on August 15th, 16th, 17th, 18th, 1893^ under the Presidency of 
the autnor of this paper met in joint session and under the auspices 
of the World Congress Auxiliary. 

Prof. M. W. Ewell, Chairman of the World Congress Auxiliary 









256 vil* CONGESS INTBBNATIONAL 

Committce, was aUo chosen Président Alternate of the Cougrest. 
The Second day was devoted to Inebriety and ils allied toptes. The 
following papers wcre read : 

By Dr. Norman Kerr, Président of the British Society for the care 
of Inebriates and Vice-Président of the International Medico-Legal 
Congress for England, on « Légal Recognitioq of Diteased Inebriates 
conaition as a valid Plea » illustrated by récent cases. 

(Vide pp. 322 Vol XI Medico-Legal Journal Vol. XI (1893).) 

By T. D. Crothers, M. D. of Hartford, Conn.a Inebriate Criminals » 
their Medico-Legal relations. » 

Dr. Charles A. Barnard of Rhode Island : a The Légal Responsi- 
bility ofPrunkeness. » 

A. W^ood Renton, Esq. London « The New English Departure in 
regard to Inebriety. » 

In Vol. V Medico-Legal Studies pp. 195 àppears an article by myself 
entitled « Judicial Evolution as to Criminal Responsibility of Ine* 
briety » relating to the évolution in the Tribunals of America and 
England upon tne subject in the récent past. 



Annexe S"" 6 



Summary of « the Progressive Banishment of Alcohol from 
British ^Vorkhouses, Lunatic Asylums, and Hospitals s 

BY w. c. AMiar 

Uoa. Sec. Workhoute Drink Reform Lep^e, Bîrmîoghain, England 

Many years affo the administration of Alcohôl in the form of Spirits 
Wine or Malt Liquor was gênerai, if not universal, in British Insti- 
tutions for destitute or diseased poor, whether compulsorily sustained 
from the national purse through the rates, or supported by the volun- 
tary contributions of the benevolent. To^day there are hundreds of 
such establishments where either no Spirits, or no Wine or no Malt 
Liquor is used, and scores from whicn alcohol bas been altogether 
banished, no intoxicants being used for sny purpose either for sick or 
healthy inmalcs, designated orncers, patients or paupers. 

Poor-Law Workhouses and Infirmarieê, — To the Médical profes* 
sion belongs the honour of initiating the non-alcoholic treatment. 
Fifty-one years ago Dr. Nicholls at Longford (Ireland) V\rorkhouse 
finding that alcohol was injurious to his choiera patients discontinued 









CONTRB L*ABUt DBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 257 

ils use, the mortality thereupon falling from 94 io 33 per cent. Later 
the fever mortality wîthout alcohol was 2 X per cent. In 1873 the 
Médical Officer of ^Yrexham banithed ail alcohol from thé House and 
none has ever been ut<$d there since. But Dr. Norman Kerr, London, 
has been pre-eminent in bringinff aboiit the diminution or abolition of 
alcohol in public institutions. His contributions to the « Lancet, » 
and other Médical papers hâve furnished material wherewith Poor 
Law Guardians and ratepayers bave been able to effect réductions in 
their own localities. By their use, and the Wrexham example, the 
writer was able 20 years ago at Swansea, to altoffether stop the supply 
ot' intoxicants, at the ratepayers expense, to eitner indoor or outdoor 
paupers; and the Workhouse Drink Reform League of wh\ch the Duke 
of Westminster K. G., is Président, has since then been actively 
engaged in exposing drink abuses, and in reducinff to its présent 
* shrunken proportions the British Workhouse DriniL Bill. Ail such 
efibrts hâve received the sustainéd assistance and encouragement of 
the Local Governement Board, forméd in 1871 of the highest State 
ofTicials with a permanent staff. 

One of its eariiest régulations was to remove fermented and distllled 
liquors from the category of food and to sanction the supply to the 

Eaupers only as medicine, on the Doctor's written orders unless on 
hristmas Day. * 

« Extracts from the General Consolidated Order of the Local 
Governement Board Workhouse Régulations — Discipline and Diet. — 
Art. 107. a The paupers shall be dieted with the food and in the 
manner set forth in tne Dietary Table, which may be prescribed for 
the use of the workhouse, and no pauper shall hâve or consume any 
liquor, or any food or provision other than is allowed in the said 
Dietary Table, except on Christmas Day or by the direction of the 
Médical OflScer, as provided in Art. 108. » Art. 108. « Fourthly. The 
Guardians may, witnout any direction of the Médical OIHcer, make 
such allowance of food as may be necessary to paupers employed as 
nurses or. in the household work ; but they shall not allow to such 
paupers any fermented or spirituous liquors on account of the perfor- 
mance of such work unless in pursuance of a written recommendation 
of the Médical Officer. » 

From time to time the Board has prepared and published in return 
to an Order of Parliament fuU détails as to the quantities and costs of 
intoxicants consumed in the 650 Workhouses in England and Wnles ; 
at other times separate returns bave been published of the Metropolis, 
or Ireland, and sometimes complète Returns for the whole oi the 
United Kingdom. The great change in Médical and public opinion 
that has taken place to tne détriment of alcoholic liquors as eviaenced 
by the enormous réductions that bave been made in their use, is 
strikingly illustrated by the totals of thèse Returns of costs for 22 
years trom 1871 to 1893. 



». 



258 vu* CONGRES INTERNATIONAL 

DaU TotaU Decreata Par cent Tima 

1871 Fr. 2,003,875 {L 82,555) 

1881 Fr. 1.507,575 (Z^ 60,303) Fr. 556,300 26 7/8 îii iOyears 

1885 Fr. i, 118.025 (L 44,721) Fr. .389,550 25. îq 4 n 

1891 Fr. 858,300 (L 34,332) Fr. 259,725 2,3 in 6 » 

1893 Fr. 822,775 (L 32,911) Fr. 35,525 41/8 in 2 » 

Thèse figures shew the enormous réduction of 60 per cent in the 
cost for Engltind and Wales alone, excluding Scotland and Ireland ; 
but if the anantity of alcoholic liquor be taken as a blandard of 
comparison mstcad of the c*o«/, the réduction is very much larger, as 
the measurement is less whilst the consum^rs are more. 

Average consumption of ail intoxicants (i. e. total of fermented and 
distilled liquors) per head of inmatea in Litres. 





Inmntet 


Spiriti 


Win* 


Malt LIquora 


1871 


• 

Not giveii 




« 




1881 


170,566 


.6075 


.3804 


21.5792 


18a'> 


17.5,987 


.4542 


.2413 


15.3326 


1891 


176,020 


.3861 


.1731 


11.3575 


1893 


190,772 


.3122 


.1504 


10.2217 



There is thus secn to be a réduction of more than 50 per cent in 
the last 12 ycars in the quantity of intoxicants administered to each 
inmate during the year, excludinj[ for lack of data the large diminution 
of the prcvious 10 years, equaling 27 per cent on the cost. Were it 
possible to obtnin the totals for 1871 and 1898 it wo'uld be found that 
a still greatcr réduction than that above named- had taken place, 
perhaps bctween 70 and 75 per cent now from that of 26 years ago. 

Single workhouses exemplify more strikingly the process of réduc- 
tion Even within the City of London proverbial for its waste, the 
workhouse has brought down the cost oi its drink consumption from 
L 2684 in 1871 to L 252 in 1893. So in the like period, Lambeth 
Workhouse and Infirmary from L 1917 in 1871 to nothing, in the 
Workhouse, and L 15 in the Infirmary and Schools in 1893 ; St. George *s 
from L2804 to L31 ; St.Marjrlebone L 2513 to L 441 ; Leeds L 508 to 
11 s 4 d ; Ëton L 190, to nothing, except for Sacramental purposes and 
on Christmas Day. But for thèse two causes the number of Workhouses 
using no alcoholic stimulants would probably be doubled. The laiest 
Ueturn shews that as regards the total cost for ail three kinds of 
intoxicants per head of inmates ; at 110 Workhouses it ran from one 
fourteenth part of a penny to one penny per head per annum ; there 
were 238 wherc the expenditure was unaer 6 d. per head and 307 
where it was below one shilling. 



» f r -, ■■ -« _ 1- c*7 



i 



GONTBB L*ABÛS DBS BOISSONS ALGOOLIQUBS 259 

In the practical disuse of inioxicants thus indicated, individual 
doctors who hâve made a stand against the old fashioned bibulous 
customs hâve had the support oi tkeir conireres. As a bodv they 
entirely reprobate excess, and the free administration of afcohol, 
whether as medicine or otherwise, bas been condemned by the 
Médical OlFicers Association in the folloviring resolutions passed at an 
annual meeting ofthe society : — « That in view of the very larffe 
proportion of pauperism produced by intempérance, and the disturb- 
ance and impairment of discipline where intoxicants are in use, this 
meeting notes with pleasure the greatly diminished consumption of 
iutoxicatinff drinks in workhouses, and strongly urges on ail Poor-law 
médical ofiicers the propriety of prescribing as little intoxicating 
liquor as may be found .compatible with the safety of the sick. » 
« fhat this meeting also is of opinion that no paupcr should receive 
pavment in intoxicating drink for work donc, and that ail parochial 
odicials should bave the option of a money équivalent in heu of an 
allowance of béer or other intoxicating beve rages. » 

The House of Lords Commitee on Intempérance in 1879 also repor- 
ted strongly against giving intoxicants to the sick and ignorant poor, 
by which a a habit olAying to the bottle for relief is formed, and the 
groundwork is laid for habits of indulgence and intempérance which 
would otherwise never bave been acquired ». Even wnen in spite of 
the law, Guardians or Médical Officers spend the ratepayers money 
on intoxicants, the Local GovernAient Auaitor surcharges the Master 
the illégal expenditure and it bas to be refunded. In the case of a 
Workhouse Doctor who prescribed stimulants freely the Board censured 
him by writing as foUows. 

« The Board are avised that stimulants are not absolutely 
necessary by way of médical treatment in the majority of diseases 
which usually come under médical treatment in workhouses, and 
that for sustaining failing powers and, cbunteraoting disease there 
are other means than the administration of stimulants, which are 
doubtlêss as wellknown to you as to other médical men. The Board, 
moreover, are informed by their* inspector (Dr. Mouat) that in some 
of the largest workhouses in the kingdom the use of stimulants bas 
of late been practically discontinued or considerably reduced. Undcr 
thèse circumstances the Board must express their disapproval of the 
course you hâve adopted, and impress upon yoù the necessity of confi- 
ning within reasonable limits your recommendations with regard to 
the supply of stimulants ». 

In gross cases of alcoholic abuse the Médical Oflicer bas been dis- 
missed from bis post by the Central Board ; and for illégal distribu- 
tion of intoxicants and other relief, a Board of Guardians bas been 
dissolved. Thousands ofolficial tesiimonies might be quoted ofthe 
advantages arising from the strictest limitation or total abolition of 
the use of intoxicants in Workhouses and Poor Law Infirmaries. 






260 va* CONGRÈS INTBRN. CONTRE l'aRUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 

HospilaU, — Concurrentlv with the disuse of âlcohol in rate 
supportée! Institutions proceded n like rejection of intoxicants from 
voiuntary Hospitaîs and Infirmeries. An investiffalion of London and 
provincial Hospital accounts from 1863 to I880 revealed a decrease 
of from 30 to 83 per cent in the cost of alcohol per bed pcr annum. 
A limited enquiry in 1890, amongst 67 such institutions, shewed that 
the réduction was progressive! At the Manchester Royal Infirmary 
(8499 patients) including the fever Hospital, the oost per patient per 
annum, was onc shilling; and so it was at the South Hants Royal 
Infirmary. At Leeds General Infirmary (5084 patients) it was lld; at 
Chester General Infirmary (941 patients) 9d; at Dundee Infirmary, 
Scotland, (2171 patients) 8d ; and at'Swansea Hospital, Wales, it was 
only 1 3/^ d, ; at the London Tempérance Hospital it was nil (3982 
patients) and to-day the success of that Institution is a case in point. 

Lunatic ast/lums, — Thèse Institutions hâve also shared in the fall 
of alcohol. The Commissioners of Lunacy report that the cost of 
Wines, Spirits and Porter, had diminished 50 per cent in County 
Asylums, and in Borough Asylums by 73 per cent between the years 
18/5 and 1883. Since tne London County Council hâve had the care 
of Metropolitan Lunatics the expenditure upon intoxicants at the 
Councirs Asylums has greatly diminished. In 1897 the consumption 
for ordinary purposes was at Cane Hill (2522 inmates) 14 pints of 
Spirits, 12 of Wine, and 875 of Béer ; at Banstead (2744) no Spirits 
no Winc, and 1780 pints of Béer, and at Claybury (2851) only 3 pints 
of Spirits, 35 pints of Winc, and 24 pints of Béer. 

In the 50 years undcr review, movement has been on the average 
continuously towards the proscription of alcohol from British Public 
Charitable Institutions. The changes hâve embraced, the universal 
abolition of ail alcoholic liquors as part of the paupers* ordinary diet 
in Workhouses, by order of the Local Government ooard; the prohi- 
bition of the use of alcoholic drinks in any form as a reward for work 
donc by the pauper inmates of Workhouses ; the universal banishment 
of spirits and wine from the Workhouse tables and the gênerai rejec- 
tion of the becr ration for oflicers and the substitution of a money 
équivalent ; the almost complète disappearance of the béer allowance 
on Christmas Day, no wine nor spirits ever allowed, and the substitu- 
tion of tea, coiTee, milk, aerated waters fruit etc ; the proscription from 
hundreds of workhouses and Infirmaries of either spirits or wine or 
malt liquor whether for dietetic or médicinal purposes ; the entire 
banishment from many w*orkhouses and poor law infirmaries of ail 
alcoholic liquors for any puk*poses whatever whether for sick» disea« 
sed or healtny paupers : enormously reduced consumption of intoxi» 
cants in Ilospitals and Lunatic Asylums ; and the establishment and 
success, of the London Tempérance Hospital. 






DEUXIÈME SECTION 



PROGRAMME GÉNÉRAL 



HISTOIRE, ECONOMIE POLITIQUE & SOCIALE 



Mercredi matin 5 A^ril 1899 



Ordre du Jour i 

HISTOiRC: 

LONGÉVITÉ ET ALCOOLISMe; 

ASSURANCES SUR LA VIE. 



N. B. L« ComiU éê poblicftll«B fait obMrter qa*en m qui conc«rn« Im procès- vtrbaui 
d« U î* S«cUoB, d« aomb wfg U««»m doivent esittor. «alfré le ••{■ qu'il m epporlé è 
let coaU»ler. Les teerétoiret dee tdeBcee déeif«ét •pécialemenl pour cette eectioa ne ee 
•ont pni préeeatét et il a*n pne étd ponrm à lenr rempUceBent en coure de eéence. 



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T. A-- - 



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DEUXIÈME SECTION 

HMTOIRB, ACONOMIB POLITIQUE BT SOCIALE 



Première séance 

PRESIDENT : M. LE JEUNE, MINISTRE D*BTAT (bBLGIQUE) 



PROCÈS-VERBAL 



M. Le Jeune ouvre la séance à 9 h. 1/2. 

La parole est donnée à M. le D' Thiron (de Roumanie) qui fait une com- 
munication sur V Alcoolisme en Roumanie et en Espagne. 

(Le rapport de M. Thiron n'étant pas parvenu au bureau en temps 
opportun n'a pu être i^nprimé à cette place). 



DISCUSSION 

M. Rafialovich demande à rectifier et à préciser certaines données 
relatives à la réforme de Timpét des boissons que le D' Thiron a effleurées. 
Il rappelle quelles sont les considérations qui, en Russie, ont inspiré la ré- 
forme entreprise par Tempereur Alexandre III et achevée par le Souve- 
rain actuel : lutte contre I ivrognerie ; lutte contre Texploitation du con- 
sommateur par le cabaretier vendant à crédit et abusant de la situation ; 
lutte contre l'alcool de mauvaise qualité auquel a été substitué Talcool 
rectifié qui seul pénètre dans la circulation. 

M. Rafiklovich montre comment dans les 20 provinces soumises au 
régime du monopole en 1897, on a obtenu une réduction du nombre 
des débits de 45.373 à 82,230, soit 48 X Vp de diminution. Dans les villes, 
les débits pour la vente au verre ont diminué de 75 <>/o, dans les cam- 
pagnes, de 90 V«- Il a'a ^^ f^ît aucune exception pour la ville de 
Saint-Pétersbourg en ce oui concerne l'application du principe de la ré- 
duction du nombre des débits. Dans le premier semesti^ il a été arrêté : 

En 1897 27.326 individus en état d*ébriété. 
En 1898 22.702 id. id. 

Soit une diminution de 5.623 arrestations. 

M. Raffalovich explique ensuite le rôle attribué aux Comités de tempé- 
rance ^ui ont reçu en 1897, 826.000 R. (plus de 2 1/4 millions de firancs) 
de subsides sur les recettes du monopole. Il montre les efibrts faits sous 






r# 



264 vu* CONGRES INTERNATIONAL 

les auspices du gouvernement afin d'enrôler l'élite de la société russe 
dans la lutte pour la sobriété. Les comités ou curatdles de tempérance 
au l*** janvier 1898, fonctionnent dans 20 gouvernements; il a été fondé 
937 maisons de thé. Dans la ville de NicolaYeff, quelques-unes de ces 
maisons de thé ont un chiffl^e d'affaii'es de 24.000 Roubles. On a créé 
418 bibliothèques, qui sont en même temps des saUes de lecture populaire. 
Les détails de ces efforts se trouvent dans l'exposé du fonctionnement du 
monopole, qui été mis à la disposition-des membres du Congrès. 

M. Rochat lit sa communication sur VAleooUsme en Italie. 



L'alcoolisme en Itsdle 
PAR M. G. RocHATy de Flotence, 

Président d« la Ligue lUlienne entialeooliqne 

Mesdames et Messieurs, 

L'Italie, autrefois si sobre, n'est plus ce qu'elle était il y a 30 ou 
40 ans ; l'abus des boissons alcooliques s'est répandu d'une manière 
fort inquiétante dans les provinces du Nord et même du Centre. A 
l'abus du vin s'est ajouté celui des eaux^de-vie, non seulement dans nos 
villes industrielles, dans nos ports de mer, mais encore dans les 
plaines de la Lombardie, comme dans nos communes alpines. Le petit 
verre de soi-disant coffnac, de « grappa » est absorbé, a jeun par 
les ouvriers de nos usines, comme par les campagnards qui apportent 
a l'aube, les provisions des villes. Les apéritifs, inconnus autrefois, 
commencent à devenir une habitude dans fa classe aisée; le vermouth, 
le Fernet Branca sont en honneur. L'absinthe toutefois, sauf dans les 
grandes villes du Nord, est encore fort peu connue de notre classe 
ouvrière. L'usage du « Punch, » café noir, ou eau chaude avec du 
citron et du rhum... fabriqué, est très répandu : c'est pour le déguster 
que nos cafés de tout rang se remplissent le soir de clients et il n'est 

S oint rare d'en voir qui absorbent trois, quatre rations et plus. Le vin se 
ébite non seulement dans les « Fiaschetterie »et les « Bottiglierie » 
et, autrefois surtout, chez les portiers des grands palais, mais encore 
chez les marchands de comestibles. Les liqueurs fortes chez les 
Uquoristi, dans les débits de sel et tabac, chez les confiseurs ; 
aussi n'cst-il pas étonnant que les débits de boissons alcooli* 
ques, (y compris les cafés et les restaurants), aient considérable* 
ment augmenté : en i874 on en comptait, cafés et restaurants 
compris, i46.075 ; en 1618, 156.36i ; en i884, i67.472, c'est-à-dire 
une augmentation de 21.397 en 10 ans. Actuellement le nombre 
dépasse 180.000, soit un débit par 170 habitants, sans compter les 
marchands ambulants qui, au petit jour, infestent de leurs pernicieuses 






CONTRB L*ABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 265 

boissons nos porte-faix et commissionnaires des gares et la population 
de nos ports de mer. 

La proportion varie suivant les provinces. Tandis que les trois pro- 
vinces du Midi, BAR], FOGGIA et LECCE n'auraient que 4 débitants 
Îar 1000 habitants, La Lombardie et la Toscane en auraient 7 par 
000 habitants et le Piémont 5 par 1000 habitants. 

Dans certains arrondissements de ces dernières provinces, la 
proportion des débits avec la . population est vraiment effrayante; 
ainsi dans l'arrondissement d'Aoste, on avait, en 1888, 408 débits, 
soit 1 par 174 habitants, femmes et enfants compris. A Castellamonte, 
il y avait, en 1885, 42 débits, soit 7 par 1000 habitonts. Dans la 

Erovince de Biella, si connue par son industrie textile, les débits de 
oissons alcooliques, qui en lo64 étaient au nombre de 496, se sont 
élevés en 14 ans à 890. On a calculé que, en déduisant la partie de la 
population qui ne fréquente pas les auberges, c'est-à-dire les vieillards, 
femmes et enfants, chaque aébit n'a été alimenté que par 52 clients. Il 
n'est dès lors pas étonnant que la commission d'enquête sur les grèves 

3ui ont troublé cette partie de la province de Turin ait été frappée 
u changement déplorable survenu dans une population, autrefois si 
sobre et si laborieuse. A Milan, d'après une des dernières statistiques 
concernant le nombre des débits des boissons alcooliques, en 1895f il 
y en avait 388i, (2279 dans la ville et dans la banlieue 1605), soit 
5 débits pour une boulangerie ^ Tandis que, selon Yerga, cité par 
Fazio ^, en 1867 il n'y avait que 1523 débits. 

Production et consommation du pin. — L'Italie, qui produit sponta- 
nément la vigne sauvage, cultiva la vigne dès la plus haute antiquité, 
aussi les anciens l'avaient-ils dénommée « Aenotria » (la terre du 
vin). Les Etrusques, mieux que tous les autres peuples latins, semblent 
en avoir soigné la culture et le produit, ce qui aurait contribué pour 
une bonne part à attirer leurs voisins à faire plus d'une incursion 
dans leur belle contrée 

De nos jours, malgré Tofdium, le pérénospéra et même le phvlloxéra, 

3ui a fait son apparition dans les Iles de Sardaigne et a'Elbe et 
ans les provinces d'Alexandrie et de Bergamo, le rendement de la 
vigne est une des principales richesses du pays. 

La production moyenne du vin, de 1876 à 1881, a été en chiffres 
ronds de 27 millions d'hectolitres ; en tenant compte de l'importation 
et de l'exportation, la consommation aurait été de z5 millions d'hecto- 
litres, soit en moyenne 86 litres par an et par habitant ^. 
La production moyenne de 1886 à 1890 a été de 32.824.000 hect. 
— — celle de 1894 à 1898 a été de 27.322.000 — 



I Voir ]• • Corri«r€ M\m 8«ra • SS FéTriw tS96. 
* fl L'Ubri«chosia • ]• ta« Forai* ■ pift M. 
s Fatto ■ rAlceolitma mn ItalU ■ pafftt SO «t St. 



266 vil* CONGRÈS INTERNATIONAL 

La consommation, en tenant compte des facteurs précédents, aurait 
été annuellement de 100 litres par habitant. 

Ce chiffre est, croyons-nous, inférieur k la réalité, puisqu'il ne 
s*af^it ici que des chiiJres odiciels obtenus par l'octroi. 

D'après les Annales statistiques de 1879, citées par Zerboglio^ 

la Sardaigiie consommerait 191 litres par an et par habitant^ 



le Latîum — 


190 


la Toscane — 


167 


le Piémont — 


161 


rEmilic et les Marches 


149 


la Vénétie — 


124 


le Napolitain — 


108 


et la Sicile — 


100 



soit une moyenne de 150 litres par habitant. 

Production et consommation de l'alcool, — En i87â, la consom- 
mation de Talcool en Italie aurait été de 189.000 hectolitres ; en 
déduisant la quantité employée pour les produits pharmaceutiques, 
on évalua la consommation de Tannée k lit. 0.939 par individu. Elle 
fut en 1880 de lit. 0.938. 

En i882y en ne tenant pas com'pte de la quantité employée dans 
les diverses industries pour lesquelles il y a une réduction de la taxe^ 
la consommation aurait été de 287.834 hectolitres, soit en moyenne 
de 1 litre par habitant, en comprenant toutefois les produits pharma- 
ceutiques et Talcool h brûler. 

La moyenne de la consommation, de 1881 k i8d3, aurait été, en 
tenant compte des mômes facteurs, de lit. 0.634 par tète et celle des 
trois années, 1895 à 1897, en tenant toujours compte des mêmes 
facteurs, aurait été de 0.623 litre. Toutefois, si Ton considère que les 
eaux-de-vie ne sont pas en usage dans le Midi de Tltalie, ,et aussi qu*il 
s'agit ici d*alcool h lOO**, on voit que la consommation individuelle est 
en réalité bien supérieure k cette moyenne. 

D*aprës les Annales statistiques citées par Zerboglio, 

la Lnmbardie en consommerait lit. 4.1 par tète, 

la Vénétie — — 3.4 — 

la Toscane — — 2.9 —^ 

TEmilie et les Marches — 2.8 — 

Rome et TOmbrie — — 2.7 — 

le Piémont — — — 2.5. — 

le Napolitain — — 1.64 — 

la Sicile — — 0.20 — 



1 Zerboglio a TAlcoolitmo » page 80. 



COKTat L*ABOt Dtt BOIftSOKS ALCOOLIQUES 267 

La Sardaigne n'en ferait aucun usage, se cooteataot de son vin, qui 
est du reste fort en alcool. 

Depuis lors, la consommation a augmenté plutôt que diminué. En 
ce qui regarde la bière, la consommation est en moyenne de lit. 0.6 
à 0.8 par tête et par année. 

Ualcool et la folie. — Le docteur Etienne Buonacossa, dans son 
essai statistique sur THApital Royal des Fous à Turin, indiquait que 
sur les 393 cas de folie pour causes physiques soignés de 1831 à 
1836, 76 devaient leur folie à Tabus des boissons alcooliques. 

En 1836, le docteur Cipriani Bertollini déclarait que sur 149 fous 
soigné^ par lui, 20 (c'est-à-dire près de 14 */,) devaient leur folie à la 
même cause. 

Dans l'HApiul des Fous de Florence, de 1850 à 1853, sur 678 fous, 
Tabus de l'alcool était danf(*94 cas l'origine du maL^ 

Le docteur Monti^ dans son ouvrage sur « Lo Stato attuale dei 
Pazxi » donnait, sur la même cause, la proportion suivante : 

Venise 10 •/„ Turin 22 V.. 

Ascoli Piceno 12 7„ Bologne 25 */•• 

Pesaro 15 % Ancone 28 */•• 

Trieste 15 7,, 

De 1874 k 1892 les cas de frénose alcoolique ont suivi une marche 
constamment ascendante : 

En i874, les divers hApitaux du Royaume d'Italie comptaient 
11.746 fous, dont 207 par l'alcoolisme (188 hommes et 19 femmes). 

Dix ans après, 20.051 cas dont 553 par l'alcoolisme (513 hommes 
et 40 femmes). 

En 1891, 23.554 cas dont 771 par l'alcoolisme (706 hommes et 
65 femmes). 

Donc, en 17 ans, tandis que le nombre des fous a doublé, celui des 
cas par frénose alcoolique a plus que triplé. Pour un cas que l'on 
comptait en 1874, on en compte 3.6 en 1891. 

Cette proportion varie suivant les provinces, comme en fait foi le 
tableau comparatif qui termine la pésente étude. 

Les provinces du Sud sont presque indemnes de frénose alcoolique, 
et les maladies mentales y sont bien plus rares que dans les provinces 
du Nord oii, en plus du vin, on fait usage des boissons fortes. 

La marche progressive de Falcoolisme révélée par ces statistiques 
n'est-elle pas aussi manifeste? 



I Z»rbof lia. Mfta SS mi S%. 
• L Ubbri«cbrM« ift lUlm.* 









^« 



268 vu* CONGRES INTERNATIONAL 

Alcoolisme et criminalité. — L'italien est par nature généralement 
sobre, doux, soumis et travailleur, mais son tempérament mobile, 
impressionnable, se laissant aller aussi facilement a Tenthousiasme 
au k la haine, a la joie qu'a la fureur, en fait une facile victime de 
1 alcool. Grâce à son tempérament et aussi a son vin capiteux, il faut 

f)eu de chose pour lui faire perdre son sang-froid et le mettre hors de 
ui-mème ; de la les nombreux et déplorables incidents qui attristent 
par trop souvent nos fêtes religieuses et nationales. On peut dire 
qu'en dehors des questions de jalousie de femme, l'Italien ne tire 
jamais son couteau qu'après avoir bu. Déik en 1853, dans un discours 
au Parlement Subalpin, le député Yallerio rappela ce que le célèbre 
jurisconsulte, le Comte Frédéric Sclopis, avait déclaré, c'est-à-dire 
aue les 9/10 des délits commis dans le pays avaient pris leur origine k 
1 auberge, a l'estaminet. 

A cet égard, la statistique du rapport de l'abus des boissons avec la^ 
criminalité en Italie est encore a faire, mais il n'y a pas de doute qu'il 
n'existe dans des proportions attristantes. 

Un gredier de la Cour d'Assises de Lucques, en. Toscane, me disait 
aue 75 k 80 */o des cas de coups, blessures et homicides étaient dus k 
1 usage et l'abus de la boisson. Peut-être la proportion est-elle moindre 
dans les provinces méridionales, oii les délits ont d'autres causes, 
telles que faux point d'honneur, jalousie^ esprit de vengeance, etc. 

Le Professeur D' Marro, Directeur de l'Hôpital des fous ae Turin, dans 
son livre sur « le Caractère des Délinquants, » (pages 295 et 296), dé- 
clare aue sur 507 délinquants, 372 confessèrent avoir abusé de la bois- 
son ; 8 seulement étaient abstinents ou douteux. Il admet que 60 */« 
des divers délits pour coups et blessures sont dus k l'excitation 
alcoolique. 

Le Docteur Yirgilio Rossi, dans son étude sur « Une centaine de 
criminels » rapporte que, sur 69 coupables interrogés par lui, il en 
trouva 59 adonnes k la boisson. 

Dans sa belle conférence sur « le Vin dans le Crime w, le professeur 
Lombroso insiste sur Tinfluence qu'exerce l'alcool sur le moral de 
rindividu, et il en cite des exemples frappants. Ce seul fait ne sufli- 
rait-ilpas pour engager tout homme de cœur, aimant sa patrie et son 
prochain, k combattre avec énergie un tel ennemi, qui ruine la santé 
du corps, détruit le bonheur des familles et menace la sécurité de 
tous les citoyens ? 

Bibliographie antialcoolique. — Les progrès de l'abus des boissons 
alcooliques et ses résultats désastreux ont attiré en Italie l'attention 
d'hommes éminents dans la science et dans les lettres ; malheureuse- 
ment leurs ouvrages ne sont pas assez connus, soit k cause de leur 
forme peu populaire, soit k cause de leur prix plutôt élevé. 

Nous avons au début quelques essais sur des questions spéciales, 
des statistiques partielles, touchant tel hôpital ou telle localité ; nuis 









CONTRE L*ABUt DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 269 

des ouvrages sur l'alcoolisme dételle province et en Europe, et en der- 
nier lieu en 1894 des travaux sur Talcoolisme en Italie, dûs a M. Eueène 
Fazio, Professeur k rUniversité de Naples et directeur du Bnuetin 
international d'hygiène^ lequel termine sa brochure par ces mots : 

« Comme l'illustre J. Rochard a attiré l'attention des médecins et 
» des hommes d'Etat de la FrancCi nous aussi nous donnons l'alarme et 
» appelons sur l'envahissement de l'alcoolisme en Italie, l'attention 
» de tous ceux qui ont à cœur l'avenir de notre patrie. » 

Déjà, en 1816, parut à Milan un écrit du professeur Pietro Ricco- 
belli sur « les maux provenant de l'abus moderne des boissons alcooli- 
ques, surtout de l'eau-de-vie » {Dei danni provenienti alla $alute uma^ 
na dal moderno abuso délie beçande spiritose). 

Plus tard, des « Essais de statistique de 1832 à 1835 » sur l'hôpital 
des fous de Turin, par Etienne Buonacossa etCyprlen Bertolini. 

En 1846y Bellinfferi, professeur à l'Université de Turin, publiait sa 
dissertation sur « rinfluence du vin sur la Conception » que l'Institut 
de France jugea digne d'une mention honorable. Il soutenait dans 
cette étude que le vin n'était pas favorable k la fécondité, et qu'il était 
même contraire k la conception des enfants du sexe masculin. 

En 1854, parut un autre essai du Docteur D. Cesare Massari sur 
l'hôpital de rérouse. 

Mais ce furent surtout les travaux de André lerga, sur la consom- 
mation des boissons alcooliques dans le Milanais et sur les désastreux 
eflets en résultant, qui attirèrent l'attention des savants et des hommes 
d'Etat. Ses études consciencieuses, riches en statistiques, furent pré- 
sentées k l'Institut Lombard des Sciences et des Lettres, de 18/2 k 
1885. Son ouvrage, sur l'ivrognerie k Milan, a été le point de départ 
d'ouvrages importants. 

Sous l'inspiration du professeur Versa, le dit Institut Lombard des 
Sciences et aes Lettres destina le prix Cagnola au meilleur travail sur 
l'ivrognerie en Italie, en comparaison avec- les autres pays, en indi- 
quant ses progrès, ses diverses formes, ses causes principales et les 
elTets physiques et moraux en dérivant. 

Le gagnant de ce concours fut le Docteur Eugenio Fazio, de l'Uni- 
versité de Naples. Son bel ouvrage intitulé « Vhrognerie et Mes 
formes », de 400 pages, donne pour la première fois une statistique 
sur l'alcoolisme aans toute l'Italie. Vingt ans après, c'est-k-dire en 
1894, il en republia la première partie, enrichie de nouvelles données, 
sous le titre de « V Alcoolisme en Italie w, dont nous avons cité la 
conclusion. 

En 1890, l'éditeur Ermann Lœscher, de Turin, réunit en un beau 
volume de 500 pages, une série de onze conférences sur le vin, don- 
nées k Turin, en janvier et février 1880. Les plus remarquables k notre 
point de vue sont celles du professeur A. Mosso' sur les effets vhysiolo" 
çiques du pin ; du professeur G. Bizzossero sur le Vin et la oanti ; de 



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270 vu* CONGRES INTBRNATIOKAL 

Edmond de Amicis sur les Effet» physiologique» du pin et celle du docteur 
Lombroso sur le Vin dans le Crime, Ce dernier publia encore en 1882, 
chez Flli Bocca, Turin, un travail sur « 1* Alcoolisme aigu et chroni* 
que et les moyens de le prévenir. » 

Le député Napoléon Co/o/a/t/ti publia « TAlcoolismei tes conséquen- 
ces morales et ses causes », (188/, chez Gienotti, Catane). M. Albano, 
docteur en droit, éditait en 1888, k Turin, « rivrognerie et la Res- 
ponsabilité. » 

Tito Berti a publié un petit ouvrage qui est plus populaire que les 
précédents, mais également peu lu, a sause de son titre « l'Alcoolis- 
me ». L'auteur Piémontais reconnaît que l'abus des boissons est un 
vrai fléau pour la société. Quant au remède k appliquer au mal, ce 
serait celui du député Pantano : tout faire pour supprimer Fignorance 
et la misère. 

L'ouvrage le plus complet et le plus récent est celui d'Adolfo Zer- 
boglio, professeur de droit k TUniversité de Pise: V Alcoolisme, étude 
a la fois sociale et juridique. {VAlcoolism'o studio sociologico giuridico, 
Torino Flli Bocca, 1892), dans lequel il donne un aperçu général de 
la question en Europe. La partie concernant l'Italie est bien conden- 
sée et complète et se termine par une étude juridique de la question. 
Sous ce même point de vue, il faut citer l'ouvrage de Massimo Foschini 
c< V U/friachezza e i suoi rapporti col diritto pénale. » 

L'ouvrage le plus a la portée du peuple est certainement celui du 
D' A. Pieraccini V Alcool et t alcoolisme en général, qui fait partie de 
la bibliothèque médico-populaire. Il ne coûte qu'un franc. (Milan, édit. 
F. Valiardi). 

Un ouvrage d'un autre genre que les précédents et qui serait très 
populaire s'il n'était trop volumineux et d'un prix trop élevé, serait 
celui de Ranieri Gigliarelli, médecin militaire. Il est intitulé: Bac* 
chitSf Souvenirs d'un médecin, Esquisses pathologiques. (Cittk di Cas- 
tello, édit. Lapi, 1881.) 

Cette littérature, toute nouvelle sur l'alcoolisme, aussi bien que les 
discours prononcés au Parlement Italien au sujet de la taxe sur les 
alcools, et en particulier ceux des députés Pantano, Cardarelli, Ba- 
celli et autres encore, présentent un ensemble de faits ne faisant res- 
sortir que trop l'existence et le progrès de l'intempérance en Italie. 
Qu'a-t-on fait pour combattre ce fléau et en arrêter les tristes ravages? 

Sociétés de tempérance. — En 1863, le Docteur Luigi Chierici, 
frappé des progrès de l'intempérance autour de lui, fonda a Turin, 
la première société de tempérance. La personnalité du D' Chierici, 
homme de talent et plein de cœur, aurait dû le faire réussir; sa 

NOTE: Nous noim en voudrions d'omeUre, dant la aoiD«ncUiur€ qni précède, le beau 
livre du Prof. Mnnleipiiiia sur le Tableau Je la Vie humaine (Milan, 1s71), où il parla 
avec compétence de l'Alcooliama an général au point da vue pajrehologiqiia. Il na t'y occupa 
guère de l'Italie qu'il regardait comma iadamaa aacora d'alcooliema. 



.T.« : 



CONTRE l'abus OBft BOISSONS ALCOOLIQUES 271 

société ne fut pourtant que de courte durée» se bornant du reste 
simplement k recommander la modération. Elle n*en contribua pas 
moins à poser la question devant le peuple. En janvier 1879, une as- 
semblée populaire vota l'ordre du jour suivant : 

et L'assemblée, approuvant l'initiative du Comité tendant k provo- 

Îuer par des moyens légaux la répression de l'ivrognerie, invite le 
omité a présenter au Gouvernement du Roi une pétition dans ce 
sens. » 

Ce mouvement a sans doute contribué k l'adjonction dans le nou- 
veau Code pénal des deux articles 488 et 489 pour la répression de 
rivrognerie. 

Une société de tempérance a été fondée en 1882, k Milan, par le 
Chevalier Bisocchi sous le nom de Patronaio Centrale italiano di tem* 
peranza di Milano, sous la présidence honoraire de leurs Excellences 
le Ministre de l'Agriculture et du Commerce et le Ministre de la Jus- 
tice. Cette société qui existe .encore, se contente d'encourager la mo* 
dération en offrant des récompenses aussi bien k ceux de ses membres 
qui ont une bonne conduite et qui se sont corrigés de leur passion 
pour la boisson, qu'aux marchands de vin et de liqueurs qui refusent 
de servir k boire .k leurs clients déjk pris de boisson, et même aux 
cordonniers qui travaillent le lundi et qui élèvent bien leurs enfants. 
Ce n'est guère qu'après des excès de boisson répétés qu'un membre 
est expulsé. 

En 1896, cette Société avait mis au concours un ouvrage populaire 
pour combattre l'abus des boissons alcooliques, avec un prix de 1,000 
francs pour la meilleure œuvre. Mais voici que nous lisons, au milieu 
des faits divers des journaux de Milan, en janvier dernier, un petit 
entrefilet annonçant que le concours n'aurait pas donné de résultats. 

Amené par diverses circonstances k constater autour de nous les 
tristes effets des boissons alcooliques, nous proposâmes, dès 1892, de 
fonder la Ligue Italienne de Tempérance, avec trois catégories de 
membres : membres effectifs, abstinents absolus ; membres aahérents; 
abstinents k l'égard des liqueurs alcooliques, mais pouvant faire un 
usage modéré de vin et de bière aux repas seulement, et membres 
honoraires. Nous donnâmes k cet effet diverses conférences k Gènes, 
k Turin, k Lucques et k Florence ; ces conférences sur un sujet tout 
nouveau causèrent une certaine surprise, mais se heurtèrent contre 
rincrédulité des uns et l'indifférence des autres. 

Ayant quitté Lucques pour Florence, le déplacement, puis une longue 
et grave maladie nous empêchèrent de poursuivre la lutte seul contre 
tous. Nos efforts ne paraissent pas toutefois avoir été vains et un jour 
favorable semble se lever : la JLega Italiana di Temperanza reprend 
un nouvel essor sous son nom actuel de Léega Italiana antialcoolica 
(Ligue antialcoolique Italienne]. Elle compte actuellement 21 membres 
dont 16 sont membres effectiis, c'est-k«aire abstinents absolus, et 5 






272 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

membres adhérents, soit abstinents de toutes boissons alcooliques 
obtenues par la distillation. 

Un tel commencement peut paraître dérisoire, mais tout grand édi« 
fice commence par une première pierre posée et cette première pierre 
l'a été. Un contre-temps seul a empêché le Gouvernement Italien de se 
faire représenter a ce Congrès, ce qui nous eût été un grand encoura- 
gement, démontrant Tintém qu'il porte a toutes les questions sociales, 
comme à tout ce qui regarde le bien de la nation. 

Le moment est donc venu, non de nous découraffer, mais de faire 
plus, de faire mieux. L'expérience nous a prouvé ou il ne suffit pas de 
tenir des conférences ici et là : l'impression qu eUes peuvent faire 
s'efTace bien vite sous l'influence de lliabitude et des préjugés. Il fau* 
drait pouvoir travailler, remuer l'opinion, l'obliger a s'occuper de 
nous, k nous lire, si elle ne veut pas nous entendre. 

Outre des conférences plus nombreuses, tenus dans des locaux 
neutres, il faudrait écrire et répandre des traités, des opuscules 
sur la question, des feuillets simples, clairs, incisifs, que l'on pourrait 
distribuer au sortir des conférences et Murtout avoir un journal, une 
feuille mensuelle populcure^ pour faire connaître mieux et davantage 
nos principes et aussi pour instruire nos membres, les rendre plus 
aptes à la défense de nos principes et à l'attaque des abus, et pour 
nous les attacher de plus en plus. 

Malheureusement cette propagande pour le bien ne se fait pas sans 
entraîner des frais relativement élevés et, si nous sommes riche en 
bonne volonté, nos ressources financières sont des plus réduites. 
Peut-être trouverons-nous des amis de la bonne cause dfisposés à nous 
aider à soutenir en Italie cette lutte, partout si difficile, mais qui l'est 

S lus particulièrement dans un pays, qui ne se doute pas encore du 
anger qui le menace, du mal qui le travaille et qui élargit graduelle- 
ment la plaie déjà si grande du paupérisme. Les nommes de science, 
se rendant compte du péril, ont jeté un premier cri d'alarme; aux 
ho^nmes de cœur de nous aider maintenant a entreprendre en Italie 
cette nouvelle croisade contre cet ennemi terrible de notre Société 
actuelle, qui ne sera vaincu que par les efforts réunis du travail, de 
la science et de la foi. 

J, ROCRAT. 

é 

APPENDICE 
I 

^ Nombre de restaurants, auberges , cafés, débits de pin et de liqueurs 
dans les dii^erses uro\^inces du royaume en 1884. 

Provinect. Proportion par tO.OOO habitaaU. ProTinees. 

Piémont 48 Lasium 84 

Lugurie 68 Abbrusxe 57 

f 1 L'alcoolitme » Ztrhogliù, Pag. St. 






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^ 



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CONTRE LABVB Dt$ BOlSiONS ALCOÔLIQUBi 



273 



ProvInMs. 


Proportion 


Lombardie 


69 


Vénétie 


61 


Emilie 


53 


Toscane 


69 - 


Marche 


55 


Umbrie 


65 



ProvincM. Proportion. 



Pouille 


48 


Baailicate 


41 


Calabre < 


53 


Sicile 


52 


Sardaigne 


65 



II 

« 

Statistique des fous par frénose alcoolique dans les divers hôpitaux 
du royaume de 1874 à 1891. {ZtrbogUo. Pag. 35). 



Années. 

1874 
1877 
1880 
1883 
1884 
1885 
1886 
1887 
1888 
1891 



Nombre de fous. 



Fous par alcoolisme. 

Total. 'HonuDM. FamoMt. 



11.746 


207 


188 


19 


15.173 


359 


314 


45 


17.471 


456 


398 


48 


19.448 


582 


533 


49 


20.051 


553 


513 


40 


22.282 


561 


52:) 


38 


20.085 


558 


524 


34 


19.873 


595 


549 


46 


22.424 


723 


661 


62 


23.554 


771 


706 


65 



III 

Statistique des fous par frénose alcoolique dans les diverses pro< 
vînces du royaume, 1874. {Fazio. Pag. 64). 



Régions. 



Nombre. 



Proportion pour 100. 





H. 


F. 


T. 


H. 


F. 


T. 


Piémont 


13 


1 


14 


1.91 


0.18 


1.13 


Ligurie 


30 


3 


33 


10.60 


1.23 


6.27 


Lombardie 


39 


5 


44 


3.13 


0.39 


1.76 


Vénétie 


46 


1 


47 


8.04 


0.16 




Emilie 


18 


3 


21 


2.00 


0.32 


4.03 


Umbrie 


3 




3 


3.33 




1.15 


Marche 


18 


4 


22 


3.91 


1.20 


2.77 


Toscane 


8 




8 


0.98 




0.48 


Latium 


12 


2 


14 


3.63 


0.67 


2.22 


Napolitain 


1 
al. 188 


19 


1 
207 


0.11 


« 


0.07 


Tôt 


3.01 


0.34 


1.76 



V- • •:■• 



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274 



vil* CONGRB8 INTBftNATlONAL 



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COMTRB L ABOft OBt BOIMOVft ALGOOLIOUBS 



275 



Nombre deê wrogneê recueillit par la police^ années 1881, 82, 84 
et 1885. 



(DittrilMitiim par réyioas «a 1885). 



Piémont 
Ligurie 



V'énétie 

Emilie 

Toscane 

Marches 

Ombrie 

Latium 



1217 
450 



Lombardie 1156 



966 

877 

1198 

8 

61 

1038 



A reporter 6971 



Reporté 6971 R«^a«iiif : 

Abbruues 67 En 1881 8089 ivrog. 



Campanie 

Fouilles 

Baailicate 

Calabret 

Sicile 

Sardaigne 



673 

106 

7 

87 

1025 

168 



Total 9104 



» 1882 9476 
a 1884 9362 
a 1885 9104 



VI 

Amendée pour ivreeee dinoncéee aux auioriiéê dans les années 
1890, 1891 et 1892. 



Pour 



a 
a 



1890 
1891 
1892 



16.504 
16.382 
17.084 



Répartition par région selon la moyenne annuelle de ces trois ans. 

lUfiM. CUffr*. Soil par 1000 hab. Régiea. Cbitr*. 8«(t par 1000 bab. 



Piémont 2092 

Ligurie 1536 

Lombardie 2030 

Vénétie 2745 

Toscane 728 

Emilie 1212 

Marches et 5.5.3 



Ombrie 
latium 



1049 



58.14 
136.73 
57.28 
93.63 
54.71 
53.79 
35.57 

107.28 



Campanie 

Basilicate 

Abbruucs 

Fouilles 

Calabres 

Sicile 

Sardaigne 



1.334 

lai 

645 
570 
1.093 
.399 
440 



38.99 
a3.97 
65.50 
32.40 
83.46 
12.14 
60.5(> 



Toul 16.659 



55.23 V. 



^Hulletin de l'Institut International de Statistique. Tom. VII, 1894'. 

M. le Présidant : M. le D' Origorieff. de Saint-Pélersbouiv. a 
envoyé un mémoire en rosse sur la statistique de YAlcooliême à 
Saint-Pétersbourg. Ce mémoire est déposé sur le bureau. 






■• ..i 






276 vil* CONGIIB8 INTBRNATIOMAL 

[Le Comité de rédaction n'a pu insérer cet intéressant mémoire qui 
n'était pas rédigé dans une des langues autorisées par le Règlement ; il 
en donne le résumé suivant] : 

L'auteur donne lu eUtietique de U population at des débita de vint dana les 10 dar» 
nîèret annéce ù Saint-Péterebourg. W en résulta que, pour 10,S7& maiaoïia, il axieta 
2,382 débits de vins. La proportion est da % pour 1, quelquefois 5 pour 1. La consomma* 
tion de Teou-de-vie de %0* est de 3 vedros- par bobitant, aaiia diaUncUon de saxe ni d*éga. 
Si l'on compare la consommotion totale, de Tean^da-via de 40* au ebiiTre d'babîtants de 
plus de 20 ans des deux sexes, on arrive & la proportion annualle da ft li 5 1/8 vedroa 
por babitant. Le nombre annuel d'alcooliques des deux saxes soignés dans les bOpitaux 
de Saint-Pétersbourg est do 16,839, dont 671 morts. L'autanr remarqua que tons cas 
cbifTres ne sont qu'upproximatifs puisqu'on n'a tenu compte que daa alcooliques connus. 
Il faudroit ▼ ojoutcr 1 alcoolique pour 20 babitonts. A la ftn du rapport, l'auteur donne 
la statistique de« occidcnts mortels dus ^ l'état d'ivresse, at daa suicidés. De 1884 îk 1897, 
le nombre de ces derniers a monté de 162 ^ 459. 

M. le Président dépose sur le l.ureau le rapport de M« le D^ Korowin 
sur V Alcoolisme en Russie. 



La Tempérance en Russie 

r 

PAR LE DOCTEUR ALEXANDRE KOROWIN 

Je n*ai pas Tintention de donner un tableau complet de Talcoolisme 
en Russie et des mesures répressives, parce que je ne dispose pas 
encore des matériaux nécessaires ; il n y a pas longtemps en effet, 

Sue ce fléau appelle Tattention des hautes classes de la société russe. 
n*y a pas plus de 8 ans qu*on commença la lutte et le 7 du mois 
de janvier 1898» a eu lieu à St-Pétersbourg la première réunion 
de la commission pour, étudier la question de 1 alcoolisme et les 
mesures répressives, et préparer des lois pour la création d^hApitiux 
alcooliques. Nous, Russes, nous venons de comprendre le fléau univer- 
sel et nous organisons la lutte contre Tennemi. 

Notre expérience jusqu'ici est très modeste. Les boissons spiri- 
tueuses jouent un grand rôle dans la vie du peuple russe qui croit 
k leur utilité. Homme de science et ignorant, millionnaire et men* 
diant, boivent également volontiers de l*alcool. Les effets miraculeux 
des divers produits alcooliques ont eu jusqu'à présent un crédit sans 
limites non seulement dans le public mais encore parmi les médecins. 
Parmi 14 pays, la Russie occupe au sujet de la consommation des 
liqueurs fortes la place suivante : eaa*de-vie a 40* (0,61 wedro), neu- 
vième ; vins de raisin (0,15 wedro), huitième ; bière (0,29 wedro), 
treizième. Voici le prix de Talcool consommé et comparé a d*autres 
produits industriels ; ces chiffres sont empruntés aux notes du Ministère 
des finances. 






► "i 



CONTRB l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 277 

Impôts indirects (en roubles) 

Annéct Alcool Tahoc et allumeitet Sucro 



1SS5 


231.041.057=£R 


19.685.414= R 


13.862.592t=R 


1886 


236.889.780 


20.190.410 


18.527.785 


1887 


257.545.77% 


24.093.078 


20.565.107 


\388 


264.985.435 


28.127.374 


2.712.410 


19.446.615 


1889 


274.840.555 


28.178.375 


4.478.453 


19.345.763 


1890 


268.239.825 


27.767.558 


4.720.682 


21.629.305 


1891 


247.388.569 


28.567.930 


4.690.679 


20.854.442 


1892 


268.934.375 


29.475.540 


5.163.021 


27.702.636 


1893 


260.729.243 


31.864.250 


6.585.630 


30.340.336 


1894 


297.385.711 


32.564.822 


7.526.727 


41.228.270 


189& 


298.019.092 


34.545.130 


7.453.160 


47.686.567 



En 1895y 2127 usines distillaient Teau-de-vie et transformaient en 
esprit de vin tes produits suivants: gr&in, 38.939.830 poudes ; pomme 
de terre, 90.292.881 poudes. Au total 78.756.966 vedro dVau-de-vie 
k 40®. La population consomma 64.885.676 vedro. La fabrication 
occupa 33.000 mains ouvrières, soit 32.451 hommes, 348 femmes, 
201 enfants âgés de 15 ans. La distillation de Teau-de-vie seule 
occupa 4569 hommes, 1837 femmes, 145 enfants. Il y avait en outre 
5134 fabriques de poiré et de vin de raisin. La production occupa au 
total 17.657 mains ouvrières, soit 17.214 hommes, 271 femmes, 172 
enfants qui utilisèrent leurs forces k fabriquer 2 millions de vedro 
de vin, contenant 40 */, d'esprit de vin. — 1066 brasseries et 432 
usines (hydromel) occupaient 10.618 hommes, 265 femmes et 32 
enfants. Total : 39 miUions de vedro de bière. En tout : 68.323 
ouvriers. Total général de la population des fabriques » 1.406.775. 
Les chiffres statistiques obtenus en 1896, n*ont presque aucune diffé- 
rence en comparaison de 1895. Les données officielles pour les années 
1897 et 1898, ne sont pas encore connues. 

Passons maintenant au moment où les liqueurs fortes sont consom- 
mées par la population et produisent leurs effets inévitables dans la 
vie de chaque citoyen. Le gouvernement du district de Cherson, dans 
une statistique sur les ménages paysans, nous montre aue les dépenses 
affectées k Peau-de-vie, représentent 43, 37 et 13 7« des dépenses 
affectées aux autres comestibles, selon la fortune du sujet. Plus le 
paysan est riche, plus il consomme d*eau-de-vie. Je peux affirmer 
d'après mes propres expériences que le plus petit ouvrier consomme 
pour 100 roubles d^eau-de-vie. Les personnes des hautes classes, en 
comprenant les médecins, les professeurs, les commerçants, dépensent 
bien plus, mais ça ne saute pas tant aux yeux. Jusqu'à présent, dans 
les conversations sur l'ivrognerie, on ne parlait aue du bas peuple. 
Mais finalement, l'alcoolisme atteint beaucoup plus la bourgeoisie 
que le bas peuple. Les résultats de cette vérité m'occuperont plus loin. 

Pour l'instant je citerai quelques exemples des funestes effets de 
Talcool. De 1886 k 1897, 20.508 hommes et 2.534 femmes furent 

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278 



Vir CONGRES INTERNATIONAL 



traités dans les hôpitaux de Saint-Pétersbourg pour les alcooliques. 
Entre 6 à 15 ans on compte 41 enfants soignés pour la même cause. 
Nous lisons dans les notes des hôpitaux psychiatriques en Russie, 
que rivrognerle a altéré la raison chez les hommes dans 12,6 ^/o des cas, 
chez les femmes dans 6,3 */«. Dans les établissements privés, 42 */«. 
Chaque jour, 130 personnes à Saint-Pétersbourg sont arrêtées pour cause 
d'ivrognerie scandaleuse. Ce qui fait annuellement 47.450 personnes. 
Quant aux crimes des alcooliques en Russie; ils apparaissent claire- 
ment dans le tableau ci-dessous composé par le D'^ F, Krol. Ce tableau 
statistique concerne les régions, où la consommation des liqueurs 
fortes peut être considérée comme minimum. (Période 1885 — 1894). 

Notes du Palais de Justice de Kasan 



AflToiret jugéot 



Nombre 

général dot 

affairM 



Nombre do 

cri moi commit^ 

par dot 

aloooliquot 



3.226 



1.377 



*/• deo criffiet\ 

eommis par <4 2.68V, 
doi alcooltquati 



I 



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128 



81 






63.27. 



220 



70 



31.8V. 



! 

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1.0S7 



887 



35.67. 



295 



132 



44.77. 



e se 



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629 



338 



53.77. 



809 



217 



70.2*/, 



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77 



40 



M.9*/, 



SOI 



112 



87.27. 



I' 



180 



Notes présentées par le département de Médecine 1883-1892. 

10,855 hommes sont morts en Russie de l'empoisonnement par 
Talcool. — 217,030 hommes ont été traités pour le delirium tremens 



dans les hôpitaux et hors des hôpitaux. 



Tableau des cadavres autopsiés par ordre des juges JC instruction 

pendant 26 ans (1870-1895) 

En tout furent autopsiés 852 cadavres. 

Empoisonnement par Talcool 176 

Maladies ayant pour cause l'ivrognerie 74 

Ivrognes suicidés 84 

Tués en état d'ivresse 46 

Causes accidentelles en rapport avec l'ivrognerie. . . . 106 



Quotité générale des morts en rapport avec l'alcoolisme 486 



CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 279 

Proportion de la mortalité par ralcoollsme 57 % 

Enfin la mort alité pour cause d'empoisonnement par l'alcool apparaît 
dans le tableau suivant» y comprenant les cas accidentels (1870-1887, 
Russie Européenne) : 

Dévorés par les bètes sauvages 1,246 hommes 

Tués par l'éclair (la foudre) 9,009 

Brûlés 16,280 

Empoisonnés 18,000 

Gelés (•) 22,150 

Suicidés^) 36,000 

Tués 51.200 

Morts de la goutte 85,200 

Noyés (•) 124,000 

Si les chiffres statistiques donnés représentent un nombre immense, 
c'est h cause des alcooliques, dont le traiu de vie habituelle n'est 
qu'une existence misérable et désespérée. Mais le vice dont ils sont 
esclaves empêche nécessairement leur conscience de modifier cette 
misérable vie. Cependant le mal augmente de jour en jour et 
ses efTets pernicieux menacent la vie de famille. C est certainement 
dans la classe des ouvriers et des agriculteurs, qui n'ont pas une for- 
tune particulière et dont le travail est peu réniunéré que l'alcoolisme 
est inné et accompagne l'homme toute sa vie, grâce aux conditions 
de ces classes peu fortunées qui sont les 7/8 de la population de la 
Russie. 

Les causes sociales h mon avis sont : riffnorance (sur 100 per* 
sonnes, on compte sachant lire et écrire : Allemagne, 98; Suède et 
Norwège, 97 ; Suisse, 95 ; Etats-Unis, 92 ; Angleterre, 90 ; France, 
85; Belgique, 77; Autriche, 52; Russie, 16) ; l'absence de plaisirs 
sains, l'absence d'établissements où l'on puisse passer le temps sans 
Tusage des liqueurs fortes, le manque de loisirs, la pauvreté du mé- 
nage, les habitudes innées, qui forcent à boire et enfin aucune in- 
fluence des hautes classes où chacun reçoit la contagion du vice uni- 
versel. 

En somme, nous constatons une foule d'habitudes sauvages et bien 
tristes. Au port de St-Pétersbourg (1895), travaillaient quotidienne- 
ment 3-4 mille hommes. On a diminué le gain de ces hommes pour la 
valeur de 24,979 jours manques » 24,979 roubles, en comptant la jour- 
née ouvrière ii un rouble. Amendes pour l'ivrognerie 17,000 roubles. 
Ainsi la somme soustraite à cause de l'ivrognerie fait 41,979 roubles. 
Au carnaval (1899), dans un centre inoustriel, Orechowo-Louewo 

(*) Dans cet catép>riot, l'nlcool ne joue poe le plue |^and rôle. 






280 vu' CONGRBg INTERNATIONAL 

gouvernement de Moscou, population 10,000 hommes), les ouvriers 
ont dépensé pendant 3-4 jours pour Teau-de-vie, 25,000 roubles, de 
sorte que le chemin de fer avait à peine le temps de transporter les 
barriques d*eau-de-vie. De grandes maisons, en Sibérie surtout, se 
sont ruinées avec Teau-de-vie et prises dans les filets des cabare- 
tiers, travaillent exclusivement pour ces derniers. La misère, les dettes 
croissaient progressivement, les années de famine détruisaient les 
ménages déjii faibles. La misère grandissant, Tidée de la lutte naquit 
dans Te peuple même. 

Au commencement de Tannée 1870, paraissent les premières mesu- 
res répressives des « sociétés villageoises », en vuedediminuer le droit 
de vendre le vin. Il faut remarquer que Tannée de famine 1891-1892 
agit favorablement sur le mouvement nouveau. Pendant la période 
1892-1894, parurent 39,881 édits répressifs (64 ""/« de plus que trois 
ans auparavant, où Ton n*avait édicté que 24,299 édita a ce sujet). Le 
fait suivant ne manque pas d'intérêt ; il eut lieu dans le gouvernement 
d*01onetzk. Un paysan demanda la permission a la «société villageoise» 
d*ouvrir un cabaret et proposa pour le consentement 20 roubles. Alors 
un autre paysan proposa 40 rouoles pour qu'on ne donnât pas le con- 
sentement demandé. Dans un autre village (1895), gouvernement de 
Wladimir, un paysan, Balaschoff, fut massacré devant Thôtel de 
ville, parce qu*il protesta contre Touverture d'un cabaret dans son vil- 
lage. Les édits répressifs font leur chemin et en môme temps nous 
voyons des résultats favorables. La partie intelligente des paysans 
commence h agir collectivement. 

I. — LBS SOCIBTBS DB TBMPiRANCB 

En 1889, naissent les premières sociétés de tempérance reli- 
gieuses paroissiales. A un moment donné, nous comptons en Russie : 
15 sociétés dans les villes, 140 sociétés religieuses paroissiales dans 
les villages, t société religieuse et 10 sociétés de tempérance dans les 
usines et fabriques. Outre cela, fonctionnent 35 sociétés de tempérance 
Estonnes, 10 sociétés lâtischs et 10 sociétés finlandaises. Les sociétés 
religieuses (réunies dans la paroisse) ont une grande importance pour 
la raison suivante : 1® La permission d*ouvrir une société religieuse 
est bien facile a obtenir. 2' A cause d'une connaissance profonae des 
besoins quotidiens. 3^ Parce que la religion en Russie a une grande 
influence sur les basses classes et le milieu obscur. 

Les curés campagnards sont très proches de leurs fidèles et grâce à 
leur position et instruction ont une grande influence, de sorte que 
sans doute Tidée de la tempérance obtient une énorme popularité 
et une signification immense. 6 sociétés religieuses (paroissiales) s'é- 
tablirent en 1889 ; 19 en 1890; 18 en 1891 ; 23 en 1892 ; 10 en 1893. 
Cependant les serviteurs de Dieu devraient avoir encore plus d'in- 



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« 



CONTRB l'aDU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 281 

fluencc ; jusqu^à présent les curés ne sont pas à la tète de la grande 
formation antialcoolique, leur initiative est médiocre. 

Ne devenant pas eux-mêmes abstinents, ils combattent avec leurs 
confrères Tabstention des liqueurs spiritueuses. 

Ces circonstances et d'autres poussèrent l'illustre pédagogue 
S. Ratschinsky, grand connaisseur de la vie des prêtres, k publier sous 
forme dé brochure (1899), toute une série de lettres adressées k la 
jeunesse ecclésiastique pour les engager k Tabstinence. Dans ces lettres, 
Vauteur rappelle au clergé son devoir, lui conseille d'abandonner sa 
boisson et ae prêcher iréquemment sur la tempérance. Ensuite l'au- 
teur ajoute : Leé grands mots ne font pas les bonnes prédications, 
mais de simples paroles sincèrement adressées . aux fidèles pro- 
duisent des effets certains. Votre devoir est d'instruire, de donner 
l'éducation et de sauver l'âme de vos agneaux. Sauver son prochain de 
l'ivrognerie est déjk un grand bienfait. N'est-ce pas aussi une grande 
bénédiction, et pour le pasteur et pour les fidèles, que les serviteurs 
de Dieu donnent l'exemple d'une vie calme et d'un amour chré- 
tien? Devons dépend cet idéal. Venez a l'aide ! Nos églises sont vides ï 
Un prêtre prêche dans une église vide quand les fidèles sont au caba- • 
ret pendant la messe. 

Les sociétés religieuses de tempérance montrent les inconvénients 
de la consommation des liqueurs spiritueuses et rappellent les obli- 
gations religieuses. Chaque nouveau membre reçoit l'image du saint 
patron de la société de tempérance ou un crucifix, ensuite on chante 
un Te Deum, 

Le % 20 des règlements de la société de tempérance du village 
c( Tschigon » dit : « Quand l'idée te passe par la tète, si tu te sens 
obligé de prendre du vin, lis la prière Pater nosier 33 fois (la vie 
terrestre de Jésus-Christ dura 33 ans) et cette prière dissipera la ten- 
tation du diable. 

f 28. Celui qui pendant l'année courante a été k la sainte messe 
moins de 12 fois (sans raisons sérieuses) est exclu de la société. 

$ 29. Celui qui n'a pas été pendant l'année au moins une fois k la 
confession et a la sainte communion ne peut pas être conservé dans 
la société. 

f 30. Le prêtre qui prêche l'abstinence doit absolument lui-même 
abandonner les liqueurs fortes et s'inscrire dans une société de 
tempérance. 

Le but est réglé ainsi : prêcher la tempérance en famille et hors de 
la famille; prêcher la paix, l'amour du prochain, la religion, la mo- 
destie, empêcher les discordes et les querelles, prendre de bonnes 
habitudes, faire le bien de toutes les manières, s'abstenir des jurons, 
des chants immoraux, etc., etc. Certaines sociétés de tempérance 
défendent de fumer et de sentir le tabac. 



I 



282 vu* COKGIlks INTERNATIONAL 

La lutte contre l'alcoolisme n'est pas facile pour les prêtres. Bien 
souvent les prêtres reçoivent des injures des fidèles et constatent le 
manque de foi. Un curé a choisi comme tribune de ses « philippiques u 
les cabarets et lii, au milieu des adorateurs ivres de a Bacchus » il 
prononçait ses sermons. — Pour engager le clergé entier à lutter 
contre 1 ivrognerie, Notre Très Saint synode (Journal religieux 1889, 
n® 34), dans un de ses édits, invite tous les prêtres à venir aTaide du 
gouvernement et h lutter contre le joug universel, recommandant 
comme moyens : les sermons publics et l'exemple personnel. 

Enfin le 2 mars 1890, « l'Académie ecclésiastique de St-Pétersbourg » 
organisa une société de tempérance dont le but est de préparer ses 
membres futurs — c*est-h-dire tes prêtres et les diacres, — ii l'abstinence 
et d'aider le peuple même, ii s'élever suivant les règles de l'abstinence. 
— Moyens : propagande gratis de brochures religieuses et de 
biographies des saints et des révérends pères. 

Les sociétés de tempérance organisées dans les ailles n'ont pas un ca- 
ractère aussi religieux, admettant parmi ses membres des personnes 
de difFércntes religions et ne touchant guère les questions religieuses 
et politiques pour éviter les discordes et laissant a chacun son point de 
vue. C'est pourquoi les sociétés de tempérance en ville disposent de 
nombreux moyens et de membres plus actifs. Ces sociétés furent or- 
ganisées récemment ii St-Pétersbourg, en 1890 ; a Odessa, en 1891 ; 
a Kasan, en 1892; si Ribinsk, en 1893; à Moscou, en 1895, etc. La 
plupart des membres sont ouvriers de fabrique, artisan^, petits mar- 
chands, domestiques, etc., etc. Les personnes des hautes classes, à 
notre honte, y prennent part bien rarement; leur rôle n'est pas grand 
et tout h fait passif, surtout a Moscou, dans le centre scientifique et 
industriel. Cependant le secours des hautes classes peut aider incom- 
parablement an grand succès de la propagande de l'abstinence; par 
exemple, grare ii rinduence du gouverneur général de St-Pétcrsbourg, 
le Comte Koll, la « Société de tempérance de St-Pétersbourg» fit aban- 
donner il un grand nombre de paysans le cabaret chéri. 

Un autre exemple. Dans une des villes du Wolga, la femme d'un 
médecin voulut organiser une société de tempérance. Les ennemis ne 
manquèrent pas de paraître. C'était la haute classe, ayant comme chef 
de l'opposition, le juge d'instruction. Les prêtres, voyant une telle 
opposition des hautes classes ne manquèrent pas de s'éclipser ; et ce 
n'est qu'après, quand le magistrat de la ville donna la permission d'or- 
ganiser c( les châteaux dans l'air », que les ennemis se transformè- 
rent en amis. Kn un mot, quand l'opposition vient de la magistrature 
ou que Ton manque d'argent, alors on rencontre des obstacles qui sont 
difficiles ii renverser. 

Le programme d'action des sociétés en ville est très large. Il 
organise (tes boutiques de thé, des salles a manger, des asiles, des 
hôpitaux pour les alcooliques, des logis a très bon marché, des loge- 






l'u 



CONTRB L ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



283 



ments hygiéniques, des ateliers, des magasins de livres ; grâce à leurs 
soins paraissent des brochures antialcooliques et des journaux popu- 
laires ; il organise des cercles musicaux, des spectacles, des pro- 
menades et des conférences publiques, accompagnées et illustrées par 
des lanternes magiques ; grâce k leurs soins on connait les 
formes diverses de l'alcoolisme, les caisses d'épargne (banques éco- 
nomiques) en cas de pauvreté. Ces caisses fonctionnent de la manière 
suivante : subsides matériels, indication des logis a bas prix, chauffage, 
vêtements, souliers, comestibles pour les membres pauvres ; secours 
en cas de maladie, dépenses pour la cure des membres malades à 
l'hôpital, sommes d'argent réservées pour la famille du défunt ou en 
cas d'incapacité de travail. Grâce aux soins des sociétés de tempé- 
rance les membres qui ont besoin de travail pour vivre le trouvent 
immédiatement. Les membres eux-mêmes doivent s'abstenir de liqueurs 
fortes et ne doivent pas en offrir aux autres. La société de Suint-Pé- 
tersbourg a modifié quelques règles concernant l'abstinence, ne 
voulant pas accabler ses membres, et pensant que la consommation 
des liqueurs fortes sans abus n'empêcherait pas les intérêts de la 
société. Grâce à cette mesure on se réserverait plus de membres 
riches ou ayant une influence, comme magistrats. Voici les sociétés 
les plus actives : société dé tempérance à Saint-Pétersbourg, à Kasan, 
à Moscou et a Sarapoul. En 1893, la société de tempérance de 
Pétersbourg (Population de Saint-Pétersbourg, 1.267.000) comptait 
parmi ses membres : 

Clients des boutiques de thé 1 .304. 150 hommes 

Auditeurs des entretiens religieux 29.750 — 

— des conférences populaires 50. 138 — 

Public aux spectacles et promenades 87 .000 — 

— aux arbres de Noël et autres plaisirs. . 3.800 — 

Total 1.478.838 hommes 



En 1894, la Société de Saint-Pétersbourg organisa un comité pour 
secourir les gens pauvres et pour connaître les suites fatales de 
l'alcoolisme pendant le choléra. Les notes de ce comité constatent 
des résultats très intéressants. 

Le Gouverneur Général de Saint-Pétersbourg ordonna pendant la 

Eériode de l'épidémie cholérique de fermer les brasseries et les ca- 
arets les jours de fête ; et, k ces mêmes jours, la vente de l'eau-de-vie 
dans les restaurants était complètement défendue. Telles furent les 
suites de cette ordonnance : le nombre des artisans qui s'enivraient 
et commençaient k travailler le mardi fut de 3 — 4 ®/o. Auparavant il 
était de 50 a 80 */« pour le lundi et de 30 — 40 */« pour le mardi ; 
Sur 15.000 hommes rapatriés k leur domicile il n'y eut que deux 
ouvriers « qui furent transportés » par le chemin de fer aux frais de 



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284 



vil' CONGRÈS INTERNATIONAL 



[»oiir 
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rÉtat, pendant que Tannée précédente 3.100 hommes avaient été trans* 
portés au compte de l*Ëtat. Comprenant les intérêts de la société de 
Saint-Pétersbourg l^s hautes classes s'intéressèrent à l'œuvre et^ grâce 
fa leurs soins, la société se développa librement. 

En 1893, le chef du port, Tamiral .Werchoffsky, proposa pour les 
conférences publiques de la société un local pouvant contenir 2000 per- 
sonnes. L^année suivante l'amiral obtint du « ministère de la marine » 
une somme de 1000 roubles, pour construire une boutique de thé et 
une salle fa manger auprès du port. En 1894, le général Stoudhinsky 
obtint du « ministère de la guerre » une somme de 1500 roubles 
organiser une boutique de thé aux usines de poudre. En 1897, 
mtcsse Panina offrit fa la société une bibliothèque avec un 
grand nombre de livres, a condition que cette société entretien- 
drait la bibliothèque. Au mois de janvier 1898, la société organisa 
une exposition mobile comprenant la pédagogie et l'industrie. Enfin à 

[présent on a Tintention d'organiser aans un lieu hors de la ville des 
ogements fa bon marché. Les dépenses primitives pour l'année 1898 
formèrent une somme de 23.000 roubles. 

« La ligue contre l'abus des liqueurs fortes » à Kasan (Kasan 
compte 130 mille habitants), fut organisée le 30 juillet 1892 et 
rayonne parmi les Tartares, nation consommant peu d'alcool. Parmi 
les membres très actifs se trouve une masse de personnes des 
hautes classes. Trois professeurs de l'université, le grand Archevêque 
de Kasan, le Gouverneur général — membres honoraires, orateurs de 
la société. Le public prend part activement à l'œuvre et de 
grosses sommes passent dans la caisse de la ligue. Actuellement le 
budget annuel représente une somme de 18.224 roubles. En 1896, 
on a décidé de réserver annuellement pour les membres futurs 
1000 roubles, de sorte que dans dix ans les intérêts de ce capital 
pourront être distribués aux membres pauvres en cas de nécessité. 

Eu 1898, dans les asiles de nuit de la société, il y eut 56.882 
hommes payants et 1.292 hommes gratis. Les cafés et salles à 
manger ont distribué 56.775 diners; dans ce compte 48.419 dîners 
gratis. Pendant l'année, la Société a donné de l'ouvrage pour 
100 indigents. Celui qui est paresseux est privé des secours 
de la Société. Grâce h la Société 40 personnes ont été placées. 
Pour les enfants orphelins et vagabonds a été organisé un asile 
spécial. Les enfants de l'asile fréquentent l'école du dimanche 
gratis, apprennent les sciences et les arts industriels. En tout il y 
avait 20 enfants. Les étudiants de « l'académie religieuse » prennent 
part activement fa toutes les conférences publiques et aux discus- 
sions scienlifiques oflertes aux clients de l'asile de nuit. Dans le gouver- 
nement de Kasan la Société a organisé, suivant le désir des habitants, 
46 sociétés privées. L'administration de ces dernières se compose de 
prêtres, de professeurs et des citoyens mêmes. Au mois de no- 
vembre 1808, la société a reçu de la « Société de la Croix-Rouge », 






CONTRE L*ABU8 DBft BOISSONS ALCOOLIQUES 285 

h cause de la famine, 30Q0 roubles pour organiser des salles à 
manger gratis. 

La première Société de tempérance à Moscou fut fondée le 25 avril 
1895, par de simples ouvriers de fabrique, qui voulaient se distin- 
guer par une bonne conduite. Les membres sont pour la plupart 
ouvriers de fabrique, artisans, petits commerçants, etc., etc. Il 
faut regretter que le nombre des personnes de la haute classe ne 
soit pas plus grand dans la lutte contre le fléau populaire. Moscou 
compte beaucoup d'établissements primaires et hautes écoles, beau- 
coup d'usines, de fabriques et d'ateliers industriels, mais la lutte 
contre l'alcoolisme, au point de vue scientifique, est très médiocre 
et presque nulle. De pareilles circonstances empêchent évidemment 
la marche en avant et 10 ou 15 personnes doivent porter sur leurs 
épaules ce qui touche à toute la nation. D'un côté le simple ouvrier 
tâche de s'instruire et de s'améliorer moralement, d'un autre côté 
l'homme riche et intelligent tourne le dos au progrès. En trois ans 
la société de Moscou a organisé 5 boutiques ae tné, une caisse en 
cas de nécessité, des spectacles, des conférences, des bibliothèques 
populaires, un magasin de livres, un cercle musical et une école 
du dimanche gratis pour les membres. Il n'est pas sans intérêt 
de constater que les spectacles ont un succès colossal seulement 
chez les artisans et les petits commerçants. Les ouvriers de fabri- 

Ïues et la foule (gens simples) préfèrent les discussions religieuses, 
n général la lutte est lente et difficile, a chaque pas on rencontre 
des obstacles, cependant l'idée de l'abstinence est plus ferme chez 
les basses classes. 

Le capital de la société est de près de 7 — 8 mille roubles. 

La société de tempérance d^ArchangeUk fut fondée le 9 août 1892. 
Son rayon embrasse tout notre pays Nord et les côtes de la mer 
Blanche. Le curateur de la société est le Gouverneur d'Archangelsk 
et les hautes classes y prennent part en travaillant énergiquement. 

En 1896, au mois d'octobre, fût fondée a Kieff la société de tempé- 
rance « Sud-Occidentale ». Son président est un professeur des ma- 
ladies mentales.' Son rayon embrasse les gouvernements de KicfT, de 
Podolsk et de Wolinsk. Règles de la société : les membres ne sont 
pas obligés d'être complètement abstinents, mais leur train de vie 
doit être correct et plein de travail, ils doivent aussi autant que pos- 
sible éviter la consommation des liqueurs fortes. L'hôtel de ville de 
KiefT a réservé son patronage b la société nouvelle. 

En 1898, furent fondées des sociétés de tempérance b Toula, b 
Astrakhan et sur les côtes de la mer Caspienne. 

Un fait réjouissant est l'organisation de < sociétés de tempérance 
dans les fabriques et les usines. On trouve ici des logements confor- 
tables. Les moyens sont fournis par les directeurs des fabriques : dans 
le gouvernement de Saint-Pétersbourg, la fabrique de « Narva » ; 



\ ' 



286 vu' CONGRES INTERNATIONAL 

dans le gouvernement de Moscou, la fabrique de « Poliakoff » ; dans le 
gouvernement de Twer, la manufacture de « Twer ». Cette dernière 
société reçut 5000 roubles de la direction de la fabrique pour son orga- 
nisation. Dans le gouvernement de Wiatka, l'usine « XVotkinsky » ; 
dans le gouvernement de « Perm », les usines de «c Nigni-Tagilsk » et 
« Ncwiansk. » 

En ce qui concerne l'activité des sociétés russes il faut remarquer 
que celles-ci n*existent que depuis dix ans et que leur propagande a 
pénétré même dans les coins lointains de Sibérie, où Tidée d*abstinence 
commence il faire son chemin. Les sociétés d'abstinence sont les fidèles 
amies des sciences et des règles morales et composent une atmosphère 
nouvelle et hygiénique, où le peuple simple commence à vivre par toutes 
les fibres de son ame, sans quoi l'idéal humain est impossible. Les 
sociétés de tempérance détruisent les barrières sociales, qui ont 
persisté depuis 35 ans après la proscription du servage (escfavage}i 
Le peuple s'accoutume ii considérer un homme intelligent non comme 
un « boyard », mais comme un simple mortel et le peuple estime les 
vérités de In science. Les sociétés de tempérance unissent le peuple 
et les hautes classes tendent la main ii des frères qu'elles ignoraient 
aupanivant. 

L'extension des sociétés d'abstinence dans les villages est due 
aux « gens simples ». L'indifférence des hautes classes est une preuve 
que nos u meilleurs grands hommes » s'occupent peu des intérêts de 
la patrie chérie. 

Les sociétés de tempérance nous prouvent évidemment que la 
population comprend le prix d'une existence intelligente et noble. 

Le sort des sociétés de tempérance laissera une trace profonde 
dans l'histoire de la culture intellectuelle en Russie. 



II. MONOPOLE DE l' ALCOOL ET CURATELLES DE TEMPERANCE 

L*I£tnt est venu en deuxième ligne dans la lutte contre l'abus de 
Talcool. Poursuivant un but financier tout en voulant délivrer le 
peuple russe des chaînes de l'ivrognerie et des griffes des cabaretiers, 
et mettre une fin ii la ruine universelle, l'Etat a développé le projet 
du monopole de l'alcool. 

Malgré plus de dix lois répressives et une mas^e d'édits adminis- 
tratifs, suivant les paroles du ministre des finances, la force des ca- 
baretiers restait indomptable. 

Ils continuaient ii empoisonner systématiquement les villageois et si 
démoraliser de toutes les manières. Le 1*' janvier 1895, le monopole 
s'établit dans quatre gouvernements orientaux. Il s'établit ensuite peu 
VL peu dans les autres gouvernements. Depuis le 1*' janvieV 1898, le 
monopole fonctionne déjà dans 35 gouvernements de la Russie 
Européenne. 



CONTIIB L*ABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 287 

Je ne tiens pas à faire la description en détail du monopole ; c'est le 
programme d*un travail à part. 

Grâce au monopole, TEtat joue le rôle d*un commissionnaire entre 
le producteur et le consommateur de Talcool et n'est point* intéressé à 
ce que le peuple à un moment donné consomme plus de liqueurs 
fortes. 

Nous lisons dans la circulaire du ministère des finances : a S*il se 
forme un déficit dans les revenus de l'Etat, parce que la consommation 
de Talcool diminue, la caisse de TEtat s'enrichira par d'autres impôts 
directs ou indirects et en même temps les mœurs de la population 
deviendront bien meilleures et les ménages s'enrichiront. C'est pour- 

3uoi si la réforme entreprise diminue les revenus obtenus par la vente 
c l'alcool, si en même temps la population gagne en prospérité, alors 
un tel résultat de la réforme indique son plein succès ». 

La production de l'esprit-de-vin est réglée de la manière suivante : 
On calcule auparavant quelle quantité d'alcool est nécessaire pour la 
consommation d*un département. Deux tiers de la quantité annuelle 
sont achetés dans les distilleries. Les prix sont indiqués chaque année 
par le Ministère des finances. Les usines de l'Ktat rectifient l'esprit- 
de-vin acheté dans les distilleries privées. L'eau-de-vie est fabriquée 
avec de l'i^sprit-de^vin rectifié et contient 40 */o d'alcool. Les liqueurs 
fortes et les ratafias sont fabriqués dans les distilleries privées mais 
l'csprit-de-vin rectifié doit être acheté h TEtat. Ensuite pour vendre 
les liqueurs fortes il faut s'adresser ii l'Etat et dans ces cas, ce dernier 
joue le rôle de commissionnaire. La bière, l'hydromel, le porter, l'aie 
et les vins fabriqués de raisins ne regardent pas TEtat et peuvent 
être vendus sans commission suivant les anciennes lois. La vente en 
détail de l'esprit-dc-vin, de l'eau-de-vie et des ratafias n'est admise que 
dans les magasins appartenant h l'Etat, nommés « boutiques de la 
couronne », et aussi dans les magasins privés par ordre de l'Etat. La 
dernière catégorie embrasse les restaurants, les buffets de chemins 
de fer, les magasins de comestibles et les épiceries. La vente en gros 
appartient exclusivement 2i l'Etat. La vente en cachette n'a pas sa 
raison d'être. Les boutiques de l'Etat vendent l'alcool en flacons avec 
le cachet de la couronne et il est défendu de boire dans les boutiques 
mêmes et d'avoir des tire*bouchons. 

Chaque réforme atteint son but lorqu'elle trouve des employés fidè- 
les. C'est pourquoi le Ministre des Finances rédigea la circulaire sui- 
vante : Les commis et les employés des boutiques de la couronne doi- 
vent être des gens instruits. Le commerce de TEtat et l'utilité publique 
souiTrent beaucoup des employés peu instruits et des personnes mé- 
diocres. C'est pourquoi les commis sont des gens d'une bonne con- 
duite. La loi ancienne reste intacte, c'est-à-dire que les cabarets doi- 
vent être éloignés des églises, des palais, des usines. Les cabarets 
s'ouvrent et se fermenta l'heure indiquée par la loi, en même temps 
les ff sociétés villageoises » peuvent obtenir la permission de fermer 






288 vu' CONGRES INTERNATIONAL 

tout a fait les cabarets, même ceux de la couronne* Il est défendu de 
vendre Teau-de-vie à crédit ou d'engager des objets pour obtenir du 
vin ; il est défendu de vendre Teau^de-vie aux gens évideitiment ivres 
et aux enfants, et aussi aux personnes auxquelles le droit d'entrer 
dans un cabaret est défendu. 

Pour mieux faire respecter les règles de la vente et pour conserver la 
moralité du peuple, le Ministère des Finances a organisé en même temps 
des Curatelles de Tempérance^ chargées de veiller à l'hygiène et à 
la moralité du peuple ; ces patronages : 
. a) Inspectent la vente des liqueurs fortes. 

b) Ils soutiennent la propagande : l'abus de l'alcool est malsain, 
ils cherchent des moyens pour que le peuple ne passe pas son temps 
aux cabarets, organisent dans ce but des conférences publiques, des 
discussions populaires, éditent des brochures expliquant tous les 
malheurs de Tabus de l*alcool, organisent des boutiques à thé, des 
bibliothèques etc. 

c) Ils ont soin de l'organisation et de l'entretien des hôpitaux pour 
les alcooliques. 

d) Ils ainent l'Etat et les sociétés privées dans leurs efforts contre 
Tabus des buissons alcooliques. 

Les fonctions des patronages sont remplies par des comités de gou- 
vernement et de district, formés par des employés des ministères cnffé- 
rents. Les personnes qui ont exprimé le désir d'y prendre part sont 
nommées a membres auxiliaires » et jouent un rôle passif. 

Pour remplir les mandats des comités de district, en ce qui concerne 
la vente de i*alcool et la vente secrète, on élit des curateurs parmi les 
membres des comités ou les membres auxiliaires. Les moyens et les 
revenus des patronages sont tirés des sommes allouées par la couronne, 
des sacrifices privés, des revenus des boutiques de thé, des spectacles, 
etc. En 1895 TEtat a alloué pour le patronage de Perme et pour 12 
comités de districts, 63.600 roubles; pour le patronage de Samara et 7 
comités, 59.700 roubles; pour Orênbourget 5 comités, 30.700 roubles; 
pour Oufa et 6 comités, 46.000 roubles. Chaque comité de district 
reçut il peu près de 2.000 a 9.000 roubles, sommes en général insi- 
gnifiantes. En 1895 le patronage de Perme comptait 1195 membres 
auxiliaires ; voici un tableau comparatif: 

%MJLà^i^ Préirct. dlMfM rajr^aiit «Mantsl 

.« !Lî?5S!7.^ Mer>tUtM.(«l«rîé NdifagMt »a viUata um 

ot tot^rtntirM ., |é«ir»l) po«Utoa otUmé* 

Patronage de Perme 

lt95 37 196 14S 114 

lOSdbommei, 110 fcminet 

Samara 
599 151 71 47 68 

386 hommes, 13 femmet 

> Dam ce nombre il y • dee pliarmacieni. 



'•i.. • <v:-.- 'V- s 






CONTRB L*ABU8 OBg BOlSgONS ALCOOLIQUES 269 

Orënhourg 

701 . U 70 60 60 

636 hommet, 65-feinmei 

Oufit 

\kO 10 36 16 4 

118 hommei, 22 femmei 

• 

Conséquences. — Maintenant il n'est pas sans intérêt d'étudier quelle 
influence cette immense réforme produisit dans la vie du peuple russe. 
Les patronages se groupent exclusivement auprès des boutiques de thé, 
dans les bibliothèques, etc. Cependant beaucoup de boutiques de thé, 
surtout dans les gouvernements orientaux, se sont fermées à cause du 
manque de revenus. Ce fait prouve que les patronages doivent avoir une 
connaissance plus profonde des conditions de la vie populaire, car les 
boutiques de thé poursuivant le but des clubs sont très nécessaires. Au 
sud, rœiivre joue un plus grand rôle . Les « sociétés villageoises » cèdent 
des coins de terre gratis et sacrifient des sommes d^argent. Les confé- 
rences, les bibliothèques, les spectacles ont partout un grand succès, 
et sont entretenus par les hôtels de ville et par les hautes classes. 

L'assemblée de district « Slawe-Serbe » a alloué pour l'organisation 
d'un auditoire populaire, 6.000 roubles. L'usine de machines de 
Partmann a donné 2.000 roubles. Impression générale : le peuple 
abandonne volontiers les cabarets et passe le temps avec plaisir dans 
les établissements où la vente des boissons spiritueuses est défendue. 
A la fête de Pâques, à Wilna, on ramasse quotidiennement 20 a 
25 personnes ivres-mortes ; quand le monopole de l'alcool commença 
à fonctionner, pendant trois jours de Pâques, la police ramassa 
8 personnes. Le 1*' juillet 1897, au district Èichowsk (gouvernement 
de Moffileff) les paysans comptaient 31.883 roubles de dettes. Le 
1*' janvier 1898, les dettes tombèrent a 5,173 roubles. Les monts-de- 
piétés (on engageait même les machines a battre le blé) virent leur fin 
et les cabaretiers s'éclipsèrent peu à peu. 

Le budffet du peuple grandissant, les paysans et leurs femmes sont 
heureux ae la réforme nouvelle et l'attendent avec impatience la où 
elle ne fonctionne pas encore. Sa mise en pratique comprend la question 
des maisons pour logements en commun et dans beaucoup d'endroits ces 
maisons sont déjà fondées. On a édifié plusieurs théâtres pour le 
peuple, des locaux populaires qui coûtent de 8.000 à 30.000 roubles. 
Mais souvent le manque d'argent empêche l'œuvre des patronages. 
Ainsi le comité du gouvernement de aamara reçut de l'Etat, l'année 
dernière, seulement 2.605 roubles au lieu de 11.600 roubles. Le projet 
d'hôpitaux pour les alcooliques dans certains endroits a cause du 
manque de moyens, reste en projet. Voici ce qu'on lit dans les notes du 
patronage de Cherson : « Touchant la question des hôpitaux spéciaux 

t>our les alcooliques, nous croyons mieux faire en établissant des 
ocaux populaires, car les hôpitaux sont plus nécessaires pour les 
autres ipalades. » Les alcooliques sont installés pour la plupart dans 
les hôpitaux de traitement et le patronage de Samara a pris à son 



I 






290 vil* C0N6IIB8 INTBRNATIOIIAL 

compte un Ht à Thôpltal de la société d*ab8tinence de Kasan pour 
un alcoolique et payé 3.000 roubles. Le patronage de Stawropol 
a paye dans le même hôpital 1.000 roubles. Une grande autorité 
appartient au patronage de Saint-Pétersbourg dont le président est, 

[»ar ordre de 1 Empereur Nicolas II, le Grand-duc Oldenboursky. Dans 
e tableau suivant, nous voyons les changements survenus grâce au 
monopole de Talcool. 

Vlllot 4a VUUimda 



Saiol-Féteraboarg ftoavvnieneiit de jouvoraMMal 4* TttUI 

KainUPétoi-ftliourg tolBl-Mtonboarg 

I07 int 1*17 im um int 



M97 int 



Boutiques de l'ËtuI 


— 


321 


— 


73 


— 


261 


— 


655 


Trokiirt 


659 


251 


231 


51 


296 


31 


1186 


333 


BuflTett 


166 


166 


53 


53 


28 


38 


247 


247 


Cavet on glaises 


937 


422 


139 


37 


11 


t , 


1087 


461 


Caves ongloises 

(consommations hors 

de la cave) 


14 


12 


— 


— 


— 


— 


14 


12 


Magasins d'eou-de-vie 


19 


— 


9 


— 


— 


— 


28 


— 


Boutiques 
vente en chtoflr(?) 


U 


— 


— 


— 


— 


— 


14 


— 


Maisons & boire 


ISO 


— 


— 


— 


— 


— 


180 


— 


Magasins 
de liqueurs fortes 


— 


— 


32 


— 


158 


— 


190 


— 


Caves de vin russe 


52 


52 


— 


— 


— 


— 


52 


52 


Brasseries 


982 


884 


93 


63 


146 


142 


1221 




Vente en wedro 


— 


— 


— 


— 


5 


— 


5 


— 


Vente en rros 
Bière, Porter et Hydromel 


29 


29 


36 


36 


*40 

• 


6 

• 


105 


71 


Vins russes 
Vente en gros 


16 


16 


1 
\ 


1 


1 


— 


18 


17 



Total 3068 2153 594 314 685 470 4347 2937 

Dans Pétersbourg seul, toute une armée de cabaretiers, 12.000 
hommes, fermèrent leurs établissements. Ces gens restés sans affaires 
durent entreprendre quelque chose et ouvrirent des brasseries, des 
traktirs, des boutiques de thé, où ils tâchent de vendre de l'eau-de- 
vie en cachette, et les patronages pétitionnent pour faire fermer ces 
traktirs et ces brasseries, qui ont une mauvaise influence sur la 
population. 

Ainsi, le monopole de Talcool détruit Tindustrie des cabaretiers, 
diminue le nombre des places où Ton vend le vin, s'occupe de la recti- 
fication de Tesprit de vm. Avant, le peuple buvait une eau-de-vie qui 
contenait 2 •/« — 3 •/« d'impuretés. 



r 



» 



CONTRB l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 291 

Le monopole s'occupe de l'instruction » des plaisirs sains et invente 
des moyens propres à éloigner le mal. Cette réforme, malgré son peu 
d'ancienneté oblige tout homme intelligent h l'estimer et à venir a 
la rencontre de ses intérêts. 

Cette réforme fait l'honneur de notre pays et l'entreprise de TEtat 
aide à l'éducation et k l'instruction populaire. 

Dans sa note k Sa Majesté Impériale sur les dépenses pour l'année 
1899, le Ministre des finances indique la bonne influence du mono- 
pole sur la moralité populaire» sur 1 amélioration de la vie matérielle, 
ce qui' peut être prouvé par l'augmentation des revenus de l'Etat et 
en même temps ae la fortune publique. Ces faits ont été remarqués 
dans les quatre gouvernements orientaux pendant les anpées où la 
réforme a commencé k fonctionner. Les résultats financiers de la 
réforme sont excellents. Pendant les premiers trois ans, les revenus 
du fisc des impôts pour l'alcool furent de 18 millions et demi de 
plus que les années précédentes^ quand fonctionnait l'ancien système 
d'accise. Les mêmes résultats ont été remarqués dans les autres gou- 
vernements. On espère de grands succès de la réforme dans les gou- 
vernements du Centre, ou la réforme sera introduite en 1901 et non 
en 1902 comme il avait été décidé avant. Dans les gouvernements cen- 
traux et surtout dans le gouvernement de Moscou, l'ivrognerie règne 
avec tous ses attributs et son caractère ignoble et infiniment 
dégoûtant. 



III. HÔPITAUX POUB LBS ALCOOLIQUBS 

Ces établissements, si l'on peut s'exprimer ainsi, datent d'hier. 
Actuellement on en compte trois. Le premier hôpital a été fondé 
en Finlande, par le docteur en médecine Fourvie, en 1890 et son 
organisation a eu lieu grâce k la société Finlandaise qui rassembla 
dans ce but 100.000 marcs. On paye 300 marcs pour une chambre 
commune, 600 marcs pour une chambre séparée par an. Mais dans 
ces conditions l'asile subit des pertes. Autrefois il y avait 35 mala- 
des dont la moitié gratis et ceux qui payaient ne versaient pas 
exactement. Les sommes payées diminuent et maintenant il n'y a 
plus que 9 malades. En 8 ans, il y a eu 148 personnes dont 40 '/«» 
sont guéries. Autrefois, la cure durait 2 k 3 ans ; maintenant la cure 
ne dure pas plus d'un an. Si l'hôpital de Fourvie n'obtient pas des 
subsides de l'Etat, il sera obligé de fermer. 

Le deuxième hôpital a été fondé k Kasan par la société de tempérance, 
le 26 mars 1896 ; personnel, 12 malades. Les malades se divisent en 
ceux qui payent et ceux qui sont traités gratis. 1*** classe paye 75 rou- 
bles par mois ; 2* classe, 30 roubles et 3* classe, 10 roubles par mois. 
Le manque de subsides empêche de mener l'afTaire d'une manière 
désirable. Le tant pour cent des guéris ne peut pas être indiqué, parce 



S-f 






292 vil* CONGRBft INTERNATIONAL 

que Ton ne correspond pas avec les personnes <|ui ont quitté rhôpital. 
Jusqu*a présent 91 personnes ont été traitées. 

Le troisième hôpital a été fondé le 30 avril 1898 dans le village 
« De tous les Saints, » (six lieues de Moscou), par le docteur en mé- 
decine Alexandre Michel Korowin, grâce à son initiative et à son 
propre capital. L*hôpital est construit suivant toutes les règles de la 
science et de la technique. L'hôpital a une section spéciale pour les 
douches et les bains, un cabinet électrique, un atelier (menuiserie et 
reliure, etc.), une salle de gvmnastique. Eclairage électrique. Chauf* 
Tage il vapeur central et ventilation suivant les «ornières règles de la 
technique. La colonie occupe 15 1/2 dessiatines (dessiat s 2400 sa- 
^ènes carrés) On paye de Im k 275 roubles par mois. Le directeur 
Korowin avec sa famille, demeure dans Thôpital même et le train de 
vie porte un caractère de famille. L'hôpital est construit pour 10 ma- 
lades et son organisation a coûté 200.000 roubles. 

La société de tempérance de St-Pétersbourg a le projet de cons- 
truire son propre hôpital, dont les règlements ont été admis par TEtat 
le 18 novembre 1895. Mais le manque de moyens ne permet pas encore 
d'accomplir le projet. 

Les hôpitaux d alcooliques sont destinés seulement aux hommes 
et on y entre volontairement. La société évangélique de St«Péters- 
bourg a fondé un asile pour les alcooliques grâce à l'initiative du 

[>asteur A. Massing. Il se trouve auprès de St-Pétersbourg, en Fin* 
ande, à 10 lieues de la station « Ferjoka ». Les moyens de la cure 
sont le travail et la prière. Chambre séparée, 50 roubles par mois ; 
chambre commune 25 roubles. 

IV. — ACTIVITB DBS DlSTaiCTS 

Touchant la question de l'alcoolisme dans les gouvernements de 
St-Pétersbourg, de la « Nouvelle Ladoga » et dans le gouvernement de 
Moscou: les assemblées du gouvernement de Moscou ont expliqué que 
les mauvaises suites de l'alcoolisme peuvent être étudiées grâce à une 
enquête fuite auprès des sociétés médicales des districts. Cette 
enquête est nulle jusqu'à présent ii l'exception de quelques médecins 
isolés. 

V. — ACTIVITÉ DD MINISTBRB DB LA GUBRaB 

Dans l'armée et dans la flotte, la question de l'alcoolisme est née 
avant d'attirer l'attention des pouvoirs civils. Ici, il faut remarquer 
que d'année en année le choix des recrues se fait plus facilement. Il est 
question aussi de priver les soldats dans l'armée et dans la flotte de la 
ration d'eau-de-vie. A cet égard, le docteur en médecine ZuéfT, ayant 
une pratique de 15 ans dans l'armée, aflirmcque les manœuvres et les 






CONTRE L*ABUg DB8 BOISSONS ALCOOLIQUES 293 

mobilisations ont bien plus de succès même dans les climats mauvais, 
quand les soldats ne reçoivent pas la ration habituelle. L*opinion du doc- 
teur ZuêflTest soutenue par d*autres médecins compétents. Au mois de 
mars 1899, nous lisons dans le rapport de Son Altesse Impériale le 
Grand Duc Chef des troupes de St-Pétersbourg : «Les informations 
faites sur mon ordre prouvent que les liqueurs spiritueuses font le 
principal objet de commerce des magasins militaires, dont les revenus 
atteignent 20 pour cent. Puis viennent les matériaux comestibles et 
enfin les objets de ménage. Cette vente de vin dans les magasins mili- 
taires ne peut pas être d'accord avec la santé du soldat et son améliora- 
tion morale, et les magasins sont des établissements qui n*attcigncnt 
pas leur but. L*Etat, aans l'intérêt du peuple, organise des patronages 
contre l'abus des boissons, organise le monopole de l'alcool, ferme les 
cabarets et les brasseries auprès des casernes. C'est pourquoi sur 
mon ordre, la vente de vins aans les magasins militaires est défendue. 
Los commandants de l'artillerie, des sapeurs et des brigades de St- 
Pi'tersbonrg et d*Archangelsk auront soin de faire cesser la vente de 
Teau-de-vie dans les magasins militaires sans autre condition. Je 
rappelle que le but du magasin militaire est de donner au soldat la 
faculté d'acheter les objets de première nécessité h bas prix et de 
lui donner, pendant le temps libre, des distractions saines (boutique de 
thé, journaux, brochures). Le bon marché et un petit revenu doivent 
sudire pour l'entretien et la remonte du magasin. Cet ordre doit être 
exécuté le plus sévèrement. Il est défendu aussi ii toute personne pri- 
vée de louer un magasin militaire. » 

VI. ACTIVITÉ DES SOCIETES SCIENTIFIQUES 

Il a fallu beaucoup de temps pour que les discussions pour et contre 
la consommation de l'alcool amènent quelque solution; chaque 
partie défendait son opinion en présentant des preuves plus ou moins 
solides. Cependant* il fallait une réponse scientifique ferme sur 
l'ciTet des petites et des grandes doses d'alcool. On trouva la 
solution en organisant iine commission qui devait s'occuper de la 
question de l'alcoolisme et des mesures propres ii lutter contre le mal et 
»our élaborer des règlements d'asiles alcooliques (société russe pour 
a sauvegarde de l'hygiène publique). La commission commença ii 
fonctionner au mois de mai 1895. La première assemblée a eu lieu 
le 7 janvier 1898, sans retentissement, tant on s'intéressait peu à cette 
commission. Dans les rangs de la commission figure toute une série de 
physiologistes spécialistes, de docteurs pour les maladies des nerfs, 
de neuropathologistes, de juristes et de financiers. Le nombre de 
tous les membres est de 100. Les sociétés psychiatriques de 
St-Pétersbourg, de Kasan et la société juridique de St-Pétersbourg 
promirent leurs concours. Des rapports sérieux et détaillés pro* 

T. Il to 



r, 



.• ï 



294 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

voquërent un vif échange d^opinions et les travaux de la commis- 
sion parurent en volume ii part» que Ton va traduire en français. La 
commission de TUniversité de Moscou organisa en 1895 une société 



plie a cause du manque de ressources. 



VII. LITTERATURE RUSSE CONSACREE A L* ALCOOLISME 



en quantité et en qualité ; auparavant on étudiaU l)rincipalement 
" nolisme sans rapports directs avec 1 alcoolisme. Ce 



La littérature scientifique des derniers huit ans a ffagné rapidement 
quantité et en qualité ; auparavan 
les effets de Talcoolisme sans rapports 
système est changé depuis 1895. A cette époque paraissent les rapports 
des D" L. Minor^ et A. Korowin, a) organisation des hôpitaux 

[>our les alcooliques en Russie ; b) lutte de là société contre l'abus de 
'alcool et le rapport du D' C. Danillo en 1895 sur la cure de l'alcoolisme 
dans des établissements spéciaux. Les lacunes de la littérature antial- 
coolique, grâce aux travaux étrangers, traduits en russe» se com- 
blent et bientôt paraissent des travaux russes originaux, les voici : 

1887. Dissertation S. KorssakoIT. « De la paralysie alcoolique» ; 
1889. Dissertation A. Mogilianski. te Matériaux pour la diététique de 
Talcool » ; 1895. Dissertation N. Koulbin. « L'alcoolisme et l'influence 
de Tempuisonnement chronique sur les animaux » ; 1896. Dissertation 
M. KolpakofT. « Questions relatives a l'alcoolisme à St-Pétersbourg » ; 
1897. Dissertation T. Krol. « L'influence de l'alcool sur les maladies, la 
mortalité et les crimes »; 1898. Dissertation R. Kiparsky. « Influence 
de rempoisonnemcnt chronique sur la cure des plaies »; 1898. Disser- 
tation K. Wcinar. « Effet de l'alcool sur les maladies du cerveau ». 
Toutes ces dissertations sont éditées par l'Académie militaire de mé- 
decine h St-Pétcrsbourg. Dans les journaux de niédecine on trouve 
beaucoup de mémoires sur les questions qui nous intéressent. 

La littérature populaire croit d'année en année ; autrefois ces ma- 
tériaux n'avaient pas un caractère scientifique. Maintenant nous comp- 
tons une masse d'éditions sérieuses, par exemple: Professeur I. Dogel : 
c< Les boissons spiritueuses sont la cause d'une quantité de maladies » 
(1896). — I. Dogel, « La vie, le vin et la mort » (1888). — L Sikorsky, 
a L'alcoolisme et le commerce du vin » (1897). — D' A. Korowin, 
c( Conséquences de l'alcoolisme et la lutte contre l'abus des boissons n 
(1895). — D' P. Aliexeff, « L'ivrognerie » (1896). — S. Ratschinsky, 
(c Lettres de tempérance a la Jeunesse » (1899). — D' R. Koppé 
(c AfTaiblissement alcoolique » (1894). — L. Zolotarsky, « Les étudiants 

1 En 1887, L. Minor avait écrit un traité sur U car« dei alcoolique! dam dat étabU«Mmenti 
spéciaux. 






CONTHR LABU8 0B8 BOISSONS ALCOOLIQUES 



295 



et Tivrognerie » (1898). — Professeur F. Erismann, « L'école dans la 
lutte contre Tivrognerie ». — Editions populaires : Comte L. Tolstoï, 
« A Dieu, h Mamon ou au veau d'or » (1895). — D' P. AliexeO*, « Le 
vin et la santé » (1898). — D' P. Alexied*, « Comment guérir le mal- 
heur d'à présent » (1890). — Curé D. Boulgakowsky, « De quelle ma- 
nière abandonner le vin » (1898). — D' A. Korowin, a Pourquoi avons- 
nous besoin des sociétés de tempérance? » (1897). — Prêtre V. Mi- 
chaïlovsky, « Lettres aux amis de T'abstiQence » (1890). — Trois 
journaux spéciaux : « Gazette de tempérance » (parue en 1894), éditeur 
D' N. ûrigoriefT, — « l'Abstinence populaire », éditeur, société d'abs- 
tinencQ de Kassan (1898). — « Le Bienfaiteur » (1896)^ mémo éditeur. 
— Curé D. Boulgakovsky, a Echd ». Album populaire; les suites 
de l'alcoolisme sont représentées par 19 illustrations. Il faut cependant 
avouer que l'intérêt pour la littérature antialcoolique n'existe pas ; le 
public s'en occupe peu et une lecture aussi savante le fatigue ; les 
rincipnux éditeurs sont : les sociétés de tempérance de St-Pétcrs- 
ourg, de Kassan, d'Odessa et la ligue contre l'abus des boissons fortes 
de Koursk. 



c 



VIII. ACTIVITÉ PRIVÉE 

Elle est peu développée ; la plupart préfèrent agir avec d'autres 
formant des sociétés. Le Comte Tolstoï, l'illustre poète russe, mène 
depuis longtemps la guerre contre l'alcoolisme grâce a ses ouvrages lit- 
téraires : « Le premier distillateur», « Dans quel but les hommes s'em- 
poisonnent », « A Dieu, à Mamon ou au veau d'or ». En 1899, le l2 
janvier, jour de l'anniversaire de l'Université de Moscou, Tolstoï 
adressa une lettré aux ex-étudiants, où il conseillait aux hommes intel- 
ligents de ne pas fêter l'anniversaire de l'Université (l'Université de 
Moscou est la plus ancienne en Russie) en se livrant a l'ivrognerie. 
a II est horrible d'avouer que les gens intelligents, les gens de la 
haute classe, ne trouvent pas une autre manière de fêter le jour du 
progrès, si ce n'est pendant plusieurs heures, en mangeant, buvant, 
fumant et en débitant des non sens. Ces gens-là passant le temps dans 
une ivrognerie ignoble, se réjouissent et plaignent les ignorants. C'est 
honteux et mal élevé. » — S. Ratschinsky, ex-professeur de botanique 
à l'Université de Moscou, abandonna la science pour devenir professeur 
dans une école villageoise. Il organisa auprès de son château « Fatervo » 
une société de tempérance et emploie toutes ses forces a accroître 
le nombre des abstinents. 

Le prêtre S. Permsky a fondé à 30 lieues de Moscou une société de 
tempérance religieuse nommée ce de St-Serge » Nachabino » BankofT». 
Les moyens utilisés par ce prêtre sont très originaux. Il guérit 
l'ivrognerie. Des milliers d'alcooliques perdus accourent, de toutes les 
contrées, au village Nachabino, pour se guérir de la passion fatale. 

Chaque mois le village est fréquenté par 6000 personnes. La cure a 



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296 vil* CONCRBB INTERNATIONAL 

un caractère religieux. Avant tout on chante un Te Deum^ on em- 
brasse Tévangile et le saint crucifix et on jure, a moins d*ètre 
damné, d'abandonner le vin pour 3 — 12 mois. Ensuite on s'inscrit 
comme membre de la société. Un autre curé, qui demeure au gouver- 
nement de Toula a un succès non moins grand. Un asile pour les 
alcooliques se trouve au monastère (couvent) de Walaam, situé dans 
une lie déserte. Les alcooliques ici mènent un train de vie ascétique 
et travaillent comme les autres moines. Enfin toutes les sectes 
(non orthodoxes), par exemple lès « chtoundistes », « les combattants 
pour le saint ksprit » par leurs maximes religieuses sont absti- 
nents. Leur tcnipéran(?e absolue donne un bon exemple à leurs con- 
frères orthodoxes, qui abandonnent peu à peu leurs habitudes de 
boire, u 11 est clair comme le jour, s'écrie saint Ratschinsky, que 
Tétendard doit être arraché des mains de l'ennemi et que le prestige 
de la religion orthodoxe doit être proclamé en principe. 

IX. ACTIVITE DBS SOCIETES ET DBS PERSONNAGES SANS RAPPORT DIRECT 

AVEC l'alcoolisme 

t 

1° Commission des conférences populaires du dimanche a 
Moscou. Pendant la première période lo96 — 1897 la commission 
organisa dans le gouvernement de Moscou et dans les autres 1.999 
conférences populaires qui furent fréquentées par 359.468 auditeurs. 
2® Une commission du inusée pédagogique des sciences techniques pour 
le peuple foncttt>nne à Saint-Pétersbourg. 3^ Commission des confé- 
rences populaires de médecine à Kieff (société de docteurs en méde- 
cine). 4"* La société Slave a Odessa a construit un local populaire conte- 
nant 1000 personnes ; cette salle a coûté 91.565 roubles. La société Slave 
a construit beaucoup de salles dans les autres villes. Les conférences 
populaires sont organisées pour la plupart ou par des sociétés spéciales 
ou, dans les villages, par les curés. 

La société a Neva » pour l'organisation de distractions populaires 
fonctionne auprès de Saint-Pétersbourg et a la chaussée de « Schlis- 
selbourg », parmi les fabriques et les usines. Cette société a été 
fondée en 1885, 9 septembre, par des fabricants afin de donner 
aux ouvriers des distractions a bon marché, morales et sobres. 
On organise des promenades pour les enfants d'un certain âge, 
des spectacles, des chœurs d'amateurs, des bibliothèques. Pendant 
dix ans 1885 — 1895 — 767.944 nersonnes âgées et 84.402 enfants 
fréquentèrent les établissements de la société. Pendant ces dix ans 
il n*y eut pas une fois un cas de désordres, et la police n'a 
pas eu il intervenir. En 1898, 150 fabricants et la société « Neva » ont 
construit un « club populaire » qui a coûté 150 mille roubles. En 
1894, le budget s'élevait ii 37.032 roubles. Le 2 juin 1895, grâce aux 
soins des fabricants fut fondée auprès de Saint-Pétersbourg « la so- 






CONTRE L*4BUS OBS BOISSONS ALCOOLIQUES 297 

cîété de Wiborg pour Torganisatton des distractions populaires ». En 
1897, le 22 décembre fut fondée la société « des distractions popu- 
laires » à Moscou. A présent la société organise des conférences po- 
pulaires accompagnées de lanterne magique, de musique, de 
chant. En 1898, l*hôtel de ville de Moscou fonda une commission, 
ayant pour but de donnera la classe ouvrière des distractions saines. 
'On ne peut passer sous silence Tactivîté utile des sociétés de CharkofT, 
de Saist-Pétersbourg et de Moscou, ayant pour but la propagande de 
rinstruction populaire et l'organisation de bibliothèques dans les 
villages. 

On attend bientôt Torganisation d'une société très syjnpathique 
« société de Moscou pour améliorer le sort de la femme ». Nous 
lisons dans le 1*** | des statuts : « La société a pour but de lutter 
contre l'immoralité et contre l'alcoolisme chez la femme ». Il en est 
bien temps. Partout les femmes alcooliques se trouvent au dernier plan, 
oubliées dans l'ombre. Le patronage du district de a Oufa » proposa 
M une société pour la consommation modérée de l'alcool ». L*Etat 
refusa, car le monopole de la couronne tache de pousser le .peuple 
vers (c une consommation « hygiénique » (?) de l'alcool. » 

u La société des salles ii manger bon marché à Saint-Pétersbourg » 
entretient le théâtre populaire a « Tile Wassilievsky » (faubourg de 
Saint-Pétersbourg). Il y a aussi des cercles privés, formés de prêtres, 
de magistrats de district, de bienfaiteurs, qui organisent des bou- 
tiques a thé avec lectures, afin d'arracher le peuple du cabaret. 

X. OBSTACLBS AUX PROGRES DE l'aBSTINENCE EN RUSSIE 

A l'issue de mon mémoire je nommerai les motifs principaux qui 
empêchent pour Vabslinence un mouvement rapide dans notre patrie. 
Les obstacles proviennent d'un côté de l'Etat, d'un autre côté de la 
société. 

Obstacles de la première série. 

a) La force de l'alcool, que contient l'eau-de-vic ii 40 ®/o, réglée par 
le monopole d'Etat. La commission, chargée d'étudier la question de 
l'alcoolisme, ayantjugée la question au point de vue physiologique, avait 
décidé de diminuer la force de l'eau-de-vie ii 30 ^/o. 

Ij) L'insufliisance des sommes allouées aux patronages des districts ne 
permet pas à ces derniers de fonctionner librement, et pourtant les 
revenus de l'Etat atteignent des centaines de millions. Il est ii désirer 
qu'on dépense pour la lutte contre l'alcoolisme une certaine somme 
(10 °/o) comme cela se fait en Suisse. Mais a cause de la nouveauté de 
la réforme (monopole) il est encore difficile de régler un pourcentage 
certain. 

c) Il faut modifier le nombre des personnes qui sont membres des 
patronages contre l'abus des liqueurs spiritueuses et étudier plus pro- 



298 vu* CONGRES INTERNATIONAL 

fondement les conditions de vie de certains gouvernements. Jusqu'à pré* 
senties membres des patronages s'occupent de la lutte seulement pen« 
dant leurs loisirs et n'ont pas de devoirs obligatoires désignés par 
TEtat. Eli donnant plus de droits aux membres des patronages et en 
élargissant leurs fonctions, on obtiendrait plus d'adhésions parmi les 
habitants d\inc certaine contrée. Il ne faut pas oublier que les niem* 
bres de chaque patronage travaillent fyratis, sacrifiant leurs loisirs, qu'ils 
auraient destinés au repos. On a en projet maintenant de donner des 
appointements ii certains membres afin de rendre leurs fonctions obli- 
gatoires. 

d) Les procédures longues et inutiles, qui sont nécessaires pour 
obtenir la permission d'ouvrir une boutique à thé ou une bibliothèque 
empêchent Tinitiative. 

Le choix des livres et des brochures, admis dans les bibliothèques 
populaires est trop limité. Voici des faits assez curieux : pour recevoir 
dans une l>ibliothèque les journaux « Gaxette d'agriculture », « Journal 
de bienfaisance », il faut obtenir chaque fois une permission spéciale. 

La presse et la population demandent depuis longtemps que le 
Ministère édite un catalogue des livres et des journaux défendus. 
Toutes les antres éditions, de cette manière-lb, pourraient être reçues 
par la bibliothèque sans demander chaque fois la permission» De fait 
il existe un tel catalogue mais très incomplet. 

e) Supprimer Texclusion de la jeunesse ; il est dit : « Ne peuvent 
être membres des sociétés les enfants, les élèves de toutes les écoles 
et établissements, les soldats et les cadets, ceux qui ont été condamnés, 
les propriétaires des distilleries et d^s brasseries et les marchands de 
vins en général. » L'expérience de l'Angleterre, de la Belgique 
et de la Suisse, montre qu il faut commencer ii lutter contre l'ennemi, 
dès la jeunesse, qui, ici, est le centre du mouvement antialcoolique; 
que l'école doit absolument prendre part h la lutte pour atteindre 
le but. Il ne faut pas laisser la jeunesse non armée contre l'ennemi 
et contre les séductions innombrables de l'alcool. Il faut lui défendre 
de fréquenter les brasseries, les tractirs (restaurants) et d'autres repai- 
res de rivrognerie. Il faut permettre ii la jeunesse de prendre part au 
mouveuKMit (|ui sauvera son corp.H et son Ame. 

11 arrive souvent que même un homme âgé ne sait que faire dans ce 
gouffre de Tivrognerie et a besoin de secours Les personnes âgées 
chargent d'un grand péché leur conscience en abandonnant lesentants 
et en leur permettant de boire, et quand les enfants grandissent les 
parents cux-mômcs doivent commencer la guerre. A mesure que les 
portes du cnhnrct s\)uvrent pour les enfants, il faut ouvrir encore 
plus les [xirtos des sociétés de tempérance ! 

Les préjugés publics ne sont pas moins dangereux. Les hommes 
instruits comme les ignorants ne comprennent pas souvent la signifi- 
cation du mouvement antialcoolique en Russie, c'est pourquoi l'on 
constate si peu d*entrain pour préparer le triomphe de la tempérance. 



CONTRE t*ABU» DU BOIStOKt ALCOOLIQUE» 299 

Ensuite le public refftrde les abstinents comme des fanatiques ; la 

fresse a le devoir de changer peu à peu Topinion et de pousser à 
étude de phénomènes peu compris auparavant. Cette absence d*acti* 
vite, cette inertie, la crainte aabandomier ses habitudes de boire 
paralysent la faculté d'organisation de mesures générales dans le but 
désiré. 

/} A Tabsence chez les ouvriers de Tidée de travailler pour le bien 
commun. Souvent les intérêts personnels sont au premier plan, des 
malentendus naissent — tout cela sans doute empêche le mouvement 
de grandir. Cela se remarque et dans les sociétés de tempérance 
et dans les patronages. 

Voici ce qu*on ht dans la correspondance du gouvernement de 
KiefT: Il est nécessaire de régler les rapports entre les patronages 
des districts et les membres auxiliaires, afin d*empécher les malen- 
tendus naissant de préoccupations personnelles, Il est difficile de 
compter qu*une réglementation officielle empêchera de pareils malen* 
tenclus entre les diverses catégories de membres réunis par leur seule 
bonne volonté. Notre population n*est pas assez civilisée pour sacrifier 
des intérêts personnels au principe général. 

g) La femme intelligente russe ne prend nul souci de sauver ses 
sœurs et ses frères. Et cependant son activité serait récompensée 
cent fois et personne ne peut remplacer la femme ni dans la lamille 
ni dans la société. Comoien de femmes périssent par l'alcool, ne 
trouvant pas la main secourable d'une autre femme. 

Ainsi naquit le mouvement d*40mpérance en Russie en vue de 
relever le niveau des forces morales et physiques de notre bon et 
brave peuple Russe. 



le Président donne la parole à M. Kiaer, i-epi*ésontant de la 
Xorwège, pour son rapport sur ValcooUsme en Noncvge. 



L'alcoolisme en Norwège 

PAE M. KlAEB 

Mesdames, Messieues, 

En ce qui concerne Talcoolisme en Norwège, il y a lieu de distin- 
guer deux périodes très diflerentes, Tune de 18U> ju»qu*à 18'«() 
environ, et 1 autre depuis cette époque jusqu*ii nos jours. La premii*re 

I Période se caractérise par une liberté presoue absolue qiiant ii la 
abrication et au commerce des boissons alcooliques. ElTrayé drs 
résultats funestes de ce régime, notre peuple a changé d*atlitudc 
surtout en ce qui concerne celle d*entre ces boissons qui est la plus 






y" 4 



300 vu* CONGRÈS INTfiRNATlONAL 

dangereuse : rcmi-de-vie. A partir de Tan 1845, notre législation a 
prescrit des mesures de plus en plus restrictives et les impôts sur la 
i'abrication et sur le débit des boissons alcooliques ont été successi- 
vement haussés. Itln même temps il s*est formé plpsieurs sociétés de 
tempérance el surtout d\'ibstinence avec des sections dans presque 
cha(|uc cdinmiinc du pays, qui ont travaillé et qui travaillent toujours 
avec une activité vigoureuse. 

Quels ont été les résultats de cetle action persévérante, pendant 
plus d\in demi-siècle, tant des pouvoirs législatifs que des hommes et 
des femmes intéressés et — il faut le bien remarquer — aussi de 
toutes les autres forces qui, d*une manière directe ou indirecte, ont 
contribué au développement moral de la société ? 

D'abord on a pu constater un changement considérable dans la 
manière dont on envisage Tivrogneric qui est, de nos jours, contemplée 
généralement comme une grande honte. Tandis qu*autrefois il n*était 
pas considéré comme une honte de se montrer ivre même dans la 
société dite bonne; le jugement d*un tel excès est aujourd'hui très 
sévère. Autrefois, dans un diner de cérémonie, vous n'étiez pas con- 
sidéré comme ayant rempli votre devoir d*hôte, s*il n'y avait un ou 
deux des invités visiblement accablés par l'abondance des boissons 
fortes. Cet élat déplorable de mœurs était très bien (fonnu de nos 
aïeux, mais il est aujourd'hui banni de la société. 

Il existe du reste chez nous, une loi qui déclare le fait de se 
montrer en public visiblement ivre, comme passible de contravention 
ou d'amende. 

Par suite de l'activité des sociétés d'abstinence, il y a de nos 
jours un grand nombre de personnes qui s'abstiennent complètement 
de l'usage des boissons alcooliques de toute espèce ; et ce nombre 
s'est accru beaucoup. En 1875 on n'en comptait qu'entre 6000 et 
7000 ; en 1884 dans la plus grande ligue, la ligue norwégienne 
d'abstinence totale, on en comptait 35.000 ; en 1888, 95.000 et à la fin 
de 1897, i:U).r>(i2, (r>3.405 hommes, 57.885 femmes et 25.272 enfants 
au-dessous de 15 ans). En v ajoutant les autres ligues de tempérance 
on obtient un total en nnml)re de 170.000 abstinents, parmi lesquels 
environ 130.000 adultes, ce qui fait 11 pour cent de la population 
adulte. 

Quant il la consommation de YeaU'dc''Vic on comptait en 1833, par 
habitant, 16 litres calculés u 50 pour cent d'alcool pur; en 1843, 
10 litres ; pendant la période quiqucnnale, de 1851 à 1855, 6 litres 3 ; 
quarante ans après, c'est-ii-dirc de 1891 ci 1895, 3 litres 55 ; enfin 
pendant les années 1896, 1897 et 1898, 2 litres 1/3, ce qui place la 
Norwège, à coté de la Finlande et le Canada, parmi les pays qui 
consomment le moins d'eau-de-vie. 

En ce qui concerne la consommation de bière, le calcul ne commence 
qu'il partir de 1S51 avec un chiffre pour la période décennale, do 1851 
il 1860, correspondant ii 12 litres par habitant^ chiffre qui probable- 






CONTRE L*ABV8 OBS BOISSONS ALCOOLlQt'Efi 301 

ment est beaucoup supérieur à celui de la consommation de bière 
avant 1850. Depuis cette année il s*est accru h 18 litres environ pour 
les trois années 1896 à 1898 ; mais il faut peut-être ajouter que les 
petites bières s'emploient un peu plus de nos jours qu*auparavant. 

La consommation des i^ins s'est augmentée de litre 5 par habitant 
avant 1870 jusqu'à 2 litres 2/3 pendant ces trois dernières années, 
depuis que les restrictions imposées au commerce de Teau-de-vie, peut- 
être avec le concours d'autres circonstances, semblent avoir encouragé 
l'importation des vins et surtout des vins forts et mauvais. 

En supputant la quantité totale d'alcool pur ou a 100^ contenue 
dans toutes les diflerentes espèces d< boissons alcooliques, on trouve, 
malgré Taugmentation de la consommation des bières et de^s vins, que 
le peuple norwégien consomme de nos jours, beaucoup moins 
d'alcool qu'autrefois. Le chiffre en peut être évalué entre 8 et 9 
litres d'alcool pur par habitant en 1833; à 5 litres 1/2 en, 1843 ; a 
3 litres 1/2 en 1855 ; a 2 litres 1/4 pendant les trois dernières années. 

A ces divers points de vue, il y aura peut-être quelque intérêt à ob- 
server que, par suite de VojHion locale^ le débit ae Teau-de-vie a été 
dernièrement interdit dans oO de nos 60 villes, surtout dans les petites 
villes. Quant aux communes rurales le débit de l'eau-de-vie est défendu 
presque partout. A présent il n'existe dans nos 500 communes rurales 
que 16 ou 17 licences de débit d'eau*de vie, et le débit de bière, vin et 
cidre est interdit dans la moitié environ de nos communes rurales. 

Dans les villes et autres communes où le débit des boissons alcoo- 
liques existe, le nombre de licences a été très sensiblement diminué. 

Les conseils municipaux ont, eh outre, le droit de limiter le temps 

{rendant lequel le débit pourra rester ouvert. Par suite des règlements 
iaits k cet égard, le débit et la vente en détail est défendu dans la 
plupart de nos villes depuis le samedi soir, de 1 ou 5 heures après- 
midi, jusqu'au lundi matin ii 8 heures. A Christiania on a cependant fait 
certaines exceptions pour quelques restaurants de 1^* classe ; mais 
même pour ces restaurants, il y a des restrictions. 

J'ai parlé tout a l'heure de loplion locale. En ce qui concerne le 
débit de l'eau-de-vie dans les villes, cette option se fait par un suffrage 
universel accorde aux hommes et aujc femmes au-dessus de 25 ans. 

Je me permettrai de mentionner certains détails^ a cet égard parce 
que cet arrangement constitue une innovation à laquelle peuvent porter 
intérêt les amis de la tempérance. 

Eh bien ! ce suffrage universel se rattache aux nouveaux règlements 
institués par une loi de 1894 en faveur des sociétés autorisées au débit 
de Teau-de-vie. Cette loi a créé pour ces sociétés (dites Samlag) un 
monopole tant pour le débit que pour la vente en détail, dans les 
communes respectives. Mais en même temps la loi a soumis Texistence 
de!i Samlag au suffrage universel des hommes et des femmes. Ainsi 

> Cet détailt ont éU omis dans U rapport verbal. 



'\.. 



302 vil* CONGRES INTERNATIONAL 

si la majorité des votants dans telle ou telle ville se déclare contre le 
Samlng, il ne pourra exister pendant les 5 années suivantes. Et puisque 
le Samlag possède le monopole, l'abolition de la société autorisée veut 
dire que tout débit ou vente en détail de Teau-de-vie sera interdit. 
Cependant, par suite d*un jj spécial de la loi en question, il est difficile 
d'obtenir un vote contre les sociétés autorisées parce que la loi a 
décidé que toutes les personnes, ayant le droit de sufirage, mais qui ne 
votent pas, sont supposées avoir voté pour la continuation de la situa* 
tion existante, c*est-a*dire pour la société autorisée, si une telle existe, 
et contre rétablissement d une société autorisée, s*il n*en existe pas. 

Vous comprenez combien cette disposition de la loi rend diwcile 
d*abolir les Samlaff. Toutefois le mouvement antialcoolique a été si 
Tort que cette grande difficulté a été surmontée dans la moitié de nos 
villes et cela même dans la ville de Stavanger qui compte environ 
•SO.OOO habitants. A Bergen, la seconde ville de la Norwège qui 
comptait dans Tannée du vote environ 60.000 habitants, la société 
aurait succombé si un certain nombre de votes par écrit n'avaient été 
cassés h cause de vices formels. Plus de 14.000 hommes et femmes 
de cette ville ont voté contre le Samlag. 

A Christiania, le résultat du vote qui a eu lieu cette année, n*a pas 
été encourageant pour les abolitionistes. Le nombre total de ceux qui 
avaient le droit de suffrage était de 102.647. Donc la majorité néces- 
saire était de 51.324 ; mais le nombre des votants contre le Samlag et 
la société autorisée n'a été que de 18.608, chiffre qui cependant, en 
lui-même, est très respectable. 

Ajoutons que sur les 18.000, on compte 12.000 femmes S d*où 
on a lait cette conclusion remarquable, que la moitié environ des 
hommes inscrits h Christiania sous la bannière de Tabstinence, n*ont 
pas votô, soit parce qu'ils n'avaient aucun espoir de vaincre, soit 
parce que un grand nombre des abstinents pensaient que le Samlag 
pourrait être utile. 

En général ceux qui appartiennent aux organisations antialcooliques, 
h peu d'exception près, sont contre le système des sociétés autorisées. 
On peut ajouter que même parmi ceux qui toléreraient les Samlag 
faute de mieux, il y en a beaucoup qui se sont décidés il voter contre 
eux par cette considération qu'une fois le Samlag aboli, tout débit 
d'eau-de-vie dans la ville serait aboli. 

Il mérite d'être observé que les résultats des votes qui ont eu lieu 
pendant la première période quinquennale de 1895 — 1899, ont. été 
d'année en année, plus défavorabre aux antagonistes des Samlag. 
Pendant cette période entière, il y eut en tout 95.199 qui ont voté 
contre, ce qui lait en moyenne 36,2 pour cent de toutes les personnes 
au-dessous de 25 ans dans les villes. 

* Un homme qui n prit une part acUve dont colle lalle, bomma abtUnenl. mais 
défenseur des Samlog, m'a dîl qua tant rattUlaoca des fammae, aucun Samlaip n'aurait 
été aboli. 



CONTRE l'abus OBB BOI8SON8 ALCOOLIQUES 303 

Voici cependant les chiffres proportionnels pour chacune des années 
en question : 

1895 59.4 pour cent volant contre ; 

1896 52.6 — — 

1897 42,2 — — 

1898 41.1 — — 

1899 19.9 — — 

En ce qui concerne les résultats de Tabolition des Samlag dans 
les 30 villes où ils ont succombé, il serait trop hatifd'en exprimer une 
opinion définitive. L'expérience a été trop courte et diverses circons- 
tances, notamment l'augmentation des salaires dans ces dernières 
années, ont contribué à compliquer la question. Aussi les opinions 
qu*on peut entendre exprimer Ih-dessus sont très^ divergentes. En 
général je ne pense pas, poui* ma part, qu'on puisse dire que l'expé- 
rience aurait prouve que 1 abolition des sociétés dans les petites villes 
et dans les villes moyennes aurait été fâcheuse. 

Mesdames, Messieurs : j'ai essayé dans le présent travail de donner 
une esuuisse aussi exacte que possible des résultats du combat contre 
l'alcoolisme en Norwège. Je pense que tous les amis, tant de l'absti- 
nence absolue que de la modération peuvent se réjouir des résultats 
obtenus jusqu'il présent. L'amélioration générale des mœurs concernant 
les boissons est évidente et a été accompagnée chex nous par une 
diminution du nombre des suicides et des crimes. La consommation de 
l'alcool a montré une diminution considérable. Le nombre des cabarets 
a été beaucoup réduit. Mais malgré tout cela, il est également évident 
qu'il nous reste beaucoup ii faire. Bien que dans beaucoup de nos 
communes rurales et aussi dans beaucoup de petites villes, la situation 
puisse être caractérisée comme relativement bonne, les exemples 
d'ivrognerie sont encore trop fréquents dans les grandes villes et dans 
certaines des villes moyennes. Nous ne connaissons du reste, presque 
rien de l'étendue réelle du mal dans nos villes comparées k celles aes 
autres pays. Car la comparaison ordinaire, c'est-à-dire la consommation . 
de l'alcool par habitant, (sans distinction des hommes et des femmes, 
des adultes et enfants, des abstinents et des buveurs modérés et 
immodérés) cette comparaison no vaut presque rien, si l'on veut savoir 
le rapport entre l'ivrognerie et la sobriété. 

Nous allons cependant cette année, commencer ii Christiania une en- 
quête très détaillée pour connaître la vraie situation des choses. Nous 
allons recueillir des renseignements individuels pour chacune des per- 
sonnes comprises dans l'enquête, indiquant le sexe, IVige, la profession, 
Tctot habituel d'ivrognerie ou de sobriété et autant que possible, com- 
ment se répartit la consommation de l'eau-de-vie, de la bière et du vin, 
les circonstances qui ont amené les tentations, etc. Vous comprenez 
que nous ne pouvons songer à recueillir ces données individuel- 






304 vu* C0NGIIS8 INTERNATIONAL 

lement, pour tous les habitants adultes d*une grande ville comme 
Christiania. Mais voici ce que nous nous proposons de faire. Nous 
choisirons certains quartiers, rues ou parties de rues» disséminées sur 
toute la ville et dans ces localités dont Tensemble pourra être consi- 
déré comme représentant la ville entière pour ainsi dire en minia- 
ture, nous nous proposons d'étudier les rapports indiqués tout-à- 
Theure autant ([ue possible à fond. 

Afin de nous mettre ii même de commencer ce travail, un comité^ 
s*est adressé ii l'administration du Samlag de Christiania et d*aprës 
un télégramme que j*ai reçu hier soir, il sera prochainement, d*accord 
avec la proposition unanime de son conseil, voté une somme de 
3.000 cour, soit plus de 4.000 francs. 

Pour le moment, si i*on veut connaître Tétat des choses, il faut 
recourir a des impressions vagues et personnelles. 



L'impression générale est peut-être que Tinébriété n*est pas si 
répandue en Norwège que dans tel ou tel autre- pays. Mais si cela 
est vrai, combien de cas déplorables se manifestent toutefois encore 
en diverses localités ! Combien de familles norwégiennes, surtout 
dans certaines villes, souffrent d*une manière extrêmement regrettable, 
de rintcnipcrance du mari et de la brutalité engendrée par elle ! 

Mais il y a lieu de faire ici une autre observation concernant la 
situation actuelle de la lutte antialcoolique en Norwège. C*est qu*on 
a chez nous appliqué des mesures relativement très sévères dans cette 
matière, lant en ce qui concerne les mesures restrictives et prohibi- 
tives qu'on matière d impôts sur les alcools. C*est pourquoi il surgit 
cette question : « Pburra-t-on aller plus loin dans cette voie sans 
risquer une réaction? Vous comprenez qu'il y a beaucoup de gens 
chez nous qui la prophétisent. 

Quant il moi, bien que j'adhère au principe de la modération, j'es- 
père que les dispositions actuellement en vigueur, pourront être main- 
tenues. Mais je pense qu'à côté du mouvement d'abstinence totale 
dont je reconnais et admire les beaux résultats, il y aura de la place 
aussi pour la modération qui s'adresserait particulièrement a ce grand 
nombre d'individus des diflerentes classes sociales, où l'dn parait être 
inaccessible au principe de l'abstention totale, mais où toutefois. 
Ton reconnaît avec nous tous que la honte, la dégradation et la 
misère, suivent les traces de l'intempérance. 



M. le Dr Vlavianos a la parole pour son rapport sur V Alcoolisme 
en Grâce, 



1 Ce comité, qui est tout-à-fail porticalier, est eompoié de M. Bemerf bien conno 
pur plusieurs membres du Congrès, •ctuellemenl bour^meetr* à CbritUanta, de M. E. 
Nonsseo, pasteur, qui s'est beaucoup occupé det quastiont tociulet et de moi. 



r* . ♦Il» J "P» 



■. >- '" 



CONTRE L*ADU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 305 

L'Alcoolisme en Grèce 

« par lb ooctbur vlavian08 (o*athbnbs) 

Mesdames et Messieurs, 

La Grèce, pays où la personne de Bacchus a été élevée jusqu'au 
rang d*uu Dieu a vu k certains moments Talcoolisme triompher sous 
toutes les formes, depuis la simple ivresse juqu*au delirittm tremens. 
C'est ce que prouvent les médecins et les historiens qui ont écrit sur 
les buveurs et les alcooliques. Comment en cAVit nierait-on l'exis- 
tence de l'alcoolisme dans la Grèce ancienne, quand on le voit décrit 
avec tant d'exactitude par des médecins éminents, comme Ilippocrate, 
Erasistrate, Rulus, Soranus, Galien et Arétée^? L^s contemporains 
ont tort de croire que tous les maux de la civilisation se sont accu- 
mulés sur les races d'aujourd'hui; dans l'antique berceau de la civili- 
sation et de tant des œuvres immortelles l'alcool avait déjà exercé ses 
ravages; il avait atteint les contemporains de Periclès et d'Aristote, 
comme aujourd'hui ceux de Pasteur et de Hugo. 

Mais à côté du fléau existait aussi la lutte que l'on dirigeait contre 
lui. Par exemple dans son livre Les Lois Platon demandait, comme 
nous le faisons aujourd'hui qu' « une loi interdit aux /ennes gens F usage 
du vin ». Ailleurs il dit que ic les enfants ne doivent pas connaître le 
goût du vinjusfjuà Vdge de 18 ans. Il ne faut en effet du feu sur du 
feu tant pour le corps que pour l'dme. ^ » et cet enseignement du 
philosophe concorde avec 1 opinion du médecin. On ne doit donner 
de vin aux enfants qu'additionné avec le plus d'eau possible. ^ » C'est 
aussi dans la société que la pensée du philosophe et du médecin 
trouve un écho. On n'imagine pas en eiTet des invectives plus inju- 
rieuses que celles d'ivrogne. Le poète interprétant l'opinion de la 
Société met dans la bouche d'Achille cette suprême insulte i\ l'adresse 
d'Agamemnon. Solon le législateur d'Athènes avait promulgué une 
loi qui punissait les marchands de vin qui vendaient du vin non 
additionné d'eau. Lycurgue le législateur de Sparte donnait des 
exemples vivants aux jeunes hommes en mettant sous leurs yeux le 
spectacle des Ilotes qu'on faisait enivrer exprès. Diogène, le fameux 
philosophe cynique dit ii un enfant stupide et idiot a Jeune homme 
ton père était bien ivre quand ta mère t'a conçue, » D'ailleurs les idées 
courantes sont exprimées dans cette épigramme « Le vin, les bains 
et C amour de Vénus envoient F homme très vite aux Enfers ». 

Il serait facile de multiplier ces citations qui prouvent que non 

> V. m Lalcootime apant l'aieoot 9 par Armand Delpeuch. Aa PrcMe MéMeaU 1898, 
3 décembre, N* 09. 
* ntatoti. U9 Lois B*. S. 
s UijtpocraU, Des aire, deê tatue ei ilrt /iVatr. | SS. 



306 vu* CONGRBS INTSRNATIONAL 

seulement ralcoolîsme exerçait set ravages dans l'ancienne Grèce, 
mais encore qu'on en connaissait les dangers et qu'on luttait contre 
lui. Mais dès que la Grèce. eut perdu sa liberté et que des conquérants 
barbares eurent opprimé son sol sacré les grands penseurs et les 
grands médecins sont devenus rares jusqu'à ce que le retour de la Li- 
berté eut ramené la vie. La nation Grecque s'est développée très vite 
et elle a pu se placer depuis parmi les premières nations civilisées de 
l'Europe. 

Dès que l'Etat Grec eut conquis son existence vers le commence- 
ment de ce siècle la consommation du vin et des divers alcools comme 
d'ailleurs leur production était minime. Le pays sorti de la lutte était 
brisé de toute manière ; toute plantation manquait et la vigne aussi. 
Mais peu à peu celle-ci couvrit la terre et d'importants vignobles fu- 
rent constitués. Dès lors l'industrie des boissons alcooliques se déve- 
loppa. Tandis que il y a vingt ans n'existait en Grèce qu'une seule 
grande fabrique des spiritueux aujourd'hui on en peut compter plus de 
cinquante. Et l'usage des boissons alcooliques s'étend de jour en jour 
chez les gens du peuple. 

Le peuple grec est en général très sobre, il ne se plait pas ii la vie 
du cabaret. La Nature l'appelle h la vie en plein air. Et l'on peut ren- 
contrer des centaines de familles qui ne connaissent pas d'autre boisson 
que l'eau pure. Mais l'augmentation de la fabrication des spiritueux 
est une cause d'inquiétude pour l'avenir. Plus cette fabrication s'ac- 
croit, plus les cabarets augmentent ; la concurrence industrielle dimi- 
nue le prix des boissons ; les falsifications très rares jusqu'à présent 
commencent ii se développer; l'exemple entraine les ouvriers au caba* 
ret ; celui-ci devient un lieu agréable après les fatigues de la journée ; 
d'ailleurs la plupart des cabarets sont unis aux restaurants populaires. 
Et en même temps de nouvelles fabriques se créent car la consomma- 
tion sans cesse grandissante les encourage ; il est donc facile de com- 
prendre quel sera l'avenir prochain. Heureusement le vermouth et l'ab- 
sinthe sont encore inconnus. La boisson alcoolique la plus répandue 
est le cognac dont le prix a été réduit de cinq francs à un franc par 
litre ; sa fabrication est très répandue, ii côté de lui il faut citer l'eau- 
de-vie (masticha) ; son usage comme apéritif est presque universel: 
l'habitude veut qu'avant les repas on en absorbe autant que les cama- 
rades ou les amis ont l'amabilité de' vous en offrir. Toutes les classes 
sociales sont assujetties à cette habitude funeste. Quant a la bière, son 
usage devient aussi de jour en jour plus commun ; le nombre des 
brasseries augmente et le mal a aussi envahi les femmes ainsi que 
les enfants dans les maisons particulières ; il est vrai que nos femmes 

(gardent la maison et les mœurs ne les ont pas encore éloignées de 
eur foyer; les diverses liqueurs leur paraissent plus agréables, mais 
a cause du prix élevé de ces dernières la consommation en est plus res- 
treinte. Cependant les occasions ne manquent pas. aux classes ouvriè- 
s res ; les fêtes sont très fréquentes dans le calendrier Orthodoxe, la 



CONTRE L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 307 

coutiime de rendre visite aux amis qui célèbrent leur propre fête est 
une occasion détestable d'empoisonnement ; on est obligé de boire h 
leur santé avec diverses liqueurs et a plusieurs reprises. Divers préju- 
gés entretiennent Talcoolisme ; par exemple celui qui fait croire aux 
iemmes enceintes que Teau-de-vie est salutaire contre les malaises de 
la grossesse et préserve en outre de Tavortement; on croit de même 
que Talcool guérit et préserve des fièvres paludéennes. 

L'influence de ces causes a manifesté il y a quelque temps à la So- 
ciété l'existence de l'alcoolisme ; les buveurs simples se sont bientôt 
suivis par des alcooliques francs ou de dipsomanes. A Theure ac- 
tuelle nous craignons bien de voir se répanure chez nous avec toute 
son horreur ce fléau qui s'est déjà tant développé chez les autres 
nations. 

Jusqu'à présent on n'a encore fait rien de systématique dans la ré- 
sistance au mal; les journaux de temps en temps i\ Toccasion de quel- 
que fait sensationnel relatif ii l'alcoolisme poussent un cri. Le Sylloirue 
a Parnasse » ramasse chaque soir les gamins et les éloigne du caoa- 
ret. ce La Société des Amis du Peuple » agit de même pour les ouvriers. 
Mais malheureusement la question n'est pas encore posée définitive- 
ment par le monde scientifique ; les efTorts tentés ne sont pas à la 
hauteur du fléau, qui aura bientôt gagné du terrain. 

Mesdames et Messieurs 

En m'inspirant de vos idées et de votre manière d'agir je tacherai h 
soulever l'opinion publique contre l'ennemi commun par des publica- 
tions et des conférences ; j'espère que le mal pourra être enrayé. Il le 
sera surtout quand parmi le monde médical surgira aussi chez nous un 
Docteur Legrain animé de la même conviction profonde et de la même 
foi ardente. 

Heureuses les nations chez lesquelles la consommation des poisons 
alcooliques est en décroissance. Plaise au ciel que je' puisse a un de 
nos prochains Congrès vous annoncer que parmi ces Nations peut 
être comptée aussi Ta Grèce, ma patrie bien aimée. 

M. le Président donne la parole à' M. Oraw, délégué des sociétés 
d'abstinence esthes [Provinces Baltiques) pour son rapport sur : 

Note sur le mouvement antialoooliste chez les Esthes et les 

obstacles politico-économiques 

Avant d'aborder le thème proposé» il serait peut-être utile de faire 
un tout petit historique comme reconnaissance du terrain. Le peuple 
Esthe, constitue ethnographiquement une branche du groupe ugro* 









308 VII* COKGnfel INTBIINATION4L 

finnois et habite, depuis les temps historiques, la partie septentrionale 
des provinces Baltiqucs. — La (in du douzième siècle a vu paraître l'Al- 
lemand (le Saxon des Esthes) poussé par un étonnant flair mercantiliste 
propre h sa race. Au siècle suivant, il a su asservir les Esthes, grâce 
au concours des Lettcs, peuple indigène, nos voisins méridionaux. 
Suit un dur servage, sept fois séculaire. Le conquérant n*a eu qu*ii 
choisir la place pour son château ets*arroger des droits qu*il s*obstine 
a garder, m^me !iu début du présent siècle. 

Ces prolégomènes ont été nécessaires pour Texposo global. Le 7 
avril 1819, le çrand tsar, Alexandre I*', a aboli le servage des Esthes. 
Le bon Vaudois Laharpe n'était peut-être pas étranger ii cette grande 
idée libératrice. J'accomplis un doux devoir en parlant ii notre grand 
anniversaire de nos grands maux causés par les produits et les droits 
alcooliques de ceux qui savent si admirablement troquer leur civilisa- 
tion. Loin soit de moi l'idée de faire ici de la politique. Il s'agit bien 
d'un grave conflit d'intérêts de l'aristocratie baltique et du peuple res* 
pecti(7 mais j'espère que tout Allemand, partisan du progrès, me 
comprendra et ne me prendra pas pour un germanophobe dont les 
revendications en ce lieu seraient absolument déplacées. 

Du degré de civilisation actuejle on aurait une notion en considé- 
rant les données suivantes : 12 journaux, dont un quotidien, les autres 
hebdomadaires ; quelques écrivains et poètes ; il n'y a pas d'Illettrés 
absolus, tout le monde sait du moins lire dans sa langue maternelle. 
La grande épopée nationale « Kalewipoeff » recueillie par le D' 
Kreutzwald est un pendant du « Kalevala » nnnois. Quelques savants 
linguistes, comme le D' Weske et le D' Hurt ont cultivé la langue. Le 
dernier travaille ii notre « Folklore »,un ouvrage considérable. 

La presse Esthe est en général favorable à la lutte contre l'al- 
coolisme. Presque tous les publicistes combattent le formidable fléau 
en déclarant qu'un peuple minuscule ne saurait prospérer ni espérer 
un meilleur avenir autrement que par les progrès moraux en se dé- 
tournant des produits alcooliques et en évitant soigneusement les 
exécrables trous appelés des estaminets, périodiquement remplis d'un 
quart de leur volume par le bagage humain. Ces malheureux respi- 
rent spontanément le formidable relent âe bestialité et de misère en 
cherchant l'oubli de leur médiocre existence et les joies d'une primi- 
tive sociabilité. 

Les sociétés d'abstinence se sont formées dans les derniers dix ans 
et leur nombre s'élève actuellement à une quarantaine, avec 2,000 
membres titulaires. Sur plus d'un million d Esthes, cela donnerait 
(( 2 pour mille ». Cette année promet un nouvel élan dans la noble 
lutte, grâce si la création d'un comité central destiné a faciliter la for- 
mation de nouvelles sociétés et d'activer l'action des anciennes. On 
s'est proposé d'étendre tout un réseau de nouvelles sociétés qui, avec 
les anciennes, au nombre global de 80, constitueraient des mailles de 
20 kilomètres de côté. Si chaque maille, c'est-b-dire la sphère d'in- 



V- , /vjj.*-/'- '.... • • 









CONTnB L*ABUft DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 300 

fliience d'une société déterminée faisait consciencieusement son devoir, 
on aurait assaini toutes les communes ou à peu près jusqu^à Tavèno- 
ment du monopole d*Etat en juillet 1900. — D*aprèsun règlement du 
Gouvernement, on ne rouvre plus les débit disparus. Les communes 
éclairées ont déjà su supprimer ces nauséabonds lieux de honte dont 
on ne saurait décrire Thorreur au monde civilisé. On n*a qu*h adres- 
ser au Gouvernement une demande bien motivée, avec un certain nom- 
bre de signatures des tributaires intéressés. Les détenteurs du droit 
des cabarets sont les grands propriétaires ruraux, presque exclusive- 
ment des Allemands. Ce droit ne se trouve nulle part exprimé comme 
tel, c*est plutôt un usage. Le cabaret constitue parfois la prébonde 
de Téglise et satisfait dans cette merveilleuse connexitc son grand 
protecteur seigneurial. Le moindre hobereau peut être dépositaire de 
ces deux droits historiques du cabaret et de Téglisc, et crie ii leur 
violation avec Tintroduction du monopole. — La presse bal tique de 
langue allemande s*est faite l'apologiste des cabarets. Quelques rares 
seigneurs ont cependant spontanément renoncé à leurs droits en fer- 
mant ces abominables traquenards. Ceux-là seront bénis par plusieurs 
générations. Pas un seul de leurs vingt organes allemands n*a parlé 
contre Talcoolisme. Les pasteurs, en fidèles serviteurs de leurs sei- 
gneurs, manifestent une hostilité remarquable contre Tabstinence, 
cette œuvre si humanitaire et extrêmement moralisatrice. Ils ont même, 
dans certains cas, empêché la suppression des cabarets villageois 
comme des plus sûrs moyens d'abrutissement. Les pouvoirs ecclésias* 
tiques sont toujours dans les mains d'un bon chrétien; d'après les 
seigneurs, cela veut dire d'un tel qui combattrait leurs intérêts, mê- 
me les plus sales selon la théorie des deux morales. La morale évan- 
f relique diilère notablement de celle-lii, adaptée aux circonstances 
ocales. Les tentatives de leur véritable ministère ont été violemment 
étouRees. Ce puissant appui moral nous manque dans ces déplorables 
conditions. Dans les milieux ruraux, si sobres autrefois, l'alcoolisme 
fait des pas de géant. Une paroisse de 3,520 individus masculins à 
l'agc voulu du cabaret, possède 16 débits. Les revenus bruts doivent 
s'élever à 150,000 fr. pour satisfaire les goûts relativement radines de 
ces funestes valets du diable qui n'ont pas trouvé d'autre métier que 
celui d'exploitation do son semblable. H Y a des paroisses où cet 
ignoble impôt bachique s'élève à 200,000 fr. Dans les villes, ce sont 
bien les sordides boutiques de bière qui constituent notre plus grande 
honte. Un interlope commerce cupidonesque doit attirer le public 
d'exploitation. La surveillance de police est tout ii fait insuffisante. 
On Devrait autrement prémunir la jeunesse urbaine contre ces hideu- 
ses goules. La ville de Revel avait en 1890 pour 100 habitants un 
débit, y compris les autres précités. De ce chifTre, il faut retrancher 
60 (1 70 */o pour les femmes et les enfants qui ne s'alcoolisent pas. Le 
peuple Esthe dépense 20 millions par an pour ce luxe infernal, si peu 
conforme h son économie. — Nous n*avons pas d'autres moyens contre 

T. U il 



â ' *■• • • 



310 vil* CONGRB8 INTERNATIONAL 

ces maux sociaux que la presse et les sociétés d*abstinencc. On a 
refusé à plusieurs reprises le journal spécial pour l'abstinence. Il 
pourrait bien exister la dedans une certaine connivence du fonction- 
narisme trop zélateur, parce que le gouvernement favorise la lutte 
contre Talcoolismc. 11 serait absurde de croire les seiffneurs lésés 
dans leurs droits par le monopole. D'après le système féodal trop con* 
serve et défendu aans les provinces baltiqucs, ils ont exercé un certain 
droit qui nous ferait rougir tous. L'émancipation des serfs a aboli cet 
agréable droit sans autre forme de procès. Avec mon peu de compé- 
tence dans les questions juridiques, je comprends que le Gouverne- 
ment accomplit une grande œuvre humanitaire en supprimant les 
droits et les privilèges notoirement immoraux de certains particuliers* 
Il serait même honteux pour Tétat de civilisation européenne de nan* 
tir quelques particuliers de certains droits afin d'exploiter son pro- 
chain a rinstar des mandarins chinois. 

Le peuple Rsthc est par lui-même assez sobre. Le contact inévita- 
ble avec les débits engendre des ivrognes notamment parmi les fonc- 
tionnaires d\ine commune. Les marques de sympathie intéressée sur- 
tout consistent presque toujours dans quelques grosses lampées de 
Vodka, aux frais du solliciteur. Souvent ces fâcheuses habitudes ont 
fait perdre à nos petits fonctionnaires ruraux leurs propriétés immo- 
bilières. Le repos dominical offre une belle occasion de s'alcooliser 
parce que les cabarets se trouvent h quelques hectomètres de l'église. 
Souvent on cache le véritable besoin avec celui' de l'église. Les autres 
occasions d'alcoolisation sont les multiples foires et les fêtes familiales 
notamment la bénédiction nuptiale. La mère Esthe a toujours mani- 
festé un dégoût profond contre l'alcool et mouille seulement ses lèvres 
sous les injonctions maritales. Les paysans, dans les conditions nor- 
males, s'offrent ce plaisir bestial plutôt par un fauxchicquepar un réel 
besoin contracté. Ceux qui sont mis en contact périodique^ sous un 
prétexte quelconque, avec un débit, tendent il devenir alcooliques. 11 
y a une fâcheuse exception pour les ouvriers et les ouvrières des 
grands propriétaires dont le zèle est stimulé par l'alcool éthylique, 
souvent un misérable furfurol détourné des distilleries, malgré le con- 
trôle d'accise. Ceux-ci sont bien livrés ii un véritable alcoolisme héré- 
ditaire. La criminalité comme conséquence d'alcoolisation se montre 
dans les endroits de consommation maximum dans sa fréquence et son 
intensité maxima, comme dans une simple fonction de Panalyse ma- 
thémathlque. Le vol est considéré chez le «moonamees», l'ouvrier rural 
du seigneur, comme un défaut nécessaire et quasi inhérent. Le zèle 
par alcool a forcément un résultat négatif au point de vue économi- 
que. Le préjudice seigneurial par le vol de l'ouvrier dépasse certaine- 
ment les revenus directs du cabaret. C'est donc une déperdition du 
capital qui paralysQ les forces physiques de l'ouvrier. Cette classe 
d'ouvriers ruraux passe pour les réprouvés de nos campagnes, ii cause 
de leur vice notoire. C'est un exemple de l'école de vice par l'alcool. 



CONTRB l'abus OBft BOISSONS ALCOOLIQUES 31 i 

Nul ne peut les empêcher de s*alcooliser parce que la magnificence du 
seigneur leur a donné le cabaret avec le cabaretier comme suprême 
autorité, en toutes les circonstances, de leur misérable existence. Les 
malheureux ne doivent pas connaître autre chose qu*une obédience 
absolue même dans le service de Bacchus villageois. Le peuple doit 
agir par soi-même sans aucun appui moral de la part de ceux à qui il 
a confié les soins de son ame. Souvent on lui impose ce fonctionnaire, 
hostile il Tabstinence ; sous ces difficultés extérieures, ravancement 
marche lentement, mais Tinfatigable labeur des publicistes bien in- 
tentionnés et du Comité central, ne tardera pas à faire de bons pro- 
sélytes. Sept nouvelles sociétés ont envoyé leur demande ii rhomolo- 
galion des autorités. Espérons que Taristocratie et sa dépendance, le 
clergé, seront moins hostiles ii cette œuvre ; on leur serait déjà recon- 
naissant pour leur indifférence. Tout récemment la question d*alcoolisa- 
tion ans cabarets villageois a occupé le clergé protestant au dernier 
synode grâce ii TefTort des pasteurs non allemands et même quelques- 
uns d*eux. Il faut noter surtout l'activité de M. \Y. Reimann, pasteur 
et éminent critique littéraire qui gagne toutes les sympathies par son 
abstinence totale et exemplaire. 

Les mœurs bachiques sont trop invétérées chez la classe supérieure et 
chez ceux qui les imitent. Les jouissances matérielles des croisés balti- 
ques n*ont pas trop perdu de ces droits pendant la longue domina- 
tion. La consommation d*une énorme quantité de bière passe pour ex- 
trêmement Smart. Voici quelques chiffres dont Texactitude est suflfi- 
samment garantie. L*illustre université de Dorpat attirait la jeunesse 
pas seulement par la science, mais aussi par un service bachique élé- 
gamment organisé qui éblouissait par son éclat surtout le monde fé- 
minin. Un ancien étudiant dorpatois « damait le pion » au plus fort des 
universités dWUemagne. Cet honorable neveu de Silène se trouva 
inscrit comme disciple d*Esculape pendant neuf ans sans aucun suc- 
cès scientifique. Dans ce temps il a ingurgité 154 mètres cubes de 
bière d*après ses propres indications qui me paraissent exactes. Saisis- 
sant rimportance du volume par une comparaison, il souriait avec 
une visible satisfaction ii cette énormité. D après les prix dorpatois, 
cette quantité liquide coûte 69.300 francs. Avec une chute de 80 ii 90 
centimètres cela donnerait une force motrice d*une puissance de 166.000 
il 185.000 chevaux-vapeur ou 136.000 kilo watts, soit 10 fois celle de 
l'usine de Rheinfelden qui n*aque 15^700 chevaux-vapeur. Le débit global 
serait cinq fois celui de la deine a son étiage parisien » ; itxvTot ^ci 
(c d'Iléraclite se justifie une fois de plus. C*est une déperdition pure- 
ment matérielle, sans parler de Tabérration morale comme consé- 
quence inéluctable. Ce culte exagéré de Bacchus a eu un certain éclat 
aux yeux de la jeunesse universitaire Esthe et quelques-uns se 
sont mis' en devoir de Timiter quoique dans des proportions modes- 
tes, grâce ii Tinsuffisance financière et ii la sobriété des parents. Ce 
faux chic des universitaires a fait plus d'alcooliques qu*on n#» [>p:k-v 



« - V y - 






312 vil* CONGIIB8 INTBIlNATtONAL 

Dans une jeune civilisation on tend à copier tout sur les intellectuels, 
notamment les habitudes de boire. 

Dans notre pays les moyens les plus efficaces pour combattre le 
fléau seraient: Une propagande intense parmi les intellectuels comme 
modèles du peuple et la suppression des débits par Tèption locale. 
L^aflranchissement de Téglise du patronage seigneurial donnerait cer- 
tainement dans le clergé un puissant auxiliaire dans la lutte mora* 
lisatrice. Quelques ecclésiastiques de Téglise russe sont entrés dans 
les rangs des abstinents parce qu*ils ne sont pas contraints de pro- 
téger les intérêts matériels. Il y a eu quelques nobles tentatives de 
la part des pasteurs luthériens mais la puissance des patrons les a vite 
étouflces. La nationalisation de réglise s'impose. 

Si nous avions seulement assez de cultivateurs intelligents capables 
de dessécher les marécages alcooliques produits par une défectueuse 
canalisation de la richesse nationale. On a doté les serfs de la liberté 
civique, c*est maintenant grandement le temps de les pousser a la li* . 
berté individuelle en détruisant les obstacles. L'étroitease devue de nos 
grands propriétaires nous prive d*un bon ouvrier en lui imposant par 
ses droits médiévaux les exécrables boissons alcooliques. Les bras 
Esthes tendent k devenir de plus en plue rares dans ces fâcheuses 
conditions économiques et Ton veut introduire l'ouvrier polonais. Le 
proverbe: «saoul comme un polonais», indique qu'ils ont trouvé le 
juste. 

Par ces doléances j*ai voulu dénoncer la déplorable chrématistique 
de nos grands propriétaires ruraux et, leur peu de souci concernant 
les* besoins moraux du peuple. Puisse ce cri d'alarme les éveiller de 
leur sommeil d'Epiménide a une nouvelle vie conforme aux exiffences 
modernes de la civilisation et du progrès moral ! La science de l'illus* 
tre Balte, prof. Dr. Bunge, devait éclairer les grands distillateurs bal* 
tiques dans leur industrie infernale dont les produits répandent la 
misère et le crime. 

La suppression des débits déplace seulement le mal, il faut empê- 
cher par tous les moyens la production de cette marchandise diaboli- 
que dans une solidarité internationale. Les peuples les moins résis* 
tants seraient toujours atteints par l'alcoolisme si l'on distille quelque 
part cet abominable liquide. 

En terminant je donne quelques considérations économiques con* 
cernant la paralysie industrielle par l'alcoolisme. La viticulture cons- 
titue, d'après quelques économistes, une des principales ressources des 
revenus nationaux. Combien on ignore la politique de luxe; on laisse 
se prendre aux apparences. La viticulture est une richesse nationale 
absolument improductive si l'on considère la concurrence étrangère 
dans le monde industriel où l'ouvrier est plus sobre. De tous les vins 
français par exemple, une notable partie est consommée par l'ouvrier, 
ceux qui haussent les prix des produits de cette quantité et les écar- 
tent du marché, en cédant la place à d'autres confectionnés dans des 






CONTRE LABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 



313 



conditions économiques plus favorables. Le producteur employant des 
ouvriers abstinents sera le plus fort sur le marché mondial. L'absti- 
nence des pays étrangers tend à accroître Tintempérance en France 
comme conséquence naturelle. Pour un abstinent Paris est la capitale 
du continent européen la moins chère. L'ouvrier parisien s'est créé 
de fâcheux besoins factices qui le rendent moins fort dans la concur- 
rence vitale. L'Allemand plus économe dans ce funeste luxe s'intro- 
duit à Paris sous l'étendard d'Alsacien au grand préjudice du français 
œnophile. Je viens de constater cette concurrence chez un petit em- 
ployé qui m'avoua son truc en me prenant pour son compatriote. Il 
faut stigmatiser l'alcool au lieu du capital. Les exigences de la vie mo- 
derne impose l'abstinence complète avet une véhémence impérieuse. 
Les fondations pneumatiques d une certaine importance, soit 5 a 6 at- 
mosphères comme maximum n'admettent prudemment que des ou- 
vriers abstinents, car les autres y succomberaient fatalement. On dit 
les ccSandy frogs » américains pour cette raison, absolument abstinents. 
Qui est-ce qui se confierait ii l'automobile avec un cocher alcoolisé ? 
Dans l'ancien système l'intelligence de l'automédon, paralysée par 
l'alcool, était souvent remplacée par celle de son subordonné de 1 es- 
pèce chevaline, mais la mécanique ne connait pas ces services mu- 
tuels. Combien d'hécatombes peut faire un mécanicien alcoolisé? 
Dans l'intérêt de la sécurité publique il faut exiger un personnel abs- 
tinent. — Le vieux Pindar dit : « ^'Ap carov (tàv uSiop » et Virgile : « Mens 
agitât molem » Homo sapiens serait vraiment indigne de son beau nom 
s il laissait s'asservir par la matière. 



Monseigneur Savoy donne lectui^e de sa communication : 
« Sainte Geneviève, Patronne de Paris, Abstinente Totale. » 



Sainte Geneviève, patronne de Paris, Abstinente Totale 



Sainte Geneviève fut une humble bergère; et cependant ses admi- 
rables vertus la firent choisir pour être la patronne de Paris, la plus 
belle ville du monde. • 

Toute sa vie, elle se livra ii de grandes austérités ; en particulier, 
elle praUf/ua VabsUnence complète du «>i/i, ne voulant pas même en 
accepter pendant ses maladies, se contentant de boire de l'eau, afin 
de faire pénitence pour les pécheurs. Malgré ces austérités, elle attei- 
gnit un âge très avancé, comme nous allons le raconter. 

Son enfance, — Le père et la mère de Geneviève étaient de simples 
paysans du village de Nanterre, a trois lieues de Paris, ils n'étaient 
pas riches, mais pleins de crainte de Dieu et fidèles si tous leurs devoirs 
religieux. 



314 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

Geneviève, leur fille,- passa son enrance dans rinnocencc et une 
piété qui la Taisaient chérir de Dieu et de ses parents. Sa modestie et 
sa simplicité étaient telles, qu*il était facile de s'apercevoir que cette 
entant marchait toujours en la présence de Dieu. 

Deux saints évéques, ss^int Germain et saint Loup, étant venus !i 
passer par Nnntcrrc, tous les gens du village se portèrent ii leur ren- 
contre pour recevoir leur bénédiction et entendre de leur bouche des 
paroles d*édification. Geneviève accourut aussi avec son père et sa 
mère. Saint Germain fut frappé de la dévotion, de la tenue si simple 
et si modeste de cette pieuse enfant. Il l'appela près de sa personne, 
lui donna une bénédiction spéciale et lui mit au cou une médaille de 
cuivre sur laquelle était gravée la croix de notre divin Sauveur. Puis 
ce saint évéque lui dit que si elle voulait devenir Tépouse bien-aimée 
de Jésus*Christ, elle devait renoncer ii toutes les parures mondaines^ 
ne jamais porter de collier précieux, ni bague, ni pendants dWeilles 
d*or ou d'argent. 

Sa piété. — Depuis ce temps, Geneviève se regarda comme consa- 
crée il Dieu, et quoiqu'elle fiU encore dans le monde, cependant elle 
vivait comme si elle n*y était plus. Malgré sa jeunesse, elle n*eut plus 
d'ardeur que pour les exercices de la piété chrétienne et pour rac- 
complissemcnt des devoirs de son humble état de paysanne. Dès que 
ses occupations le lui permettaient, elle courait il réglise; c'était là, 
au pied du tabernacle, qu'elle goiUait ses plus chères délices. Elle ne 
cherchait et ne désirait pas d'autre plaisir. 

Un jour, elle souhaitait accompagner sa mère dans la maison de 
Dieu où son cœur la portait toujours. La mère lui refuse la permis- 
sion. Geneviève insiste avec larmes. La mère impatiente lui donne un 
souiïict. L'humble enfant reçoit ce mauvais traitement avec patience et 
se soumet sans mot dire. Mais Dieu prend aussitôt sa défense, en 
frappant la mère d'un mal douloureux, dont elle fut guérie par les 
prières de sa fille. 

La petite fwrf^ère. — Une de ses occupations favorites était d'aller 
garder les brebis de son père hors du village. Elle se trouvait heu- 
reuse d'être seule, afin de s'entretenir plus intimement avec le bon 
Dieu dans la prière. Car elle ne restait jamais sans rien faire, sachant 
que l'oisiveté est la mère de tous les vices. 

Tout lui servait ii élever son iime ii Dieu et l'excitait si la vertu. Ses 
brebis lui rappelaient, lui prêchaient la modestie, la douceur et la 
simplicité de Jésus, qui a voulu être appelé VAffueau de Dieu. Le 
chien cpii aboyait ot gardait le troupeau, lui faisait penser si la vigi- 
lance avec laquelle nous devons veiller a la garde de nos sens. Le 
loup qui venait parfois rôder autour de ses brebis, était pour elle une 
frappante imago du loup infernal, qui rôde sans cesse autour de nous, 
cherchant ii nous dévorer. 



r. 



CONTRE L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 315 

Au moment d*entrer dans cet âge si dangereux de Tadolescence, où 
tant de jeunes personnes, par des fréquentations imprudentes, expo- 
sent leur vertu et souvent, compromettent leur avenir, Gencvirvc, 
docile aux inspirations de la sagesse, résolut de placer son innorenrc 
sous la sauvegarde du vœu de virginité. Klle reçut même de révèf|ne 
le voile des vierges chrétiennes. Par lit, elle écarta toute recherche en 
mariage. 

Ses parents étant morts sur ces entrefaites, elle vint habiter Paris, 
chrx sa marraine, afin d*6tre mieux surveillée et gardée, bien diiFc* 
rente en cela de tant de jeunes filles, qui, pour leur perte, ne cher- 
chent f|u*(i se soustraire ti la garde de leurs parents et ii trom|)er leur 
vigilance. 

fJi, elle se livra avec une nouvelle ardeur aux exercices de la piété 
et II la pénitence. Dieu lui envoya une maladie si douloureuse, que, 
endant trois jours, on la crut morte. Mais, tout en réprouvant, Dieu 
a combla de faveurs. Il lui fit voir le bonheur des saints dans le ciel, 
et les tourments des damnés en enfer. Elle fut aussi transportée m 
esprit sur le Calvaire; la, Jésus-Christ lui apparut dans Pétat où il 
était sur la croix. Cette apparition fit sur son cœur une impression 
telle que jamais elle n*en perdit le souvenir. 

Sr9y)roprè» dan» la i^ertn. — Depuis cette maladie et les faveurs 
que Dieu lui avait prodiguées, Geneviève ne fit que croître en grâce 
et en vertu. Sa vie fut plus retirée et plus austère que jamais; ses 
yeux étaient comme deux fontaines de larmes, et tous ses actes ne 
respiraient que mortification et piété. 

Ce n*est pas qu*on ne blAmiU sa retraite, ses pénitences, sa manière 
de vivre, et tout ce que Pesprit de Dieu lui inspirait de faire pour sa 
gloire. 

Klle fut longtemps en butte k la critique, mais elle sut souflrir et 
se consoler avec Dieu, sans se relâcher de ses exercices de piété et de 
ses pénitences. 

Se» anntèvitCB, — Dès Tilge de quinze ans, elle sr condamna ii une 
pénitence si rigoureuse « qu*elle ne mangeait guère que doux fois la 
semaine, le dimanche et le jeudi; encore sa nourrilure ne consi«4tjiit- 
elle (|U*en un peu de pain d'orge et Ar^s fèves. FAlv nintrvdii alutohi- 
ment Vmagc du vin^ ne buvant jamai» anc de Ccaa • >». 

Klle continua ce genre de vie jusqu'à IVige de cinquante ans, ou m*» 
sunérieurs ecclésiastiques exigèrent qu'elle usât d'un pou de lait et Av 
poisson. Mais pour de la viande et du vin, elle ne put jaunis »o 
résoudre d*en user ^ Les Grand» BollandUte» disent la même rh<i^o : 



* Yieê «ttâ Sûimtê, par GiST. T. 1, col. 140. 



^-V V - . -.r '.^r^rA^r^fis^^^iSJ^i^^r^Xii^^'^ ■ ' ' > V» '-f. V, 



••' •' ^'^lff:^^^^^!^•^ 



316 VII* GOKGIIES INTBIIKATIONAL 

« Quant au vin et à tout ce qui peut enivrer, elle n'en but jamais dan» 
toute sa vie * . » 

(( Des que Geneviève fut en Age, dit le P. Croiaet, elle se consacra 
il Dieu par un vœu solennel, et commença, suivant la pratique qui 
était alors ordinaire aux vierges, ii ne se nourrir que de légumes, ii 
ne boire (|uc de l'eau, et a porter continuellement le cilice. Elle cou- 
chait sur la dure, passant régulièrement en prières toutes les nuits 
qui précédaient le dimanche, Te jeudi et les fêtes où elle devait com- 
munier -, » 

A cette énorme, cVtait donc une pratique ordinaire aux religieuses, 
de s*abs|enir cle viande et de vin. 

Amour du li'nvaiL — Elle avait un grand désir de croître dans la 
vertu d'humilité. C'est pourquoi elle prenait un singulier plaisir aux 
actions basses et viles, comme ii balayer la maison, \ nettiiyer les 
habits, a laver la vaisselle. Elle aimait ii filer, a servir ses compa* 
gnes; mais elle n'avait point de goût pour certains ouvrages d'agré- 
ment, souvent futiles, que les femmes vaines recherchent si commu- 
nément. 

Ses vertus et ses belles qualités naturelles l'avaient fait choisir pour 
être mise si la tète des vierges et des veuves chrétiennes très nom- 
breuses h Paris et qui vivaient comme des religieuses. Quoiqu'elle 
lût la première par la dignité, cependant elle voiiiait être la servante 
de toutes, se souvenant des paroles et des exemples du divin Maître 
qui disait : Je ne suis pas s^enu pour être serçi, mais pour sentir moi- 
même. 

Ses soins ne s'étendaient pas seulement il ses compagnes, mais 
encore aux fermiers de la communauté. 

Un jour, les moissonneurs étaient occupés si- recueillir la moisson. 
Tout il coup un orage s'élève menaçant. Déjii les premières gouttes de 
pluie commencent à tcmiber. Geneviève, pleine de compassion pour 
les travailleurs, court si l'église; lii, selon sa coutume, elle se pros- 
terne jusqu'il terre et prie avec larmes. Notre-Seigneur exauça la 
prière de sa Servante d'une manière admirable. Car, pendant que la 
pluie tombait ii torrents tout autour, la moisson et les moissonneurs 
de la Sainte étaient préservés. 

Nous^elles êpreui^es, — Ceux que Jésus-Christ veut rendre sembla- 
bles il lui, il les tient avec lui sur la croix. S'il accordait si Geneviève 
tant de faveurs surnaturelles et le don des miracles, d'autre part il 
ne ménageait pas les épreuves si sa fidèle épouse. 

Il lui envoya une maladie horrible, la lèpre, qui dévorait ses chairs 
et faisait de tout son corps un objet d'horreur. Tout le monde la 
fuyait; elle fut laissée dans le plus complet abandon dès créatures. 

1 .icia Samclttrum, T. I. p. 139. 

S L'Année chrétienne, janvier 3, ^gt 38. 



. 1 • ' •« 



CONTRE U*ABU8 DES BOlbSONS ALCOOLIQUES 317 

Seul, Jésus-Christ, son divin Epoux, ne la délaissa pas un instant; et 
après avoir épuré Tor de sa patience, il lui rendit la santé, contre 
toute attente. 

Cette épreuve fut bientôt suivie d'une autre non moins douloureuse. 
Car la vie des serviteurs de Dieu, comme celle de Notre-Seigneur, 
n*est qu'un Chemin de croix continuel. Le divin Maître permit a Satan 
de semer contre Geneviève les plus noires calomnies. 

On a*en prit à sa réputation avec acharnement. Partout, on publiait 
qu'elle n'était qu'une hypocrite, que ses miracles étaient des illusions 
et des prestiges; qu'elle paraissait jeûner au dehors, mais qu'elle 
savait bien se dédommager en secret. Ces bruits semés partout avec 
artifice, firent que même des gens de bien commencèrent si douter de 
sa vertu. Peu a peu, l'estime qu'on avait pour elle se changea en 
mépris; on alla même jusqu'à la soupçonner de vices grossiers. 

Geneviève souffrait avec patience et elle mettait -toute sa confiance 
en Dieu. Elle ne fut pas trompée. Dieu fit-évanouir toutes ces calom- 
nies et justifia sa Servante au moment marqué par sa providence. 
Pour cela, il amena ii Paris son serviteur, saint Germain, évèque 
d'Auxerre, qui n'eut pas de peine à démontrer la fausseté des accusa- 
tions portées contre la Servante de Dieu. Le démon fut ainsi con- 
fondu, et Dieu glorifié dans la patience de Geneviève. 

Antres éprennes. — Mais le calme ne fut pas de longue durée et la 
persécution ne tarda pas a se rallumer. 

Attila, roi des iluns, surnommé le fléau de Dieu, était entré en 
France avec une armée formidable. Il s'avançait sur Paris, mettant 
tout h feu et il sang sur son passage. La terreur s'empara des habi- 
tants de cette ville, qu'ils résolurent d'abandonner pour se réfugier 
dans d'autres places plus fortifiées. 

Geneviève cependant détournait les Parisiens de ce projet et les 
assurait que Dieu viendrait ti leur secours, s'ils faisaient pénitence et 
se convertissaient. 

Ses paroles n'eurent pas d'abord beaucoup de succès. Quelques 
femmes cependant, dociles à ses exhortations, allèrent s'enfermer 
dans une église avec Geneviève, priant, jeûnant et suppliant le Sei- 
gneur de pardonner les péchés du peuple. Quelques hommes des 
mieux disposés se laissèrent toucher et entrainer par cet exemple ; ils 
mirent ordre ii leur conscience et commencèrent une vie meilleure. 

Quant aux autres, ils traitèrent la Sainte de fausse prophétesse et 
d'inutile bigote. Ils la traitèrent de magicienne qui séduisait les meil- 
leurs citoyens, les détournant des mesures de la prudence, et les 
exposant ii une ruine certaine. L'irritation contre la Sainte devint 
telle que sa vie fut en danger. Plusieurs délibéraient de la brûler 
comme sorcière. 

Dans ce moment critique. Dieu vint encore au secours de sa Ser- 
vante, par le moyen de saint Germain, qui ne pouvant lui-même venir 






318 



Vir CONGIIBS INTERNATIONAL 



il Paris, y envoyai son archidiacre, pour calmer les esprits et préserver 
Geneviève de la fureur de ces forcenés. 

La chose ne fut pas facile. Enfin, cédant à la voix de la raison, ils 
commencèrent ii rentrer en eux-mêmes et h rougir de leur conduite 
envers la Sainte. 

Quand ensuite ils virent que Tévénement avait justifié la prédiction 
de Geneviève, ot que les Iluns avaient détourné leur marche, ils con- 
çurent pour elle une vénération qui ne fit que s*accrottre de jour en 
jour. On la regarda comme le sauveur de la patrie et comme un pro- 
dige de sagesse et de sainteté. 

Charité de GcncKnève, — Un autre acte de charité augmenta encore 
beaucoup la reconnaissance des Parisiens pour sainte Geneviève et 
porta au loin Téclat de sa réputation. 

Par suite du siège de Paris par Chilpéric, la famine devint si 
grande dans la ville que les- pauvres mouraient de fiiim dans les rues. 
Geneviève, touchée cfe compassion par la vue de la misère du peuple, 
pleine de confiance en Dieu et d*une sainte intrépidité, se met a la 
tùte d\in certain nombre de personnes dévouées comme elle pour le 
salul de la patrie; elle s*embarque sur la Seine avec onze bateaux, 
traverse les lignes ennemies, va chercher des provisions dans les 
contrées voisines, et elle fait tant par ses démarches et ses prières, 
qu*elle ramène ses bateaux ii Paris chargés de blé, et sauve ainsi la 
vie il tout ce peuple. 

Toutefois, la ville prise par Chilpéric, Dieu le voulant ainsi, pour 
faire de Paris la capitsile ae la France. 

Mais c i ro i , quoique païen, rendit hommage il la vertu de Gene- 
viève, et fit il sa prière plusieurs actes de clémence. Il fut imité en 
cela par son fils Clovis, qui accorda la liberté aux prisonniers, toutes 
les fois que la Sainte intercéda pour eux. 



Su mort. — Ce qui paraissait surprenant, c'est qp*au milieu du 
tiimiilto ot des embarras des affaires où sa charité rengageait, elle ne 
perdait rien de son recueillement intérieur. Elle marchait constam- 
ment en la présence de Dieu et vivait de sa compagnie. Elle semblait 
hors du monde au milieu du monde. 

Enfin, après une vie de 81) ans, passée dans la pratique de toutes 
sortes de bonnes œuvres, elle mourut saintement comme elle avait 
vécu, le 3 janvier .^)12. 

Son corps fut enterré dans Téglise des Saints Apôtres Pierre et 
Paul. Il se fit tant de miracles ii son tombeau que, dans la suite, cette 
église prit le nom de la Sainte, et elle le garde encore aujourd'hui. 

Toute la France, et principalement Pans, implore Tinterccssiou de 
sainte Geneviève dans les calamités publiques, en temps de guerre, 
de peste, de sécheresse. Les effets de sa céleste protection se font 
sentir de tous ceux qui l'invoquent avec confiance. 



CO.XTRB U*ADt*S UES BOISSONS ALCOOLIQUES «UD 

Nous riiivoc|uci'ons donc avec coiifiunco cctlc humble l)cr<;t*ic, ictto 
saillie paYsaiinc, devenue par ses vertus la patronne de Paris. 

Nous lui demanderons en particulier d obtenir de Dieu par ses 
prières que nos jeunes gens et nos jeunes personnes imitent ses vertu» 
et surtout sa modestie; qu*ils évitent les IVéquentations dangereuM's, 
particulièrement les danses; qu*iU fuyent les cabarets et tous 1rs 
excès dans la boisson. 

Nous lui demanderons enfin d'inspirer ii un grand nombre de per- 
sonnes» hommes et femmes, de pratiquer ii son exemple, Vabsliiii^nve 
complète de i^in ci de lonie boisson enii^rnnie, pour réparer les injures 
faites il Dieu par les péchés d'intempérance, pour en préserver les 
jeunes gens, et pour convertir les malneureux buveurs. 

M. le Président. — La seconde partie de noli*c prop*2imme est nOi*- 
if»nlo h des questions d'onli-e écoiioiniquo sous le tili-c général ; Lon*iù^ 
cité et assurances sur la Vie. 

La |iarolo est h M. le D» Ch. R. Drysdalc pour son rapport Inlilulr : 

Alcool et Longévité 

PAR LB 0*" G. R. DRVSDALK 
C«>niiillin|f Pbyiiciiin to tbe Mctropolilun lloipilal of London 

M. LK Phksidk.xt, Mksdambs et Messikius, 

Il n*est pas très diflicile, de nos jours* de prouver que Tusage deii 
boissons alcooliques tend il diminuer les chances de longévité. 

Cependant r*est une découverte qui a été faite assex tardivrmeiil ; 
car. au commencement de ce siècle, on a cru assex généralement «pie 
rcaii-de-vie était réellement ce que son nom indiquait : et la thérapeu- 
tique de nos devanciers fut très souvent une cause de maladie eu mi- 
son des hv|M>thèses sur relTetde boissons alcooliques sur les fonctions 
du corps humain. 

l/illustre chimiste, Liebig, enseignait que le vin et la bière étainil 
des aliments comparables au pain, et plus facilement digéré» pur \v% 
malades. 

A Londres, cette hypothèse erronée a régné pendant plui»ii*ur» 
décades. 

Jamais, dans Thistoire de Thumanité, la misère causée par ralc4i(d 
n*a été plus formidable parmi les classes d'ou\riers de rKuropo qiit* 
maintenant, car la chimie a fait de l'alcool avec tant «le substaiicr». qiu* 
tout le monde peut s*en procurer très facilement. 

Los preuves que la longévité est favorisée par rabfttinenrn i\v% boi»« 
sons alcooliques, les voici: Dans le 4.V Kapportdu Hegistrar (lenr- 



♦ J. 






1 j 



320 VII* CONGRES INTBRKATiONAL 

rai d'Angleterre, table I, nous trouvons que, la mortalité moyenne de 
tous les mules étant égale h 1,000, la mortalité des membres de l'Eglise 
Anglicane fut de 556; celle des hôteliers et cabaretiers de 1,521 ; et 
celle des domestiques, dans les hôtelset cabarets de2,205. Le docteur 
Ogle dit : « La mortalité des hommes directement employés a la 
vente de Talcool est effrayante. »EnEco8se,M. John Stott (Journal des 
Actuaires, 1876), fit voir que la mortalité des domestiques dans 
les hôtels et cabarets d'Ecosse, est de 68 pour cent, en excès sur la 
mortalité des maies valides en Angleterre. 

M. Nerson, actuaire habile (Contributions to Vital Statistics, 1857) 
trouva que la mortalité des francs-buveurs a été de 357 au lieu de 110, 
chiff^re des personnes d*un âge semblable de la population d'An- 
gleterre. 

Il a calculé qu*h IVige de 20 ans, la moyenne de la durée de la vie 
étant de 44 ans, elle est de 15 ans parmi les buveurs immodérés; a 
Tsige de 40 ans elle est de 29 pour la population générale, etde 16 pour 
les buveurs. En Suisse, le même résultat a été donné par une statis- 
tique officielle qui prouve que la neuvième partie des décès parmi les 
mAles après Tâge de 20 ans est causée par les maladies produites par 
Talcool. 

M. Wakley, ancien coroner de Middlesex, disait en 1839 : «Je crois 
que Talcool est la cause de la moitié des enquêtes. » (Des examens en 
cas de mort soudaine). 

Maintes discussions qui ont eu lieu dans le sein de la « British Mé- 
dical Tempérance Society » ont confirmé Topinion que la mortalité 
dans le Royaume-Uni, causée par Talcool, est de beaucoup plus de 
1,000 morts par semaine, et on a affirmé avec probabilité que la mor- 
talité causée par Talcool en Angleterre, excède de beaucoup celle 
causée par la tuberculose, qui va en diminuant de nos jours ii cause 
d*un régime plus fortifiant, récemment apporté par le libre-échange 
aux classes laborieuses du Royaume-Uni, tandis que Talcool va tou- 
jours augmentant sa propre mortalité. M. Lancereaux a fait la remar- 
que que l*alcool est la cause la plus commune de mort dans les hôpi- 
taux de Paris, si l'on excepte seulement la phthisie pulmonaire qui 
est, je crois, à présent, deux fois plus fatale b Paris qu'il Londres. En 
1878, il l'occasion de l'assemblée de la British Médical Association Si 
Cheltenham, le D' Norman Kerr affirmait que le tiers des morts dans 
les hôpitaux et Maisons des Pauvres en Angleterre, est causée par 
reO*et de l'usage habituel de grandes quantités d*alcooL II estimait 
que plus de 100,000 morts sont dues annuellement, directement ou 
indirectement, dans le Royaume-Uni, aux ravages de l'alcool. 

The « Ilarveian Médical Society n de Londres a fait une enquête 
sur la question de la mortalité des buveurs d'alcool en 1878. De cette 
enquête il résultait que 14 pour cent de la mortalité ordinaire était 
due h l'usage de l'alcool. 

En 1884, le Pathological Society of London eut une discussion 









CONTRE L*ABUS OBft BOISSONS ALCOOLIQUES 321 

sur TefTet des boissons alcooliques sur la santé. (Dec. 4, 1884, déc. 
18 et janv. 15, 1885). Il a été adirmé dans cette discussion, par 
plusieurs autorités, que les buveurs d*alcool sont extrêmement aptes à 
devenir tuberculeux. Enfin, en 1898, le secrétaire de Kent Tempérance 
Fédération écrivait, que en trois ans, 1801-2-3| dans les maisons des 
pauvres de Cranbrook, Dartford et Bromlcy contenant 2,201 habi- 
tants, Talcool avait coûté 1,853 livres, ^et la mortalité pour cent avait 
été de 25; tandis que dans les maisonydes pauvres de Mcdway, Dover 
et Eastry, avec 3.601 habitants. où Talqool n avait coûté que 475 livres, 
la mortalité n*était plus que de 17 poujr cent. 

Dans le « London Tempérance Hospital » fondé en 1873, qui a reçu 
13,984 malades, Talcool n*existe pas, et n*est pas même usité pour 
la fabrication des médicaments, car l*on ne fait pas usage des teintu- 
res alcooliques. La mortalité dans cet hôpital a été toujours très mo* 
dérée ; de 962 morts pour 13,984 malades, c'est-a-dire 6,88 pour 
cent, ce qui tend b prouver que les malades meurent plus souvent quand 
ils sont traités par Talcool. Pour cette cause, le regretté Sir Benia* 
min Warel Richardson disait, en 1897, que les malades, pas plus 
que les valides, n*ont besoin de vin, bière, ni d*eau-de-vic. 

Chemin faisant, les tt Friendly Sociétés » d'Angleterre, et lessociétés 
d'assurance sur la vie ont fourni les documents les plus probants sur 
cette question. Ainsi M. Neison (Rates of Mortality and Sickness de 
1871-/5) a fait une comparaison entre la mortalité et les jours de 
maladies des membres de la société des « Rechabites », qui s'abstien- 
nent de Talcool, et quelques autres sociétés d'ouvriers qui ne sont pas 
abstinents. 

Dans la société des RéchabiieSj le nombre d'années de vie observé 
fut de 127,269 et l'enquête a compris dix ans. Cette société ouvrière 
d'abstinents d'alcool fut fondée en 1835. Aucun membre ne doit goû- 
ter les boissons alcooliques excepté en cas de maladie et si le médecin 
l'ordonne. Les Oldfellows et les Foresters sont également d'excellen- 
tes sociétés ouvrières ; mais ils ne sont pas abstinents de l'alcool. 

M. Neison n trouvé comme chance de vie 

' Oldfellows Foresters Rechabites 

b 20 ans 41.3 40.2 45.1 

h 30 — 34.0 32.9 37.3 

a 40 — 26.7 25.8 29.1 

à 50 — 19.9 19.1 21.2 

à 60 — 13.6 13.2 14.2 

h 70 — 8.5 8.3 8.5 

il 80 — 5.0 4.9 4.9 

De cette table il résulte qu'en moyenne les Rechabites vivent 5.7 
ans de plus que les Foresters et les Oldfellows. Les Rechabites ont 
même une mortalité moindre que celle des ministres de l'Eglise Angli- 



322 VII* CONGRÈS INTERNATIONAL 

cnnc qti! sont ilc beaucoup plus riches qu'eux ; et on sait qu*en 
giMiêral la richesse augmente pourtant la probabilité de longévité. 

Sociêlcs d'asHuninces snr la Vie 

En IS^iO, un membre de la société des « Friends », nommé M. 
Robert Warner, voulait s\issui'er sur la vie a Londres; mais, étant 
abstinent, la société d'assurance à laquelle il s'adressa voulait le faire 
payer dix pour cent de plus que les autres assurés qui buvaient mo- 
dérément, delà indique quelles étaient les opinions des médecins en 
IS^iO. On a fait volte-i'ace en Angleterre, précisément 21 cause de la sta- 
tistique de celte société. M. Warner, très irrité par la demande de 
cette société, fonda avec quelques amis la « Mutual Society of Abs- 
tainers », qui existe encore sous un autre nom. 

Kn I8^i7, une section de cette société fut établie pour assurer les 
buveurs modérés d*alcool ; elle fut appelée la « Section Générale ». La 
Société est connue mai^ntenant sous le nom de a The United Kingdom 
Tempérance and General Provident Institution ». Depuis 1866, des 
rapports annuels ont été publiés. Voici un résumé de Texpérience des 
années ISlU), 1889. 

Dans la section « des abstinents » on avait calculé qu'il devait y 
avoir 4,542 cas de mort; 3,198 seulement sont survenus c*est-ti-dire 
il peu près 70 pour cent du nombre prévu. 

Dans la section u Générale » on évalua la mortalité probable a 
6,894 ; et 6,645 membres sont morts, c*cst«a-dire à peu près 96 pour 
cent. 

Ces chilTres sont basés sur 84,000 vies. Ainsi sur 100 morts prévues, 
le gain dans la section d'abstinents fut de 25,97 supérieur il celui de 
la section de buveurs modérés. On sait que les sociétés d*assurance 
refusent invariablement d*assurer la vie des buveurs immodérés. 

Il y a encore à Londres une société « The Sceptre Life Association » 
qui a fait une étude semblable entre la mortalité des abstinents et des 
non abstinents. 

En 1889, rexpérience des six années précédentes de cette société 
donnait le résultat suivant : 

Dans la section des non-abstinents on avait calculé qu*il devait y 
avoir .')(>9 morts; et il y en eut 434 ; c*cst-ii-dire 76 pour cent du nom- 
bre calculé. 

Dans la section d*ubstinents on avait calculé qu*il devait y avoir 
2VJ morts. Mais il n*y en eut que 143, c'est-h-dire 57 pour cent du 
nombre calculé. La mortalité fut très basse, dans toutes les deux sec- 
lions, car les assurés furent généralement très ranges dans leurs 
nucurs. Cependant, avec cette modération, Tabstinencc seule des 
boissons alcooliques a fait une grande diflerence dans la mortalité des 
<Icux classes, l/actuaire de cette société, M. Manly a bien expli(^ué 



CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 323 

Terreur de méthode qui a été commise par les membres d*un comité 
sur r<iIcool, fondé par la British Médical Association en 1885. Ce 
Comité, après une enquête, publiait un résumé qui donnait IVi^^e moyen 
il réplique de la mort de 

122 Abstinents d'alcool qui Tut 51 ans 8() jours 
1,529 Buveurs modérés — 02 — 50 — 
977 — ordinaires — 59 — 2^10 — 

547 Francs buveurs — 57 — 21() — 

603 Buveurs in tempérés — 52 — 14 — 

L'erreur de cette table provient de ce quo c'est ITige ii Tépoque de 
la mort qui a servi de base au calcul. Il est évident (|ue si Ton compare 
IVigc de mort des étudiants en médecine, et Tàge ,de mort des pra* 
ticiens, IVige de mort des praticiens sera plus avancé que celui des 
étudiants. 

Dans les chiffres de la a Sceptre Assurance Association » IVige 
moyen ii l'époque de mort dans la section générale fut de 51,3 ; 
dans la section de tempérance il fut de 44,2. Dans la première, 
la mortalité fut 76 pour cent du nombre prévu, et seulement 
56 pour cent dans la dernière. La vraie raison est que le mouvement 
contre l'alcool a attiré les jeunes gens beaucoup plus que leurs aines. 

Le « Lancashire and Yorkshire, et Scottish Tempérance Society » 
demandent 10 pour cent de moins pour assurer les abstinents contre 
les accidents. 

L'expérience, en Angleterre, prouve donc que l'abstinence dos 
boissons alcooliques tend h accroître la longévité et que l'usage de ces 
boissons, même modéré, est dangereux pour 1?. santé et la longueur 
de vie. 

M. J. >Vhyte lit sou rapport sur le même sujet : 

Longevity and Alcoholism 

BV JA.MBS WHVTB (mANXIIBSTRb) 

Longévité ai alcoolisme 

Analjfêe. —- L'élude compnrative de In morlalité géiiérole et de lu mortaliié dci mcmbrct 
d'une «ocitflé d'abstinence tolule, telle que celle det Récbabitei, montre que dan» un 
l^ruupe d'tiniflaif miUef, de 20 ane et aunlessue — il y a pour Ici ubslincn|» une probubililû 
de «urvie de U on«, ^3 sur le* Don-ebstinent» : c'est ce qu'ont ctubli les travaux de ItMiii- 
nent actuoire, R.-G.-P. Neivou. Il en est de môme pour les membre» de la ■octétê de« 
FiU de lo Tempcrant'o. Il Taut tenir compte, il est vrai, que ces as'sociotions, qui sont 
des sociétés de secours mutuels, soumettent ceux qui aspirent îk en faire portio à un 
examen médical rigoureux — mois cet examen médical existe oussi pour radiiiissiuu 



./-.v^-^^/i^N, :. - ' r. 



■« V» 






324 VII* CONGIIBS INTRRNATIOKAL 

daof let société» de secourt malaeU, qui ne m récUmenl p«t du prlaeipe de l'ubsiineaco : 
or leurs membres ne bénéficient d'une survie moyenne que d'un an et un Iters sur lo mossa 
générale de lu nation. On peut donc dire que robttinence «ssure à un individu une 
prolongation probable de vie — qui s'élève k 8 ans 06. — Enoore f«ut-il «jouter que les 
tables de mortaliU) probable ont été dressées pour les Réebabitas — il y a dis ans — 
et que la mortalité réelle s'est trouvée constamment inférieura U la mortalité probable. 

D'autre port l'enquête faite, il y a 11 ans, par la Britiêk m^dêcmi Aêêoeiniiom a prouvé 
que sur un groupe de 82% personnes âgées de plus de 80 ans. il y en avait 36 0/0 qui pra- 
tiquoient l'abstinence. — Or il y a un demi siècle, ces laetotalers na constituaient gu^re 
qu'un dixième de la nation ; la proportion aurait donc d& être parmi ces survivants de 
1/10 d'abstinents, si l'abstinence n'exerçait pas sur la longévité une action directe. 

Si on tient compte de toutes ces données, un voit que la storvie probable d'un abstinent 
sur un non-abstinent ù l'ilgo de SO ans et au-dessus est de 14 ans 06. 

Et cela est d'autant plus frappant que la survie des non-absUnants, qui sa font assurer 
sur la vie, tous gens rangés et buveurs très modérés, sur la masse générale de la nation, 
est beaucoup plus faible que celle des abstinents et que leur mortalité s'écarte asses peu 
de la mortalité moyenne. 

On ne peut s'exagérer l'importance de ces faits quoad on constata que les progrès de 
rbygiène et du bien-être qui ont réduit dons une si large proportion la mortalité infantile 
depuis un demi -siècle — n'ont accru en cette période In longévité moyenne au-dessus de 
20 ans que de 4/5 d'année. 



On the 21st day of July, 1834, John Cheyne, M. D., was examincd 
before a Select CommUtee of the llouse of Gommons, appointed to 
inquirc into the question of Drunkenness in the United Kmgdoin and 
to report thcreon. For that period, Dr. Cheyne knew a very great 
deal «bout intempérance and its efiects, particularlv among soldiers. 
His opportunities for obtaining such knowledge had been cxceptionally 

great ; for, in early manhood he spcnt 14 years in « the Médical 
epartment of the Ordnance », and, in later life, nearly 14 years as 
c( Physician General » to the army in Ireland. 

Of this Parliamentarv Committee a well-remembered pioneer in the 
Tempérance Reforination, James Silk Buckingham, was Chairman, 
and in that capacity he examined Dr. Cheyne at some length as to his 
knowledge of the eflects of intempérance on the hçalth, eluciency, and 
longevity of the soldiers of the British army. To one of Mr. Silk 
Buckingham's questions on this subject, Dr. Cheyne made the foUowing 
very notcworthy reply : 

i< I hâve no doubt if a man beginning at 20 years of âge were to 
take one large glass of spirits regularlv every day, he would thereby 
aflect the duration of his life, prpbabfy abrid^ing it by at least ten 
years. The subject has been before me ail mv life, and 1 think I am 
safe in saying so, supposing two ounces of spirits were to be taken 

every day. » 

lu view of the state of knowledge of the alcohol oiiestion 65 years 
ago, it is clear that this can hâve been only a guess. But it was a most 
remarkable guess ; for, to-day, we can demonstrate that, in England 
at any rate, malc alcohol drinkers between 20 years of agc and the end 






1 • . ' 



i»"HV 



./, 



CONTRE L*ABVS OUft BOI8SOKS ALCOOLIQUES 



325 



of Hfe doy on the average, actUally shorten their lives by at least 
10 years through alcohol. 

The folio wing are the main faOU on which this conclusion is based. 
The Registrar General shows that, for the years 1871-80, the expecta* 
tioA of lîfe for « ail maies i» of 20 years of âge was, on the average, 
39.40 years ; while ior Rechabites at 20 years of âge, — according to 
the Repprt of the emihent actuary, Mr. F. G. P. Neison, — the expec* 
tation was 48-83 years. That U, the teetotal Rechabites, reckoning 
frpm the âge stated, had an adrantage, in length of Hfe, of 9.43 years, 
on the average, over « ail maies » of the gênerai community. The 
Rechabite Order bas now an adult i^embership of about 160.000. 
Furthe^ the Sons of Tempérance, another teetotal beneCt society, 
consisting of upwards of 40.000 members, bave, at that life-period, 
qaîte as favourable an « expectancy,» as the Rechabites, It must 
however be remembered that both of thèse Orders bave some advan* 
tages, as regards spécial healthfulness, over the community in gênerai, 
on accoant of the précautions taken to secure that onW such men as 
are fatrly healthy shall be admitted into the Orders. The élimination 
of persons found, by médical examination, to be exceptionally unhealthy 
from the candidates for acoeptance as members of thèse societies, 
secures for the societies the advantage over the gênerai community, of 
about a ycar and a third, on the average, in the éxpectation of lile of 
their members at 20 years of âge. By a comparison of the éxpectation 
of life of youog men at 20 amons the Orders of Oddfellows and 
Foresters, with the éxpectation of life, of maies of the gênerai 
community, we find that 1.35 yei|rs constitutes the advantage that the 
élimination referred to secures. Thèse are two large non^teetolal 
bcnefit societies whose members, before admission, are subjected to 
a médical examination of the same character as that which has to be 
undergone by the candidates for admission into the Rechabite Order. 
Thus, taken together, the éxpectation of life of members of thèse two 
Orders, at the âge indicated, was 40.75 years, while that for maies of 
the gênerai community at that âge was 39.40 years ; that is, a difle- 
rence of about a year and a third. Therefore, when we deduct this 
1.35 of a year from the amount which represents the gross extcnt of 
the advantage which the Rechabites seem to bave over the gênerai 
community — that is 9.43 years, — we find that the net advantage 
which the maie teetotalers of 20 years of âge hâve, by virtue of thetr 
teetotalism, over maies of 20 of the gênerai community is (if thèse 
facts show the true state of matters) 8.08 years. But thèse figures do 
not by any means oover the whole case. As far, however, as they go, 
they do certainly show that, in the matter of éxpectation of life, 
Rechabitef, at 20 years of âge, hâve an advantage of 8.08 years over 
« healthy maies » ofthe gênerai community also at 20 years of âge. 
There are other figures which must be brought into the calculation. 
One crucial test of the accuracy of tables of figures designed to show 



T. Il 



t« 



» ■ » » J 



326 vil* CONGIIBS INTBINATIONAL 

the expectation oflife is this. Does the actually experienced mortality 
accord with what they give .as the expected mortality ? In the case of 
the Rcchabites the expected and the actual' mortality do not accord. 
The fact is that the tables of expected mortality of the Members of the 
Order were issued ten years ago, and considerably fewer deaths than 
were calculated upon hâve taken place, as the foUowing statement 
demonstrates. Mr. Richardson Campbell, gênerai secretary of the 
Order, writes on this point as follows : 

« If further proof were necessary in reffard to the low rates of 
mortality experienced by the Independent Order of Rechabîtes, it is 
to be found m the state of their insurance or funeral funds, as shown 
b^ their officiai valuer in bis reports to the Government Friéndly So- 
ciety Office, in London, as required and demanded by the Priendly 
Societies Act of 1875, and as presented by him to the nechabite Con* 
ference, held at Brighton, in August, 1895. 

This report shows that «the relative degree of solvency of the corn- 
bined district branches who insure the funeral benefits isL 1. 1 s. 
8 3/4 d. in the pound ; or, in other words, that for every L 1 of liabi- 
lity the society nas undertaken to pay, it bas L 1. Is. 8 3/4 d. of assets 
to meet it ; and this can only be attributed to a more favourable rate of 
mortality than that which even the society itself expected ». 

Now, if to obtain 20s. for every pouna due, an expectancy, at20 
years of âge, of 48 years of mean after-lifetime, was necessary, how 
many years expectancy of mean ufler-lifetime at the same ageperiod, to 
obtain 21s.8 3/4. for every pound due, would be required? As a simple 
calculation wiU show, just about 52 years. Ilence, it appears that 
four more years ought to be added to the expected mean aRer-lifetime 
of Rechabites 20 years old. This would raise it to 12.08 years. 

The following facts may partly account for this important resuit. 
Mr. Francis G. P. Neison, tne eminent actuary, who was entrusted 
with the task of placing the financial arrangements of the Order of 
Rechabites on a sound basis, had to dépend for the data on which to 
base his calculations, on the recorded mortality-experience of the 
Order. But, in some respects, that expérience was not wide enough 
for his purpose. Besides, as he found it recorded^ it did not inspire 
him witn perfect confidence in its trustworthiness, It showed a death- 
rate a good deal lighter than he thought it reasonable to expect. And 
as it was his business to save the Order from the fatal blunder of adop- 
ting an inadéquate rate of contribution by the members to its funds, 
he was especially careful to refraim from exaggerating the advantage 
in length of life, which he saw the Qrder undoubtediy possessed to some 
considérable extent. Besides, he found that while al the earlier âges 
and at middle âge among his clients, the materials from wich he nad 
to deduce their rates of mortality were fairly abundant, the contrary 
was the case among those in later life. 






■J"?. 






CONTBB L*ABVt DBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 327 

He reported oq this matter as ioUows : 

a Ai the older âges the facts obtained from your varlous branches 
were not suflicient^ numerous to constitute a reliable basis for the 
final tables, and therefore, after âge 70» the expérience of the Fores- 
ters and of the whole population ot England and Wales, as set out in 
the English Life Table, hâve been incorporated. In default of ade- 

Siate records from your branches in this late period of life, no other 
ternative existed but to employ the expérience of some other organi- 
sation, in which the objects were of a kindred nature, and this has 
been donc, with the resuit that for ail practical purposes, after âge 75, 
the data employed for the Ancient Oraer of Floresters expérience has 
been adopted ». 

That is, there were practically no trustworthy returns as to the 
deatn*rate of Rechabites after âge 70. But even for^ a somewhat ear« 
lier âge the returns can bave been of but little value. Hence, the actual 
expectation of life at the later affés, say aller 60 or 65, must bave been 
considerably greater than has nitherto been assumed to be the case. 

This, I say, partly accounts for the fact already referred to, that the 
Rechabites possess L 1. Is. 83/4 d. for every pound theyowe. But lam 
satisfied that it does not whoUy account for it. Recently acquired in- 
formation as to the lonffevity of aged teetotalers seems to indicate 
that the expectancy of lite pf teetotalers has, attheearlier life-periods, 
heretofore been a good deal under-stated. The foUowing remarkable 
facts should ^o far towards making this obvions. 

The investigation conducted twelve years ago by the British Médi- 
cal Association, as to the habits with respect to food and drink of 824 
persons ail over 80 years of a^e, showed that of thèse aged persons 
so surprisingly large a proportion as 36 per cent, or rather more than 
one in three, were teetotalers, and that 40 per cent, more of them had 
been exceptionnally temperate ail their lives. That is, their consump- 
tion of alcohol had habitually been under the équivalent of a pint of 
béer, or one ounce of absolute alcohol, per day. Assumins that, say . 
from 50 to 60 years ago teetotalers constituted one-tenth, of the num- 
ber of the maies about their own âges in the country, their proper 
contribution towards the making up of the aged group in question 
would bave been 10 per cent, instead of 36 per cent, as it actually 
was, which is quite three and a half times the number of their proper 
share. If the teetotalers constituted less than one-tenth of the number 
of maies at about the same affes, living at the time indicated, then 
clearly their contribution to tne number of the group of 824 livinc, 
over 80 years of âge at the time of the investigation, would be stul 
more out of proportion, and would show still more clearly the deadly 
character of the national drinking habits. Again, quite recently one 
of the Enfflish liquor papers did a very rash and very unwise thinff. 
By publishing a most gross misrepresentation of a statement made 



• I 






»>* «. 






328 



VII* GON6BB8 limBMATIOM&L 



l 



by an american actuary il challenged attantion to the expérience as to 
the death-raie ordrinkers and teetotalers respectively, amongst assu- 
rers in America, as submitted by the eminent actuary Mr. Emory 
McClintock before the Actuariat Society of America. The liquor news* 
aper referred to alleged that « the deaths of abstainers were shown 
y Mr. McClintock to be more numerous than those ofnon abstainers. » 
Mr. Me Clintock repudiated with a good deal of indignation the pre- 
posterons misrepresentation, and showed, among other things, that 
on policies issued on lives over 69, it was found that in the case of 
non-abstainersy there was expected a loss amounting to 16,583 dollars, 
but that there occured a loss of 30.000 dollars ; while on thé other 
hand, among the abstainers, who at this advanced âge were in a ma* 
jority, — itself a significant fact, — there was expected a loss of 
19.794 dollars, but there only occurred a loss of 4000 dollars. Thèse 
facts point very clearly to the conclusion that the advantages whichtee* 
totalers hâve at the later âges of life, hâve not yet been fully realised 
even in well-informed quarters ; anditseems certain that when the Re- 
chabite Order bas existed so long, that the natural proportion of its 
members are nearing the termination of their lives, it will be shown 
that what is at présent supposed to be their actual expectancy, will 
be proved to bave been an understatement of it tom rather remarkable 
extent. 

Although the matter is hypothetical I think it would be safe to 
assume that another two years at the least may be added to the life- 
expectancy of the teetotalers at 20. This would make the teetotalers 
expectancy, at the âge named 14.08 years better than that of the 
drinkers at the same âge. 

There are one or two other circumstanoes whioh I shall not stay to 
deal with at présent, which still further increase the advantage in the 
matter of length of life enjoyed by the abstainer. 

Hère is another set of facts which strongly corrobarate the gênerai 
conclusion already indicated : It is matter of common knowledge that 
the men and women who insure their lives are usually persous of 
prudence and forethought, having a sensé of their responsibilities and 
willing to undertake them. There are exceptions, but such is the rule. 
They are, beyond the ordinary run, sober. No assurers are accepted 
by tne societies who are known to be intemperate. Yet even as com* 
pared with thèse exceptionally moderate drinkers, teetotalers bave a 
marked advantage in length of life. There is no longer a matter of 
reasonable doubt. It is settled. Many of the opponents of total absti- 
nence are furious when it is said that the évidence referred to, proves 
that moderate drinking is to any extent whatever, the cause of the 
comparatively early death of the alcohol users. They insist that it is 
entirely the resuit of intempérance. I bave no objection to their 
conclusion. The whole thing is a question of the use of words. If 
moderate drinking bas no share in tncreasing the death-rate, and if 






COirriB l.*ABOt DBS BOIfSOItS ALCOOLIQUBB 329 

ail the excets is owing to intempérance, then beyond question mo» 
deration roust be very rare and intempérance very ccMnmon. For onlv 
deadly intempérance, on a great scale, could possibly produce sucK 
an aroount oi prématuré death through alcohol as the statistîcs of 
thèse soeieties record. For example : — 

The United Kingdom Tempérance and General Provident Insti- 
tution, which is the oldest and by much the largest of thèse assurance 
associations, has had the foUowing expérience : — 

Moriality expérience under ordinary whole^life policiee^ 1866^95 

T*mf*rm»t« Sttliom. Gnufl SttUom, 

BiDMtod Aeloal Esp«cto4 Aclnal 

Tmm. Cui«« Claint CUima Claias 

MiciM. Poli«M«. PeiiciM. PolicM*. 

1866-70 (Syeara) 549 411 1,008 944 

1871-75 (5years) 723 511 1,268 1.330 

1876-80 (Syears) 933 651 1,485 1,480 

1881-85 (5years) 1,179 835 1,678 1,530 

1886-90 (5year8) 1,472 1,015 1.846 1,750 

1891-95 (5year8) 1,686 1.203 1,958 1.953 

Toul, 30year8... 6,542 4.626 9,235 8.987 

Then cornes the « Sceptre », which is a younger society. Its expé- 
rience is as foliows : — 

In the Sceptre Life Association the nortalîty expérience of 13 years 
— 1884'1896 — conipared with the mortality expected (caleulate'd by 
the Institute of Aetuaries, H. M. Mortality Table) was as under : — 

Pariod. bpMto4 Daaika. ActMl Daalha. Pafc«aU(a. 

■ 5 years 1884-88 466 368 79.00 

5 years 1889-93 564 466 82.62 

3 years 1894-96 369 297 80.49 

ToUl, 13 years. 1,399 1,131 80.84 

Pariod. Bipaelad Daaika. Actaal Daalli*. P««*aU(*. 

5 years 1884-88 195 110 5(i.4i 

5 years 1889-93 312 184 ' 58. U7 

3 years 1894-96 237 i:)8 58.23 

Toul, 13 years 744 432 58. Wi 






^ / • 



330 



vu* CONGRÈS INTERNATIONAL 



Next we hâve the Scottish Tempérance Life Asturance Company, 
which has had only a fi(\een years' expérience; but that expérience 
18 thornughly corroborative of the contention that teetotalers bave a 
great advantagc over even such alcohol users as are usually deemed 
exceedingly moderate. 

The roUowing is the expérience for the last 15 years of this 
Company : 



1883-87 
1888-92 
1893-97 



Tempérance Section: 

m 

Ezpecied Aciual • 
Claimt. Claimt. 



43 
159 
200 



15 

79 

138 



Ratio. 

35'/. 
50*/. 
48 V. 



492 *232 47»/. 



Ge»*rmi Sttliom 

Esp«eto4 Actual 
Qkimf. CUInif. 



11 

49 
95 



7 

33 
67 



RaUe. 

62Vo 

68 V. 
70 V. 



155 107 69 •/• 



Finally, the Abstainers* and General Insurance Company, also a 
comparatively new offîce, bas had a similar experiencCi as shown by 
the Ibllovving : 

Ab&tainers* and General Insurance Co., Ltd.^ Juhe 27 th, 1878. 

Dear Mr. Whyte, — Referrinff to your récent letter, I bave mucb 
pleasure to enclose you extract Irom the report whicb our Consulting 
Actuary, Mr. James Meikle, F. I. A., F. F. A., bas submitted of the 
mortahty of this company* s Ordinary Department, Abstainers* Divi- 
sion, during the 14 years, 1884 to 1897 inclusive. The resuit shows 
that out of every 100 abstainers wbo might bave been expeoted to die, 
52 hâve survived. {Walier Prieiman^ Vic&'Chairman). 



Age. 



10- 
25 
35- 
45- 
55 



■24 
-34 
•44 
-54 
-70 



Yeari of Life 

under 
Obtervaiion. 

5269.5 
12363.0 
8408.0 
4122.0 
1396.5 



Oeath. expaoUd 

undar 

H. M. Tabla. 

31.898 

92.796 
84.149 
61.962 
43.080 



Total... 31559.0 



313.885 



Aciaal RataerAetnal 

Daalbf. to Btpaetad 
Daathi. 

15 47 .0 •/. (P*»" «««»*•) 

48 51.7 •/. 

29 34.4 •/, 

32 51.7.*/. 

27 62.6 •/. 

ïiî 48.1 •/. 



In view of thèse facts, I hold that we are warranted in concluding 
that teetotalers at 20 years of âge, bave an expectation of life of at 
least tcn years more than that of alcohol users. Tbe enormous value 






CONTRE l'abus 0B6 BOISIONS ALCOOLIQUBS 331 

of total .abstinence as a sanitary influence is only beginning to be 
realised by even those who are best informed on the subject. Within 
the last sixty years great and most bénéfice nt changes hâve been 
brought about in the environment of the masses of the people. Free 
trade bas made food cheap and abundant; the hours of labour hâve 
been shortened; the dwelfings of the people bave been much impro- 
ved; the sanitary condition of our cities and towns has been very 
greatly ameliorated; workshops bave been made much healthier; 
muscular labour bas» by the nelp of machinery, been much lighte- 
ned ; the cliild-labour, wnich was so injurions to the physique oi the 
young, has been prohibited, so also has the empiloyment of women in 
certain unhealthy and degrading occupations. W^ges ,have been' 
increased and everything has been cheapened. Public baths, public 
parks and public playgrounds bave multi^lied opportunities' for the 

f»romotion'of bealthy Iiving. Médical men do less positive hnrm'and 
àr more positive good than their predecessors did. One resuit is that 
the annual death-rate of the population as a whole, has been reduccd 
by 4.45 per thousand. But that improvement has taken place mainly 
amongst the young. When the period oflife at which, as a rule, people 
begin to use alcoholic liquors treely is reached, we encounter a very 
perplexing state of matters. For the period 1838-54, according to the 
Reffistrar General, the expectation ollife of a young man 0120 was 
39.48 years ; and, according to the same àuthority, for the period 
1881-90, the expectation df, â young man of the same âge was but 
40.27 years, — an improvement, il will be noticed, otonly about 
four-fiiths of a year. From this it appears that while sanitation, and 
indeed everything else of an ameliorative character, bave, by their 

{'oint influence, increased the expectation of life of a young man of 20 
>y only four^fifths of a year, teetotalism has secured an increase in 
the expectation oflife of a young man of that âge, who has adopted 
and adhères to the practice, of at least ten years. 

Thèse grave facts, even if they stood alone, — which theydo not, — 
would suflice to show that the alcohol problem is the most important 
social problem of the présent day. 

M. VT. Bingham fait sa communication sur « la Tempérance et 
les Aêsura/ices sur la Vie. ». 

Tempérance et assurances sur la vie 

PAR M. W. BINGHAM (ANGLETERRE) 

« 

Analyêt, -^ La tempéranca men* «os habitudes d'épargne ei d'économie. 

La Société du Réchabitaa a été fondée en Angleterre en 1835, pour otsurer la vie dei 
abstinente et les aider en cas de maladie.' Quelques années après, la société The Som» of 
Tempermmeê fut créée et Tordre da Tkê Soiu of Pkœmiw fut fondé à Londres. 






V , 



332 vil* CONGRES INTBBNATIONAL 

Toutes CCI sociétés ont démontré qu« les abstineoti joviiMiit d*nn% meilUiirt santé «1 
d'une plus longue vie que les buveurs, même les plue modérée. 

The Vmiteti Kîngdom TemperaHeg.ûmd Gênerai Prot^ident imêiiiutiom est une société d'as* 
•urance qui fut fondée en 1840, pour les abstinents eoals, mais sept années plus tard. 
une «eclion fut faite pour les modérés. 

Le« chiffres de mortalité pendant les dernières 38 années, démontrent que lee cas de 
décès ont été de 70 0/0 des cas prévus pour les abstinente, tondia qne cbei lee modérée 
le nombre s'élcvoit environ à 97 0/0. 

presque toutes les sociétés d'assurance font maintenant nna différence 4* ^^ ^/^ *n 
faveur des ahslincnls. Ce n'est pas que les abstinente n'aient pae d'accidenté, mate ile 
se guérissent bcnueoup plus vite et plus facilement ; quant aux cabaretiera ils doivent 
poyer une primo beaucoup plus forte, et plusieurs sociétés ae refusent même à les 
assurer. 

^ Il est donc bien certain que lee abstinente ont un avantage physique et moral ear le. 
re^le do la populiilion. Pourquoi donc ne devenons-nous pas toua abatinenta ? 

At the cummenceinent of the Tempérance Movenient in England; 
there was but little évidence accessible as to the physical efiect of 
usinç intoxicating drinks, but tke gênerai belief certainly was, that it 
was bénéficiai. A large number of people, impressed by thcmoral and 
social cvils resulting from the Drink aystem, gave in their adhésion 
to the principle of abstinence, feelingthat they were surrendering the 
use ofan article, which, ifonlvlaken m moderato quantities, conouced 
to health, vi^our, and lonç life. Not a few of thèse, however, when 
condoled with by their friends, on the disastrous results likely to 
follow their voluntary deprivation — backed by a hint fronk some 
médical man, that it was very foolish to forego the reasonable use of 
a good thing bccause some Weak and footish people abused it — - 
went back to their old custoro, thus helping to weaken the faith of 
othcrs ; but the leaders were stalwarts, and cherished an unshaken 
faith in the soundness of their principles, although frequently they 
lackcd the requisite proofs to produce conviction in the minds of 
thoughtful, but timid, and hesitating friends. Now, however, there is 
a great mass of fact and expérience readv to hand, some of which I 
hâve been askcd to briefiy indicate in this paper. 

It is well known that one of the indirect advantages of the incul- 
cation of Tempérance habits, has been the extension of thrift ; and 
oiic of the first things that frequently followed the signing of the 
p!edge by a working man, in the early days, was the décision to 
jniii a Benefit Society, so that some provision might be* secured to 
thosc dépendent upon him, in case of his sickness or prématuré death. 
At that lime most of thèse Societies held their meetings in liquor 
shops ; and so the very effort at thrift, of\en defeated itself, and 
through the, temptation afTorded, led to intempérance and unthrift. To 
obviate this, in 1835, the Indépendant Order of Rechabites was 
started. It made teetotalism a condition of membership and has 
convincingly demonstrated (during its more than sixty years' working) 
that Abstainers bave less sickness, recover more quickly when 



CONTRE LAB08 DU »OI8SONS AIXOOLIQUBS 



333 



attacked, and live appreciably longer, than non-abstaincrs. The well 
known Actuary, Mr. P. C. P. Netson, bas contrasted the expérience of 
the Ancient Order of Foreaters with that of the Rechabites in the 
following table : 

Expectancy of Ufe at the âge» Given 



18 
20 
25 
30 
35 
40 
45 
50 



. 0. p. IUmH, 


1. 0. R. lUporl. 
pag«» 16-37. 
lUcbaUlM. 


OiBiBNBM 


ia h*a«r of 


PorMtort. 


lUchabilM. 


44.74 


50.62 


5.88 


43.10 


48.83 


5.73 


38.97 


44.30 


5.3:) 


34.78 


39.72 


4.94 


30.68 


35.08 


4.40 


26.70 


30.58 


3.88 


22.81 


26.11 


3.30 


19.10 


21.78 


2.68 



A very similar resuli is obtained from a coroparison with the 
Odclfellowa. 

« The Son» of Tempérance a idtroduced into England 44 yeara ago» 
aUo on an abstinence baai», bas contributed some valuable testîmony, 
their death rate laat year betng only 6.27 per 1000 and the sicknesa 
rate 7.59 days per member per annum. The Order of the Son» of 
Phœnix, a aîmilar Society , wnoae meroberahip i» chiefly in London» 
bas Hkewise had, during ita exittence, a very low rate of aickneaa and 
mortality. 

In 1840, Robert Warner, a young Quaker, aought to inaure bis life 
but the Assurance OUicials (in conséquence of bis intimating to them 
that *he was an Abstainer) oecided to impose an additional premium 
as thev believed that the practice of abstinence would tend to shorten 
life. Nlr. Warner, holding a différent view, declined to pay the extra 
sum demanded, and, taking others into consultation, succeeded in 
starting a spécial Institution for Abstainers only. This, seven vears 
later, opened a separate section for carefui users of alcohof and 
adopted the now well know title of the « United Kingdom Tempérance 
and General Provident Institution. Ita mortality figures for the last 
32 years are as follows : 



•■:#> . 



.) 










334 



Vir COKGHBS INTBRKATIONAL 



Ycori 



1866—70 

1871—75 

1876—80 

1881—85. 

1886—90 

1891—95 

1896—97 



(5 years) 

(5 years) 

(5 yean) 

(5 year») 

(5 years) 

(5 years) 

(2 yaars) 



' Ttmpeniite* 


SteUom 


■CtmtrmI 


SttUom 


Expacted 
Claimt 


AetMl 
Qaiau 


Bspwrted 
Cuims 


Aetaal 
CUia» 


Polieie* 


PoUeiM 


PolidM 


PoUciM 


549 


411 


1.008 


944 


723 


511 


1.268 


1.330 


933 


651 


1.485 


1.480 


1.179 


835 


1.670 


1.530 


1.472 


1.015 


1.846 


1.750 


1.686 


1.203 


1.958 


1.953 


734 


510 


809 


705 



Total 32 years 7.276 5.136 10.044 



9.692 






It will be seen from this that the « Actual » Claims in the Tempé- 
rance Section, are about 70 per cent, of the « Expected » while in 
the General Section they are about 97 per cent, of the « Expected ». 

In 1864 the Sceptre Life Association wat formed chiefly for the 
purpose of insuring the Lives of membert of religioua bodiea, a sepa- 
rate section being opened for abstainers. The following particulars 
are from the Report for 1898. 



Mortâlily Expérience 

The ciaims bv death expected (calculated by the Institute of 
Actuaries* Hm. Mortality Table)» as compared with those which 
actually occurred, were as under : 



Expected 
Deoths 

131 



General êectiom 

Actual 
Deoihs 



116 



Percentage 

88.55 



T^mpermmce êeciiom 

Percentaipe 



Expected AetiMl 
Deotbe Deetbe 



94 



45 



47.87 



As showing that the favourable mortality is not confined to the 
past year, the following results for the last three quinquenniums are 
given : ^ 



Period 



5 yrs .—1884-88 
5 yrs.— 188993 
5 yrs.— 1894-98 



Général êeetion 



Expected 
Deothe 

466 

564 
628 



Actual 
Deatbi 

368 
466 

498 



Peretge Bxpeoted 
Deaths 



Tempérance êecUon 

Perctge 



79.00 
82.62 
79.30 



195 
312 
419 



Actoal 
DMth. 

110 
184 

228 



56.41 
58.97 
54.42 



Total — 15. vrs 1.658 1.332 80.34 926 522 56.37 



I 



I 



■' • -^'î^-- • ■ 7:r'wm^Ft-^''''^^--^- ■'••■ 



COKTRB L ABUS DIS BOlBfOKt ALCOOLlÇUBt 



335 



The Britifth Empire MutuaU fuunded in 1847 opencd a separate 
department for absUiners in 1883 and bas had ihe following expé- 
rience since tbat date : 



#1 



EspMtod CtaiMS. Hm. T«bU 
234 



134 



P«rc«nUf« of Acioal lo t ipcctcd 

57 



Tbe Impérial Office bas for tbe latl few years kepi its abtiainera 
apart from tbe ffeneral body of asturers, and wbile not publisbing 
any spécifie particulars at to ita deatb rate it gave a materially bigher 
bonus by its last valuation to tbe Tempérance Members on tbe ground 
of tbeir superior mortality. 

Tbe Victoria Mutual, founded in 1860, states tbat « tbe profits of 
tbe Total Abstinence Section are much greater tban tbose of tbe 
General Section a. 

Tbe Abstainers and General Office, started in 1883 gives as its 
expérience of tbe fourteen years from 1884 to 1897 : — 



fànéêt H m. TabU. 

313 



AeluAl dMibt. 
151 



Ralio or AcIimI 
to Bipoctod. 



48 V. 



Tbe Scottisb Tempérance Office, aiso founded in 1883 contributes 
tbe lollowing : — 



CXm\m% Bipoclod. Aetoal GUimt. 



155 



107 



RoUo. 



18831887 
1888-1892 
1893-1897 


43 
159 
290 




15 

79 

138 


35 •/. 

50*/. 

48'/. 




492 

• 




232 


47'/. 






GêtÊêrmi Sêtii^m. 






Claiait E«,i«H<. 


AcImI CtolaM. 


R«lio. 


1883-1887 
1888-1892 
1893-1897 


11 
49 
95 




7 

67 


62«/. 
68 V. 
70 V. 



69 V. 



It must of course be borne in mind tbat tbe last two offices being 
young (witb a large proportion of tbeir lives near to médical selec* 



\ 






336 * vu* CONGRB8 INTSRNATIONAL 

tlon) iheir aclual death rate is somewhat lower than will probablv be 
the case later on but the percentages submitted bv the Scottish Tem- 
pérance illustrate the same différence between tne mortallty of the 
two classes, as shewn by older Companies. 

The value of Abstinence principtes has alto been recognited by 
Accident Insurance Companies for we find the Accident — Océan — 
Scottish Employers — Scottish Tempérance — and the Lancashire 
and Yorkshire each giving a réduction of 10 */« on the premium to 
those who abstain, while several others ffive smaller reauctions. In 
conversation with the Secretary of one of the above Offices I was 
told : 

« We do not find the advantage to be so much in the greater immu- 
nity from accidents enjoyed by teetotallers as in their more rapid 
recovery when stricken down by accident » — an indication that the 
blood of the Abstainer is purer and thus affecta the repair more 
speedily. 

Colonel Geary, in a paper read before the Santtary Congress at 
Stafford, stated : — 

. « During the Abyssinian Campaign, for six weeks advancing upon 
and retiring from Magdala, there was no alcohol, no crime and the 

Eercentage of sick was less than in any part ot the British Army at 
ome or abroad, while the troops pertormed arduous marches on 
scanty food and oflen with bad water. » 

The treatment accorded by Life Offices to those engaged in the 
Liquor Traffic is very suggestive. I wrote about eighteen months ago 
to upwards of sixty of the principal Offices asking theni how they 
dealt with proposais on Publicans* lives. The appended extract from 
the Financial Times Oct : 8th.. 1897 gives the resuit : 

« How poor Bung is regarded when he knocks at the door of an 
Insurance Office is shewn by the following summary; 

8 Won*t hâve him at any price, 

i adds seven years to his âge, 

1 adds thirty per cent, to tne premium, 

15 charge up according to demerits, 

33 Let him off for an extra of L 1 per cent., 

1 makes it a guinea, 
3 need 25 s. 

2 déclare that L 2 is necessary, and 
1 insists on a, couple of guineas. 

In the face of this wonderful unanimity on the gênerai question 
that the life is a shockingly bad onfe come two Offices ready to take 
the risk ior half a soveraign. 



« «M * ' t 



CONTRI L*ABUS DBS BOISSONS AtXOOLlQUBS 337 

Whatever that spécial elass of business may be werth thèse two 
OlCces deserve to get il and we fancy the rest will not raise any 
objection. » 

The Manager of the Prudential in his letter said : 

« It may interest you to know that until about a year ago the extra 
premiufn was Ll. 1.0 but it was modified in conséquence ofthe very 
unfavourable mortality which we had for some time expérience from 
this class of lives. » 

This testimony is very valuable as there is no other Office with so 
extensive an expérience and for the first twenty five years of their 
existence they took thèse risks at ordinary rates — increasinff the 
premium nearly twenty«five years ago by 16 / — extra per E 100 
assured — afterward to 21 / — a few years later and then to L 2, the 
présent amount. 

Very truly did John Bright once déclare « There is no mistake 
about it, the men who abstain from intoxicating drink hâve an 
immense advantage both physically and roorally over the rest of the 
Community ». 

If an array of fact and testimony in favour of drinking could be 
collected such as is hère presented against it, there can be no doubt 
that it would be almost universally claimed that the case against 
teetotalism was complète and that such a craze should be abandoned. 
Ought not then the apologists for Alcohol to recoffnise the strength 
of tne Abstainers' position and « come over and hefp us ». 

M. le Président. — L'ordre du Jour étant épuisé, Je lève la séance. 



■■. - • ■■■:'7'r:^r4^-^^C-rSm'*!m 









■ 4 

t 



•j 



DEUXIÈME SECTION 






PROGRAMME GÉNÉRAL 



HISTOIRE. ÉCONOMIE POLITIQUE ET SOCIALE 



Jeudi matin 6 Avril i899 



Ordr« du Jour t 



LÉGISLATION ; 
PROHIBITION. 



T'k 



' / ri "< • ■ ' ^ . 



DEUXIÈME SECTION 

HISTOIRBy BCONOMlBy POLITIQUB BT 80CIALB 



Deuadème séance 

P1IB8IDBNT : M. LB JBUNB, MIVI8TIIB D*BTAT (bBLGIQUE) 



PROOÈS-VERBAL 



M. le Président ouvre la séance et donne la parole à Miss Ch. Oray. 
missionnaire de l'ordre des Bons Templiers pour son mpport sur le tôle 
élecloral de la femme contre Calcoolisme. 



Le rôle électoral des femmes au point de vue 

de la tempérance 

Dans loulcs les réformes sociales il esl bien nécessaire de gagner la 
femme et son activité. L'homme seul peut voir le mal» peut faire de» 
discourt contre le mal, peut montrer des chiiTres et proclamer toute» 
sortes de remèdes nécessaire» ; mais» il ne fera pas grand progri*» 
tant qu*il n*aura pas gagné la sympathie et Taidc praticpie «le la 
femme. Dans la plupart des pays ou on a commencé la lutte contre 
Palcoolisme on a fait cette expérience. 

I«a femme, de »on naturel timide» habituée depuis des siècles à être, 
soit ridole ou Tesclave de l'homme a beaucoup ae dillirultê» à rompre 
avec les mœurs de la société où elle demeure. Il faut qu'elle soit aidée 
ou qu*elle se »ente appelée à le faire avant de pouvoir se mettre a 
l'œuvre, et faire quelque chose de nouveau ou d'extraordinaire. 

Il y avait cinquante ans seulement que les femme», même en Amé- 
rique, ont été refusées m prendre place dans les a»semblées comme 
délégué» avec les homme». L'honneur appartient à la aociétéde laquelle 
> sut» fière d'être membre, l'Ordre des Bons Templiers, d'avoir été 
a première d'admettre les femmes et a leur accorder des droit» égaux 
il ceux de» homme». Dans tous les pays où l'Ordre exi»te et travaille, 
le» femme» arrivent à développer leur esprit, »e préparant ainsi à agir 
dès que Toccaaion se présentera. 



» 

1 



f . « 



■< >• 



342 vil* C0NGIIB8 INTERNATIONAL 

L*heure a sonné en Amérique, il V a vingt-cinq ans a peu près. Les 
femmes, comme poussées par Timpulsion d*une Voix divine leur 
disant : « Sortez de vos maisons, de vos famillet, travaillez^ priez, or- ' 
ganisez, et au nom de Dieu, pour la patrie, pour les victimes de la 
boisson, vous réussirez ii rompre les chaînes forgées par les hommes 
pour leur honte et leur ruine, et desquelles seuls ils ne peuvent pas 
se dégager. » I/histoire de cette croisade en Amérique se lit comme 
un conte de fée, c*était un miracle. 

En Norvège, il y a trois ans que les femmes furent appelées a pren- 
dre leur part active au mouvement. Le Gouvernement avait déiii pris 
des mesures restrictives, plus tard les communautés ont également 
cherché h régler le trafic des spiritueux. Ce premier pas fait, afin de 
pousser plus loin Taction, on demande Tassistance des femmes. Une 
loi fut faite, donnant ii chaque personne, homme ou femme habitant 
les villes, qui avait 25 ans, le droit de se prononcer pour ou contre la 
continuation du Samlag, ou en d*autres termes, la vente des spiritueux. 

Il fut décidé que toute abstention serait considérée comme un vote 
favorable ii la continuation du trafic. Ceci obligea les femmes à pren- 
dre une part active au vote, si elles ne voulaient pas voir continuer 
faction du Samlag. 

C*était la première fois qu*on donnait des droits politiques aux fem- 
mes, mais non sans l'arrière pensée que beaucoup n'en useraient pas. 
Mais les femmes de la Norvège avaient déjà tant souffert des mélaits 
de Talcoolismc, et Tavenii' de leurs enfants leur apparaissait si noir, 
qu*elles n*hésitèrent pas ii profiter de ce moyen de salut qu*on leur 
offrait. 

Le récit de cette histoire est vraiment touchant à lire» et c*est un 
véritable exemple de solidarité. Les femmes du village ne pouvant 
voter viennent garder les enfants de leurs compagnes des villes afin 
de leur faciliter les moyens de sortir librement. Les longs instants 
passés sous le soleil brâlant ; le séjour prolongé dans une pièce étouf- 
fante au milieu des hommes fumant, discutant, en proie à leurs mo- 
queries, ik leur brutalité même. Rien ne les arrête. Patientes, tran- 
quilles et résignées à tout, loin de se décourager, elles se stimulèrent 
les unes et les autres, et relevèrent même le courage des hommes qui 
étaient à leur côté ; et c*est avec une joie indescriptible qu'elles dépo- 
sèrent leurs bulletins de vote, répétant chacune : « Au nom de Jésus ». 

I^e résultat de cette tentative fut heureux. Sur les treize villes 
admises a voter la première année (1896), onze avaient été pour la 
fermeture du Samlag ; majorité remarquable. Jamais les hommes 
n'étaient arrivés h pareil résultat, Tintervention des femmes prouve 
rinfluence qu'elles peuvent avoir en pareil cas. 

Chaque année semblable tentative se renouvelle. A Christiania, le 
vote vient d'être pris il y a trois semaines (15 mars 1899), et parmi les 
18,0()0 qui ont voté contre le Samlag il s'y trouva 12,000 femmes. 
De plus en plus l'influence de la femme s'accentue, sans que pour 



CONTRB L^ABOd ÙZÛ BOISSONS ALcOOLtQUSS â4â 

cela l*union de la famille en souiTre. Connaissant elle-même ses 
droits, la mère de famille peut armer ses enfants contre la lutte. 

En Finlande, les femmes ont déjà fait un grand pas, elles ont ob- 
tenu le vote dans le Conseil municipal et dans l'administration des 
pauvres. Aussi aident*elles beaucoup dans la lutte contre Talcoolisme. 

En Suède, les femmes ont le droit de voter au Conseil municipal, 
dans Tadministration des écoles et des campagnes. 

En Danemark, l'élection des inspecteurs des écoles est seulement 
accordée aux mères de famille. 

En Angleterre, les femmes ont le même droit que les hommes dans 
les élections de l'administration des écoles communales, du bureau de 
bienfaisance et de l'assistance publique. Aussi l'amélioration du sort 
des pauvres s'est-elle accentuée et la tempérance y a-t-elle beaucoup 
gagné. 

Au Canada, dans les provinces d'Ontario, Nova Scotia, Manitoba, 
Brunswick, Colombie anglaise, les femmes ont obtenu le vote dans 
le Conseil municipal. 

Au Cap de Bonne-Espérance, pareil droit leur est accordé. 

Dans les Etats-Unis d'Amérique, il y a quatre Etats : Wyoming, 
Cqlorado, Idaho et Utah, où les femmes ont les mêmes droits politi- 
ques que les hommes. Dans l'Etat de Wyoming, une femme même a 
été choisie comme maire, et exerça de ce fait même une heureuse in- 
fluence, l'ivrognerie publique disparut presque entièrement, et le 
nombre des cabarets fut très limité, et, par contre, diminution sensi- 
ble des délits. Là aussi nous trouvons une preuve de la nécessité de 
l'intervention des femmes dans les droits électoraux. 

Les cabaretiers n'ont-ils pas dit « qu'ils ne redoutaient rien autant 
que les femmes organisées pour la lutte contre l'alcoolisme ? » 

En Australie, dans les provinces de la Nouvelle-Galles du Sud, 
Victoria-Quensland et de Tasmanie, les femmes ont obtenu le vote 
municipal. 

En Nouvelle Zeeland elles ont tous les mêmes droits que les hommes. 

Il ressort donc de toute cette révision que partout où les femmes 
ont acquis quelques droits électoraux, la tempérance y avait gagné en 
raison directe des droits acquis. Partout, les hommes véritaUlement 
philanthropes trouvent qu'il y a tout à gagner de Tintcrvention des 
femmes, et n'ont pas craint de leur accorder le droit de vote. 

L'alcoolisme a touché les femmes aussi bien que Us hommes, et II 
est bien nécessaire que les deux sexes travaillent ensemble pour com- 
battre le mal. 

Mesdames et Messieurs, le mal est grand, il grandit de jour en jour, 
et II est nécessaire que nous travaillions tous contre le fléau qui nous 
touche de si près. Mettons toute notre influence pour le détruire, et 
chercher à gagner davantage. 

Quand les femmes et les nommes travailleront ensemble, et avec les 
mêmes droits politiques, la victoire sera à nous. 






\ 



\ 



n 



344 vil* CONGIIB8 INTERNATIONAL 

Travaillons donc tous pour établir Tégalité des droits de l'homme 
et de la femme. 

M. le Président donne la parole à M. Norman Kerr. Celui-ci 
souffrant n*a pu se i^ndre à Paris, son rapport sur la Légistaiion rela- 
tive aux ibrognes (ThaUtude en Grande-Bretagne^ est résumé pai* 
un membre du Congros, dont le nom n*a pas été consigné au procès- 
verbal. (Toutes les recherches du Comité de rédaction, pour retrouver la 
traduction faite (mr M. Mérille de CoUeville, ont été infructueuses. 
Nous en empruntons le texte anglais au Tempérance Record qui heu- 
reusement l'avait publié *j. 

Législation for inebriates in Britain 

DV NORMAN BRR, M. D., F. L. S., LONDON. 

Président. Society for tbe Studjr of InebrielT ; Ghairman, Inebriatas Le^tlaiion GommitiM, 
Britith Medicol Association ; Felfow of the Médical Society of London. 

Onlv some 30 yeari ago the ereat maiority of the people ofEngland 
looked upon habituai drunkards as badiv disppsed persons who, from 
pure wickedness of heart, delighted and ardently looked forward'to 
get drunk as often as thcy ever possibly could. 

Gradually, and chiefly by the efforts of the médical profession, a 
révolution has taken place in médical and public opinon till, at the 
présent day, Ifhe overwhelming majority of professional and philan- 
thropie persons, as well as social and political reformers and the 
governing classes, has demanded and has received certain new laws, 
which are based on the opinion that many of the most confirmed 
drunkards are drunken, not of choice, but of an imperious impulse 
arising from mental and sometimes bodily disease. 

The Inebriates* Act, 1879, legalised a new principle in England, the 
surrender by a man or a woman of bis or her personal liberty for a 
period not exceeding twelve months, in the hope of cure of the disease 
of habituai drunkenness. 

The Inebriates* Act, 1888, made the former temporary Act perma- 
nent, and enacted some amendments which improved the practical 
working of the first Act. 

The expérience of the Dalrymple Home at Rickmansworth, which 
was established by the Homes for Inebriate Association (a philanthro- 
pie association which desired to try the experiment of treating habituai 
drunkenness as a disease under the Inebriates' Act of 1879), has been 
most encouraging. 

Four hundredand seventy-five patients (ail roales, no females having 
been eligible for admission) had been discharged up till Jauuary, 1898. 

^ Nous avons reçu, depuis le Congrès, la nouvelle de la mort de notre émlnent collèsue, 
M. Normon Kerr, clont la perte sera douloureusement raeeantie par tout les tempérante. 



CONTRE L*ABUS DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 345 

or thèse, 225 entered, under the Inebriaies* Act, and 250 were 
received simply as private patients. Of those under the Inebriates* 
Act, 82 remained 12 months, 11 nine months, 4 eight months, 63 six 
months, and 65 three months. Of the private patients, 44 remained 
twelve monthsy 15 nine months, 67 six months, 9 four months, and 
115 three months. 

The average âge ofall the patients <<vvas 35 X y^&rs at entry. 

Three hundrea and thirty-nve had had a good éducation, 111 had 
gonc through collège, while 29 had had only an elementary éducation. 

There was a heredity of insanity in 33 cases, and of mebriety in 
235 cases. In •207 cases no family history of insanity or incbriety was 
obtainable. 

Four hundred had used tobacco, 6 choral and tobacco, 6 morphine, 
5 morphine and cocaine, 7 opium or chlorodyne and tobacco, 2 sul- 
phonal, and 49 had no other apparent narcotic habit. 

Three hundred and thirty-four were regular or constant inebriates 
and 137 periodical drunkards. There were also 4 cases ofmorphinism 
without aicoholism. 

The average period of addiction prior to admission had been 7 X 
vears . 

The indulgence was social in 441 cases and solitary in 34. 

Thirtv-one were wine drunkards, and seven béer inebriates ; one 
drank absinthe. 

The habituai drunkenness of 17 followed on injuries, and of 39 on 
ill-health. 

The averaffe term of résidence in the Home was 6 X months. 

The after history shows a substantial record of good results, 187 
doing well or havmg improved. 

The treatment has been hygienic, absolute abstinence from ail 
intoxicating beverages has been enforced, and there has been no 
resort to quack secret remédies, so*called « (|ures » or hypnotism. 

The English Government, after the reports of several commissions 
and committees, introduced into Parliamcnt andcarricd the Inebriates* 
Act, 1898. 

By this Act, which came into opération on January Itft, 1899, a new 

frinciple has been embodied in English criminal Jurisprudence, 
udges hâve the option of sending habitually drunken criminals to an 
inebriate reformatory for not more than 3 years,insteadof toa prison, 
thus admitting the value oi the curative détention of offenders against 
the law. 

Also, after 3 convictions within twelve months, on a 4th conviction 
on a minor oflence complicated with dfunkcnncs», the ofTepder can 
be sent to a reformatory for a similar term. 

1 do not hesitate to predict that this latest English Act will not 
onlv eiTect a révolution in the jurisprudence of incbrictv, but, in 
adcfition, will so intensify and extend the rapidly growing public 



346 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

opinion in favour of compulsory dealing with ail secure of habituai 
drunkards, as to, ère long, secure thc enactment of législation for the 
involuntary seclusion of non-criminal habituai inebriates. 

M. le Président. — La parole est à M. Vau der Meulen pour son 
rapport sur les Résultats produits par la législation néerlandaise 
contre l'abus des boissons fortes * . 

En comparant les programmes de nos congrès nationaux et inter- 
nationaux, on voit une (ois de plus que le problème alcoolique est un 
problème compliqué et que Talcoolisme est né et se maintient par 
des causes diverses. Une de ces causes, c*est la tentation publique a 
Tabus de Talcool. Il n*y a que TEtat qui doive et puisse reméaier à 
cela. L*Etat qui, sous plusieurs rapports, veille au bien-être matériel 
et moral de ses habitants, ne saurait voir cette tentation constante, 
cause de bien des misères — tant matérielles que morales — sans 
prendre des mesures efficaces. 

Après quelques tentatives infructueuses entreprises de diflTérents 
côtés, le premier projet d*une loi sur les boissons alcooliques atteignit 
en 1880 nos Etats-Généraux. 

Ayant subi divers amendements — parmi lesquels il y en avait de 
bien essentiels, — la Chambre des députés, puis le dénat, la pre- 
mière avec 69 voix pour et 7 voix contre, le second respectivement 
avec 29 et 4 voix votèrent la loi qui fut promulguée le 28 juin 1881. 
En 1884 et 1885, plusieurs modifications furent apportées — cepen- 
dant sans préjudicier en rien au principe général — qui est de limiter 
le nombre des détails. 

Avant la loi ce nombre se montait h environ 42,000. 

Le législateur croyait que ce nombre considérable était la prin- 
c'pale cause de Tabus. Il décidait que la vente delà boisson en quan- 
tité de moins de 2 litrej ne serait permise qu'après autorisation du 
collège échevinal, — en outre cette autorisation ne devait être donnée 

Sue jusqu'au maximum fixé par la loi — sauf quelques cas extraor- 
inaires. Ce maximum dépend de Tétendue de la commune et est de 
1 sur 500,300 ou 2f>0 habitants et ce compte-lii il n*eùt dû y avoir que 
^ 14,200 détails en 1882. Comme l'on vient de voir, ce nombre était 
de plus de 42,000 avant la loi. 

Près de 10,000 détaillants ne demandèrent pas de licence. On fixa 
une période de 20 ans pour la réduction au maximum légal du 
nombre restant qui était de 18,000 de trop. Sans une pareille période 
transitoire la mise en vigueur de la loi aurait été impossible ; en 
revanche ce fut précisément cette période-la qui en affaiblit beaucoup 
l'efficacité. L'acroissement de la population porta le nombre légal des 
détails h ^ 15,500. A la fin de 1896 il y en avait encore ^ 24,600. 

1 Voir à la 6 n du volume, les tableaux de M. Van der Menlea. 



CONTRE L*ABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 347 

On avait espéré qu*en 1901 le maximum prescrit aurait été atteint, 
presque partout et on s'était cru si fondé dans cet espoir, qu'on 
n'avait pas pris de mesures pour faire appliquer de force la règle de 
la loi. Et, bien qu'à présent nous soyons encore loin de la limite et 
que les vingt années soient presque révolues, il n'y a' eu jusqu'ici 
aucun ministre qui ait osé combler la lacune, parce que dans une 
telle entreprise il se présente des difficultés sans nombre et qu*on 

Eeut s'attendre a une vive résistance de la part des commerçants en 
oissons alcooliques ainsi que des antres ennemis de la loi, résis- 
tance qui pourrait mettre en danger la loi elle-même. 

Pour mettre en lumière l'efTet de la loi, je fais suivre ici un aperçu 
qui se rapporte aux 10 chefs-lieux provinciaux. 

Ce rapport je ne le lirai pas — aevaiit être économe de mon temps, 
— mais il trouvera place, je l'espère, dans le compte-rendu du 
congi'ès ^. Je me propose de taire sentir le poids de ces chîiTres 
dans une carte graphique (carte A). J'ai laissé de côté le chef-lieu de 
Limbourg, Maestricht, parce que le gouvernement même a reconnu 
que jusqu'à présent la vente frauduleuse a été considérable dans cette 
ville-là et cette province-là, de sortf que les données oflicielles ne 
répondent nullement au chiffre exact de la consommation. 

En présence de ce grand nombre de cabarets, nombre qui devrait 
être augmenté de celui des ventes clandestines, on ne peut espérer 
beaucoup de l'effet de la loi. Du fait que la consommation sur toute 
la Hollande et le nombre des condamnations pour ivrognerie publique 
a diminué, des amis maladroits ont voulu conclure à un effet salu- 
taire de la loi. Us oubliaient que pour expliquer ces deux faits-là, on 
Fourrait trouver d'autres causes. Pour le premier, c'est sans doute 
intérêt qu'on recommençait à prendre dans la lutte contre l'alcool — 
en effet cet intérêt né peu de temps avant la loi, n'a fait que croître 
depuis cette époque-là — ; puis il y a les conditions économiques 
devenues plus mauvaises surtout dans la première dizaine d'années, 
ce qui amenait forcément un usage moindre et en troisième lieu 
Taugmentation de l'accise (en 1884 et en 1893 respectivement de 
57 ilorins à fl. 60 et à fl. 63, par II. L. à 50 ^/o). Ht pour le deuxième 
fait, la vigilance peu à peu relùchée de la police doit y être pour 
beaucoup. 

En effet, si l'influence de la loi eût amené un abaissement sensible 
dans le chiffre de la consommation, elle eiU dû être partout à peu 
près égale. 

Seulement on remarque dans une province un abaissement beau- 
coup plus fort que dans l'autre et même il y a des provinces où l'on 
se trouve soit devant un chiffre plus haut, soit devant des montées et 
des descentes alternatives (voir la carte graphique B), 

Ce dernier fait devient des plus évidents quand on considère la 

< Annexet I. 






^ 



.'*' 



348 vil* CONGRÈS INTERNATIONAL 

situation dans quelques communes. Par là on peut voir aussi que — 
du moins avec le nombre des détails d*à présent» — la consommation 
n*est que dans un rapport causal très éloigné avec ce nombre. Nous 
remarquons en effet que dans toutes ces communes, la quantité con- 
sommée varie, indépendamment du nombre des détails, rour ne citer 
que quelques exemples : dans des communes où Ton trouve une licence 
sur 80 habitants, nous trouvons une consomifiation de 6*9 L. à 2i /«., 
dans celles où il y en a une sur environ 130 habitants, une consom* 
mation de 8.5 L. k 18.8 L., dans celles où il y en a une sur 230 habi- 
tants, une consommation de iO.4 ii 16. i L. même. 

En outre on remarque dans nombre de provinces et de communes 
qu*avcc une diminution du nombre de cabarets, Tusage de la boisson 
forte reste stationnaire ou même va en montant. 

Quelques exemples : dans le Brabaux du Nord, il y avait en 1882 
1 détail sur 89 habitants, en 1896 1 sur 132 habitants ; la quantité 
consommée montait de 6.15, L, a 7.22 L. En Zélande, il y avait en 
1882 1 détail sur 117 habitants; en 1896 1 sur 181, la quantité con- 
sommée ne baissa que de 5.9 L, i 5.8 L. 

En Overysel il y avait en 1882 1 détail sur 155 habitants, en 1896 
1 sur 209; la quantité consommée monta de 8.75 à 9.68 L. ! 

Un parallèle entre une dizaine de communes prises dans diflerentes 
parties du pays, se trouve parmi les annexes. Ces exemples, on pour* 
rait les augmenter ii volonté en les recueillant dans toutes les parties 
du pays. Comme les circonstances toutes particulières pouvant mo- 
difier les chiffres ne se présentent pas partout, il est de la dernière 
évidence que la loi dans sa forme actuelle, n*est rien moins qu'une 
arme suffisante dans la lutte. 

Cette insuiïisance tient ii plusieurs causes, les voici : 1* La loi 
maintenait un trop grand nombre de détails. Qu'il y ait 1 cabaret 
sur 20 ou sur 30 familles, sur 30 ou sur 40 familles, cela fait peu. Le 
nombre reste toujours trop élevé. 2® Les cabarets les mieux acha- 
landés et les mieux situés subsistèrent, de sorte que la suppression 
des autres ne fut guère sentie par les buveurs. 3* On en vient trop 
facilement a frauder, n'encourant que des peines légères. 

Les débits de vin et de bière ne sont pas sujets à un contrôle 
sérieux. La vente clandestine des boissons fortes qui se fait commu- 
nément dans ces établissements est difficile il constater; le juge ne 
considère pas ce délit comme grave et punit par une légère amende 
payée ordinairement parla caisse commune des détaillants. 

A Rotterdam, il y a 963 détails avec licence, la police sait ^ 500 
fraudeurs contre lesquels elle est impuissante. A Amsterdam, il y a 
t 1,500 débits avec licence et probablement un millier de frau- 
deurs. On ne peut donc pas dire comme le faisait M. Borgesius au 
quatrième congrès international à la Haye, que la loi ait (ait dispa- 
raître 10,000 cabarets. 

C*est pourquoi les efforts de ceux qui croient il une influence salu- 






CONTRE L*A0U8 DBB BOISSONS ALCOOLIQUES 349 

taire de mesures légales, — il Y a malheureusement aussi des com- 
battants contre Talcool qui estiment que TEtat n*a pas de tsiche h 
remplir dans cette lutte et qui attendent tout de moyens persuasifs 
seuls, tendent en premier lieu h mettre sous la garde de la toi toutes 
les maisons où l*on vend des boissons, à faciliter par là la surveil- 
lance et h pouvoir en même temps appliquer des punitions plus 
sévères. Une fois ce but atteint, le nombre des cabarets doit forcé- 
ment diminuer plus sensiblement, ce qui, nous Tavouons^ en 1882 
pour plusieurs raisons, eût été impossible, de sorte qu'il iaut être 
reconnaissant que le législateur fixât alors un maximum inférieur de 
beaucoup au nombre des détails existants. 

Pour revenir aux chiflTres, la carte graphique B désigne à gauche le 
nombre des cabarets sur 1,000 habitants dans chaque province, de 
1882-1896 et h droite la consommation par tète en litres d'alcool 
de 50 •/•• 

On voit que cette dernière consommation ne correspond nullement 
au décroissement des détails, puisque les provinces où il y a un 
grand nombre de cabarets, montrent un usage moindre que celles où 
ce nombre est sensiblement plus bas. 

Une des causes qui ont nui à TefTet de la loi tient à Tarticle qui 
dit que dans certains cas une licence particulière peut être accordée 
même quand le nombre des détails avea licence dépasse de loin le 
maximum légal. 

Contrairement ii Tesprit de la loi, cet article a été appliqué si fré- 

Îiuemment qu*on compte par centaines le nombre de ces licences 
avorisées et que les mdlifs les plus niais et les plus banals servent ii 
justifier les demandes. 

Par suite de cette application de la loi, on a vu bien souvent s'éta- 
blir aux endroits les plus fréquentés des cafés aux salles spacieuses 
et h rinstallation magnifique qui ont, bien plus que maints autres 
cabarets, alléché les passants. Pourtant, ce que je viens de dire n*a 
aucunement pour but de démontrer que notre loi sur les boissons 
alcooliques ait si complètement échoué dans ses eiTets, qu'elle doit 
disparaître au plus tôt et que les autres pays ne puissent en retirer 
quelque profit. Non, tout en reconnaissant Tinsulfisance des résultats 
obtenus, tout en vous démontrant que, bien que Tusage de Talcool 
ait diminué en .Hollande (contre la bière et le vin, je vous le rappelle, 
la loi n*a cru devoir rien faire Jusqu'ici) et que cet usage avec quelques 
oscillations ait diminué de 9.46 en 1882 a 8.66 en 1^6, on n'est pas 
en droit de dire comme Ton fait et font quelques partisans fervents 
de la loi, qu'il y ait un rapport causal entre l'aDaissement du nombre 
des cabarets d'un côté et celui de la consommation de l'autre. Puis 
j'ai voulu faire voir que l'autorité doit prendre des mesures beaucoup 
plus efficaces et surtout veiller a l'exécution de ses mesures. 

Dans les pays où une telle loi n'existe pas encore, on peut voir 
quels écueils il faudra éviter et surtout 'qu'on n'aille pas croire en se 



350 vil" CONGRES INTERNATIONAL 

fondant sur des données oflicielles que U loi ait été un moyen eflicace 
dans la lutte contre Tabus des boissons alcooliqueSy comme l'on a dit 
en 189«{ h la Haye; elle n*a été qu'une première aémarche fort modeste. 
Il ne faut la suivre qu'avec précaution et après mùr examen. Enfin 
Texpérience acquise en Hollande peut apprendre que même une loi 
excellente en soi, est infructueuse si elle n'est appuyée sur les sym» 
pathies et les convictions de la meilleure partie de la nation. Avant 
tout, il faut que partout on soit pénétré de ce fait indéniable que 
l'alcool est un des pires fléaux de la société moderne et qu'à côté de 
cette science naisse la ferme volonté de le combattre par ses propres 
eflbrts. 

Conclusions : 

■ 

1^ La loi contre l'abus des boissons fortes en Hollande tend ii res« 
treindre le nombre des débits, a interdire la vente des boissons en 
dehors des habitations et dans les maisons de personnes déterminées, 
ainsi qu*ii punir Tivrognerie sur la voie publique. 

2** Le législateur posait en fait que l'abus des boissons fortes était 
dû en grande partie au grand nombre d'occasions de s'enivrer. 

«3^ Pour vendre de la boisson dans des quantités de moins de deux 
litres, il faut Tautorisation du collège échevinal. Le nombre de ces 
autorisations, sauf des cas extraorcunairesy ne doit pas excéder un 
certain maximum fixé par la susdite loi. 

4^ La période de 20 ans pendant laquelle on peut attendre le 
maximum, a beaucoup aiTaibli l'effet de la loi. 

5^ En outre, le maximum est trop élevé pour qu'on puisse attendre 
quelque résultat direct de cette restriction, d autant plus que les 
moyens d'empêcher la fraude sont d'une part très insuffisants et 
d*autre part, ont été appliqués trop mollement jusqu'à présent. 

6"* Bien que le nombre de débits soit censé être inférieur de 
18,000 à celui d*avant la loi (plus de 24,000 contre plus de 42,000) ; 
que depuis cette loi ce nombre ait encore diminué, de sorte qu'à 
présent il n'y a qu'un débit sur 200 habitants contre 1 sur 129 en 
1882, la consommation n'a diminué de 8 1/2 */«. 

7*" Cette diminution peut avoir des causes hors de la loi. En effet, 
on peut démontrer par des chiffres qu'en Hollande le décroissement 
(ou raccroisscnient) du nombre des cabarets n'amène pas nécessaire- 
ment le décruisscment (ou Taccroissement) de la consommation. 

8"* Pour qu*une loi quelconque obtienne des résultats, il faut non 
seulement qu'elle sévisse plus sérieusement contre les débits d'alcool, 
mais encore qu'elle prenne des mesures contre les débits* de vin et 
les brasseries. Cependant oh ne saurait instituer une telle loi, du 



CONTHB L*ABU8 DBS boissons ALCOOLIQUBS 351 

moins on ne saurait la mettre en vigueur qu*à condition d'avoir avec 
soi les sympathies et les convictions de la meilleure partie de la nation. 

9^ Avant qu'aucun acte définitif émane du pouvoir législatif, il faut 
que le public se rende compte de ce fait que Talcool est un des plus 
grands fléaux de la société moderne ; et que partout naisse la ferme 
volonté de combattre le mal par ses propres eiTorts. 



DISCUSSION 

* 

M. le Baron Mollerus de AVestkerke. 

Messieurs, 

M. van der Meulen vient de déposer aju bui*eau plusieurs tableaux sta- 
tistiques à Tappui de son rapport conceifnant la loi sur Tivresse publique 
des Pays-Bas tendant à démontrer que les résultats ne prouvent pas 
l'utilité de cette loi. L'assemblée comprendra que Je ne puis entamer la 
discussion au sujet de ces chiffres qui viennent d*ètre produits il y a 
quelques instants. Mais si j'ai bien entendu il me semble que quelques- 
uns de ces chiffres ne concordent pas avec ceux que je vais citer et qui 
soBt empruntés à un rapport de la société de propagande : « La Ligue 
du Peuple», qui parut en juin dans le journal mensuel rj?co/iomû{^e. 
C'est un fait certain que depuis la promulgation de la loi le nombre des 
débits de boissons fortes qui était d'environ 33.000 en 1881, a rétrogradé 
iusqu*ici à 24,500. Quand on pense au proverbe qui dit : « l'orcasion fait 
le laiTon s> ce résultat n*est déjà pas & négliger. Kous avons maintenant 
un débit de boissons fortes pour 200 âmes, tandis qu'en 1881, il y en avait 
un pour 126 habitants. La consommation de l'alcc ol qui était d'environ 9 
litres en 1881 a diminué depuis d'environ un quart de litre part^te. Si ce 
n'est pas tout ce que nous désirons, il est pourtant, à mon avis, très cer- 
tain que la loi a eu de bons résultats surtout si Ton considère que la 
consommation allait eu augmentant jusqu'en 1881 et que depuis ce temps 
là elle va en diminuant. 

Lorsque M. van der Meuleu dit que la loi est insuffisante, je suis assez 
disposé à partager son opinion. Mais je dois faille observer que ce n'est 
pas tant la loi elle-même qui est insuffisante que l'application de la loi, et 
pour mieux dire, la loi n'est pas encore appliquée dans toute sa rigueur. 
Lorsque le Ministi'evonModderman a pi-ésentéle projet de loi aux Etats 
Généraux, il était auti'ement sévère qu'après les changements que la 
Chambre des Députés y a apportés. Le Ministi*e voulait réduire de suite 
le nombi*e des débits, mais la Chambi*e en décida autrement, et tandis 
que l'article 3 de la loi dit expressément que le nombi*e des débits de bois- 
sons fortes n'excèdei'a pas le nombre prescrit jmr la loi, l'article statue 
que ceux qui paient annuellement leur licence ont droit à sou renouvel- 
lement. Il y a là une anomalie qu'on n'a pas remarquée de suite. On a 
remis jusqu'en 1901, de réduire le nombre des débits, et maintenant que 
ce terme approche ceux qui ont les licences s'appuient sur ce dernier 



^ 






352 VII* CONUfIBS INTERNATIONAL 

ni'ticlc pour 1)101611111*6 garder, en payant, leur licence Jusqu'à leur mort. 
Il est certain (|ue si leur opinion prévaut, la loi ne pourra être appliquée 
de longtemps intégralement. Heureusement le Ministre de Tlntérieur, 
M. Gœman Borgerius a promis aux Chambres une révision de la loi, 
et ceux qui connaissent son zèle pour la cause antialcoolique ont tout 
lieu de bien augui*er de ses intentions. 

M. van der Meulen a aussi parlé des débits clandestins et il faut avouer 
que leur nombre augmente d*année en année. Mais, aussi sous ce rap- 
port, ce n*est pas la loi elle-même qui est en défaut. Elle punit d*une 
amende de 200 francs et d'un emprisonnement de 3 semaines au maxi* 
mum, ceux qui vendent des boissons fortes sans licence. Ce serait très 
bien si Ton appliquait ces peines. Mais chez nous les juges ont le droit de 
réduire les peines Jusqu'à un franc d^amendeou un emprisonnement d'un 
jour. Et c'est ici le cas de rappeler ce ^ui a été dit, il y a deux ans, au 
Congrès de Bruxelles, que quand il s'agit d'antialcoolisme on trouve plus 
d'indiflérence que d'hostilité déclarée. En général, les Juges n'appliquent 
qu'une peine très légèi'e pour réprimer les contraventions dont il est ques- 
tion. Rarement l'amende dépasse 25 flrancs et plus rarement encore on 
applique la peine de l'emprisonnement. Il va sans dire qu'une pareille 
peine pour un délit si fructueux pour ceux qui le commettent, n'a aucune 
importance et ceux qui ont été punis recommencent de plus belle. 

Il y a longtemps, j'ai adressé un rapport à ce sujet au Ministre de la 
Justice et lui ai signalé les mauvais effets d'une pareille Juridiction. 
Celui-ci me répondit qu'il me remerciait pour mes communications, mais 
qu'il ne pouvait influer sur les Juges. Je me permis alors de iaire obser- 
ver à Son Excellence que Je savais cela aussi bien qu*elle, mais qu'à mon 
avis, le Gouvernement devait (hoisir comme juges noii seulement les 
hommes les plus capables et instruits, mais aussi les plus aptes à remplir 
leur fonction, et que si les nominations prouvaient qucf le Gouvernement 
ne trouvait i>as les plus aptes ceux qui appliquaient la loi, comme ]6 viens 
de le dire, très certainement cela ferait un bon effet. 

M. van der Meulen attend tout ou presque tout de l'initiative privée. 
Quant à moi, Je pense que cette initiative et l'action gouvernementale 
doivent avoir l'une sur l'autre une action réciproque, et tout en cix>yant 
fermement que la loi actuelle a porté de bons fruits, que l'effet moral 
de la loi a été grand, que 1 ivi*esse publique a beaucoup diminué. J'ose 
pourtant vous dire, Mesdames et Messieurs, continuons à combattre le 
bon combat, luttons chacun dans la sphère où Dieu l'a placé, luttons par 
l'enseignement, par la parole, par 1 exemple, et si même, tout ne va 
pas assez vite au gré de nos désirs, disons-nous que demain sera mieux 
qu'auJoui*d'hui, que ceux qui viendront après nous verront les Aniits 
de nos efforts et que l'heure viendra où les peuples, délivrés du Joug 

de l'alcoolisme, Jouiront à l'ombre du drapeau de la tempéi*ance 
de paix et de prospérité. 

M. le D'' Raymond, professeur agrégé à la Faculté de Montpellier. 

La communication de M. Van der Meulen qui est de même ordre que 

la lettre ouverte au Journal des Débats de M. Êaûderlier, tend & montrer 

que l'intervention de l'Etat dans la lutte contre l'alcool est sans action. 

• J'estime, au contraire, que les efforts de l'initiative privée n'ont qu'une 

valeur discutable s'ils ne sont appuyés par les pouvoirs publics. Depuis 



•v 



CONTRE L*ABU8 DBS BOISSONS ALCOOLIQUES 353 

dix ans, j*ai cherché i lutter contre l'alcoolisme : j*ai fait des confé- 
rences et Je n'^ ai eu comme auditeurs que des personnes bien convain- 
cues des méfaits de Talcool, car il est à remarquer qu*il en est des cqu- 
férences comme des congrès antialcooliques : n*y viennent que ceux 
qui n*en ont pas besoin. 

J'ai publié différents travaux et ils n*ont servi qu*à moi-même en me 
valant des distinctions flatteuses : j*Ai donné à Thôpital de nombi*eux 
conseils aux nombi*eux alcooliques que j*y ai soignés et j*ai constaté à 
regret que ces conseils n'étaient pas suivis : je fais partie des sociétés 
antialcooliques et je vois que malgré la peine qu*elles se donnent l'al- 
coolisme augmente : la constatation est facile dans notre entourage 
même. 

Je pouirais me reprocher d'avoir été inhabile et de n'avoir pas su 
convaincre, mais en envisageant les progrès de l'alcoolisme en France, 
Je suis bien obligé de i*econnaltre que mes collègues n'ont pas été plus 
heureux que moi. Je conclus donc que le bien que peut faire l'initiative 
privée est moindre qu'on ne se l'imagine. Nos efforts ne peuvent, à mon 
avis, être couronnés de succès que si nous avons une base sur laquelle 
nous puissions nous appuyer, que si, en d'autres termes, l'Etat inter- 
vient dans la lutte. 

Que l'on réclame le monopole de fabrication, de vente ou de rectifi- 
cation, la diminution des débits, l'augmentation des licences, une sur- 
taxe non seulement sur l'alcool mais encore sur le produit manufacturé, 
toutes mesures qui peuvent être excellentes, pourvu qu'elles ne soient 
pas piises isolément, et que Je me garde d'ailleurs de discuter, recon- 
naissant en cela mon incompétence ; que la consommation de l'alcool soit 
grevée de droits tels qu'elle devienne en quelque sorte prohibitive ; peu 
importe le moyen, pourvu qu'il y ait i*estriction dans cette consomma- 
tion. Ce aue Je veux mettre en relief, c*est que l'initiative privée n'ob- 
tiendi*a de résultat sérieux que lorsqu'elle n'opérera plus seule. Des 
centaines de conférences ne l'emporteront pas sur deux cabarets ouverts 
à côté du conférencier : telle est ma conviction basée sur l'expé- 
rience des choses. Je suis pourtant le premier & recommander l'action 
de celte initiative privée, n'eût-elle pour effet que de préparer l'opinion 
à rintervention pu!>lique dont Je parle. Mais ce que Je ne saui*ais admet- 
tre, c'est que la loi soit tenue pour inefflcace et si en Hollande, elle n'a 
pas donné de bons l'ésultats— comme le constatent MM. Cauderlier et 
Van der Meulen, c'est qu'elle n'est pas appliquée, ainsi que le reconnaît 
ce dernier collègue. — Il en est de cette loi comme de notre loi française 
sur l'ivresse publique. Elle ne donne rien, mais il n'en résulte pas qu'elle 
ne soit pas bonne. 

J*estime donc avec M. MoUerus que si l'on veut gagner la partie, nos 
efforts et ceux de l'Etat doivent avoir une marche parallèle. 

M. Rappolovirich déclare qu'on devrait s'efforcer de rendre les lois 
applicables et ensuite de les appliquer intégralement. 

M. le Président. — La parole est donnée à M. Oraham-Barton pour 
son rapport sur « la campagne en Angleterre pour la fermeture des 
cabarets le dimanche. » 



354 VII* CONGRBf INTERNATIONAL 

The Spécial u Sunday Closing Campaign » in England 

BY RBV. A. GRAHAM-BARTON. 
(National United Tempérance Council) of Grook-Durham, England. 



INTRODUCTION 

M. Président, I am glad to hâve the opportunity of speakîng before 
tliis mo8t représentative Congress upon this great question. The drink- 
îng habits oi' Society in England hâve undergone a révolution during 
the later hairofthe current century. 

Time was when it was considered to be the height of fashion to get 
helplessly drunk, and the common phrase applied to a man the worse 
for drink was that he was as drunk as a lord. Time was when to be 
a teetotalcr was to be a ranatic and a fool. But now itis considered 
in the most sélect circles a disgrâce to be drunk, and a compliment 
to be an abstatncr. 

Archbishop Boniface one thousand years ago declared Drunkenness 
to be the spécial sin of our nation, and one of France*8 most eminent 
ecclesiastics applied the same remark to his own land. 

At a dinner at which Cardinal Polignac, and an Englishman named 
D** William Kin^, were présent, 150 years ago, the Doctor drank 
only watef, and informed the guests that he never drank any other 
liquor. 

Thereupon the Cardinal said: « Whilst I was ambassador at Rome, 
and since my return to France, I hâve entertalned more than five 
hundred Englishmen, and you are the only water-drinker I hâve 
found in the whole number. » 

To day how changed the situation ! 

It would be scarcely possible to hold a public banquet in our 
country without witnessing numbers who took no alcoholics. 

It is calculated that every seventh person you meet in the street is 
an abstainer. * 

Under such advanced public conditions it has become a matter of 
practical polit ics, the considération of prohibiting the sale of intoxi* 
cating drinks for one day at least, in seven. 

It is as well at the outset to make known that Sunday closing is 
practically the law-witb the exception of the Homeland-of the British 
empire. Wherever the union Jack waved, there,on a Sunday, no strong 
drink can be bought. 

It is also practically the law of America. 

Scotland has had Sunday closing for 44 years, Ireland for 20 years, 
and Wales for 17 years. 

Ireland nlonc possesses exempted towns which are not under the 
opération of total closing. 



CONTRB l.*ABV8 0B8 BOISSONS ALCOOLIQUES 355 

In Norway, I am informed, that the Public Houses close ai 5 o*clock 
on Saturday afternoon» and do not re-open until 8 o'clock on Monday 
inorning. 

In our Canadian colony they are closed from seven on Saturday 
night until seven on Sunday night. In the city of Toronto they do not 
open until eight on monday morning» 

Section i**. — Sunday Closing and Public Worship. 

I think that it will be conceded by the Congress that the constitu- 
tion of Christian society is such that it would seem a sine (juo non to 
its healthy maintenance that it should hâve a day ofworship. Voltaire 
once said that if there hadbeen no God we should hâve had to invent 
one to account for the First cause of things, and as a finality to 
thought. And I am of opinion that if no eternal fiât, or. moral law, 
had instituted the Sabbath we would, in thecourse ofhuman develop- 
ment, hâve ordered one in order that we might more fully fulfil 
those functions of life which belong to us as spiritual and physical 
beings: We ought to live the best of lives, and give glory to Ilim 
who is our maker, and who will be hereafter our Rewarder and 
Judge. 

A State Sabbath is no abnégation of liberty but rather an escape 
from the slavery of pure secularism. 

Hallam asserts that « Popular freedom is always allied with révé- 
rence for the Sabbath. » 

The student of Public morals mast admit that the Sunday closing 
of Public Ilouses is a demand in every way consistent with the rights 
of Christian citizenship. 

In a nation, like England, where the people are professedly Chris- 
tian, and where the laws upon the statute-book are based mainly 
upon the precepts of Holy Writ, it is only just that the method of 
Public order shall be in accord with the principles which lie at the 
root of a ruling righteousness grounded upon the. national faith. 

In laying down this position, I désire to recognise religion merely 
as the belief of the population, and independently of its ollicial con- 
nection, or otherwise, with the State. The Christian sabbath being the 
birthright of cvery Englishman, he has a right to ask the authorities 
to protect that day from any movement whicn makes for the séculari- 
sation, and conseauent desecration, of its holy hours. 

If therc be a minority in the nation who, in ail good conscience, 
seek to ignore this Sabbath as a réservation in which they find no 
value, either to body or soûl, then it becomes such secularists, if they 
would be true citizens, to do nothing on that day that would injure 
tlic interests of the maioritv of their feilows, or that would prove to be 
a drawback to the national life as a whole. 






356 VIl^ CONGRES INTERNATIONAL 

Now the opening of Public Ilouses on the Lord'a Day not only pre* 
vents many tnousands from exercising their religîous émotions, but, 
by placing on the thoroughfares which lead to the Churches intoxi- 
cated passengers and chronic drunkards, interfères injuriously with 
the plety ofthe people. 

The cursing and riot which follows the wine-cup ought not to be 
einptied into the streets upon a day sacred with spiritual associations 
to the bulk ofthe people. 

The laws which regulate labour require that the working nian 
shall work six days in tne week to earn his daily bread, and hence he 
is debarred during the rest of his time from attending morning and 
evening worship. 

His rcligious nature needs nourishment and spiritual stimuli, and 
for the State to set apart'a fixed period for the provision of thèse 
necessities is only to respond to the rights of the human heart and 
the daims of the immortal soûl. 

That there should be over three hundred thousand employés 
employed on Seven days, without opportunities to spend one aay in 
religious worship, is a disgrâce to the drinking eustoms of a coun- 
try which boasts of being the most Christian ol ail the nations in the 
world. 



Section 2"**. — Snnday Closing in oltier' Public Business, 

Whilst we are so lenient to the Public House we, in our laws, are 
singularly severe in certain directions to business and pleasure. 

By an Âct passed in 1878, no woman or person under 18 years of 
âge is allowed to be employed on Sunday in a factory or workshop. 

No person keepine a public bllliard table is allowed to permit any 

r^ersoh to play at sucTi a table on any part of Sunday, and every house 
icenced for billiards, and every billiard-room in any public-house 
must be closed on Sunday subject to a penalty of L 10. 

In the law-courts no writ, or process, is to be served, or executed, 
on Sunday except in oiTences inaictable. 

No meeting of any vestry, corporation, or company, for secular 
business is légal on Sunday, and anything done is null and void. 

Why shoula the Publican hâve the monoply of men's pockets for a 
single day? 

Ail through the week days articles may be purchased, and the shop 
kceper, no matter what he has for sale, has the common chance of a 
share of the pcople*s purse. 

But when Sunday arrives ail Shopkeepers are informed that the 
law ofthe land directs that their shops must be closed. 

The Publican, however, is told that if he gets a seven days licence 
— which most of them do — he can open on Sundays, aitd thuscom« 



CONTRE l'abus OBS BOISSONS ALCOOLIQUES 357 

mand the capital, retained in the public possession, for gênerai 
purchases. 

Is this fair to other tradesmen? If not, then two courses arc Icft 
open to us : we must either repeal the Sunday observance Act oi King 
Charles the Second, and open ail places oi* business, or pass a Sunday- 
closing Bill and close the whole lot. 

Section 3^ . — Sunday Closing and Labour. 

The cry for less labour and more leisure is very prévalent in 
England just now. 

The working men are agitating for shortcr hours. I will not disouss 
the inerits of the situation. When you find, howcver, thèse very nicn 
discussing an eight hours bill over a pint ofbeer supplied by a barmuid 
who is working 90 hours per week, or nearly 16 hours per day, the 
irony of the connection is apparent. 

There arc barmaids in London who only get one Sunday 's rcstin 
three weeks, and I know of one, atleast, in Newcastle, wh.> has not 
had a Sunday to herself for three years. 

I think that a holy crusade should be started to emancipatc thèse 
300,000 barmaids and barmen from this slavery. 

They are being butchered to make an English holiday. 

The Labour leaders in Parliament are strenuously opposed to 
Sunday labour in Public Houses.Men like M' John Burns, M*" Charles 
Fenwick, M' Sam Woods, M' Joseph Burt, and M*" John Wilson, — 
ail labour représentatives — hâve declared again and again that Sunday 
closing wouid be a boon to the working classes. 

At a great conférence held a few years ago at Berlin around the 
table of which sat the delegates of manual toil from ail parts of the 
continent it was resolved that it is advisible to establish a six days 
working week, and a days rest in seven for ail men. 

M*" Sam Woods, one ofthe afore mentioned Labour leaders, in the 
Ilouse o( Commons, said « I think keeping the public houses in 
England open on Sundays, a disgrâce to our civilization. They ought 
to be closed in order to remove a dangerous and demoralizing tenip« 
tation from our midst ». 



Section 4*. — Sunday Closing and the Children. 

The thousands of very young children who are sent by their parents 
for liquor to the public house bar on the Lord*s day is simply appalling. 

Many of thèse children are contaminated by the foui language they 
hear from the mouths of the bar frequenters, and many more by 
tasting and sipping from jug, or can, or bottle, on their way back, 

T. u « 



■ ••V-'"tf'- .Vif,- ■;'•'• •• ' • • ' » . • 

• ' * ■> <'•• • * , 



358 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

create a liking for Hquor and become as they grow up confirmed 
drunkards. 

I could give you the statistics of several towns but I will only 
mention two by way of spécimens : Ai Preston, 4 public hoases were 
watchedy and children auestioned who entered them, durinfir the 
midday opening. In that short time (thatis between 12-25 and 2-40) no 
less than 507 children entered and left with quantities of Hquor. 

And when I add that the agesofthose children were between 3 and 
13, : and that 150 of thèse tempted innocents were under 5 vears 
old, you will agrée with me that it is sufficient to bring the blush 
ofshame to every true Englishman's cheek. 

In Manchester, on one Sunday alone, no less than 22,232 children 
entered the public houses for the purchasé of drink. 

The action of the County Councils, and Benches of Magistrates, in 
urging upon publicans to desist, under threat of loss of licence, to 
seil drink to children under thirteen years of âge is commendable in 
its way. But until such a threat is embodiéa in a concrète act of 
Parliament we may expect no permanent improvement. Such a law, 
it is anticipated wiU snortly pass thrbugh Parliament. 

Section 5"^. — Sunday Closing and the Death Raie, 

It is a well known fact that alcoholic drinkers do not live so long as 
abstainers. 

Tempérance Departments in Insurance Agencies bave shown that 
the death-rate in the case of alcoholic drinkers is nearly thirty percent 
higher than in the case of the non-drinker. 

The Publican and the Brewer head easily the death rate. We are 
convinced that the want of a Sunday*s Rest bas much to do with it. 
The oflicial Death Rates in ourblue books reveal the fact that publi- 
cans die seven times as fast as maies in other occupations. Take the 
grocer and the publican, and we find that whereas in the case of gro- 
cers, in a given period, there' are 3,146 deaths in that of publicans 
during the same time 7,725 deaths bave taken place. 

Section 6^, — Cliief objectione anêwered. 

1** It infringes upon the Liberty of the citizen by compulsorily clo* 
sing bis présent facilities for getting intoxicating drinks. 

We answer thîs by laying down the principle that dwellers in 
Society must renounce their hberty in matters of minor importance 
so that they may enjoy that Hberty in affairs of major concern. 

2*^. It will lead to the working man taking drink home on the 
Saturday night, and drinking in tne présence of bis wife and chiU 



I .-'i>'^** A.»'<^'X*V.- 



CONTRE L*ABUft DBS BOI880N8 ALCOOLIQUES 359 

dren. Let the Ri. Hon. M^ Trevelyan answer this: « In his own house 
a man was surrounded by wholèsome influences which prevented 
him from going wrong; but in a public house he was served as long 
as he had money, or people to treat him^ people who were likely to 
tead him onward in the downward tract. » 

S'^ If you close the Public Houses by law, shebéening will succeed 
instead. 

And if it does, I reply, what about it ? 

Is that objection a just ground for Sunday opcning ? Shall we, if 
wrong doing must needs go on, ffive it légal sanction? or shall we render 
it illégal by removinff it from the statute-book ? 

Surely the principie in practice is bad, which, whilst admitting an 
action to be bad, déclines to order its abolition by statute, lest it still 
be carried out even when the law of the land condemns it. 

Besides, ourcommon sensé shows us that a process which is carried 
out under légal sanctions, is much more easy than when hampercd by 
légal restrictions. 

As shebeens are not patronised by the gênerai public, but only the 
lowest classes, the objection falls to the ground. 

I appeal to ail men who value the application of religious teaching 
to the life of a nation, to assist in setting aside the Sunday for that 
purpose. 

With this day at your command you are able to get through at least 
five sixths of your ministerial and mission work. 

Without this day how would religion flourish ? Such a calamity 
would be too appalling to contemplate. 

By making it an ordinary day of labour you would shut up 60,000 
places of worship in England, and as many more in America. 120,000 
preachers would be silenced and 20 million children in thèse two 
nations would hâve to pass from the Sunday school on to the streets. 

• 

Section T^ . — The Preêent Poêition of Sunday Closing, 

The great Question which the Tempérance Party in England bas to 
answer, in view of future and immédiate législation, is upon what 
measure of Tempérance Reform can the whole body agrée ? That 
agreementitwasheld must notcarry with itany sacrifice of principie, 
or any surrender of opinions aSecting other questions of reform. 

The Total Prohibitionist must be lelt at liberty, outside this spécial 
movement, to advocate his thesis, and the moderationist, must not be 
attacked, within the area of association. 

It bas been found that there is only one measure which bas 
succeeded in uniting the varions . forces which aim at sobriety in 
Society, and that is the measure which seeks to close the Houses for 
the sale of intoxicating liquors on the Sunday. 






360 VII* CONf.RBS INTERNATIONAL 



The Inaugural Campaign Convention, 

In the furtherance of this reform the politicians and the churches 
hâve closed their ranks. 

Established Churchmen, and Free Churchmen Tory, Radical, and 
Libéral unionist, are to be found standing side by side upon the 
platrorms of our conférences as common advocates on behalf of 
Sunday Closing. 

At a séries of great démonstrations held in London on the first 
week in October, 1897, itwas decided by the enthusiastic and unani* 
mous décision of the leaders of the Tempérance movement that we 
must concentrate our greatest efforts upon securing Sunday Closing 
for the United Kingdom. 

The chief Resolution was moved by no less an eoclesiastic than the 
Primate of the Anglican Church, Archbishop Temple. 

It was seconded by one of the most eminent nonconformists in 
London, the Rev. F. B. Meyer, and supported by M' A« F. Hills, 
(Président of the National United Tempérance Council) M' J. Malins 
(Grand Chief Templar) Lady Elisabeth Biddulph, andother prominent 
personages. 

The Resolution adopted, and re-a(Hrmed at other gatherings, hun* 
dreds of times since that national Convention was heid, was as 
follows : — 

a This conférence views with satisfaction the great blessings that 
hâve açcrued to Scotland, Ireland, and Wales, from the enactment of 
Acts of Parliament closing licenced premises upon the Lord's Day ; 
and hereby aflirms the principle of Impérial Sunday Closing for the 
whole of the United Kingdom. >» 



The Central Sunday Closing Association , 

This Association had its origin in Manchester in the year 1866. 

At a great Conférence held in that city consisting of représentatives 
of religion and Tempérance, itwas decided that a distinct Association 
be formed to secure this boon to thé country. 

For nearly thirty years this body of workers hâve braved ail oppo- 
sition and donc their best to educate the électorale upon the question 
of the hour. That they hâve largely succeeded is clear from the popu- 
larity of the movement, and the prospects of final success. Much 
crédit is due to the gênerai Secretary, W Woodford*Causer, and his 
band of workers for their persistent efforts to bring about this much 
needed reform. 



COKTKB L*ABUft PBft BOI680XS ALCOOLIQURS .'ttil 

Section (f^ . — The Spécial Campaign mo9ement. 

WhiUt we would not hesiute to render full récognition to the 
ciTorts of the Central Association» il must be conceded ihat, but for 
the formation of the national Sunday Closing Committee, and the 
munificient financial help given by M' A. F. llilU, to the cause, we 
would not be able to reioice in the magnitude of the movement, nor 
in the national position it no%v holds, nor in the larger considération 
of our demand by her Majcsty*s Government. 

The resuit of tnis spécial eampaigp bas been to place in the very 
foremost position in proposed Tempérance législation, a measure for 
closing the public bouses on Sundays. 

The Campaign CommiUee. 

This National Committee has lor its object the securing of Sunday 
Closing during the présent Parliament. 

Its officiers are aU men who are heart and soûl devoted to the 
cause. 

The Président is the Most Rev. the Lord Archbishop of Canterburv. 
The vice«President, the Free Church Leader, R. W. Perks» M. r. 
and the Chairman and Treasurer, is M^ A. F. Ilills. D. L. who is, in 
fact, the leading spirit in the whole campaign. 

Then the General Secretaries are M' Charles Pinhorn, (secretary oi 
the United Tempérance Council, which has provided the most of the 
machinery, men, and money for the wora) M' Woodford*Causer, 
(secretary of the Central Association) and M' A. F. Ilarvey of the 
Church of England Tempérance Society. 

The Sunday Closing Plaiform. 

Our Sunday Closing Platform is the broadest tempérance rostrum 
in the country to day. The most popular preachers, the most famous 
moral reformers, and the cleverest women we bave, are to be sern and 
heard there. Well known State«Churchmen appear,like the Archbishop 
of Canterbury, and Dean Farrar. Eminent Free-Churchmen speak, like 
Doctor Cliflord and Huffh Prtce Hughes. 

Not only the highest oignatories in the Establisbed Church. but the 
élite of the Nonconformist Churches are on our side. The Président» 
of each great religious body, the most of our Clergy and ministcrs, 
and nearly ail our collège students are favourable to législation on 
behalf of this measure of reform. 

In a sentence. The religious conscience of England is entirely 
with the movement. 



■■r '.■; ; "<>y33^^!f5Ç?^>^ '^v. '■'..; .■•■-:• rvr/^:- ?J 



362 vu* conghIs inthrhational 

• 

In addition to the Churches we hâve the support of ail the leading 
Tempérance Societies throughout the country. 

If Ihad io name the principal Tempérance organisations in England, 
I would mention the following societies : National United Tempérance 
Council ; National Tempérance Council ; National Tempérance League, 
United Kingdom Alliance, Independent Order of Good Templars ; 
British Tempérance League ; United Kingdom Band of Hope Union ; 
SundayClosing Association; British Women's Tempérance Association ; 
and the Women's Total Abstinence Union. Now although each of 
thèse great societies has its spécial department of tempérance work 
to carry ont, yet, they ail hâve appointed Représentatives to siton the 
Sunday Closing Campaign Committee. 

Thid mode of Campaign. 

When it was decided to gauge the public opinion il was a matter for 
the considération of the Committee as to how this should be as- 
certained. It was finally determined that a postal plébiscite should be 
taken, at the close of the campaign meetings, in each town. This has 
been donc at Darlington, Plymouth, and other towns resulting in 
majorities for Sunday Closing. 

The great expence involved in postage stamps stood in the way, 
but M' Hills with a liberality deserving of the highest praise, offered 
to furnish L 5,000 during the season, provided tnat an equal amount 
were raised from other friends of the movement. The subscriptions 
ffiven after the Campaign, in the town of Darlington realised more 
thah the cost incurred. 

There hâve been held no less than 34 County Conférences and 
Démonstrations during the past twelve months. 

So that as England only contains 40 counties it is évident that 
almost the whole country has been covered. 

In addition to thèse large conférences, there hâve been hundreds of 
public meetings in the lesser towns and villages. 

The Campaign Committee has .made, by their earnest efforts, the 
widest*spread agitation that has ever taken place upon the demand for 
this righteous measure. 

The country, as a wholê, has been awakened from its apathy, the 
members of churches from their indifférence, and the cnances oi 
législation rendered almost certain by virtue ôf the national cry which 
now comes with no uncertain sound. 

The National Cançae. 

Many towns and villages hâve been canvassed with the following 
results : 






CONTRE l'abus OBS BOISSONS ALCOOLIQUES 363 



In favour of total Sunday Closing 

770,000 
Against 111,053 
Neutral 71,716 



Number Canvassed 952,769 



Thus with nearlj a million votes taken, we find that ihe English 
householders are seven to one in favour of our measure. 

No less than 40,000 petitipns, with nearly 7 million signatures hâve 
been presented to the House of Gommons. Thèse pétitions numbered 
amongst them 15 from County Councils, 114 from Town Councils, 
352 from Boards of Guardiaus, 108 from Local Boards and 500 from 
public School-Boards. 



Section 9^ . — The Royal Commission 

Has just closed its sittings and its ofHcial recommendations are 
being awaited with much public interest. 

The évidence submitted both pro. and con. upon this question was 
overwhelminglyin favour of Total Closingas against the existingregime. 

Experienced witnesses from Scotland, Ireland, and Waîes, were 
under critical examination and their testimony tabulated and published. 

What are the gênerai conclusions which may be legitimately arrived 
at with thèse statements before us ? 

First we cannot but note that the mass of évidence supports 
Sunday Closing. 

Secondly, we find that in Scotland, as the resuit of the closing 
Act, crime and unlawfulness on Sunday are diminishing. 

That the Publicans favour the continuance of the status quo. 

Thirdly : we recognise that in the case of Ireland drunkenness has 
decreasea. In one city drunkenness had, since the passing of the Act, 
decreased 63 per cent. 

Fourthly : we note that in Wales, according to the chief public 
authorities, it has proved bénéficiai in bettering public order, and 
that where shebeens hâve sprung up they are oiuy frequented by the 
worst characters in the city. 

Lord Peel, the Président of the Commission, gives it as his opinion, 
that ail public houles in England be closed except for three hours on 
Sundays — one hour in the middle of the day, and two hours in the 
evening, and in both instances the liquor sold to be drunk oflT the 
premises. 



■ - * V 



364 VII* CONGRES INTERNATIONAL 

Section 10*^\ — Sunday Closing in the Houêe of Gommons. 

During thc past session of Parliament four Sunday Closing Bills 
havc l)ecn introduced. 1 The English Sunday Closing Bill for total 
cidsing throughout the day. 

2 The Church of Eiigland Tempérance Society's Bill which gives 
facilities fur opcning under certain condition fora short time to seïl, to 
bc drunk oiTthe preinises. 

l\ Thc Irish Sunday Closing Bill which promised to render the 
Act of 1878 permanent, to include the five exempted towns, to 
incrcasc thc qualifying distance of the bona-fide traveller to six miles, 
and to secure earlier closing on Saturdays. 

4 The Welsh Sunday Closing Amendment Act, to increase to 
distance of the bona fide traveller. None of thèse Bills has yet had a^ 
chance of being discussed in the House. 

CONCLUSION 

We are looking forward with high hopes, to consummation of our 
wishcs, and to the triumph of our cause. 

So satisfied are we that we register the température of the public 
puise, that we fell confident that it will shortly be entcred into the 
statute booksofthe realm. 

We hâve trampled party feeling under our feet in this attempt to 
lift the nation into a nobler and purer life., 

I know that I voice the opinion of the moral reformers of our 
country when I déclare that her future greatness must no longer 
dépend upon vast armaments — whether on sea or land — but rather 
upon thc moral and spiritual forces which permeate the- better life 
ol her people. 

Miss Cherry appuie le discoui*s de M. Barton en disant que les lois 
ne peuvent pas beaucoup sans la conviction personnelle. En Irlande, 
bien qu*il existe une loi pour la fermeture des débits le dimanche, beau- 
coup de débits restent ouverts. La loi n*est pas observée et l'on voit beau- 
coup de gens s'enivrer le dimanche. Il est nécessaire d*avoir des lois 
contre tous les poisons tels que Talcool, mais Tinfluence de la morale 
chrclienno et de Tcxemple individuel sont les seules vraies méthodes 
IH)ur guérir le mal. 

M. le Président. — La parole est A M. Ouichard, pour son rapport 
sur les moyens propres à combattre ValcooUsme. 

Moyens propres à combattre ralooolisme et la posai* 
bilité de leur application en France 

Dans les pays étrancrers soumis généralement a la forme monar- 
chique, la question de la lutte contre l'alcoolisme a été assez simple; 



3 



CONTRE l'abus DES BOISSONS ALCOOLIQUES 365 

a un moment donné le Souverain a pris Tinitiative de décréter ou de 
faire décréter les lois nécessaires et cela a sufli. 

Il n*en est pas de même chez nous où le mécanisme pour mettre en 
mouvement la machine gouvernementale est bien plus compliqué et 
plus lent. 

I^e Chef de TEtat ne peut pas prendre l'initiative des lois, son rôle 
est purement décoratif, il n'est qu'un citoyen comme un autre, il n'a 
ue son action personnelle et son influence personnelle sur le Conseil 
es Ministres qu'il préside. Pouvons-nous compter sur les Ministres 
qui sont les véritables chefs du Gouvernement ? On ne peut guère 
compter que sur leur inertie ; poursuivre l'alcoolisme ferait un trou 
noir dans le budget, ce grand trou leur donne le vertige et au lieu de 
chercher les moyens propres a le combler, au lieu d'examiner si même 
il y aurait un trou ils trouvent plus simple de ne rien faire ; que les 
Chambres s'arrangent! Les Chambres, en effet, pourraient s'arranger^ 
elles ont l'initiative des lois et peuvent agir sur le Gouvernement 
par les divers moyens que la Constitution met en leur pouvoir. 

Les Chambres agiront-elles? Il fut un temps où on pouvait l'espé- 
rer et nous nous souvenons encore de l'impression produite par le 
rapport du Sénateur Claude qui révéla la gravité du péril alcoolique 
en France. 

Où en sommes-nous maintenant? Le Parlement a essayé d*établir le 
monopole de la vente de l'alcool, il a augmenté l'impôt sur ce même 
alcool dans une forte proportion sans toucher aux points principaux : 
c'est-ii-dire au privilège des bouilleurs de crà et à la vente des apé^ 
ritifs. Aussi l'effet a été a peu près nul, on a continué a équilibrer des 
budgets avec de mauvais procédés financiers, à retaper les anciens 
errements, on a renvoyé à l'avenir les projets de réformes,' puis le 
contribuable a continué à payer, l'Electeur influent a continué son 

Eetit commerce, puis les élections sont arrivées et si le Député a été 
ien sage, il a été réélu pour une nouvelle période, un banquet de sa- 
tisfaction non antialcoolique a célébré sa victoire et l'alcoolisme a 
continué sa marche. 




sur 

de 

tive de l'action et pousser le Gouvernement qui alors ne se fera pas 

tirer l'oreille quand il ne pourra plus faire autrement, il changera son 

fusil d'épaule et l'alcoolisme n'aura qu'à se bien tenir. 

Mais, hélas ! nous n'en sommes pas la. On fera encore de beaux dis- 
cours a la Chambre, on fera encore de belles conférences, on encou- 
ragera longtemps encore les ligues de tempérance et d*abstinciice en 
distribuant de nonnes paroles aux hommes de bonne foi et des bouts 
de rubans aux ambitieux et tout sera bien dans la meilleure des Répu- 
bliques, il ne restera plus qu'il attendre que le peuple se réveille on 
qu'il s'endorme tout à fait aans l'abrutissement alcoolique. 






366 vu* CONGRES INTBRHATIONAL 

C'est que nous n*avons pas encore l'esprit républicain, notre iem* 

f^érament est toujciurs monarchique bien plus que celui de nos voisins 
es Anglais. 

Et pourtant ce n*estpas attendre, ni espérer en un réveil providen* 
tiel du peuple qu*il faut, il faut agir sur lui vigoureusement. 

Voyons ûonc, en quelques • mots, quels sont les moyens d'action 
contre l'alcoolisme en nous bornant aux principaux : 

Je laisse de côté les moyens médicaux de guérison des alcooliques, 
ceux qui ont pour objet la répression de l'ivrognerie, et les moyens 
législatifs tels que V interdiction de la vente de Valcool pour boisson, 
et même le monopole. 

Je signale en passant les sociétés de tempérance et d'abstinence 
dont l'eflet est plus réel, et particulièrement les sociétés scolaires 
qui nous prépareront des générations meilleures, mais leur action est 
lente, pas assez énergique, -car elles manquent de coordination avec 
les sociétés analogues ; il ne suffit pas, en effet, de faire d^s enfants 
antialcooliques, il faut encore qu'ils persévèrent, or les sociétés sco- 
laires rencontrent de grandes difficultés. Dans un article récent, 
M. Lucien Descaves racontait que plusieurs ont dû renoncer à leur 
œuvre en présence de la mauvaise volonté des familles et surtout des 
pères de famille qui voient dans ces leçons un reproche indirect 
contre leur vice : « L'enfant, dit-il, rapportait a la maison le mépris 
» de l'ivrogne qu'est son père et le lui faisait trop sentir. Le père 
» tapait sur son fils qui lui . manquait de respect, et rendait le pro- 
» fesseur responsable. 

» Chaque soir, la famille resaisit l'enfant, illustre ironiquement les 
» leçons qu'il a reçues, d'exemples et de spectacles diamétralement 
» opposés. » 

La société scolaire est donc insuffisante il faut agir aussi sur la 
famille mais lii autre écueil. On 'écoute religieusement le conférencier 
et en sortant on rencontre un camarade, un ami ou plusieurs, et on 
s'entraîne chez le marchand de vin du coin où les tournées couronnent 
la conférence qu'on vient d'entendre. 

C'est que la conférence et la société de tempérance pour les adultes 
sont insuffisantes aussi, il faut tenir l'ouvrier tout le temps en haleine 
et ne pas le lâcher, sans cela il retombe dans son vice par faiblesse 
ou entraînement, il faut le suivre partout, à l'atelier,^ au chantier, dans 
les diverses administrations où le marchand de vin est le grand ré- 
gulateur de tous les exercices : Tout se fait chez le marchand de vin, 
c'est chez lui que la journée commence, c'est chez lui qu'elle finit et 
les étapes iournalières sont nombreuses. Il semble qu'à l'étranger la 
lutte est bien plus active, les sociétés de tempérance pénètrent partout 
dans les usines, dans les ateliers, dans les chemins de fer, dans l'armée. 

Mais ce n'est pas encore tout, car si l'ouvrier ne va plus au cabaret 
il faut qu'il aille ailleurs, il faut lui créer des lieux de réunion : théâtres, 






• • ^ >''.♦»» 






CONTBB L AB08 DBS BOISSONS ÀLCOOLIQUBS 



367 



bibliothèques, etc. ; M. Gustave Geffroy, dans des articles récents, a 
montré que tout cela existe en Angleterre, mais en France ce n'est 
encore presque qu'à Tétat de projet. En ce moment, on vient d'inau- 
gurer à Bruxelles la maison du peuple qui devrait nous servir de 
modèle. 

Quelques esprits éclairés semblent vouloir entrer dans cette voie. 
La coopération des idées se propose de créer des universités populaires 
avec tous les accessoires nécessaires ; différents projets de théâtre 
populaire sont, aussi en voie de création ou de développement. Il faut 
espérer que tous ces efforts aboutiront à des résultats mais pour cela 
il faut faire intervenir le moyen argent sans lequel rien ne se fait de 
sérieux et de grand. On trouve de Targent pour tout>quandon en 
cherche. Il y a quelques jours, nos murs étaient couverts d'une affi- 
che annonçant une émission d'actions pour la création d'un cimetière 
pour les chiens; avant de songer h. enterrer les chiens (ce qui, entre 
parenthèse, ne me parait pas le dernier mot de l'hygiène) il serait 
peut-être plus utile de pensera ne pas laisser mourir les hommes. Ne 
parle-t*on pas aussi d'un immense parasol à ouvrir en pleine exposi- 
tion ? il ne sera guère antialcoolique, je crois. Voila évidemment de 
l'argent bien employé ! 

En tout cas, voilà des exemples de ce qu'on peut faire avec un peu 
d'audace et d'initiative, on pourrait en faire autant pour l'alcoolisme 
et ce serait une œuvre certainement plus utile. Ne pourrait-on pas 
déjà drainer les capitaux antialcooliques, non sous forme de cotisa- 
tions, mais sous forme de petites coupures d'action et même faire 
appel aux capitaux de la vraie Gnance. Je veux insister un peu sur la 
municipalisation des débits dé boisson ou ce qui revient à peu près au 
mèipe, sur la réduction du nombre des débits. Ce moyen a produit de 
bons résultats en Suède et en Norwège, de même que la limitation 
en Danemarck, il est évident qu'il en produirait aussi de bons en 
France; mais il y a toujours la question du budget. Cette crainte est 
une erreur, puisque l'application du système suédois a produit, au 
contraire, une augmentation dans le rendement des impôts. (Dans une 
des dernières séances du Sénat, un projet de limitation des cabarets 
vient d'être déposé, en sortira-t-il autre chose que du vent ? 

Dans la petite ville d'Elan, près de Birminsham, une tentative de 
municipalisation des débits de vin a été faite aans un but, à la vérité, 
non antialcoolique. On a obtenu la première année, un bénéfice de 
93 */« du capital engagé; ce bénéfice a été employé pour construire 
des édifices publics. En se contentant d'un bénéfice moindre, une 
commune pourrait encore faire face à ses affaires et équilibrer son 
budget. 

Mais il y a en France un autre obstacle encore crue le budget, c'est 
la question électorale, je ne voulais pas le croire et en l896> au 
Congrès de chimie appliquée, je me suis élevé contre cette accusation, 
je ne pouvais croire que nos élus aient ainsi la crainte de certains 



, » 



' • . ^ ■ • 



368 vu* CONGRES INTERNATIONAL 

électeurs ; aujourd'hui je suis obligé de reconnRttre que rRccusation 
est vraie, les députés, les conseillers municipaux s'agitent et certains 
électeurs les mènent, c'est pourauoi nous vivons encore sous le régime 
des bouilleurs de crû qui iont 1 alcool le plus impur qui existe, sous 
celui des cabarets, des assommoirs stigmatisés par Zola, dans un 
roman célèbre ; c'est pour cela également que nous avons les mar* 
chands d'apéritifSy absinthes diverses, oxygénées, terminus, hygié- 
niques, etc.; les chartreuses ^ \t% bénédictines et d'autres liqueurs 
' monastiques qui font leur chemin dans le monde sous le patronage du 
froc des Chartreux et des Bénédictins. Il est vrai que d'autres, en 
même temps, vendent de Veau de Lourdes^ mais ce n'est pas une 
compensation sufllsante. 

Il y a encore un grand nombre de moyens d'action, mais tous ces 
moyens ne peuvent être employés ou du moins être edicaces que si 
l'opinion publique les réclame ; c'est donc sur elle qu'il faut agir et 
je terminerai en énumérant les moyens propres, à mon avis, a agir 
sur le peuple. Il faut développer de plus en plus et ensemble : 

1** Les sociétés de tempérance et d'abstinence ; 

2* Les sociétés populaires d'instruction a tous les degrés ; 

3* Les lieux de réunions populaires : bibliothèques, cercles, confé- 
rences, spectacles, gymnases. 

4** Etablir des relations avec les syndicats populaires, les associa- 
tions socialistes, les sociétés mutuelles, etc. 

5** Créer un grand organe d'action populaire, journal politique, 
littéraire, scientifiaue, voué surtout k la propagation des œuvres popu- 
laires et antialcooliques qui établirait une entente entre toutes les 
sociétés et les ferait connaître à la population. Nous vivons dans une 
époque où il n'est pas possible de nier l'influence de la presse. 
Quelque soit l'opinion qu'on professe, on ne peut nier rintluence 
qu'a eue la presse dans la direction de la grande affaire qui partage la 
France en deux camps. Les hommes convaincus qui se sont dévoués à 
cette affaire était une poignée au début, ils ont réussi a condamner 
et à amener h eux un grand nombre d'hommes. 

i\ Que serait-ce dans le cas qui nous occupe ? Dans l'aflaire Dreyfus il 
n'y avait qu'un homme a sauver, dans l'alcoolisme il v a toute la popu- 
lation (rançaise et nous ne sommes pas une poignée d hommes dévoués, 
nous sommes légion. 

6** Il faut aussi coordonner tous ses efforts par la création d'une 
grande Société nationale^ centralisant tous les efforts, tout en laissant 
toute leur initiative aux sociétés locales. 

Tout ce que je vous signale existe certainement en France et 
ailleurs, mais chez nous du moins, tout cela marche avec une timidité 
et une prudence qui ne peut aboutir à aucun résultat sérieux. Pour 






CONTRE l'abus DBS BOISSONS ALCOOLIQUBS 369 

qu*une affaire comme celle-ci réussisse, il faut qu'elle soit inspirée par 
une foi ardente et il faut encore, comme Ta dit un grand révolution* 
naire dont la statue est ici près : il faut de Taudace, encore de Taudace, 
toujours de l'audace, et c'est ce qui nous manque. 

M. Richard (du Havre) répond que Ton doit demander aux 
ouvriers de faire quelque chose pour eux-mêmes et par eux-mêmes. Avec 
des centimes accumulés on peut fonder des cercles de tempérance, des 
lieux de réunions où les ouvriers trouvent non pas l'équivalent, mais 
beaucoup mieux que ce que le cabaret leur offre. 

M. le Président. — La parole est à M. Cauderlier, ancien secré- 
taii*e général de la Ligue patriotique belge contre l'alcoolisme, sur 
Vinjluence des majorationê d'accise sur la répression de Val^ 
coolisme et sur f influence du nombre des débits sur Vextension de 
la consommation. 

Si l'accord est complet sur le fléau qu'est l'alcoolisme, il s'en faut 
qu'on le soit sur les moyens de le combattre efllcacement. 

Examinons-les rapidement. Tous le ramènent à deux ordres d'ac- 
tion. La persuasion et la coercion. 

La persuasion s'expose : 

i* Sous forme d^ enseignements. Tout ce qui se fait dans ce sens est 
admirable et doit être poursuivi avec ténacité. 

2^ Sous forme d'associations de tempérance. Ces sociétés ont des 
fortunes diverses suivant les races et le mode d'application, mais elles 
ne rallient qu'une portion assez restreinte de la communauté, la plus 
forte part restant irréductible ou hostile, même en pays Anglo-Saxon. 
Le meilleur résultat des sociétés*de tempérance est de centraliser les 
efforts, de créer une opinion publique et de forcer la conscience des 
dirigeants. 

Reste la coercion. Elle se manifeste jusqu'à ce jour par l'action du 
pouvoir central. 

1* Sous forme indirecte par Taccise. 

2^ Sous forme directe par la réduction du nombre des débits. 

3* Sous une forme qu'on* pourrait appeler tyrannique ; la méthode 
américaine consistant a interdire toute fabrication et tout débit de 
boisson fermentée ou distillée. Elle est appliquée dans sept Etats de 
l'Union, avec des accises incertaines et contestées